Le révoltant message d’Édouard Philippe aux Français : Patrick de Carolis, repris de justice et ancien PDG de France Télévisions condamné définitivement au Pénal sur le plateau du premier fiasco de « L’Heure de vérité »...
Hier soir, France 2 a cru pouvoir ressusciter « L’Heure de vérité ». Deux heures de plateau, un ton grave, des promesses de sérieux, de sueur et de rigueur. L’ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron a voulu se poser en candidat responsable face à un pays en « état d’indécision ». Résultat d’audience : un fiasco. À peine 1,68 million de téléspectateurs, 10,1 % de part d’audience. Battu par une série de TF1 et par un téléfilm de France 3. Le service public a offert à Philippe un salon quasi vide pour délivrer son message dans un plateau quasi déserté où dans ce décor de carton-pâte politique, on a pu clairement voir Patrick de Carolis le repris de justice ex-pédégé de FTV juste derrière Caroline Roux (*capture d'écran ci-après)
Oui, Patrick de Carolis. L’ancien président-directeur général de France Télévisions (2005-2010). Celui qui, dans l’affaire Bygmalion, a été définitivement condamné:
Cinq mois de prison
avec sursis et 25 000 euros d’amende pour favoritisme, peine confirmée en appel
en 2019.
Des contrats de
prestation de services passés en 2008-2009 avec la société de Bastien Millot
(ex-directeur de la communication de France Télévisions parti fonder Bygmalion)
sans la moindre mise en concurrence, pour plus d’un million d’euros.
Des « renvois d’ascenseurs » dénoncés par une plainte déposée par la CGC de l'Audiovisuel qui a d’ailleurs obtenu des dommages et intérêts. Le tribunal correctionnel puis la Cour d’appel de Paris n’ont pas été convaincus par les tentatives de se défausser sur les collaborateurs. Coupable. Point final.
Le vrai message n’était peut-être pas dans les mots. Il était dans l’entourage politique. Parmi les figures d’Horizons, le parti fondé et incarné par Édouard Philippe, outre Jérémie Patrier-Leitus figure donc Patrick de Carolis. Ancien PDG de France Télévisions (2005-2010), aujourd’hui maire d’Arles et membre du mouvement depuis 2021, qui a donc été condamné, de manière définitive, dans le volet télévisuel de l'affaire Bygmalion.
Hier donc, sur le plateau de cette « Heure de vérité » qui n’a convaincu qu’un téléspectateur sur dix, sa présence a quelque chose de cocasse. Le service public qui a jadis accueilli ses dérives contractuelles accueille désormais, dans une émission censée faire rendre des comptes, le candidat de son camp politique… pendant que l’ancien patron condamné peut regarder le spectacle.
Ce même Patrick de Carolis, « repris de justice » au sens propre (condamnation pénale définitive), s’affiche aujourd’hui comme soutien engagé d’Édouard Philippe pour la présidentielle 2027. Il a confirmé récemment son implication dans la campagne. L’ancien patron du service public, jugé pour avoir favorisé des amis plutôt que le respect des règles de la commande publique, est donc un des symboles locaux du camp qui prétend aujourd’hui redresser la France par la rigueur et la vérité.
C'est un déni du peuple. Les archives du blog CGC des Médias, à l’époque des condamnations n’étaient d'ailleurs pas tendres. Elles dépeignaient un dirigeant qui multipliait les contorsions, les plans sociaux en perspective, les auditions parlementaires et les promesses non tenues. On y retrouvait déjà le portrait d’un homme plus soucieux de sa communication que de la rigueur des marchés publics. Ces critiques syndicales d’alors trouveront un écho glacial dans les jugements de 2017 et 2019.
On aurait pu attendre d’un candidat qui multiplie les appels à la responsabilité, à la morale publique et à la lutte contre les arrangements, qu’il tienne à distance les figures entachées. Au contraire : Horizons accueille, promeut et met en avant un homme dont le passé judiciaire est public et définitif. Sur le plateau d’une émission qui s’appelle « L’Heure de vérité », pendant que Philippe parle de sérieux et de redressement, le message implicite est limpide : chez nous, un condamné pour favoritisme peut parfaitement rester un symbole et un relais de campagne !!
Alors, que retenir de cette soirée ?
Un candidat à la présidentielle 2027 qui prétend « dire la vérité » devant une audience anémique qui s’appuie sur un homme condamné pour avoir contourné les règles. Une émission mythique qui redémarre dans le vide d’audience et un symbole politique qui en dit plus long que tous les discours sur le « sérieux » : chez Édouard Philippe, on peut avoir été jugé pour favoritisme et rester une figure de proue du mouvement.
Une émission mythique qui redémarre dans le vide avec en toile de fond, un ancien dirigeant du service public dont la justice a jugé qu’il avait favorisé des amis plutôt que le respect des règles. La vérité, parfois, a le goût du sursis et des 10 % d’audience.
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