Audition de Vincent Bolloré. Il tacle Ernotte et ses grotesques postures mais pas l'Audiovisuel public.
Hier mardi 24 mars 2026, Vincent Bolloré a été auditionné pendant environ 2h30 par la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale.
Il était convoqué en tant qu’actionnaire indirect via Vivendi de Banijay dont il detient environ 19% seulement et qui est l’un des principaux fournisseurs de programmes de France Télévisions (le second pour être précis) derrière Mediawan et avant Together Média.
S'il ne s'est guère exprimé sur les contenus - ce n'était pas son rôle - il s’en est clairement pris à France Télévisions (et à l’audiovisuel public en général) particulièrement sur le plan financier et managérial, tout en répondant directement et avec ironie aux accusations de Delphine Ernotte.
Extraits:
1. Réponse ironique et directe à Delphine Ernotte (vers 16h04)
Delphine Ernotte déclarait en septembre 2025 dans Le Monde : « la galaxie médiatique de Vincent Bolloré veut la peau de l’audiovisuel public ».
Bolloré lui a répondu en se posant en victime et en l’accusant implicitement de chercher un bouc émissaire plutôt que de régler ses problèmes internes :
- « Je suis l’ennemi commun type, le bouc émissaire parfait, le paratonnerre idéal. Je représente toutes les cases que la caste n’aime pas. » [Caste, la mot est lâché et c'est bien de cela dont il est question, la caste de l'entre-soi, des bien-pensants qui se cooptent entre eux mais de toute cette petite cour de marquis et autres nobliaux qui impose leurs pratiques au plus grand nombre, ndlr]
- « Quand on a des problèmes, il y a deux sortes de comportements : soit vous reconnaissez vos problèmes, soit vous essayez de reporter la responsabilité sur quelqu’un d’autre et de trouver un ennemi commun. » [Ce que l'ex-Orange partout et en tous lieux à la moindre occasion...ce n'est jamais elle ! ndlr]
- Avec un sourire : « Que Madame Ernotte ne s’inquiète pas, à mon âge je ne vais pas aller me faire embauche chez France Télés, et de toute façon, je pense pas qu'ils m’embaucheraient pas. » (Il a aussi ajouté qu’il « prie pour ses ennemis » et qu’il a « même une chapelle dans le jardin ».)
Ce passage a été largement repris en vidéo (*) notamment par Le HuffPost qui résume extrêmement bien l'intervention.
(*)
https://youtube.com/shorts/YNUiOoV1G-Y?is=zDj6mfwZoaIZwei9
2. Critique répétée de la gestion et des coûts de France Télévisions (plusieurs interventions, notamment vers 15h54, 16h16 et 17h48)
Vincent Bolloré a martelé que le « problème » n’était "pas le service public en lui-même", mais son coût et sa mauvaise gestion (visant à l'évidence la catastrophique décennie ernottienne).
- « Le problème de l’audiovisuel public, ce n’est pas les contenus, c’est les coûts » qui « viennent pour l’essentiel de dépenses qui ne sont ni contrôlées ni maîtrisées » a-t-il asséné en plus, tel un coup de tonnerre, avant de poursuivre « C’est un problème de gestion, en réalité. » [en référence directe à la situation chaotique de France Télévisions qu' ont dénoncé l'IGF et la Cour des comptes, ndlr]
- Sur les 4 milliards et quelques d’euros de pertes/coûts annuels supportés par l’État, Vincent Bolloré a enchéri « 4 milliards, c’est beaucoup à un moment où la France est quand même en difficulté. », en prenant exemple sur le Privé « Je ne vois pas pourquoi TF1 gagnerait de l’argent, M6 gagnerait de l’argent et le service public ne gagnerait pas d’argent alors qu’ils font "la même chose" ».
- Puis d'ironiser « Au lieu de donner 4 milliards, je ne donne plus que trois ou deux et demi. Et vous verrez qu’ils se débrouillent eux-mêmes. »
Il a enfin redit qu’il n’avait « rien contre France Télévisions » et qu’il ne voulait "pas" la racheter en cas de privatisation :« J’ai assez de médias »).
En résumé, si Bolloré ne s'est étendu les programmes, il a clairement ciblé la gestion d’Ernotte et les "coûts jugés excessifs" de France Télévisions, en retournant contre elle l’accusation de vouloir « la peau » du service public.
Ce fut sa ligne de défense principale tout au long de l’audition, cette posture dont Ernotte s'est pathétiquement drapée comme l'a écrit et répété le blog CGC Média des centaines de fois.

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