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mercredi 9 septembre 2026

Dati va devoir attendre…

Dati va devoir attendre…

Grande nouvelle pour tous ceux qui croyaient encore que la justice française était un truc un peu sérieux : Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux, ancienne ministre de la Culture, actuelle maire du 7ᵉ arrondissement et bientôt prévenue pour corruption et trafic d’influence, a demandé à réintégrer la magistrature. Pourtant, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), toujours prompt à l’humour, a décidé d’examiner son dossier… après son procès.

Oui, vous avez bien lu. On ne va pas juger de l’adéquation du profil avant de savoir si la candidate est éventuellement condamnée pour des faits de corruption. On préfère attendre. Histoire de garder un peu de suspense. Comme dans une série Netflix : « Saison 1 : le procès. Saison 2 : est-ce qu’on la remet dans le corps judiciaire ? Spoiler : on verra bien. »

Rappel des faits pour ceux qui ont raté les épisodes précédents. Rachida Dati n’a plus exercé la moindre fonction de juge ou de procureur depuis le début des années 2000 (parquet d’Évry, pour ceux qui collectionnent les souvenirs). Vingt-six ans d’absence. Pendant ce temps, elle a fait un peu de politique, un peu d’avocate, un peu de Parlement européen, et un peu de convention de rémunération forfaitaire avec une filiale de Renault qui lui a rapporté 900 000 euros. Travail d’avocate « tout à fait légal », assure-t-elle. Les juges, eux, diront ce qu’ils en pensent à partir du 16 septembre.

Et voilà que, à quelques jours de se retrouver du mauvais côté du prétoire, elle demande à réintégrer. Le ministère de la Justice, toujours aussi subtil, lui propose un poste de premier substitut en administration centrale, chargée de mission à la Délégation des affaires européennes et internationales. Pas en juridiction, rassurez-vous. On ne va pas la mettre à juger des voleurs de scooters pendant qu’elle est elle-même jugée. Non. On la mettra à s’occuper de l’Europe. Parce que rien ne dit mieux « impartialité » qu’une ancienne eurodéputée qui se retrouve à nouveau dans les affaires européennes… après avoir été poursuivie pour son travail d’influence auprès des institutions européennes.

Le CSM, quant à lui, a choisi la prudence. « Pas avant fin septembre, début octobre. » Traduction : on regarde d’abord si le tribunal correctionnel de Paris la condamne, et après on se demande si son profil est adapté. Génial. Imaginez le même raisonnement pour un chirurgien : « On le laisse opérer, et on verra bien si le patient survit avant de décider s’il est compétent. »

Bien sûr, tout est « de droit ». La réintégration d’un magistrat en disponibilité est de droit. Le ministère le répète comme un mantra. Comme si le droit était une machine automatique qui se fiche complètement du contexte, de l’image, de la crédibilité et du message envoyé au commun des mortels. « Madame Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit. » Point final. Le droit, c’est le droit. Même si le timing fait tousser la moitié des magistrats et l’autre moitié des citoyens.

Et si elle est condamnée ? Pas de panique. On pourra toujours ouvrir une procédure disciplinaire plus tard. Après tout, pourquoi anticiper ? Pourquoi se poser la question de l’intégrité, de la probité et de la dignité avant de lui redonner la toge ? Non, on préfère le scénario en deux temps : d’abord le procès, ensuite l’examen de la candidature. C’est plus chic. Plus français.

En résumé : une femme qui n’a plus touché un dossier judiciaire depuis un quart de siècle, qui doit répondre de corruption dans une affaire de lobbying européen, se voit proposer de revenir dans la maison Justice… pour s’occuper des affaires européennes. Et on attend le verdict pour savoir si c’est une bonne idée.

La magistrature française peut dormir tranquille. Ou pas…


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mardi 8 septembre 2026

Des trois, France Télés/Mediawan se classe dernière…

Des trois, France Télés/Mediawan se classe dernière…

Sur la première semaine de rentrée (lundi 31 août au jeudi 3 septembre 2026, hors vendredi) :

-Cyril Hanouna (« Tout beau, tout n9uf » sur W9 : dernière tranche (quart d’heure stratégique) à 1,60 million de téléspectateurs / 9,4 % de part d’audience (quasi stable en volume vs l’an dernier, mais PDA en hausse).

-Yann Barthès (« Quotidien » sur TMC) un peu en dessous : dernière tranche à 1,55 million / 8,9 % (en baisse par rapport à sa rentrée 2025).

-Anne-Elisabeth Lemoine (« C à vous » sur France 5) : partie principale en moyenne à 979 000 / 8,0 % (en hausse vs l’an dernier ; meilleure rentrée historique le lundi avec Léon Marchand à 1,18 million / 9,2 %). Les parties suivantes sont plus modestes (autour de 500-700 000).


France Télévisions : On ne négocie ni dans le brouillard, ni dans le flou !

France Télévisions : On ne négocie ni dans le brouillard, ni dans le flou !

Les Organisations Syndicales Représentatives de France Télés viennent de claquer la porte des négociations sur la refonte de l’accord collectif et elles ont raison !

Comment oser parler « métiers », « parcours professionnels » et « compétences » pendant que la direction et l’État actionnaire jouent à cache-cache avec l’avenir de l’entreprise ?

Cet été, la presse a révélé un projet de restructuration d’une ampleur inédite : rapprochement, voire fusion, entre France 3 et franceinfo… et surtout un plan de 1 000 suppressions de postes déguisé en « départs volontaires ». À ce jour, rien n’a été démenti. Rien.

Elles écrivent : 

On nous demande des concessions sur notre statut collectif pendant qu’on prépare dans l’ombre un massacre social.

On nous parle d’« accord » pendant qu’on nous cache la stratégie.

On nous demande de négocier loyalement… dans le flou le plus total.

On ne négocie pas dans le flou.

On ne signe pas un chèque en blanc sur l’emploi.

On ne brade pas le service public audiovisuel.

Après une enquête parlementaire qui n’a pour l’instant débouché sur rien, un État actionnaire qui refuse de dire où il veut aller, des budgets 2027 dans le brouillard et des élections nationales qui approchent… la direction ose envisager des décisions aussi lourdes de conséquences sans concertation, révélées par voie de presse.

C’est inacceptable.

Elles disent exiger :

-Une rencontre immédiate de la Présidence avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives,

-L’ouverture sans délai de la procédure d’information-consultation sur les orientations stratégiques au CSE Central,

-La suspension immédiate des négociations en cours et le report des délais de survie des accords dénoncés.

Puis d’ajouter « Notre opposition est totale à tout projet de suppressions d’emplois.

Derrière chaque poste, il y a des vies, des familles, des compétences, et la qualité même du service public que nous devons aux Français.

Cette bataille ne se gagnera pas sans vous. Informez-vous.

Le service public audiovisuel n’est pas une variable d’ajustement.




lundi 7 septembre 2026

Le ministère des Affaires étrangères découvre (enfin) la propagande…

Le ministère des Affaires étrangères découvre (enfin) la propagande…

Ah, le spectacle est savoureux. Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française, monte sur ses grands chevaux. Il est « très étonné », « affligé », presque scandalisé. Pourquoi ? Parce que CNews ose encore donner la parole, même en visio, à Xenia Fedorova, cette chroniqueuse russe que la France a expulsée comme une vulgaire propagandiste du Kremlin.

On se pince. Depuis des années, les plateaux français débordent d’experts, d’éditorialistes, de « spécialistes » qui recyclent avec zèle les éléments de langage de Washington, de Bruxelles ou de n’importe quelle ONG financée par George Soros, et là, soudain, le ministre découvre que la liberté éditoriale a des limites. Quelle révélation !

Fedorova est une des « relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes ». Soit. Les faits sont « avérés », clament-ils. Très bien. Mais où étaient ces mêmes gardiens de la pureté informationnelle quand d’autres voix, bien plus influentes, expliquaient avec un aplomb surréaliste que l’inflation n’existait pas, que l’immigration de masse était une chance pure, ou que fermer les yeux sur certains régimes « partenaires » était de la realpolitik ? Silence radio. Là, en revanche, une Russe qui ose contredire le narratif officiel devient une menace existentielle pour « l’ordre public ».

Le plus comique reste la posture indignée : « Pourquoi ouvrir ces studios, ces colonnes… à quelqu’un dont il est avéré qu’il travaille au service de la Russie contre la France et contre l’Union européenne ? » Remplacez « Russie » par n’importe quel autre État ou fondation, et regardez combien de plateaux resteraient vides. La liberté de la presse est sacrée… jusqu’au moment où elle gêne.

CNews, de son côté, joue la carte de la provocation avec un sourire en coin : « Elle reviendra en visio, puisque le gouvernement l’empêche d’être en France. » On voit le tableau. D’un côté, un État qui expulse, gèle les avoirs et s’offusque ensuite que la personne continue d’exister médiatiquement. De l’autre, un groupe Bolloré qui transforme l’interdiction en argument marketing. Les deux camps se renvoient la balle avec un cynisme admirable.

Pendant ce temps, on agite déjà le chiffon rouge de 2027 : attention, la propagande russe pourrait influencer l’élection ! Comme si le débat public français n’était pas déjà saturé d’influences, de pressions, de financements opaques et de petites vérités arrangées venant de partout. Mais non, le vrai danger, c’est une chroniqueuse en visio depuis l’étranger.

Bravo, messieurs. Vous venez d’offrir à Fedorova (et à ceux qui la défendent) la meilleure publicité possible. Rien ne renforce autant une voix que de la déclarer officiellement interdite. Continuez ainsi : chaque indigné ministériel est un coup de projecteur gratuit.

La liberté d’expression, en France, a décidément un parfum très sélectif. Elle est totale… pour ceux qui disent ce que le pouvoir veut entendre. Pour les autres, on sort l’arrêté d’expulsion et le pathos diplomatique.

Affligeant, disiez-vous, monsieur le ministre ? Oui. Mais pas forcément pour les raisons que vous croyez.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

dimanche 6 septembre 2026

France 3 rediffuse un épisode de Stéphane Plaza.

France 3 rediffuse un épisode de Stéphane Plaza.

Ce dimanche 6 septembre 2026 malgré le dossier judiciaire principal de Stéphane Plaza (violences conjugales) France 3 a rediffusé dans sa multitude de rediffusions «  Meurtres à Figeac » avec Stéphane Plaza (ex-animateur de M6, agent immobilier) condamné en février 2025 par le tribunal correctionnel de Paris à 12 mois de prison avec sursis pour des violences physiques et psychologiques « habituelles » commises entre 2018 et 2022 sur une ancienne compagne., Amandine (notamment une fracture et des luxations de doigts lors d’une altercation). 



Il a été relaxé des faits de violences psychologiques concernant une seconde plaignante, Paola (le tribunal estimant que les faits reposaient majoritairement sur ses déclarations, sans remettre en cause sa parole).

Contexte et première instance

Il a fait appel de cette décision. Ses émissions ont été déprogrammées et son réseau d’agences a subi d’importants dommages (perte d’agences, litiges avec des franchisés pour « perte de réputation » de la marque).

Procès en appel (cour d’appel de Paris)

Le procès s’est tenu du 26 juin au 1er juillet 2026. Plaza a nié toute violence intentionnelle, se décrivant comme un « goujat », « beauf » ou « immature » capable d’infidélités mais pas comme un homme violent. Il a évoqué des « accidents » pour les blessures physiques et dénoncé un règlement de comptes lié à ses tromperies, ainsi qu’un dossier « biaisé » (avec une plainte pour cyberharcèlement qu’il avait déposée contre d’anciennes compagnes, initialement classée sans suite et versée aux débats). bfmtv.com

Les plaignantes (Amandine et Paola) ont décrit des situations d’emprise, d’humiliations, de colères et de violences. Amandine a notamment témoigné d’épisodes où elle a eu peur pour sa vie. ledauphine.com 

Réquisitions du parquet général (1/07/2026) :

Une peine plus clémente que celle de première instance a été requise : 6 mois de prison avec sursis probatoire pendant 2 ans, une amende de 12 000 euros, un stage de sensibilisation aux violences conjugales, et des mesures d’éloignement. Le caractère « habituel » des violences a été abandonné pour Amandine, et aucune condamnation n’a été demandée concernant Paola (éléments jugés insuffisants). Plaza a esquissé un mea-culpa en fin d’audience (« Je suis conscient que mon comportement… ») tout en maintenant sa ligne de défense.

Où en est-on début septembre 2026 ?

La décision de la cour d’appel est attendue dans une dizaine de jours, le 18 septembre 2026. Aucun verdict n’a encore été rendu à la date d’aujourd’hui. 

En résumé : le dossier principal reste en attente du jugement d’appel prévu dans moins de deux semaines. La peine requise est allégée par rapport à 2025, mais la décision finale appartient aux juges.



samedi 5 septembre 2026

PROD SPORTS, ÉVÉNEMENTS, MAG D’INFO : LA FUSION DANS LA CONFUSION A FTV

PROD SPORTS, ÉVÉNEMENTS, MAG D’INFO : LA FUSION DANS LA CONFUSION A FTV

L’ex-primo dircab ernottien avait sorti ses meilleurs arguments, mercredi dernier, à la mi-journée pour convaincre ces trois services de la justesse de leur regroupement. Notamment celui concernant la fin des services en silos pour le « transversal ».

Ce qui concrètement signifie, la fin de ce qui marche par ceux qui savent faire, pour … ? On ne sait pas…

Chacun a compris que France TV doit faire des économies, chacun sait aussi que, depuis 10 ans, ce sont ceux qui produisent et savent faire leur travail qui sont chargés de les éponger.

Nouvel exemple avec cette fusion des services de production des Sports, des éditions de l’Info et des événements. Déjà un demi-échec puisque les Prods de l’info, des régions et de l’outremer ont carrément refusé de s’y soumettre.


La logique ? On ne la voit pas et les explications au niveau des antennes, des programmes et de l’info etc. n’ont rien éclaircit. Pourquoi ? Parce que ce sont 3 unités de production qui n’ont rien en commun et ne travaillent pas de la même manière, puisqu’elles mettent en œuvre des moyens différents pour des programmes très différents, dans des conditions qui n’ont rien à voir. 

Pour les événements, on passe beaucoup de commandes au privé donc c’est géré.

Pour les Mag de l’info on met sur pied des tournages essentiellement, 

Tandis qu’aux Sports on invente, déploie, contrôle et assume l’ensemble des programmes (tournages, plateau, régies etc.) comme le Tour, les 6 nations, l’athlétisme et bien sûr les JO, ou encore des petites productions pour la chaine sport, avec des équipes et des cars mixtes internes/privés, ou même des signaux à compléter. 


Où est la logique ? Où est la complémentarité ? 

L’affaire est particulièrement grave pour la Prod des sports qui va perdre son autonomie budgétaire, donc de décision et d’action. Il s’agit de la production qui a inventé et géré en production exécutive le signal de Paris 2024 et qui est une référence internationale en la matière. C’est en terme de temps d’antenne, le plus gros service de production exécutif de France TV.


Pourquoi noyer tout cela dans un service hybride et flou ? La Direction et la Rédaction des Sports ont de

quoi s’inquiéter devant tant d’incohérence. Regrouper pour trouver des synergies, pourquoi pas….mais ceci est annoncé sans travail préparatoire entre les équipes qui permettrait de vérifier s’il y a un réel intérêt, des méthodes compatibles, des commandes à regrouper, etc…Bref un projet bâclé.


Qui va piloter cela, quelles perspectives, où sont les gains ? Pas de réponse.

Pourquoi les sports qui sont le plus gros morceau avec le plus d’expérience, ne pilotent pas le projet ? Pas de réponse.

Seule production concrète, l’inquiétude de personnels une nouvelle fois désorientés face aux amateurs des synergies et aux « pros » de la perpétuelleréorganisation.


vendredi 4 septembre 2026

Stage de caméra verticale à France Télévisions !

Stage de caméra verticale à France Télévisions !

Au début de cette première semaine de septembre, les  journalistes TV de France Télévisions (rédacteurs compris) ont reçu un texte leur « proposant » de se faire connaitre sur la base du volontariat pour tourner en mode «caméra verticale». (*)

Un stage de formation de 2 jours sera par exemple proposé aux volontaires dès le 13 octobre en Bourgogne-Franche-Comté.



(*) Le tournage en caméra verticale (ou format vertical) désigne la captation d’images au format portrait, typiquement en ratio 9:16, optimisé pour les écrans de smartphones tenus à la verticale. C’est l’opposé du format traditionnel horizontal (16:9 ou 4:3) utilisé depuis toujours pour la télévision, le cinéma et la plupart des reportages TV. On le retrouve massivement sur TikTok, Instagram Reels, YouTube Shorts, Snapchat, les stories, etc.

Pourquoi France Télévisions (et d’autres médias) s’y mettent

La consommation d’infos et de contenus se fait de plus en plus sur mobile, où les gens regardent naturellement en vertical. Les plateformes privilégient (et algorithmiquement poussent) ce format. France Télévisions développe donc des contenus dédiés : extraits d’info, sujets courts, vidéos incarnées pour les réseaux, et même des fictions/séries conçues dès le départ en vertical (ex. micro-séries de quelques minutes). dispatchmedia.co 

Il y a des expérimentations concrètes dans le réseau régional (ex. en Nouvelle-Aquitaine / Aquitaine avec des formations de contributeurs, usage d’outils de montage mobile comme Edits), et des formations internes pour adapter les pratiques journalistiques. Le stage volontaire en question s’inscrit dans cette logique : apprendre les codes techniques et narratifs spécifiques pour produire efficacement pour le digital et les réseaux, sans forcément remplacer le format horizontal classique.

Particularités techniques et narratives

-Cadrage et composition : Le vertical met en valeur les corps, les visages, les portraits, les mouvements verticaux (chutes, ascensions, plans serrés). Les paysages larges ou les scènes de groupe sont plus difficiles ; on privilégie souvent le sujet principal centré ou légèrement décalé, avec de l’espace au-dessus/en-dessous pour le texte ou l’air. Beaucoup de professionnels disent que c’est « comme regarder par une fenêtre ».

-Tournage : On oriente la caméra (ou le smartphone / appareil photo / caméra pro) en mode portrait. Les règles de cadrage, de profondeur de champ, de mouvements et même d’éclairage s’adaptent. On tourne souvent plus léger (smartphone + stabilisateur, ou caméras pro configurées en vertical).

-Écriture et montage : Formats courts, rythme plus soutenu, accroche immédiate, texte à l’écran (car beaucoup regardent sans son), sous-titres, chapitrage rapide. L’écriture journalistique classique (pyramide inversée) est souvent bousculée pour coller aux codes des plateformes sociales.

-Particularités : Meilleure immersion mobile, engagement plus élevé sur les réseaux, adaptation aux usages jeunes/Gen Z. 

-Inconvénients : moins adapté à certains sujets (paysages, actions larges), et risque de fragmentation des pratiques si mal intégré dans l’organisation du travail. 

En résumé, ce n’est pas juste « tourner le téléphone à 90° » : c’est une grammaire visuelle et narrative différente, pensée « mobile first ». Le stage proposé aux journalistes de France Télévisions vise probablement à familiariser les volontaires avec ces techniques (cadrage, outils, codes des plateformes, éventuellement montage rapide) pour produire des contenus adaptés, dans un contexte où le groupe multiplie les initiatives verticales pour selon lui « rester présent là où le public serait »!

jeudi 3 septembre 2026

À Radio France, le pluralisme est devenu le nouveau mot magique…

À Radio France, le pluralisme est devenu le nouveau mot magique…

Charles Sapin arrive sur France Inter et soudain, le mot « pluralisme » est partout. Comme si le prononcer suffisait à rendre toute décision légitime.

Après des années à expliquer que le service public devait être exemplaire en matière de diversité des opinions, Radio France découvre une méthode révolutionnaire : recruter un journaliste de Valeurs actuelles, puis expliquer que c’est précisément… pour défendre le pluralisme. Magnifique.

C’est un peu comme si un restaurant végétarien annonçait l’arrivée d’un boucher au nom de la « diversité des métiers ». Le problème n’est évidemment pas que Charles Sapin soit de droite. France Inter n’a pas vocation à être une radio de gauche. Le problème est cette curieuse conception du pluralisme qui consiste à brandir le mot comme un passe-droit éditorial.

Le pluralisme, ce n’est pas un tableau Excel

Gauche, centre, droite, droite très à droite… On coche les cases et, hop, « regardez comme nous sommes ouverts ! »

Lorsque les salariés contestent : pluralisme.

Lorsqu’on demande pourquoi lui plutôt qu’un autre : pluralisme.

À ce rythme-là, autant rebaptiser la direction des programmes :

« Ministère du Pluralisme ».

La direction affirme par ailleurs avoir la garantie qu’il n’y aura ni propos discriminatoires ni dérapages à l’antenne.

Voilà qui est rassurant.

On demande donc au public de faire confiance à la direction pour contrôler elle-même les risques qu’elle vient de créerCirculez. Tout va bien.

Le drôle de paradoxe

Depuis des années, l’audiovisuel public est accusé par ses détracteurs de manquer de pluralisme et voici que, pour répondre à ces critiques, que Radio France choisit un chroniqueur controversé. Il provoque la colère de ses propres personnels et récolte une menace de grève.

C’est donc ça, le rééquilibrage ?

On voulait démontrer que France Inter n’était pas « de gauche ». On risque surtout de démontrer qu’elle ne sait plus très bien ce qu’elle veut être car le pluralisme ne consiste pas à faire du casting politique. Il ne se mesure pas au nombre de chroniqueurs classés dans telle ou telle case.

Il se mesure à la contradiction, à la diversité réelle des points de vue, à l’indépendance et à la qualité du débat.

Sinon, demain, il suffira de compter :

deux à gauche, trois au centre, deux à droite, un à droite de la droite…

Et voilà :

« Radio France — 100 % pluralisme garanti ».

Le vrai problème n’est donc pas Charles Sapin. Il a parfaitement le droit d’être de droite. La vraie question est :

Pourquoi France Inter l’a-t-elle choisi et selon quels critères ?

Critères professionnels ? Éditoriaux ? Journalistiques ? Ou volonté de démontrer, à l’approche de 2027, que l’audiovisuel public sait enfin donner des gages de « pluralisme » à ceux qui l’accusent d’être politiquement orienté ? Parce que si le pluralisme devient un outil de communication destiné à laver Radio France de tout soupçon, il faut appeler les choses par leur nom : ce n’est plus du pluralisme. C’est de la gestion d’image.

La dette de crédibilité

La première chronique de Charles Sapin portait sur le « mur » de la dette qui attend le prochain président en 2027. Certes mais il pourrait peut-être s’intéresser à une autre dette : la dette de crédibilité. En effet, le pluralisme ne se proclame pas. Il ne s’affiche pas. Il ne se brandit pas comme un bouclier chaque fois qu’une décision est contestée.

Il se démontre en et quand il faut déclencher une grève pour rappeler à une direction ce que le mot signifie…il y a peut-être un problème de casting ou simplement un problème de définition.

Un point sur ces éléments fait dans l’article avec l’AFP du journal Le Monde  de ce jour.







mercredi 2 septembre 2026

L’État demande à France Télévisions près de 150M€ d’économies mais l’entreprise va dépenser beaucoup pour une énième campagne!

L’État demande à France Télévisions près de 150M€ d’économies mais l’entreprise va dépenser beaucoup pour une énième campagne!

France Télévisions, ce groupe public qui diffuse des heures et des heures de programmes chaque jour, se sent soudain investi d’une mission sacrée : nous apprendre à mieux gérer… les écrans. 

Quelle délicieuse ironie. On imagine déjà les réunions marketing : « Et si on faisait une campagne pour dire aux gens de regarder moins la télé… tout en leur rappelant gentiment que nos programmes sont « tellement inspirants » qu’ils donnent envie de faire autre chose après ? Génial, non ? »

Le concept est presque poétique dans son cynisme. On montre des enfants heureux en train de lire, de faire du sport ou de jouer dehors… après avoir regardé un contenu France Télévisions. Traduction : « Regardez-nous d’abord, puis allez vivre. Mais regardez-nous bien. » C’est la version moderne du « mangez des fruits et légumes » signée par un fabricant de chips.

Et le coût dans tout ça ? Impossible de trouver le chiffre exact (transparence oblige), mais une campagne nationale d’affichage DOOH + OOH pendant presque un mois, déployée en milieu urbain, centres commerciaux, gares et métros, avec cinq visuels, production, relais réseaux sociaux et événements terrain, ça se chiffre facilement à plusieurs centaines de milliers d’euros… voire facilement au-delà du million. 

Pendant que Sébastien Lecornu impose à France Télévisions une baisse de dotation publique d’environ 80 millions d’euros pour 2026 (et que le groupe doit réaliser un effort global d’économies historique de l’ordre de 140 à 150 millions d’euros pour coller à un budget « à l’équilibre »), il trouve encore le moyen de dépenser l’équivalent de quelques postes ou de quelques heures de programmes dans une opération de com’ qui consiste à promouvoir… le fait de moins regarder des écrans. Sublime.

Bruno Loutrel, directeur marketing, nous explique avec un sérieux confondant que le service public propose une approche « constructive » de la consommation d’écran. Constructive, vraiment ? On est ravis d’apprendre que regarder France Télévisions est désormais un acte quasi thérapeutique, une sorte de préambule vertueux avant de décrocher. Plus besoin de débattre des effets des écrans : il suffit de regarder les bons programmes (ceux du service public), dans un « environnement sécurisé ». Le reste du paysage audiovisuel, on présume, est peuplé de loups.

Et le timing est parfait : la rentrée scolaire. Rien de tel qu’une campagne DOOH, OOH, gares, métros, centres commerciaux et réseaux sociaux pour rappeler aux parents stressés que le vrai problème, c’est le rapport aux écrans… sauf quand c’est le leur. On imagine les familles, coincées dans le métro, regardant une affiche qui leur dit de moins regarder des écrans, pendant que leurs enfants zappent déjà sur le téléphone. Métaphysique pure.

Bref, France Télévisions a trouvé la solution ultime au problème des écrans : en produire encore mais avec bonne conscience… et en y mettant le prix, même quand Matignon serre la vis. Mission de service public accomplie ?!