De la signature d’un protocole transactionnel censé faire le silence, à la tête de l’Arcom: le pouvoir qui muselle !?
France Télévisions, ce parangon autoproclamé de la vertu républicaine, qui hurle au bûcher médiatique dès qu’un acteur, un animateur ou un réalisateur est simplement mis en cause (pas condamné, juste « accusé ») a une notion toute particulière de la « transparence » lorsque celui-ci implique toute une chaîne de responsables en interne.
On annule des téléfilms, on retire des rediffusions, on fait des génuflexions publiques devant les grondements de la sphère internet, tout ça avant même qu’un tribunal ait statué : Principe de précaution version service public, chante Ernotte sur tous les toits ! Mais quand c’est en interne ? Ah, là, c’est magique, la géométrie est plus que variable…
Le service public, censé incarner l’exemplarité, la transparence et le « devoir de signalement au procureur de la République via l'article 40 », devient soudain très discret, très procédurier, très « on lave son linge sale en famille ». La même boîte qui donne des leçons de morale à longueur d’antenne sur le harcèlement, les violences sexistes, la protection des victimes… protègerait son image comme un mafieux protège son clan.
La jeune femme enceinte ? Tant pis pour elle. Les faits présumés graves ? On les minimise, on les archive sous un protocole à 50 000 € uniquement établi pour indemniser son licenciement intervenu alors qu’elle était enceinte de + de 5 mois et après que la HALDE qu’elle avait saisi, acte les faits et rende un rapport au vitriol concernant le dossier dont toute la chaîne hiérarchique à France Télévisions a eu évidemment connaissance.
Aujourd'hui, si l’on en parle si peu, ce n’est pas un hasard. Les médias qui pourraient prendre leur plume ou leur micro savent très bien qu’ils risquent ensuite de se faire sanctionner, rappeler à l’ordre ou voire leur leur vie se compliquer un peu plus par… celui-là même qui trône aujourd’hui à la tête de l’Arcom. Quand le gendarme de l’audiovisuel est l’ancien signataire d’un accord d’étouffement, l’omerta devient soudain très rationnelle. Qui oserait vraiment creuser ?
C’est le classique du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Tant que c’est dehors, on lâche les chiens. Quand ça touche des responsables à l’intérieur, on dit en commission d’enquête qu’on ne se souvient plus de rien, et on explique doctement qu’il s’agissait en réalité d’un « simple contentieux ».
Chacun se souvient encore des paroles de Delphine Ernotte le 8 avril dernier au rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public qui l’interrogeait sur ce dossier et les protocoles signés (2 au total: Ajdari et Lesaunier ) à qui elle lançait « Vos accusations sont extrêmement graves… Mais est-ce que vous avez des preuves ? »
« Transmettez-moi les noms ! Transmettez-moi les faits ! Saisissez-moi ! » ajoutait-elle, inversant les rôles sur un ton perçu comme défensif et quasi-injonctif, mettant la pression sur le rapporteur pour qu’il apporte des éléments concrets sur-le-champ, tout en soulignant la gravité de ses accusations soi-disant portées contre le groupe ! Le monde a l’envers !!!!
En résumé, France Télévisions dénonce à tout-va les turpitudes de la société et du privé, mais quand les cadavres sont dans son propre placard — et signés par celui qui est devenu le gendarme de l’audiovisuel —, soudain c’est « complexe », « ancien », « à contextualiser ».
L’institution qui se veut "le miroir moral de la France" va-t-elle devenir experte en communication de crise et en omerta sélective ?
Beau service public. Vraiment…Comment celui qui a nommé, il y a un peu plus de deux ans à la tête de l’agence son président, peut-il espérer tenir comme ça jusqu’en 2027 sans que toute cette indigne affaire impacte à jamais son @Legacy ?














