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lundi 22 juin 2026

Delphine Ernotte : le pluralisme tel qu’elle veut qu’il soit et non tel qu’il devrait être !

Delphine Ernotte : le pluralisme tel qu’elle veut qu’il soit et non tel qu’il devrait être !

La télévision ernottienne semble penser qu’en plaçant deux figures aux profils militants marqués — Thomas Porcher (dans l’orbite de la gauche insoumise) et Eugénie Bastié (droite assumée, souvent clivante) — autour d’un Duhamel fils, on obtient automatiquement de la pluralité.

C’est une conception bien au ras des pâquerettes et un mépris à l’intelligence des Français…Comme si la couleur politique affirmée de chroniqueurs engagés incarnait à elle seule la diversité des idées, et comme si opposer deux extrêmes (ou deux militantismes) suffisait à représenter fidèlement le spectre de l’opinion publique française. 

En réalité, cela donne souvent un spectacle de confrontation stérile entre « camps » parisiens bien identifiés, tout en laissant de côté une grande partie des sensibilités plus nuancées ou simplement pragmatiques qui existent dans le pays. C’est presque comme définir les deux camps qui devraient s’affronter, en tirant un trait sur les autres et en passant par pures pertes les  cinq ans à venir pour le retour du « prodigue » en 2032 !

Thomas Porcher recruter pour animer « L’heure de vérité » revisitée, coche effectivement les cases de cette pathétique mascarade. Ce qui pose des questions légitimes de conflits d’intérêts et de neutralité médiatique en période pré-présidentielle.

C’est quasiment trahir la mémoire de François-Henri de Virieu, l’inventeur est animateur de l’émission politique des grandes heures de la télévision publique !

Sur France 2, l’intéressé rejoint « L’Heure de vérité », l’émission politique « phare » selon l’ex-Orange et son ex primo dircab pour la saison présidentielle 2026-2027, aux côtés de Benjamin Duhamel et d’Eugénie Bastié. Il y incarnera l’économiste « de gauche ».

Thomas Porcher qui a brièvement cofondé Place Publique avec Raphaël Glucksmann en 2018 (un mouvement plutôt social-démocrate/écolo), qu’il a quitté rapidement en dénonçant l’alliance avec le PS, a voté Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017. 

Il est chroniqueur régulier au Média (média clairement mélenchoniste). Il est décrit par de nombreux médias comme « Challenges » par exemple comme « proche des idées de La France Insoumise », « économiste de gauche radicale » ou « soutien de LFI ». 

Ses positions (anti-néolibérales très dures, Économistes atterrés, critiques virulentes du PS et du macronisme, défense fréquente de l’union de la gauche autour de LFI) le placent clairement dans l’orbite de la gauche insoumise.

Il intégrera également, à la rentrée, le groupe Combat (Radio Nova, Les Inrockuptibles) de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires très actif à gauche, qui multiplie les signaux d’intérêt pour peser sur la présidentielle 2027.

« Pluralité » qu’on vous dit !!! 

Comment son temps de parole va-t-il être comptabilisé ? Selon l’Arcom qui devrait veiller (en théorie) à l’équilibre et au pluralisme, surtout en période électorale, les chroniqueurs « experts » ne sont pas comptabilisés de la même façon que les candidats, mais la ligne éditoriale globale et la diversité réelle des profils sont pour autant scrutées. Dans les faits, ce genre de casting permet souvent de cocher la case « pluralisme » sans remettre profondément en cause les cadres dominants du débat.

Cette approche relève plus de la mise en scène du débat que d’un vrai pluralisme intellectuel et éditorial. Le service public, financé par tous, devrait viser une représentation plus large et moins performative des courants de pensée, plutôt que de se contenter de ce qui ressemble parfois à un casting équilibré entre militants. 

Le résultat est une crédibilité écornée et un sentiment persistant de partialité pour une partie largement majoritaire du public qui s’est détourné de tel de la télévision d’Ernotte, année après année depuis l’été 2015

C’est un symptôme classique de la difficulté française à produire une information réellement indépendante et représentative sur le service public.

dimanche 21 juin 2026

Emmanuel Macron, même la télé le zappe…

Emmanuel Macron, même la télé le zappe…


« Legacy » ou pas, plus personne ne regarde le Jupiter des ondes  !
L’homme qui a promis de « réenchanter » la France et qui finit par faire fuir jusqu’aux retraités devant leur poste, n’a attiré que 716 000 curieux, le jour de l’appel du 18 juin !

C’est le score historique, abyssal, pathétique de « L’Événement » sur France 2. Le pire résultat jamais enregistré pour une émission politique autour d’un invité présidentiel. Même les Sous-doués lui ont presque fait de l’ombre. Symbole parfait : le chef de l'État sortant que plus personne ne veut entendre, bat le record d’impopularité mais aussi celui des abîmes d’audience… et lui qui croyait qu’avec l’ex-Orange (toujours pas sortie), il mespéré une fin de règne plutôt digne. Les Français ne pouvaient rêver pire rejet.

Sur TF1, au sacro-saint 13 heures, c’est à peine mieux : il fait fuir 400 000 téléspectateurs par rapport à la moyenne. Marie-Sophie Lacarrau voit son public se carapater en masse dès que L’intéressé ouvrela bouche. Quatre cent mille Français qui préfèrent soudainement changer de chaîne plutôt que d’entendre encore ce discours mielleux, technocratique et plus crédible.

Imaginez la scène : des millions de foyers, la fourchette en l’air, qui se disent collectivement : « Non, pas lui. Pas encore. » Même les EHPAD, bastions traditionnels de l’audience captive, commencent à râler. Les occupants qui n’ont plus la force de prendre la télécommande subissent le supplice en silence, pendant que les autres zappent vers n’importe quoi : une rediffusion, une pub pour les couches, le vide intersidéral. Tout, plutôt que ça.

Celui qui annonçait en 2017, que la gouvernance de France Télévisions était la honte de la république, est à présent l’anti-télé. L’homme qui transforme l’écran en repoussoir. Lui qui rêvait d’être le roi de la com’ moderne, le maître des narratifs, le petit Mozart de la parole présidentielle, se retrouve à faire des scores de meeting dans une salle des fêtes de sous-préfecture un jour de pluie.

Plus personne n’écoute. Plus personne ne croit. Le charme est rompu, le vernis s’est craquelé depuis longtemps, et il ne reste plus qu’un récitant blafard qui radote ses éléments de langage pendant que la France décroche.

716 000. On en rit, on en pleurerait presque. C’est le bruit d’un règne qui s’effondre dans l’indifférence générale. Pas dans la colère, non. Dans le bâillement collectif, le haussement d’épaules, le « ras-le-bol » silencieux qui vaut tous les référendums.

Jupiter ? Non…probablement même pas un astre mourant dont même les satellites s’éloignent. Un président qui parle dans le vide, devant des écrans noirs, pendant que le Pays le zappe.

Le pire ? Il va probablement continuer à croire que c’est la faute des Français, des médias, des « fachos », peut-être aussi de la canicule ! Si plus personne ne s’intéresse à lui, c’est peut-être la faute à tout ça..,sauf de lui ! Classique.

Rideau. La France a mieux à faire que d’écouter ces monologues interminables et Ernotte ne peut rien y faire…

samedi 20 juin 2026

Mediawan persiste et signe : la stratégie assumée de la précarité à bas coût !

Mediawan persiste et signe : la stratégie assumée de la précarité à bas coût !


Depuis près de cinq ans, Maximal Productions (groupe Mediawan) systématise le recours à des contrats CDDU de seulement 4 heures par jour pour ses techniciens catégorie B. Une pratique qui n’est pas un accident, mais une stratégie délibérée de minimisation des coûts salariaux et sociaux. Il en va de même pour Troisième Œil Productions l’autre filiale du groupe qui réalise entre autres les émissions comme « C à Vous » pour France Télévisions.

Confrontée aux observations de l’Inspection du Travail du 11 février 2026, l’entreprise a cru bon de contester ces constats. Réponse cinglante de l’Inspectrice Noura Medjoudj-Mezhar le 27 mars : l’Inspection maintient intégralement ses observations. L’article IV.2.1 de la Convention collective de la Production Audiovisuelle (IDCC 2642) est clair : pour les contrats de 4 jours ou moins, le salaire minimum journalier se calcule en divisant le salaire hebdomadaire par 4,5. Ce mécanisme, conçu précisément pour compenser la précarité accrue des contrats ultra-courts, doit s’appliquer. Point final.

Face à cette mise en demeure administrative, que font les directions RH de Mediawan ? Elles sollicitent l’USPA et le SPECT, qui leur délivrent le 5 mars 2026 une interprétation de complaisance. Selon les organisations patronales, tout serait parfaitement légal : on paierait simplement au prorata horaire, sans réelle majoration de précarité. Un calcul qui ramène, dans leur exemple, une journée de 4 heures à environ 142 €, loin de l’esprit protecteur de la convention.

Une manœuvre grossière.

L’Inspection du Travail l’a déjà balayée : seule la Commission Paritaire Permanente de Négociation et d’Interprétation (CPPNI) peut interpréter la convention. Une simple lettre patronale n’a aucune valeur face à l’Administration. Les syndicats de salariés unanimes, ont déjà rejeté cette lecture minimaliste. Personne n’est dupe : il s’agit d’une tentative classique de contourner les règles collectives pour maintenir une main-d’œuvre hyper-flexible et sous-rémunérée.

Car derrière les tableaux et les arguties juridiques se cache une réalité brutale : des techniciens qui enchaînent les contrats de 4 heures, avec des cotisations sociales et des droits à la retraite rognés, une vie professionnelle instable et une rémunération qui ne permet plus de vivre décemment dans une ville comme Paris. Mediawan, groupe puissant et rentable, choisit sciemment ce modèle low-cost, alors même que le secteur audiovisuel public et privé crie à la pénurie de compétences.

Le ministre du Travail n’a nullement l’intention de généraliser les contrats de 4 heures minimum. Au contraire, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux cherchent plutôt à encadrer les abus des contrats très courts. Pourtant chez Mediawan, on préfère probablement jouer la montre, multiplier les courriers et espérer que l’Inspection finisse par lâcher prise.

Cela suffit.

L’Inspection du Travail a parlé. Les syndicats ont parlé. La convention collective est claire. Il est temps que Mediawan cesse de traiter ses techniciens comme une variable d’ajustement jetable et applique enfin les règles. Faute de quoi, chaque euro économisé sur le dos des salariés sera un euro de plus versé aux prud’hommes, à l’URSSAF ou à la réputation dégradée du groupe.

Plusieurs intermittents du groupe ont d’ailleurs déjà saisi la justice via Maître Florent Hennequin qui les assiste devant le conseil des Prud’hommes de Paris et avec l’intervention volontaire de la CGC de l’audiovisuel… de surcroît une première procédure pénale qui avait été déposée, il y a quelques semaines, après les propos de Delphine Cazaux devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel publique poursuit sa route et devrait très prochainement se voir compléter par une seconde action.

La précarité n’est pas une fatalité du secteur : c’est un choix de management. Mediawan l’a fait. Il est grand temps d’en assumer les conséquences.

vendredi 19 juin 2026

Un préavis à France Télévisions Nouvelle-Calédonie pour dénoncer le management toxique.

Un préavis à France Télévisions Nouvelle-Calédonie pour dénoncer le management toxique.

Ce préavis de grève émane de l’Intersyndicale NC La 1ère et dénonce un management toxique au sein de la chaîne publique NC La 1ère.

Points principaux :

Situation grave : dégradation des conditions de travail, surcharge, manque de reconnaissance, tensions, épuisement professionnel, insultes et méfiance généralisée.

Des exemples concrets de propos managériaux humiliants sont cités (« Bougez-vous le cul : vous n’êtes pas rentables », etc...)

Conséquences visibles : arrêts maladie, démotivation, souffrance au travail.

Un audit sur le climat social a été lancé le 4 juin 2026 suite aux alertes répétées des représentants du personnel, du médecin du travail et de l’inspection du travail.

Les syndicats exigent que cet audit soit indépendant, transparent et aboutisse à des mesures concrètes (prévention des risques psychosociaux, respect des temps de repos, management respectueux, allégement des charges de travail, etc.).

En résumé, il s’agit d’une mobilisation contre un management jugé délétère et destructeur, qui demande que l’audit ne reste pas une simple formalité mais entraîne de réels changements.

Le document date du 17 juin 2026.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

jeudi 18 juin 2026

Ils sont quelques-uns à être intéressés par H2O, la société d’Hanouna. Chut, pas un mot à Corbé !

Ils sont quelques-uns à être intéressés par H2O, la société d’Hanouna. Chut, pas un mot à Corbé !

Selon un article de La lettre toujours bien informée, n’en déplaise à Philippe Corbé, « Cyril Hanouna, unique actionnaire de sa société de production H2O Productions depuis qu’il a racheté les parts de Banijay il y a six mois, reçoit des marques d’intérêt de plusieurs grands groupes pour céder 49 % du capital à un actionnaire minoritaire. »

Au nombre des intéressés, selon le titre de presse, on compte : 

Mediawan (Xavier Niel, Matthieu Pigasse, Pierre-Antoine Capton) : le dossier est étudié, Hanouna connaît bien Capton depuis plus de 20 ans.

CMA Média (groupe CMA CGM de Rodolphe Saadé) : des contacts existent, mais une entrée au capital de H2O pourrait compliquer un éventuel rachat de M6 par Saadé auprès de l’Arcom, compte tenu du passé de Hanouna sur C8.

Un groupe international en quête de diversification serait également intéressé.

Catherine Boullay précise toutefois qu’« Hanouna affirme « ne pas être vendeur » pour l’instant mais « attendre avant de prendre une décision ». 

La valorisation de H2O est estimée entre 60 et 100 millions d’euros…



Philippe Corbé et la « neutralité » à la sauce France Télévisions : quand la vérité dérange, on se désabonne.

Philippe Corbé et la « neutralité » à la sauce France Télévisions : quand la vérité dérange, on se désabonne.

Ah, la belle vision du pluralisme selon Philippe Corbé ! Le directeur de l’information de France Télévisions, transfuge de BFMTV et copain de Marc-Olivier Fogiel, a trouvé la parade ultime face à une presse encore un peu indépendante : se désabonner de La Lettre. Parce que, visiblement, ce qu’écrit ce quotidien de référence des milieux du pouvoir et des médias, publié par Indigo Publications, lui donne des boutons.

Il a visiblement annoncé à la SDJ de France Télévisions, en expliquant que partout où il passait, il se désabonnait de ce titre de presse, pourtant fort bien informé et très souvent avant tout le monde.

Sur X, « JBG » s’interroge : « De quels articles parle-t-on exactement, monsieur le gardien du temple ? Ceux qui rappellent l’affaire de harcèlement de 2009 impliquant Martin Ajdari ? Ceux qui détaillent comment vous avez purement et simplement sacrifié l’émission de Devers et Melun sur France Info ? Ou les descentes de l’inspection du travail chez Mediawan et à Cannes pour vérifier que les salariés ne sont pas traités comme du bétail ? Des détails triviaux, sans doute, pour un grand professionnel de l’info publique.


Ce n’est pas une simple bouderie d’abonné mécontent. C’est un aveu pathétique. L’aveu d’un petit entre-soi qui a régné pendant des années par l’omerta, les copinages et la ligne éditoriale unique. Un entre-soi qui panique parce que, malgré les milliards du contribuable, malgré les comités de rédaction verrouillés et les invites soigneusement triés, la vérité continue de fuiter. Et elle fait mal.

La « neutralité » et le « pluralisme » selon Corbé ? C’est simple : on invite qui on veut, on supprime ce qui dérange, on censure par omission, et quand un média indépendant ose raconter ce qui se passe vraiment dans les coulisses du service public, on claque la porte comme un gamin capricieux. Très mature. Très conforme à la mission de service public.

Pendant ce temps, les Français paient l’addition pour cette machine à propagande qui se prend encore pour un rempart de la démocratie. La Lettre dérange ? Tant mieux. Cela prouve simplement qu’elle fait son boulot. Contrairement à d’autres.

Il n’y a que la vérité qui blesse, dit-on…et visiblement, chez France Télévisions, on préfère rester dans le déni confortable de l’entre-soi. Pathétique, mais instructif. Le public, lui, n’est pas obligé de se désabonner : il peut simplement éteindre. Et de plus en plus le font.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mercredi 17 juin 2026

Le 18 juin version France Télévisions.

Le 18 juin version France Télévisions.

Le 18 juin 1940, un homme seul, depuis Londres, disait à la France à genoux : « La flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre. »

Le 18 juin 2026, l’ex-Orange a choisi une autre musique:  alors que les caisses de l’entreprise sont vides, elle lance un appel au personnel « Allez, on se fait un karaoké géant, ça va être trop bien ! »

Et le clou du spectacle ? Elle devrait s’inscrire pour une première chanson « Non, je ne regrette rien », évidemment. Chantée en afterwork, micro à la main, entre deux verrines et un mojito.




D’un côté, le refus de la capitulation. De l’autre, la capitulation joyeuse devant la médiocrité.

Au Mont Valérien on commémore les fusillés. Le foyer de France Télévisions commémore… la fête de la musique en avance, avec open bar et playlist yéyé.

On est passé de « La France n’est pas seule » à « Le groupe Smart Music vous accompagne en live ». C’est peut-être ça la France telle qu’Ernotte veut qu’elle soit: les jeux du cirque pour endormir les masses ! 

Ernotte, grande ordonnatrice du « campisme » à France Télévisions !

Ernotte, grande ordonnatrice du « campisme » à France Télévisions ! 

Ernotte grande aboyeuse de l’« indépendance » et de la « diversité » (comprendre : diversité à sens unique), continue son œuvre de salubrité publique…Quasiment a chaque cycle électoral, elle laisse aller son « intuition » pour savoir d’où vient le vent et où il souffle. Elle fait jouer son « flair », repère le « bon » camp -celui qui monte- et hop, elle se lance !

Souvenons-nous. Quand tout le monde (ou presque) voyait François Fillon entrer à l’Élysée en 2017, elle dégainait Xavier Couture. Quand Xavier Bertrand annonçait sa candidature, elle faisait entrer Christophe Tardieu presque le jour même. Sous Édouard Philippe, Premier ministre de 2017 à 2020, quand Matignon ordonnait des coupes budgétaires dans l’audiovisuel public, l’ex-Orange déclarait, la main sur le cœur, que c’était « tout à fait faisable ». Il se murmurait alors dans les étages supérieurs de France Télévisions qu’Édouard Philippe faisait même un présidentiable crédible pour 2022.

Au moment où le projet de création d’une holding France Médias – souvent présenté comme le retour à une forme d’ORTF moderne – était sur le point d’être examiné à l’Assemblée nationale, Bertrand Delais, ex-plume occasionnelle d’Emmanuel Macron depuis 2017 et président de la chaîne parlementaire LCP-Assemblée nationale de 2018 à 2024, était recruté à la tête du pôle Documentaires de « France Tv Studio. »…chacun connaît la suite, rien de tout cela n’est advenu.

Ah! L’intuition féminine…

Aujourd’hui, en route pour 2027 ? Matthieu PigasseLe banquier d’affaires (ex-Lazard, Centerview), propriétaire de médias « cool » (Les Inrocks, Nova…), qui assume publiquement vouloir « être utile » à une gauche radicale unie. Celui qui  qui, dans Quelle Époque !, face à Léa Salamé et Hugo Clément, a officialisé son positionnement pour la présidentielle. On imagine déjà la scène : si le « compagnon de la journaliste » (déjà en campagne lui aussi) prend trop d’ampleur, le banquier saura probablement se désister pour « la bonne cause » ! 

Que toutes les vilaines langues qui parlent de « copinage », se calment. C’est du « réseau ». Du « cercle ». De la convergence idéologique. La même convergence idéologique qui a conduit Ernotte à recruter Thomas Porcher (l’économiste « atterré », chroniqueur au Média et soutien affiché de la gauche radicale) comme chroniqueur/intervieweur pour L’Heure de vérité à la rentrée prochaine. Pigasse et Porcher se sont d’ailleurs retrouvés à la même table lors d’un dîner à l’Institut François-Mitterrand début mai 2026. Coïncidence, évidemment. Porcher apporte l’expertise anti-libérale, Pigasse les relais, l’argent et les médias. Parfait équilibre.

Ils évoluent dans les mêmes cercles : gauche mitterrandienne élargie, anti-extrême droite professionnelle, critique du « néolibéralisme » (sauf quand il s’agit de leurs propres affaires… par exemple, la régie publicitaire de Bolloré, qui s’occupe des recettes de Nova). Ils se croisent dans les dîners, les plateaux, les événements où l’on refait le monde en regrettant que Mitterrand ne soit plus là pour mater les rocardiens et les libéraux.

Et pendant ce temps, France Télévisions, service public financé par tous les Français (y compris ceux qui ne votent pas à gauche radicale), prépare tranquillement le terrain. Des relais internes, ça aide, n’est-ce pas ? Quand on tient la maison, on choisit ses invités, ses chroniqueurs, ses angles. On normalise. On légitime.

Ernotte le serine sur tous les toits: tout cela se fait au nom du « pluralisme ». Un pluralisme qui sent curieusement toujours le même encens : celui des cercles parisiens progressistes, des banquiers « de gauche » et des économistes « hétérodoxes » qui vomissent le capitalisme tout en vivant très confortablement dedans.

C’est beau, la méritocratie républicaine version France Télévisions : on n’est jamais mieux servi que par soi-même, surtout quand on appartient au bon camp. Le camp qui prépare déjà 2027, entre deux dîners chez les Mitterrandiens et trois passages à l’antenne.

Delphine Ernotte, cette fois-ci aurait misé sur « le bon cheval » !? Le problème, c’est qu’elle le fait avec l’argent des Français et là, chacun est en droit de s’interroger pour savoir s’il s’agit toujours bien de service public et non d’un militantisme institutionnalisé, version girouette haut de gamme.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

PS: Au moment où nous publions, nous recevons le commentaire d’un de nos lecteurs qu’il nous a semblé pertinent d’ajouter vu le contexte.

Le voici « C’est surtout une Pravda nauséabonde au service d’un politburo qui se déchire pour savoir qui sera le nouveau secrétaire général du Pays. La télévision publique n’est pas là pour refléter la réalité du pays (comme le prônait Pascal Josèphe qui voulait une télévision « miroir » mais  « la réalité » telle que le pouvoir voudrait qu’elle soit (la formule Ernotte) » 

mardi 16 juin 2026

Un nano-club du Barreau de Paris, fossoyeur du contrôle démocratique ?!

Un nano-club du Barreau de Paris, fossoyeur du contrôle démocratique ?!

Dans un rapport d’une profondeur intellectuelle sidérante, une dizaine d’avocats et un professeur de droit nous expliquent, la main sur le cœur et les honoraires bien au chaud, que les commissions d’enquête parlementaires sont devenues trop méchantes. Trop dures. Pas assez câlines avec les puissants qu’on ose convoquer.

Pour tenter de donner un vernis « scientifique » à cette offensive corporatiste, on a même convoqué Julien Jeanneney, professeur de droit public à Strasbourg, ancien normalien, agrégé et membre de l’Institut universitaire de France. Le parfait représentant de l’élite universitaire qui vient expliquer, du haut de sa chaire, que le Parlement élu du peuple n’a pas le droit de faire son métier sans se soumettre aux règles du Palais.

Un constitutionnaliste qui préfère voir le contrôle démocratique se faire un hara-kiri procédural plutôt que de froisser les « droits fondamentaux » des puissants. Magnifique caution académique pour un rapport qui pue la défense de caste.

Le constat serait « implacable » paraît-il (puisque cette dizaine de sachants sur des milliers et des milliers d’intéressé, vous le dit !!!). Ces commissions, qui osent contraindre des gens à parler sans leur offrir tout le kit du prévenu choyé par un juge d’instruction, sont en train de « méconnaître l’esprit de l’ordonnance de 1958 ». Traduction : comment osez-vous, vulgaires députés élus du peuple, faire votre boulot de contrôle sans transformer l’hémicycle en annexe du palais de justice où chaque audition devient un ballet procédural à 800 euros de l’heure ?

Le grand classique de la défense des « droits »

On nous ressert le couplet habituel : droit au silence, avocat dès la convocation, transmission préalable des questions, huis clos à la demande, interdiction de diffuser les images… Bref, transformons la commission d’enquête en thérapie de groupe où le patron de l’audiovisuel public, le grand éditorialiste ou le capitaine d’industrie pourra, en toute sérénité, ne rien dire, contester chaque mot et menacer de recours.

C’est magnifique. Pendant que la justice met des années à bouger (quand elle n’est pas entravée), le Parlement, lui, devrait s’autocensurer pour ne surtout pas froisser les droits fondamentaux de ceux qui vivent des deniers publics ou exercent un pouvoir d’influence massif. On pleure sur le sort des auditionnés jetés « en pâture » sur les réseaux. Pauvres agneaux. Nagui, Samuel Étienne, Xavier Niel, Mattieu Pigasse, l’ex-Orange… les victimes du siècle.

Pendant ce temps, le contribuable, le téléspectateur captif de la redevance puis de la CAP ou tout citoyen aujourd’hui via la TVA qui voit l’audiovisuel public virer ouvertement militant, celui-là n’a droit à aucune pitié. Lui, il peut crever la bouche ouverte.

La branche qu’on scie

Ce rapport ne prouve qu’une chose : une certaine élite judiciaire et médiatique ne supporte plus que le Parlement fasse son travail.car le vrai scandale, pour ces gens, c’est qu’une commission puisse créer du « buzz », montrer des extraits, mettre la pression médiatique. Horreur ! La démocratie devient visible. Le peuple pourrait comprendre en direct.

Alors on propose de « réinscrire pleinement dans le droit » ces commissions. Autrement dit : les tuer à petit feu procédural. Plus de contrôle vif, plus de confrontation publique sans filtre, plus de rapporteur qui ose déranger. On veut des commissions polies, lentes, encadrées, judiciairement aseptisées. Des commissions qui ressemblent à… des tribunaux. Ceux-là mêmes que l’on critique par ailleurs pour leur lenteur et leur opacité.

C’est le comble de la bêtise institutionnelle : le Parlement, qui est censé contrôler l’exécutif et l’administration au nom du peuple souverain, est sommé de se comporter comme une juridiction traditionnelle tout en n’en ayant pas les pouvoirs. Résultat : il perd son tranchant sans gagner en légitimité. On scie joyeusement la branche sur laquelle repose le contrôle démocratique.

Démocratie ou corporatisme ?

Derrière le paravent des « droits fondamentaux » se cache toujours la même chose : la défense des corps intermédiaires, des castes, des intouchables… et voilà q’une dizaine d’individus s’inquiète soudain des dérives ? Où était-il quand des commissions d’enquête précédentes révélaient des scandales d’État ? Où est-il quand la vraie justice, elle, piétine pendant des lustres, faute la plupart du temps de moyens.

Non, messieurs les avocats, une commission d’enquête n’est pas un tribunal. Elle n’a pas à l’être. Son arme, c’est la lumière publique, la contrainte politique, la pression de l’opinion. C’est exactement pour cela qu’elle dérange. Et c’est exactement pour cela que vous voulez la neutraliser.

Le Parlement n’a pas à s’excuser d’être politique. Il doit même l’assumer pleinement. Si certaines auditions tournent au cirque, c’est parfois parce que les auditionnés et leurs communicants en font un. La solution n’est pas de museler l’outil, c’est de l’affûter.

Cette insignifiante granule dans Barreau de Paris qui ne s’exprime en aucun cas au titre de l’instance, ne défend pas l’État de droit ici. Il défend l’État de confort. Celui où l’on contrôle sans être contrôlé, où l’on influence sans être inquiété, où l’on parle sans jamais vraiment répondre.

Et pendant ce temps, la branche craque. Merci pour le rapport. Il est surtout la preuve vivante qu’il faut, plus que jamais, défendre le droit du Parlement à être désagréable. Très désagréable. C’est son job.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​


lundi 15 juin 2026

La loi de 1881 est un « joyau libéral » à préserver, n’en déplaise au sénateur Laurent Lafon.

La loi de 1881 est un « joyau libéral » à préserver, n’en déplaise au sénateur Laurent Lafon.


Le sénateur Laurent Lafon (UDI), à l’origine à la fois de la proposition de création d’un grand holding public « France Médias » regroupant France Télévisions et Radio France, est également à l’initiative de cette mission sénatoriale sur les « zones grises de l’information ». Cette mission visait clairement à démontrer que la loi de 1881 sur la liberté de la presse, serait selon lui, obsolète à l’ère du numérique et justifierait une nouvelle régulation plus stricte.

Autrement dit pour le dire assez simplement : le retour à la censure…en dépit d’ailleurs, de ce que prévoient les dispositions européenne sur la liberté d’expression. (*)

Ce monsieur devrait arrêter de lancer des balises aussi pathétiques…

Les Deux experts reconnus — l’avocat Christophe Bigot et le professeur Evan Raschel — ont été auditionnés sous serment. Contrairement à ce qui était attendu, ils ont fermement défendu la loi de 1881.

Points principaux défendus par les experts

1. La loi de 1881 est un « joyau libéral » à préserver

Elle est l’héritière directe de l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : la liberté d’expression est la règle, les restrictions (abus) sont l’exception et doivent être strictement définies par la loi.

Sa force : des infractions très précises qui limitent l’arbitraire du pouvoir et protègent à la fois les auteurs et les personnes visées. Les experts refusent de la « moderniser » ou de la démanteler.

2. La loi de 1881 n’est pas le problème

•  Le fameux « schéma de la cascade » ne s’applique pas directement aux internautes isolés, mais cela ne crée pas d’impunité : l’auteur reste personnellement responsable.

  Le vrai problème n’est pas la loi sur la presse, mais l’identification des auteurs dans l’univers numérique (problème technique et transversal).
La mission sénatoriale voit donc son présupposé (« la loi de 1881 crée des zones grises ») invalidé par ses propres experts.

3. Les tentations de durcissement sont rejetées

•  Prescription courte : garantie pour la liberté d’expression, pas un archaïsme.

•  Fausses nouvelles : très difficile à définir sans créer un « ministère de la Vérité ».

•  Procédures-bâillons : problème réel, mais une directive européenne vient d’être transposée ; mieux vaut évaluer ses effets et garantir l’équité des frais d’avocat.

4. Le DSA bloque beaucoup de pistes

(*) La responsabilité limitée des plateformes est gravée dans le droit européen. La loi Avia a été censurée car elle favorisait la sur-modération automatique par algorithmes.

Conclusion

Cette mission, portée par le sénateur Laurent Lafon, vise moins un vide juridique qu’un objectif politique : mettre sous tutelle administrative (« zone grise » = en réalité zone libre) les médias indépendants, YouTubers, podcasteurs et créateurs en ligne qui échappent au système traditionnel (Arcom, carte de presse, subventions).

Les experts ont démontré qu’il n’existe aucun vide juridique majeur justifiant de toucher à la loi de 1881. 

Les raisons de vouloir la réformer sont donc essentiellement politiques.

En une phrase :

Le sénateur Laurent Lafon, promoteur du holding France Médias et initiateur de cette mission, n’a pas réussi à faire valider par ses propres experts la nécessité de démanteler la loi de 1881 : ils l’ont au contraire défendue comme un joyau, renvoyant le vrai problème vers l’identification des auteurs et le droit européen.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​