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lundi 5 octobre 2026

A Canal + la CGC refuse de baisser la tête.

A Canal + la CGC refuse de baisser la tête.

Pendant que d’autres se taisent ou se contentent de communiqués mous, la CFE-CGC Canal+ a eu le courage de dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas : la hausse de la TVA sur les abonnements n’est pas une simple mesure technique. C’est une attaque frontale contre l’audiovisuel français, contre ses emplois et contre sa capacité à résister face aux géants américains.

Le communiqué de la CFE-CGC Canal+ du 5 octobre 2026 (*) ne fait pas dans la langue de bois. Il rappelle une évidence que certains feignent d’ignorer : augmenter le prix des abonnements, c’est prendre le risque de faire fuir les abonnés, d’affaiblir les recettes, et, in fine, de mettre sous pression les salariés. Ce ne sont pas des « victimes collatérales » abstraites. Ce sont des femmes et des hommes qui font vivre Canal+, qui portent des compétences rares, un savoir-faire et une ambition culturelle française.

La CFE-CGC a raison de refuser que les salariés paient le prix d’un choix fiscal dont ils ne sont en rien responsables. Ils ont raison d’alerter sur le danger de restructurations, de gels de recrutements et de suppressions de postes. Ils ont raison de rappeler que préserver Canal+, ce n’est pas un slogan : c’est préserver des emplois, des métiers et une industrie qui compte encore dans le paysage français.

Dans un contexte où la concurrence internationale est déjà féroce, venir fragiliser encore un peu plus les acteurs nationaux relève de l’inconséquence. La CFE-CGC Canal+ le dit clairement, sans détour et sans complaisance. C’est exactement ce qu’on attend d’organisations syndicales dignes de ce nom : non pas accompagner les décisions douloureuses, mais les combattre quand elles menacent l’emploi et l’avenir du secteur.

PHausse de la TVA sur les abonnements : la CFE-CGC CANAL+ dénonce une menace pour l'emploi et l'avenir de l'audiovisuel français.


Le projet gouvernemental visant à augmenter la TVA sur les abonnements constitue une attaque préoccupante contre l'ensemble du secteur audiovisuel. Cette mesure, qui se traduirait par une hausse du coût pour les abonnés, risque d'affaiblir durablement les acteurs français déjà confrontés à une concurrence internationale particulièrement agressive.


Au-delà de ses conséquences économiques, cette décision pourrait avoir un impact social majeur. Une baisse des abonnements et des revenus entraînerait inévitablement une pression accrue sur les coûts de fonctionnement des entreprises du secteur. Les salariés refusent d'être les victimes collatérales d'un choix fiscal dont ils ne sont pas responsables.


La CFE-CGC CANAL+ alerte solennellement les pouvoirs publics : toute dégradation de l'activité pourrait ouvrir la voie à des restructurations, des gels de recrutements, voire des suppressions de postes. Derrière ces risques, ce sont des femmes et des hommes, des compétences reconnues et des savoir-faire stratégiques qui sont menacés.


La CFE-CGC CANAL+ demande au Gouvernement de renoncer à cette mesure injuste et contre-productive. L'avenir de l'audiovisuel français ne peut pas être sacrifié sur l'autel d'une augmentation fiscale qui fragilise les entreprises, menace l'emploi et pénalise les abonnés.


Préserver Canal+, c'est préserver des emplois, des métiers et une ambition culturelle française.


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Pierre-Antoine Capton cofondateur de Mediawan, en route pour les Etats-Unis ?

Pierre-Antoine Capton, cofondateur de Mediawan, en route pour les Etats-Unis ? 

Le bruit court tous azimuts en ce moment depuis le départ de Justine Planchon a quitté le groupe Mediawan fin septembre 2026, après 18 ans de collaboration. (ozap.com)

Depuis le départ l’ex-présidente de Mediawan France Unscripted (ex-Mediawan Prod) dirigeait les sociétés de production de flux et de documentaires (notamment C à vous et C dans l’air). Elle avait rejoint Troisième Œil Productions (fondée par Pierre-Antoine Capton) en 2008 comme productrice, puis en était devenue directrice des programmes, avant d’être nommée directrice générale de Mediawan Prod en 2021. (strategies.fr)

Dans un message LinkedIn, elle a évoqué la fin d’un « chapitre » important de sa vie professionnelle, remercié Capton pour la confiance accordée et indiqué vouloir « ouvrir un nouveau chapitre », sans préciser immédiatement sa destination. Mediawan a ensuite réorganisé son pôle flux. ozap.com 

Elle rejoint Webedia-Elephant (le 12 octobre 2026 selon nos informations) comme directrice générale déléguée chargée de la production, des créateurs et de la stratégie éditoriale des programmes. (stephanelarue.com)

Elle était intervenue dans le cadre de la commission d’enquête sur l’Audiovisuel public au côté de celui que certains voient déjà aux States. 

Dans  son livre Je jure de dire toute la vérité (Fayard, sorti le 30 septembre 2026), Charles Alloncle (député et ex-rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, il y a peu) revient justement sur les coulisses de cette instance (pressions, menaces, mensonges sous serment selon lui, etc.). Concernant Mediawan et KKR, il met en avant une révélation sur l’actionnariat. (lejdd.fr)

Il affirme, sources vérifiées à l’appui, que des actionnaires américains détiennent la majorité du capital de Mediawan (groupe cofondé par Matthieu Pigasse, Pierre-Antoine Capton et Xavier Niel), premier bénéficiaire des contrats de France Télévisions.

Toujours selon lui : 

- Le fonds américain KKR détient 52,7 % du capital (actionnaire majoritaire).

- Avec Providence Equity (autre fonds américain) et North Road (société américaine), les capitaux américains représenteraient près de 70 % du capital. lejdd.fr 

Il souligne que, pendant les auditions de la commission, les responsables de Mediawan l’avaient traité d’« affabulateur » sur ce point tout en refusant de communiquer les documents sur la structure capitalistique (invoquant le secret des affaires). Il s’appuie notamment sur une révélation récente de L’Informé pour confirmer ces chiffres. lejdd.fr 

Conséquences qu’il en tire : Mediawan pourrait perdre l’accès à des subventions et contrats publics de plusieurs centaines de millions d’euros liés au soutien à la création et à la production indépendante française, car ces aides sont conditionnées à un caractère français/indépendant. lejdd.fr 

NB: Durant la commission (début 2026), Pierre-Antoine Capton avait assuré sous serment que KKR n’était ni majoritaire, ni contrôlant, que le contrôle restait français (via les fondateurs) et que Mediawan était un groupe français au plan juridique, fiscal et opérationnel. Les chiffres exacts d’actionnariat (capital économique vs droits de vote/contrôle) ont fait débat, avec des distinctions souvent soulevées entre participation financière et gouvernance effective. Le livre d’Alloncle présente la version majoritaire américaine du capital comme une révélation majeure aux implications concrètes.

Pierre-Antoine Capton  s’il reste officiellement basé en France : le siège de Mediawan est à Paris, et il continue d’apparaître dans des événements et déclarations en France (auditions parlementaires début 2026, interviews, événements professionnels en 2026, etc.) devra s’en expliquer. 

Ce qui est vrai et documenté :

- Mediawan a fortement accéléré son expansion aux États-Unis ces dernières années (rachat de Plan B de Brad Pitt en 2022, acquisition de North Road Company début 2026, partenariats hollywoodiens, etc.).

- Capton pilote personnellement cette stratégie américaine et se rend régulièrement aux USA.

- Dans des portraits plus anciens (notamment autour de 2024-2025), il avait évoqué l’idée de s’installer un temps à Los Angeles « pour le travail et le plaisir », mais cela restait une réflexion personnelle, pas un projet annoncé.

À ce jour (octobre 2026), aucun article, communiqué ou déclaration fiable ne confirme un déménagement définitif aux États-Unis…mais bon !

dimanche 4 octobre 2026

Le président de Public Sénat voyage en Corse aux frais du contribuable… pendant qu’il sabre les budgets

Le président de Public Sénat voyage en Corse aux frais du contribuable… pendant qu’il sabre les budgets

Selon Mediapart, Jean-Emmanuel Casalta, président-directeur général de Public Sénat a trouvé depuis janvier 2025, la formule magique du service public : faire payer ses allers-retours vers sa résidence principale d’Ajaccio par la chaîne parlementaire, tout en imposant une cure d’austérité aux journalistes et pigistes. Bravo l’artiste.

Selon les révélations du titre de presse, l’homme a glissé dans ses notes de frais professionnels près de 11 827 euros de trajets Paris-Ajaccio et de dépenses liées à la Corse depuis sa prise de fonctions. Des billets d’avion vers chez lui, une location de voiture à Calvi, une nuit dans un hôtel 5 étoiles corses à 321 euros… Le tout alors que le Sénat, unique actionnaire, avait explicitement refusé de prendre en charge ces déplacements lors de la négociation de son contrat. Détail qui n’a visiblement pas freiné l’intéressé.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? On trouve aussi cinq nuits dans un palace de La Rochelle pendant les Francofolies (2 300 euros), deux nuits au Lausanne Palace (844 euros) – ville où étudiait sa fille – et une location Sixt à Aix-en-Provence à 1 080 euros pour trois jours, dont personne ne retrouve la trace à un tel tarif. Des dépenses « professionnelles », jure-t-il. On imagine déjà les réunions stratégiques décisives pour l’avenir de la démocratie parlementaire tenues en pyjama dans un suite 5 étoiles. (rmc.bfmtv.com) 

Pendant ce temps, le même Casalta taille dans les émissions, supprime la matinale du vendredi et réduit drastiquement le recours aux pigistes. Au nom des économies, évidemment. Les journalistes se serrent la ceinture pendant que le patron se fait rembourser ses week-ends familiaux et ses escapades de luxe. L’argent public, c’est sacré… sauf quand ça sert à rentrer à la maison ou à aller voir sa fille.

Le Sénat a finalement demandé un audit. On attend avec impatience de voir si la « dépense à titre professionnel » justifie aussi bien les vols vers Ajaccio que les nuits de palace. En attendant, le spectacle est parfait : un dirigeant d’audiovisuel public qui prêche la rigueur tout en se servant dans la caisse comme dans un self-service. Public Sénat, chaîne de la transparence parlementaire ? Plutôt vitrine du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

On croirait l’ex-Orange et sa suite au Majestic de Cannes qui ose encore raconter, elle, que les Français n’auraient rien payé !

Si c’est ça, le nouveau management de la chaîne, on comprend mieux pourquoi les économies se font toujours sur le même dos !




samedi 3 octobre 2026

« Sauvons nos forêts »… ou comment arros­er le désert avec des larmes de crocodile…

« Sauvons nos forêts »… ou comment arros­er le désert avec des larmes de crocodile…

Il y a quelques jours, Léa Salamé et Hugo Clément nous ont encore offert depuis 2022 (*) , leur grand-messe télévisée. Deux heures et demie de spectacle écolo-charitable sur France 2. Des images de flammes, des pompiers héroïques, des animaux en détresse, des experts bien peignés et, toutes les quinze minutes, le même refrain : « Vous pouvez agir ! Donnez ! ». 

Résultat annoncé : 700 000 euros pour France Nature Environnement. Bravo. On applaudit. On se sent bien. On a « fait quelque chose ».

Sauf que non…

Ce n’est pas une émission d’écologie. C’est une opération de communication soigneusement calibrée. Un show de bonne conscience pour téléspectateurs fatigués qui veulent racheter leur impuissance à prix réduit (défiscalisé, s’il vous plaît). On vous montre les forêts qui brûlent, on vous explique que c’est grave, très grave, puis on vous tend la sébile. Comme si le problème principal était le manque d’argent dans les caisses d’une association, et non le modèle économique qui continue de transformer les forêts en bois de chauffage pour la croissance.

Hugo Clément, producteur de sa propre émission via Winter Productions, sait parfaitement ce qu’il fait. Il a trouvé le ton : ni trop politique, ni trop radical. Juste assez d’émotion pour faire couler les dons, pas assez d’analyse pour déranger les annonceurs et quels annonceurs ! Lors de la précédente édition (*), on avait déjà vu défiler Leroy Merlin, Carrefour, Intermarché et même Dior. Cette fois encore, la « pub solidaire » a fait son apparition. Les mêmes groupes qui bétonnent, qui déforestent, qui vendent du jetable et du superflu, viennent laver leur image en reversant quelques miettes. On appelle ça du greenwashing. À la télévision publique, on appelle ça « engagement ».

Léa Salamé, elle, joue parfaitement son rôle de grande prêtresse de l’émotion. Elle s’adresse même aux enfants pour qu’ils poussent leurs parents à sortir la carte bleue. Touchant. On transforme la colère légitime face à l’effondrement en geste de consommation éthique. On individualise la responsabilité pendant que les vrais leviers – fiscalité, réglementation, interdiction des pesticides, sortie des énergies fossiles, remise en cause de l’agro-industrie – restent soigneusement hors-champ.

700 000 euros. C’est beaucoup pour une association, la FNE. C’est dérisoire face aux milliards d’euros de profits des industries qui brûlent la planète. C’est une goutte d’eau dans un océan de cynisme. Et c’est surtout une façon  de dire aux citoyens : « Vous avez donné ? Parfait. Vous avez fait votre part. Maintenant, continuez à consommer. »

On a le droit d’aimer les arbres. On a même le devoir de les défendre mais a-t-on le droit de transformer l’urgence écologique en émission de téléshopping solidaire, où le don remplace le combat, où l’émotion remplace la politique, et où les stars du service public se drapent dans la vertu pendant que le système continue de tourner à plein régime ? 

Aux arbres, citoyens ? Très bien.

Mais aux racines du problème, aussi et là, on attend toujours que Léa et Hugo osent vraiment y aller.

(*) En novembre 2022, Hugo Clément a co-présenté avec Léa Salamé l’émission spéciale de France 2 « Aux arbres citoyens ! », en partenariat avec FNE (et France Inter). L’émission, centrée sur les forêts, a permis de collecter environ 1,8 à 2 millions d’euros de dons destinés à des projets de protection/restauration forestière sélectionnés et suivis avec FNE. 



vendredi 2 octobre 2026

Canal+ visé par une enquête antitrust liée au cinéma (proche dossier)

Canal+ visé par une enquête antitrust liée au cinéma (proche dossier)

Voici ce que souligne une dépêche de l’AFP du 30 sept 2026:

« Le groupe Canal+ est visé par une enquête de l'Autorité de la concurrence pour des soupçons d'abus de position dominante liés à l'acquisition et à la diffusion de films, a appris l'AFP mercredi de source proche du dossier.

Deux ans après s'être autosaisie du dossier, l'Autorité de la concurrence avait indiqué mardi dans un communiqué avoir "notifié des griefs" à une entreprise audiovisuelle, ouvrant le début d'une phase de contradictoire, mais sans préciser son identité.

Selon les informations confirmées à l'AFP de source proche du dossier, la procédure vise le groupe Canal+, premier financeur du cinéma.

Contactés par l'AFP, l'Autorité de la concurrence et le groupe audiovisuel se sont refusés à tout commentaire. Dans son communiqué, le gendarme antitrust évoquait, à l'appui de la procédure, la possible "imposition de conditions de transaction inéquitables" et assurait que l'instruction devra déterminer, après échanges "d'observations écrites et une séance orale", si les griefs "sont ou non fondés".

Selon les Echos, les griefs de l'Autorité de la concurrence sont liés à deux dispositions de l'accord signé en 2021 entre les organisations professionnelles et Canal+ aux termes duquel le groupe s'engageait à investir 600 millions d'euros dans le cinéma français et européen au cours des trois années suivantes.

D'après le quotidien économique, ces dispositions limitaient notamment à 10 le nombre de films disponibles sur les plateformes gratuites concurrentes et donnaient le droit à Canal+ de revoir ses investissements si un concurrent se rapprochait de sa fenêtre de diffusion. Cet accord a été remplacé depuis.

En vertu de l'accord sur la chronologie des médias, Canal+ peut diffuser un film six mois après sa sortie, loin devant les plateformes américaines (neuf mois pour Disney+, 17 pour Netflix) ou les autres chaînes de télévision (22 mois pour France TV).

Fin juillet, Canal+, dans l'orbite du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a réaffirmé son rang de premier financeur du cinéma français en s'engageant à investir près d'un milliard d'euros sur les cinq prochaines années.



jeudi 1 octobre 2026

Priscille Ducomet directrice financière de France Télés virée pour faute...c'est grave ?!

Priscille Ducomet directrice financière de France Télés virée pour faute...c'est grave ?!

Selon nos informations, Livia Saurin secrétaire générale adjointe et directrice des relations institutionnelles de France Télévisions, auditionnée par la commission d’enquête, au côté d’Ernotte et de Tardieu, serait démissionnaire.

Il ne s’agirait là que de premiers mouvements de personnels dégagés, dus à des conclusions d’un cabinet d’avocat, le Cabinet Feugère Moizan mandaté semble-t-il par Ernotte pour identifier les « fuites de documentations lors de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ».




 

CMA Media ou l’art de transformer un échec en « virage stratégique ».

CMA Media ou l’art de transformer un échec en « virage stratégique ».

Après avoir mis en vente ses neuf chaînes BFM locales faute de modèle économique viable, après avoir constaté que la pub locale s’était évaporée chez Meta et Google et que les collectivités ne mettaient plus un sou, après avoir repoussé toutes les offres partielles parce qu’il fallait absolument tout vendre d’un bloc… voilà que le groupe de Rodolphe Saadé découvre subitement qu’il peut « porter lui-même la transformation ».

Traduction : personne de sérieux n’a voulu de ce fardeau, les deux offres globales n’étaient pas assez « solides et sécurisées » (comprenez : pas assez généreuses ou trop risquées pour le vendeur), le compte à rebours du 31 décembre approchait, et plutôt que d’admettre un fiasco, on recycle la défaite en vision d’avenir.

On va donc « recentrer » sept chaînes sur l’économie et les entreprises locales en s’appuyant sur BFM Business et La Tribune. Comme si coller une étiquette « business » allait soudain faire revenir les annonceurs qui ont fui. Pendant ce temps, on ferme proprement BFM Dici et BFM Normandie, six mois après avoir déjà liquidé BFM Paris. Centaine de salariés concernés, mesures d’accompagnement promises… le classique.

Claire Léost avait elle-même diagnostiqué le mal en juin : pas de modèle économique malgré les investissements. Aujourd’hui, le même constat devient le point de départ d’une « profonde évolution ». Magie de la communication corporate.

En résumé : on a tenté de se débarrasser d’un réseau déficitaire, personne n’en a voulu dans les conditions espérées, alors on le garde en le maquillant et on sacrifie les maillons les plus faibles. Bravo pour le courage managérial. Les téléspectateurs locaux, eux, savent désormais à quel point leur information de proximité tenait à un fil… jusqu’à ce que le fil soit coupé.


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mercredi 30 septembre 2026

Pauvre loi Léotard, 40 ans et toujours aussi moderne… que le minitel.

Pauvre loi Léotard, 40 ans et toujours aussi moderne… que le minitel.

En 1986, on inventait un cadre pour réguler des fréquences télé.

En 2026, on l’applique encore à un monde où YouTube, Netflix et TikTok se partagent l’attention pendant que le privé TF1, M6 entre autres et la télé publique s’étranglent sous les quotas, les interdits pub et les obligations de production (attention, en ce qui concerne France Télévisions, les règles sont beaucoup plus contraignantes).

Résultat : les chaînes financent la création française, les plateformes la monétisent.

Les premières ont un régulateur, les secondes ont un algorithme.

Les premières ont des fréquences gratuites en échange de contraintes.

Les secondes ont le monde entier… sans presque aucune.

On appelle ça « exception culturelle ». 

On devrait plutôt appeler ça « handicap concurrentiel organisé ».

Alain Weill a résumé la chose avec délicatesse : « trop encadré, grand besoin d’être libéralisé ».

Traduction non diplomatique : on est en train de faire mourir le patient avec les médicaments de 1986.

Alors oui, une refonte est urgente. Sauf qu’en France, « urgent » signifie généralement « on en reparle au quinquennat suivant ».

Joyeux anniversaire, loi Léotard. Tu as tenu 40 ans. C’est déjà trop.




mardi 29 septembre 2026

France Télévisions : le service public télé qui joue au capitaliste de casino.

France Télévisions : le service public télé qui joue au capitaliste de casino.

Sous le costume du « défenseur de la création française », France Télévisions vient d’offrir le spectacle le plus pathétique de l’année : une entreprise publique qui se comporte exactement comme un fonds de pension anglo-saxon en train de maximiser la marge.

La direction annonce des restrictions budgétaires, supprime les fictions de Marseille et de Lyon… puis, dans la foulée, confie un épisode entier de Meurtres à… à un producteur privé (Ripley Films), tourné à 20 minutes de Lyon, sans un seul salarié de La Fabrique.

Traduction : on liquide les équipes internes, on les envoie boucher les trous ailleurs, on les culpabilise d’être « trop chers » et on externalise allègrement ce qui reste de travail. Exactement comme dans le privé. Sauf que vous, vous êtes financés par la TVA et par l’impôt.

Vous parlez d’économies ?

Combien coûtent réellement les déplacements, les hôtels, les indemnités, les frais de structure privés, le pilotage à distance, le manque à gagner en post-production interne et le non-comblement des postes vacants ?

Vous ne le dites pas. Parce que le seul chiffre qui vous intéresse, c’est celui qui permet de dire aux salariés : « Vous êtes trop chers. »

Le coût humain, lui, n’apparaît dans aucun tableau Excel. La souffrance, l’humiliation, la destruction d’un collectif de travail soudé et d’un savoir-faire acquis depuis des années : ça, c’est gratuit. Pour vous.

Vous avez le culot de dénoncer dans la presse le risque de voir la création française dépendre des grands acteurs privés… pendant que vous organisez vous-même le démantèlement de la production interne.

« Meurtres à Vienne » n’est pas un accident. C’est la suite logique de ce qui s’est passé à Bordeaux, aux équipes légères, à la vidéo mobile. C’est le même scénario : on réduit l’activité, on externalise, on casse la capacité de production, puis on pleure que « on n’a plus les moyens ».

Une entreprise publique qui agit comme une entreprise privée, c’est ça :

– on externalise le travail productif,

– on garde la communication et les discours vertueux,

– on fait payer l’addition aux salariés et au contribuable.

Qui va faire comprendre à Ernotte, qu’il ne suffit pas de coller l’étiquette « service public » sur la façade.

Quand on se comporte comme un actionnaire qui cherche à minimiser le coût du travail et à maximiser la flexibilité externe, on n’est plus un service public. On dest juste une multinationale d’État qui a oublié pourquoi elle existe.

Les salariés de la fiction ont signé pour travailler dans leur région, avec leurs outils et leur collectif.

Vous, vous avez signé pour défendre la création française.

Il semblerait que seul le premier engagement ait une valeur ! 

Patrier-Leitus ou l’art macronien de saboter l’enquête…qui plombe Édouard Philippe

Patrier-Leitus ou l’art macronien de saboter l’enquête…qui plombe Édouard Philippe 

Voilà l’homme. Jérémie Patrier-Leitus, ex-président de commission sur l’audiovisuel publique, incarnation chimiquement pure du macronisme : celui qui veut plaire à la gauche sans déplaire à la droite, et qui finit par ne servir personne… sauf le système qu’il prétend contrôler.

Pendant que Charles Alloncle, rapporteur, tente d’enquêter sur l’audiovisuel public, son président multiplie les entraves : plus d’un mois de suspension des auditions, équipes bridées, dix jours seulement pour pondre 300 pages. Une commission d’enquête transformée en chambre d’étouffoir. « Jérémie, qu’est-ce que tu fais là ? » a fini par lâcher Alloncle. La question résonne encore. Que faisait-il, en effet, sinon protéger ce « petit monde » de connivences où chacun tient l’autre, où Mediawan et les réseaux se sentent à l’abri ?

Le rapport a été voté, certes. Les photographies officielles sont propres mais derrière le vernis, le doute reste : on n’a pas surveillé l’audiovisuel public. On a surveillé ceux qui osaient le regarder de trop près.

Patrier-Leitus n’est pas un arbitre. C’est le gardien soft du système. Celui qui préfère le compromis permanent à la vérité gênante. Celui qui, à force de ménager tout le monde, finit par ne plus être lisible pour personne… sauf pour ceux qu’il fallait précisément déranger.

La commission a sauvé les apparences. Le macronisme, lui, a encore une fois protégé les siens.

JPL « C’est une sorte d’incarnation chimiquement pure du macronisme : à force de vouloir plaire à la gauche et ne pas être détesté par la droite, on finit par adopter des comportements contradictoires, au point que l’exercice du mandat parlementaire perd toute lisibilité. Je suis peut-être arrivé trop naïf dans cette commission d’enquête, avec le regard de l’entrepreneur que j’étais, encore étranger aux entraves et aux manipulations politiques dont il a fait usage » lance l’ex rapporteur dans son livre.

« Suspendre pendant plus d’un mois les auditions d’une commission d’enquête, qui ne dure que six mois au maximum, sur un sujet public aussi vaste, c’est une entrave. 

Interdire aux équipes des députés de communiquer pendant les auditions, alors que l’Assemblée fonctionne ainsi depuis toujours, c’en est une autre.

Enfin, ne laisser que dix jours au rapporteur pour rédiger un rapport de 300 pages, quand les autres commissions d’enquête lui accordent généralement entre un mois et demi et deux mois, c’est encore une entrave. » ajoute-t-il.




lundi 28 septembre 2026

Yannick Jadot suspendu des Écologistes : la sanction pour son soutien à Raphaël Glucksmann…

Yannick Jadot suspendu des Écologistes : la sanction pour son soutien à Raphaël Glucksmann…

Fin septembre 2026, la direction des Écologistes menée par Marine Tondelier, a suspendu pour trois mois le sénateur Yannick Jadot de son statut d’adhérent. Motif : son soutien officiel à Raphaël Glucksmann (Place publique) pour la présidentielle de 2027.

L’ex-candidat écologiste à l’Élysée (2022) s’était progressivement éloigné de la stratégie de sa secrétaire nationale. Alors que Marine Tondelier plaidait pour une primaire large à gauche (voire des discussions avec LFI), Jadot refusait toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon. Dès juin, il s’affichait au meeting de Glucksmann à Aubervilliers. Fin août, il officialisait son ralliement, estimant le leader de Place publique « le mieux placé » pour conjuguer écologie, justice sociale, démocratie et Europe, et prenait en charge la préparation d’un « état d’urgence écologique » dans son programme.

Entre-temps, le conseil fédéral des Verts avait adopté une motion permettant d’exclure tout adhérent soutenant un candidat extérieur. La participation annoncée de Jadot à un débat public en tant que soutien de Glucksmann a servi de déclencheur. Dans un courrier du 25 septembre, le secrétariat exécutif lui a notifié une suspension « à titre conservatoire » et lui a interdit de s’exprimer au nom du parti.

Jadot a dénoncé une « impasse » stratégique et affirmé rester écologiste, rappelant ses scores historiques. La décision illustre les fractures profondes au sein du mouvement sur l’union de la gauche à l’approche de 2027.