dimanche 14 juin 2026

Comment Ernotte a-t-elle pu contracter avec Avisa Partners / Forward Global après l’enquête de Radio France?

Comment Ernotte a-t-elle pu contracter avec Avisa Partners / Forward Global après l’enquête de Radio France?

Il se pourrait bien, dans le cadre de l’article 40 que dépose Charles Alloncle près la procureure de la République de Paris suite aux soupçons de parjures concernant la société Forward Global, que cette dernière s’intéresse de très près  à la « success story » d’Avisa Partners, devenue Forward Global en deux coups de cuillère à pot (*) pour tenter de lessiver une alors une image peu reluisante que détaillait une enquête de Radio France.

La radio publique y révélait que derrière ce catapultage dans les sphères macronistes, se cachait une véritable usine à « narratif » informationnel, une officine spécialisée dans la fabrication industrielle de propagande déguisée en journalisme.

Résumé de l’enquête de la Cellule investigation de Radio France (Maxime Tellier), publiée le 1er septembre 2023 sur France Inter, Juste avent qu’Avisa Partners avant ne devienne Global Forward forward et surtout dans un tel contexte où Ernotte a passé des contrats avec eux !

Contexte de l’enquête

Avisa Partners (anciennement iStrat) L’agence française d’influence et d’e-réputation [le même type d’activité qu’avait exercé Bastien  Millot pour Bygmalion au sein de France Télévisions du temps de Carolis ] y est donc présentée comme une success story, avec près de 300 collaborateurs, travaillant pour les trois quarts du CAC 40, la Gendarmerie nationale, des institutions publiques et des chefs d’État étrangers. Son siège est dans le chic 8ème arrondissement de Paris. Cependant, elle fait face à de multiples accusations de manipulation de l’information : publication de faux articles de presse et modifications dissimulées sur Wikipédia. radiofrance.fr 

Les pratiques dénoncées

L’enquête s’appuie notamment sur le témoignage détaillé d’un ancien rédacteur (« Julien »), publié initialement par Fakir, confirmé et complété par Radio France :

•  Rédaction de contenus orientés : Des pigistes (souvent jeunes et recrutés via des écoles de journalisme) écrivent des centaines d’articles sur commande, sans enquête réelle, selon des consignes très orientées (ex. : discréditer le CIRC/OMS sur le glyphosate en le comparant au café ou au saucisson ; défendre le compteur Linky d’Enedis ; vanter des régimes africains comme ceux du Gabon, Tchad, etc.).

•  Faux profils et sites : Les articles sont publiés sous des pseudonymes avec fausses biographies et photos volées, sur des sites obscurs ou dans les espaces participatifs de vrais médias (Club de Mediapart, Huffington Post, Les Echos, etc.). Cela leur donne une crédibilité artificielle.

•  Objectif : Opérations d’influence pour clients (entreprises du CAC 40, États étrangers, etc.), en promouvant ou en dénigrant.

Un second rédacteur anonyme a été identifié par Radio France et confirme ces pratiques. radiofrance.fr 

Autres accusations

•  Wikipédia : En août 2022, Avisa Partners (ou des comptes liés) est bannie de la version francophone pour interventions cachées (non déclaration de contributions rémunérées, utilisation de faux articles comme sources, modifications sur des pages comme celle de Bernard Arnault ou Philippe Heim de La Poste). Un bandeau d’avertissement figure sur sa page Wikipédia. radiofrance.fr 

•  Autres cas : Dénigrement d’un journaliste bulgare (Atanas Tchobanov) ; condamnation de co-fondateur Matthieu Creux pour complicité de diffamation dans un litige commercial (articles imaginaires publiés contre un ex-client).

Réponses de l’agence et conséquences

•  Avisa Partners nie fermement : elle parle de ghost-writing (pratique courante), de pseudonymat légitime, de contenus transparents et sans fausses informations. Elle a intenté (puis retiré) des poursuites contre plusieurs médias.

•  Conséquences : L’État français prend ses distances (boycott au Forum international de la cybersécurité en 2023). Un rapport négatif de la DGSE (2020) évoquait des clients contraires aux intérêts français en Afrique. 

Sans oublier donc les fameux contrats signés à la même époque avec France Télévisions et Delphine Ernotte que viennent de découvrir les Français grâce aux révélations de Marianne.

C’est cette année-là que la société choit pour se restructure (séparation d’activités, changement de nom en « Forward » pour une partie). Elle a remporté un contrat avec la Commission européenne sur la lutte contre la désinformation, ce qui a provoqué une polémique et une lettre ouverte de la Fédération européenne des journalistes.

L’enquête (disponible en article et en podcast Secrets d’info) s’inscrit dans une série de révélations médiatiques antérieures (Mediapart, Reflets, Marianne, etc.) depuis 2013-2015 et met en lumière les limites éthiques des pratiques d’influence en ligne « made in France ». Avisa continue de contester ces accusations mais depuis a donc changé de nom. 

Une des premières questions que pourra se poser la procureur de la république, sinon un magistrat instructeur, c’est celle de la nature même du cœur de métier ? 

Ensuite, savoir les conditions de recrutement des jeunes pigistes sortis d’écoles de journalisme, souvent naïfs et précarisés, pour leur faire pondre des centaines d’articles orientés à la chaîne. Pas d’enquête, pas de faits, juste des consignes claires : discréditer le CIRC et l’OMS sur le glyphosate en le comparant benoîtement au café ou au saucisson, défendre bec et ongles le compteur Linky d’Enedis, ou encenser les régimes autoritaires du Gabon, du Tchad et consorts ?  

Du ghost-writing ? Allons donc. C’était du pur faux journalisme sous pseudonymes, avec fausses biographies et photos volées, publié sur des sites obscurs ou infiltré dans les espaces participatifs de vrais médias pour voler un semblant de crédibilité.

Ces gens n’étaient en rien de communiquants : ils intoxiquaient plus qu’autre chose. Ils ne défendaient pas des intérêts, ils fabriquaient du consentement artificiel et du discrédit sur mesure. Un journaliste bulgare gênant ? On le traîne dans la boue. Un ex-client qui ose se retourner ? On invente des articles diffamatoires. Et quand Wikipédia francophone les bannit en 2022 pour manipulations systématiques (faux articles utilisés comme sources, éditions cachées sur les pages d’Arnault ou de Philippe Heim), ils vont passer des contrats avec France Télévisions où Ernotte a été parachutée en 2015, tout en criant à la persécution au lieu de reconnaître l’évidence : ils ont traité l’encyclopédie collaborative comme leur terrain de jeu privé.

Enfin, elle pourrait également s’interroger sur la vitesse à laquelle l’entreprise « reformatée » s’est enrichie ces dernières années (#)

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