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jeudi 17 septembre 2026

Le canard enchaîné (*) souligne le coût des vacances de Pigasse (Mediawan)

Le canard enchaîné (*) souligne le coût hallucinant des vacances de Pigasse (Mediawan)

Après la parution de l’article concernant l’un des trois patrons de Mediawan (Avec Niel et Capton), les réseaux sociaux s’en donnent à cœur joie. 

Le blog CGC Média a décidé de retenir les propos du site « Padup Media » particulièrement bien présenté : 

« Il dit prendre le métro et faire ses courses lui-même. On vient de le retrouver dans une villa-palais de l'île privée de Moustique, aux Caraïbes, l'un des refuges les plus fermés de la planète.

🏝️ LA VILLA À 22 868€ LA NUIT :

Selon Le Canard enchaîné, qui a sorti l'affaire le 15 septembre 2026, Matthieu Pigasse, banquier d'affaires et patron de Radio Nova et des Inrockuptibles, a séjourné du 26 juillet au 14 août 2026, soit 19 nuits, dans la villa The Terraces. Plus de 2600 m², 9 suites, 3 piscines, un cinéma et un court de tennis. Le tarif catalogue atteint 130 000€ la semaine.

Le journal satirique dit avoir obtenu un devis pour une location estivale : 22 868€ la nuit, taxes comprises. Pour 19 nuits, la note est estimée à plus de 434 000€. [soit quasiment 294 SMIC mensuels nets. En équivalent de SMIC annuels (pour un temps plein sur toute l'année: 24 ans et 6 mois de SMIC net]

L'hebdomadaire affirme aussi détenir un extrait du registre de la Mustique Company qui mentionne son séjour.

💸 LE BANQUIER QUI PREND LE MÉTRO :

Le problème n'est pas qu'un banquier d'affaires soit riche. Le problème est ce qu'il raconte de lui. En juillet 2026, Matthieu Pigasse expliquait se déplacer à pied, en métro ou à vélo, et faire ses courses lui-même. En août, aux universités d'été des Écologistes, il assurait devant les militants ne pas être issu de la noblesse.

Entre les deux, 19 nuits à Moustique, l'île où les têtes couronnées et les milliardaires viennent se cacher des regards. Le récit du financier proche des gens tient donc exactement le temps d'un vol vers les Caraïbes.

📉 LA GAUCHE DES PALACES :

Voilà l'homme que la gauche et le service public présentent comme le banquier fréquentable, celui qu'on invite sur les plateaux et dans les universités d'été pour parler du pays. Il possède une radio et un magazine qui donnent le ton à toute une génération de journalistes…et il passe ses étés dans une villa que l'immense majorité des Français ne pourrait pas se payer en une vie de travail.

Personne ne lui reproche de dépenser son argent. On lui reproche de se raconter en homme simple qui prend le métro, pendant que le devis de ses vacances dépasse 434 000€. Alors on attend des médias qui l'invitent qu'ils rappellent, la prochaine fois, où il passe ses étés.

Un banquier « de gauche » qui vit comme un prince a-t-il encore une leçon à donner aux Français ? Et les médias qui l'invitent, pourquoi n'en parlent-ils jamais ? »

(*)


Source : Le Canard enchaîné, 15 septembre 2026.


Contexte

Matthieu Pigasse a récemment affirmé s’être retrouvé bloqué dans sa tentative de participer à la primaire de la gauche (organisée notamment par le PS) en vue de l’élection présidentielle de 2027.

En septembre 2026 (notamment lors de la Fête de l’Humanité le 12 septembre), le banquier d’affaires et patron de médias (groupe Combat, Radio Nova, Les Inrockuptibles, etc.) a publiquement regretté de ne pas pouvoir entrer dans le processus de désignation du candidat. Il a lancé une « alerte SOS enlèvement » ironique visant Olivier Faure (premier secrétaire du PS), en disant que celui-ci avait disparu après l’avoir encouragé à se lancer, et qu’il se heurtait à un « bunker dans lequel personne ne peut entrer ». Il a résumé la situation ainsi : « J’ai dit, je suis prêt, et on me dit, non, on ne veut pas de toi. » ( huffingtonpost.fr)

Selon les comptes rendus (notamment Le Monde, HuffPost et Wikipédia), sa candidature à la primaire aurait été bloquée ou freinée par Olivier Faure et Raphaël Glucksmann (Place publique). Faure a déclaré officiellement être favorable à l’ouverture (« je ne veux pas bloquer l’entrée de la boîte de nuit »), tout en indiquant craindre un veto de Place publique. Le camp Glucksmann, de son côté, a rejeté la responsabilité sur Faure, affirmant qu’il n’y avait pas de veto de leur part et que Pigasse se serait « fait berner ». Il a multiplié depuis 2025-2026 les interventions pour « peser » sur 2027, en se présentant parfois comme « candidat à idées » ou disponible si la gauche en a besoin, tout en défendant une ligne de « gauche radicale de gouvernement ». Il a participé à des événements de LFI et convergé idéologiquement avec certaines positions de Jean-Luc Mélenchon, ce qui a creusé les tensions avec l’aile plus sociale-démocrate (dont Glucksmann). Il ne fait finalement pas partie  des candidats retenus à la primaire socialiste.

Ces déclarations datent de mi-septembre 2026 et s’inscrivent dans les divisions internes de la gauche non-mélenchoniste autour de la primaire.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​


France Inter : vers un débat pour désamorcer la crise autour de Charles Sapin

France Inter : vers un débat pour désamorcer la crise autour de Charles Sapin

Selon des informations de Satellifax, une piste de sortie de crise se dessine à Radio France. Ce jeudi 17 septembre, les directions de la Maison ronde et de France Inter devraient proposer à l’intersyndicale de transformer l’éditorial politique du dimanche matin en débat. Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, resterait à l’antenne, mais face à des contradicteurs.

Cette solution, qui nécessite l’accord de l’intéressé qui intervient chaque dimanche matin, vers 7 h 40 / 7 h 42 dans la matinale de France Inter assurant un édito (ou chronique) politique de quelques minutes (environ 2 min 30) mais aussi d’intervenants d’autres sensibilités, répondrait notamment aux critiques de la société des journalistes de France Inter. Celle-ci jugeait comme « une ligne rouge » le fait de confier un édito à un représentant d’un média condamné notamment pour injures racistes. La direction avait défendu ce choix au nom du pluralisme.

L’arrivée de Charles Sapin (passé par Le Point avant Valeurs actuelles) a provoqué un vif émoi, des mobilisations syndicales perturbant les antennes et une tribune de près de 300 personnalités dans Le Parisien jugeant la décision « révoltante ». Une nouvelle journée d’action est envisagée lundi 21 septembre.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mercredi 16 septembre 2026

Léa Salamé et Hugo Clément : encore un gros flop avec « Sauvons nos forêts »…

Léa Salamé et Hugo Clément : encore un gros flop avec « Sauvons nos forêts »…

Léa Salamé n’a pas quitté l’antenne de France Télévisions. Elle a juste changé de fauteuil. Après s’être « mise en retrait » du 20 heures pour cause de compagnon candidat, la voilà déjà de retour mardi soir, bras dessus bras dessous avec Hugo Clément, pour une grande soirée spéciale baptisée « Sauvons nos forêts ». Objectif affiché : comprendre les incendies de l’été, donner la parole aux victimes, aux experts, aux solutions concrètes. 

Résultat concret : 1,153 million de téléspectateurs et 6,7 % de part d’audience seulement, au coude-à-coude avec 9-1-1 sur M6 (1,124 million). Loin, très loin, derrière La Stagiaire sur France 3 (3,647 millions) et Koh-Lanta All Stars sur TF1 (2,771 millions).

On se souvient de « Aux arbres citoyens » en 2022, déjà avec le même duo : 1,62 million. Quatre ans plus tard, le même registre « urgence climatique + service public + plateaux d’experts » et on perd 470 000 curieux. 

Le message est clair : les Français préfèrent voir Michèle Bernier en stagiaire ou des aventuriers se débattre sur un îlot panaméen plutôt que Léa et Hugo expliquer une nouvelle fois pourquoi les forêts brûlent !

Le dispositif était pourtant rodée : reportages, scientifiques, victimes, « solutions concrètes ». Le genre d’émission que France Télévisions adore produire pour se donner bonne conscience et remplir les cases « engagement ». Sauf que le public, lui, a voté avec la télécommande. Pendant que TF1 enchaînait tranquillement sa saison All Stars (déjà 2,6 millions la semaine précédente), France 2 a terminé la soirée en spectateur de luxe… loin très loin derrière La Une.

On ne reprochera pas à Léa Salamé de rester fidèle à Ernotte. On lui reprochera juste de continuer à recycler le même format moralisateur qui, année après année, peinait déjà à remplir le canapé. Hier soir, « Sauvons nos forêts » n’a sauvé ni les forêts ni les audiences de France 2. Il a juste confirmé que, même retirée du JT, Léa Salamé n’a toujours pas quitté l’antenne… mais que l’antenne, elle, continue de la quitter plus qu’un peu.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

« Droit dans les yeux… sauf quand ça dérange : Ernaux autorisée, Haenel censurée par France Télévisions »

« Droit dans les yeux… sauf quand ça dérange : Ernaux autorisée, Haenel censurée par France Télévisions »

En juin 2025, Annie Ernaux Prix Nobel de littérature, s’assoit dans le fauteuil de La Grande Librairie. Elle regarde la caméra droit dans les yeux.

Elle parle de Gaza. Elle parle de génocide. Elle parle d’enfants morts et mutilés, d’écoles et d’hôpitaux détruits, d’une population dont « la réalité est maintenant la mort et non plus la vie ». Elle dénonce l’anéantissement d’une civilisation. Elle appelle au cessez-le-feu, au retour des otages israéliens et à la libération des prisonniers palestiniens. Elle demande qu’on fasse pression sur le gouvernement français.

France Télévisions applaudit. La séquence est promue, partagée, mise en avant. Le service public s’enorgueillit de cette « tribune libre ». On vante le courage. On célèbre la parole qui « prend aux tripes ». Aucune « mesure conservatoire ». Aucune dépublication. Aucune excuse sur le « cahier des charges » qui imposerait plusieurs points de vue. La Prix Nobel a parlé. Tout va bien.

Quinze mois plus tard, en septembre 2026, Adèle Haenel s’assoit dans le même fauteuil. Elle regarde la caméra droit dans les yeux. Elle parle aussi de Gaza. Elle parle aussi de génocide. Elle dit que l’État d’Israël en commet un en Palestine et que la France est complice. Elle ajoute : « N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine. »

Cette fois, le service public s’étrangle. Le lendemain, le replay disparaît. L’émission entière est retirée de France.tv. On invoque soudain le cahier des charges, l’absence de contradiction, les saisines, l’Arcom, une « mesure conservatoire ». On jure la main sur le cœur qu’il n’y a « aucune censure »

Seulement une coïncidence très malheureuse qui frappe exactement la séquence où une femme ose dire tout haut ce qu’Ernaux avait pu dire un an plus tôt… en un peu plus direct, et sans le prestige du Nobel pour la protéger.

Voilà la grande leçon de liberté d’expression à la française, version service public :

- Quand c’est Annie Ernaux, c’est de la littérature, du courage, une belle séquence « Droit dans les yeux ».

-  Quand c’est Adèle Haenel, c’est trop, c’est déséquilibré, c’est dangereux, il faut effacer.

Même fauteuil. Même caméra. Même sujet. Même mot — génocide. Même appel à faire pression. Mais deux poids, deux mesures. L’une a droit à la promotion officielle. L’autre a droit à la disparition discrète.

On nous avait vendu une « tribune libre ». On découvre qu’elle est libre… jusqu’à un certain point. Jusqu’à ce que la parole devienne trop claire, trop accusatrice, trop gênante pour ceux qui préfèrent le silence télévisuel bien huilé. Annie Ernaux avait le droit de dénoncer. Haenel n’a eu que le droit d’être effacée.

Le plus corrosif, ce n’est même pas la censure. C’est le mensonge qui l’accompagne. « Il n’y a aucune censure », répète France Télévisions pendant qu’elle retire l’émission. Comme si retirer une parole dérangeante de l’espace public n’était qu’une opération technique, une question de conformité administrative.

La séquence d’Ernaux en 2025 prouve que l’on pouvait dire ces choses. Celle de Haenel en 2026 prouve qu’on ne peut plus — ou plutôt qu’on ne veut plus. Que la liberté d’expression du service public s’arrête exactement là où commence le véritable inconfort.

Droit dans les yeux ? Seulement quand les yeux regardent ce qu’on a envie de voir.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

NB: Il est probable que cette mise en parallèle intéresse le député Aymeric Caron rapporteur pour avis sur le budget de l’audiovisuel public (compte de concours financiers « Avances à l’audiovisuel public »), qui inclut notamment France Télévisions, au sein de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.







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mardi 15 septembre 2026

Deux programmes de TF1 occupent actuellement le top 10 des contenus les plus regardés sur Netflix (en France).

Deux programmes de TF1 occupent actuellement le top 10 des contenus les plus regardés sur Netflix (en France).

1-  La Cible (minisérie d’action française avec Tomer Sisley et Fauve Hautot) → 7ᵉ place.
Elle a été lancée sur TF1 le 7 septembre 2026.

2-  Koh-Lanta : All Stars (le divertissement d’aventure présenté par Denis Brogniart) → 10ᵉ place.
La saison a démarré fin août 2026.

Ces succès confirment le bon démarrage du partenariat TF1/Netflix lancé en juin 2026, qui permet aux abonnés Netflix d’accéder aux programmes de TF1+ (avec publicité).​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

lundi 14 septembre 2026

France Télévisions vient de parfaitement démontrer ce qu’est la censure moderne…

France Télévisions a parfaitement démontré, en septembre 2026, ce qu’est la censure moderne : pas le grand coup de ciseaux ridicule des régimes autoritaires mais quelque chose de bien plus hypocrite et de bien plus efficace. Une censure de service public, parée des oripeaux du « pluralisme », de l’« honnêteté » et de l’« article 35 ». (Communiqué du groupe de télés public)

 

Pourtant, souvenez-vous, il n’y a pas si longtemps, l’an dernier en mai 2025, Thierry Ardisson compare Gaza à Auschwitz dans Quelle époque !. Une comparaison que beaucoup, y compris des institutions juives, qualifient d’ignoble, de révisionniste, de blessante pour la mémoire de la Shoah. 

Que fait France Télévisions ? Rien. Ou plutôt : elle laisse passer. Ardisson demande lui-même qu’on coupe la séquence. Personne ne le fait. Ni la production, ni le représentant de France Télévisions présent. La séquence est diffusée, reste accessible, circule. On se contente d’un communiqué de regret après coup, d’une main sur le cœur et d’un « on est vigilants ». L’article 35 sur le pluralisme et l’expression des différents points de vue ? Mystérieusement silencieux. Pas de « mesure conservatoire ». Pas de retrait du replay. Rien.

Quinze mois plus tard, Adèle Haenel, dans La Grande Librairie, accuse Israël en direct de génocide, dénonce la complicité de la France et appelle à sanctionner Israël. Même logique unilatérale, même absence de contradiction immédiate, même format « carte blanche » mais  cette fois, France Télévisions sort l’artillerie lourde: suppression pure et simple du replay de toute l’émission.

« Mesure conservatoire ». « Multiples saisines ». « Cahier des charges extrêmement strict » et  bien sûr, l’article 35 brandi comme un saint sacrement : les questions controversées doivent être présentées de façon honnête et les différents points de vue doivent être assurés.

Traduction : quand on banalise la Shoah en comparant Gaza à Auschwitz, le pluralisme peut attendre. Quand on accuse Israël de génocide, le pluralisme devient une urgence absolue qui justifie d’effacer l’émission entière de la plateforme officielle. Deux poids, deux mesures. Ou plutôt : un poids et une balance qui penche toujours du même côté.

Ce n’est pas de la maladresse. C’est une doctrine. France Télévisions a intériorisé une hiérarchie des interdits. Certaines paroles sont « controversées » au point d’exiger une suspension immédiate. D’autres, tout aussi unilatérales et explosives peuvent tranquillement rester en ligne. 

Le service public ne censure pas tout le monde : il censure ce qui dérange un certain consensus, tout en laissant prospérer ce qui le conforte ou le flatte. Il invoque le pluralisme uniquement quand cela arrange et l’oublie quand cela dérange.

La censure n’est plus l’interdiction pure : c’est le pouvoir de décider après diffusion de ce qui a le droit d’exister encore sur les plateformes officielles. C’est le pouvoir de faire disparaître ce qui a été dit, tout en prétendant que « ce n’est pas de la censure » parce que ça a été diffusé une fois. C’est l’art de transformer un article réglementaire en arme sélective.

France Télévisions n’a pas censuré par accident. Elle a censuré avec méthode, avec une justification totalement ridicule et avec la bonne conscience du service public qui « permet » le débat.

C’est précisément cela qui est corrosif : la démonstration que, sous couvert de pluralisme, on peut parfaitement choisir quelles paroles méritent d’être effacées et lesquelles ont le droit de rester.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ 


dimanche 13 septembre 2026

France 2, championne de la pub clandestine : quand le service public se fout royalement de l’ARCOM (et des citoyens)

France 2, championne de la pub clandestine : quand le service public se fout royalement de l’ARCOM (et des citoyens)

Hier soir, France 2 a encore prouvé qu’elle vit dans un univers parallèle où les règles de l’ARCOM ne s’appliquent qu’aux autres. Pendant que TMC et C8 se font coller des amendes pour un logo de baskets ou un sweat-shirt un peu trop visible, la chaîne publique a diffusé le spectacle (enregistré, rappelons-le) de Léna Situations en laissant filer un véritable catalogue de marques : BoursoBank, Bulgari, Lime, Uber… Sans floutage, sans coupure, sans vergogne.

Peu importe le prix finalement payé – qu’on parle des 200 000 € officiellement avancés par France Télévisions ou des 1,2 million d’euros évoqués dans certaines émissions – le résultat est le même : un fiasco d’audience (moins de 180 000 téléspectateurs) et un florilège de placements de produits parfaitement assumé. On a même conservé la séquence BoursoBank où l’argent n’est pas offert aux téléspectateurs mais aux gens déjà présents dans la salle. Autrement dit, une pub gratuite pour une banque, financée avec l’argent public, pour un public captif… pendant que l’audience s’effondre.

On rappelle le principe, pour ceux qui ont encore un minimum de mémoire : l’ARCOM exige au moins trois citations de marques ou un floutage sérieux pour éviter la publicité clandestine. Cyril Hanouna et ses équipes se sont déjà fait remonter les bretelles pour bien moins que ça mais Léna Situations, elle, peut citer sa banque, exhiber son collier Bulgari et offrir des plans prolongés sur des vélos Lime et des Uber sans que personne ne bronche à France Télévisions. Magique, non ?

France 2 n’a pas seulement diffusé un spectacle médiocre. Elle a diffusé une démonstration en direct (enfin, en différé) de son deux poids, deux mesures. Que ça n’ait coûté que quelques centaines de milliers d’euros ou beaucoup plus, le constat reste identique : de l’argent public jeté par les fenêtres pour un carton d’estime battu par plusieurs chaînes de la TNT, le tout agrémenté d’une belle pub clandestine. L’ARCOM pendant ce temps ? Silence radio. Comme d’habitude quand ça touche le service public ! 

samedi 12 septembre 2026

France Télévisions transforme une carte blanche de deux minutes en un monument national de lâcheté institutionnelle.

France Télévisions transforme une carte blanche de deux minutes en un monument national de lâcheté institutionnelle.

Adèle Haenel a dit tout haut ce que des millions de gens murmurent et vous, service public financé par l’argent des Français vous avez paniqué comme des adolescents surpris en train de fumer derrière le gymnase. Pourtant, c’est bien vous qui lui avez laissé la parole, libre de surcroît !!

« Il n’y a aucune censure », osez-vous écrire d’un air solennel, avant d’ajouter le chef-d’œuvre de la novlangue : « mesure conservatoire ». Conservatoire de quoi, exactement ? De votre confort ? De vos relations ? De la fiction selon laquelle le cahier des charges (article 35, on vous l’enfonce dans la gorge) exige une « diversité de points de vue »… sauf quand le point de vue dérange vraiment ?

Vous l’avez invitée en toute liberté. Vous lui avez donné le fauteuil. Vous l’avez diffusé en direct et le lendemain matin, face aux « multiples saisines » (traduction : quelques coups de fil bien placés et une avalanche de plaintes de ceux qui ne supportent pas qu’on nomme les choses), vous avez purement et simplement effacé l’émission entière. Pas juste le passage. Toute l’émission. Comme si Ananda Devi, Lilia Hassaine et Philippe Jaenada avaient eux aussi commis le crime de lèse-majesté. Effet Streisand en mode turbo : maintenant le monde entier regarde la séquence en boucle, et votre communiqué bidon du 11 septembre 2026 est devenu le meilleur argument en faveur de ce qu’elle disait.

« Sujet géopolitique particulièrement sensible »…Tellement sensible qu’il faut le cacher sous le tapis dès qu’il sort de la bouche d’une femme qui n’a plus rien à perdre. Vous qui passez votre temps à nous bassiner avec la « liberté d’expression », la « pluralité », le « débat démocratique », vous avez juste prouvé une chose : il y a des mots qui ne doivent surtout pas être dits sur le service public. Et en les faisant disparaître, vous avez offert à Haenel la plus belle démonstration possible de son propre propos.

Il convient de revenir sur la phrase de l’ex-primo dircab ernottien qui lançait «Une carte blanche c’est la liberté… ». Qui, selon lui a décidé de l’inviter ? 

Pendant que vous jouez les gardiens de la morale géopolitique à géométrie variable, le scandale que vous avez vous-mêmes créé fait plus de bruit que les paroles de la comédienne ou de qui que ce soit d’autre. Parce que rien n’est plus bruyant qu’un silence imposé. Rien n’est plus visible qu’une page blanche là où il y avait encore hier une vidéo.

France Télévisions, si vous n’avez pas censuré, vous avez juste avoué…et ça, personne ne pourra plus le dépublier.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​


vendredi 11 septembre 2026

« La radio et la télé, c’est terminé ! »…dixit France Télés !

« La radio et la télé, c’est terminé ! »…dixit France Télés !

Ou comment la direction de Guyane La 1ère vient d’offrir au public le plus bel hommage involontaire à son propre mépris.

Chacha a parlé. Avec son petit air de personnage de pub ratée, elle déclare solennellement que la radio et la télé, c’est fini. Place aux réseaux, à l’appli, au tout-numérique pour les branchés. Les autres ? Ceux qui n’ont pas la fibre dans leur coin de forêt, ceux qui n’ont pas trois forfaits data, ceux qui regardent encore le journal parce que c’est le seul qui parle vraiment de chez eux… on les range gentiment dans la case « vieux qui ont gardé leur poste des années 90 ».

Bravo. On n’avait pas encore vu une campagne de communication aussi efficace pour dire aux Guyanais : « Vous êtes le passé. On vous tolère encore un peu, mais pas trop longtemps. »

Pendant ce temps, les équipes de la radio et de la télé continuent de produire le contenu qui alimente… justement les réseaux et l’appli. Mais peu importe. On préfère se moquer de ceux qui font encore le boulot plutôt que d’assumer une stratégie de dévitalisation lente et méthodique : journaux radio devenus des photocopies pâles, 13h sans reportages, journal du soir réduit, sous-traitance à tour de bras. On ne tue pas la radio et la télé d’un coup. On les laisse se vider de leur sang, puis on s’étonne qu’elles aient l’air fatiguées.

Cette campagne n’est pas drôle. Elle est méprisante.

Méprisante pour les auditeurs et téléspectateurs qui restent, de loin, les plus nombreux.

Méprisante pour les journalistes et techniciens qui tiennent encore ces antennes debout.

Méprisante pour tous ceux qui, en Guyane, savent encore que l’information locale ne se résume pas à un fil Instagram.

Alors oui, Chacha, on a bien entendu : « La radio et la télé, c’est terminé. » Sauf que non. Ce qui est terminé, c’est le respect minimal dû à un service public et à son public.

Retirez cette campagne et ensuite, expliquez-nous clairement ce que vous comptez vraiment faire de Guyane La 1ère : un vrai média de proximité… ou juste une vitrine numérique pour faire joli dans les PowerPoint parisiens.

Le public, lui, n’est pas encore terminé. Contrairement à certaines idées de communication.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

jeudi 10 septembre 2026

Alexandre Kara l’ex directeur de l’info de France Télévisions rejoint Mediawan.

Alexandre Kara l’ex directeur de l’info de France Télévisions rejoint Mediawan.

Selon La Lettre (relayée aujourd’hui par Puremédias/Ozap, citant Satellifacts), Alexandre Kara, l’ex-directeur de l’information de France Télévisions, rejoint Mediawan.

Il devient directeur de l’information du groupe et aura notamment pour mission d’accompagner les filiales Troisième Œil et Maximal, qui produisent C à vous et C dans l’air sur France 5. Il sera donc en lien avec la direction de l’information de France Télévisions.

Petit rappel du contexte

En janvier 2026, Alexandre Kara avait quitté la direction de l’information de France Télévisions (poste qu’il occupait depuis octobre 2022) après une série de couacs éditoriaux. Il avait été nommé conseiller spécial auprès de Delphine Ernotte sur la transformation de l’information à l’ère de l’IA.

Mediawan (fondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse) le groupe qui produit le plus pour la télé publique a déjà plusieurs programmes phares pour FTV.

Un des nombreux problèmes dénoncés lors de la la commission d’enquête sur l’audiovisuel public en début d’année et qui prend ici toute son importance

mercredi 9 septembre 2026

Dati va devoir attendre…

Dati va devoir attendre…

Grande nouvelle pour tous ceux qui croyaient encore que la justice française était un truc un peu sérieux : Rachida Dati, ancienne garde des Sceaux, ancienne ministre de la Culture, actuelle maire du 7ᵉ arrondissement et bientôt prévenue pour corruption et trafic d’influence, a demandé à réintégrer la magistrature. Pourtant, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), toujours prompt à l’humour, a décidé d’examiner son dossier… après son procès.

Oui, vous avez bien lu. On ne va pas juger de l’adéquation du profil avant de savoir si la candidate est éventuellement condamnée pour des faits de corruption. On préfère attendre. Histoire de garder un peu de suspense. Comme dans une série Netflix : « Saison 1 : le procès. Saison 2 : est-ce qu’on la remet dans le corps judiciaire ? Spoiler : on verra bien. »

Rappel des faits pour ceux qui ont raté les épisodes précédents. Rachida Dati n’a plus exercé la moindre fonction de juge ou de procureur depuis le début des années 2000 (parquet d’Évry, pour ceux qui collectionnent les souvenirs). Vingt-six ans d’absence. Pendant ce temps, elle a fait un peu de politique, un peu d’avocate, un peu de Parlement européen, et un peu de convention de rémunération forfaitaire avec une filiale de Renault qui lui a rapporté 900 000 euros. Travail d’avocate « tout à fait légal », assure-t-elle. Les juges, eux, diront ce qu’ils en pensent à partir du 16 septembre.

Et voilà que, à quelques jours de se retrouver du mauvais côté du prétoire, elle demande à réintégrer. Le ministère de la Justice, toujours aussi subtil, lui propose un poste de premier substitut en administration centrale, chargée de mission à la Délégation des affaires européennes et internationales. Pas en juridiction, rassurez-vous. On ne va pas la mettre à juger des voleurs de scooters pendant qu’elle est elle-même jugée. Non. On la mettra à s’occuper de l’Europe. Parce que rien ne dit mieux « impartialité » qu’une ancienne eurodéputée qui se retrouve à nouveau dans les affaires européennes… après avoir été poursuivie pour son travail d’influence auprès des institutions européennes.

Le CSM, quant à lui, a choisi la prudence. « Pas avant fin septembre, début octobre. » Traduction : on regarde d’abord si le tribunal correctionnel de Paris la condamne, et après on se demande si son profil est adapté. Génial. Imaginez le même raisonnement pour un chirurgien : « On le laisse opérer, et on verra bien si le patient survit avant de décider s’il est compétent. »

Bien sûr, tout est « de droit ». La réintégration d’un magistrat en disponibilité est de droit. Le ministère le répète comme un mantra. Comme si le droit était une machine automatique qui se fiche complètement du contexte, de l’image, de la crédibilité et du message envoyé au commun des mortels. « Madame Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit. » Point final. Le droit, c’est le droit. Même si le timing fait tousser la moitié des magistrats et l’autre moitié des citoyens.

Et si elle est condamnée ? Pas de panique. On pourra toujours ouvrir une procédure disciplinaire plus tard. Après tout, pourquoi anticiper ? Pourquoi se poser la question de l’intégrité, de la probité et de la dignité avant de lui redonner la toge ? Non, on préfère le scénario en deux temps : d’abord le procès, ensuite l’examen de la candidature. C’est plus chic. Plus français.

En résumé : une femme qui n’a plus touché un dossier judiciaire depuis un quart de siècle, qui doit répondre de corruption dans une affaire de lobbying européen, se voit proposer de revenir dans la maison Justice… pour s’occuper des affaires européennes. Et on attend le verdict pour savoir si c’est une bonne idée.

La magistrature française peut dormir tranquille. Ou pas…


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mardi 8 septembre 2026

Des trois, France Télés/Mediawan se classe dernière…

Des trois, France Télés/Mediawan se classe dernière…

Sur la première semaine de rentrée (lundi 31 août au jeudi 3 septembre 2026, hors vendredi) :

-Cyril Hanouna (« Tout beau, tout n9uf » sur W9 : dernière tranche (quart d’heure stratégique) à 1,60 million de téléspectateurs / 9,4 % de part d’audience (quasi stable en volume vs l’an dernier, mais PDA en hausse).

-Yann Barthès (« Quotidien » sur TMC) un peu en dessous : dernière tranche à 1,55 million / 8,9 % (en baisse par rapport à sa rentrée 2025).

-Anne-Elisabeth Lemoine (« C à vous » sur France 5) : partie principale en moyenne à 979 000 / 8,0 % (en hausse vs l’an dernier ; meilleure rentrée historique le lundi avec Léon Marchand à 1,18 million / 9,2 %). Les parties suivantes sont plus modestes (autour de 500-700 000).


France Télévisions : On ne négocie ni dans le brouillard, ni dans le flou !

France Télévisions : On ne négocie ni dans le brouillard, ni dans le flou !

Les Organisations Syndicales Représentatives de France Télés viennent de claquer la porte des négociations sur la refonte de l’accord collectif et elles ont raison !

Comment oser parler « métiers », « parcours professionnels » et « compétences » pendant que la direction et l’État actionnaire jouent à cache-cache avec l’avenir de l’entreprise ?

Cet été, la presse a révélé un projet de restructuration d’une ampleur inédite : rapprochement, voire fusion, entre France 3 et franceinfo… et surtout un plan de 1 000 suppressions de postes déguisé en « départs volontaires ». À ce jour, rien n’a été démenti. Rien.

Elles écrivent : 

On nous demande des concessions sur notre statut collectif pendant qu’on prépare dans l’ombre un massacre social.

On nous parle d’« accord » pendant qu’on nous cache la stratégie.

On nous demande de négocier loyalement… dans le flou le plus total.

On ne négocie pas dans le flou.

On ne signe pas un chèque en blanc sur l’emploi.

On ne brade pas le service public audiovisuel.

Après une enquête parlementaire qui n’a pour l’instant débouché sur rien, un État actionnaire qui refuse de dire où il veut aller, des budgets 2027 dans le brouillard et des élections nationales qui approchent… la direction ose envisager des décisions aussi lourdes de conséquences sans concertation, révélées par voie de presse.

C’est inacceptable.

Elles disent exiger :

-Une rencontre immédiate de la Présidence avec l’ensemble des organisations syndicales représentatives,

-L’ouverture sans délai de la procédure d’information-consultation sur les orientations stratégiques au CSE Central,

-La suspension immédiate des négociations en cours et le report des délais de survie des accords dénoncés.

Puis d’ajouter « Notre opposition est totale à tout projet de suppressions d’emplois.

Derrière chaque poste, il y a des vies, des familles, des compétences, et la qualité même du service public que nous devons aux Français.

Cette bataille ne se gagnera pas sans vous. Informez-vous.

Le service public audiovisuel n’est pas une variable d’ajustement.