mardi 16 octobre 2018

France Télés sur le fichage des salériés de F3 Auvergne: "Cette histoire s’est terminée" en décembre 2015, sauf dans "un village gaulois perdu à Clermont-Ferrand" et "un village de syndicalistes" !


France Télés sur le fichage des salériés de F3 Auvergne: "Cette histoire s’est terminée" en décembre 2015, sauf dans "un village gaulois perdu à Clermont-Ferrand" et "un village de syndicalistes" !

Les Juges prud’homaux du Conseil des Prud’hommes de Clermont–Ferrand ont dû apprécier ce commentaire méprisant de France Télés à leur égard "Cette histoire s’est terminée" en décembre 2015, sauf dans "un village gaulois perdu à Clermont-Ferrand" et "un village de syndicalistes" !

Ils ont dû être ravis d’apprendre que "le village gaulois perdu à Clermont-Ferrand » dépend de leur juridiction qui n’est ni petite, ni irréductible !

(*) Nous vous proposons d’ailleurs de découvrir en fin de blog quelques extrait de l’audience dont le jugement a été mis en délibéré au 20 décembre

Une bonne partie de la Presse a d’ailleurs repris en chœur, le dossier de ces cinq salariés de France 3 Auvergne devant les Prud'hommes, hier lundi 15 décembre 2018.

Après le dossier particulièrement étayé de l’Obs qu’évoquait hier le blog CGC Média, le Figaro avec l’AFP en a remis une couche .

Extrait :

"Incompétent", "insuffisant": cinq salariés de France 3 Auvergne ont contesté aujourd'hui devant le conseil de prud'hommes de Clermont-Ferrand la légalité de "fiches" secrètes d'évaluation mises en place par l'ex-direction de France Télévisions et truffées d'appréciations. Cette audience se tenait après quatre renvois successifs depuis 2015.


Ces cinq salariés ou ex-salariés de France 3 Auvergne, qui attendent depuis trois ans que la "faute" de France Télévisions soit actée, demandent notamment "une indemnisation pour ce fichage abusif et que le préjudice moral que chacun a subi soit reconnu", a précisé à l'AFP leur avocat Me Jean-Louis Borie. "Ce système de fichage illicite, en violation du code du travail, a eu des conséquences graves sur le moral et la santé psychique des salariés", explique l'un des cinq salariés, Nordine Mohamedi, représentant syndical SNPCA CGC médias. "Et les commentaires étaient en décalage avec ce qui ressortait des entretiens individuels annuels".


L'affaire remonte au 24 août 2015 quand le syndicat FO a révélé que les personnels de France 3 Auvergne avaient fait l'objet à leur insu d'une "revue de personnel" évaluant leurs "performances et potentiels". Deux jours plus tard, plusieurs journalistes découvraient dans leur casier une fiche nominative les classant en trois profils : I pour insuffisant, C pour conforme aux attentes et B pour au-delà des attentes. Certaine fiches contenaient de plus des annotations manuscrites: "très isolé", "irrégulier dans ses prestations", "insuffisant".... France Télévisions assure que cette "revue de personnel était destinée aux managers pour détecter les potentiels ou préparer les entretiens individuels". Le jugement a été mis en délibéré au 20 décembre.




(*) Ce qui s’est dit à l’audience pour justifier le fichage des salariés qui rappelons-le est illicite comme n’a cessé de le répéter l’avocat des demandeurs Maître Borie.

Maître Sebban l’avocat de France Télés affirme "l'origine de ces fiches est purement managériale"…il se réfère le plus invraisemblablement qui soit à  la page 17 (paragraphe 3) de l'accord égalité hommes femmes de 2014 qui soit disant créerais une revue de personnel pour "homogénéiser" l'évaluation des personnels !!!

Ben voyons !

L’une des perles de l’audience est encore du fait de l’avocat de France Télés qui n’a cessé de s’enferrer "la revue de personnel, c'est une formation pour les managers"; une "grille" selon-lui transmise par Olivia Venner, soi-disant pour préparer les entretiens individuel en amont dont les salariés n’avaient évidemment pas connaissance !

« Les "items" de cette grille seraient les mêmes que ceux de l'entretien individuel » a-t-il cru devoir ajouter….Faux, archi- faux lui a répondu Maître Borie l’avocat des salariés montrant deux documents au Conseil pour le prouver.

Maître Sebban  est même allé jusqu’à qualifier de consciencieux celui qui était entre autres à l’origine du fichage "On ne demande pas à Jean Forneris de remplir" cette grille mais il le fait quand même car c'est "quelqu'un de consciencieux" !
Jean Forneris, à l’entendre, n'aurait finalement rempli que "quelques grilles" avant la venue de Olivia Venner [France Télés Siège]) sur place ! Ce qui est totalement faux.

Entre juin 2015 et mai 2016, la CNIL ne trouve aucune fiche et ne trouve rien à redire sur les notes manuscrites de Forneris enchérit celui qui assène donc "cette histoire est terminée" en décembre 2015, sauf dans "un village gaulois perdu à Clermont-Ferrand" et "un village de syndicalistes".

A l’en croire les  5 salariés n’auraient "pas d'intérêt à agir" et n'auraient à l’évidence  subi aucun préjudice !!!! Il ira même, voyant que les débats ne tournaient pas franchement à son avantage, de rappeler le plus cyniquement qui soi qu’à France Télés il n’y pas de discrimination, l'entreprise ayant  obtenu le "label diversité" et ce alors même que dans son argumentation, il confirmait néanmoins que le rédacteur en chef adjoint avait lancé à un salarié en détachement de Guyane "je ne suis pas un sauvage" !!!!

La salle n’a bien entendu pas pu s’empêcher d’en rire.

Maitre Borie a pour sa part martelé que "Tout cela se passe en cachette et a forcément une incidence sur la carrière et la rémunération des salariés.


Quant à la CNIL qui n’aurait pas, selon son contradicteur, trouvé à redire sur les fiches…il a tenu à préciser qu’il n’y avait rien d'étonnant à ce que cela car la CNIL n'est compétente que sur les fichiers informatisés (et non les feuilles de papiers annotées à la main)

C'est comment déjà le slogan de France Télés pour  les régions "Vous êtes bien sur France 3" ??

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