jeudi 22 octobre 2020

Le recrutement par Ernotte d’un directeur de Sécafi (Jacques Denoyelle) au poste de directeur du dialogue social à France Télés devrait bien faire l’objet d’une procédure.

Le recrutement par Ernotte d’un directeur de Sécafi (Jacques Denoyelle) au poste de directeur du dialogue social à France Télés devrait bien faire l’objet d’une procédure.

C’est du jamais vu…Comme le blog CGC Média l’avait annoncé en exclusivité le 12 octobre dernier, le recrutement par Ernotte de Jacques Denoyelle directeur associé chez SECAFI, le cabinet très proche de la cgt que cette dernière met à toutes les sauces à France Télés, n’a pas fini de faire de vagues…à juste titre.

Il y a belle lurette à France Télés que dialogue social rime avec connivence !

Mardi 20 octobre, lors de la séance du CSE, FO lisait en séance une déclaration liminaire concernant cet invraisemblable mélange des genres. Ce genre de communiqué est tellement rare tant le syndicat pro direction va systématiquement dans le sens du vent, qu’il est utile de le mentionner.

Extrait :

« L’information a fuité et nous est revenue par la bande des médias…Notre actuel directeur du DIALOGUE SOCIAL laisserait bientôt la place. Le dialogue va continuer, mais Force Ouvrière s’interroge sur la direction qu’il va prendre ? Une fois encore, france·tv recrute ses hauts cadres à l’extérieur de l’entreprise.

Pas très loin cependant puisqu’il s’agit du futur ex-patron du cabinet d’experts SECAFI et que celui-ci connaît très bien la maison pour y avoir conduit de nombreuses expertises[nombreuses, le mot est faible…innombrables serait plus juste ! ndlr] (*)

Nous connaissons ses futurs patrons et aussi ses anciens commanditaires. Nous ne savons rien, en revanche, des conditions de son recrutement. Après avoir défendu les intérêts de l’entreprise à la demande de représentants des salariés, c’est à la demande de la direction qu’il le fera maintenant. C’est donc un changement de paradigme, à 180° !

Le nouveau directeur du dialogue social devra faire preuve de beaucoup de qualités pour ne pas avoir à trop souffrir de cette gymnastique mentale... »

Pas question de gymnastique mentale dans une telle nomination. Il s’agit bien là d’un conflit d’intérêts dont la Justice devrait être, très vite saisie.

Le blog CGC Média l’écrivait hier :

Jacques Denoyelle pourrait certes ne plus avoir de liens avec Sécafi – encore faudrait-il qu’il le démontre - comme des participations qu’il conserverait dans le cabinet où il était associé, mais le fait que Sécafi et/ou se filiales restent prestataire en situation de quasi-monopole mandaté par la cgt comme toujours et payé par l’entreprise donc le contribuableva indubitablement poser la question d’un conflit d’intérêt majeur. 

Passons très vite sur la grotesque publication de la CFDT qui qualifie de « Révolution culturelle et de belle prise, le recrutement de Denoyelle qui connait parfaitement France Télévisions » (sic) et se déclare «Curieuse de voir comment il va se positionner » (sic)…

Ne nous appesantissons pas non plus sur le titre du papier qui fait mine de s’interroger sur avec un anecdotique point d’interrogation «Direction du Dialogue Social : une révolution de palais?»

Inutile de préciser combien les réactions indignées à ce texte chèvre et chou du syndicat largement démonétisé en interne, se sont multipliées en interne.

Extrait (attention personnes sensibles s’abstenir !)  

« Direction du Dialogue Social : une révolution de palais ?

C’est le grand chamboule tout depuis la fin de l’été à FTV, les nominations se succèdent, certains changent de poste tout simplement, les uns partent, les autres arrivent.

Ainsi, un nouveau directeur du dialogue social est nommé, un Jacques pour un Stéphane, cela change quoi, direz-vous… Alors, simple mouvement orbital périodique autour d’une autre masse prépondérante ? Rien de neuf sous le soleil ? Peut-être que non.

Peut-être que cette fois, il s’agit d’une révolution culturelle : une prise de pouvoir des experts en service commandé. Pourquoi s’alarmer ? Parce que les dessous de la nomination de Jacques Denoyelle au poste de directeur du dialogue social ne sont pas clairs.

L’ancien directeur en poste ne faisait donc pas l’affaire ? Peut-être parce que lui, il discutait avec toutes les OS et pas seulement avec le syndicat partenaire habituel de la direction ?

Et pourquoi ne pas avoir écrit, dans le communiqué annonçant sa nomination, que Jacques Denoyelle était jusqu’à présent directeur associé de SECAFI, cabinet mandaté depuis des années par la majorité syndicale [Cgt, ndlr] à la tête des ex CE et CSE de France Télévisions pour la réalisation d’expertises sur les sujets économiques, sociaux, santé ? (¤)

Le communiqué officiel, lui, ne mentionne qu’une activité pour le groupe Alpha, auquel appartient SECAFI. Quelle pudeur, de la part de la direction ! » (ci-dessous)

La CFDT de citer ensuite le plus lamentablement qui soit « Pierre Beretti l’ex PDG groupe Alpha » (sic) – qui selon le syndicat « affirmait à Mediapart en 2016 que « Ce qui fait la force de Secafi a toujours été son lien très fort avec la CGT, en même temps qu’une indépendance également forte » (28.02.2016, « Syndicats, avec ou contre les patrons ? Le dilemme des experts en entreprise »)

N'ayant toujours pas peur du ridicule, de poursuivre « Pierre Beretti, dont la presse relate les relations privilégiées et la proximité idéologique avec le Président de la République, Emmanuel Macron » (sic)

Pauvre CFDT qui ose citer et même donner des références qui sont fausses, bien entendu !

Il ne s’agit évidemment pas de Pierre Beretti l'ex-pédégé d'Altédia dont la femme Murièle Charles fut l'éphémère DRH de l'entreprise  mais de Pierre Ferracci effectivement  proche de Nicolas Sarkozy.


Voici l’extrait de l’article précité que Médiapart a mis en ligne le 28/02/2016 :

« En quelques années, Ferracci a su rallier ou racheter une myriade de petits cabinets d’expertise, pour peser chaque fois un peu plus. Et le fil tendu entre son bureau et la centrale cégétiste ne s’est jamais rompu, même si cela fait bien longtemps qu’il fréquente toute la palette des dirigeants des syndicats.

« Ce qui fait la force de Secafi a toujours été son lien très fort avec la CGT, en même temps qu’une indépendance également forte », assure Pierre Ferracci aujourd’hui. Au sein du syndicat, personne ne songerait à nier son influence, lui qui a été proche de tous les dirigeants CGT, jusqu’à Philippe Martinez aujourd’hui.

On lui prête même régulièrement le pouvoir de les faire nommer, et lors de ses nombreux entretiens avec la presse, il veille à bien faire sonner les prénoms des secrétaires généraux successifs pour illustrer leur proximité. Mélange des genres assumé. Mais Pierre Ferracci a tissé sa toile bien au-delà. Membre permanent du Conseil d’orientation sur l’emploi depuis 2005, il a accepté sous Sarkozy de présider une commission sur la formation professionnelle et de participer en 2007 à la commission Attali (qu’il quittera finalement en claquant la porte)…»


Le reste du tract de la CFDT est du même acabit  

Suite… « Une belle prise donc, puisque Denoyelle, qui connait parfaitement France Télévisions, saura parler à la CGT, son principal partenaire et donneur d’ordre à FTV.

Evidemment, nous sommes curieux : comment Jacques Denoyelle, qui a formé par ses interventions les élus présidents de commissions, secrétaires des ex CHSCT et CE, membres des bureaux des CSE ou rapporteurs de CSSCT, va-t-il se positionner, en tant que directeur du dialogue social ? Comment va-t-il gérer les amitiés anciennes et solides forgées par un long partenariat avec la CGT, et comment va-t-il parler aux autres organisations syndicales, qu’il a moins côtoyées ?»

Et de prévenir et de s’interroger encore alors que depuis tant d’années tout est connu « La CFDT n’acceptera pas que le directeur du dialogue social choisisse ses partenaires. Nous n’accepterons pas que dans le dialogue social, il y ait les « amis » et les autres. Que des informations ne soient pas données de façon équitable à toutes les organisations syndicales, que les dossiers soient préparés en amont avec les uns et pas avec les autres. Avons-nous des a priori ? Mais évidemment, nous en avons ! Parce que nous savons que la neutralité, l’objectivité, c’est difficile quand on a tissé des liens depuis si longtemps.

Alors, qu’elle est la véritable mission de Jacques Denoyelle : amener la CGT à signer, d’ici à 2022, des accords structurants sur les évolutions des métiers ou le temps de travail, en usant de ses relations privilégiées avec ce syndicat à FTV?

Pas la peine de lui souhaiter la bienvenue à France Télévisions, Jacques Denoyelle y est chez lui depuis longtemps : on se demandait si SECAFI, omniprésent à FTV, avait des bureaux au Siège ; maintenant, on sait où ils sont : dans le bâtiment Valin, à l’étage du Dialogue Social » (* partout chez lui, effectivement…regardez ci-après l’un des derniers documents signé Sécafi, Denoyelle and co, présenté en séance de ce dernier CSE)

(*)




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