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mercredi 26 août 2026

France Info nous a offert ce week-end une vraie messe basse à la gloire de Mathilde Panot.

France Info, ce samedi 22 août, a décidé de nous offrir non pas un portrait, mais une vraie messe basse à la gloire de Mathilde Panot.

Pendant plusieurs minutes, sur les ondes du service public, la présidente du groupe LFI a eu droit à un traitement digne d’une sainte laïque en campagne de canonisation anticipée.

« Hyperbosseuse, ferme, combative, implacable. »

« Rien ne lui fait peur ! » (Jean-Luc Mélenchon, en personne, qui vient poser la couronne).

Jusqu’à la journaliste de Libération qui dans un élan de lyrisme emprunté au quotidien, nous précise même qu’elle « bastonne sévère ».

Charmant. On est dans le registre du tract de section, pas de l’information.

Quand il s’agit de ses adversaires, le reportage devient soudain plus sélectif. On ne nous montre pas des responsables politiques qui contestent sa ligne, sa stratégie ou ses outrances. Non. On nous montre deux députés – l’un macroniste, l’autre RN – qui l’ont traitée de « poissonnière » et qui ont été sanctionnés pour cela.

Voilà le procédé : réduire toute opposition à de vulgaires insultes sexistes. Ainsi, la critique argumentée disparaît. Il ne reste que des hommes grossiers. Pratique. Propre. Totalement orienté.

Comme si ce n’était pas assez, Mathilde Panot elle-même peut expliquer ces critiques par le sexisme : « Si j’étais un homme, on dirait de moi que je suis un tribun. » Aucune contradiction. Aucune mise en perspective. Silence radio.

Puis vient le récit édifiant.

Enfance « tranquille », souvenirs « très chouettes », prise de conscience à Sciences Po, dix ans à « lutter contre la misère » dans le monde associatif. Puis la formule magique : « Vider la mer avec sa cuillère, c’est fatigant… »

La construction narrative est limpide, presque scolaire : petite fille heureuse → découverte des injustices → colère vertueuse → entrée en politique pour « que ça change vraiment ».

On dirait un conte moral pour militants de base.

Ce qui est absent, en revanche, est éloquent.

Aucune controverse.

Aucune déclaration polémique.

Aucune critique de la stratégie de conflictualisation permanente de LFI.

Aucun contradicteur extérieur.

Ses qualités sont chantées par ses camarades et par Mélenchon.

Son engagement est raconté par elle-même.

Ses motivations sont présentées comme purement altruistes.

Ses adversaires n’existent que sous forme d’insultes.

France Info, radio du service public, soumise théoriquement à des exigences de pluralisme, d’honnêteté et de rigueur, a validé et diffusé ce récit univoque.

Quand toutes les aspérités d’une personnalité politique s’effacent au profit d’un portrait aussi lisse et valorisant, on n’est plus dans le journalisme.

On est dans la communication politique.

Dans la promotion.

Dans l’hagiographie.

Le service public n’a pas fait un portrait.

Il a fait une offrande.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mardi 25 août 2026

Quand la télévision d’État célèbre le « 1312 »

Quand la télévision d’État célèbre le « 1312 »

En 2026, le service public français ne se contente plus d’informer. Il promeut.

Sur France Télévisions, la rappeuse @2L_officiel apparaît en reportage, micro à la main, collier bien en évidence. Sur ce collier : 1312Traduction claire et assumée : ACAB — « All Cops Are Bastards ».

En français : « Tous les flics sont des bâtards ». Pas un hashtag discret. Pas une allusion.

M Un message porté fièrement à l’écran, financé par l’impôt de tous les Français… y compris celui des policiers et de leurs familles.

Le syndicat SCSI (Officiers et Commissaires de police) a relevé l’affaire avec une ironie amère : « Merci @FranceTV : nos collègues #FDO apprécient le message ! »

Ce que cela signifie réellement

- L’argent public sert à mettre en lumière une artiste qui affiche un slogan de haine contre ceux qui risquent leur vie pour garantir l’ordre républicain.

- Le service public, censé incarner la neutralité et le vivre-ensemble, devient caisse de résonance d’un discours qui traite uniformément les forces de l’ordre de « bâtards ».

- Pendant que les policiers sont insultés, agressés, parfois assassinés, la télévision d’État offre une vitrine à ceux qui glorifient cette violence symbolique.

Questions simples

Est-ce cela, la mission du service public en 2026 ?

Promouvoir l’artiste qui affiche « 1312 » plutôt que celle qui chante la République ?

Financer la provocation anti-flics plutôt que le respect des institutions ?

Les Français qui paient tous depuis plus de 3 ans pour France Télés via la TVA,  ont le droit de savoir.

Les forces de l’ordre ont le droit d’être respectées.

Et le service public a le devoir de ne pas devenir la vitrine officielle du « tous les flics sont des bâtards ».

1312 n’est pas de l’art. C’est un message que le service public a choisi.

*Sources : post officiel @PoliceSCSI, images du reportage France Télévisions.*​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

lundi 24 août 2026

893,9 millions d’euros sur un an…

 893,9 millions d’euros sur un an…

Une année. Une seule. Pour que des cabinets privés viennent expliquer à l’État français comment faire son métier.

Pendant que les fonctionnaires peinent, que les services publics craquent et que le contribuable serre les dents, les ministères ont sorti le chéquier comme si l’argent public était un buffet à volonté. De 379 millions en 2018 à 893,9 millions en 2021. Plus du double en trois ans. Et encore, c’est le chiffre minimal : en ajoutant quelques opérateurs, on passe allègrement le milliard. Bravo.

Une journée de consultant : 1 528 euros. Soit à peu près le salaire mensuel net médian d’un Français, facturé pour une seule journée de PowerPoint, de matrices Excel et de phrases creuses du type « il faut repenser le paradigme ». Pendant ce temps, l’administration continue de se vider de sa substance. On paie des gens pour combler les manques… et le savoir-faire repart avec eux à la fin de la mission. Magique. On externalise la réflexion stratégique, puis on s’étonne que l’État devienne dépendant. C’est presque beau dans l’absurde.

Et qui trône au milieu de ce grand marché de la pensée sous-traitée ? McKinsey, bien sûr. Réforme des retraites, refonte des APL, pilotage logistique de la campagne vaccinale… le cabinet américain était partout. Près de 4 millions d’euros rien que pour les APL. Pendant la crise sanitaire, McKinsey, Citwell et Accenture se sont partagé les trois quarts du gâteau. Des accords-cadres interministériels bien pratiques permettent de commander sans trop se fatiguer avec les appels d’offres. Souplesse, ils disent. Dépendance structurelle, on répond.

Cerise sur le gâteau fiscal : pendant dix ans, McKinsey n’aurait payé aucun impôt sur les sociétés en France, malgré un chiffre d’affaires conséquent. Optimisation via le Delaware, paraît-il. Le cabinet se défend en brandissant d’autres taxes et cotisations. Le parquet national financier a ouvert une enquête. Perquisition au siège parisien. Symbole parfait : on confie des pans entiers de la décision publique à une firme qui, elle, sait parfaitement optimiser ses propres impôts.

Le rapport sénatorial parlait d’un « phénomène tentaculaire ». Dix-neuf propositions ont suivi. La Cour des comptes a confirmé l’ordre de grandeur. Et ensuite ? On continue. Parce qu’apparemment, réfléchir, organiser et piloter, c’est devenu trop compliqué pour ceux qui sont censés le faire. Alors on sort le carnet de chèques, on fait venir les consultants, on écoute leurs recommandations… et on recommence l’année suivante.

Le contribuable, lui, regarde la facture: 893,9 millions d’euros pour ce que les ministères n’ont pas su ou pas voulu, faire eux-mêmes

dimanche 23 août 2026

Ils ne veulent pas fermer CNews. Ils veulent fermer les cerveaux.

Ils ne veulent pas fermer CNews. Ils veulent fermer les cerveaux.

Quand une députée PS, le visage serein et la voix feutrée, explique que le but est de « prendre le contrôle des cerveaux »  (*), ce n’est plus de la maladresse. C’est un aveu. Un aveu d’une pureté rare !!

Boyard, lui, ne s’embarrasse même plus de formules: il réclame simplement la fermeture. Direct. Brutal. Totalitaire. Belle démocratie à la sauce LFI-PS. La démocratie où l’on ne combat plus les idées, on éteint le micro. La démocratie où la pluralité n’est acceptable que si elle chante la partition exacte du Parti. La démocratie où l’on ne représente plus la France telle qu’elle est, mais telle qu’on a décidé qu’elle devait être. Méthode de la pintade : on force l’oiseau à croire qu’il est un paon, et on fusille ceux qui remarque qu’il a toujours des plumes de volaille. 

Il y a un plan. Pas un complot de salon, un plan clair, assumé, répété : assécher tout ce qui ne rentre pas dans le moule. CNews gêne parce qu’elle montre ce que les autres chaînes s’évertuent à cacher. Alors on crie à la « désinformation », on brandit l’Arcom comme une matraque, on rêve tout haut de « reprendre le contrôle ». 

Contrôle des ondes. Contrôle des écrans. Contrôle des têtes.

Preuve par l’image : quand le réel dérange, on le remplace par du spectacle. Quand le peuple résiste, on change de peuple à l’antenne. Ils n’ont pas peur de CNews. Ils ont peur de ce que CNews laisse encore respirer : le droit de ne pas penser comme eux.

Alors oui, ils veulent fermer. Pas pour protéger la démocratie. Pour la terminer.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

(*) Dans cette émission de L’Humanité (* L’HuMatch)la députée socialiste Ayda Hadizadeh affirme que « la bataille culturelle n’est pas une bataille des idées, c’est une bataille pour prendre le contrôle des cerveaux ». Elle précise qu’il s’agit de « prendre le contrôle de la représentation du monde » et déclare que « la propagande n’est pas mauvaise en soi » : l’enjeu est de choisir « quelle fenêtre on décide d’ouvrir sur le monde ».

Face à elle, le député LFI Louis Boyard réclame la fermeture pure et simple de CNews et annonce que, une fois au pouvoir, son camp « démantèlerait l’empire Bolloré » dès la première semaine.

Le rapprochement entre les deux est troublant : d’un côté une théorie du contrôle des esprits, de l’autre une volonté concrète de faire taire une chaîne d’information, CNews devenue la première chaîne d’info et de la TNT (3,2 % de part d’audience sur la saison 2025-2026), ce qui explique pourquoi elle est devenue une cible prioritaire.

Sur Boulevard Voltaire, un journaliste relie même le vocabulaire de la députée PS à la notion gramscienne d’« hégémonie culturelle » [ Le gramscisme est un courant marxiste se réclamant de la pensée du philosophe et militant communiste italien Antonio Gramsci] et s’inquiète de voir le Parti socialiste reprendre les codes et les objectifs de La France insoumise sur la question médiatique. Il conclut que, dans cette logique, fermer CNews ne serait qu’un début : le véritable objectif serait de formater les esprits plutôt que de convaincre par le débat.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

 

samedi 22 août 2026

Bernard Montiel ne s’est pas excusé auprès de Jean-Luc Lemoine.

Bernard Montiel ne s’est pas excusé auprès de Jean-Luc Lemoine. 

Bernard Montiel modifie très légèrement son message initial sur Instagram qui évoquait des « fake news circulant en ce moment par des pleureuses ou des personnes qui ne comprennent pas le monde de la tv ». Il a supprimé la référence aux « pleureuses » (visée notamment contre Marc Toesca et potentiellement Jean-Luc Lemoine).

« Merci à vous tous de penser à la “Saint Bernard” quant à certaines fake news circulant en ce moment, je répondrai, peut-être, plus tard!…. au bout de 41 ans de tv j’avais déjà tout entendu… ou presque et comme dit mon ami @cyrilhanouna “la télé, ce n’est que de la télé !” Belle Journée ! » 

La version corrigée est donc un tantinet plus neutre. 

Pour autant excuse formelle adressée à Jean-Luc Lemoine n’y est mentionnée.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​



vendredi 21 août 2026

Ah, les beaux jours de la vertu outragée !

Ah, les beaux jours de la vertu outragée ! 

Voici donc « Médias Citoyens », ces redresseurs de torts autoproclamés, qui sortent de leur trou pour dénoncer, la main tremblante d’indignation, un journaliste de France Culture qui aurait eu l’outrecuidance de mentionner… des sondages. Des sondages, camarades ! L’horreur absolue.


Thomas Cluzel, ce monstre, a osé rappeler que Jean-Luc Mélenchon figure en tête de certains sondages. Crime de lèse-démocratie ! Il aurait fallu, bien sûr, ne parler que des universités d’été de la droite, ou mieux encore, inventer des chiffres plus convenables. Mais non : le journaliste a cité des données existantes. Scandale ! Manipulations ! Désinformation ! On croirait entendre une secte qui s’étrangle dès qu’on lui rappelle que la réalité existe en dehors de ses prières.

Ces nouveaux inquisiteurs de la pureté médiatique qui passent leur temps à traquer le moindre soupçon de partialité chez les autres, n’ont évidemment jamais le moindre biais eux-mêmes. Leur objectivité est cristalline : tout ce qui ne colle pas à leur grammaire politique est « désinformation ». Tout ce qui la flatte est « information pure ». Un présentateur qui mêle analyse et faits ? Intolérable. Un compte Twitter qui transforme une phrase en procès d’intention permanent ? Pure pédagogie citoyenne.

On a hâte de les voir appliquer le même rigorisme aux médias qui, pendant des années, ont transformé chaque sondage favorable à leurs favoris en prophétie et chaque chiffre contraire en « effet d’optique ». Mais non : la sévérité n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle s’exerce à sens unique.

Alors continuez, chers justiciers. Continuez à hurler au scandale dès qu’un journaliste mentionne un rapport de forces qui déplaît. Continuez à confondre critique et excommunication. 

Vous ne combattez pas la désinformation : vous la fabriquez, version moralisatrice et rancunière… et franchement, c’est encore plus pathétique.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Marc Toesca et Yoann Riou claquent la porte de « Samedi d’en rire » après l’éviction de Jean-Luc Lemoine.

Marc Toesca et Yoann Riou claquent la porte de « Samedi d’en rire » après l’éviction de Jean-Luc Lemoine.

Le départ forcé de Jean-Luc Lemoine de Samedi d’en rire continue de susciter de vives réactions. Après sept saisons à la tête de l’émission de divertissement de France 3, l’animateur a annoncé mercredi avoir été poussé vers la sortie de manière brutale. Deux de ses chroniqueurs historiques, Marc Toesca et Yoann Riou, ont immédiatement décidé de le suivre et de quitter le programme.

Dans ce message sans détour publié en commentaire, Marc Toesca a d’abord tenu à remercier Jean-Luc Lemoine :

« Merci Jean-Luc pour ces 7 années qui m’ont un peu réconcilié avec la TV. T’es un mec génial, drôle, bienveillant, outre tes talents de comédien et d’auteur. »

Puis il a expliqué les raisons de son départ : dès qu’il a appris le remplacement de son ami par Bernard Montiel – qu’il qualifie de « courtisan inodore, incolore sans saveur » –, il a dit non. « Je ne ferai jamais de télé en face d’une quiche », a-t-il écrit, avant d’exprimer sa colère contre « les patrons du service public qui, semble-t-il, n’ont toujours rien compris ni à la télé ni à son public ».

Toesca a terminé sur une note particulièrement polémique : selon un proche, Jean-Luc Lemoine aurait été écarté pour « faire de la place à un ami de Brigitte Macron… Rock n roll !!!! »

Yoann Riou a choisi un ton plus mesuré, mais tout aussi ferme. Après « sept saisons d’un extraordinaire bonheur » sur Samedi d’en rire, il a préféré quitter « ce programme merveilleux » en raison du départ de Jean-Luc Lemoine. « L’ambiance était trop géniale pendant toutes ces années. Ce fut un bonheur absolu. Et je n’oublierai rien », a-t-il déclaré.

Ces deux départs illustrent le malaise profond créé par l’éviction de Jean-Luc Lemoine. Tandis que Marc Toesca s’exprime avec une colère frontale et politique, Yoann Riou met l’accent sur la qualité humaine et l’ambiance unique de l’équipe. Dans les deux cas, le message est clair : sans Jean-Luc Lemoine, Samedi d’en rire n’est plus le même programme.

Bernard Montiel doit quant à lui prendre les commandes de l’émission dès le 3 octobre prochain sur France 3.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

jeudi 20 août 2026

Non, le sénateur Hervé Marseille n’est pas mort !

La nouvelle et énième bourde de la chaîne Franceinfo tv qui annonce la mort du sénateur de la Côte-d’Or, Francois Patriat …avec des images du sénateur Hervé Marseille qui lui est bien toujours vivant !





Que peuvent Les Inrocks contre la sphère Bolloré ?

Que peuvent Les Inrocks contre la sphère Bolloré ? 

Les Inrocks, toujours à la pointe de la guerre culturelle version brunch parisien, nous pondent un grand papier héroïque : « Boycotter Bolloré : le choix des armes ».

Le constat est simple et un brin pathétique : Vincent Bolloré, milliardaire « d’extrême droite » (le terme est collé comme une étiquette de supermarket par Ernotte entre autres) contrôle désormais un empire culturalo-médiatique digne d’un méchant de Bond : Il est propriétaire du groupe Canal+ (MyCanal, CNews, CStar…), bien sûr, mais aussi d'une myriade d'autres institutions et enseignes qui jalonnent malgré nous notre quotidien : des médias (Europe 1, Europe 2, Le Journal du dimanche, Voici, Femme actuelle, Capital, Télé-Loisirs, Harper's Bazaar, Paris Match…) ; le groupe d'édition Hachette (qui réunit, pêle-mêle, les maisons d'édition Grasset, Stock, JC Lattès, Pika Édition, Le Livre de Poche, Fayard, Larousse…) ;des salles de spectacles (L'Olympia, le Casino de Paris, les Folies Bergère…) ; Dailymotion etune partie d'Universal Music ; la chaîne de magasins de presse Relay (vitrine pour le moins problématique de l'entrisme réac dans les gares, aéroports et stations de métro) ; la société de production audiovisuelle Banijay, dont il est l'un des principaux actionnaires (Koh-Lanta, N'oubliez pas les paroles !, Taratata, Les Douze Coups de midi, LOL : qui rit, sort !, Star Academy, Fort Boyard…) ; des jeux de société (notamment les très populaires Skyjo et Blanc-Manger Coco) ; l'école de journalisme ESJ Paris et, dernièrement, une partie de la chaîne de cinémas UGC, avant une prise de contrôle totale des jeux de société et même une école de journalisme. 

Résultat : sa « pensée réactionnaire » se diffuse. Ah, le drame.

Face à cette « mainmise », la résistance s’organise… à l’échelle individuelle et très symbolique. Un collectif « Désarmer Bolloré » appelle à l’action depuis 2024. Des artistes (Dominique A en tête) annoncent qu’ils ne joueront plus dans les salles Bolloré. Des abonnés UGC jettent solennellement leur carte. Des scénaristes et bookers se disent « soulagés » que quelqu’un d’autre ait enfin ouvert le bal, tout en admettant qu’on ne peut pas vraiment s’opposer à l’homme tout en continuant à lui verser 25 euros par mois.

On a droit aux confessions émouvantes : « c’est une question d’amour-propre », « je ne veux pas financer un projet ultraconservateur », « j’aurais du mal à être en paix avec moi-même ». Pendant ce temps, le milliardaire, lui, continue de s’en ficher royalement : son système est pyramidal, mondialisé, et ne partira pas aux prochaines élections.

Bref, l’article est un bel exercice de catharsis pour milieu culturel qui découvre (un peu tard) qu’il a vécu pendant des années dans l’écosystème de celui qu’il dénonce aujourd’hui. On boycotte un peu, on se positionne, on jette une carte de cinéma, on se sent libéré… et on continue de naviguer dans le même système, parce que, comme le dit un des interlocuteurs avec un rare moment de lucidité : « il faut quand même savoir vivre dans cet écosystème ».

La résistance a trouvé ses armes : des déclarations, des boycotts individuels et beaucoup de vertu. Bolloré, lui, a trouvé autre chose : l’empire.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mercredi 19 août 2026

La régulation audiovisuelle ne doit pas devenir une police de la pensée !

La régulation audiovisuelle ne doit pas devenir une police de la pensée !

Citoyens, journalistes, téléspectateurs : Ouvrez les yeux !

Le 30 juin 2026, l’Arcom a une nouvelle fois réprimandé CNews. Motif ? Des propos de Franz-Olivier Giesbert dans l’émission de Laurence Ferrari, le lendemain des municipales : « Je n’aimerais pas être juif à Roubaix… je serais probablement obligé de partir. » Des commentaires sans source vérifiable, selon le régulateur. Un « manque de contrôle de l’antenne ». 

Une sanction quasi identique a frappé BFMTV pour des propos d’Arthur Berdah visant La France insoumise.

Deux affaires. Une seule question de fond, posée avec force par Jean-Éric Schoettl, ancien directeur général du CSA (1989-1992), dans Le Figaro :

Jusqu’où l’Arcom peut-elle s’ériger en arbitre de la neutralité des opinions ?

Le régulateur confond deux notions fondamentales :

- le pluralisme interne (chaque chaîne devrait refléter en son sein toute la diversité des opinions) ;

- le pluralisme externe (à l’échelle de l’ensemble du paysage audiovisuel, toutes les sensibilités doivent trouver un espace d’expression).

Pourtant, la loi confie à l’Arcom uniquement le second. Le premier n’a aucune base légale et n’existe nulle part ailleurs en Europe.

En sanctionnant CNews et BFMTV pour des opinions qui ne relèvent ni de la diffamation ni de l’incitation à la haine, l’Arcom s’aventure sur un terrain qui n’est pas le sien.

Elle impose aux chaînes privées un devoir de neutralité éditoriale sur chaque opinion exprimée à l’antenne.

Résultat prévisible : des plateaux aseptisés, des controverses systématiquement neutralisées au nom d’un « équilibre » jamais clairement défini par la loi.

La liberté éditoriale des chaînes – et, au-delà, celle de tous les intervenants – sort fragilisée.

À force de rappels à l’ordre, le régulateur transforme peu à peu les plateaux en espaces de pensée contrôlée.

La question dépasse largement les cas Giesbert et Berdah.

Elle touche au modèle même de la régulation audiovisuelle française : celui d’une autorité indépendante dont le périmètre, faute d’être précisément borné, glisse progressivement de l’arbitrage du pluralisme vers le contrôle de la pensée.

Et maintenant, une question simple, claire, que chacun doit se poser :

L’Arcom va-t-il réussir à faire interdire CNews avant les prochaines élections présidentielles du printemps 2027 ?

Citoyens, exigez que la régulation reste ce qu’elle doit être :

un garant du pluralisme externe,

pas une police de l’opinion.

La démocratie audiovisuelle française ne se construit pas dans le silence des plateaux mais dans le choc libre et public des idées.

Pluralisme externe, oui.

Police de la pensée, non !

— D’après la tribune de Jean-Éric Schoettl (Le Figaro) et les faits rapportés par La Lettre de l’audiovisuel, 19 août 2026.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

mardi 18 août 2026

Avec l’aide d’Editis, Olivier Nora l’ex-PDG de Grasset, lance sa propre maison d’édition.

Avec l’aide d’Editis, Olivier Nora l’ex-PDG de Grasset, lance sa propre maison d’édition.

Olivier Nora, évincé de la direction de Grasset (Hachette) en avril 2024, lance sa propre maison d’édition indépendante, baptisée « Olivier Nora Éditions ».

Le groupe Editis (propriété de Daniel Kretinsky) détient une participation minoritaire au capital. La maison bénéficie d’un accord de diffusion et de distribution avec Interforum (filiale d’Editis), ainsi que de prestations commerciales, marketing et administratives, tout en conservant une totale liberté éditoriale.

Les deux premiers livres paraîtront en octobre : Mémoires provisoires de Bernard-Henri Lévy et Sermons sous les décombres de Delphine Horvilleur (en coédition amicale avec Plon). Le lancement officiel est prévu pour janvier 2027, avec un rythme de croisière de 30 à 50 titres par an.

De nombreux auteurs fidèles de Grasset (Virginie Despentes, Sorj Chalandon, Frédéric Beigbeder, Anne Berest, etc.) devraient le rejoindre pour leurs prochains livres.

Des observateurs soulignent cependant les risques : un marché du livre en contraction et le danger de perdre une véritable indépendance si la maison s’endette trop vis-à-vis d’Editis.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

lundi 17 août 2026

Les Sages rappellent une évidence : une bonne intention ne fait pas une bonne loi

Les Sages rappellent une évidence : une bonne intention ne fait pas une bonne loi.



Nouvelle illustration de la méthode macronienne : annoncer fort, communiquer beaucoup… puis découvrir que la Constitution s’applique.

L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans devait être une mesure phare du quinquennat, présentée comme une réponse aux dangers du numérique : harcèlement, addiction, anxiété, contenus toxiques. Sur le principe, la protection des mineurs fait consensus. Pourtant entre un slogan politique et une loi constitutionnellement solide, il y a un travail que le gouvernement a clairement sous-estimé.

Le Conseil constitutionnel a censuré le texte, jugeant l’atteinte disproportionnée à la liberté d’expression et de communication des mineurs. Trop large, pas assez ciblé, pas nécessaire : l’État a répondu à un problème complexe par une interdiction générale visant réseaux sociaux, messageries, plateformes vidéo et même certains jeux en ligne.

Une définition si extensive qu’elle brouillait les frontières entre TikTok, une messagerie privée ou un simple espace de commentaires. Le Conseil a fait son rôle : juger le droit, pas le slogan.

L’exécutif demande désormais une nouvelle version « juridiquement robuste », avec l’objectif de faire aboutir la réforme avant 2027. Une loi ne devient pas constitutionnelle par quelques ajustements techniques ou exceptions ajoutées en urgence.

L’expérience étrangère, souvent citée en exemple, montre d’ailleurs ses limites : les restrictions sont facilement contournées, sans disparition réelle des usages.

Au-delà du cas, cette affaire révèle un travers récurrent : la confusion entre politique publique et communication. Oui, les réseaux sociaux posent de vrais problèmes et exigent des réponses sérieuses — régulation des algorithmes, responsabilité des plateformes, contrôle de l’âge, éducation numérique. Mais pas des interdictions globales simplistes.

En réalité, le gouvernement a d’abord construit son annonce, puis vérifié sa solidité juridique. Pendant ce temps, les plateformes continuent de fonctionner, les usages s’adaptent et les contournements persistent.

Ironie finale : la seule interdiction réellement efficace avant 2027 serait peut-être de prendre les annonces politiques pour des lois déjà applicables.

Protéger les enfants est indispensable mais le faire avec une mesure censurée pour disproportion relève moins de la fermeté que de la communication politique corrigée a posteriori par le Conseil constitutionnel.