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mercredi 15 juillet 2026

La grande angoisse du clan Mc Ron (ou The scottish tale)

La grande angoisse du clan Mc Ron (ou The scottish tale)

Dans les brumes éternelles des Highlands, là où les cornemuses résonnent comme des sirènes de guerre, réside Mc Ron, Responsable Stratégique des Relations Transmanche et des Barbecues Interceltiques. Ce 13 juillet, veille de la fête nationale en France, il se tenait droit devant les Lacs du Connemara d’où il a vu arriver de Tipperary, Barry-Connelly et de Galway : les Connor, les O’Connelly, les Flaherty du Ring of Kerry…et de quoi boire trois jours et deux nuits.

Son téléphone vibra. Il lut à voix haute avec son accent rocailleux le message qu’il venait de recevoir sur son portable qu’il tira de sous son kilt :« LA FRANCE PRÊTE À DÉFENDRE “LA LIBERTÉ ET LE DROIT”, “AU PRIX DU SANG S’IL LE FAUT” ».

Il se remémora alors les déclarations d’une certaine Deirdre O’Not sur la guerre imminente en Europe et son adresse aux généraux ! Il se demanda si elle n’avait pas été briefée et surtout si un protocole spécial avec un article 16 prêt à sortir comme un Leprechaun d’une chaussette ?!

Mc Ron faillit encore s’étouffer, non pas avec son haggis à la lecture d’un blog outre- Manche qui avait déjà ironisé sur le sujet.

Mc Ron se leva lentement, drapé dans son plaid officiel (dans tartan tricolore, motif « bleu-blanc et rouge pour la couleur du lion et quelques lignes jaunes pour faire européen »). Il se servit un verre de whisky 18 ans d’âge, celui qu’il réservait aux grandes occasions et aux fins du monde.

Il imaginait déjà la scène. Un Mc Ron du Sud, debout sur les Champs-Élysées, sabre (ou plutôt Montblanc) à la main, haranguant les troupes :

« Soldats ! La Liberté nous appelle ! Et si elle veut du sang, on lui en donnera… du sang français première qualité, élevé en AOP, avec un petit goût de fromage et de vin rouge ! »

Pendant ce temps, dans l’ombre, les vrais stratèges (des types en costume-cravate qui n’avaient jamais vu une tranchée de leur vie) cochaient des cases sur un PowerPoint intitulé sobrement : « Opération faire sauter les verrous – Phase finale »

Mc Ron ricana. Il envoya lui-même un message dans le groupe WhatsApp, en mode laird ironique : « Les gars, calmez-vous. Quand Mc Ron du Sud parle de “prix du sang”, il veut juste dire qu’il va augmenter les impôts une fois de plus. Le seul sang versé sera celui des contribuables.

P.-S. : Si jamais ça tourne mal, les Highlands sont prêtes à accueillir les réfugiés… tarif préférentiel pour les Bretons et les Corses. 

Puis il éteignit son téléphone, regarda par la fenêtre les collines verdoyantes et soupira :

« Pauvre France. Elle a toujours cru qu’elle menait la danse. En vrai, elle danse sur l’air de cornemuse qu’on lui joue depuis des siècles. Le pire, c’est qu’elle adore ça. »

Il leva son verre vers l’horizon, vers ce lointain pays qui, une fois encore, se prenait pour Jeanne d’Arc. 

«Slàinte, Mc Ron du Sud. Essaie de ne pas déclencher l’article 16 avant le digestif. On a encore des whiskies à finir ensemble…






mardi 14 juillet 2026

Léa Salamé ou comment éviter les sujets qui fâchent !

Léa Salamé ou comment éviter les sujets qui fâchent !

(*)

Hier soir, sur le plateau du 20h de France 2, Léa Salamé recevait Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur. Le décor était parfait : feux de forêt, canicule, dispositif XXL pour le 14 Juillet, menace terroriste dix ans après Nice. Du lourd, du concret, de l’actualité brûlante qui a même fait l’objet d’un communiqué de presse, cinq jours avant (*)

Pourtant, au milieu de cet échange policé, un éléphant énorme est resté a traversé le studio sans être vu ou entendu  : le projet de loi RIPOST, ce texte sécuritaire qui fait rage à l’Assemblée nationale et sur lequel le ministre lui-même est en première ligne. L’incompréhension pouvait du reste se lire sur le visage du ministre, qui s’attendait à des questions sur cette actualité brillante (sans jeu de mot !)

Raté. Totalement passé à côté…soigneusement évité.

Pendant que les députés s’écharpent depuis des jours sur ce projet – motions de rejet, centaines d’amendements, accusations de « logique répressive » venue de la gauche, surenchère de la droite extrême - rétablissement in extremis par le gouvernement de mesures sur l’anonymisation des policiers, les LAPI étendus, les drones, les visites domiciliaires, la criminalisation des free parties ou l’usage du protoxyde d’azote - Léa Salamé a préféré les feux de forêt et les chiffres de mobilisation.

On ose à peine le dire : c’est un tour de force. Interroger un ministre de l’Intérieur en plein examen parlementaire d’un texte qui divise profondément la représentation nationale, qui soulève des questions lourdes sur l’équilibre entre sécurité et libertés, sur la surveillance de masse et sur l’efficacité réelle de cet « empilement » de mesures, et ne pas en dire un mot ? C’est du journalisme en mode drone d’évitement.

RIPOST n’est pas un texte mineur glissé dans un coin de l’ordre du jour. C’est un arsenal législatif présenté comme la réponse immédiate aux incivilités du quotidien, mais critiqué pour son caractère répressif par une partie de l’opposition, salué (et durci) par l’autre. Le ministre y investit du temps, des amendements, de l’énergie politique. Face à lui, ce fut donc silence radio sur ce projet de loi qui occupe l’hémicycle au même moment.

On nous rejoue la partition classique : on parle des conséquences visibles (les incendies, les rodéos sauvages…), mais on évite soigneusement les outils législatifs que le pouvoir met en place pour les traiter. On évoque la mobilisation des 80 000 policiers et gendarmes, sans jamais demander si les nouvelles prérogatives que RIPOST leur promet (anonymisation, algorithmes, contrôles élargis) changeront vraiment la donne ou si elles risquent, comme le craint la gauche, de grignoter un peu plus les libertés publiques.

Léa Salamé n’est pas la première à pratiquer l’interview sélective mais quand le sujet du jour est précisément la sécurité intérieure, quand le ministre en face est celui qui pilote le texte à l’Assemblée, l’omission devient assourdissante. Ce n’est plus une simple ellipse journalistique, c’est une absence qui parle….encore heureux qu’elle ne lui a pas demandé « et vous ça va » ! 

Pendant que la gauche de l’hémicycle bataille pied à pied contre ce qu’elle juge être une fuite en avant répressive, que le RN revendique la paternité idéologique de certaines mesures et que la majorité tente de sauver les meubles, sur France 2 à l’heure de grande écoute ? Rien. Le néant poli sur RIPOST.

Cette omission méritait bien une riposte et pourtant….

Noir c’est noir mais gris c’est censuré !

Noir c’est noir mais gris c’est censuré !

Le blog CGC Medias avait déjà eu l’occasion de citer l’une des analyses de JBG particulièrement pointue qui tourne aujourd’hui de manière virale sur le réseaux sociaux. L’un de ces derniers articles qui décortique le rapport du Sénat sur les « zones grises de l’information » (publié autour du 8-9 juillet 2026) mérite également d’être aini relayé. Ce rapport, issu d’une mission d’information de la commission de la culture (rapporteurs : Laurent Lafon, Agnès Evren et Sylvie Robert), formule 56 recommandations destinées soi-disant à « mieux réguler l’information dans l’espace numérique et protéger le débat public. Cette bonne blague !

Supposées problématiques principales qu’ils disent avoir identifiées (tout à mettre au conditionnel évidemment)

La frontière s’estompe entre information, opinion, divertissement, publicité et communication à cause des plateformes (Facebook, YouTube, TikTok…), des influenceurs et de l’intelligence artificielle.

Les citoyens s’informent de plus en plus via les réseaux sociaux plutôt que les médias traditionnels.

Le modèle économique de la presse est en crise (publicité captée par les GAFAM).

Risque majeur d’ingérences intérieures (manipulations venant de l’intérieur du pays, pas seulement étrangères) avant l’élection présidentielle de 2027.

Les algorithmes favorisent les contenus choquants, polarisants ou mensongers pour maximiser le temps passé en ligne.

Leurs principales recommandations 

- Création d’un observatoire indépendant de la désinformation (avant 2027), équivalent intérieur à Viginum (qui se concentre sur les ingérences étrangères). Un de plus payé par les Français alors que le Pays est en situation de quasi faillite !!

- Renforcement des pouvoirs de l’Arcom (notamment vis-à-vis des très gros créateurs de contenus / influenceurs). L’agence qui coûte 50 millions d’euros à l’État chaque année, c’est-à-dire à l’ensemble des citoyens pourrait alors voir son budget augmenter de 10 ou 20 millions supplémentaires.

- Meilleure responsabilisation des plateformes (algorithmes, modération, transparence).

- Soutien économique à l’information de qualité : fonds alimenté par les amendes (CNIL, Arcom), protection des droits voisins, aide aux créateurs de contenus respectant des critères éditoriaux. Autrement, dit les sanctions que sera amenée à prendre l’Arcom mais uniquement contre le privé !!!

- Encadrement de l’IA : soumettre les gros outils d’IA aux obligations du DSA (Digital Services Act), lutte contre les « hallucinations » et les sites d’info entièrement générés par IA. 

Les sénateurs prévoient de déposer une proposition de loi à la rentrée pour traduire une partie de ces mesures dans le droit français.

Hallucinant…Le PS pourrait même voter pour eux ! 

Le rapport est sciemment alarmiste sur les vulnérabilités démocratiques mais propose des solutions (régulation européenne + mesures nationales, soutien à la presse et aux créateurs responsables) qui n’auront probablement Qu’un seul effet, celui d’une censure encore plus appuyée.

En résumé, il s’agit d’un plaidoyer pour organiser une forme de tutelle/encadrement de l’information libre face aux bouleversements numériques chantés sur tous les toits, tout en faisant mine de protéger le pluralisme et la qualité journalistique. C’est cette insistance sur la nécessité qu’il y aurait d’agir rapidement que relaie JBG avec justesse dans son papier.

lundi 13 juillet 2026

France Télévisions : « Streaming First »… mais Tour de France Last !

France Télévisions : « Streaming First »… mais Tour de France Last !

Ah, le slogan magique. « Streaming First ». On l’a entendu sortir de la bouche de Delphine Ernotte comme une promesse révolutionnaire : France Télévisions, enfin à la pointe du numérique, moderne, agile, prête à conquérir les écrans des jeunes et des moins jeunes en direct (jusqu’à une certaine limite !) en replay instantané, partout, tout le temps. Le futur est arrivé, camarades !

Sauf que… quand il s’agit du Tour de France, c’est plutôt « Streaming Last ». Voire « Streaming Away».


Vous avez suivi l’étape du jour sous un soleil de plomb ? Bravo. Maintenant, rangez votre vélo et prenez votre mal en patience. Comptez cinq, six heures, parfois plus, avant de pouvoir revoir l’intégralité de l’étape sur le service public. Le temps que les images soient « traitées », « encodées », « validées », ou qu’un valideur ait validé .Pendant ce temps-là, sur les plateformes payantes (Amazon Prime, d’autres sites spécialisés ou même certains flux étrangers), les images sont disponibles quasi instantanément.

C’est beau, la modernité à la française.

On nous vend du « service public » avec des milliards d’euros de redevance et de subventions, et on nous livre un replay avec le retard d’une cassette VHS des années 90. Le Tour, joyau du patrimoine sportif national, traité comme un contenu secondaire qu’on balance quand on a le temps. Pendant ce temps, les abonnements payants raflent la mise : ceux qui peuvent payer ont le direct et le replay immédiat. Les autres ? Ils attendent, comme de bons contribuables.

Ernotte aurait mieux fait de se taire.

Au lieu de balancer des slogans marketing vides de sens (« Streaming First »), elle aurait pu investir dans une vraie infrastructure technique digne de ce nom. Au lieu de parader sur les plateaux en promettant la révolution numérique, elle aurait pu s’assurer que le plus grand événement cycliste du monde ne soit pas diffusé avec la réactivité d’une administration préfectorale un vendredi après-midi.

Mais non. On préfère le bla-bla. Le grand écart permanent entre le discours progressiste et la réalité archaïque. France Télévisions : où le « First » est réservé aux powerpoints et le « Last » aux téléspectateurs.

Prochain slogan proposé ?

« Service Public First… Expérience Utilisateur Last. »

Le Tour de France mérite mieux que cette condescendance technologique. Les Français aussi. Et Delphine, si tu lis : la prochaine fois que tu ouvres la bouche sur le streaming, pense à tous ceux qui rafraîchissent leur page à 23h en attendant que ton replay daigne apparaître.

Ça pique, hein ? C’est normal. La vérité, ça brûle parfois plus fort que le soleil sur le Ventoux.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

« We ❤️ Québec » mais pas France 2 visiblement !

« We ❤️ Québec » mais pas France 2 visiblement !

Ah, le service public et son célèbre « don décryptage, son recul, ses analyses et ses vérifications systématiques » chanté par Delphine Ernotte. Dimanche 12 juillet 2026, dans le magazine 20h30 de Laurent Delahousse sur France 2, on célébrait l’amour France-Québec. Le titre choisi ? « We ❤️ Québec », en anglais.

En gros plan, pour illustrer le sujet ? Le drapeau canadien, avec sa feuille d’érable rouge. Pas le bleu et blanc avec la leur de lys du Québec….non.

Une confusion aussi basique qu’insultante. Le Québec n’est pas le Canada. Il assume fièrement son identité distincte, sa langue française et sa culture et entretient d’ailleurs une Délégation générale à Paris précisément pour cela. Voir France Télévision amalgamer les deux symboles nationaux dans un reportage censé rendre hommage au Québec, c’est un niveau de négligence rare qui frise l’inculture. 

Chacun imagine aisément les têtes de la Délégation générale du Québec à Paris ! On les comprend parfaitement.

Cette erreur n’est pas une simple et nouvelle erreur. C’est le symptôme d’une paresse intellectuelle chronique : on parle du Québec sans prendre deux secondes pour vérifier son drapeau, son identité, sa réalité. On titre en anglais pour célébrer une relation francophone alors que la charte de France Télévisions indique que le français doit partout prévaloir. On affiche le symbole fédéral canadien pour représenter une nation qui se bat depuis toujours pour ne pas être diluée dans l’ensemble canadien.

France 2 a réussi l’exploit de rater son hommage dès l’image d’ouverture. On attend désormais les excuses en bonne et due forme… et surtout un peu plus de sérieux la prochaine fois qu’on prétend parler d’un peuple frère.

Dire que les deux sénateurs vient, les Brisson veulent faire de l’info, « le vaisseau amiral de France Télévisions »!!

dimanche 12 juillet 2026

La télévision publique que Delphine Ernotte a mise à mort en moins de dix ans…

La télévision publique que Delphine Ernotte a mise à mort en moins de dix ans…

Voilà à quoi mène une décennie ernottienne à France Télévisions organisée plus comme un fief idéologique que comme un service public. 

Résultat : près de 2,5 milliards d’euros par an prélevés depuis trois ans via la TVA sur l’ensemble des Français pour une offre de plus en plus contestée, des audiences en berne face aux plateformes comme à la concurrence et une ligne éditoriale qui sent souvent le parti pris.

Depuis son invraisemblable premier parachutage à l’été 2015, l’information publique s’est trop souvent muée en machine à orienter le débat plutôt qu’à l’éclairer. On y a vu une focalisation obsessionnelle sur certains combats sociétaux, un traitement asymétrique des sujets sensibles et une propension à marginaliser les voix dissonantes. Plus d’une demi douzaine de directeurs de l’information se sont succédés sur cette période, tous dégagés les uns derrière les autres par celle qui claironne, à tour de déclarations,  que « le groupe public est leader dans tous les domaines »!  Franceinfo, censée être le fer de lance, en est devenue le symptôme d’un service public qui préfère « faire barrage » plutôt que refléter le pays réel.

La gestion ? Catastrophique. Doublons structurels, accords sociaux hors-sol, dépenses contestables, et une incapacité chronique à s’adapter à l’ère numérique. Dix ans de déni, de postures et de mépris face aux critiques pourtant légitimes. Ce n’est jamais la faute de l’intéressée mais toujours celle des autres.

Conséquence: les sénateurs Max Brisson et Cédric Vial proposent un « cap rationnel » : faire de Franceinfo qui, rappelons-le, n’est parvenue en dix ans qu’à grignoter quelques dixièmes de pourcentage d’audiences pour se situer, quasiment toujours en dessous en dessous du 1%, le vaisseau amiral de l’information !!!! Rien que ça. Hallucinant. 

Les deux parlementaires qui disent leur approche « sérieuse et mesurée, visant à sauver ce qui peut encore l’être », de préciser qu’il conviendra de «clarifier le périmètre, supprimer les doublons, imposer une gouvernance responsable et faire des économies ciblées » !!!! Allo, la terre…

Essayons d’être lucides : en aucun cas, cet étrange projet ne permettrait de réorganiser le groupe et surtout de faire que France Télévisions créée par Hervé Bourges retrouve ses lettres de noblesse.

La réponse ne passe plus par une réforme de plus, un énième groupe de travail ou un contrat d’objectifs forcément mal révisé et qui sera dévoyé dès son hypothétique signature. Le mal est profond, incarné et structurel. Il porte un nom : Delphine Ernotte, parachutée en 2015 et qui, depuis, a tout fait pour flinguer le groupe de l’intérieur…avec un sectarisme éditorial consommé, un aveuglement managérial sans pareil et surtout un refus obstiné de toute remise en question !

Tant qu’elle restera aux commandes, toute réforme sera vaine : un emplâtre sur une jambe de bois, un exercice de com’ pour préserver celle disait « fondre  devant Emmanuel Macron et vaincre sa timidité » lors de la remise d’un prix, séquence raillée sur le Net devenue virale depuis. 

La seule décision qui vaille aujourd’hui, la seule qui permette un vrai sursaut, c’est son départ immédiat. Sans cela, Brisson, Vial et tous les esprits contestataires qui s’y attellent perdront leur temps. On ne réforme pas une maison en ruine tant que l’incendiaire y habite encore.

Il est temps de tourner la page Ernotte. Le service public mérite mieux. Les Français aussi.

La culture du déni permanent sur France Télévisions…

La culture du déni permanent sur France Télévisions…


En fait Mesdames et Messieurs, le mardi soir, pendant que TF1 ramassait un double des audiences de France 2 avec son JT, le chœur des propagandistes de France Télévisions se consolaient comme ils pouvait après que l’ex-Orange a ressassé son pathétique refrain : « On est les meilleurs », « On a les meilleures audiences ».

On croit rêver. Quand la réalité vous met une claque pareille, il ne reste plus qu’à « organiser » les images pour survivre.

Un « mauvais signal pour Édouard Philippe, soudainement mis en image par FTV » concluent les observateurs. Erreur éditoriale ? Allons donc. On nous prend vraiment pour des imbéciles. C’était soit une bourde monumentale, soit — et c’est encore plus inimaginable — un calcul savant : mieux valait coller le visage d’Édouard Philippe face à celui de Marine Le Pen plutôt que de montrer la déconvenue du camp qu’ils défendent depuis des années.

Pendant que TF1 faisait carton plein, France Télévisions, elle, en était réduite à bidouiller les plans, à choisir ses angles comme un mauvais illusionniste qui espère que personne ne verra la ficelle. Pathétique.

Le service public, financé par l’argent public, ne produit plus de l’information : il produit de la copium en haute définition. Quand la vérité des chiffres devient trop cruelle, on change de cadrage, on « met en image » celui qui arrange, on parle d’« erreur éditoriale » comme on parlerait d’une tache sur une nappe. Sauf qu’avec la tache, c’est toute leur crédibilité qui fout le camp.

Le téléspectateur en est réduit à financer une machine qui nous méprise ouvertement. Une machine qui, le soir où TF1 fait le double, préfère se raconter des histoires plutôt que d’admettre l’évidence…Le public n’est plus dupe. Il zappe. Il choisit. Et il choisit massivement l’autre côté.

FTV peut continuer à se gargariser de ses « meilleures audiences » imaginaires. La réalité, elle, est sans pitié : le double. Et cette réalité-là, aucune erreur de montage ne pourra jamais la cacher.

Le service public est en train de mourir devant nos yeux et au lieu de faire son mea culpa, il préfère dérouler un narratif auquel plus personne ne croit.

Triste époque. Triste chaîne. Triste couleur (Orange évidement) Triste fin.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

samedi 11 juillet 2026

Une analyse d’une rare justesse signée JBG sur les invraisemblables méthodes de l’Arcom.

Une analyse d’une rare justesse signée JBG sur les invraisemblables méthodes de l’Arcom.


Extrait 

« Son bilan des municipales 2026 devait rassurer : « bilan satisfaisant », « principe d'équité respecté », plaintes en baisse. Lu de près, il fait exactement l'inverse. À chaque page, l'Arcom invente une exigence que nul texte ne prévoit, l'oppose aux éditeurs par voie d'appréciation, puis annonce qu'elle la « formalisera » plus tard. C'est la définition même de l'insécurité juridique — et elle est devenue une méthode de gouvernement.

Imaginez un funambule sommé de traverser, sous les projecteurs, un câble dont on ne lui a pas dit la longueur, tendu à une hauteur qu'on lui cache, et dont on retirera le filet à l'instant précis où il posera le pied. On exige de lui l'exploit — l'équilibre parfait — mais on lui refuse tout ce qui le rend possible : voir le fil, s'y préparer, savoir qu'un faux pas ne sera pas mortel. Il n'a plus qu'une certitude : s'il tombe, ce sera sa faute. Voilà, très exactement, la situation que le Rapport sur la campagne en vue des élections municipales des 15 et 22 mars 2026réserve aux médias. Le fil — la règle — n'est jamais montré. La hauteur — le seuil — n'est jamais publiée. Et le filet — la sécurité juridique, le droit de connaître la faute avant de la commettre — est retiré au moment de la sanction.

Pour comprendre comment on en arrive là, il faut lire les rapports de l'Arcom comme on lit un contrat d'assurance : dans les clauses, pas dans la brochure. La brochure du rapport, publié en juin, est rassurante. L'Autorité y « établit un bilan satisfaisant », constate que « le principe d'équité a été respecté », se félicite d'un nombre de plaintes « en baisse par rapport à 2020 ». Tout va bien. Les éditeurs ont été sages.

Mais dans les clauses, le même document raconte une autre histoire — celle d'un régulateur qui, sur soixante-dix scrutins communaux et une seule campagne, crée au moins quatre exigences nouvelles que ni la loi ni aucune délibération publiée ne prévoyaient, les applique par voie d'appréciation, et annonce tranquillement qu'il les « inscrira » dans de futurs textes. La règle est d'abord opposée ; elle sera écrite après. Nous avons déjà nommé ce mécanisme, à propos des mises en demeure : la norme naît dans l'acte qui sanctionne. Le rapport municipales 2026 en est la démonstration administrative, méthodique, presque candide.

Ce n'est pas une question de bord politique. C'est une question d'État de droit. Une autorité qui édicte la règle, la contrôle, la sanctionne et se réserve d'en fixer le sens au moment où elle l'appliqueprive les médias de la seule chose que le droit doit leur garantir : la possibilité de savoir, à l'avance, ce qui est permis. C'est l'inverse de la sécurité juridique. Et depuis dix-huit mois, c'est devenu la méthode ».





vendredi 10 juillet 2026

L’éternelle victimisation qui saoule tout le monde, ça suffit.

L’éternelle victimisation qui saoule tout le monde, ça suffit.

Une fois encore la pleureuse de l’audiovisuel est montée sur scène. Une fois encore, elle a joué les victimes d’un État pingre qui l’obligerait à « faire mieux avec moins ».
Pauvre martyre à plus de 400 000 euros par an (fixe + variable), contrainte de présenter une grille de rentrée sous perfusion budgétaire tout en se vantant des 46 millions de Français sur France.tv et des milliards de vues sur les réseaux. (que personne ne rigole, ce sont les chiffres de France Télévisions… alors attention !)
Le service public est devenu « le premier média numérique de France », nous dit-elle, la larme à l’œil et le communiqué de presse à la main... quand elle ne chante pas comme ces dernières semaines en écho à son ex-primo dircab que le « Streaming First » serait l’avenir de la télévision de demain face à un linéaire à placer au rebut.
Ce serait presque à se tordre de rire, si ce n’était autant pitoyable que grotesque…Le « Streaming First » de Delphine Ernotte et son ex-primo dircab, c’est « la grande illusion » !
Le tandem nous rebat les oreilles avec on leur mantra magique : « Streaming First ». Traduction : on arrête de penser d’abord à la télé linéaire (celle que regardent encore la majorité des Français), on conçoit tout d’abord pour france.tv, les réseaux sociaux et les algorithmes. La télé traditionnelle ? Un vestige qu’on tolère encore en attendant qu’elle s’efface.

On nous vend ça comme une révolution moderne et indispensable face aux géants du streaming. Sauf que derrière les discours sur l’agilité digitale, la réalité est plus crue :

Pour faire du streaming, il faut du contenu. Beaucoup de contenu. Du contenu qui coûte cher.

La solution ? Commander en priorité des films, séries, podcasts vidéo et formats calibrés, souvent achetés auprès de majors de la production extérieure comme Mediawan (déjà très bien servie par le service public). Des dizaines et des dizaines  de millions d’euros par an qui filent pour remplir le catalogue france.tv rapidement et à moindre risque interne.

Mediawan, qui a notamment renforcé son empire avec l’acquisition récente de The North Road Company (le studio américain de Peter Chernin, devenu son « pôle nord-américain » en 2026), et qui dispose de son propre Mediawan Podcast (studio dédié à la création et adaptation de podcasts en formats audio et vidéo), devrait probablement se charger de mettre en musique le concept ?! Autrement dit, on externalise massivement vers ces structures puissantes capables de livrer du contenu clé en main, adaptable en podcast vidéo ou autres formats digitaux.

Résultat prévisible :

- Précarisation des équipes internes de création, réalisateurs, techniciens et journalistes maison.

- Affaiblissement des savoir-faire du service public au profit d’achats extérieurs.

- Une plateforme qui doit remplir son catalogue à tout prix, quitte à diluer l’identité et la souveraineté éditoriale du service public.

- France Télévisions qui devient un agrégateur plutôt qu’un véritable créateur, tout en finançant indirectement pour un budget annuel d’environ 2 ,5 milliards/ an, la croissance d’un groupe privé comme Mediawan.

C’est la stratégie du « on achète du remplissage numérique avec l’argent public pendant que les métiers de la création française se vident ». On sacrifie la capacité de production propre sur l’autel de la course aux clics et aux abonnés, en renforçant au passage des acteurs comme Mediawan qui peuvent scaler rapidement grâce à ces contrats récurrents.

En résumé : sous couvert de modernité, on assiste à une externalisation massive et à une privatisation douce de la création. On ne construit pas l’avenir du service public, on le sous-traite et Ernotte appelle ça une « révolution stratégique » destinée à maîtriser les coûts ! 

La même qui, année après année, a accumulé les déficits, multiplié les rediffusions, les flops et les choix éditoriaux clivants, avant de découvrir soudain les vertus de l’austérité quand l’État demande plus de transparence et moins de je-m’en-foutisme. C’est la même qui recrute des plumes élyséennes, qui défend bec et ongles son train de vie et celui de la maison Jean Pierre Elkabbach, et qui vient aujourd’hui nous expliquer, la main sur le cœur, qu’il faut « faire des choix difficiles ».

Des choix difficiles… pour les autres.

Pour les programmes, pour les créateurs, pour nombre de producteurs (mais pas les trois gros…leur cuisine!) les journalistes,… pour les contribuables et plus largement tous les Français via la TVA qui financent  à plus de 2,5 milliards par an, France Télés mais pas pour l’ex-Orange qui, même après les rapports alarmants de la cour, des comptes et de l’inspection générale des finances, continue de vanter son bilan numérique comme si l’audience TikTok compensait l’hémorragie financière et le recul du pluralisme réel.

L’incohérence est totale, et savoureuse :
Hier, on nous promettait l’excellence sans limite avec l’argent public. Aujourd’hui, on nous vend l’exploit de « faire mieux avec moins » après avoir conduit la boîte au bord du gouffre, en imaginant qu’elle n’est pas déjà tout au fond !
Demain, il faudra presque plaindre, celle qui parachutée à l’été 2015 claironne se battre « de toutes ses forces pour le budget » tout en préparant déjà l’argumentaire pour 2027.

Pitié, épargnez-nous le numéro de la sempiternelle victime. Le contribuable, lui, fait « mieux avec moins » depuis des années sans prime de performance à cinq voire six chiffres et sans tribune au Pathé Palace. Il n’a pas droit à la larme facile ni au storytelling héroïque.
Le service public mérite mieux qu’une gestion où l’on célèbre les clics pendant que l’on rogne sur le fond. L’ensemble des Français méritent mieux que cette sempiternelle posture : « On est obligés… » Non. Vous n’êtes pas obligés. Vous pouvez mettre un terme à votre « calvaire » mais pas avant de rendre des comptes sur décennie de gabegies. Assumez, au lieu de systématiquement sortir un énième narratif pour que tout le monde regarde ailleurs ! 

jeudi 9 juillet 2026

Les 3 principales plateformes américaines contestent un décret français.

Les 3 principales plateformes américaines contestent un décret français.

Netflix, Disney+ et Prime Video (Amazon) ont engagé une nouvelle bataille juridique contre la réglementation française sur le financement de la création audiovisuelle.

Quelle en est la raison ? Depuis janvier 2026, un décret oblige les plateformes de streaming à consacrer 20 % de leurs obligations d’investissement dans la création française à trois genres spécifiques : l’animation, le documentaire et le spectacle vivant. Elles ne peuvent plus se limiter principalement à la fiction.

Les trois géants américains ont déposé séparément des recours devant le Conseil d’État pour « excès de pouvoir » contre ce décret, après le rejet d’un recours gracieux auprès de Matignon.

Elles estiment que ces nouvelles règles doublent subitement leurs obligations, visent uniquement les services de streaming et empiètent sur leur liberté éditoriale.

Netflix (via Pauline Dauvin) argue que cela oriente leur offre sans tenir compte des attentes du public et transforme la diversité en « exercice de conformité ».

Elles affirment cependant maintenir leur engagement global dans la création française (Netflix évoque 250 M€ par an).

Le décret vise à corriger le fait que les plateformes investissent peu dans l’animation (souvent via des achats de catalogues existants) et soutiennent insuffisamment ces genres, dans un contexte de baisse des budgets des diffuseurs traditionnels (France Télévisions entreprise publique adossée d’ailleurs à Amazon Prime en dépit des cris d’orfraie d’Ernotte contre ces géants US et TF1 à Netflix).

Contexte

Depuis le décret SMAD de 2021, les plateformes doivent investir au moins 20 % de leur chiffre d’affaires réalisé en France dans la création hexagonale. En 2024, elles ont collectivement dépensé 397 millions d’euros (environ 1/4 du total des diffuseurs).

Ce nouveau front s’ajoute à d’autres contentieux, notamment contre la chronologie des médias (délais de diffusion des films).

Les plateformes disent ne pas contester le principe de l’exception culturelle française, mais jugent ces nouvelles contraintes disproportionnées et non équitables.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​