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mardi 9 juin 2026

Le président su SPECT : sauveur de la République en péril !

Le président su SPECT : sauveur de la République en péril !


Pendant que la France s’enfonce dans un marasme budgétaire historique, avec une dette qui flirte avec les abysses, des déficits abyssaux et des services publics qui craquent de partout, Jérôme Caza, président du SPECT et de 2P2L, a une exigence des plus opportunes  ! Il faut sanctuariser le milliard pour les programmes de France Télévisions. Rien de moins. Un objectif « national », rien que ça. On imagine déjà les drapeaux tricolores flottant sur les plateaux de tournage pendant que les hôpitaux manquent de personnel et que les finances publiques ressemblent à un champ de ruines après un bombardement.

Le monsieur est formel : plus de 200 millions ont « disparu » des programmes entre 2020 et 2026. Une « amputation », pas une simple évolution budgétaire. On pleure. On sanglote. Pendant ce temps, la France s’ampute elle-même de sa crédibilité fiscale, mais ça, visiblement, c’est secondaire. Priorité absolue : renflouer la machine ernottienne pour que les 3 ou 4 producteurs de flux (ceux qui nous ont offert tant de pépites) puissent continuer à créer du « lien » et à « faire émerger des talents ».

Parlons-en, des talents. L’an dernier, Jérôme Caza nous a gratifiés de Khôl Lanta des neiges sur France 2. Un gros bide mémorable, une daube polaire qui a dû coûter bonbon et qui a fini par geler l’audience. Mais qu’importe l’échec cuisant : ce qui compte, c’est que l’enveloppe revienne à 1,075 milliard. Parce que quand on rate son coup, la solution évidente est de réclamer encore plus d’argent public. Logique implacable du secteur.

Dans un pays où l’on supprime déjà des magazines et des jeux pour tenter (mollement) de limiter l’hémorragie d’une décennie de gabegie depuis le parachutage de l’ex-Orange que les plus indulgents qualifient de calamiteuse, le représentant des producteurs vient nous expliquer que les programmes ne peuvent plus servir de « variable d’ajustement ». Traduction : tout le reste de la nation peut se serrer la ceinture, mais pas le petit écosystème protégé de l’audiovisuel public… sinon, ce serait laissé la place aux plates-formes américaines, ce qui est un vraisemblable ! D’où le disque rayé de ce petit club de l’entre-soi visant à traiter France Télévisions comme une vache sacrée pendant que le contribuable se fait traire jusqu’à l’os ?

« Le milliard doit redevenir un objectif national. » On croit rêver. La nation est priée de se mobiliser pour que les coproductions de flux retrouvent leur standing, pendant que les vrais chantiers (dette, retraite, compétitivité, immigration, sécurité) sont renvoyés aux calendes grecques. C’est beau, l’engagement. Surtout quand il s’agit de défendre son pré carré avec l’argent des autres.

Jérôme Caza attend du prochain contrat d’objectifs et de moyens un « retour progressif » vers les investissementssans la moindre remise en causee. On espère pour lui que ce retour se fera plus vite que le retour sur investissement de Khôl Lanta des neiges. Parce que pour l’instant, le seul lien que crée ce genre de discours, c’est celui qui attache un peu plus solidement le contribuable au guichet automatique de subventions.

Priorité nationale, donc : sauver les programmes. Le reste attendra. Comme d’habitude.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

lundi 8 juin 2026

Fable de la macronie: le milliardaire et le parlementaire…

Fable de la macronie: le milliardaire et le parlementaire…

Ah, mes aïeux, on respire enfin l’air frais d’une décennie parlementaire finissante dans un régime  beaucoup plus régalien (Au sens premier du terme, c’est-à-dire qui appartient au roi) plutôt plus que présidentiel ! Un député de son état ose enquêter sur les juteux contrats signés depuis près de dix ans entre un triumvirat d’hommes d’affaires et le service public ? Crime de lèse-majesté. Immédiatement, la machine se met en branle : filature dans Paris jusqu’au paillasson du domicile, photos volées, diffusion illégale, atteinte à la vie privé. Tout ça orchestré, financé et relayé, selon par les bons soins du seigneur des ondes et des fibres optiques.

De quel droit, en effet ? De quel droit un milliardaire, vexé d’avoir dû rendre quelques comptes, transforme-t-il un élu de la République en gibier ? De quel droit utilise-t-il ses journaux, ses chaînes, ses réseaux, ses avocats et ses sbires pour faire comprendre au vulgaire parlementaire que l’on ne touche pas impunément au coffre-fort privé déguisé en intérêt général ?

On nous rebat les oreilles depuis des années avec « la démocratie est en danger ». Mais laquelle ? Celle des urnes ou celle des portefeuilles ? Apparemment, le vrai danger, c’est le député qui pose des questions gênantes sur les contrats. Le milliardaire, lui, a tous les droits : celui de surveiller, d’intimider, de salir. C’est beau comme une république bananière, version chic et connectée.

Face à un tel scandale, que se passe-t-il au cœur de la chambre haute quand l’un des siens est bassement attaqué ? Silence radio. Il y a peu de temps sa représentante montait au créneau pour défendre l’honneur bafoué des institutions. Aujourd’hui, un élu est traqué comme un rat dans Paris et elle découvre soudain les vertus du mutisme. On appelle ça « sérénité républicaine », je crois. Traduction : « On ne va pas fâcher ce magna de la téléphonie mobile et tout ce que ça représente, quand même. »

Ces méthodes sentent le soufre ! On ne casse plus les genoux, on balance des photos et on laisse la meute hurler. C’est plus propre, plus moderne, plus « start-up nation ».

Mais le plus beau, c’est la leçon donnée au peuple : vous pouvez voter, vous pouvez élire, vous pouvez même croire que vos députés servent à quelque chose. Dès qu’un élu s’approche un peu trop près des vrais centres de pouvoir – l’argent, les réseaux, les données –, on lui rappelle qui commande vraiment. Le suffrage universel, c’est charmant. Le cash universel, c’est mieux.

Le député visé dit qu’il ne se taira pas. Tant mieux. Qu’il continue. Qu’il fouille. Qu’il dérange. Parce que si même un parlementaire qui fait son travail se fait traiter comme un ennemi public numéro un par un oligarque froissé, alors la mascarade est terminée. 

On ne vit plus dans une démocratie. On vit dans une ploutocratie nerveuse qui montre les dents dès qu’on regarde son carnet de chèques de trop près.

Le pouvoir n’est plus « au peuple ». Il est au Fric.

Et le Fric, quand on l’embête, ne répond pas par des arguments. Il répond par des dossiers, des filatures et des unes bien senties.

Bienvenue dans la République des actionnaires. Actionnaires majoritaires, bien sûr.

Les autres peuvent aller se faire voir. Ou se faire photographier.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

dimanche 7 juin 2026

La France pays des lumières, plongée dans le noir !

La France pays des lumières, plongée dans le noir ! 


La patrie autoproclamée des Lumières, de Voltaire, de la liberté d’expression… plongée dans l’obscurantisme administratif et idéologique. C’est là un retournement symbolique incroyable.

L’Impartialité selon Lasserre, ou comment museler la dissidence au nom du « consensus » macronien.

Après la dernière trouvaille du sénateur Laurent Lafon, qui avait déjà imaginé recréer l’ORTF en réunissant France Télévisions et Radio France, à savoir la mission d’information sur la « régulation de l’information dans l’espace numérique », vite  rebaptisée commission d’enquête, voilà que surgit le rapport Lasserre comme un décret de salut public.

Dix-sept recommandations « facilement applicables », un baromètre annuel de l’« impartialité », des chartes éditoriales, des CHIPIP renforcés, des vigiles du pluralisme… Tout ça pour quoi ? Pour que France Télévisions, Radio France et consorts ne puissent plus être accusés de partialité ? Lunaire !! C’est une tentative de censure institutionnalisée, drapée pour faire la farce dans les oripeaux vertueux de l’objectivité.

L’impartialité, nous dit-on, porte une « dimension objective et subjective ». Traduction : on va exiger des journalistes du service public qu’ils pensent correctement, qu’ils évitent les « biais perçus », qu’ils distinguent bien l’humour de l’information (recommandation 16, un bijou) et qu’ils respectent une « obligation de réserve » sur les réseaux (recommandation 17). Autrement dit : taisez-vous ou alignez-vous. Demander l’unanimité sur des sujets clivants, c’est comme interroger des aveugles de naissance s’ils veulent bien « voir » la lumière. L’exercice est absurde, pervers, et surtout révélateur d’une angoisse profonde : celle d’un pouvoir qui ne supporte plus qu’on le conteste.

Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un audiovisuel public financé par l’argent du contribuable, historiquement accusé de servir de courroie de transmission à la doxa progressiste et macron-compatible. Face aux critiques légitimes venues de larges pans de la population, la réponse n’est pas plus de pluralisme réel, plus de débats contradictoires sans tabous, non : c’est plus de contrôle

Arcom renforcée (alors même que Martin Ajdari est englué dans une histoire de non dénonciation via l’article 40 d’agressions sexuelles sur un plateau de France 3 lorsqu’il était en charge et était qu’il pensait avoir étouffé en signant lui-même un protocole !), plaintes mieux traitées, baromètre public pour humilier les récalcitrants, figures « emblématiques » désignées pour donner l’illusion du pluralisme… Le service public doit « trouver la voie étroite » entre liberté éditoriale et neutralité. En réalité, il s’agit de verrouiller la narration officielle tout en prétendant l’ouvrir. Orwell applaudit des deux mains.

Bruno Lasserre, l’auteur de cette incroyable censure qui ne dit pas son nom, vice-président honoraire du Conseil d’État, proche d’Emmanuel Macron qui l’a nommé à ce poste en 2018, osé parler d’ « amélioration ». Voilà cet homme « fasciné » par le président selon les portraits flatteurs de l’époque, recyclé en gardien du temple de l’impartialité macronienne.

Le même pouvoir qui nomme ses affidés aux postes stratégiques (banque de France, etc.) nous pond un rapport « indépendant » pour museler les antennes. Le conflit d’intérêts pue à des kilomètres. Quand un prince charge un courtisan d’évaluer l’objectivité de la cour, on sait déjà ce que donnera le verdict : plus de servilité, habillée en vertu.

Ce rapport n’est pas un projet d’amélioration, c’est un acte de peur. Peur du réveil populaire, peur des réseaux qui contournent la doxa, peur que le public s’aperçoive que l’« impartialité » exigée est à sens unique : tolérance zéro pour les idées qui dérangent le consensus élitaire, indulgence infinie pour les biais dominants. On renforce les CHIPIP, on crée des baromètres, on oblige à des chartes… Pendant ce temps, les dotations baissent, les audiences fuient vers d’autres horizons, et le contribuable hier et l’ensemble des Français aujourd’hui via la TVA continue de payer pour sa propre mise au pas.

Catherine Pégard annonce des mesures « concrètes dès cet été » par décret. Bien sûr. L’été 2026 sera chaud : celui de la grande opération de lissage idéologique. Radio France promet un « contrat d’écoute ». Traduction : on vous écoutera pour mieux vous neutraliser.

Citoyens, ne vous y trompez pas. Ce n’est pas l’impartialité qu’on défend ici, c’est le monopole narratif d’un régime essoufflé qui, face à la pluralité réelle du pays, choisit non pas le débat, mais le bâillon. Lasserre et Macron ne veulent pas d’un service public libre et pluraliste : ils veulent un service public docile et unanimeIls osent appeler ça « exemplarité ». Le mot est beau. La réalité, nauséabonde car on tente de nous vendre de l’« impartialité », de l’« exemplarité », de la « neutralité » mais en réalité on éteint les lumières du débat.

Réveillez-vous. Le pluralisme ne se décrète pas par baromètre d’État. Il se vit en laissant parler tous les Français, pas seulement ceux qui pensent comme l’Élysée.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Il est grand temps que des Français se lèvent — parlementaires, journalistes, citoyens, élus locaux ou simples contribuables — pour stopper net cette dérive autoritaire. Ce rapport Lasserre n’est pas une simple note technique : c’est un tournant historique, un aveu de faiblesse d’un pouvoir qui, incapable de convaincre, choisit de museler. Après avoir confisqué le débat, voilà qu’il veut confisquer jusqu’à la possibilité même de le contester. 

Réveillez-vous. Si nous laissons passer ce verrouillage institutionnalisé, demain ce ne sera plus seulement France Télévisions ou Radio France mais l’ensemble de l’espace public qui sera placé sous tutelle. La lumière de la France ne peut se permettre vaciller ainsi. 

Il est encore temps de trouver la femme ou l’homme providentiel(le) en 2027 qui ne permettra pas qu’elle s’éteigne. ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​





samedi 6 juin 2026

De la signature d’un protocole transactionnel censé faire le silence, à la tête de l’Arcom : le pouvoir qui muselle !?

De la signature d’un protocole transactionnel censé faire le silence, à la tête de l’Arcom: le pouvoir qui muselle !?

France Télévisions, ce parangon autoproclamé de la vertu républicaine, qui hurle au bûcher médiatique dès qu’un acteur, un animateur ou un réalisateur est simplement mis en cause (pas condamné, juste « accusé ») a une notion toute particulière de la « transparence » lorsque celui-ci implique toute une chaîne de responsables en interne. 

On annule des téléfilms, on retire des rediffusions, on fait des génuflexions publiques devant les grondements de la sphère internet, tout ça avant même qu’un tribunal ait statué : Principe de précaution version service public, chante Ernotte sur tous les toits ! Mais quand c’est en interne ? Ah, là, c’est magique, la géométrie est plus que variable…

Mieux vaut détruire une réputation et briser des vies comme dans l’affaire des trois journalistes du Service des Sports à qui la justice a déjà donné raison pour  deux d’entre eux, plutôt projet que risquer d’être pris à partie par les réseaux. Quand ça tape plus haut, l’étouffement devient la règle. Une affaire de possible de faits d’agressions sexuelles sur les étudiant(e)s qui assistent à une émission sur France 3 en direct, une lanceuse d’alerte enceinte qu’on évince proprement et un accord transactionnel signé par… Martin Ajdari lui-même, à l’époque secrétaire général et directeur des ressources de France Télévisions, aujourd’hui président de l’Arcom, le régulateur censé veiller à l’exemplarité du secteur et le silence se fait !!! Quinze ans plus tard, lorsque l’affaire ressurgit, on parle encore pudiquement d’un simple « conflit du travail ».

Le service public, censé incarner l’exemplarité, la transparence et le « devoir de signalement au procureur de la République via l'article 40 », devient soudain très discret, très procédurier, très « on lave son linge sale en famille ». La même boîte qui donne des leçons de morale à longueur d’antenne sur le harcèlement, les violences sexistes, la protection des victimes… protègerait son image comme un mafieux protège son clan. 

La jeune femme enceinte ? Tant pis pour elle. Les faits présumés graves ? On les minimise, on les archive sous un protocole à 50 000 € uniquement établi pour indemniser son licenciement intervenu alors qu’elle était enceinte de + de 5 mois et après que la HALDE qu’elle avait saisi, acte les faits et rende un rapport au vitriol concernant le dossier dont toute la chaîne hiérarchique à France Télévisions a eu évidemment connaissance.

Aujourd'hui, si l’on en parle si peu, ce n’est pas un hasard. Les médias qui pourraient prendre leur plume ou leur micro savent très bien qu’ils risquent ensuite de se faire sanctionner, rappeler à l’ordre ou voire leur leur vie se compliquer un peu plus par… celui-là même qui trône aujourd’hui à la tête de l’Arcom. Quand le gendarme de l’audiovisuel est l’ancien signataire d’un accord d’étouffement, l’omerta devient soudain très rationnelle. Qui oserait vraiment creuser ?

C’est le classique du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Tant que c’est dehors, on lâche les chiens. Quand ça touche des responsables à l’intérieur, on dit en commission d’enquête qu’on ne se souvient plus de rien, et on explique doctement qu’il s’agissait en réalité d’un « simple contentieux ». 

Chacun se souvient encore des paroles de Delphine Ernotte le 8 avril dernier au rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public qui l’interrogeait sur ce dossier et les protocoles signés (2 au total: Ajdari et Lesaunier ) à qui elle lançait  « Vos accusations sont extrêmement graves… Mais est-ce que vous avez des preuves ? »

« Transmettez-moi les noms ! Transmettez-moi les faits ! Saisissez-moi ! » ajoutait-elle, inversant les rôles sur un ton perçu comme défensif et quasi-injonctif, mettant la pression sur le rapporteur pour qu’il apporte des éléments concrets sur-le-champ, tout en soulignant la gravité de ses accusations soi-disant portées contre le groupe  ! Le monde a l’envers !!!!

En résumé, France Télévisions dénonce à tout-va les turpitudes de la société et du privé, mais quand les cadavres sont dans son propre placard — et signés par celui qui est devenu le gendarme de l’audiovisuel —, soudain c’est « complexe », « ancien », « à contextualiser ».

L’institution qui se veut "le miroir moral de la France" va-t-elle devenir experte en communication de crise et en omerta sélective ? 

Beau service public. Vraiment…Comment celui qui a nommé, il y a un peu plus de deux ans à la tête de l’agence son président, peut-il espérer tenir comme ça jusqu’en 2027 sans que toute cette indigne affaire impacte à jamais son @Legacy




vendredi 5 juin 2026

Mission d’information du Sénat – ou comment habiller la censure en « souci démocratique » !

Mission d’information du Sénat (*) – ou comment habiller la censure en « souci démocratique » !

(*)  souvent présentée comme une « commission d’enquête » sur les « zones grises de l’information » [senat.fr]  

Contexte et vrais objectifs

La commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport du Sénat a lancé une mission d’information sur la « régulation de l’information dans l’espace numérique ». Les rapporteurs : Agnès Evren (LR), Laurent Lafon (centriste) et Sylvie Robert (gauche). Pour faire plus sérieux, on lui a donné les pouvoirs d’une commission d’enquête : auditions sous serment, réquisitions de documents, etc. Tout l’attirail.

Les fameuses « zones grises », ce sont en réalité tous les endroits où l’information circule encore sans la bénédiction de l’ARCOM : médias en ligne indépendants, créateurs de contenus, YouTubers, influenceurs, et les grandes plateformes. En clair, tout ce qui échappe encore au contrôle centralisé des médias traditionnels et de l’État.

L’objectif officiel ? « Identifier les risques » (désinformation, ingérences, opacité des financements, perte de confiance).

La version non officielle, celle que comprennent parfaitement les adeptes de France Medias à commencer par son promoteur en chef et autres tenants de la pensée unique : ramener dans le rang tout ce qui ose encore exister hors du périmètre des grands médias subventionnés et amis du pouvoir. Ils ne seront tranquilles que lorsqu’il ne restera plus un seul média vraiment indépendant.

Déroulement et auditions marquantes

On auditionne donc à tour de bras : experts en « lutte contre les fake news » (Gérald Bronner et consorts), associations militantes, journalistes mainstream, et, bien sûr, les médias indépendants de tous bords (Blast, Basta!, StreetPress, Frontières, Off Investigation…) ainsi que des créateurs comme Gaspard G, Hugo Décrypte, Jean Massiet, Hugo Travers ou Hugo Clément....mais aussi les plateformes : YouTube, TikTok et  les Instances : CCIJP (Carte de presse), CDJM (déontologie), etc...

Le message est limpide : « Expliquez-nous comment vous financez, comment vous travaillez, et pourquoi vous n’êtes pas encore sous notre coupe ? » 

On parle transparence, déontologie, modération algorithmique, distinction entre info et influence… Tout pour mieux justifier, in fine, de nouvelles contraintes, labels, agréments ou sanctions contre ceux qui refusent de rentrer dans le rang.

Les réactions (sans surprise)

•  Du côté des médias et journalistes indépendants : beaucoup y voient une opération de fichage et de musellement en bonne et due forme. Disclose a d’ailleurs refusé de balancer l’identité de certains donateurs, sentant parfaitement le piège. On entend déjà les mêmes voix qui, il y a quelques années, réclamaient à cor et à cri la création d’un grand « France Medias » public, rêvant d’un paysage médiatique uniformisé où l’information serait enfin « responsable » (comprendre : conforme).

•  Du côté des bien-pensants et des institutions : on applaudit cette « nécessaire mise à jour démocratique » face à la « fragmentation » et à la « désinformation ». Traduction : on ne supporte plus que le peuple ait accès à des narratifs qui ne passent pas par le filtre des rédactions parisiennes et des comités d’éthique aux ordres.

Au final, cette mission sent le vieux réflexe autoritaire français : face à la perte de contrôle du récit, on ne se demande pas comment améliorer le pluralisme et la crédibilité des médias historiques (qui en auraient donc cruellement besoin !!)

Non. On cherche plutôt comment étendre la régulation pour asphyxier ce qui reste d’indépendance. Parce que, soyons clairs : pour certains, le problème n’est pas la désinformation....Le problème, c’est qu’il existe encore des médias qu’ils ne contrôlent pas.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​


Roland-Garros, le grand chelem de la délocalisation massive made in France Télés...

Roland-Garros, le grand chelem de la délocalisation massive made in France Télés...

Le blog CGC Média a lu avec le plus grand intérêt l'article du Canard en chainé de ce mercredi "Roland-Garros, se délocalise"

L’article du Canard dénonce une délocalisation rampante de la production audiovisuelle de  l’un des fleurons du sport français :

•  Passage de France Télévisions → HBS (franco-suisse) → Whisper (britannique).

•  Remplacement massif de techniciens français par des équipes UK/Pays-Bas + production à distance depuis Londres.

•  Perte sèche pour l’emploi français et 1 400 journées perdues pour un seul sous-traitant.

•  Motivation principale : économie sur les charges sociales françaises (classique).

Roland Garros n’est plus produit par FTV, soit ! C’est la Fédé qui s'en charge et qui traite avec le privé. France Télévisions récupère uniquement le signal et gère ses plateaux.

C’est le symbole d’une France qui vend son savoir-faire à l’étranger tout en sacrifiant ses propres équipes. 

Oui, Roland-Garros, le grand chelem de la délocalisation made in France Télés...

Ah, le beau tournoi de Roland-Garros ! Ce concentré de terre battue, de sueur et… de fric qui file à l’anglaise. Pendant que nos tennismen et tenniswomen se battent pour la gagne, les techniciens français, eux, se font gentiment atomiser en fond de court.

Hier encore, France Télévisions captait, produisait, vendait le signal au monde entier. Aujourd’hui ? C’est l’anglais Whisper qui tient la raquette, après avoir déjà fait le bonheur de Wimbledon. Alors pour faire baisser la note, quoi de mieux que de virer les coûteux Français avec leurs horribles cotisations sociales ? 60 % de cadreurs et d’opérateurs ralenti importés, des réalisateurs londoniens qui dirigent tout depuis leur bureau, des caméras robotisées sur les petits courts… Bienvenue dans la remote prod version low cost.

Résultat : AMP Visual TV, fleuron tricolore, pleure 1 400 journées de travail. On est passé de 1 000 techniciens français à 206. Ce n'est pas une délocalisation, c’est un exode. "Azincourt sur terre battue", comme ironise Le Canard. On imagine les cadres de la FFT se congratuler : « Bravo les gars, on a fait des économies ! » Oui, des économies… sur le dos des caisses de l’État et des intermittents qui vont aller pointer ailleurs.

France Télévisions, grand pourvoyeur de deniers publics, regarde ce joli spectacle d’un œil blasé. Toujours prêt à pleurnicher sur le service public quand il s’agit de réclamer plus d’argent, mais étrangement silencieux quand il s’agit de défendre les équipes techniques françaises qui faisaient et devraient toujours faire la fierté de la maison.

Le message est clair : le fric d’abord, la France ensuite. On privatise les bénéfices, on externalise les coûts, on délocalise la compétence. Pourtant, l'ex-Orange continue toutes instances confondues, de nous seriner que « la culture et le sport sont des exceptions françaises ».

Sauf que l’exception, aujourd’hui, c’est surtout de voir un Grand Chelem français produit à 70 % depuis Londres par des boîtes étrangères. 

jeudi 4 juin 2026

Le Zapping VU, victime collatéral des 10 « commandements » d’Ajdari !

Le Zapping VU, victime collatéral des 10 « commandements » d’Ajdari !

Mesdames et Messieurs, applaudissez : France Télévisions vient d’achever VU, ce petit zapping insolent qui osait montrer le service public tel qu’il est – parfois grotesque, souvent formaté, toujours financé par nos impôts . Le 30 juin 2026, rideau et qui mieux que Martin Ajdari, grand ordonnateur de la « neutralité » made in Macronie, toujours en place malgré l’affaire du protocole et des agressions sexuelles, afin de superviser ce grand nettoyage éditorial qu'il prévoit via l'Arcom ?  le texte original)


On imagine sans peine ses dix points (ou dix petits pas vers la pensée unique) :

1.  Point 1 : Toute émission qui fait rire aux dépens du pouvoir est subversive. Supprimer.

2.  Point 2 : Le zapping montre trop de séquences gênantes ? C’est du « montage tendancieux ». Interdire.

3.  Point 3 : L’impertinence n’est pas pluraliste. Seule la platitude l’est.

4.  Point 4 : Économies budgétaires ? Allons donc. On trouve toujours des millions pour trois ou quatre sociétés de productions amies et les grands-messes macroniennes.

5.  Point 5 : Patrick Menais et son équipe ? Trop indépendants. Remplacer par des contenus « apaisés ».

6.  Point 6 : Le téléspectateur doit voir ce qu’il doit voir, pas ce qu’il voit vraiment.

7.  Point 7 : La satire, c’est bon pour Quotidien sur TMC. Ici, on fait du service public, très chèrement payé donc gage de qualité !

8.  Point 8 : À un an de 2027, on ne badine pas avec la ligne. VU risquait de zapper un ministre de trop.

9.  Point 9 : « Neutralité », c’est le nouveau nom de la censure quand elle est exercée par ce petit monde de l’entre-soi.

10. Point 10 : Et surtout : que rien ne dépasse. Ni à droite, ni à gauche…ou alors juste ecolo-socialo-centriste pour aller dans le bon sens.

Il fallait tuer le dernier petit espace de liberté grinçante du service public, au nom de l’équilibre et des économies. On « apure » l’antenne comme on épure un parti. On transforme France Télévisions en un long fleuve tranquille où plus rien ne dérange le récit officiel…si tant est que le groupe survive jusqu’à Noël. 

     


mercredi 3 juin 2026

Un bel exemple de loyauté télévisuelle : quand Fogiel choisit l’amitié sur l’ambition !

Un bel exemple de loyauté télévisuelle : quand Fogiel choisit l’amitié sur l’ambition !

L'histoire est plutôt belle pour mériter qu'on la détaille ! Marc-Olivier Fogiel fait savoir qu'il  renonce à L’Heure de vérité sur France 2. Officiellement, c’est pour cause de surcharge : RTL lui demande un investissement à 200 % et il n’a plus besoin de galons supplémentaires. Touchant.

Pourtant, le blog CGC Média a souhaité creuser un peu cette noble déclaration car selon les bruits de couloir, ce beau renoncement intervient surtout après le doute exprimé poliment (voire moins poliment) de l'ex-Orange et son ex-dircab préposé à l'info sur cette arrivée annoncée en grande pompe dans l'émission politique à laquelle Philippe Corbé (le n-2 de ce dernier) tenait particulièrement.

Rappel :

Fogiel avait fait venir Corbé à BFMTV. Une belle fidélité entre hommes de médias et donc l'occasion pour Phillippe Corbé de soutenir l'arrivée de Marco dans le projet L’Heure de vérité (version 2027, avec Benjamin Duhamel, Caroline Roux et compagnie) ! Sauf qu'au niveau supérieur, la musique n'était pas la même ! Dilemme cornélien pour un service public qui adore la transparence… sauf quand elle devient gênante. 

Résultat ? Fogiel se retire avec la classe d’un ancien combattant : « J’ai un peu passé l’âge de me disperser. » Traduction ironique : « Je ne vais pas embêter mon réseau pour un strapontin supplémentaire, surtout si le tandem décisionnaire ne le veut pas vraiment. » On imagine la scène en réunion:  « Philippe, ça ne va pas te mettre en difficulté, hein ? »...lui,  diplomate, haussant les épaules avec élégance « Pas de soucis ! ». Fogiel de son côté, gentleman, qui comprend le message subliminal et préfère se consacrer à Face à Fogiel et à ses soirées électorales.

C’est beau, l’amitié dans les médias publics. On y voit un service public plus que jamais dans ce petit monde de l'entre-soi ; un animateur qui place la loyauté au-dessus de l’exposition et un Corbé qui évite de devoir choisir entre reconnaissance passée et allégeance présente. Tout le monde gagne. Sauf peut-être le téléspectateur...

En attendant, Fogiel va « enrichir » son format sur RTL et lancer un podcast présidentiel. Parce que se disperser, c’est mal… sauf quand c’est sur ses propres terrains de jeu. Quant à L’Heure de vérité, elle trouvera bien d’autres éditorialistes interchangeables. Après tout, en 2026 comme en 1985, l’important n’est pas tant la vérité - il y belle lurette qu'elle a plié bagages -  que de ne froisser aucun pote influent.

Ironie du sort : l’émission qui devait incarner la confrontation politique se voit torpillée par la plus vieille règle du milieu : les loups ne se dévorent pas entre eux ! Vive la France des réseaux, des renoncements élégants et des ego « rassasiés ». On en redemande.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​