France Télévisions vient encore de prouver, avec un talent presque pathétique, qu’elle n’a plus besoin de concurrents pour se ridiculiser.
Deux erreurs dans un sujet de moins de deux minutes. Deux. Dans le même reportage. Sur le même « 20 Heures » qui plu est. Le genre d’exploit qui ferait rougir un stagiaire de première année… sauf que là, c’est le JT phare de la chaîne publique qui l’a accompli.
D’un côté, on prend un pote du suspect et on lui colle sur le front « Pascal Godrie, maire de Val d’Issoire ».
De l’autre, on invente une condamnation pour incendie de véhicules Enedis et d’antennes-relais alors que le type a juste tabassé un flic. La télé publique au quotidien ! On n’est plus dans l’erreur journalistique, on est dans le fan-fiction de plateau. Le plus drôle : Ils ont retiré le sujet du replay comme des gosses qui effacent la photo compromise avant que maman rentre.
Puis un petit tweet d’excuses toutes faites, bien polies, bien institutionnelles. "Hier soir dans le JT de 20h, le sujet sur l’interpellation d’un suspect concernant l’incendie de la mairie de Limoges comportait deux erreurs. La personne identifiée comme le maire de la ville est en fait un ami du suspect. Et le suspect a bien été condamné, mais pour des violences contre un policier. Nous présentons nos excuses à nos téléspectateurs", peut-on lire dans le tweet.
Merci, c’est touchant. On se demande juste s’ils s’excusent aussi auprès de la vérité, ou si celle-ci a définitivement quitté le bâtiment.
Ce n’est même pas une première. C’est juste la dernière perle d’un collier de médiocrité qui s’allonge à chaque émission. La semaine dernière, le même « 20 Heures » nous servait un clip de douze minutes d’émeutes brutes, quasi sans contexte, quasi sans distance, qui a tellement plu à la CGT qu’ils demandent la démission collective. Philippe Corbé sort alors son couplet habituel : « On aurait dû mieux contextualiser… on aurait dû être plus clairs… ». Toujours le conditionnel passé. Jamais le présent de l’exigence. France Télévisions a découvert le concept de « on aurait dû » et en a fait une doctrine éditoriale.
À ce stade, on ne parle plus de journalisme. On parle d’un service public qui confond information et approximation permanente, qui confond immersion et propagande, qui confond rectificatif et tweet de façade.
Deux erreurs en deux minutes, c’est plus un accident, c’est un diagnostic. Il est clair que diagnostic la machine est grippée, les contrôles qualité ont pris la poudre d’escampette et le « 20 Heures » de France 2 continue de diffuser comme si de rien n’était, persuadé que le public n’a qu’à s’habituer.
On attend désormais la prochaine perle. Peut-être qu’ils prendront le voisin du boulanger pour le président de la République. Ou qu’ils expliqueront qu’un incendie de mairie n’a jamais eu lieu. Après tout, l’habitude est prise. Et les excuses, elles, sont déjà rédigées.










