Éric Morillot a d'ailleurs retwitté un des articles du blog CGC Média (2017) qui donnait déjà un bon aperçu de la connivence qui régnait, plus large d'ailleurs que France Télés (¤)
Il y a enfin sur les réseaux sociaux l'excellent analyse de JBG: "ENFUMAGE SUR COMMANDE" qu'il convient de publier tel quel.
" Le rapport NPA Conseil sur l'audiovisuel public circule en ce moment. Delphine Ernotte l'a même citée face à @CHAlloncle comme ultime argument lors de sa dernière audition devant la commission d'enquête. Je viens de le consulter et il mérite une lecture attentive.
Rappelons que NPA Conseil est un cabinet qui travaille pour les acteurs de l'audiovisuel public. Le dossier est explicitement produit pour "contribuer aux travaux de la Commission d'enquête" mais il n'est en réalité que la ridicule "défense d'intérêts habillée en analyse neutre.
🔸 Le problème de base : les chiffres utilisés
NPA construit son analyse sur les données financières de France Télévisions elle-même, pas sur celles de la Cour des Comptes. Or il a été démontré que les chiffres publiés par FTV sous-estiment les concours publics de 23,2 M€ en 2022, 30,5 M€ en 2023 et 55,5 M€ en 2024 par rapport au tableau n°21 du rapport de la Cour .
🔸 La comparaison Netflix n'a pas lieu d'être
NPA fait le même raisonnement que Matthieu Pigasse et compare les 4,2 €/mois par habitant de l'audiovisuel public aux abonnements Netflix (5,99 €) ou Disney+ (6,99 €) pour démontrer que c'est "peu cher". C'est une escroquerie intellectuelle à double détente.
D'abord, FTV divise son budget par l'ensemble de la population française, 67 millions de personnes, alors qu'en moyenne ils sont 9 millions à regarder les chaines du groupe public (30% d’audience en moyenne sur les foyers équipés TV). Netflix facture un abonnement volontaire à ceux qui le choisissent. Ce ne sont pas deux modes de financement comparables : l'un est un prélèvement obligatoire, l'autre un contrat librement consenti qu'on peut facilement résilier.
Ensuite, ce "4,2 €/mois bon marché" finance une entreprise dont les capitaux propres sont passés sous le seuil légal de la moitié du capital social depuis 2021 ce qui impose à l'État actionnaire d'agir avant le 31 décembre 2026 sous peine de dissolution au sens du Code de commerce - ce qui n'est toujours pas le cas malgré la pathétique com' de France Télés qui voudrait faire croire qu'après avoir tiré un trait sur les 424M€ desquels 150M€ ont été soustraits, ce serait la cas ! - il n'en est rien ! De surcroit, Netflix n'est pas en quasi-faillite statutaire.
Enfin, citer les 8,7€/mois/habitant en Allemagne comme référence sans mentionner la crise politique et démocratique que traverse l'ARD/ZDF (scandales de gouvernance, Rundfunkbeitrag bloquée par plusieurs Länder, réforme structurelle imposée avec division par deux des chaînes thématiques d'ici 2033) est une omission majeure. Le modèle allemand est en crise et le présenter comme étalon-or est peu honnête.
Ce que le rapport ne dit pas
NPA salue "l'effort de réduction des coûts de France Télévisions, supérieur à ses pairs européens." La Cour des Comptes est plus précise : entre 2017 et 2023, les effectifs ont baissé de 10,3% mais la masse salariale n'a reculé que de 1,95%. Les économies sur les programmes ont été absorbées par la dérive salariale et des frais de mission atteignant 46 M€ en année olympique. L'accord collectif de 2013, qui a "conduit mécaniquement à alourdir les charges et à creuser le déficit d'exploitation" selon la Cour, a été dénoncé en urgence en juillet 2025, soit douze ans après sa signature et neuf ans après que la Cour l'avait déjà qualifié de source de "surcoûts pérennes."
Le rapport veut montrer que France Télévisions a(urait) moins de moyens qu'en 2015, puis de conclure implicitement qu'il faut lui en redonner.
Il omet bien évidemment de préciser que l’État qui s’est fait flouer avec le dernier plan collectif de licenciements à France Télés et a dû payer les bobards avancés par celle qui fut parachutée à l'été 2015, lui ayant vendu plus de 2 000 départs et une réduction drastique de la masse salariale, a de nouveau été prise la main dans le sac – cette fois-ci par l’Inspection Générale des Finances (¤) qui annonce que malgré un passage en 10 ans de 11 000 à 8 900 salariés – que LA MASSE SALARIALE de FRANCE TÉLÉVISIONS VA REPASSER LE MILLIARD D’EUROS (#)
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NPA ne mentionne pas non plus : les 169 directeurs pour 8 000 salariés environ [8700 aujourd'hui] , le refus persistant de présenter le budget par nature de charges malgré les demandes répétées de l'IGF, des tutelles et de la Cour elle-même, ni le quadruplement de la captation interne par France TV Studio — passée de 5% à 20% de la production, soit jusqu'à 88 M€/an — présentée comme un "succès industriel".
🔸 Ce que ce rapport est vraiment
Il arrive deux semaines après la page "transparence" d'Ernotte, en pleine Commission d'enquête. Même logique : données réelles, narratif entièrement défensif, angles morts soigneusement choisis. Les vraies questions : quel périmètre, quelle gouvernance, quelle structure de coûts pour quel niveau de financement... n'est jamais posée.Ce rapport de NPA n'est pas une étude neutre. C'est une plaidoirie habillée en étude pour sauver la soldate Ernotte.
(¤) https://medias-cgc.blogspot.com/2017/07/lex-orange-de-ftv-et-philippe-bailly-de.html?m=1
PS : BALTHASAR REVIENT DEMAIN....











