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vendredi 23 octobre 2026

Delahousse en fusible pour la CGT, les chefs de l'info aux abonnés absents ?

Delahousse en fusible pour la CGT, les chefs de l'info aux abonnés absents ? 

À France Télévisions, la CGT réclame dans une publication la tête du journaliste...mais a-t-elle seulement regardé du côté de ceux qui tiennent les manettes ?

Voilà donc le coupable idéal, celui dont le nom est immédiatement identifiable, celui que l’on peut exposer sur la place publique, celui dont le départ donnerait l’illusion que le problème est réglé. Une tête tombe, le système reste debout, et chacun peut retourner tranquillement à ses occupations.

Sauf qu’avant de réclamer la tête du présentateur, il serait peut-être utile de poser quelques questions élémentaires. Des questions que les constats autour de cette affaire rendent incontournables.

Qui a commandé ce reportage ? Qui l’a inscrit au conducteur ? Qui a décidé de le maintenir malgré le refus qui aurait été exprimé par Laurent Delahousse ? Qui a autorisé sa diffusion ? Et qui a assumé, ou refusé d’assumer, les conséquences après le journal ?

Ce ne sont pas des détails techniques. Ce sont les questions fondamentales permettant de déterminer les responsabilités éditoriales. 

Le reportage consacré à la mobilisation du 17 octobre porte les noms d’Astrid Mezmarian, Dorian Liscouët et Vivien Chareyre. 

De nombreux échanges  mettent précisément en cause la chaîne de décision : la conférence de rédaction, le conducteur, le responsable d’édition, la validation finale et le débriefing. Autrement dit, tout ce qui se trouve en amont et autour de celui que l’on voudrait aujourd’hui transformer en unique responsable.

En l'occurrence, un présentateur n’est pas, à lui seul, une rédaction. Il ne commande pas nécessairement les sujets, ne décide pas seul de leur emplacement dans le journal et ne détient pas automatiquement le pouvoir de les supprimer. Si un désaccord a effectivement opposé Laurent Delahousse à sa hiérarchie, encore faut-il savoir qui a tranché et au nom de quelle autorité.

C’est là que commence la véritable enquête. Pas dans la désignation précipitée d’un coupable commode.

Matignon en toile de fond : une question de plus....

Une seconde capture d’écran apporte un élément qui mérite attention : le profil professionnel d’Astrid Mezmarian la présente comme grand reporter au service politique de France Télévisions, chargée du suivi de Matignon.

Cette fonction est parfaitement légitime dans une rédaction nationale mais elle soulève, dans le contexte présent, une question journalistique de fond : comment les sujets politiques sensibles sont-ils commandés, arbitrés et validés au sein de la rédaction ? Quelles garanties permettent de préserver l’indépendance éditoriale lorsque l’actualité concerne directement le pouvoir exécutif ?

Précisément, le fait qu’une journaliste suive Matignon ne prouve ni une commande du gouvernement, ni une intervention de celui-ci dans ce reportage. En revanche, cette proximité fonctionnelle avec l’actualité gouvernementale rend d’autant plus nécessaire la transparence sur les procédures éditoriales, les arbitrages et les validations.

Autrement dit, la confiance du public ne repose pas sur des éléments de langage assurant que tout s’est déroulé normalement. Elle repose sur des faits vérifiables. Si la direction de l’information estime que le reportage était parfaitement légitime, elle doit pouvoir expliquer qui l’a commandé, qui l’a validé et pourquoi. Si elle considère qu’une faute a été commise, elle doit également préciser à quel niveau.

Le silence, lui, ne répond à aucune de ces questions.

En somme, la responsabilité ne s'arrête pas au pied du plateau...À France Télévisions, la responsabilité éditoriale ne peut pas être une notion à géométrie variable : collective lorsqu’il faut défendre la direction, individuelle lorsqu’il faut trouver un responsable.

Si la CGT estime que Laurent Delahousse a commis une faute, qu’elle expose les faits qui la fondent mais si le présentateur a subi une décision prise au-dessus de lui, alors réclamer sa tête sans examiner les responsabilités hiérarchiques reviendrait à sanctionner celui qui apparaît à l’écran tout en épargnant ceux qui prennent les décisions hors champ.

Que dire alors de la direction de l’information ? Elle ne peut pas se contenter de regarder passer l’orage. C’est à elle qu’il revient d’éclaircir les conditions de préparation et de diffusion d’un sujet aussi sensible, de préciser le rôle de chacun et de répondre aux interrogations sur les arbitrages éditoriaux. La question est d’autant plus légitime que les responsabilités ne se limitent pas au journaliste qui signe un reportage ou au présentateur qui le lance. Elles concernent aussi ceux qui commandent, encadrent, programment et valident.

Il existe une manière simple de sortir de cette polémique : publier une chronologie précise des décisions, identifier les responsabilités éditoriales et expliquer les éventuels désaccords, dans le respect des règles professionnelles et des personnes concernées.

Les faits, rien que les faits car si l’affaire révèle une défaillance éditoriale, il faut en identifier le niveau réel. Si elle ne révèle aucune faute, la direction doit être capable de le démontrer.

Réclamer la tête de Delahousse est une chose. Établir les responsabilités de toute la chaîne éditoriale en est une autre.

À France Télévisions, le plus important n’est pas de savoir qui paiera politiquement ou médiatiquement pour cette séquence. C’est de savoir qui a décidé quoi, qui avait le pouvoir de décider autrement et qui doit aujourd’hui rendre des comptes.

La télévision publique doit des explications à ses téléspectateurs. Pas une chasse au fusible.




Le tandem Corbé/Sitbon-Gomez devrait dejà être viré pour faute lourde.

Le tandem Corbé/Sitbon-Gomez devrait dejà être viré pour faute lourde. 

Le tract FO-CGC a le mérite de dénoncer une faute éditoriale lourde (*) mais surtout de désigner ceux qui se planquent.  Pourquoi la CGT a-t-elle décidé de faire de Laurent Delahousse le fusible d’une séquence dont la responsabilité éditoriale ne peut pas être examinée sans remonter à toute la chaîne hiérarchique de l’information à France Télévisions ?

Le reportage sur la mobilisation du 17 octobre, diffusé dans l’édition spéciale « La France sous le choc »,crédité à Astrid Mezmarian, Dorian Liscouët et Vivien Chareyre, soulève des questions précises : Quand le sujet a-t-il été demandé en conférence de rédaction ? 

Qui l’a inscrit au conducteur ? 

Qui l’a imposé face au refus de Delahousse ? 

Qui a validé sa diffusion ? 

Et que s’est-il dit lors du débriefing ?...

Ces questions méritent des réponses documentées. 

La capture du profil professionnel d’Astrid Mezmarian, qui la présente comme grand reporter au service politique de France Télévisions, chargée du suivi de Matignon, ajoute un élément de contexte à examiner. Certes ce rattachement professionnel ne suffit pas, à lui seul, à démontrer une intervention de Matignon dans la fabrication ou la diffusion du reportage mais c'est précisément la chaîne de décision qu’il convient de souligner.

On condamne le résultat, on dénonce l’externalisation, on pointe la direction de l’information… mais qu’en est-il de celui qui porte la responsabilité suprême de l’information à France Télévisions, l’ancien directeur de cabinet de Delphine Ernotte ?

Peut-on sérieusement disséquer les responsabilités sans remonter jusqu’au sommet de la chaîne hiérarchique, c'est à-dire au tandem  Corbé/Sitbon-Gomez ?

La responsabilité remonte toujours vers le haut, mais les questions semblent s’arrêter soigneusement avant d’atteindre certains étages. Derrière les grands mots — indépendance, expertise, déontologie — une question demeure : comment une telle séquence a-t-elle pu être décidée, produite et diffusée sans que les garde-fous éditoriaux ne fonctionnent ? Où était le contrôle de celui qui est précisément chargé de veiller à la qualité et à la cohérence de l’information du groupe ?


À France Télévisions, on sait manifestement produire des reportages en urgence. Pour établir les responsabilités, en revanche, on réclame toujours du temps, de la prudence et une enquête méticuleuse.


Le scandale est à l’écran ; le malaise est dans les coulisses. Si l’on veut vraiment rechercher les responsables, il faudra avoir le courage de regarder au-delà des exécutants : jusqu’au sommet de la hiérarchie, là où se prennent les décisions et où le pouvoir ne peut pas se contenter de regarder ailleurs. 


Lire également: Le Blog CGC des Média: Delahousse en fusible pour la CGT, les chefs de l'info aux abonnés absents ?

(*)




jeudi 22 octobre 2026

France Télévisions vient encore de prouver qu’elle n’a plus besoin de concurrents pour se ridiculiser.

France Télévisions vient encore de prouver, avec un talent presque pathétique, qu’elle n’a plus besoin de concurrents pour se ridiculiser. 

Deux erreurs dans un sujet de moins de deux minutes. Deux. Dans le même reportage. Sur le même « 20 Heures » qui plu est. Le genre d’exploit qui ferait rougir un stagiaire de première année… sauf que là, c’est le JT phare de la chaîne publique qui l’a accompli.

D’un côté, on prend un pote du suspect et on lui colle sur le front « Pascal Godrie, maire de Val d’Issoire ».

De l’autre, on invente une condamnation pour incendie de véhicules Enedis et d’antennes-relais alors que le type a juste tabassé un flic. La télé publique au quotidien ! On n’est plus dans l’erreur journalistique, on est dans le fan-fiction de plateau. Le plus drôle : Ils ont retiré le sujet du replay comme des gosses qui effacent la photo compromise avant que maman rentre. 

Puis un petit tweet d’excuses toutes faites, bien polies, bien institutionnelles. "Hier soir dans le JT de 20h, le sujet sur l’interpellation d’un suspect concernant l’incendie de la mairie de Limoges comportait deux erreurs. La personne identifiée comme le maire de la ville est en fait un ami du suspect. Et le suspect a bien été condamné, mais pour des violences contre un policier. Nous présentons nos excuses à nos téléspectateurs", peut-on lire dans le tweet.

Merci, c’est touchant. On se demande juste s’ils s’excusent aussi auprès de la vérité, ou si celle-ci a définitivement quitté le bâtiment.

Ce n’est même pas une première. C’est juste la dernière perle d’un collier de médiocrité qui s’allonge à chaque émission. La semaine dernière, le même « 20 Heures » nous servait un clip de douze minutes d’émeutes brutes, quasi sans contexte, quasi sans distance, qui a tellement plu à la CGT qu’ils demandent la démission collective. Philippe Corbé sort alors son couplet habituel : « On aurait dû mieux contextualiser… on aurait dû être plus clairs… ». Toujours le conditionnel passé. Jamais le présent de l’exigence. France Télévisions a découvert le concept de « on aurait dû » et en a fait une doctrine éditoriale.

À ce stade, on ne parle plus de journalisme. On parle d’un service public qui confond information et approximation permanente, qui confond immersion et propagande, qui confond rectificatif et tweet de façade. 

Deux erreurs en deux minutes, c’est plus un accident, c’est un diagnostic. Il est clair que diagnostic la machine est grippée, les contrôles qualité ont pris la poudre d’escampette et le « 20 Heures » de France 2 continue de diffuser comme si de rien n’était, persuadé que le public n’a qu’à s’habituer.

On attend désormais la prochaine perle. Peut-être qu’ils prendront le voisin du boulanger pour le président de la République. Ou qu’ils expliqueront qu’un incendie de mairie n’a jamais eu lieu. Après tout, l’habitude est prise. Et les excuses, elles, sont déjà rédigées.


Audiovisuel public : le gouvernement renforce les garanties d’impartialité

Audiovisuel public : le gouvernement renforce les garanties d’impartialité

Paris, 21 octobre 2026 – Charte éditoriale obligatoire, étude annuelle de perception et mécanisme de traitement des plaintes : le gouvernement a annoncé mercredi plusieurs mesures destinées à renforcer l’impartialité de l’audiovisuel public, un sujet devenu particulièrement sensible à quelques mois de l’élection présidentielle.

Les cahiers des charges de France Télévisions, Radio France et France Médias Monde ont été modifiés conformément aux recommandations d’un rapport remis au printemps par l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. Un décret publié mardi au Journal officiel impose désormais à chaque société d’établir et de publier une charte éditoriale « précisant les règles déontologiques applicables à l’information et aux programmes qui y concourent ».

Ces organismes devront également mettre en place des procédures de traitement des réclamations relatives au respect de cette charte et réaliser chaque année une étude portant sur la perception de l’impartialité de leurs services par le public.

Le texte renforce par ailleurs les comités d’éthique existants, souligne le rôle des médiateurs dans le dialogue avec les téléspectateurs et auditeurs, et encourage « une meilleure articulation des mécanismes internes de contrôle et de suivi », selon un communiqué du ministère de la Culture.

« En renforçant les garanties de transparence et les espaces de dialogue avec les publics, ce décret poursuit un objectif essentiel : conforter la confiance des citoyens », a déclaré Catherine Pégard, ministre de la Culture, citée dans le communiqué.

La question de l’impartialité des médias publics est devenue brûlante depuis la controverse déclenchée en septembre 2025 par une vidéo suggérant une proximité entre les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen et des responsables du Parti socialiste. Cette affaire a conduit à l’ouverture d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. France Télévisions et Radio France y ont fait l’objet d’attaques répétées de la part du rapporteur Charles Alloncle.

mercredi 21 octobre 2026

« Nous aurions dû être plus clairs » : le chef-d’œuvre d’auto-absolution de France Télévisions

« Nous aurions dû être plus clairs » : le chef-d’œuvre d’auto-absolution de France Télévisions

Ah, les excuses de France Télévisions… Ce moment magique où le service public, pris la main dans le sac du montage anxiogène, sort le grand jeu de la contrition molle. Après avoir servi aux Français, en pleine heure de grande écoute, un joli bout-à-bout d’images de chaos sans commentaire digne de ce nom, voilà que Philippe Corbé, directeur de l’information, nous gratifie d’un mea culpa digne d’un collégien pris à tricher : « Nous aurions dû être plus clairs. »

Plus clairs ? Vraiment ?

Plus clairs dans le bandeau. Plus précis dans le montage. Plus contextuels dans le commentaire. On se croirait face à un stagiaire qui s’excuse d’avoir oublié de mettre le lait dans le café. Pendant que des milliers de téléspectateurs ont vu, en direct ou en différé, l’amalgame subtil entre manifestants pacifiques et casseurs, France Télévisions se contente de regretter de n’avoir pas assez souligné, du bout des lèvres, que « deux histoires parallèles » se déroulaient. Deux histoires. Comme dans un joli roman. L’une « bon enfant », l’autre « pure violence ». Sauf que le montage, lui, n’avait rien de littéraire : il collait les images les unes aux autres avec la délicatesse d’un marteau-piqueur.

Et bien sûr, Laurent Delahousse avait bien précisé que c’était « en immersion ». Immersion dans quoi, exactement ? Dans le flou artistique ? Dans la confusion savamment entretenue ? Dans cette vieille habitude du service public de noyer le poisson dès qu’il s’agit de violences urbaines un peu trop gênantes ?

Le médiateur a été saisi. Les critiques ont été très nombreuses.

LCI met à pied, d’autres chaînes tranchent. France Télévisions, elle, publie un communiqué d’auto-flagellation soft où l’on apprend que « cela n’était pas suffisant » et que « nous ne pouvons que le regretter ». On en frémit d’émotion. Un vrai mea culpa d’État : on reconnaît à moitié l’erreur, on pointe du doigt le bandeau et le commentaire, et on repart comme si de rien n’était, la conscience légère et le monopole public intact.

« Nous aurions dû être plus lisibles. »

Traduction : on a fait un sujet qui prêtait volontairement à confusion, on s’est fait griller, et maintenant on regrette d’avoir été trop transparents dans notre opacité.

Avec des excuses aussi corrosives que de l’eau tiède, on peut continuer longtemps à servir de la bouillie anxiogène le dimanche soir. Après tout, le service public a le droit de se tromper. Il a même le droit de le reconnaître… à condition de le faire avec assez de flou pour que personne ne s’aperçoive vraiment qu’il a, une fois de plus, choisi son camp.

NB: Choisir les images, les juxtaposer et créer un parallèle, c’est déjà produire un récit et orienter le regard. Le montage implique des choix qui construisent le récit et orientent l’interprétation du public. C’est précisément pour cela que le travail de montage exige une vigilance accrue afin de construire un récit le plus objectif possible. Le monteur n’est pas un presse-bouton.

Et le parallèle lui-même est un choix éditorial délibéré.

mardi 20 octobre 2026

La chroniqueuse Isabelle Saporta écartée temporairement de l’antenne de LCI

La chroniqueuse Isabelle Saporta écartée temporairement de l’antenne de LCI

La journaliste Isabelle Saporta a bien été écartée temporairement de l’antenne de LCI après son altercation en direct avec la députée Prisca Thévenot.

Voici les éléments vérifiés : 


La sanction : Isabelle Saporta est mise en retrait de LCI jusqu’à la fin de la semaine, soit environ une semaine d’antenne. La direction de la chaîne a confirmé cette mesure à Télérama.


L’origine : lundi 19 octobre, dans l’émission Brunet sans filtre, elle a vivement mis en cause le bilan de la Macronie devant Prisca Thévenot, députée d’Ensemble pour la République.


Les propos : elle a notamment déclaré que le camp présidentiel avait « mis le pays depuis dix ans à genoux » et dénoncé ses leçons de vertu.


La suite : Thierry Thuillier, directeur de l’information du groupe TF1, a saisi le comité d’éthique et de déontologie. Selon Le Parisien, Prisca Thévenot aurait demandé des excuses à la journaliste, qui aurait refusé.


Une précision importante : Isabelle Saporta conserve son billet dans la matinale de TF1, Bonjour !. La mesure concerne donc LCI, et non l’ensemble de ses interventions télévisées.


PRUD’HOMMES DE PARIS : MEDIAWAN GAGNE DU TEMPS, LES SALARIÉS ATTENDRONT !

PRUD’HOMMES DE PARIS : MEDIAWAN GAGNE DU TEMPS, LES SALARIÉS ATTENDRONT !

Aujourd’hui, aux prud’hommes de Paris, les quatre salariés de Mediawan venus défendre leurs droits, soutenues par les syndicats CFE-CGC et CGT, étaient prêts à plaider. Leur avocat Me Florent Hennequin qui a conclu dans ces dossiers depuis un bon moment était prêt à en découdre.

Cependant la défense de Mediawan (une ex du groupe, semble-t-il !) a demandé un renvoi. Faute de dossier en état d’être plaidé, le Conseil a dû renvoyer l’affaire à juin 2027, au nom du respect du contradictoire.

« Vous nous avez mis devant le fait accompli » a même indiqué le président du Conseil constatant que de toute manière, elle n’avait avec elle aucun document.

Résultat : les salariées devront encore patienter des mois pour espérer faire entendre leurs arguments.

Quand les salariés réclament justice, Mediawan demande du temps. Une manœuvre dilatoire dénoncée par les demandeurs, qui retarde encore l’examen de leurs griefs.

La justice attendra. Les salariés, eux, continuent de payer le prix de cette attente.


TV5MONDE : PARIS EN FLAMMES, LA FRANCE EN VITRINE

TV5MONDE : PARIS EN FLAMMES, LA FRANCE EN VITRINE

Il fallait oser. Envoyer au monde entier, sous la bannière de TV5MONDE, cette image spectaculaire de Paris dévoré par les flammes (sait-on vraiment d’ailleurs si cette image n’est pas trafiquée!?), avec pour titre : « Du jamais vu » et des scènes de pillage « hors de contrôle ».

Une image vaut mille mots. Celle-ci vaut surtout mille clichés.

Paris qui brûle, la tour Eiffel en arrière-plan, le feu en majesté : le décor idéal pour nourrir à l’international l’image d’une France à feu et à sang. Le sensationnel avant la nuance, le spectaculaire avant la contextualisation, le brasier avant le discernement.

TV5MONDE n’est pas un compte anonyme en quête de clics. C’est un média francophone international, financé notamment par de l’argent public, censé faire rayonner la France et la francophonie dans le monde. Sa responsabilité devrait être à la hauteur de cette mission.

Informer sur des pillages, évidemment. Les documenter, les dénoncer si les faits le justifient, donner la parole aux témoins : c’est le travail d’un média mais transformer une scène de violence en carte postale apocalyptique de la capitale française, c’est prendre le risque de confondre information et mise en spectacle.

Et quelle image exporte-t-on ? Celle d’une capitale réduite à un brasier, d’un pays incapable de maîtriser ses rues, d’une nation dont le monument le plus emblématique sert de toile de fond à la catastrophe.

Le problème n’est pas de montrer ce qui dérange. Le problème, c’est de savoir ce que l’on choisit de montrer, comment on le montre et ce que l’on laisse dans l’ombre.

À force de confondre impact visuel et intérêt général, le service public risque de devenir le meilleur attaché de presse du catastrophisme.

La France mérite mieux qu’une image d’Épinal inversée : non plus le pays des Lumières, mais celui des flammes.

TV5MONDE : pour faire rayonner la francophonie, il y avait peut-être mieux à exporter qu’un Paris en feu.


lundi 19 octobre 2026

Les sièges de CNews et Europe 1 vandalisés ce samedi 17 octobre

Les sièges de CNews et Europe 1 vandalisés ce samedi 17 octobre

TÉLÉVISION. Une centaine d’individus ont bloqué le siège de Lagardère News, 21 ont été arrêtés. 


Selon La Lettre de l'Audiovisuel, Le siège parisien de CNews et d’Europe 1 (groupe Bolloré) a été pris pour cible ce samedi 17 octobre par une centaine de personnes. Vers 7h du matin, des individus cagoulés ont bloqué l’accès au parking du siège de Lagardère News, qui abrite aussi le Journal du dimanche, et brisé des vitres, selon la préfecture. 

Vingt-et-une personnes ont été interpellées. «Ces intimidations en bandes organisées envers le personnel et les journalistes d’Europe 1 sont inacceptables», a réagi Donat Vidal-Revel, directeur général d’Europe 1. CNews affirme son côté qu’«informer doit pouvoir se faire sans peur ni violence».

Les députés déposent 19 amendements pour reformer le financement des médias.

Les députés déposent 19 amendements pour reformer le financement des médias.

Le blog CGC Média vous propose de découvrir la teneur des réductions drastiques pour l'Audiovisuel public que prévoient certains députés sur le PLF 2027 : Baisse des dotations de France Télévisions et Radio France, fléchage d'une partie des investissements publicitaires numériques vers la presse, réforme des aides publiques, soutien aux radios associatives, à l'AFP et à la distribution de la presse…

Dix-neuf amendements déposés entre le 15 et le 17 octobre dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 sur lesquels revient, être autres, CBNews. A noter qu’aucune de ces propositions, à ce stade, n'ont été adoptées.

Voici l’extrait de l'article signé Thierry Wojciak…

« France Télévisions et Radio France : un recentrage sur l'information ou une privatisation ?

Le député Guillaume Kasbarian (Ensemble pour la République) et plusieurs de ses collègues proposent une transformation du périmètre de l'audiovisuel public. Deux amendements, n° II-2006 et II-2009, déposés le 16 octobre, visent respectivement à réduire de 2,229 milliards d'euros les crédits de France Télévisions et de 545,6 millions d'euros ceux de Radio France. Dans leurs exposés des motifs, les auteurs défendent un recentrage du service public audiovisuel sur sa mission d'information. Ils proposent de conserver une enveloppe annuelle de 150 millions d'euros pour un service national d'information télévisée et de 100 millions d'euros pour son équivalent radiophonique. Les autres activités des deux groupes auraient vocation à être ouvertes au secteur privé.

Une autre proposition, plus radicale encore, est portée par Jean-Philippe Tanguy (Rassemblement national). Son amendement n° II-690 prévoit de purement et simplement supprimer 3,024 milliards d'euros de crédits consacrés à l'audiovisuel public, dont 2,379 milliards pour France Télévisions et 645,6 millions pour Radio France. Dans son exposé des motifs, le député présente cette mesure comme un « amendement d'appel » destiné à engager la privatisation des deux groupes. L'objectif est de remettre en cause le financement public de leurs activités, tout en maintenant celui d'Arte France, de France Médias Monde, de TV5 Monde et de l'Institut national de l'audiovisuel (INA). Le même député défend toutefois également une solution intermédiaire avec l'amendement n° II-689, qui prévoit une diminution de 100 millions d'euros des crédits de France Télévisions et de 54 millions d'euros de ceux de Radio France. Quoi qu'il en soit, ces différentes propositions ne constituent pas, à elles seules, des dispositifs juridiques de privatisation, une telle transformation nécessitant d'autres modifications législatives…

...L'ensemble de tous ces amendements reste soumis à la procédure parlementaire. Leur dépôt ne constitue ni une adoption en commission, ni un vote favorable en séance publique, ni une inscription définitive dans la loi de finances pour 2027. »