Elles sont deux à présent à pouvoir
se partager « La honte de la République »…Comment François Bayrou peut-il
encore tolérer les sorties de route de Dati ?
En 2017, c’est Emmanuel
Macron lui-même qui avait qualifié la gouvernance de France Télévisions donc
Ernotte de « Honte de la République ».
Aujourd’hui c’est au
tour de Dati, passeuse du relai ernottien pour recréer l’ORTF et noyer tout un tas
de squelettes qui s’entassent déjà dans les dans les placards de France Télés, dont l’attitude et le propos inadmissibles ne peuvent avoir qu’une seul réponse :
la remise de sa lettre de démission par l’intéressée !
Les parisiens jugeront ensuite,
mais là, ce sera pour 2026.
Ce qu’avait évoqué le jour-même le blog CGC Média et que détaille aujourd’hui Libération dans son article cosigné par 3 journalistes Sylvain Chazot, Chez Pol et Victor Boiteau : «"Je vais la frapper" : Rachida Dati s’en prend à une fonctionnaire de l’Assemblée nationale, l’examen de la loi sur l’audiovisuel suspendu » (¤) peut être qualifié à l’identique voire plus lourdement encore lorsqu’il s’agit d’un membre du gouvernement putative maire de Paris en l’occurrence.
Charline Vanhoenacker dans sa rubrique sur Inter « Charline explose les faits » - à écouter ci-dessous – n’y va pas par quatre chemins non plus. Elle le fait avec humour certes – « Pas la peine de faire 2 jours de grève pour planter le projet [ernottien, ndlr] de fusion de l’Audiovisuel public, Dati le torpille très bien elle -même » (*)
(*) Cliquer ici pour écouter le podcast
Le cabinet du ministre
des Relations avec le Parlement Patrick Mignola dit suivre l’affaire de près
mais, en réalité, quel chef de gouvernement peut tolérer de tels dérapages
particulièrement dans l’une des 2 chambres du Parlement qui représente les
Français ?
(¤) Extrait
du papier de Libé :
« Dans la soirée
du mardi 1er avril, un incident est survenu en commission des
Affaires culturelles à l’Assemblée, où l’on débattait de la proposition de loi
du sénateur centriste Laurent Lafon, outil législatif utilisé pour créer
la holding «France Mediaş» et visant à rassembler France Télévisions, Radio
France et l’INA.
En fin
d’après-midi, la ministre de la Culture Rachida Dati a souhaité déposer
un amendement. Comme le rapporte le Figaro, cet amendement a été́ jugé
irrecevable par l’administratrice du Palais Bourbon, devant être scindé
en plusieurs parties pour pouvoir être examiné. La présidente de la commission, la socialiste Fatiha
Keloua Hachi, a suspendu la séance pour une dizaine de minutes.
«On est
alors quatre ou cinq députés», nous raconte l’insoumis Aurélien Saintoul. «Elle
était réellement bouleversée». Très vite, le député́ LFI voit que «ça
s’envenime» entre Dati et la fonctionnaire. Saintoul se rapproche, hésite.
Dati s’énerve.
«Ça devenait de plus en plus clair que la fonctionnaire se faisait passer
un savon, poursuit Saintoul. Dati lui a lancé : «Vous pouvez
arrêter avec votre petit sourire mais je suis comme ça, je dis la vérité.»
«"Arrêtez de faire de l’excès de zèle"», lance encore la ministre.
«Je vais la frapper», entendent aussi des députés. «Je me suis approché et j’ai
dit à la ministre qu’elle n’avait pas à parler comme ça au personnel de
l’Assemblée», retrace Aurélien Saintoul. La ministre s’en prend
alors à l’élu. «Elle m’a rétorqué : «Qu’est-ce que vous croyez, que
vous me faites peur ?» Puis elle m’a traité de «gosse de riche» – ce que
je ne suis pas. Je lui ai répondu que c’était une arriviste.»
Saintoul conclut
en rapportant que, plus tard, la fonctionnaire l’a remercié́ «ouvertement,
devant Dati». «Elle était réellement bouleversée.»…
Informée de
l’incident, Fatiha Keloua Hachi a décidé d’interrompre les travaux, en
accord dit-elle avec la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet. «Les
conditions ne sont pas réunies pour avoir un débat apaisé», écrit la présidente de la
commission dans un communiqué publié dans la soirée. C’est depuis la
buvette que l’entourage de Dati apprend la nouvelle, ce qui les énerve
encore plus : «On n’a même pas été prévenus, on a appris la
suspension par le tweet de Keloua Hachi. Je ne sais pas si on vous a
appris la politesse mais pour nous, ça ne se fait pas.»
Candidat à la
primaire du PS pour les prochaines municipales à Paris, le socialiste Emmanuel
Grégoire [également membre du Conseil d’administration
de France Télés, ndlr] a dénoncé les agissements
de sa potentielle rivale dans la capitale.
Et ce n’est pas
fini. Selon nos informations, la cheffe des députés insoumis Mathilde
Panot va écrire ce matin à Braun-Pivet pour lui relater l’incident. Le
cabinet du ministre des Relations avec le Parlement Patrick Mignola
suit aussi l’affaire de près.
Nouvelle
suspension ce mercredi. La nuit n’a visiblement pas porté conseil aux belligérants.
Cet après-midi, de retour en commission, les mêmes acteurs ont produit la
même scène. Selon nos informations, la ministre s’était engagée oralement à
ne plus parler à l’administratrice. Braun-Pivet a poussé Dati à
s’excuser lors d’un échange entre elles, Dati, Keloua Hachi et la
fonctionnaire.
Rien ne
s’est passé comme prévu : Dati a interpellé la fonctionnaire et, pire,
a donné son prénom et son nom alors que la commission est filmée. «Dati
a pris la parole mais a menti comme une arracheuse de dents, mentant sur
la chronologie des événements que c’était moi qui avais provoqué
l’accident», commente Saintoul.
L’insoumis
ajoute que, selon lui, Dati a sous-entendu que c’était par racisme et sexisme
qu’il s’en prenait à elle. Ce que l’élu réfute.
«C’est une ministre qui s’en prend à une cheville ouvrière du
pouvoir législatif. Et c’est le pouvoir législatif qui est chargé de les
contrôler, pas l’inverse.»
Face au refus de
la ministre de s’excuser, l’administratrice a quitté la salle.
La députée PS
Ayda Hadizadeh assure de son côté, depuis la salle des Quatre Colonnes, que la
ministre a «pris à partie, de manière extrêmement violente, une
fonctionnaire de l’Assemblée»…
Résultat,
la séance a été́ suspendue. Elle doit reprendre à 18h30 mais «en l’état
actuel des choses, il est hors de question qu’on reprenne», prévient
Saintoul. «Ça s’apaisera quand Dati reconnaîtra les faits, abonde Hadizadeh.
Elle a choisi de mentir éhontément et s’enferme dans son mensonge » …