France Télés: le Titanic des deniers publics qu’Ernotte a précipité droit sur l’iceberg depuis 10 ans
La grande abjection continue et c’est Satellifacts qui en exclusivité révèle l’ampleur des dégâts. France Télévisions, ce paquebot gorgé de subventions qui coûte autour d’un milliard d’euros par an rien qu’en charges de personnels (33 % des dépenses !), nous annonce avec des mines de tragédiens un « plan de départs volontaires » sur 1 000 équivalents temps plein, soit près de 12% des effectifs. Celle que la cour des comptes et l’inspection générale des finances Pointe du doigt comme étant en grande partie responsable de cette débâcle, ose présenter ça comme une grande réforme structurelle : payer des indemnités aujourd’hui pour économiser 70 à 80 millions par an à partir de 2028. Traduction : on reporte l’addition, on caresse la pyramide des âges (196 salariés de 65 ans et plus, 1 149 entre 60 et 64 ans…), et on continue à couler lentement, majestueusement, sauf pour « la première classe ».
Autrement dit, on continue de dégager tous les « Petits » pour que les « Gros » puissent continuer à s’en mettre plein, les fouilles ! On taille dans le muscle pour ne garder que la graisse.
Tout cela, pendant que Matignon et la Rue de Valois se disputent 47 millions d’économies ridicules en 2027, que l’on pleure sur la création, le flux et le sport, l’essentiel reste intact : la culture maison. Cette culture du privilège, de la rente et de l’entre-soi protégée par des syndicats alliés de la direction.
Pour bien comprendre l’esprit qui règne à bord, il suffit d’un cas concret, édifiant, presque surréaliste.
Un salarié termine sa mission dans un établissement de France Télévisions et doit, tout simplement, reprendre son poste d’origine dans son service. Réaction des collègues ? L’ensemble des salariés du service soutenus par une organisation syndicale qui depuis dix ans accompagne fidèlement la direction,se déclare en accidents de travail (angoisses, stress, etc.) pour l’empêcher physiquement de réintégrer l’équipe. Le plus beau, c’est que la Sécurité sociale valide, selon nos sources ces arrêts collectifs au motif que, puisque tout le monde s’arrête en même temps, « il doit bien y avoir une raison » !!!
On est au-delà du grotesque.
Le salarié est convoqué à un entretien préalable au licenciement. Il demande comme le prévoit les textes, la réunion d’un conseil de discipline. La direction s’y oppose en expliquant qu’« il ne s’agissait pas d’une sanction disciplinaire ». Sauf que la convocation elle-même mentionnait précisément cela. Finalement, on le licencie quand même, avec un nouveau concept juridique sorti de nulle part : « Atteinte au bon fonctionnement du service » - un motif que le Code du travail ne connaît pas - mais qui semble parfaitement admis à France Télévisions.
Ce que ne dit pas Satellifacts, c’est le nombre hallucinant de convocations à entretien préalable en vue d’un licenciement, adressés tous azimuts aux salariés pour un OUI ou un NON !
On ose à peine poser la question : et si une majorité de salariés de France Télévisions se mettaient collectivement en accident du travail pour cause d’« angoisse et de stress » provoqués par Delphine Ernotte et ses cadres, au motif que leur gestion porte gravement atteinte au bon fonctionnement de France Télévisions ? La Sécu validerait-elle aussi ? Le syndicat applaudirait-il ? La direction invoquerait-elle son nouveau motif magique pour tous les dégager ?
On connaît la réponse. Dans cette maison, le « bon fonctionnement » signifie surtout préserver les acquis, les sureffectifs, les chaînes fantômes, les producteurs amis et les habitudes coûteuses. Le contribuable, lui, n’est qu’un vulgaire financeur silencieux.
1 000 départs volontaires ne sont qu’un sparadrap sur une jambe de bois. Tant que cette culture de l’ostracisme, de la protection collective et de l’impunité budgétaire perdurera, le Titanic continuera de sombrer avec nos impôts dans les cales…et le nombre de rescapés se compteront probablement très vite.
Comment peut on délibérément jouer avec la vie des personnels pour tenter de sauver sa tête ?
Il est temps de crever l’abcès. France Télévisions ne manque pas seulement d’argent. Elle manque surtout de courage, de mérite et d’honnêteté vis-à-vis de ceux qui paient.