Le début de la fin: Avec 2,6M€ de dettes, Radio EAT et le bar Le Bel-Air cherchent un repreneur…
Ah, bravo. Neuf ans d’existence, une vue imprenable sur la tour Eiffel, un décor « chic et épuré », et le résultat final : 2,6 millions d’euros de dettes, 5 000 euros en caisse et un tribunal qui finit par éteindre la lumière. Radio Eat et le Belair viennent d’offrir la démonstration la plus pure que l’on peut cumuler tous les avantages du monde et quand même se planter en beauté.
Le diagnostic du tribunal est d’une clarté chirurgicale : pas assez de clients. Quelle surprise. Installer un restaurant au premier étage d’une forteresse administrative où il faut passer un contrôle de sécurité, trouver le bon ascenseur et prier pour que quelqu’un ait collé un panneau quelque part… c’était clairement la recette du succès populaire. On se demande pourquoi le Parisien moyen, après une journée de boulot, n’a pas foncé en masse vers ce temple de l’accessibilité ?!
Les excuses, elles, sont dignes d’un concours de badinage : le Covid (évidemment), les investissements trop importants, la difficulté à identifier le lieu, et, cerise sur le gâteau, « l’impossibilité d’exploiter la terrasse » à cause… des canicules. Oui, vous avez bien lu. Il a fait trop chaud pour servir des assiettes dehors. Pendant que d’autres restos parisiens remplissent leurs terrasses à 35 degrés, eux n’ont pas pu. Magnifique.
Éric Wapler et son équipe ont donc réussi l’exploit de transformer un emplacement prestigieux en trou financier de 2,6 millions. Loyers impayés, charges sociales impayées, trésorerie en mode survie… on frôle la performance artistique. Pendant ce temps, Radio France, propriétaire des murs, regarde ailleurs en silence. Ni commentaire sur les loyers, ni sur l’avenir des lieux. Classique.
Maintenant on cherche un repreneur avant le 30 septembre. Courage à celui qui osera reprendre le flambeau. Il héritera d’un endroit magnifique… et d’une clientèle qui n’a jamais vraiment existé. Quant aux 18 salariés, on leur souhaite sincèrement de trouver mieux que cette aventure qui a fini en débâcle comptable.
Moralité : même avec une vue de rêve et le prestige de la Maison de la radio, on ne peut pas vendre du vent indéfiniment. Il fallait juste, peut-être, que quelqu’un se demande un jour si les gens allaient réellement venir.
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