vendredi 11 septembre 2026

« La radio et la télé, c’est terminé ! »…dixit France Télés !

« La radio et la télé, c’est terminé ! »…dixit France Télés !

Ou comment la direction de Guyane La 1ère vient d’offrir au public le plus bel hommage involontaire à son propre mépris.

Chacha a parlé. Avec son petit air de personnage de pub ratée, elle déclare solennellement que la radio et la télé, c’est fini. Place aux réseaux, à l’appli, au tout-numérique pour les branchés. Les autres ? Ceux qui n’ont pas la fibre dans leur coin de forêt, ceux qui n’ont pas trois forfaits data, ceux qui regardent encore le journal parce que c’est le seul qui parle vraiment de chez eux… on les range gentiment dans la case « vieux qui ont gardé leur poste des années 90 ».

Bravo. On n’avait pas encore vu une campagne de communication aussi efficace pour dire aux Guyanais : « Vous êtes le passé. On vous tolère encore un peu, mais pas trop longtemps. »

Pendant ce temps, les équipes de la radio et de la télé continuent de produire le contenu qui alimente… justement les réseaux et l’appli. Mais peu importe. On préfère se moquer de ceux qui font encore le boulot plutôt que d’assumer une stratégie de dévitalisation lente et méthodique : journaux radio devenus des photocopies pâles, 13h sans reportages, journal du soir réduit, sous-traitance à tour de bras. On ne tue pas la radio et la télé d’un coup. On les laisse se vider de leur sang, puis on s’étonne qu’elles aient l’air fatiguées.

Cette campagne n’est pas drôle. Elle est méprisante.

Méprisante pour les auditeurs et téléspectateurs qui restent, de loin, les plus nombreux.

Méprisante pour les journalistes et techniciens qui tiennent encore ces antennes debout.

Méprisante pour tous ceux qui, en Guyane, savent encore que l’information locale ne se résume pas à un fil Instagram.

Alors oui, Chacha, on a bien entendu : « La radio et la télé, c’est terminé. » Sauf que non. Ce qui est terminé, c’est le respect minimal dû à un service public et à son public.

Retirez cette campagne et ensuite, expliquez-nous clairement ce que vous comptez vraiment faire de Guyane La 1ère : un vrai média de proximité… ou juste une vitrine numérique pour faire joli dans les PowerPoint parisiens.

Le public, lui, n’est pas encore terminé. Contrairement à certaines idées de communication.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

jeudi 10 septembre 2026

Alexandre Kara l’ex directeur de l’info de France Télévisions rejoint Mediawan.

Alexandre Kara l’ex directeur de l’info de France Télévisions rejoint Mediawan.

Selon La Lettre (relayée aujourd’hui par Puremédias/Ozap, citant Satellifacts), Alexandre Kara, l’ex-directeur de l’information de France Télévisions, rejoint Mediawan.

Il devient directeur de l’information du groupe et aura notamment pour mission d’accompagner les filiales Troisième Œil et Maximal, qui produisent C à vous et C dans l’air sur France 5. Il sera donc en lien avec la direction de l’information de France Télévisions.

Petit rappel du contexte

En janvier 2026, Alexandre Kara avait quitté la direction de l’information de France Télévisions (poste qu’il occupait depuis octobre 2022) après une série de couacs éditoriaux. Il avait été nommé conseiller spécial auprès de Delphine Ernotte sur la transformation de l’information à l’ère de l’IA.

Mediawan (fondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse) le groupe qui produit le plus pour la télé publique a déjà plusieurs programmes phares pour FTV.

Un des nombreux problèmes dénoncés lors de la la commission d’enquête sur l’audiovisuel public en début d’année et qui prend ici toute son importance

mercredi 9 septembre 2026

Dati va devoir attendre…

Dati va devoir attendre…

Grande nouvelle pour tous ceux qui croyaient encore que la justice française était un truc un peu sérieux : Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux, ancienne ministre de la Culture, actuelle maire du 7ᵉ arrondissement et bientôt prévenue pour corruption et trafic d’influence, a demandé à réintégrer la magistrature. Pourtant, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), toujours prompt à l’humour, a décidé d’examiner son dossier… après son procès.

Oui, vous avez bien lu. On ne va pas juger de l’adéquation du profil avant de savoir si la candidate est éventuellement condamnée pour des faits de corruption. On préfère attendre. Histoire de garder un peu de suspense. Comme dans une série Netflix : « Saison 1 : le procès. Saison 2 : est-ce qu’on la remet dans le corps judiciaire ? Spoiler : on verra bien. »

Rappel des faits pour ceux qui ont raté les épisodes précédents. Rachida Dati n’a plus exercé la moindre fonction de juge ou de procureur depuis le début des années 2000 (parquet d’Évry, pour ceux qui collectionnent les souvenirs). Vingt-six ans d’absence. Pendant ce temps, elle a fait un peu de politique, un peu d’avocate, un peu de Parlement européen, et un peu de convention de rémunération forfaitaire avec une filiale de Renault qui lui a rapporté 900 000 euros. Travail d’avocate « tout à fait légal », assure-t-elle. Les juges, eux, diront ce qu’ils en pensent à partir du 16 septembre.

Et voilà que, à quelques jours de se retrouver du mauvais côté du prétoire, elle demande à réintégrer. Le ministère de la Justice, toujours aussi subtil, lui propose un poste de premier substitut en administration centrale, chargée de mission à la Délégation des affaires européennes et internationales. Pas en juridiction, rassurez-vous. On ne va pas la mettre à juger des voleurs de scooters pendant qu’elle est elle-même jugée. Non. On la mettra à s’occuper de l’Europe. Parce que rien ne dit mieux « impartialité » qu’une ancienne eurodéputée qui se retrouve à nouveau dans les affaires européennes… après avoir été poursuivie pour son travail d’influence auprès des institutions européennes.

Le CSM, quant à lui, a choisi la prudence. « Pas avant fin septembre, début octobre. » Traduction : on regarde d’abord si le tribunal correctionnel de Paris la condamne, et après on se demande si son profil est adapté. Génial. Imaginez le même raisonnement pour un chirurgien : « On le laisse opérer, et on verra bien si le patient survit avant de décider s’il est compétent. »

Bien sûr, tout est « de droit ». La réintégration d’un magistrat en disponibilité est de droit. Le ministère le répète comme un mantra. Comme si le droit était une machine automatique qui se fiche complètement du contexte, de l’image, de la crédibilité et du message envoyé au commun des mortels. « Madame Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit. » Point final. Le droit, c’est le droit. Même si le timing fait tousser la moitié des magistrats et l’autre moitié des citoyens.

Et si elle est condamnée ? Pas de panique. On pourra toujours ouvrir une procédure disciplinaire plus tard. Après tout, pourquoi anticiper ? Pourquoi se poser la question de l’intégrité, de la probité et de la dignité avant de lui redonner la toge ? Non, on préfère le scénario en deux temps : d’abord le procès, ensuite l’examen de la candidature. C’est plus chic. Plus français.

En résumé : une femme qui n’a plus touché un dossier judiciaire depuis un quart de siècle, qui doit répondre de corruption dans une affaire de lobbying européen, se voit proposer de revenir dans la maison Justice… pour s’occuper des affaires européennes. Et on attend le verdict pour savoir si c’est une bonne idée.

La magistrature française peut dormir tranquille. Ou pas…


X


mardi 8 septembre 2026

Des trois, France Télés/Mediawan se classe dernière…

Des trois, France Télés/Mediawan se classe dernière…

Sur la première semaine de rentrée (lundi 31 août au jeudi 3 septembre 2026, hors vendredi) :

-Cyril Hanouna (« Tout beau, tout n9uf » sur W9 : dernière tranche (quart d’heure stratégique) à 1,60 million de téléspectateurs / 9,4 % de part d’audience (quasi stable en volume vs l’an dernier, mais PDA en hausse).

-Yann Barthès (« Quotidien » sur TMC) un peu en dessous : dernière tranche à 1,55 million / 8,9 % (en baisse par rapport à sa rentrée 2025).

-Anne-Elisabeth Lemoine (« C à vous » sur France 5) : partie principale en moyenne à 979 000 / 8,0 % (en hausse vs l’an dernier ; meilleure rentrée historique le lundi avec Léon Marchand à 1,18 million / 9,2 %). Les parties suivantes sont plus modestes (autour de 500-700 000).


France Télévisions : On ne négocie ni dans le brouillard, ni dans le flou !

France Télévisions : On ne négocie ni dans le brouillard, ni dans le flou !

Les Organisations Syndicales Représentatives de France Télés viennent de claquer la porte des négociations sur la refonte de l’accord collectif et elles ont raison !

Comment oser parler « métiers », « parcours professionnels » et « compétences » pendant que la direction et l’État actionnaire jouent à cache-cache avec l’avenir de l’entreprise ?

Cet été, la presse a révélé un projet de restructuration d’une ampleur inédite : rapprochement, voire fusion, entre France 3 et franceinfo… et surtout un plan de 1 000 suppressions de postes déguisé en « départs volontaires ». À ce jour, rien n’a été démenti. Rien.

Elles écrivent : 

On nous demande des concessions sur notre statut collectif pendant qu’on prépare dans l’ombre un massacre social.

On nous parle d’« accord » pendant qu’on nous cache la stratégie.

On nous demande de négocier loyalement… dans le flou le plus total.

On ne négocie pas dans le flou.

On ne signe pas un chèque en blanc sur l’emploi.

On ne brade pas le service public audiovisuel.

Après une enquête parlementaire qui n’a pour l’instant débouché sur rien, un État actionnaire qui refuse de dire où il veut aller, des budgets 2027 dans le brouillard et des élections nationales qui approchent… la direction ose envisager des décisions aussi lourdes de conséquences sans concertation, révélées par voie de presse.

C’est inacceptable.

Elles disent exiger :

-Une rencontre immédiate de la Présidence avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives,

-L’ouverture sans délai de la procédure d’information-consultation sur les orientations stratégiques au CSE Central,

-La suspension immédiate des négociations en cours et le report des délais de survie des accords dénoncés.

Puis d’ajouter « Notre opposition est totale à tout projet de suppressions d’emplois.

Derrière chaque poste, il y a des vies, des familles, des compétences, et la qualité même du service public que nous devons aux Français.

Cette bataille ne se gagnera pas sans vous. Informez-vous.

Le service public audiovisuel n’est pas une variable d’ajustement.




lundi 7 septembre 2026

Le ministère des Affaires étrangères découvre (enfin) la propagande…

Le ministère des Affaires étrangères découvre (enfin) la propagande…

Ah, le spectacle est savoureux. Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, monte sur ses grands chevaux. Il est « très étonné », « affligé », presque scandalisé. Pourquoi ? Parce que CNews ose encore donner la parole, même en visio, à Xenia Fedorova, cette chroniqueuse russe que la France a expulsée comme une vulgaire propagandiste du Kremlin.

On se pince. Depuis des années, les plateaux français débordent d’experts, d’éditorialistes, de « spécialistes » qui recyclent avec zèle les éléments de langage de Washington, de Bruxelles ou de n’importe quelle ONG financée par George Soros, et là, soudain, le ministre découvre que la liberté éditoriale a des limites. Quelle révélation !

Fedorova est une des « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes ». Soit. Les faits sont « avérés », clament-ils. Très bien. Mais où étaient ces mêmes gardiens de la pureté informationnelle quand d’autres voix, bien plus influentes, expliquaient avec un aplomb surréaliste que l’inflation n’existait pas, que l’immigration de masse était une chance pure, ou que fermer les yeux sur certains régimes « partenaires » était de la realpolitik ? Silence radio. Là, en revanche, une Russe qui ose contredire le narratif officiel devient une menace existentielle pour « l’ordre public ».

Le plus comique reste la posture indignée : « Pourquoi ouvrir ces studios, ces colonnes… à quelqu’un dont il est avéré qu’il travaille au service de la Russie contre la France et contre l’Union européenne ? » Remplacez « Russie » par n’importe quel autre État ou fondation, et regardez combien de plateaux resteraient vides. La liberté de la presse est sacrée… jusqu’au moment où elle gêne.

CNews, de son côté, joue la carte de la provocation avec un sourire en coin : « Elle reviendra en visio, puisque le gouvernement l’empêche d’être en France. » On voit le tableau. D’un côté, un État qui expulse, gèle les avoirs et s’offusque ensuite que la personne continue d’exister médiatiquement. De l’autre, un groupe Bolloré qui transforme l’interdiction en argument marketing. Les deux camps se renvoient la balle avec un cynisme admirable.

Pendant ce temps, on agite déjà le chiffon rouge de 2027 : attention, la propagande russe pourrait influencer l’élection ! Comme si le débat public français n’était pas déjà saturé d’influences, de pressions, de financements opaques et de petites vérités arrangées venant de partout. Mais non, le vrai danger, c’est une chroniqueuse en visio depuis l’étranger.

Bravo, messieurs. Vous venez d’offrir à Fedorova (et à ceux qui la défendent) la meilleure publicité possible. Rien ne renforce autant une voix que de la déclarer officiellement interdite. Continuez ainsi : chaque indigné ministériel est un coup de projecteur gratuit.

La liberté d’expression, en France, a décidément un parfum très sélectif. Elle est totale… pour ceux qui disent ce que le pouvoir veut entendre. Pour les autres, on sort l’arrêté d’expulsion et le pathos diplomatique.

Affligeant, disiez-vous, monsieur le ministre ? Oui. Mais pas forcément pour les raisons que vous croyez.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

dimanche 6 septembre 2026

France 3 rediffuse un épisode de Stéphane Plaza.

France 3 rediffuse un épisode de Stéphane Plaza.

Ce dimanche 6 septembre 2026 malgré le dossier judiciaire principal de Stéphane Plaza (violences conjugales) France 3 a rediffusé dans sa multitude de rediffusions «  Meurtres à Figeac » avec Stéphane Plaza (ex-animateur de M6, agent immobilier) condamné en février 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à 12 mois de prison avec sursis pour des violences physiques et psychologiques « habituelles » commises entre 2018 et 2022 sur une ancienne compagne., Amandine (notamment une fracture et des luxations de doigts lors d’une altercation). 



Il a été relaxé des faits de violences psychologiques concernant une seconde plaignante, Paola (le tribunal estimant que les faits reposaient majoritairement sur ses déclarations, sans remettre en cause sa parole).

Contexte et première instance

Il a fait appel de cette décision. Ses émissions ont été déprogrammées et son réseau d’agences a subi d’importants dommages (perte d’agences, litiges avec des franchisés pour « perte de réputation » de la marque).

Procès en appel (cour d’appel de Paris)

Le procès s’est tenu du 26 juin au 1er juillet 2026. Plaza a nié toute violence intentionnelle, se décrivant comme un « goujat », « beauf » ou « immature » capable d’infidélités mais pas comme un homme violent. Il a évoqué des « accidents » pour les blessures physiques et dénoncé un règlement de comptes lié à ses tromperies, ainsi qu’un dossier « biaisé » (avec une plainte pour cyberharcèlement qu’il avait déposée contre d’anciennes compagnes, initialement classée sans suite et versée aux débats). bfmtv.com

Les plaignantes (Amandine et Paola) ont décrit des situations d’emprise, d’humiliations, de colères et de violences. Amandine a notamment témoigné d’épisodes où elle a eu peur pour sa vie. ledauphine.com 

Réquisitions du parquet général (1/07/2026) :

Une peine plus clémente que celle de première instance a été requise : 6 mois de prison avec sursis probatoire pendant 2 ans, une amende de 12 000 euros, un stage de sensibilisation aux violences conjugales, et des mesures d’éloignement. Le caractère « habituel » des violences a été abandonné pour Amandine, et aucune condamnation n’a été demandée concernant Paola (éléments jugés insuffisants). Plaza a esquissé un mea-culpa en fin d’audience (« Je suis conscient que mon comportement… ») tout en maintenant sa ligne de défense.

Où en est-on début septembre 2026 ?

La décision de la cour d’appel est attendue dans une dizaine de jours, le 18 septembre 2026. Aucun verdict n’a encore été rendu à la date d’aujourd’hui. 

En résumé : le dossier principal reste en attente du jugement d’appel prévu dans moins de deux semaines. La peine requise est allégée par rapport à 2025, mais la décision finale appartient aux juges.