Balanant et son Manifeste de l’Entre-Soi.
Après des mois à hurler que le rapport sur L’audiovisuel public était « à charge », « sans analyse objective » et surtout animé par la funeste volonté de « casser l’audiovisuel public », le député centriste nous pond 70 pages de pur réflexe pavlovien. Un long préambule victimisant sur le contexte méchant, des dénonciations déjà servies mille fois, et des « angles morts » si profonds qu’on se demande s’il n’a pas simplement dormi pendant les auditions.
Ce pavé de bonne conscience macron-compatible est l’archétype du document politique creux : on défend l’indéfendable, on parle de « réflexion sur le numérique » comme si c’était une idée révolutionnaire en 2026, on recycle les vieilles lunes sur la « mission de service public » et on fait semblant de proposer des choses sérieuses pour mieux enterrer toute idée de réforme réelle. Résultat : un brouillard rhétorique destiné à protéger le statu quo, les copains de Radio France et de France Télévisions mais également ces grosses boîtes de productions « amies » qui se comptent sur les doigts d’une main s’arrangeant pour capter environ un tiers de l’enveloppe proche du milliard concernant cette dernière (tous programmes confondus).
Pendant que les Français se serrent la ceinture, que les factures explosent et que les chaînes publiques accumulent les déficits et les biais, Balanant nous sert la grande messe habituelle : « Ne touchez à rien, c’est sacré ! » Stabiliser les budgets, sanctuariser les journalistes, renforcer les synergies… Autant de formules creuses pour perpétuer le statu quo d’un système coûteux, déconnecté et souvent partial.
Ce n’est pas un contre-rapport. C’est un plaidoyer corporatiste, une opération de sauvetage des élites médiatiques par un élu du système. Là où le rapport Alloncle osait pointer les dysfonctionnements, les gaspillages et les manquements à la neutralité, Balanant répond par l’indignation morale et la victimisation.
Un traité de l’entre-soi où le service public audiovisuel devient soudain un « rempart démocratique » que personne n’aurait le droit de critiquer sans passer pour un barbare.
Balanant ne démonte rien, il esquive. Il ne propose pas, il esquinte l’audace des autres. Son texte n’est pas un contre-rapport, c’est un contre-feu. Un vulgaire exercice de communication pour dire « moi je suis le gentil qui protège la culture » pendant que le service public continue sa lente noyade ernottienne dans le militantisme, le gaspillage et l’irréalité.
Bref, 70 pages pour confirmer ce qu’on savait déjà : quand un centriste veut défendre l’audiovisuel public, il sort le parapluie au lieu du scalpel. Du vent, donc. Et du vent qui sent le renfermé.
À classer directement dans la catégorie « littérature de défense d’intérêts » – avec les autres rapports oubliés qui dorment sur les étagères de l’Assemblée…
Quant aux réactions de celles et ceux qui ont lu l’article du Figaro qui en fait état, elles sont sans appel…En voici quelques-unes :
« On s’en fout royalement. »
« Dans un pays qui s’effondre, voilà l’urgence ? »
« Encore un défenseur du château fort intouchable. »
« Balanant ne défend pas la démocratie, il défend son monde. »
« Pendant ce temps, la dette explose et la note continue d’être envoyée aux Français. »
« Assez de l’entre-soi qui mine notre Pays et le place au 27ème rang des 27»
« Assez des rapports qui protègent l’indéfendable. »…..
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