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mardi 19 mai 2026

« La main qui nourrit et la bouche qui mord » en compétition à Cannes dans la série "un certain Rogard" !

« La main qui nourrit et la bouche qui mord » en compétition à Cannes dans la série "un certain Rogard" !

Messieurs les défenseurs patentés de la « diversité culturelle », en particulier Pascal Rogard directeur général de la SACD, il est temps d’arrêter le spectacle.

Après son rapport pro-ernottien - Ah, le « rapport » de Pascal Rogard pour l'ex-Orange...une séquence  d'anthologie sur fond de copinage corporatiste, livré clés en main comme un plateau-repas bio et subventionné ! - le censeur s'est encore fendu de quelques lignes directrices  pour frapper "les infréquentables".

On imagine la scène : Ernotte, sous le feu d’un rapport parlementaire qui ose pointer les gaspillages, les audiences en berne et la déconnexion élitiste et hop  son ami lobbyiste de la SACD, fidèle parmi les fidèles, sort la plume trempée dans le sirop compassionnel : « La création française va mourir sans vous, Madame, résistez à ces barbares qui parlent d’économies ! »

Un texte probablement pondu entre deux déjeuners à la table des puissants, où l’on pleure la « privatisation rampante » pendant que le contribuable finance des programmes que plus grand monde ne regarde. C’est beau comme un tract syndical rouge-barricade des années 70 : on défend « la culture » (c’est-à-dire nos rentes, nos copains producteurs et nos salaires confortables) contre les méchants qui osent demander un peu de sérieux et de contrôle budgétaire.

Rogard ne rend pas un rapport, il rend un hommage. Un encensoir agité devant la statue de la "dame du Majestic" avec en fond sonore le tiroir-caisse de la TVA dédiée qui tinte. Pathétique, prévisible, et surtout parfaitement inutile : quand le service public ressemble à une ONG subventionnée qui se regarde le nombril en prime time, même le plus beau texte corporatiste sent le formol.

Voilà qu'il persiste et signe, lui et ses amis du collectif « Zapper Bolloré » pour publiez tribune sur tribune dans Libération afin de dénoncer l’« emprise tentaculaire », l’« idéologie d’extrême droite » et le péril « fasciste » que ferait peser Vincent Bolloré sur le cinéma français !

Pourtant le simple graphique publié par Ouest-France (source CNC) vient le gifler avec la brutalité des chiffres.

Voici le poids réel de celui que le  donneur de leçons vilipende ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ (*)

- Canal+ (groupe Bolloré) : 155,6 millions d’euros investis dans le cinéma français en 2025, soit 43 % de l’ensemble des contributions des diffuseurs.

- Netflix + Amazon : 76 millions.

- France Télévisions : 59 millions.

- TF1 : 32,5 millions.

- M6 : 24,5 millions.

Bolloré/Canal+ pèse donc plus que tous les autres diffuseurs réunis. C’est lui, le premier « banquier » du cinéma d’auteur que vous prétendez défendre. Celui qui permet à des dizaines de films de voir le jour, y compris ceux dont les réalisateurs et acteurs signent ensuite des tribunes rageuses contre lui.

Cela ne s'arrête pas là. Canal+ entre dans le capital d’UGC (510 écrans, 3e réseau français) avec prise de contrôle prévue en 2028. Pathé reste leader avec 864 écrans, CGR suit avec 710, mais le mouvement est clair : un acteur privé français renforce sa présence sur toute la chaîne — financement, production, distribution, salles.

La reconnaissance ingrate

Où étiez-vous, Monsieur Rogard, quand il fallait saluer ce soutien massif et constant ? On vous entend beaucoup plus facilement quand il s’agit de dénoncer la « concentration », l’« affameur » Bolloré (dixit vos déclarations passées sur les droits d’auteur), ou de relayer la peur d’une « uniformisation » et d’une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ».

Pourtant, les faits sont têtus : sans ce « cryptofasciste » capitaliste que vous conspuez, c’est une partie non négligeable du cinéma français qui manquerait cruellement d’oxygène. Les signataires de la tribune anti-Bolloré risquent désormais de s’en rendre compte à leurs dépens, après la réaction de Maxime Saada. On appelle cela mordre la main qui vous nourrit.

Éric Morillot vous interpelle d'ailleurs directement sur son compte X : « Allô Pascal Rogard ? C’est marrant, là, on ne vous entend pas pour me soutenir ? Il doit y avoir les « bons » et les "mauvais" auteurs… » En rappelant vos saillies passées (et le fameux 🤡 que vous avez utilisé contre d’autres), Morillot vous renvoie à votre propre image de clown sélectif : très virulent quand l’ennemi est commode, soudainement discret quand il s’agit de mordre la main qui finance tout le secteur que vous êtes censé défendre.

C’est toujours le même refrain : l’argent privé est suspect dès qu’il n’est pas accompagné d’une allégeance idéologique. Que Bolloré investisse massivement, sauve des pans entiers de l’industrie, rachète des salles menacées ? Silence ou suspicion. Qu’il ose défendre son groupe contre des accusations outrancières ? C’est la preuve par l’exemple de l’emprise honnie.

Hypocrisie du milieu ! Le cinéma français vit depuis des années dans une dépendance confortable à Canal+. Mais dès qu’un actionnaire ne correspond plus au profil politique exigé par la caste, on crie au loup. On préfère menacer de ruine le modèle plutôt que d’admettre que sans ces « vilains  capitalistes », beaucoup de projets « engagés » ne verraient jamais le jour.

Monsieur Rogard, la SACD que vous dirigez défend les auteurs. Fort bien...mais défendre les auteurs, est-ce aussi leur rappeler d’où vient l’argent qui finance leurs œuvres ? Ou bien seulement quand cet argent vient de l’État ou de groupes « convenables » ?

Certes ce texte est vif mais après vos invraisemblables saillies, il convient de redire que cinéma français s'il a besoin de financeurs solides, n' a pas besoin de leçons de morale sélectives. Tant que vous cracherez dans la soupe sans proposer d’alternative crédible (les plateformes américaines ou le contribuable ?), vos attaques — et votre silence opportuniste pointé du doigt par Morillot — ressembleront moins à une résistance courageuse qu’à une posture.

Le vrai débat n’est pas « Bolloré est-il dangereux ? ». Il est : qui d’autre est prêt à mettre 150 millions par an sur la table pour faire vivre le cinéma français ? Tant que la réponse restera « personne », vos indignations sonneront creux.

Et le graphique d’Ouest-France continuera de le rappeler, chiffres à l’appui.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ (*)

Non ce n’est probablement pas une Balenciaga !!

Non ce n’est probablement pas une Balenciaga !!

Il est difficile à croire que la robe aubergine gonflée à l’hélium qu’exhibait l’ex-Orange à Cannes – celle dont les réseaux sociaux moquent tant ces jours-ci – vienne de Balenciaga propriété du groupe de luxe français Kering

Certes, elle pourrait correspondre au style Balenciaga ?

- Silhouette dramatique et architecturale : Les manches très volumineuses (puffed/balloon), le volume général ample et fluide, la traîne asymétrique et le drapé fluide sont typiques de l’héritage de Cristóbal Balenciaga (maître des coupes sculpturales et des volumes exagérés dans les années 50-60). 

- Détails signature : Le col rond contrastant en noir, les poignets noirs et le mélange de matières (satiné/lourd pour le corps, plus structuré) rappellent beaucoup les robes de soirée couture de la maison, souvent avec des accents contrastés et une construction sophistiquée.

- Couleur et occasion : Le mauve/bordeaux profond tout comme le noir est une teinte que Balenciaga a utilisée plusieurs fois (ex. : robes en soie crepe violette ou lilas avec traîne). Des pièces récentes comme des « cape train dresses » en purple silk crepe montrent que la maison continue dans cette veine dramatique….

Mais de là à croire qu’elle serait dans la lignée des pièces exceptionnelles présentées dans le reportage France Info, il y a un boulevard !

C’est pourquoi dans le contexte actuel des polémiques cannoises - à commencer par l’instruction judiciaire en cours sur les 112.123 € dépensés dans les suites du Majestic - et de « ce fric de dingue » que claque France Télévisions pendant une dizaine de jours, plusieurs questions se posent.


Première question qui fâche :

Quel intérêt un grand couturier aurait-il à prêter une telle pièce (Copieusement, moqué sur les réseaux sociaux) ? 

Deuxième question, encore plus gênante :

Si ce n’est pas un prêt, quel était le prix ? Et surtout, qui a payé ?

Ces questions sont évidemment légitimes particulièrement après la récente, commission d’enquête sur l’audiovisuel public.


À peine sorti le 6 mai, "Les intouchables de l’audiovisuel public" le livre n°1 des ventes sur Amazon, victime d'un minable arnaqueur.

À peine sorti le 6 mai, "Les intouchables de l’audiovisuel public" le livre n°1 des ventes sur Amazon, victime d'un minable arnaqueur.

Le bloc CGC Media qui voulait commander le livre sur Amazon a eu une  très mauvaise surprise. 

"Les révélations chocs de la commission d’enquête", en rupture de stock dès la première matinée après avoir pulvérisé les classements dès sa parution, fait déjà l'objet d'une arnaque.

En effet, les Français gavés de la propagande de ce service public qui continue de parader à Cannes comme Aurore Bergé ou Najat Vallaud-Belkacem et qui se sont à l'évidence rués sur l'ouvrage - c’est bien normal, après des mois d’auditions qui ont levé le voile sur tout ce fric filé à un trio de sociétés de prod', les copinages, les palaces, les 30 plus gros salaires entre 200 et 300 K€ et lus de 400.k€ pour l'ex-Orange et l’idéologie déconnectée...le tout financés par une fraction de la TVA - ont découvert qu'un certain MONFORT s'en servait pensant probablement se faire du blé sur le dos de l'éditeur et des auteurs ! 

Le succès attire toujours les vautours. Sur Amazon, de petits aigrefins ont vite fait de pondre des faux livres au titre quasi-identique, couvertures copiées et contenu vide ou sans rapport. Résultat : le lecteur pressé clique, paie et reçoit de la daube.

Le vol de la propriété intellectuelle, une industrie ? 

Ce genre de « petit malin » profite du succès rapide d’un livre pour squatter le titre exact (ou très proche) et parasiter les recherches, les classements et les ventes particulièrement sur le site. Les algorithmes d’Amazon adorent ça : mots-clés identiques = visibilité volée. Pas besoin d’écrire, juste parasiter le buzz.

Ironie parfaite : un livre qui dénonce les intouchables du service public se fait racketter par des intouchables du e-commerce. Pendant que le livre balance des vérités qui dérangent, ces opportunistes sans scrupule imaginent ramasser l’argent facile en trompant le public.

Nul doute que les éditions L’Artilleur comme les auteurs  poursuivent l'arnaqueur en Justice...et pour l'heure, pas question de donner un centime à ce parasite. 

ATTENTION BIDONNAGE...

NE PAS COMMANDER 






lundi 18 mai 2026

Affaire France Télévisions : l’exigence de responsabilité impose les départs de Martin Ajdari, Delphine Ernotte et de tous ceux qui ont couvert ces faits.

Affaire France Télévisions : l’exigence de responsabilité impose les départs de Martin Ajdari, Delphine Ernotte et de tous ceux qui ont couvert ces faits.

Les révélations publiées par La Lettre sur la gestion d’une affaire de harcèlement et d’agressions sexuelles présumées au sein de France Télévisions ne peuvent rester sans conséquences politiques, administratives et morales. 

À travers le signalement effectué par le député Charles Alloncle après l’audition de Martin Ajdari devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, c’est toute une culture de l’omerta qui ressurgit. (*)

Selon l’article, les faits se sont déroulés sur le plateau de l’émission Ce soir (ou jamais !) de Frédéric Taddeï. Une assistante de production aurait alerté sa hiérarchie après des comportements graves imputés à deux salariés de la production envers de jeunes femmes présentes dans le public. 

(*)

Au lieu d’une protection exemplaire de la victime présumée et d’une sanction claire des auteurs mis en cause, l’affaire aurait débouché sur un rappel à l’ordre visant celle qui, modèle d'intégration puisqu'issue de la Diversité, avait signalé les faits puis sur la non-reconduction de ses contrats alors qu’elle était enceinte de plus de 5 mois.

Plus grave encore : la HALDE, devenue depuis le Défenseur des droits, avait reconnu en 2011 une discrimination liée au sexe et à la grossesse. 

Malgré cela, un protocole transactionnel assorti d’une clause de confidentialité aurait été signé en 2013 au nom de France Télévisions par Martin Ajdari, alors directeur général aux ressources humaines et secrétaire général du groupe.

Dans n’importe quelle démocratie exigeante, de telles révélations imposaient immédiatement une clarification publique complète. Or, ce dossier donne l’impression d’un système ayant privilégié la protection de l’institution à celle des victimes présumées, la discrétion à la transparence, et la sauvegarde des carrières dirigeantes à la recherche de vérité.


Martin Ajdari ne peut rester en fonction. Même si "à sa connaissance" [la formule consacrée en commission d'enquête]  il dit ne pas se souvenir  précisement des faits à l’époque, son nom apparaît aujourd’hui au cœur d’un dispositif administratif qui aurait permis d’étouffer un scandale au lieu d’y répondre avec rigueur. 

Lorsqu’on dirige ou qu’on aspire à diriger des institutions publiques, la responsabilité ne se limite pas à la culpabilité pénale : elle est aussi morale et politique. Le doute sur l’intégrité de la gestion d’un tel dossier suffit à rendre impossible le maintien à la tête d’une autorité aussi stratégique que l’audiovisuel public.


Mais la question dépasse son seul cas.

Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, ne peut continuer à incarner une entreprise qui prétend défendre des valeurs d’exemplarité, de protection des femmes et de lutte contre les violences sexistes si toute la lumière n’est pas faite sur les pratiques passées et sur ceux qui les ont couvertes. 

Elle en évidemment connaissance et elle se devaient de réagir après les questions posées par le rapporteur à Ajdari lors de la commission d'enquête.

Elle devait comme elle l'avait annoncé devant les élus du CSE Central, diligenter une enquête après les révélations de La lettre (l'Indépendance en matière d'information) sur la facture de 112 123 € pour le Majestic de Cannes dont elle avait affirmé qu'elle était fausse tout en indiquant chercher le corbeau.


Après avoir chanté sur tous les toits la responsabilité de la transparence, de la coopération totale avec les autorités et du renouvellement profond d’une culture managériale qui semble avoir longtemps préféré le silence à la vérité, Elle n’a rien fait…Elle avait été moins regardante quand il s’était agi de virer les trois journalistes sportifs pour de supposés griefs que la justice a balayé d’un revers de main.

Elle aurait pu également passer un coup de fil à Martin Ajdari...mais elle n’allait quand même pas s’en prendre à celui qui organisait son troisième parachutage à l’été de l’année dernière !

Il faut aussi que tous ceux qui, au sein de la chaîne hiérarchique, savaient — ou ne pouvaient ignorer — ce qui s’était produit rendent des comptes. Cadres dirigeants, responsables RH, encadrement éditorial, producteurs, soient débarqués. Personne ne peut se retrancher derrière la dilution des responsabilités. 

Une institution publique financée par les contribuables ne peut fonctionner sur la logique du « tout le monde savait mais personne n’a rien vu ».


Cette consternante affaire pose une question essentielle : combien de victimes potentielles ont renoncé à parler en voyant ce qui arrivait à celles qui osaient dénoncer ? Combien de carrières ont été brisées par peur du scandale ?

Le service public audiovisuel ne retrouvera sa crédibilité qu’à une condition : rompre définitivement avec toute culture de protection des puissants. Cela passe par des démissions à la hauteur de la gravité des faits rapportés avant même que l'enquête judiciaire établisse le degré d'implications au niveau de la chaîne des responsabilités.

L’époque où les institutions pouvaient étouffer ce type d’affaires derrière des accords confidentiels doit prendre fin.

(*) Martin Ajdari (président de l’Arcom, ancien dirigeant de France Télévisions) a bien été interrogé par Charles Alloncle (rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public) sur ces sujets.

Concernant le protocole lié à l’affaire de l’employée (souvent désignée comme « Madame J. » ou Mme J., ancienne salariée de France TV Studios / ex-MFP), licenciée en 2010 alors qu’elle était enceinte :

Le rapporteur l’avait interrogé sur ce protocole transactionnel (indemnisation d’environ 50 000 € en échange du silence, sans reconnaissance de faute), signé par Ajdari à l’époque où il était en responsabilité à France Télévisions.

Ajdari avait répondu qu’il ne se souvenait pas précisément de ce dossier et n’avait pas connaissance de tels faits (notamment concernant des agressions sexuelles ou harcèlement couverts par ce type d’accord- Rappelons qu'une transaction ne peut servir à couvrir des délits !)

La formule consacré en l'espèce « pas à ma connaissance » correspond d'ailleurs à plusieurs réponses de Martin Ajdari qu'il s'agisse des auditions devant ladite commission (notamment en novembre 2025 et avril 2026) et de la Représentation nationale, notamment concernant les protocoles de silence, les affaires de harcèlement/agression ou d’autres questions sensibles (conflits d’intérêts, etc.) 

Ces échanges ont eu lieu dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Charles Alloncle a particulièrement mis en avant ce dossier « Madame J. » (discrimination grossesse reconnue par le Défenseur des droits, protocole de confidentialité) comme exemple de pratiques problématiques. Ajdari a minimisé ou dit ne pas se souvenir.

Quant Delphine Ernotte, lors de sa deuxième audition le 8 avril dernier, face aux révélations tardives sur des  faits évoqués également par Jacques Cardoze, elle a demandé explicitement au rapporteur les éléments pour agir : « Transmettez-moi les noms ! Transmettez-moi les faits ! Saisissez-moi ! ».

Hallucinant…

Ernotte a réaffirmé sa ligne zéro tolérance pour le harcèlement ou les agressions sexuelles/morales, tout en contestant le manque de preuves ou d’éléments concrets transmis à ce stade devant la commission.

Concernant une enquête interne, elle a déclaré : « S’il y a des gens à France Télévisions qui sont concernés par cette affaire, ça m’importe. C’est ma responsabilité » et a demandé à Alloncle de lui fournir les éléments qui lui permettraient d’ouvrir une enquête. (leparisien.fr)

L’État actionnaire doit réagir sans délai et exiger ces départs, au risque d'un incroyable déni de Démocratie  en piétinant encore un peu plus les valeurs qui la fondent.

dimanche 17 mai 2026

La sénatrice Nathalie Goulet, excédée, interpelle directement Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu sur la présence d’Aurore Berger à Cannes.

La sénatrice Nathalie Goulet, excédée, interpelle directement Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu sur la présence d’Aurore Berger à Cannes.

Pendant que les Français se serrent la ceinture, que le déficit explose et que le gouvernement parle « disette budgétaire », la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes (et accessoirement à la lutte contre les discriminations) monte les marches de Cannes. Robe à motifs criards, sourire de gala, tapis rouge : tout y est.

La sénatrice centriste Nathalie Goulet, excédée, interpelle directement Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu : « Chez nous dans l’Orne, on ne comprend pas pourquoi @AuroreBergé est à #Cannes. Et d’ailleurs, qui paye son séjour ? » (*)

Réponse de la ministre ? 
La vidéo qui circule est un fake. Sauf que… la photo d’actualité la montre bien sur place, cheveux (peut-être raccourcis depuis l’an dernier), robe « papier peint » et présence confirmée au Festival. 

Fake la vieille vidéo, vraie la nouvelle escapade confirmée par différents titres de presse (¤ci-après)

On est en 2026. Les caisses sont vides, les impôts pèsent, les priorités sont censées être à la protection des femmes, à l’égalité, à la lutte contre les violences…mais la ministre en charge de ces dossiers choisit le moment pour aller parader sur la Croisette.

Est-ce une mission officielle ? Peut-être. Mais le symbole est ravageur : pendant que l’on demande aux Français de faire des efforts, une ministre de la République fait la mondaine là où se côtoient stars, producteurs et champagne à volonté. 

Qui paie l’hôtel ? Le billet ? Les frais annexes ? Le contribuable a le droit de savoir.

Et la robe ? Chacun est du reste en droit de se poser la même question concernant l’ex-Orange après la tempête de moqueries et autre quolibets qu’elle ramasse depuis sa montée aubergine, des marches du palais des festivals ?!

Aurore Bergé incarne à merveille le macronisme assumé : le verbe haut sur les grandes causes, le geste léger sur l’exemple personnel. On sermonne la France d’en bas, on vit comme la France d’en haut. On parle austérité le matin, on monte les marches le soir. 

Ernotte, elle, la suffisance et la morgue extrême qu’il faut pour contester un travail parlementaire avec un contre document de 120 pages et lancer en commission d’enquête « A Cannes, on est là pour travailler ». 

La sénatrice, les Ornais mais également tous les Français modestes et tous ceux qui paient leurs frasques sans jamais approcher un festival, sont en droit de s'interroger : "Pendant que vous gobergez à Cannes, qui reste dans l’ombre pour régler l’addition" et surtout "quand descendrez-vous de votre tapis rouge pour vous souvenir que vous êtes supposées servir un peuple qui, lui, n’est pas à la fête".

samedi 16 mai 2026

Aurore Bergé parade à Cannes alors que la France n’a toujours pas accordé de visa à un cinéaste palestinien invité du festival !

Aurore Bergé parade à Cannes alors que la France n’a toujours pas accordé de visa à un cinéaste palestinien invité du festival !

C’est le Canard enchaîné qui dans son article intitulé « La France tourne le dos à un cinéaste de Gaza » (signé Jérôme Canard), dénonce le retard (ou le blocage) dans l’octroi d’un visa à Mohammed Alshareef, réalisateur palestinien de 36 ans basé à Gaza.

Ce dernier est invité à présenter son documentaire en cours « Super Sila » (portrait d’un père et de sa fille à Gaza) le 17 mai dans le cadre du marché du film Cannes Docs. 

Il est éligible au programme « Pause » du Collège de France (accueil en urgence d’artistes étrangers en danger).

Malgré des soutiens forts (pétition signée par Gilles Jacob, Mathieu Kassovitz, Costa-Gavras, etc., et une lettre de la Scam — Société civile des auteurs multimédia — envoyée le 27 avril aux ministres Laurent Nuñez (Intérieur) et Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères)), le Quai d’Orsay n’a pas délivré le visa. Aucune réponse officielle n’est mentionnée.

Le palmipède pointe une contradiction entre le discours français sur la culture, la liberté artistique et l’accueil des artistes en danger, et la réalité administrative dans un contexte géopolitique tendu (Gaza). L’hebdomadaire satirique met en également contraste cette situation avec la présence visible d’Aurore Bergé (alors ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations) au Festival de Cannes. Elle a notamment monté les marches et participé à des événements (projections, table ronde CNC sur le cinéma et la diversité culturelle) autour des 13-14 mai, posant devant les photographes avec une tenue « papier peint » des années 70.

Ce que ne dit pas le titre de presse, c’est que le même temps les restaurants italiens de la Croisette et plus encore, explosaient leurs ventes d’aubergines à la parmegiana…allez savoir pourquoi ?! 

Pour revenir plus sérieusement à cette affaire, les  commentaires qui circulent sur le Net - cette mise en lumière y est perçue comme décalée voire totalement hors et symbolique de tout ce qui a été la macronie pendant la décennie passée - soulignent toute l’indécence qu’elle symbolise. La France envoie (ou laisse venir) une ministre « qui n’a rien à y faire » directement pour le cinéma/culture, tandis qu’un réalisateur invité de Gaza reste bloqué. Hallucinant.

Aucune information publique claire n’indique à ce jour, si le visa a finalement été accordé depuis la parution de l’article (le 11 mai). Le réalisateur serait  toujours bloqué selon nos informations. 

vendredi 15 mai 2026

Pour Cannes 2026, le festival lance un nouveau stand …

Pour Cannes 2026, le festival lance un nouveau stand …

Et ça, c’est cadeau…


La France est au bord du précipice, menacée de quitter le chemin démocratique mais Jupiter cherche son « LEGACY »!

La France est au bord du précipice, menacée de quitter le chemin démocratique mais Jupiter cherche son « LEGACY » !

Ce qui se passe à quelques mois de l’élection présidentielle est extrêmement inquiétant pour notre Pays. 

Alors que le livre de Jean Peyrelevade «  La France : du populisme au chaos (Odile Jacob, avril 2026) » (*) dresse un tableau très sombre de la situation française et alerte sur les risques pour la démocratie, la presse commence à relayer la dernière des préoccupations de Jupiter qui se demande - in english, of course - ce qu’il laissera après cette décennie passée ?

Son second quinquennat s’achève dans le bruit des crises et le silence des promesses non tenues et voilà Emmanuel Macron ne dort plus vraiment ! Il compte ses totems. Il scrute son « legacy »…ce mot anglais imposé à son premier cercle comme on impose une marque de luxe sur un bilan en soldes. 

Ce n’est pas un mythe : les médias français et internationaux relaient bien cette angoisse croissante du passage à la postérité.

Politico, L’Opinion, Reuters et d’autres le disent sans fard : le président est « laser-focused » sur ce qu’il restera de lui. Le domestique se détricote ? Qu’à cela ne tienne, on vantera l’international. La France brûle ? On jouera les pompiers sur la scène du monde. Classique d’un règne qui finit comme il a commencé : en communication.

Et que restera-t-il, concrètement ?

Il restera d’abord la casse méthodique de l’audiovisuel public, orchestrée par l’ex-Orange dont  l’intéressé déclarait, dès 2017, que sa gouvernance était « la honte de la République » avant qu’Alexis lui souffle tou l’intérêt qu’il y avait à la maintenir en place. FranceTélévisions, Radio France : des outils transformés en machines à propagande molle, aux frais du contribuable et de tous les Français depuis la suppression de la CAP (ex-redevance) et la fraction de TVA pour le financement, un monument de technocratie sur fond de gabegies systémiques et une ligne éditoriale qui sent le renouveau permanent du macronisme. On a nommé, promu, protégé et fait la part belle à une poignée de sociétés amies qui se sont copieusement, servis sur la bête. On a affaibli les contre-pouvoirs médiatiques tout en hurlant à la « réinformation ». Beau totem pour l’Histoire : un service public plus docile, moins pluraliste mais toujours plus coûteux ! 

L’Opinion et d’autres ont décrit ce souci obsessionnel de « réécrire sa legacy » après les échecs. Le fil rouge de la réécriture : contrôler le récit.

Il restera ensuite la dissolution joyeuse, celle que Bruno Roger-Petit, plume et porte-voix élyséen, a su habiller de grands mots républicains. Dissolution de 2024, chaos parlementaire assumé, Assemblée ingouvernable, Pays bloqué. Un coup de poker présidentiel vendu comme un acte de courage démocratique et qui s’est révélé une fuite en avant. Quand le bilan intérieur est « contesté ou détricoté », comme le note Politico en octobre 2025, on dissout. On fragilise. On laisse aux successeurs les miettes et les factures. Reuters le souligne sans complaisance : l’entourage préfère désormais parler impact international, car le domestique (dette, réformes avortées, impopularité record) est trop fragile pour être brandi.

Emmanuel Macron pousse ses ministres et ses dauphins potentiels (Attal, Philippe et consorts) à porter ce bilan comme un fardeau sacré. Un membre du gouvernement cité récemment : « Attention, il y a mon héritage et vous allez devoir le porter ». Le macronisme s’interroge déjà sur sa propre survie post-2027 (« Peut-on survivre sans Emmanuel Macron ? » titrent certains, dont La Dépêche). Le pragmatisme, le « en même temps », le dépassement gauche-droite : tout cela sonne comme une idéologie creuse une fois le fondateur parti. Un parti centriste sans centre, un mouvement sans mouvement.

Comme Sarkozy et Hollande avant lui, Macron anticipe le jugement de l’Histoire. Il annonce qu’il ne fera « plus de politique » après 2027 (Ouest-France), manière élégante de poser son propre récit avant que d’autres ne l’écrivent. On vantera l’Europe, le Moyen-Orient, quelques sommets et photos de famille diplomatiques. On oubliera pudiquement les « totems » domestiques : dette explosive, pouvoir d’achat stagné pour beaucoup, fractures sociales creusées, institutions malmenées.

Ce qu’il restera, au fond ? Une impopularité record avec près de 8 Français sur 10 qui n’en peuvent plus des promesses de rupture devenues continuité technocratique. Une obsession de la postérité qui révèle surtout l’angoisse du vide. Le président qui voulait « réenchanter » la France aura surtout réenchanter son propre mythe, à grands coups de legacy internationale pendant que l’intérieur se fissurait.

L’Histoire, elle, est cruelle avec les bilans en trompe-l’œil. Elle retiendra peut-être moins les grands discours que les images : un audiovisuel public affaibli, une dissolution qui a fracturé le pays, et un homme seul à l’Élysée, comptant ses totems pendant que son camp se demande déjà comment s’en distancier sans trop le trahir.

C’est tout ce qu’il restera, à peu de choses près…et c’est déjà incroyable.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

La conclusion, elles est toute trouvée avec l’ouvrage de Peyrelevade qui décrit « cette France au bord du précipice avec une probabilité élevée de crise profonde » et prédit que «  sans un "électrochoc" (réformes courageuses + changement institutionnel), le pays risque de basculer du populisme ambiant vers le chaos économique et politique, menaçant la démocratie elle-même » et craint particulièrement une victoire de l’extrême droite en 2027, dont le programme économique lui semble irresponsable et qui pourrait mener à une crise rapide (refus de prêt par les marchés, destruction de l’État de droit, pouvoir hyper-centralisé).

Comment ne pas être d’accord ?

(*) 

https://youtu.be/0aOrQ5N0GrI?is=Qp4bgDCBNPV8rjze



jeudi 14 mai 2026

Un texte qui devrait plaire à la juge chargée de l'instruction pour la plainte de la CGC sur l’argent public dépensé au Majestic.

Un texte qui devrait plaire à la juge chargée de l'instruction pour la plainte de la CGC sur l’argent public dépensé au Majestic.


Combien de temps le chef de l’État va-t-il laisser l’ex-Orange démolir la Cour des comptes ? Au second semestre 2025, la juridiction administrative indépendante (article 47-2 de la Constitution) rendait son rapport sur une décennie ernottienne qui avait conduit France Télévisions vers une quasi dissolution - surtout pas avant mais après qu’Ajdari et sa troupe ait pu procéder à son troisième parachutage sur FTV ! - Les conclusions de l’organe de contrôle de l’État qui en certifie les comptes, évalue les politiques publiques et assiste le Parlement et le Gouvernement, étaient immédiatement contestées par Ernotte qui allait même jusqu'à faire établir un vade-mecum en interne avec tous les éléments de langage, permettant de remettre en cause ses chiffres et son analyse. Ben voyons ! 

Ce n’est pas la première fois que l’infirmière TV piétine l’institution mais là c’est le pompon ! Depuis le début de l’année 2024 où la  CGC de l’audiovisuel a déposé plainte au Pénal après les plus de 112 000 € engloutis dans les suites du Majestic à Cannes et l’enquête du parquet qui a conduit à la nomination par le doyen du juge d’instruction de la magistrate en charge du dossier seulement début 2026 (Là aussi après le troisième parachutage!), le texte qui va suivre devrait l’intéresser au plus haut point.

Delphine Ernotte, parachutée à la tête de France Télévisions en 2015 par François Hollande (malgré un profil totalement télécoms et en violation flagrante des termes de la loi de 2013), a incarné une forme de continuité où les bonnes pratiques sont optionnelles et les recommandations des contrôleurs : des suggestions polies qu’on range dans un tiroir.

L’affaire des chambres du Majestic à Cannes en est le symptôme parfait : une explication vaseuse de « barter » qui a toujours senti le bricolage comptable pour justifier un luxe indécent aux frais (indirects) du contribuable mais aussi de tous les Français avec, depuis trois ans, le remplacement de la CAP (ex-redevance) par une fraction de la TVA.

Le contexte du supposé « troc » et des alertes ignorées.

La Cour des comptes a régulièrement pointé les risques des pratiques de barter (échanges marchands ou troc publicitaire) dans l’audiovisuel public : soit-disant « invendus d’espaces pub » (alors qu'au mieux, il s’agit d’objectifs publicitaires non atteint) échangés contre des prestations [hôtels, voyages, etc...]). 

Ces montages opaques posent des problèmes de traçabilité, de valorisation réelle des espaces cédés et de conflits d’intérêts potentiels. C’est d’ailleurs pour cela que la loi Sapin 2 les encadre encore plus rigoureusement. Cela n’empêchera évidemment pas le contournement des règles de sobriété et de bonne gestion des fonds publics mais au moins cela permet sa judiciarisation en cas de manquements. 

En ce qui concerne France Télévisions, il s'agit du rapport de la cour des comptes juste avant celui de 2016 avait proscrits où à l'instar des contrats pluriannuels le recours à ces pratiques avait été proscrit (* le blog CGC Medias y consacre tout un chapitre)

Revenons dans le cas qui nous occupe et qui occupe la Justice, aux rapports de la rue Cambon juste avant celui de 2016 (déjà critique sur le modèle économique) qui appelaient à plus de rigueur, de transparence et, dans certains cas, à limiter ou encadrer strictement ces pratiques pour éviter les dérives. Ils ont été enterrés et surtout allègrement ignorés.

Ernotte et son équipe n’ont pas changé grand-chose. En 2023, pendant le Festival de Cannes (dont France TV est partenaire), la note s’élève à 112 123 € pour des suites au Majestic (environ 1 700 € la nuit pour six personnes sur 10 jours). 

Selon France Télévisions, qui avait indiqué dans un premier temps, devant une trentaine d’élus, que cette facture était fausse et qu’elle allait mener enquête pour trouver le corbeau, La version suivante a été qu’une partie (environ 38k €) aurait été refacturée aux deux dirigeants de Brut (Together Medias) qui figuraient sur la p’tite note !

Est-il utile de rappeler que s’agissant d’échanges, il n’y a pas de note…tout au plus une compensation cash pour que les produits échangéé correspondent à l’euro-l’euro à la valeur du troc. C’est ce qu’on appelle les « soultes » prévues pour compenser l’écart entre les deux produits. 

Des espaces pub contre ces nuits de luxe, en plein festival de Cannes, échanger contre quoi ? Des mélanges salés pour l’apéritif ?? Puis quoi encore ! « Pas un euro d’argent public ! », clament qualques-uns. Sauf que ces espaces publicitaires ont une valeur marchande, qu’ils auraient pu être vendus ou économisés, et que l’opération reste une dépense de fonctionnement indirecte d’une entreprise en difficulté financière chronique. 

La Cour des comptes a décrit la situation financière de France TV comme « critique » ou « non soutenable » (déficits cumulés, trésorerie tendue, charges élevées), avec des appels répétés à des réformes structurelles. Continuer les palaces via troc ou pas (en l’occurrence) alors que les techniciens dorment plus loin à Mandelieu-La-Napoule (40 minutes à vélo) dans des villages-vacances et que l’entreprise accumule les déficits, c’est ignorer l’esprit (et souvent la lettre) de ces alertes. 

Le symptôme Majestic : élitisme déconnecté

Cette « explication vaseuse » des chambres du Majestic est emblématique de comportements où :

•  On prône la sobriété et la « représentation » pour les autres (réductions d’effectifs, économies demandées) mais…

 On s’offre des suites Prestige Mer avec vue sur la Croisette via un tour de passe-passe comptable.

•  On clame que tout est fait pour  banir ces pratiques depuis 2015 sans jamais vraiment assainir un modèle que la Cour des comptes jugeait déjà fragile il y a dix ans.

C’est le classique « faites ce que je dis, pas ce que je fais » de certaines élites publiques : moralité sur les plateaux, train de vie de festivalier dans les faits. Le barter n’est pas illégal en soi, mais quand il sert à justifier des excès dans un groupe structurellement déficitaire et sous contrôle citoyen, il devient le symptôme d’une impunité culturelle. On troque de la transparence contre du confort, des recommandations contre des suites à 1 700 €/nuit.

En résumé, Ernotte s’est copieusement assise sur l’esprit des contrôles de la Cour des comptes et sur les prescriptions de son ex collègue devenu commissaire européen (qu’il n’est plus depuis les dernières élections).

Le Majestic n’est pas une anomalie, c’est le révélateur d’une gouvernance où l’urgence des réformes structurelles passe toujours après le standing de la direction. Le contribuable, lui, continue de payer l’addition — directe ou via la taxe sur la valeur ajoutée mais depuis peu, ça sent le moisi plus que le caviar du Fouquet’s.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

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Ce que disent les rapports de la Cour des comptes

•  Rapport particulier de mars 2005 (sur les comptes et la gestion de France Télévisions Publicité pour 1996-2002) : La Cour a observé des contrats d’échange d’espace publicitaire contre biens/prestations. Ces contrats créaient des risques pour la régie et le groupe (situations de dépendance). Des mesures sont supposées avoir été prises ensuite pour limiter ou suspendre ces pratiques à haut risque. (ccomptes.fr)

•  chacun constate que ce ne fut à l’évidence pas le cas puisque France Télés refait le coup  du barter, notamment pour des frais d’hébergement au Majestic de Cannes (le 5 étoiles du groupe Barrière) avec l’argument que cela n’engagerait pas directement d’argent public (Ben voyons!).

C’est ce qui a été répété à l’envie et sous serment devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel publique mais aussi devant les commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat voilà une douzaine d’années.

Rappel ( source Cour des comptes)

Voici les passages pertinents extraits du document de la Cour des comptes (disponible sur leur site : « France Télévisions Publicité – Les nouveaux contrats d’échange »). Ce texte fait explicitement référence au rapport particulier de mars 2005 sur les exercices 1996-2002. 

Passage principal (introduction du chapitre): 

« Dans son rapport particulier de mars 2005 sur les comptes, l’activité et la gestion de France Télévisions Publicité, pour les exercices 1996 à 2002, la Cour avait observé que la régie publicitaire du groupe France Télévisions avait souscrit avec des pools d’annonceurs des contrats d’échanges d’espaces publicitaires contre des biens ou prestations de service. (#)

Cette pratique présentait un risque non seulement pour elle mais aussi pour la société holding. Après que des premières mesures ont été prises par le comité d’audit du groupe, le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie a informé la Cour des décisions arrêtées pour limiter les risques actuels et pour les éliminer à l’avenir. »

(#) Il convient de rappeler, ici, que France Télévisions, étant une entreprise 100 % publique, elle ne peut en aucun cas commercialiser, quoique ce soit en dehors de la régie publicitaire (FTP) qui est seule habilitée à avoir une activité commerciale (recettes publicitaires, parrainages, etc...)…Aucun des services de France Télévisions ne peut prétendre à ce genre de pratique. 

Détails sur les risques (section 2):

« Ces contrats, dont les montants dépassaient en 2003 ceux des contrats d’échange classiques […], conduisent à créer des situations de « fournisseurs obligés », qui peuvent battre en brèche les principes de mise en concurrence et de regroupement des commandes qui fondent la politique des achats du groupe. Ils peuvent également entraîner une sous-utilisation des droits d’achat des chaînes. Ainsi, au 30 novembre 2003, le solde non utilisé des droits d’achat s’établissait à 12,4 M€. »

La Cour note aussi le manque d’information du conseil d’administration et de la direction financière, ainsi que les inquiétudes des commissaires aux comptes et de l’audit interne.

Mesures prises (section 3) :

« Lors de la contradiction précédant le rapport particulier, le directeur du Trésor avait souligné qu’il était « très attaché à ce qu’il soit mis fin à la pratique des contrats d’échange » […] Dans une lettre du 21 avril 2005 (¤), le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie a informé la Cour qu’il partage son avis sur les risques et les inefficacités de gestion associés à cette pratique […] »

Des renégociations ont eu lieu (avenant en janvier 2005) et un engagement a été pris de ne plus signer ce type de contrats à l’avenir.

Contexte supplémentaire

(¤) Cette lettre fait suite à la procédure de contradiction avec la Cour (échanges avant la publication du rapport).

- Le ministre à l’époque était Thierry Breton (l’ex collègue de Delphine chez France Telecom).

- Elle confirme l’engagement de mettre fin ou de fortement limiter les contrats d’échanges (barter) jugés risqués.

Ce type de correspondance ministérielle avec la Cour des comptes est souvent interne et non publié au Journal officiel ni archivé publiquement de manière systématique. 

(*)