Liminaire de la CGC des médias, lu en commission d'enquête sur "la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public"
Avant de revoir l'audition de la CGC en bas de post (*), le blog CGC Médias vous propose de découvrir le liminaire de l'organisation syndicale.
Avant toute chose, merci
Madame la Présidente, Monsieur le Rapporteur, Mesdames et Messieurs les
Députés, de nous recevoir.
Je tiens à rappeler que je
m’exprime aujourd’hui devant votre commission avec la conviction profonde qui
anime tous celles et ceux qui croient encore en une certaine idée de l’Audiovisuel public: il n’est pas une marchandise. Il n’est pas un actif qu’on
évalue à la baisse pour le céder au plus offrant. Il est le bien de
tous les Français.
Il est aussi celui des
salariés, les premiers concernés, les femmes et les hommes qui font vivre au
quotidien ce service public et qui attendent énormément de votre
commission : un électrochoc pour le moins, sinon un tsunami.
Malgré le peu de temps entre les convocations et cette séance de votre commission, nous espérons être prêts à répondre à toutes les questions qui nous serons posées. En tout cas, il y a une chose que nous tenons à réaffirmer le plus résolument et le plus fermement qui soit, c’est notre opposition à la privatisation.
Que notre organisation dénonce les
gabegies comme elle l'a fait depuis une décennie eui se sont multipliées sans que personne n’y ait
vraiment trouvé à redire, sauf aujourd’hui votre commission et il y a
peu l’Inspection Générale des Finances et la Cour des comptes, cela
ne signifie en rien qu’elle souhaiterait son passage au privé. Que ce soit clait
L’audiovisuel public n’appartient ni à une majorité du moment, ni à un groupe industriel, ni à un clan, encore moins à une idéologie ou à des profiteurs qui s'en servent comme une vache à lait Il appartient aux Français, il faut le marteler.
À tous les publics qu’ils soient de l’Hexagone et de tous les territoires, particulièrement les Outre-mer qu'on a cherché à invisibiliser en leur laissant un simple portail sur lequel personne ne va quasiment jamais depuis l’arrêt de la chaîne qui leur était dédiée: France Ô. À ceux des grandes villes comme à ceux des villages les plus reculés ou des iles de notre Pays, à ceux qui regardent le journal de 20 heures comme à ceux qui écoutent la radio au petit matin, à ceux qui découvrent le monde à travers un documentaire et à ceux qui se retrouvent autour d’une fiction le soir.
Le confier au privé, ce serait
le confisquer à la Nation.
Questionner sur sa
transformation, oui. Le service public doit se réinventer sans cesse.
Il doit être plus agile, plus transparent dans sa gestion, plus exigeant encore
sur son indépendance, plus proche des attentes et des réalités de nos
concitoyens. La transition technologique, l’adaptation au numérique qui
rappelons-le est un outil: elle s’accompagne, elle ne se décrète pas, elle doit se faire avec les salariés.
L’Audiovisuel public dont la télévision représente la plus grosse partie, doit aussi et surtout faire preuve d’exemplarité dans l’usage de l’argent public. Ce qui est loin d’être le cas.
Son reformatage est une
nécessité. Une urgence, même.
Mais le vendre ? Le
vendre serait une absurdité. Une absurdité économique, d’abord : aucun
calcul sérieux ne démontre qu’une privatisation rapporterait durablement à
l’État ce qu’elle lui coûterait en perte de souveraineté informationnelle et
culturelle. Une absurdité démocratique, ensuite : car là où le service public,
même imparfait, cherche encore le bien commun, le privé obéit d’abord à
la loi du marché et aux intérêts de ses actionnaires.
Votre commission d’enquête
parlementaire a été mise en place comme son nom l’indique pour «
investiguer en profondeur » un sujet d’intérêt général, auditionner
celles et ceux qui pourront éclairer vos travaux afin de produire, au
bout du compte, un rapport public avec constats et recommandations que
les Français attendent avec impatience.
Ils ne se laisseront pas
abuser par quelques mensonges et autres communications de crise visant à leur
faire croire que tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes et
que toujours plus d’argent public permettrait de tout changer…pour que finalement rien ne
change !
Dans son intitulé, votre
commission vise 3 des priorités de l’audiovisuel public : sa
neutralité, son fonctionnement et son financement. En résumé : elle
cherche à savoir si l’audiovisuel public remplit correctement ses missions, sans dérive partisane, sans gaspillage.
En ce qui nous concerne, nous
sommes à des années-lumière du respect de ces impératifs.
- Rejeter sans cesse la faute
sur l’État actionnaire (bien qu’il n’y a aucune action
émise !) est une facilité pour beaucoup. Certes, sa
responsabilité est grande puisque il est propriétaire à 100% de ces entreprises mais il n’est pas
le seul resposnable.
- Rendre
la Représentation nationale responsable de l’absence de Contrats d'Objectifs et de Moyens donc de lignes
directrices alors que dès qu’ils sont signés ces COM sont régulièrement piétinés,
l’est tout autant.
- Prétendre porter le fer contre tel ou tel parti politique et se réfugier derrière cette posture alors que justement l'obligation de neutralité l’interdit, c’est non seulement ridicule mais surtout contreproductif, pour autant qu'il y ait vraiment un but poursuivi !
Ce n’est pas cette
neutralité fuyante qui menace vraiment le pluralisme, c’est la
concentration privée, les millionnaires voire pour certains
les milliardaires qui possèdent déjà de facto une grande partie des médias
français !
Il est temps pour nous tous de
remettre à plat un système dévoyé par quelques-uns pour des intérêts qui n’ont
rien à voir avec le bien commun afin que la voix des salariés – valeur
irremplaçable du service public – soit entendue et que l’Audiovisuel public
retrouve de l’exemplarité au lieu des chemins de traverses sur lesquels
certains l’ont sciemment égaré.
Je vous remercie de votre
attention.
(*)
https://youtu.be/7PnHiK0qpMw












