France Télévisions: temple du mépris journalistique ou le petit-déjeuner de toutes les impostures.
Ce lundi 11 mai 2026, l’Association des journalistes médias (AJM) organisait un petit-déjeuner « off » ou « semi-off » avec les vecteurs autoproclamés "porteurs d'info" de France Télévisions. Au menu : l'ex-primo dircab ernottien fraîchement promu directeur général adjoint en charge des offres et de la stratégie éditoriale et son acolyte Philippe Martinetti ex-délégué aux antennes et à l'offre régionale. Des journalistes « spécialisés » - des vrais, des encartés - venus écouter docilement les grands prêtres du service public leur expliquer comment on fabrique « l’information » et la « stratégie éditoriale ». Le tout en parallèle de l'opération d'enfumage maximum « streaming first » qualifiée de grande réorganisation. Chacun voit un peu le tableau.
Le scandale ? Il crève les yeux. L'ex-primo dircab ernottien n’a aucune carte de journaliste. Zéro. Nada. Son parcours ? Militant écolo pur jus, ex-EELV, directeur de campagne d’Eva Joly, conseiller de Cécile Duflot parachuté en 2015 Un apparatchik politique propulsé à la tête de milliers de journalistes sans avoir jamais écrit une ligne, monté un sujet ou tenu un micro. Il l’admet lui-même : il ne sait pas « fabriquer de l’information » [assemblee-nationale.fr] mais il décide, du coup, de ce que l'info que les Français vont pouvoir regarder ! Lunaire...
Philippe Martinetti, présent à ses côtés, complète le tableau. Même si son parcours est plus ancré dans les antennes régionales, la photo de famille reste édifiante : des dirigeants qui viennent expliquer aux vrais journalistes (ceux qui ont encore une carte) comment bien penser et bien couvrir, tout en pilotant une machine accusée de partialité chronique.
Ce détachement du petit club de la pensée unique claironne d'ailleurs tous azimuts que c’est « normal ». Que les managers ne sont pas forcément journalistes. [selon FTV, ils ne peuvent pas l'être de toute façon]. Ben voyons! Sauf que quand le service public est financé par la TVA donc tous les Français, on pourrait exiger un minimum de légitimité professionnelle plutôt qu’un pedigree de cabinet politique.
Ce petit-déjeuner pue le mépris. Le mépris de caste. Celui d’une nomenklatura médiatico-politique qui se coopte entre soi, dans des formats « off » feutrés, loin de "la masse des ignorants". Des journalistes qui se rendent à la convocation des dirigeants qu’ils sont censés contrôler. Des cadres qui n’ont jamais fait le métier qui pontifient sur « l’indépendance » et la « déontologie ». Pendant ce temps, la partialité saute aux yeux du public, les audiences s’effondrent, et on restructure en « streaming first » comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes publics.
France Télévisions incarne aujourd’hui le mépris des journalistes véritables : ceux qui bossent sur le terrain, qui vérifient, qui dérangent.
On leur préfère des stratèges issus du militantisme, promus par copinage et fidélité politique.
On les
invite à des petits-déjeuners pour mieux les domestiquer, leur faire avaler la
ligne, leur expliquer gentiment pourquoi leurs choix sont audacieux et pourquoi
les critiques de biais sont méchantes et toujours populistes.
Pauvre service public. Dirigé par des gens qui n’ont jamais connu le terrain journalistique mais qui savent parfaitement ce que le peuple doit voir, entendre et penser. Une attaque ? Non, un constat corrosif : quand les dirigeants des médias publics n’ont même pas la carte de ceux qu’ils dirigent, c’est toute la crédibilité du système qui part en vrille et le naufrage qui devient promotion collective.
Delphine Ernotte vient de se prendre une deuxième défiance en pleine poire, et que fait France Télévisions ? Elle organise la grande redistribution des strapontins aux mêmes têtes d’affiche de l’incompétence. C’est beau comme un naufrage qui se termine en plan de carrière où le seul à reculer de 2 cases est le nouvel arrivant qui ne fera plus partie du COMEX.
En résumé : Le voisin des couloirs du Majestic à Cannes dans la même instruction judiciaire que l'ex-Orange, bombardé patron de l’info avec juste la carte « je suis proche de Delphine ». C’est le nouveau profil type du journaliste de service public : zéro terrain mais maximum organigramme.
Son bras armé ? Philippe Martinetti, ex-responsable des réseaux France 3, promu enquêteur en chef sur la fameuse « confusion » Paty-Bernard du 13 octobre 2025, en charge de la soi-disant enquête sur le pourquoi du comment ! Top...
Et puis il y a Muriel Pleynet. Celle qui portait une lourde responsabilité personnelle dans ce « naufrage collectif » qu’elle a elle-même théorisé avec un cynisme rare : « une quinzaine de personnes ont possiblement failli », dixit la dame. Une quinzaine, donc personne. La charte du rectificatif adoptée en 2023 ? Oubliée dans un tiroir. Qu’importe : au lieu de sanctionner, on la nomme bras droit. Responsabilité collective = irresponsabilité individuelle. C’est la nouvelle devise maison. Diluer la faute jusqu’à ce qu’elle devienne une simple « erreur d’importance », comme on dit pudiquement quand on mélange l’assassinat de Samuel Paty et celui de Dominique Bernard en plein journal de 20 heures.
Quant à Philippe Corbé, fraîchement recruté comme directeur de l’info, il se voit déjà reculer de deux crans dans l’organigramme et viré du Comex. Bienvenue dans la maison où les vrais pros sont relégués et les fidèles promus et repromus.
Comment l'intéressé peut-il ne pas encore avoir donné sa démissions, au regard d'un tel micmac ?

On restructure, on rattache l’info aux antennes et aux programmes, on fait mine de tout changer pour surtout ne rien changer mais ce sont toujours les mêmes, toujours au même niveau, toujours protégés par la même infirmière TV.
France Télévisions ne se réforme pas, elle se reproduit. L’erreur Paty-Bernard n’était pas un accident, c’était le symptôme parfait d’une chaîne où l’on nomme des cadres qui n’ont jamais fait le métier pour diriger ceux qui le font encore (difficilement). Où l’on transforme une faute grave en « naufrage collectif » pour que personne ne coule vraiment. Où l’on répond à une défiance par une promotion. Il n'y a qu'a voir le sort réservé à Nathanaël de Rinquesen que La Lettre détaillait hier dans son article "L'éviction en catimini de Nathanaël de Rincquesen, figure de France 2"
C’est le service public version copinage : on coule ensemble, on flotte ensemble, et surtout, on se serre les coudes entre gens qui n’ont jamais eu à rendre de comptes au réel. Pendant ce temps, les téléspectateurs, eux, continuent de payer pour ce spectacle pathétique.
Il fallait y penser: faire du naufrage du Titanic, un modèle de gouvernance !
























