France Télévisions et le miracle des 7,6 millions ou comment transformer un zap de 10 secondes en triomphe de la République !
7,6 millions de Français ont selon la propagande ernottienne de l’été « regardé franceinfo canal 16 chaque jour, du 20 au 26 juillet 2026 ». Meilleure semaine de l’année. Médaille d’or. Trophée. Communiqué triomphal. Photo de la rédaction en open space avec des gens qui tapent sur des claviers. Source : Médiamétrie, seuil de vision… 10 secondes.
On est même en droit de poser la question de savoir si on ne paie pas parmi ces prestations extérieures tous azimuts, une boîte pour cliquer toutes ces 10 secondes afin de baratiner encore et toujours plus les Français.
Le tour de passe-passe habituel du service public : on prend la couverture journalière (le nombre de gens qui ont eu le malheur de croiser la chaîne au moins 10 secondes d’affilée) et on la brandit comme si c’était une audience moyenne.
Pendant ce temps, la vraie part d’audience de franceinfo tourne autour de 1,0 % (au plus haut, car en général on est plutôt autour de 0,8/0,9 %). Un point pile. Un misérable petit point en dix ans de temps, alors qu’en juin dernier BFMTV fait 2,9 %, CNews 2,8 % et LCI 2,4 %.
Faisons la règle de trois, comme demandé, avec le même cynisme que leurs communiqués.
Si avec 1,0 % de PDA, franceinfo « touche » 7,6 millions de téléspectateurs moyens par jour (seuil 10 secondes), alors :
• BFMTV à 2,9 % devrait en toucher environ 22 millions.
• CNews à 2,8 % devrait en avoir 21 millions.
• LCI à 2,4 % devrait frôler les 18 millions.
Scores de l’espace. Des chiffres qui feraient passer le JT de TF1 pour une émission confidentielle. Des audiences digne d’une finale de Coupe du monde un soir de semaine banale. Sauf que personne, même pas eux, n’ose tenir ce genre de discours avec ces chiffres-là en couverture journalière, parce que ça rendrait le truc trop ridicule. France Télévisions, si.
Parce que quand on est financé aujourd’hui par une fraction de la TVA (ex CAP la contribution à l’audiovisuel public et ex redevance), on a le droit de se raconter des histoires. On a le droit de transformer un score de nain en record historique. On a le droit de faire croire que les Français se ruent en masse sur la chaîne d’info « de service public » alors qu’en réalité le nombre réel de curieux qui s’y égare passe plus de temps à regarder le bandeau défilant qu’à écouter le présentateur.
Comment imaginer une seule seconde que les citoyens goberaient de tels contes ? Ils choisissent juste le seul indicateur qui permet de ne pas avoir l’air de faire un score de seconde division. C’est de la communication, pas de l’information. C’est du marketing d’État. C’est la version télévisuelle du « on a créé 300 000 emplois » alors qu’on a juste changé la définition.
Le service public de l’info en continu reste ce qu’il a toujours été : une chaîne que beaucoup de gens croisent par accident, que très peu regardent vraiment mais qu’Ernotte et sa toute petite troupe de proximité s’empressent de maquiller en succès populaire avec une tel enfumage.
Ils pensent probablement avoir réussi à faire croire que zapper, c’était regarder. C’est presque aussi fort que de faire croire que leur ligne éditoriale, serait de l’indépendance.












