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jeudi 15 octobre 2026

Catastrophe industrielle pour le groupe Ouest France…

Catastrophe industrielle pour le groupe Ouest France…

10,4 millions de pertes, des programmes à 0 % de part d’audience et 156 postes sur le billot : on dirait le bilan d’une start-up de la « nouvelle télévision » dirigée par des gens qui pensaient que « remplacer C8, ça marcherait tout seul »! 

Ben NON…



L’ARCOM en visite à France Télés Toulouse: la complaisance en vitrine ?

L’ARCOM en visite à France Télés Toulouse: la complaisance en vitrine ?

Martin Ajdari à Toulouse pour rencontrer la direction régionale, échanger avec le Codir, intervenir dans le journal ICI 19/20 et visiter la station : voilà un programme bien rempli pour une visite dont on peine à saisir la finalité. 


À quoi sert le régulateur : à contrôler l’audiovisuel public ou à entretenir des relations de cour avec ceux qu’il est censé réguler ?


Des poignées de main, des échanges entre dirigeants, une apparition à l’antenne… mais pour quel résultat concret ? Où sont les questions qui dérangent, les exigences de transparence, les contrôles sur l’utilisation de l’argent public et les garanties d’indépendance éditoriale ?


À force de confondre proximité institutionnelle et mission de régulation, on finit par brouiller les rôles. Le régulateur n’est pas là pour faire la tournée des popotes, mais pour veiller au respect des règles. Ce n’est certainement pas une photo dans une newsletter interne qui suffira à démontrer l’utilité d’une telle visite.


mercredi 14 octobre 2026

France Télés: à Quadrans l’eau n’est plus potable mais la communication, elle, coule à flots.

France Télés: à Quadrans l’eau n’est plus potable mais la communication, elle, coule à flots.


France Télévisions face à une anomalie dans l’eau du robinet : la direction prend des précautions, mais oublie de répondre à la question que tout le monde se pose.

Il y a des communications internes qui veulent rassurer et puis il y a celles qui, à force de vouloir rassurer, finissent surtout par susciter des interrogations. (*)

Mardi 13 octobre, la direction de la communication interne de France Télévisions informe les salariés du bâtiment Quadrans qu’une analyse de l’eau potable, effectuée le 8 octobre, a révélé une non-conformité sur l’un des critères contrôlés.

(*)

La suite est pour le moins instructive : la consommation d’eau est interdite dans le bâtiment, le restaurant et la cafétéria ferment dès midi jusqu’au lundi 19 octobre, et des bouteilles ainsi que des bonbonnes d’eau doivent être livrées dès le lendemain.

Autrement dit, la direction estime que la situation justifie des mesures suffisamment sérieuses pour bouleverser le quotidien des salariés. Pourtant dans le même temps, elle explique que l’organisme de contrôle n’exclut pas une erreur d’analyse et qu’une seconde étude doit permettre de trancher.

L’eau est donc suffisamment suspecte pour être interdite, mais pas suffisamment documentée pour que les salariés sachent exactement pourquoi.

Voilà qui mérite quelques explications.

L’art de communiquer sans dire l’essentiel

Quel est le critère qui n’est pas conforme ? Une bactérie ? Un paramètre chimique ? Une concentration anormale ? Un problème lié aux canalisations du bâtiment ? Un dépassement minime ou une anomalie plus préoccupante ?

Le communiqué ne le précise pas.

Il ne donne ni la valeur mesurée, ni le seuil de référence, ni le nom du laboratoire, ni les éléments permettant d’apprécier la portée sanitaire du résultat. Il ne dit pas davantage si l’anomalie concerne un robinet, un étage, une installation particulière ou l’ensemble du bâtiment.

Il ne s’agit pas d’affirmer qu’un danger grave existe : les informations disponibles ne permettent pas de le conclure.

Mais elles ne permettent pas non plus aux salariés de comprendre ce qui motive précisément l’interdiction.

La direction évoque une éventuelle erreur d’analyse. Très bien…mais une hypothèse d’erreur ne constitue pas un résultat rassurant. Tant que la contre-analyse n’est pas connue, l’incertitude demeure.

Enfin, la direction estime qu’il faut interdire la consommation d’eau par précaution, elle doit pouvoir expliquer clairement la nature du doute, les mesures prises et les conditions dans lesquelles les salariés seront informés.

Une fermeture de six jours : pourquoi, et sur quelle base ?













Le restaurant et la cafétéria ferment jusqu’au lundi 19 octobre. Cette décision peut parfaitement se justifier si l’eau utilisée pour préparer les repas, laver les aliments ou nettoyer les équipements présente un risque potentiel.

Mais le communiqué ne fournit pas les éléments permettant de comprendre pourquoi cette fermeture doit durer aussi longtemps, ni si d’autres mesures auraient pu permettre de maintenir une activité de restauration dans des conditions sanitaires sûres.

Il ne précise pas non plus les modalités d’information du personnel chargé de la restauration, ni les mesures prises pour garantir la sécurité sanitaire des aliments.

Pour info, les salariés de la cantine de Quadrans ont eu pour instruction de jeter toute la nourriture ! C’est quand même que le danger et le risque seraient réels et importants, pour ne pas dire impactant pour la santé des gens. Sauf qu’ils ont mangé à la cantine entre la date du « mauvais test » et hier midi quand ils ont décidé de tout interdire !

Quel est le risque encouru ??? C’est grave ce qui se passe !

L’eau en bouteille dès demain : et d’ici là ?

C’est peut-être le détail le plus concret du communiqué.

L’interdiction de consommer l’eau prend effet dès le mardi 13 octobre, à midi. Les bouteilles et bonbonnes ne doivent être livrées que le lendemain.

La question est simple : quelle solution est prévue entre ces deux échéances pour les salariés présents dans le bâtiment ?

L’employeur doit mettre à leur disposition de l’eau potable et fraîche. Cette obligation ne disparaît pas parce que l’eau du réseau interne est suspectée de non-conformité.

Si aucune eau potable de remplacement n’est accessible pendant cet intervalle, la direction doit expliquer comment elle entend respecter cette obligation.

Un détail logistique ? Non. Lorsqu’une mesure de précaution prive les salariés d’un service essentiel, son application concrète fait partie de la responsabilité de l’employeur.

« La sécurité et le bien-être restent notre priorité »

La formule finale est devenue un classique de la communication institutionnelle. Elle serait plus convaincante si elle s’accompagnait d’informations précises, vérifiables et utiles.

La direction promet de tenir les salariés informés au fur et à mesure de l’évolution de la situation et dès réception des nouveaux résultats. C’est indispensable…alors pourquoi attendre les conclusions définitives pour communiquer les éléments déjà disponibles sur la nature de l’anomalie ?

Il ne s’agit ni de semer la panique ni de transformer un résultat de laboratoire en catastrophe sanitaire. Il s’agit de respecter les salariés en leur donnant les informations nécessaires pour comprendre les mesures qui leur sont imposées.

La transparence ne consiste pas seulement à annoncer une interdiction. Elle consiste aussi à expliquer ce qui la motive.

À Quadrans, la direction a su organiser la fermeture des points de restauration et l’interdiction de boire l’eau. Il lui reste à organiser quelque chose d’au moins aussi important : une information complète des salariés.

Pour une entreprise dont le métier consiste à informer le public, ce serait tout de même un comble que la transparence s’arrête à la porte de ses propres bureaux.


mardi 13 octobre 2026

Bénédicte Piot-Gambey pour remplacer Sylvie Gengoul aux Outre-mer ?!

Bénédicte Piot-Gambey pour remplacer Sylvie Gengoul aux Outre-mer ?!

Aussi appelée Bénédicte Gambey, est pour l’heure directrice régionale de Nouvelle-Calédonie La 1ère (la station locale de France Télévisions / Outre-mer La 1ère en Nouvelle-Calédonie) depuis le 31 mars 2022. Elle avait succédé Wallès Kotra qui a été directeur exécutif en charge de l’Outre-mer (réseau Outre-mer 1ère + France Ô) de 2016 à 2019.

En octobre/novembre 2019, c’est Sylvie Gengoul qui avait pris la suite à la tête du Réseau Outre-mer de France Télévisions (alors qu’elle quittait la direction de Guadeloupe La 1ère). C’est bien elle qui a pris sa suite à ce poste, avant que France Ô ne soit définitivement fermée.

Bénédicte Piot-Gambey et Wallès Kotra sont très proches professionnellement. Dans les portraits et interviews, elle le présente explicitement comme son mentor / tuteur depuis le début de sa carrière. Elle a déclaré qu’il l’avait « libérée de sa cage imaginaire » et qu’il lui répétait : « Pourquoi tu doutes ? Ça ne dépend que de toi. »

De son côté, Wallès Kotra avait lui-même qualifié sa succession à la tête de NC La 1ère de « naturelle », soulignant sa compétence, son dynamisme et sa connaissance du pays et de la maison. Il l’a accompagnée et encouragée tout au long de sa progression (de scripte à directrice régionale).


Des sources récentes dont un entretien officiel de France Télévisions daté de mai 2026 la confirment toujours à ce poste mais il semble que celle qui était auparavant directrice éditoriale et a occupé d’autres fonctions à la station (notamment directrice de l’antenne télé) s’apprêterait à « bouger » !

Poussée par Kotra, cette Calédonienne pur jus (originaire de Maré) a toujours prôné un média de proximité au service pour son territoire…Dans ses interventions publiques (notamment les entretiens de rentrée sur FranceTvPro.fr en 2024 et 2025), elle insistait sur :

•  la mission de service public de NC La 1ère,

•  le fait que la chaîne « n’est ni un service de l’État, ni un média au service des pouvoirs – quels qu’ils soient » (l’État devrait apprécier),

•  l’importance d’informer tous les Calédoniens dans leur diversité,

•  la cohésion, la proximité, l’accompagnement de la population locale (économie, solidarité, jeunes, femmes, etc.).

Cela en dit long sur son éventuelle arrivée pour la succession de Sylvie Gengoul ! Une des toutes dernières publications de l’ADAP, il y a quelques jours, faisait justement le point sur ces trous noirs de l’Outre-mer qui continuent de distiller    l’argent public en silence. Un silence de mort. Un silence de fosses communes où l’on enterre la vérité sous des couches d’indifférence parisienne et de clientélisme local.

Les départements et territoires d’outre-mer ne sont plus des confettis de l’Empire : ce sont des trous noirs. Des puits sans fond où l’argent du contribuable disparaît, aspiré par une caste de l’entre-soi qui se croit intouchable parce qu’ils ont la bonne couleur, le bon accent ou le bon réseau.

Écoutez : rien. Pas un cri. Pas une dénonciation. Rien dans le Matouba, rien à Kawéni, rien sur le Maroni, rien dans le lagon calédonien, rien sur les motus de Wallis. Pourtant la misère hurle, la violence tue (45 morts par armes à feu en Guyane, record de France, et zéro reportage national digne de ce nom), le chômage dévore, la faim gronde. Mais les véritables profiteurs, eux, ne font aucun bruit. Ils digèrent.

Neuf stations audiovisuelles, ex-RFO, rattachées à France Télévisions. Chacune gobe au minimum 25 millions d’euros par an. Cent à cent cinquante salariées et salariés payés (entre 5 000 à 10 000 euros grâce à l’indexation) pour produire des émissions ridicules, des journaux partiaux, souvent anti-français, des sites internet truqués aux chiffres menteurs.

Des rédactions qui s’agitent faiblement, des structures sabotées par la pseudo réforme de Sylvie Gengoul, placée par Ernotte plus pour le symbole « une Noire dans mon staff » que pour des résultats. Bilan de l’opération ? Catastrophe. Cadres et directeurs exclusivement issus des Outre-mer, sans expérience, sans savoir-faire, sans formation pour un bon nombre. Des fantoches régionaux payés avec des titres ronflants. Des directeurs de l’information plus présents sur les greens de golf qu’en rédaction. Une gestion RH digne d’une farce absurde.

Tout cela sous le silence et les magouilles. Sociétés de production montées par les personnels eux-mêmes. Embauches d’enfants et de cousins sur des postes à responsabilité. Journalistes qui n’ont jamais vu une école de journalisme, qui n’ont jamais fait d’études. Corruption massive à l’approche des municipales. Tout cela dans l’indifférence générale.

Le RN se tait : les Outre-mer sont une mine de voix. La gauche, qui a construit ce système, regarde ailleurs. La droite et le centre refusent de toucher à ce monstre inefficace et pourri.

Sylvie Gengoul qui a fait exploser toutes les mines placées par son prédécesseur, est semble-t-il poussée vers la sortie avant que n’explose prochainement la procédure pénale des enfants de Gérard Guillaume qui continuent leur combat après que leur père se soit pendu. Les prud’hommes ont déjà condamné. Le pénal est en route…

Qui va succéder à ce désastre ? Une femme, apparemment ! Discrimination positive obligatoire. L’offre est maigre : FTV ne sait pas former des cadres, elle sait seulement nommer des exécutants dociles. Trois directrices seulement sur neuf stations : échec total de l’équilibre hommes/femmes annoncé par Ernotte.

À La Réunion, épinglée par la CGSS, cursus RPS imposé et intime d’un député LFI (politiquement incorrect depuis le siège) le record d’absentéisme est atteint avec 5 261 jours au total.

En Guyane, une directrice imposée après le suicide de son prédécesseur, viré uniquement pour la placer. Issue du cabinet d’une ex-ministre guyanaise, candidate lamentable à la présidentielle. Image de marque catastrophique.

En Nouvelle-Calédonie, Bénédicte donc, l’étoile filante immobile. Scripte en 1992, devenue par miracle JRI, rédactrice en chef adjointe, directrice des antennes, puis directrice régionale… sans jamais quitter la même station, sans formation, sur le même territoire isolé. Poussée, encadrée, glorifiée par Walles Kotra, l’artisan du déclin de RFO. Connaissance des autres Outre-mer : zéro. Bilan : le néant absolu. Quand on ne sait rien faire, on ne fait rien mais Ernotte verrait bien une Kanak de gauche remplacer sa Guadeloupéenne de gauche. La boucle serait bouclée : de la cata à la cata.

Les élus d’Outre-mer, à qui on a vendu un pacte de « visibilité », se taisent. La commission d’enquête décidée par l’Assemblée nationale ? Silence radio. Les deux députés en charge sont trop occupés par la primaire de la gauche.

À Paris, tout le monde s’en fout. Une rédaction outre-mer éclatée, composée de gens qui n’y ont quasiment jamais vécu. Une structure parasite nichée dans l’ombre de France Télévisions, symbole parfait du gaspillage d’argent public.

Voilà le quotidien. Un système pourri jusqu’à l’os, protégé par le silence, la peur du « racisme », le clientélisme électoral et la lâcheté parisienne. Les Outre-mer ne sont plus des territoires français : ce sont pour beaucoup d'ente eux, des territoires de non-droit audiovisuel, des pompes à fric où l’incompétence est récompensée, la corruption tolérée et le suicide d’un directeur balayé sous le tapis.

Le silence des trous noirs continuera tant que personne n’osera hurler la vérité. Après les prochaines élections, on verra bien qui aura le courage de nettoyer ces écuries d’Augias tropicales. En attendant, il reste encore un peu de grain à moudre… En silence.


lundi 12 octobre 2026

Public Sénat ou comment transformer l’argent du contribuable en billet d’avion pour Ajaccio et autres dépenses...

Public Sénat ou comment transformer l’argent du contribuable en billets d’avion et autres dépenses...

Ah, Jean-Emmanuel Casalta ! Président de Public Sénat depuis 2025 et digne héritier d’une tradition bien française : celle qui consiste à confondre joyeusement la caisse de l’État avec son portefeuille personnel. 

Pendant que les journalistes de la chaîne s’échinent à couvrir les élections sénatoriales, le grand manitou, lui, s’occupe de choses autrement plus essentielles : faire payer par l’argent public ses trajets vers la Corse (environ 12 000 euros de billets d’avion, soyons précis), des nuits d’hôtel aux dates élastiques, parfois suspicieusement longues ou généreuses, et même une location de voiture à 1 000 euros. Rien que ça. L’outil interne de notes de frais était apparemment devenu un self-service ouvert à tous… jusqu’à ce que Mediapart vienne gâcher la fête.

Quelle défense ! « Je règle moi-même mes trajets familiaux, mais certains déplacements professionnels sont pris en charge. » Comprenez : j’ai mélangé allègrement le personnel et le pro sur la plateforme, mais rassurez-vous, je fais des « régularisations semestrielles » tout seul, dans mon coin. Semestrielles ? Ou plutôt un seul gros chèque de dernière minute, en septembre, quand l’enquête de Mediapart était déjà en cours ? On ne saura jamais, puisque la direction se contente de proposer un audit et de renvoyer tout le monde au conseil de questure du 20 octobre. En attendant, le président lance une enquête interne sur… tous les déplacements de tous les collaborateurs depuis trois ans. Ah, le classique : quand on vous attrape la main dans le pot de confiture, on menace de fouiller les tiroirs de tout le monde. Subtil.

Pendant ce temps, les journalistes de la maison se font scruter leurs propres notes de frais « à la loupe ». Certaines émissions disparaissent (adieu la matinale du vendredi), le budget progresse enfin un peu (150 000 euros de plus en 2026, première hausse depuis neuf ans)… et cette manne est aussitôt engouffrée dans les coûts, pendant que le président, lui, trouve le moyen de financer sa mobilité insulaire et ses nuits d’hôtel douteuses. On a même droit à l’argument des « partenariats utiles à la chaîne » pour justifier des déplacements en province. Bien sûr. Les partenariats, ces grandes causes qui nécessitent impérativement des hôtels parfois hors de prix et des dates qui ne collent pas.

Deux sénateurs ont eu le courage de demander la transparence totale et la saisine de la commission de contrôle des comptes. On les comprend : à force de « régularisations » opaques, certains commencent à murmurer l’article 40 du code de procédure pénale...et pourquoi pas ? Quand l’argent public finance les allers-retours vers la résidence familiale et des prestations dont on ignore si elles ont bénéficié à une tierce personne, on n’est plus dans la petite légèreté administrative. On est dans le mépris le plus crasse pour ceux qui paient.

Public Sénat n’est pas soumis aux coupes budgétaires qui touchent l’audiovisuel public. Tant mieux mais ce privilège ne donne pas le droit de transformer la chaîne parlementaire en agence de voyages privée pour son président. Les salariés se réunissent en assemblée générale ce lundi. Ils ont raison. Ils ont même le droit d’être écœurés.

Que le conseil de questure fasse son travail. Que la lumière soit faite, sans filtre, sans « régularisation » de dernière minute. Et que ceux qui considèrent encore l’argent public comme une extension de leur compte en banque comprennent enfin que l’indignation n’est pas une option : c’est une obligation.

Assez.

dimanche 11 octobre 2026

Les producteurs en colère contre Ernotte qui a annoncé 60M€ en moins sur les tournages de téléfilms et de séries mis en pause.

Les producteurs en colère contre Ernotte qui a  annoncé 60M€ en moins sur les tournages de téléfilms et de séries mis en pause.

Ce chiffre de 60 millions correspondait à un scénario maximal de réduction des investissements dans la création (par rapport à un niveau antérieur d’environ 440 millions d’euros par an). L’ex-Orange a évoqué un tel montant d’économies sur les investissements dans la création (productions de fictions, films, documentaires, etc…) avec des projets arrêtés ou mis en pause afin que l’État revienne probablement sur ses demandes !

Voici les éléments principaux, tirés d’entretiens et d’annonces de fin 2025 jusqu’au mois dernier 2026 :

Contexte et chiffre de 60 millions

- En novembre 2025, dans une interview aux Échos, Ernotte indiquait que France Télévisions devait réaliser 150 millions d’euros d’économies au total pour 2026 (pour combler un déficit 2025 et faire face à une baisse de la dotation de l’État d’environ 65 millions d’euros, en incluant le recul de la publicité).

- Sur le financement de la création (séries, films, documentaires…), elle a précisé : la baisse serait d’au moins 20 millions d’euros et pourrait aller jusqu’à 60 millions d’euros si le groupe se limitait strictement à ses obligations légales comme le rappelait alors Télérama.

- Le Figaro la citait. Elle a explicitement averti : « Dans la fiction, le cinéma, nous allons arrêter certains projets, les mettre en pause. » Elle a qualifié cette décision de « très lourde de conséquences » pour la filière (producteurs, auteurs, acteurs…), tout en indiquant n’avoir « pas d’alternative ».

Conséquences concrètes sur les productions

Dès fin 2025 / début 2026, des tournages de téléfilms et de séries ont quasiment tous été mis en pause.

- Exemples rapportés : gel des commandes et tournages de polars régionaux de France 3 (collection « Meurtres à… »), interruption de commandes de fictions unitaires de société, arrêt ou non-renouvellement de plusieurs séries (dont certaines collections policières comme Disparition inquiétante, et d’autres comme A priori, Face à face, etc.

- Son ex-primo dircab a également confirmé début 2026 sur Europe 1, une réduction des dépenses d’environ 60 millions d’euros touchant tous les genres de programmes, avec des effets déjà visibles (tournages arrêtés, émissions supprimées).

Évolution ultérieure (2026-2027)

- Les investissements dans la création sont passés d’environ 440 à moins de 400 millions d’euros, avec une possible nouvelle baisse vers 380 millions en 2027.

En septembre 2026, Delphine Ernotte a alerté sur 90 millions d’euros d’économies à trouver en 2027 (baisse de dotation de 47 millions + recul publicitaire + autres facteurs), ce qui risque d’entraîner encore des coupes dans les programmes et la création. Elle a parlé de « sonnette d’alarme » pour faire réagir le gouvernement !

En résumé, le montant d’environ 60 millions d’euros cité correspond bien aux économies potentielles (ou maximales) annoncées par Delphine Ernotte dès la fin 2025 sur les investissements de création, avec des arrêts/pauses de productions déjà effectifs. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de baisses budgétaires successives imposées par l’État et de difficultés liées à la publicité.

Les caisses sont vides et elle a même confirmé il y a quelques jours aux 200 top managers qu’elle avait vendu tous l’immobilier depuis dix ans et qu’il ne restait plus rien que le siège !

samedi 10 octobre 2026

ViaStella en grève illimitée, Martinetti en service après-vente : « la proximité » selon France Télévisions !

ViaStella en grève illimitée, Martinetti en service après-vente : « la proximité » selon France Télévisions !


Pendant que les salariés de ViaStella réclament des moyens pour faire leur métier, Philippe Martinetti vante la « proximité », la « modernité » et les vertus du service public. Deux réalités, un même France Télévisions : celui des éléments de langage et celui du travail quotidien.


Il fallait oser le calendrier. Alors que les salariés de France 3 Corse ViaStella se mobilisent pour obtenir les effectifs nécessaires à leurs missions, Philippe Martinetti déroule, dans La Lettre de l’audiovisuel, une présentation presque idyllique de la stratégie éditoriale du groupe.

Au menu : « complémentarité », « transformation numérique », « richesse du réseau régional », « engagement », « proximité ». Un véritable festival de bonnes intentions. À croire que le service public audiovisuel se porte d’autant mieux qu’on le décrit au présent de l’indicatif, dans une interview bien mise en page.

Sauf qu’en Corse, le discours se heurte à une réalité beaucoup moins photogénique : des journalistes qui réclament des renforts, des postes vacants à remplacer et du temps pour enquêter. La proximité, lorsqu’il faut réellement la pratiquer, a besoin de femmes, d’hommes et de moyens. Pas seulement d’un paragraphe dans un entretien.

1. « La proximité » : beaucoup de mots, cinq postes en moins dans le discours ?

Martinetti présente le réseau régional comme une richesse stratégique, un outil de couverture du territoire et un élément essentiel de l’identité du service public.

Très bien. Mais les salariés de ViaStella, eux, réclament cinq équivalents temps plein supplémentaires, le remplacement des postes vacants, une équipe à Porto-Vecchio et la création d’un pôle enquête.

Le SNJ et le STC dénoncent une activité qui augmente sans que les effectifs suivent. Le journal de 12 h 30 serait ainsi passé, selon le délégué syndical cité par Corse Net Infos, de dix minutes à dix-neuf minutes. D’autres rendez-vous éditoriaux se sont également développés.

Voilà le premier angle mort du discours managérial : on peut augmenter la durée des journaux, multiplier les rendez-vous et afficher des ambitions numériques ; encore faut-il disposer des équipes pour produire l’information.

La proximité n’est pas un slogan. Elle suppose de pouvoir aller sur le terrain, couvrir les événements, suivre les dossiers et rencontrer les habitants au-delà de l’actualité immédiate.

Or c’est précisément ce que les salariés disent ne plus pouvoir développer correctement à moyens constants.

2. Le numérique, cette merveilleuse multiplication des tâches

Dans son entretien, Martinetti explique que France Télévisions doit accélérer sa transformation numérique, investir dans les usages et renforcer sa présence sur les plateformes.

Le raisonnement est séduisant : un même contenu peut circuler sur plusieurs supports, toucher davantage de publics et prolonger la durée de vie d’une information.

Mais la distribution numérique n’efface pas le travail journalistique qui précède. Il faut rechercher, vérifier, enquêter, tourner, monter, éditer, publier et adapter les formats. Et ces opérations mobilisent des professionnels.

La question qu’il faudrait donc poser à la direction est simple : où sont les effectifs supplémentaires qui doivent accompagner cette ambition numérique ?

Si les nouveaux supports s’ajoutent aux missions existantes sans renforts humains, la transformation numérique peut aussi devenir une transformation de la charge de travail.

Les salariés de ViaStella demandent d’ailleurs un rédacteur en chef adjoint chargé du numérique. Leur revendication ne porte donc pas sur un rejet de la modernisation, mais sur les conditions concrètes permettant de la réaliser.

Il y a une différence entre annoncer la révolution numérique dans un entretien et donner aux équipes les moyens de la conduire.

3. « L’information de proximité » : mais qui aura encore le temps d’enquêter ?

Martinetti défend également la valeur du réseau régional, sa connaissance des territoires et sa capacité à faire remonter des sujets que les rédactions nationales ne voient pas toujours.

C’est précisément l’une des raisons d’être du service public régional.

Mais les salariés réclament aussi un pôle enquête. Ils veulent pouvoir creuser les dossiers, travailler les sujets sensibles et ne pas être condamnés à courir perpétuellement derrière le prochain journal.

Il y a là une contradiction à examiner : on ne peut pas faire de la connaissance fine du territoire un argument de communication tout en laissant les équipes sans le temps nécessaire pour approfondir les sujets.

La proximité sans enquête risque de se réduire à la chronique des événements. La proximité avec des moyens permet de comprendre ce qui se passe, pourquoi cela se passe et ce que les citoyens ont besoin de savoir.

Un pôle enquête n’est pas un luxe décoratif. C’est un moyen de donner du contenu à l’ambition éditoriale revendiquée par la direction.

4. « La richesse du réseau régional » : richesse éditoriale ou variable d’ajustement ?

Martinetti vante la complémentarité entre les antennes, la circulation des contenus et la puissance du réseau.

Mais la complémentarité ne devrait pas servir à masquer une question essentielle : chaque antenne dispose-t-elle des moyens correspondant aux missions qu’on lui assigne ?

Les salariés de ViaStella ne réclament pas seulement de conserver leur activité actuelle. Ils demandent de pouvoir la réaliser correctement et de développer une couverture plus complète de la Corse, notamment grâce à une présence à Porto-Vecchio.

La direction, selon le délégué syndical cité par Corse Net Infos, aurait indiqué lors d’une réunion qu’aucun moyen supplémentaire ne serait accordé et que les salariés devraient s’estimer heureux de conserver leurs postes. Cette déclaration est rapportée par le syndicaliste ; elle n’a pas été confirmée publiquement par la direction dans l’article, qui indique que celle-ci n’a pas souhaité commenter la situation.

Si cette formulation reflète fidèlement les échanges, elle mérite une explication. Car il y a quelque chose de paradoxal à vanter la richesse du réseau régional tout en opposant aux équipes qui le font vivre la seule perspective de préserver l’existant.

5. La qualité de vie au travail : le grand absent de la présentation

Dans son entretien, Martinetti parle de performance, d’audience, de plateformes et de transformation éditoriale. Mais une stratégie ne se mesure pas uniquement à ses résultats de diffusion.

Le préavis du SNJ du 2 octobre évoque aussi des tensions managériales, une perte de confiance et des risques psychosociaux. Les syndicats demandent des pratiques plus transparentes et respectueuses, ainsi que des engagements précis et assortis d’un calendrier.

Ce sont des revendications syndicales, pas des conclusions indépendantes sur la situation de l’ensemble des salariés. Mais elles ne peuvent pas être écartées au seul motif que le discours officiel met en avant une stratégie ambitieuse.

La qualité d’un service public dépend aussi de la manière dont il traite les personnes qui le produisent. Un projet éditorial ne remplace ni des effectifs suffisants ni un dialogue social effectif.

Et lorsque les salariés en viennent à faire grève pour obtenir des réponses, il devient difficile de présenter le désaccord comme une simple question de communication.

6. La performance : à quel prix, et pour qui ?

Martinetti explique que les indicateurs d’audience doivent être complétés par d’autres critères de performance : engagement, capacité à toucher de nouveaux publics et circulation des contenus.

Cette réflexion peut être légitime. L’audience télévisuelle traditionnelle ne suffit pas nécessairement à mesurer toute la portée d’un média public.

Mais elle appelle une autre question : si l’on élargit les critères de performance, pourquoi ne pas élargir aussi les critères d’évaluation de la direction ?

Combien de postes restent vacants ? Combien de missions nouvelles sont confiées aux mêmes équipes ? Quel temps reste-t-il pour l’enquête ? Quels engagements sont pris pour améliorer les conditions de travail ? Et dans quels délais les moyens promis — lorsqu’ils le sont — sont-ils effectivement déployés ?

Une stratégie ne peut pas être évaluée seulement par les objectifs qu’elle annonce. Elle doit aussi être confrontée aux moyens qu’elle mobilise et aux conséquences de sa mise en œuvre.

Conclusion : le service public ne se résume pas à sa présentation PowerPoint

Le problème de l’entretien de Philippe Martinetti n’est pas qu’il défende la proximité, le numérique ou la complémentarité des antennes. Ces objectifs font de toute façon partie des missions légitimes de France Télévisions.

Le problème est le décalage que la mobilisation de ViaStella met en lumière entre ces ambitions affichées et les demandes formulées par ceux qui doivent les concrétiser.

D’un côté, une direction qui parle de modernisation, de rayonnement et de performance. De l’autre, des salariés qui demandent cinq équivalents temps plein supplémentaires, le remplacement de postes vacants, une implantation à Porto-Vecchio et un pôle enquête.

La question n’est donc pas de savoir si les mots de Martinetti sont élégants. Elle est de savoir ce qu’ils engagent concrètement.

Car, à force de parler de proximité, on finit par devoir répondre à ceux qui la pratiquent. À force de vanter l’information régionale, il faut expliquer comment elle sera produite. Et à force de célébrer la transformation numérique, il faut bien dire qui effectuera le travail supplémentaire.

À ViaStella, les salariés ont posé la question avec leurs revendications. La direction peut répondre par une nouvelle déclaration d’intention mais ce ne sera pas encore une réponse sur les moyens