Delphine Ernotte : le pluralisme tel qu’elle veut qu’il soit et non tel qu’il devrait être !
La télévision ernottienne semble penser qu’en plaçant deux figures aux profils militants marqués — Thomas Porcher (dans l’orbite de la gauche insoumise) et Eugénie Bastié (droite assumée, souvent clivante) — autour d’un Duhamel fils, on obtient automatiquement de la pluralité.
C’est une conception bien au ras des pâquerettes et un mépris à l’intelligence des Français…Comme si la couleur politique affirmée de chroniqueurs engagés incarnait à elle seule la diversité des idées, et comme si opposer deux extrêmes (ou deux militantismes) suffisait à représenter fidèlement le spectre de l’opinion publique française.
En réalité, cela donne souvent un spectacle de confrontation stérile entre « camps » parisiens bien identifiés, tout en laissant de côté une grande partie des sensibilités plus nuancées ou simplement pragmatiques qui existent dans le pays. C’est presque comme définir les deux camps qui devraient s’affronter, en tirant un trait sur les autres et en passant par pures pertes les cinq ans à venir pour le retour du « prodigue » en 2032 !
Thomas Porcher recruter pour animer « L’heure de vérité » revisitée, coche effectivement les cases de cette pathétique mascarade. Ce qui pose des questions légitimes de conflits d’intérêts et de neutralité médiatique en période pré-présidentielle.
C’est quasiment trahir la mémoire de François-Henri de Virieu, l’inventeur est animateur de l’émission politique des grandes heures de la télévision publique !
Sur France 2, l’intéressé rejoint « L’Heure de vérité », l’émission politique « phare » selon l’ex-Orange et son ex primo dircab pour la saison présidentielle 2026-2027, aux côtés de Benjamin Duhamel et d’Eugénie Bastié. Il y incarnera l’économiste « de gauche ».
Thomas Porcher qui a brièvement cofondé Place Publique avec Raphaël Glucksmann en 2018 (un mouvement plutôt social-démocrate/écolo), qu’il a quitté rapidement en dénonçant l’alliance avec le PS, a voté Jean-Luc Mélenchon en 2012 et 2017.
Il est chroniqueur régulier au Média (média clairement mélenchoniste). Il est décrit par de nombreux médias comme « Challenges » par exemple comme « proche des idées de La France Insoumise », « économiste de gauche radicale » ou « soutien de LFI ».
Ses positions (anti-néolibérales très dures, Économistes atterrés, critiques virulentes du PS et du macronisme, défense fréquente de l’union de la gauche autour de LFI) le placent clairement dans l’orbite de la gauche insoumise.
Il intégrera également, à la rentrée, le groupe Combat (Radio Nova, Les Inrockuptibles) de Matthieu Pigasse, banquier d’affaires très actif à gauche, qui multiplie les signaux d’intérêt pour peser sur la présidentielle 2027.
« Pluralité » qu’on vous dit !!!
Comment son temps de parole va-t-il être comptabilisé ? Selon l’Arcom qui devrait veiller (en théorie) à l’équilibre et au pluralisme, surtout en période électorale, les chroniqueurs « experts » ne sont pas comptabilisés de la même façon que les candidats, mais la ligne éditoriale globale et la diversité réelle des profils sont pour autant scrutées. Dans les faits, ce genre de casting permet souvent de cocher la case « pluralisme » sans remettre profondément en cause les cadres dominants du débat.
Cette approche relève plus de la mise en scène du débat que d’un vrai pluralisme intellectuel et éditorial. Le service public, financé par tous, devrait viser une représentation plus large et moins performative des courants de pensée, plutôt que de se contenter de ce qui ressemble parfois à un casting équilibré entre militants.
Le résultat est une crédibilité écornée et un sentiment persistant de partialité pour une partie largement majoritaire du public qui s’est détourné de tel de la télévision d’Ernotte, année après année depuis l’été 2015
C’est un symptôme classique de la difficulté française à produire une information réellement indépendante et représentative sur le service public.














