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samedi 15 août 2026

Les journalistes de TV5 Monde résistent à l’influence marocaine »…

Les journalistes de TV5 Monde résistent à l’influence marocaine » (mai-juin 2026).

L’enquête de Blast décrit les tensions internes à TV5 Monde liées à l’entrée en négociation du Maroc comme bailleur de fonds et futur actionnaire de la chaîne francophone. Le royaume s’apprêterait à apporter environ 8 millions d’euros et à prendre une participation comparable à celle de la RTBF belge ou de la RTS suisse (autour de 9,5 % du capital), avec une place au conseil d’administration envisagée pour fin 2026. La France resterait majoritaire (environ 63 %).

Contexte politique et diplomatique

Ce rapprochement s’inscrit dans la réconciliation franco-marocaine scellée lors de la visite d’État d’Emmanuel Macron fin octobre 2024, au cours de laquelle la France a reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Kim Younes, directrice générale de TV5 Monde depuis octobre 2024, a accompagné la délégation et a multiplié les contacts avec les autorités marocaines et l’ambassadrice à Paris. Les discussions progressent plus rapidement avec le Maroc (et la Côte d’Ivoire) qu’avec d’autres pays africains francophones initialement envisagés.

Un projet similaire d’élargissement de la gouvernance à plusieurs États d’Afrique subsaharienne, porté par l’ancien directeur Yves Bigot, avait été abandonné face aux craintes liées à la liberté de la presse dans certains de ces pays et à un soutien politique insuffisant.

Signes d’inquiétude dans la rédaction

Plusieurs journalistes de TV5 Monde expriment leur fébrilité. Ils redoutent un glissement de la ligne éditoriale, notamment sur le Sahara occidental, les droits humains et les relations avec l’Algérie. Des reportages sont cités comme illustrant une tonalité particulièrement favorable :

•  Un sujet de mai 2026 sur le port en eau profonde de Dakhla (Sahara occidental administré par le Maroc), qualifié en interne de « limite du publi-reportage ».

•  Une couverture économique récurrente (usine Safran, GITEX Africa, classement de première puissance industrielle africaine selon un rapport de la BAD, etc.).

•  Un magazine Destination francophonie spécial Maroc qui évoque l’Alliance française de Laâyoune en lien avec la reconnaissance française de 2024, sans mentionner le statut de territoire non autonome selon l’ONU.

La direction (Kim Younes et le directeur de l’information Philippe Antoine) affirme que les sujets sont choisis en toute indépendance, que le traitement reste équilibré et que tout futur actionnaire s’engage à respecter la charte éditoriale de TV5 Monde et la charte d’indépendance des journalistes.

L’épisode Thierry Oberlé

L’auteur d’un livre-enquête critique sur Mohamed VI a vu son intervention prévue en direct (environ 10 minutes) transformée en entretien préenregistré et réduit à environ 4 minutes, avec un contradicteur (Frédéric Encel) et des questions jugées « gentilles » par l’intéressé. Des sources internes y voient une opération de « déminage » destinée à ne pas compromettre les négociations. La direction conteste toute pression et présente le format comme une volonté de contradiction.

Autres éléments relevés

•  Recrutements et choix de programmes (dont Les nouveaux boss, qui valorise des entrepreneurs africains, et La grande galerie présentée par Ali Baddou) orientés vers une vision « positive » de l’Afrique et du Maroc.

•  Rôle de certains cadres (notamment Nabil Bouhajra, directeur Maghreb-Orient) dans les relations avec Rabat, et demandes internes de prudence sur les sujets sensibles.

•  Craintes que la chaîne soit perçue à Alger comme alignée sur Rabat.

La rédaction a échangé avec la direction en juin 2026 sur ces sujets. La société des journalistes, affaiblie, n’est plus très active. La direction se dit attachée au dialogue et à l’indépendance éditoriale.

En synthèse

L’article de Blast dresse le portrait d’une rédaction qui se sent prise entre l’indépendance affichée de la chaîne et les enjeux diplomatiques, financiers et d’influence liés à l’arrivée d’un actionnaire marocain. Il documente à la fois les inquiétudes internes, des exemples concrets de couverture jugée indulgente, et les dénégations de la direction. Le Maroc y est présenté comme cherchant une vitrine internationale à un coût relativement modeste, dans un contexte de rivalité régionale avec l’Algérie et de soft power.

vendredi 14 août 2026

France Télévisions est accusée d’avoir trop minimalement couvert le Tour de France féminin qui vient de se terminer.

France Télévisions est accusée d’avoir trop minimalement couvert le Tour de France féminin qui vient de se terminer.

Malgré des audiences très solides (3,5 millions de téléspectateurs et 35,8 % de part de marché pour l’arrivée à Nice le 9 août), seulement 3 des 9 étapes ont été diffusées en intégralité.

Le reste n’a donc pas bénéficié d’une couverture complète.

Le texte conclut de façon acerbe : quand l’audiovisuel public réduit son offre sportive pour faire des économies, c’est encore et toujours les femmes qui trinquent (« sur le dossard des femmes »).

En résumé, c’est une critique de la sous-exposition médiatique du cyclisme féminin par le service public, alors même que le public est au rendez-vous.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

jeudi 13 août 2026

Saint-Denis « la ville des rois et du peuple vivant ».

Saint-Denis « la ville des rois et du peuple vivant ».

En mars 2026 (ou peu avant la publication de l’article), Bally Bagayoko, fraîchement élu maire LFI de Saint-Denis, a été interviewé sur LCI par Darius Rochebin. Lors de cette interview, il a parlé de Saint-Denis comme « la ville des rois et du peuple vivant ».

Plusieurs téléspectateurs ont mal entendu et ont cru qu’il avait dit « la ville des Noirs ». Cette interprétation erronée a circulé.

L’interview sur RMC

Le 17 mars, Apolline de Malherbe a reçu Bally Bagayoko dans la matinale de RMC / RMC Story. Elle lui a posé une question en se basant sur cette version déformée : « Alors qu’un de mes confrères vous interrogeait sur la ville des rois, vous disiez que c’est aussi la ville des Noirs, est-ce que ça, ça compte pour vous ? »

Bagayoko a immédiatement rectifié en direct :

« Ce n’est pas la ville des Noirs, c’est la ville des Rois et du peuple vivant… »

Apolline de Malherbe a ensuite confirmé sur les réseaux sociaux que les mots exacts de Bagayoko étaient bien « ville des rois et du peuple vivant ».

La plainte et la décision de l’Arcom

Des plaintes ont été déposées auprès de l’Arcom (l’autorité de régulation de l’audiovisuel) au sujet de cette séquence sur RMC.

L’Arcom a examiné l’affaire et a donné raison à RMC. Voici son raisonnement principal :

•  Le principal intéressé (Bally Bagayoko) a été invité à s’exprimer sur la phrase qui lui était attribuée.

•  Il a pu la démentir clairement en direct pendant la séquence.

•  Par conséquent, l’Arcom a estimé qu’il n’y avait pas lieu d’intervenir auprès de la chaîne.

Le rappel de l’Arcom

L’Arcom a tout de même profité de l’occasion pour rappeler à tous les médias une règle de prudence :

Ils doivent veiller à ce que le traitement éditorial des interventions de personnalités publiques ne conduise pas, directement ou indirectement, à véhiculer des représentations qui pourraient porter atteinte à leur dignité ou alimenter des stéréotypes racistes ou discriminatoires.

En résumé

L’article raconte qu’Apolline de Malherbe a posé une question basée sur une interprétation erronée des propos de Bagayoko, que celui-ci a pu corriger en direct, et que l’Arcom a jugé que cela suffisait pour ne pas sanctionner RMC. Elle a cependant rappelé aux chaînes d’être vigilantes pour ne pas contribuer à des stéréotypes.

C’est donc une décision de non-intervention de l’Arcom en faveur de RMC, avec un avertissement général sur le traitement médiatique.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​




mercredi 12 août 2026

Patrick Balkany : bateau ivre de la République !

Patrick Balkany : bateau ivre de la République !

Patrick Balkany, 77 ans, ancien maire de Levallois-Perret et figure de la vie politique francilienne, a fait une apparition remarquée à Saint-Florent (dans le Nebbio / Conca d’Oru) le mardi 28 juillet. Il est arrivé dans le port de plaisance à bord d’un yacht d’environ 30 mètres.

Ce qui a attiré l’attention

Sa silhouette et surtout son ensemble rose ont immédiatement attiré les regards des passants sur les quais. Reconnu par plusieurs badauds, l’ancien député a accepté de poser pour des photos avec certains d’entre eux.

Contexte judiciaire rappelé dans l’article

L’article rappelle que sa carrière politique (près de 40 ans) a basculé avec ses condamnations de 2019 pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale. Il continue d’être confronté à des procédures.

En mai 2026, il a de nouveau été reconnu coupable:

- d’avoir utilisé les fonds d’une association subventionnée pour assurer un complément de revenus à un proche ;

- d’avoir affecté des policiers municipaux à des tâches personnelles.

En mai dernier, il a également été condamné en première instance à de la prison ferme dans deux dossiers pour détournements de fonds publics et prise illégale d’intérêts.

Ton de l’article

Malgré ces déboires, Corse Matin souligne sa « résilience » et le fait qu’il n’a jamais perdu le goût des apparitions publiques. Son arrivée a nourri les conversations sur le port : il continue d’intriguer autant qu’il divise.


mardi 11 août 2026

Les milliardaires du PAF mangent à tous les râteliers; le reste n’est que fumée.

Les milliardaires du PAF mangent à tous les râteliers; le reste n’est que fumée.

Voilà ce que révèle, une fois de plus, le petit monde médiatique français. Un article de Marianne passe, on le transfère, on le commente en rafale, et soudain tout le monde redécouvre ce que l’on savait déjà : les grands propriétaires de médias ne combattent rien d’autre que la menace réelle sur leurs privilèges.

Ils se drapent dans le grand combat contre « l’extrême droite ». Ils montent au créneau, ils mobilisent leurs antennes, leurs titres, leurs festivals, leurs networks. Ils crient à la démocratie en danger mais regardez de plus près : un seul parti compte vraiment pour eux. L’AP. L’Argent Public. Celui qui coule, année après année, vers les structures qu’ils contrôlent ou influencent, celui que l’on protégé soigneusement depuis des lustres.

Le combat de Pigasse contre l’extrême droite ? Une fumisterie de luxe. Un écran de fumée soigneusement entretenu pour garantir la continuité des affaires. Pendant que l’on s’indigne à bon compte, que l’on pointe du doigt les « populistes », on mange tranquillement à tous les râteliers politiques. Gauche, centre, droite modérée, peu importe : tant que le robinet de l’argent public reste ouvert et que le système de connivences tient, tout va bien.

Ces milliardaires du paysage audiovisuel français ne sont pas des idéologues. Ce sont des opportunistes de haute voltige. Ils savent flatter la gauche radicale quand il faut se refaire une virginité « progressiste », caresser le pouvoir en place quand les subventions ou les fréquences sont en jeu, et dénoncer le reste du monde avec une indignation sélective. Leur vrai programme tient en trois mots : préserver, protéger, profiter.

Pendant ce temps, le public regarde le spectacle. On lui sert le grand récit du « rempart républicain », on lui explique que sans ces courageux milliardaires de médias, la démocratie s’effondrerait. Pourtant derrière le rideau, c’est toujours le même théâtre d’ombres : les mêmes réseaux, les mêmes intérêts, les mêmes râteliers bien fournis.

Le pamphlet écrit tout seul. Il suffit d’ouvrir les yeux sur ce que l’on transfère déjà en masse. Les milliardaires du PAF ne combattent pas l’extrême droite. Ils combattent tout ce qui pourrait remettre en cause le confortable arrangement dans lequel ils évoluent depuis des années. Le reste n’est que communication, posture, et fumée.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

lundi 10 août 2026

Si France Télévisions était un particulier, elle serait déjà convoquée devant la commission de surendettement: dossier rouge...

Si France Télévisions était un particulier, elle serait déjà convoquée devant la commission de surendettement : dossier rouge...huissiers en approche, cartes et comptes bancaires gelées et plan de redressement forcé. 

En réalité France Télévisions, c’est environ 69 millions de particuliers donc le groupe public devrait être en redressement judiciaire depuis longtemps pour avoir tapé sans vergogne dans les poches des Français avec Ernotte en grande dépensière.



Etat des lieux catastrophiques et endettement maximum. 

Capitaux propres fondus de 294 à 179 millions d’euros (estimés autour de 100 millions d’euros seulement à la fin de cette année), inférieurs depuis des années à la moitié du capital social. Trésorerie qui a plongé de plus de 100 millions en une seule année. Déficits nets cumulés de 81 millions entre 2017 et 2024 — et il s’agit bien des comptes consolidés du groupe France Télévisions, pas de France Télévisions SA : la société anonyme, elle, affichait déjà un déficit cumulé de 256 millions d’euros sur la même période, et la dégradation se poursuit avec quasiment 300 millions fin 2026). Budget 2025 encore dans le rouge et en numéro  bien huilé,  des emprunts successifs auprès de l’Agence France Trésor : 70 millions contractés en 2020 (remboursés fin 2024), puis une nouvelle avance de 50 millions octroyée en mai 2025, à rembourser mi-avril 2027. Sans parler des prêts immobiliers tirés auprès de la Banque des Territoires et via des filiales. Residualité estimée aujourd’hui : au moins ces 50 millions encore dus à l’AFT, plus les tirages en cours sur les prêts longs.

Le gros hic c’est que France Télévisions, redisons le c’est près de 70 millions de particuliers. C’est vous. C’est nous. C’est plus que le contribuable français, dernier recensement depuis que l’État a décidé de financer l’audiovisuel public avec une fraction de la TVA.

Chaque année quoi qu’en dise, France Télévisions reçoit plus de 2,5 milliards d’euros d’argent public. Elle a le quasi-monopole de mission de service public. On lui permet de s’endetter auprès de l’État lui-même quand la trésorerie s’évapore, les capitaux propres fonde comme neige au soleil, le cadre social reste figé, la masse salariale avec toutes les nominations qu’elle a effectuées a pris quelques 20% depuis son parachutages en 2015 et que les organes de contrôle de l’État ne font qu’alerter depuis des mois à la situation « critique », « non soutenable », menaçant même la dissolution avant fin 2026 si l’État actionnaire ne bouge pas.

Quelle exemplarité. Quelle honte, oui ! Celle qu’Emmanuel Macron qualifiait de « honte de la République dès 2017…

Un particulier dans cet état se ferait coller un plan de remboursement strict, une interdiction d’emprunter et un suivi judiciaire. France Télévisions, elle, continue. Avec notre argent. Avec notre signature. Avec notre silence.

70 millions de cautions solidaires pour une entreprise publique qui consomme, emprunte, dévisse et recommence…Bravo au binôme de circonstance !

Les chiffres 

Dans le rapport de la Cour des comptes (observations définitives sur France Télévisions, exercices 2017-2024, délibéré le 10 juillet 2025 et publié en septembre 2025), le principal prêt/emprunt explicitement détaillé est une avance/emprunt de trésorerie auprès de l’Agence France Trésor (AFT). ccomptes.fr

1) Détails de l’emprunt AFT mentionné par la Cour des comptes

•  Montant : environ 70 M€ contractés en 2020 (parfois décrit comme un emprunt de 70 M€ ; capital restant dû de 50 M€ au 31/12/2021).

•  Auprès de qui : Agence France Trésor (organisme public gérant la dette de l’État).

•  Durée / échéance : avance à long terme portant intérêt à taux fixe, remboursable au plus tard le 31 décembre 2024. Elle a donc couru sur environ 4 ans (2020-2024).

•  Contexte : contracté en 2020 pour sécuriser la liquidité, notamment pour financer une partie (environ un tiers) du coût de la rupture conventionnelle collective (RCC) / plan de recomposition des effectifs, dans un contexte de crise sanitaire et d’investissements.

•  Effet : il a créé un « effet de trompe-l’œil » en masquant la dégradation réelle de la trésorerie jusqu’en 2022. La forte baisse de trésorerie en 2024 (environ -109 M€) incluait le remboursement d’environ 50 M€ de cet emprunt. ccomptes.fr 

La Cour note que France Télévisions, classée comme ODAC (organisme divers d’administration centrale), ne peut plus emprunter à plus de 12 mois auprès de banques privées, mais peut le faire auprès d’organismes publics (AFT, Caisse des dépôts et consignations / Banque des Territoires). assemblee-nationale.fr 

Le rapport de la Cour évoque aussi plus largement des dettes financières au bilan (environ 165 M€ fin 2024 pour la SA France Télévisions) et le recours à des lignes de crédit bancaires pour gérer les variations de trésorerie intra-annuelles, mais sans détailler d’autres prêts de long terme spécifiques sur la période 2017-2024 au-delà de celui de l’AFT. ccomptes.fr 

Éléments complémentaires (postérieurs ou connexes, hors strictement le rapport 2017-2024 de la Cour)

Des documents plus récents (dont le rapport annuel 2025 de France Télévisions) mentionnent :

•  Une nouvelle avance à long terme de 50 M€ de l’État via l’AFT, octroyée en mai 2025, à taux fixe, échéance mi-avril 2027 (environ 2 ans).

•  Un prêt immobilier de 10,8 M€ de la Banque des Territoires (CDC), à taux variable, durée 15 ans (tiré à 1,1 M€ fin 2025).

•  Un prêt immobilier de 15,5 M€ (filiale V Studio Immo / France.tv Studio) pour des studios à Vendargues (projet France 2030), à taux variable, durée 17 ans (tiré à 6,8 M€ fin 2025). static.francetelevisions.fr 

Ces derniers n’apparaissent pas dans le rapport de la Cour portant sur 2017-2024.

2) Rapport de l’Inspection générale des il finances (IGF)

Le rapport principal de l’IGF concerné est celui de novembre 2024 (« Accompagnement de la transformation de France Télévisions et Radio France »). Il se concentre surtout sur la trajectoire financière, le besoin de financement estimé à 200 M€ (dont une partie non couverte, environ 145 M€ à horizon 2028 selon l’IGF), le plan d’économies/productivité de France Télévisions, le cadre social, les mutualisations et la transformation numérique. Il ne détaille pas de manière exhaustive une liste de prêts spécifiques comparable à celle de la Cour sur l’emprunt AFT 2020. Il alerte cependant sur le risque que l’entreprise n’ait pas les moyens de financer sa transformation et insiste sur la nécessité d’économies structurelles et d’une culture de l’efficience. igf.finances.gouv.fr 

En résumé, le prêt le plus clairement mis en avant dans le rapport de la Cour est l’avance AFT de ~70 M€ (2020-fin 2024). Les deux instances convergent sur l’urgence de redresser durablement les finances (capitaux propres, trésorerie, charges) via des réformes structurelles et un soutien/clarification de l’État actionnaire, plutôt que sur un simple recours supplémentaire à l’endettement.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​.. qui soit dit en passant ne viendra pas vu l’état de délabrement du Pays ! 

dimanche 9 août 2026

France Télévisions et le miracle des 7,6 millions ou comment transformer un zap de 10 secondes en triomphe de la République !

France Télévisions et le miracle des 7,6 millions ou comment transformer un zap de 10 secondes en triomphe de la République !

7,6 millions de Français ont selon la propagande ernottienne de l’été « regardé franceinfo canal 16 chaque jour, du 20 au 26 juillet 2026 ». Meilleure semaine de l’année. Médaille d’or. Trophée. Communiqué triomphal. Photo de la rédaction en open space avec des gens qui tapent sur des claviers. Source : Médiamétrie, seuil de vision… 10 secondes.

Dix secondes. Le temps de zapper parce que la télécommande a glissé, à peine le temps d’aller au petit coin pendant que le JT de BFM tourne encore, le temps de se demander « c’est quoi cette chaîne déjà ? » avant de retourner sur CNews ou LCI. 

On est même en droit de poser la question de savoir si on ne paie pas parmi ces prestations extérieures tous azimuts, une boîte pour cliquer toutes ces 10 secondes afin de baratiner encore et toujours plus les Français.

Le tour de passe-passe habituel du service public : on prend la couverture journalière (le nombre de gens qui ont eu le malheur de croiser la chaîne au moins 10 secondes d’affilée) et on la brandit comme si c’était une audience moyenne. 

Pendant ce temps, la vraie part d’audience de franceinfo tourne autour de 1,0 % (au plus haut, car en général on est plutôt autour de 0,8/0,9 %). Un point pile. Un misérable petit point en dix ans de temps, alors qu’en juin dernier BFMTV fait 2,9 %, CNews 2,8 % et LCI 2,4 %.

Faisons la règle de trois, comme demandé, avec le même cynisme que leurs communiqués.

Si avec 1,0 % de PDA, franceinfo « touche » 7,6 millions de téléspectateurs moyens par jour (seuil 10 secondes), alors :

•  BFMTV à 2,9 % devrait en toucher environ 22 millions.

•  CNews à 2,8 % devrait en avoir 21 millions.

•  LCI à 2,4 % devrait frôler les 18 millions.

Scores de l’espace. Des chiffres qui feraient passer le JT de TF1 pour une émission confidentielle. Des audiences digne d’une finale de Coupe du monde un soir de semaine banale. Sauf que personne, même pas eux, n’ose tenir ce genre de discours avec ces chiffres-là en couverture journalière, parce que ça rendrait le truc trop ridicule. France Télévisions, si. 

Parce que quand on est financé aujourd’hui par une fraction de la TVA (ex CAP la contribution à l’audiovisuel public et ex redevance), on a le droit de se raconter des histoires. On a le droit de transformer un score de nain en record historique. On a le droit de faire croire que les Français se ruent en masse sur la chaîne d’info « de service public » alors qu’en réalité le nombre réel de curieux qui s’y égare passe plus de temps à regarder le bandeau défilant qu’à écouter le présentateur.

C’est exactement la même magie comptable que les discours d’Emmanuel Macron qui répète que « la France va bien ». Quand on compte comme ça, rien d’étonnant à ce que France Télévisions soit au bord du gouffre : on gonfle les chiffres pour faire illusion pendant que les vraies audiences (et les vrais comptes) s’effondrent.présentateur.

Comment imaginer une seule seconde que les citoyens goberaient de tels contes ? Ils choisissent juste le seul indicateur qui permet de ne pas avoir l’air de faire un score de seconde division. C’est de la communication, pas de l’information. C’est du marketing d’État. C’est la version télévisuelle du « on a créé 300 000 emplois » alors qu’on a juste changé la définition.

Le service public de l’info en continu reste ce qu’il a toujours été : une chaîne que beaucoup de gens croisent par accident, que très peu regardent vraiment mais qu’Ernotte et sa toute petite troupe de proximité s’empressent de maquiller en succès populaire avec une tel enfumage.

Ils pensent probablement avoir réussi à faire croire que zapper, c’était regarder. C’est presque aussi fort que de faire croire que leur ligne éditoriale, serait de l’indépendance.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

samedi 8 août 2026

Ingérences : victimes et opportunistes – ou comment la démocratie française joue à la bananocratie en 2026

Ingérences : victimes et opportunistes – ou comment la démocratie française joue à la bananocratie en 2026

À huit mois de la présidentielle 2027, de quoi parlait-on en fin de semaine sur certains plateaux télés plus particulièrement sur France Culture (Les matins d’été), le 7 août 2026 ? D’ingérences extérieures (surtout russes) visant la campagne présidentielle française 

Selon la radio publique et quelques titres de presse, plusieurs candidats déclarés ou pressentis auraient été ciblés par de telles opérations de désinformation….

Raphaël Glucksmann (Place publique) : faux reportage usurpant l’identité du média Blast, accusant sa compagne Léa Salamé d’avoir « soudoyé » des journalistes (dont un faux Edwy Plenel) pour favoriser sa candidature. Attribué au groupe Storm-1516 (lié au GRU russe). Le parquet de Paris a ouvert une enquête. (à lire dans Le Monde soutien indéfectible de l’ex-Orange)

Édouard Philippe (Horizons) : fausses informations sur son état de santé.

Gabriel Attal (Renaissance) : faux contenus (usurpant des logos de médias français, dont BFMTV) l’accusant notamment de signes de la maladie de Parkinson ou d’autres calomnies. Attribué au réseau Matriochka. Il a dénoncé une volonté russe de « voler » l’élection aux Français et a porté plainte. (A lire dans lesoir.be)

Ces opérations restent relativement peu visibles grand public, mais elles sont détectées et caractérisées par Viginum (service de lutte contre les manipulations en ligne) et le SGDSN.

Le jour même, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot déclarait sur X que la France « ne tolérera aucune tentative d’ingérence étrangère dans son débat démocratique, à plus forte raison dans ses processus électoraux », soulignant que ces processus « sont la propriété exclusive et inviolable des citoyens français ».

Il distinguait cependant sur BFM TV les véritables manipulations coordonnées (promotion de messages construits depuis l’étranger pour fausser le débat, faux reportages, usurpation de logos de médias, calomnies sur la santé ou la vie privée de candidats) des simples opinions exprimées par des responsables étrangers.

Les noms de sites et autres experts de la désinformation sonnent sérieux, les services de l’État confirment, les plaintes pleuvent. Tout cela est documenté mais regardons de plus près qui hurle le plus fort, et pourquoi. Il y a ceux pour qui l’étiquette « victime d’ingérence étrangère » est un cadeau politique presque trop beau.

Un candidat centristes ou social-démocrate un peu pâle dans les sondages, un profil « raisonnable » qui peinait à faire parler de lui en plein été : soudain, le voici cible de l’Est. Les médias s’emballent, les plateaux s’ouvrent, la posture de défenseur de la démocratie s’impose toute seule. On dénonce, on porte plainte, on exige des lois plus dures, on pointe du doigt les plateformes. Résultat ? Une exposition médiatique gratuite, une image de victime courageuse face aux agresseurs et un petit boost de notoriété au moment où la campagne commence à peine. Pratique, non ? 

Certains ont tout intérêt à amplifier, à dramatiser, à transformer une opération de désinformation (souvent peu virale) en preuve absolue qu’ « une  puissance étrangère veut voler l’élection ». Ça permet de se poser en rempart, de coller l’adversaire hors de nos frontières et de faire oublier un peu son propre bilan ou son manque de souffle. L’ingérence devient alors un outil de communication comme un autre.

Il y a ensuite ceux qui pourraient l’être vraiment. 

Quand les mêmes réseaux ciblent, de manière répétée et coordonnée, des personnalités clairement hostiles à Moscou, avec des contenus calqués sur des modes opératoires déjà identifiés en Roumanie ou ailleurs, on n’est plus dans le simple hasard. Là, l’opération n’est pas forcément destinée à « booster » le ciblé : elle vise à salir, à semer le doute, à polariser, à préparer le terrain pour pouvoir imaginer contester le résultat le jour J. Et c’est là que le danger devient concret. Si l’ingérence est massive, prouvée, et qu’elle a réellement faussé le débat ou le scrutin, on ouvre la porte à l’annulation. Comme en Roumanie. 

Sauf que, une fois le précédent établi, qui décide ce qui est « suffisant » pour annuler ? Selon le résultat qui arrange qui ? Une élection serrée, un outsider qui surprend, un camp qui refuse de perdre… et voilà la « bananocratie » : on annule au nom de la pureté démocratique, jusqu’à ce que le « bon » vainqueur sorte des urnes.

Le vrai problème n’est pas seulement l’ingérence extérieure (réelle et méprisable). C’est le cynisme qui s’y greffe.

Certains y voient un booster de candidature. D’autres un levier pour contester le verdict des urnes. Et le citoyen, lui, se retrouve coincé entre des opérations de désinformation étrangères et des politiciens trop heureux de les instrumentaliser.

Quand la démocratie commence à jouer avec l’idée que l’élection peut être « invalidée » selon le résultat et selon qui crie le plus fort à l’ingérence, on n’est plus très loin de la république bananière ! Sauf que les bananes, au moins, on sait d’où elles viennent.