France Télévisions : l’omerta institutionnalisée vs la tolérance zéro version « on n’a rien vu ».
Depuis des années, les couloirs de France Télévisions résonnent de rumeurs, de témoignages étouffés et de plaintes classées sans suite. La direction savait. Elle a toujours su ! Cependant, entre la communication vertueuse et la réalité des faits, il y a un gouffre que l’argent public comble allègrement.
Ernotte l’avait pourtant claironné haut et fort : tolérance zéro face au harcèlement et aux agressions. Promesse solennelle faite à Roch-Olivier Maistre et à d’autres, discours enflammés sur l’exemplarité du service public, charte, formations, comités… Le grand théâtre de la vertu. On y applaudit, on communique, on poste des tweets #8MarsTousLesJours...et puis, dans l’ombre, on agit autrement.
Rappelez-vous l’affaire du service des sports. Trois journalistes livrés en pâture après avoir été accusés de faits de harcèlement. Enquête dite interne (un énorme bobard!) et des licenciements médiatisés sans même vérifier quoi que ce soit...La direction se posait en justicière. Clémentine Sarlat avait témoigné, le scandale était là. Belle image pour un ROM qui voulait "du chiffre". Sauf que la justice prud’homale a tranché : licenciements abusifs. Condamnations lourdes pour France Télévisions – des dizaines ou centaines de milliers d’euros d’indemnités. Les protagonistes ont gagné leurs procédures...et là la direction ernottienne chantent beaucoup moins ? Que fait-elle ? Rien ou plutôt si : elle promeut, elle maintient, elle protège. Indécence totale.
C’est le même schéma que celui révélé dans le blog CGC Média depuis le signalement fait par le rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public via l'article 40 : protocoles transactionnels signés par des dirigeants (Martin Ajdari, Arnaud Lesaunier), indemnités versées avec clauses de confidentialité, silence acheté avec l’argent du contribuable plutôt que vérité et sanctions.
Des faits d’agressions sexuelles sur plateau (* témoignage glaçant d’une invitée de « Ce soir ou jamais ! »), une culture où l’image prime sur la dignité des personnes.
(*) Bonjour,
Étudiante à l’ISFJ, [L'ISFJ est la Grande École de Journalisme en alternance. Elle propose une formation de Bac à Bac +5 au travers d'un cycle Bachelor et d'un cycle Mastère, ndlr] ...j’ai assisté à l’émission du mardi 8 décembre.
Je vous remercie pour votre accueil chaleureux mais je tiens à vous faire part de ma déception. Pendant l’émission, j’ai vu un de vos caméramans enfoncer « pour rire » l’antenne de sa caméra dans les fesses de deux étudiants placés à côté de moi derrière le bar.
J’avoue avoir trouvé la « blague » vraiment très mauvaise. Les deux étudiants étaient extrêmement gênés. Ils pensaient comme moi que l’émission était d’un niveau intellectuel élevé… Mais ce n’est pas tout. J’ai par la suite vu ce même caméraman prendre la tête d’un professeur de la classe de BTS présent ce soir-là. Il l’a obligé à tourner sa tête dans la direction qu’il souhaitait. Une nouvelle fois, j’ai vraiment été choquée. Les personnes du public ne sont pas des objets qu’on manipule…
Je tenais à vous faire part de ma déception face au comportement de certaines personnes sur le plateau.
J’espère que vous en parlerez pour que ces tristes scènes ne se reproduisent pas".
Ce témoignage fait partie parmi d'autres dans le même style que ceux qui ont dus inévitablement être conservés par le CHSCT.
La direction savait donc...Le réalisateur aussi mais il a couvert ses techniciens ! Comment Ernotte peut continuer à prétendre aujourd'hui qu'elle ne connaissait pas les faits intervenus sous prétexte qu'ils seraient advenus juste avant son parachutage ? C'est bien elle qui a promu Arnaud Lesaunier. Elle n'avait qu'à se renseigner pour apprendre ce que tout le monde sait depuis des années : Les alertes internes, les rapports, les plaintes… Tout ce qui remonte aujourd'hui.
Le rapport du CHSCT de l’époque où Arnaud Lesaunier en était président existe bel et bien, tout comme le rapport de la Halde rendu dans la foulée. Ces documents officiels ont alerté sur les dysfonctionnements, les risques psychosociaux, les cas de harcèlement.
A France Télés, on déprogramme des émissions dans lesquelles jouent des acteurs pour le simple soupçon d’un délit. On interdit d’antenne des personnalités, livrées au tribunal médiatique. On s’enflamme sur les réseaux sociaux à la moindre procédure ou au moindre signalement. Toutefois dès qu’il s’agit de figures internes de France Télévisions, alors là plus personne....
Puis, il y a Cannes et les paillettes ! Ça ferait mauvais genre !!!
Bonjour, vous êtes bien sur France Télévisions : le service public de l’omerta sélective. On préfère la « gestion des risques » : indemniser, muter, promouvoir les uns, faire taire les autres. Tolérance zéro ? Tolérance pleine et entière, surtout quand il s’agit de préserver le sérail.
Pendant ce temps, le service public, financé par tous les Français, se drape dans une morale de façade.
- On y donne des leçons de féminisme, d’inclusion, de déontologie.
- On y pourfend les « violences faites aux femmes » sur l’antenne et en interne ?
- Une omerta de bon ton, où les carrières des puissants comptent plus que la parole des victimes ou des lanceurs d’alerte.
Assez de ce deux poids, deux mesures.
France Télévisions doit rendre des comptes. Transparence totale sur les protocoles transactionnels, publication des rapports du CHSCT et de la Halde. Fin des promotions indécentes et pour celles et ceux, mis en cause dans cette sordide affaire : licenciement pour faute lourde. Vraie. protection des victimes, fini les petits arrangements qui profitent surtout la direction.
Contrôle parlementaire renforcé car l’argent public n’est pas un chéquier pour acheter le silence.
Le service public mérite mieux que cette hypocrisie institutionnelle. Les journalistes intègres, les salariés dignes et les téléspectateurs payeurs méritent mieux qu’une direction qui « n’a rien vu » pendant des années, tout en promettant monts et merveilles.
La tolérance zéro, c’est maintenant. Ceux qui ont failli, n'ont plus rien à y faire. Ils doivent être sanctionnés et virés.




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