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dimanche 4 octobre 2026

Le président de Public Sénat voyage en Corse aux frais du contribuable… pendant qu’il sabre les budgets

Le président de Public Sénat voyage en Corse aux frais du contribuable… pendant qu’il sabre les budgets

Selon Mediapart, Jean-Emmanuel Casalta, président-directeur général de Public Sénat a trouvé depuis janvier 2025, la formule magique du service public : faire payer ses allers-retours vers sa résidence principale d’Ajaccio par la chaîne parlementaire, tout en imposant une cure d’austérité aux journalistes et pigistes. Bravo l’artiste.

Selon les révélations du titre de presse, l’homme a glissé dans ses notes de frais professionnels près de 11 827 euros de trajets Paris-Ajaccio et de dépenses liées à la Corse depuis sa prise de fonctions. Des billets d’avion vers chez lui, une location de voiture à Calvi, une nuit dans un hôtel 5 étoiles corses à 321 euros… Le tout alors que le Sénat, unique actionnaire, avait explicitement refusé de prendre en charge ces déplacements lors de la négociation de son contrat. Détail qui n’a visiblement pas freiné l’intéressé.

Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? On trouve aussi cinq nuits dans un palace de La Rochelle pendant les Francofolies (2 300 euros), deux nuits au Lausanne Palace (844 euros) – ville où étudiait sa fille – et une location Sixt à Aix-en-Provence à 1 080 euros pour trois jours, dont personne ne retrouve la trace à un tel tarif. Des dépenses « professionnelles », jure-t-il. On imagine déjà les réunions stratégiques décisives pour l’avenir de la démocratie parlementaire tenues en pyjama dans un suite 5 étoiles. (rmc.bfmtv.com) 

Pendant ce temps, le même Casalta taille dans les émissions, supprime la matinale du vendredi et réduit drastiquement le recours aux pigistes. Au nom des économies, évidemment. Les journalistes se serrent la ceinture pendant que le patron se fait rembourser ses week-ends familiaux et ses escapades de luxe. L’argent public, c’est sacré… sauf quand ça sert à rentrer à la maison ou à aller voir sa fille.

Le Sénat a finalement demandé un audit. On attend avec impatience de voir si la « dépense à titre professionnel » justifie aussi bien les vols vers Ajaccio que les nuits de palace. En attendant, le spectacle est parfait : un dirigeant d’audiovisuel public qui prêche la rigueur tout en se servant dans la caisse comme dans un self-service. Public Sénat, chaîne de la transparence parlementaire ? Plutôt vitrine du « faites ce que je dis, pas ce que je fais ».

On croirait l’ex-Orange et sa suite au Majestic de Cannes qui ose encore raconter, elle, que les Français n’auraient rien payé !

Si c’est ça, le nouveau management de la chaîne, on comprend mieux pourquoi les économies se font toujours sur le même dos !

samedi 3 octobre 2026

« Sauvons nos forêts »… ou comment arros­er le désert avec des larmes de crocodile…

« Sauvons nos forêts »… ou comment arros­er le désert avec des larmes de crocodile…

Il y a quelques jours, Léa Salamé et Hugo Clément nous ont encore offert depuis 2022 (*) , leur grand-messe télévisée. Deux heures et demie de spectacle écolo-charitable sur France 2. Des images de flammes, des pompiers héroïques, des animaux en détresse, des experts bien peignés et, toutes les quinze minutes, le même refrain : « Vous pouvez agir ! Donnez ! ». 

Résultat annoncé : 700 000 euros pour France Nature Environnement. Bravo. On applaudit. On se sent bien. On a « fait quelque chose ».

Sauf que non…

Ce n’est pas une émission d’écologie. C’est une opération de communication soigneusement calibrée. Un show de bonne conscience pour téléspectateurs fatigués qui veulent racheter leur impuissance à prix réduit (défiscalisé, s’il vous plaît). On vous montre les forêts qui brûlent, on vous explique que c’est grave, très grave, puis on vous tend la sébile. Comme si le problème principal était le manque d’argent dans les caisses d’une association, et non le modèle économique qui continue de transformer les forêts en bois de chauffage pour la croissance.

Hugo Clément, producteur de sa propre émission via Winter Productions, sait parfaitement ce qu’il fait. Il a trouvé le ton : ni trop politique, ni trop radical. Juste assez d’émotion pour faire couler les dons, pas assez d’analyse pour déranger les annonceurs et quels annonceurs ! Lors de la précédente édition (*), on avait déjà vu défiler Leroy Merlin, Carrefour, Intermarché et même Dior. Cette fois encore, la « pub solidaire » a fait son apparition. Les mêmes groupes qui bétonnent, qui déforestent, qui vendent du jetable et du superflu, viennent laver leur image en reversant quelques miettes. On appelle ça du greenwashing. À la télévision publique, on appelle ça « engagement ».

Léa Salamé, elle, joue parfaitement son rôle de grande prêtresse de l’émotion. Elle s’adresse même aux enfants pour qu’ils poussent leurs parents à sortir la carte bleue. Touchant. On transforme la colère légitime face à l’effondrement en geste de consommation éthique. On individualise la responsabilité pendant que les vrais leviers – fiscalité, réglementation, interdiction des pesticides, sortie des énergies fossiles, remise en cause de l’agro-industrie – restent soigneusement hors-champ.

700 000 euros. C’est beaucoup pour une association, la FNE. C’est dérisoire face aux milliards d’euros de profits des industries qui brûlent la planète. C’est une goutte d’eau dans un océan de cynisme. Et c’est surtout une façon  de dire aux citoyens : « Vous avez donné ? Parfait. Vous avez fait votre part. Maintenant, continuez à consommer. »

On a le droit d’aimer les arbres. On a même le devoir de les défendre mais a-t-on le droit de transformer l’urgence écologique en émission de téléshopping solidaire, où le don remplace le combat, où l’émotion remplace la politique, et où les stars du service public se drapent dans la vertu pendant que le système continue de tourner à plein régime ? 

Aux arbres, citoyens ? Très bien.

Mais aux racines du problème, aussi et là, on attend toujours que Léa et Hugo osent vraiment y aller.

(*) En novembre 2022, Hugo Clément a co-présenté avec Léa Salamé l’émission spéciale de France 2 « Aux arbres citoyens ! », en partenariat avec FNE (et France Inter). L’émission, centrée sur les forêts, a permis de collecter environ 1,8 à 2 millions d’euros de dons destinés à des projets de protection/restauration forestière sélectionnés et suivis avec FNE. 



vendredi 2 octobre 2026

Canal+ visé par une enquête antitrust liée au cinéma (proche dossier)

Canal+ visé par une enquête antitrust liée au cinéma (proche dossier)

Voici ce que souligne une dépêche de l’AFP du 30 sept 2026:

« Le groupe Canal+ est visé par une enquête de l'Autorité de la concurrence pour des soupçons d'abus de position dominante liés à l'acquisition et à la diffusion de films, a appris l'AFP mercredi de source proche du dossier.

Deux ans après s'être autosaisie du dossier, l'Autorité de la concurrence avait indiqué mardi dans un communiqué avoir "notifié des griefs" à une entreprise audiovisuelle, ouvrant le début d'une phase de contradictoire, mais sans préciser son identité.

Selon les informations confirmées à l'AFP de source proche du dossier, la procédure vise le groupe Canal+, premier financeur du cinéma.

Contactés par l'AFP, l'Autorité de la concurrence et le groupe audiovisuel se sont refusés à tout commentaire. Dans son communiqué, le gendarme antitrust évoquait, à l'appui de la procédure, la possible "imposition de conditions de transaction inéquitables" et assurait que l'instruction devra déterminer, après échanges "d'observations écrites et une séance orale", si les griefs "sont ou non fondés".

Selon les Echos, les griefs de l'Autorité de la concurrence sont liés à deux dispositions de l'accord signé en 2021 entre les organisations professionnelles et Canal+ aux termes duquel le groupe s'engageait à investir 600 millions d'euros dans le cinéma français et européen au cours des trois années suivantes.

D'après le quotidien économique, ces dispositions limitaient notamment à 10 le nombre de films disponibles sur les plateformes gratuites concurrentes et donnaient le droit à Canal+ de revoir ses investissements si un concurrent se rapprochait de sa fenêtre de diffusion. Cet accord a été remplacé depuis.

En vertu de l'accord sur la chronologie des médias, Canal+ peut diffuser un film six mois après sa sortie, loin devant les plateformes américaines (neuf mois pour Disney+, 17 pour Netflix) ou les autres chaînes de télévision (22 mois pour France TV).

Fin juillet, Canal+, dans l'orbite du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, a réaffirmé son rang de premier financeur du cinéma français en s'engageant à investir près d'un milliard d'euros sur les cinq prochaines années.



jeudi 1 octobre 2026

Priscille Ducomet directrice financière de France Télés virée pour faute...c'est grave ?!

Priscille Ducomet directrice financière de France Télés virée pour faute...c'est grave ?!

Selon nos informations, Livia Saurin secrétaire générale adjointe et directrice des relations institutionnelles de France Télévisions, auditionnée par la commission d’enquête, au côté d’Ernotte et de Tardieu, serait démissionnaire.

Il ne s’agirait là que de premiers mouvements de personnels dégagés, dus à des conclusions d’un cabinet d’avocat, le Cabinet Feugère Moizan mandaté semble-t-il par Ernotte pour identifier les « fuites de documentations lors de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public ».




 

CMA Media ou l’art de transformer un échec en « virage stratégique ».

CMA Media ou l’art de transformer un échec en « virage stratégique ».

Après avoir mis en vente ses neuf chaînes BFM locales faute de modèle économique viable, après avoir constaté que la pub locale s’était évaporée chez Meta et Google et que les collectivités ne mettaient plus un sou, après avoir repoussé toutes les offres partielles parce qu’il fallait absolument tout vendre d’un bloc… voilà que le groupe de Rodolphe Saadé découvre subitement qu’il peut « porter lui-même la transformation ».

Traduction : personne de sérieux n’a voulu de ce fardeau, les deux offres globales n’étaient pas assez « solides et sécurisées » (comprenez : pas assez généreuses ou trop risquées pour le vendeur), le compte à rebours du 31 décembre approchait, et plutôt que d’admettre un fiasco, on recycle la défaite en vision d’avenir.

On va donc « recentrer » sept chaînes sur l’économie et les entreprises locales en s’appuyant sur BFM Business et La Tribune. Comme si coller une étiquette « business » allait soudain faire revenir les annonceurs qui ont fui. Pendant ce temps, on ferme proprement BFM Dici et BFM Normandie, six mois après avoir déjà liquidé BFM Paris. Centaine de salariés concernés, mesures d’accompagnement promises… le classique.

Claire Léost avait elle-même diagnostiqué le mal en juin : pas de modèle économique malgré les investissements. Aujourd’hui, le même constat devient le point de départ d’une « profonde évolution ». Magie de la communication corporate.

En résumé : on a tenté de se débarrasser d’un réseau déficitaire, personne n’en a voulu dans les conditions espérées, alors on le garde en le maquillant et on sacrifie les maillons les plus faibles. Bravo pour le courage managérial. Les téléspectateurs locaux, eux, savent désormais à quel point leur information de proximité tenait à un fil… jusqu’à ce que le fil soit coupé.


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mercredi 30 septembre 2026

Pauvre loi Léotard, 40 ans et toujours aussi moderne… que le minitel.

Pauvre loi Léotard, 40 ans et toujours aussi moderne… que le minitel.

En 1986, on inventait un cadre pour réguler des fréquences télé.

En 2026, on l’applique encore à un monde où YouTube, Netflix et TikTok se partagent l’attention pendant que le privé TF1, M6 entre autres et la télé publique s’étranglent sous les quotas, les interdits pub et les obligations de production (attention, en ce qui concerne France Télévisions, les règles sont beaucoup plus contraignantes).

Résultat : les chaînes financent la création française, les plateformes la monétisent.

Les premières ont un régulateur, les secondes ont un algorithme.

Les premières ont des fréquences gratuites en échange de contraintes.

Les secondes ont le monde entier… sans presque aucune.

On appelle ça « exception culturelle ». 

On devrait plutôt appeler ça « handicap concurrentiel organisé ».

Alain Weill a résumé la chose avec délicatesse : « trop encadré, grand besoin d’être libéralisé ».

Traduction non diplomatique : on est en train de faire mourir le patient avec les médicaments de 1986.

Alors oui, une refonte est urgente. Sauf qu’en France, « urgent » signifie généralement « on en reparle au quinquennat suivant ».

Joyeux anniversaire, loi Léotard. Tu as tenu 40 ans. C’est déjà trop.




mardi 29 septembre 2026

France Télévisions : le service public télé qui joue au capitaliste de casino.

France Télévisions : le service public télé qui joue au capitaliste de casino.

Sous le costume du « défenseur de la création française », France Télévisions vient d’offrir le spectacle le plus pathétique de l’année : une entreprise publique qui se comporte exactement comme un fonds de pension anglo-saxon en train de maximiser la marge.

La direction annonce des restrictions budgétaires, supprime les fictions de Marseille et de Lyon… puis, dans la foulée, confie un épisode entier de Meurtres à… à un producteur privé (Ripley Films), tourné à 20 minutes de Lyon, sans un seul salarié de La Fabrique.

Traduction : on liquide les équipes internes, on les envoie boucher les trous ailleurs, on les culpabilise d’être « trop chers » et on externalise allègrement ce qui reste de travail. Exactement comme dans le privé. Sauf que vous, vous êtes financés par la TVA et par l’impôt.

Vous parlez d’économies ?

Combien coûtent réellement les déplacements, les hôtels, les indemnités, les frais de structure privés, le pilotage à distance, le manque à gagner en post-production interne et le non-comblement des postes vacants ?

Vous ne le dites pas. Parce que le seul chiffre qui vous intéresse, c’est celui qui permet de dire aux salariés : « Vous êtes trop chers. »

Le coût humain, lui, n’apparaît dans aucun tableau Excel. La souffrance, l’humiliation, la destruction d’un collectif de travail soudé et d’un savoir-faire acquis depuis des années : ça, c’est gratuit. Pour vous.

Vous avez le culot de dénoncer dans la presse le risque de voir la création française dépendre des grands acteurs privés… pendant que vous organisez vous-même le démantèlement de la production interne.

« Meurtres à Vienne » n’est pas un accident. C’est la suite logique de ce qui s’est passé à Bordeaux, aux équipes légères, à la vidéo mobile. C’est le même scénario : on réduit l’activité, on externalise, on casse la capacité de production, puis on pleure que « on n’a plus les moyens ».

Une entreprise publique qui agit comme une entreprise privée, c’est ça :

– on externalise le travail productif,

– on garde la communication et les discours vertueux,

– on fait payer l’addition aux salariés et au contribuable.

Qui va faire comprendre à Ernotte, qu’il ne suffit pas de coller l’étiquette « service public » sur la façade.

Quand on se comporte comme un actionnaire qui cherche à minimiser le coût du travail et à maximiser la flexibilité externe, on n’est plus un service public. On dest juste une multinationale d’État qui a oublié pourquoi elle existe.

Les salariés de la fiction ont signé pour travailler dans leur région, avec leurs outils et leur collectif.

Vous, vous avez signé pour défendre la création française.

Il semblerait que seul le premier engagement ait une valeur ! 

Patrier-Leitus ou l’art macronien de saboter l’enquête…qui plombe Édouard Philippe

Patrier-Leitus ou l’art macronien de saboter l’enquête…qui plombe Édouard Philippe 

Voilà l’homme. Jérémie Patrier-Leitus, ex-président de commission sur l’audiovisuel publique, incarnation chimiquement pure du macronisme : celui qui veut plaire à la gauche sans déplaire à la droite, et qui finit par ne servir personne… sauf le système qu’il prétend contrôler.

Pendant que Charles Alloncle, rapporteur, tente d’enquêter sur l’audiovisuel public, son président multiplie les entraves : plus d’un mois de suspension des auditions, équipes bridées, dix jours seulement pour pondre 300 pages. Une commission d’enquête transformée en chambre d’étouffoir. « Jérémie, qu’est-ce que tu fais là ? » a fini par lâcher Alloncle. La question résonne encore. Que faisait-il, en effet, sinon protéger ce « petit monde » de connivences où chacun tient l’autre, où Mediawan et les réseaux se sentent à l’abri ?

Le rapport a été voté, certes. Les photographies officielles sont propres mais derrière le vernis, le doute reste : on n’a pas surveillé l’audiovisuel public. On a surveillé ceux qui osaient le regarder de trop près.

Patrier-Leitus n’est pas un arbitre. C’est le gardien soft du système. Celui qui préfère le compromis permanent à la vérité gênante. Celui qui, à force de ménager tout le monde, finit par ne plus être lisible pour personne… sauf pour ceux qu’il fallait précisément déranger.

La commission a sauvé les apparences. Le macronisme, lui, a encore une fois protégé les siens.

JPL « C’est une sorte d’incarnation chimiquement pure du macronisme : à force de vouloir plaire à la gauche et ne pas être détesté par la droite, on finit par adopter des comportements contradictoires, au point que l’exercice du mandat parlementaire perd toute lisibilité. Je suis peut-être arrivé trop naïf dans cette commission d’enquête, avec le regard de l’entrepreneur que j’étais, encore étranger aux entraves et aux manipulations politiques dont il a fait usage » lance l’ex rapporteur dans son livre.

« Suspendre pendant plus d’un mois les auditions d’une commission d’enquête, qui ne dure que six mois au maximum, sur un sujet public aussi vaste, c’est une entrave. 

Interdire aux équipes des députés de communiquer pendant les auditions, alors que l’Assemblée fonctionne ainsi depuis toujours, c’en est une autre.

Enfin, ne laisser que dix jours au rapporteur pour rédiger un rapport de 300 pages, quand les autres commissions d’enquête lui accordent généralement entre un mois et demi et deux mois, c’est encore une entrave. » ajoute-t-il.




lundi 28 septembre 2026

Yannick Jadot suspendu des Écologistes : la sanction pour son soutien à Raphaël Glucksmann…

Yannick Jadot suspendu des Écologistes : la sanction pour son soutien à Raphaël Glucksmann…

Fin septembre 2026, la direction des Écologistes menée par Marine Tondelier, a suspendu pour trois mois le sénateur Yannick Jadot de son statut d’adhérent. Motif : son soutien officiel à Raphaël Glucksmann (Place publique) pour la présidentielle de 2027.

L’ex-candidat écologiste à l’Élysée (2022) s’était progressivement éloigné de la stratégie de sa secrétaire nationale. Alors que Marine Tondelier plaidait pour une primaire large à gauche (voire des discussions avec LFI), Jadot refusait toute alliance avec Jean-Luc Mélenchon. Dès juin, il s’affichait au meeting de Glucksmann à Aubervilliers. Fin août, il officialisait son ralliement, estimant le leader de Place publique « le mieux placé » pour conjuguer écologie, justice sociale, démocratie et Europe, et prenait en charge la préparation d’un « état d’urgence écologique » dans son programme.

Entre-temps, le conseil fédéral des Verts avait adopté une motion permettant d’exclure tout adhérent soutenant un candidat extérieur. La participation annoncée de Jadot à un débat public en tant que soutien de Glucksmann a servi de déclencheur. Dans un courrier du 25 septembre, le secrétariat exécutif lui a notifié une suspension « à titre conservatoire » et lui a interdit de s’exprimer au nom du parti.

Jadot a dénoncé une « impasse » stratégique et affirmé rester écologiste, rappelant ses scores historiques. La décision illustre les fractures profondes au sein du mouvement sur l’union de la gauche à l’approche de 2027.


Nouveau chaos programmé à France Télévisions…

Nouveau chaos programmé à France Télévisions…Ils ont signé. En silence. Sans regarder personne. Sans écouter personne.

La direction de France Télévisions vient de conclure un nouvel accord avec Microsoft. Pour des raisons économiques, bien sûr ! Toujours pour des raisons économiques. D’un coup de tampon, elle a décidé de retirer à une partie des salariés les outils qu’ils utilisent tous les jours. Word, Excel, PowerPoint, Outlook… version bureau. 

Fini. Place aux versions en ligne, via navigateur ou Teams. Clients lourds d’un côté, clients légers de l’autre. Environ 35 % des collaborateurs basculés dans la case « léger ». Sans discussion. Sans véritable information. Sans concertation réelle avec ceux qui savent, ceux qui sont sur le terrain : les informaticiens.

Ils n’y sont pour rien et pourtant ce sont eux qui trinquent. Ce sont eux qui reçoivent les plaintes. Ce sont eux qui tentent de colmater les brèches pendant que la direction découvre, après coup, les incohérences de ses propres choix.

Des journalistes qui ne peuvent plus travailler correctement sur des écrans tactiles.

Des planificateurs bloqués pour sortir des plannings.

Des boîtes mail saturées, des documents impossibles à ouvrir ou à modifier, des messages d’avertissement qui tombent comme des amendes.

Des bugs. Des restrictions. Des profils mal attribués.

Et toujours la même réponse : on corrige. On ajuste. On verra mais on ne parle pas. On ne consulte pas.

On décide et on laisse les autres gérer le chaos.

Les informaticiens avaient alerté. Les chefs de centre, les chefs de service aussi. Personne n’a vraiment écouté. Résultat : une décision hors-sol, prise dans les étages, appliquée dans la précipitation, et subie en bas.

Et ce n’est pas tout.

Il y a l’effet de bord sur les non-permanents. CDD, CDDU, ceux qui passent, ceux qui reviennent après une absence. La direction parle de « meilleure gestion des off-boarding ». Belle formule. Derrière, la suppression pure et simple des licences non utilisées. Et demain ? Un collègue qui revient après plusieurs mois trouve-t-il encore ses mails, ses dossiers, son travail ? Ou doit-il tout recommencer à zéro ?

Il fallait pour le moins :

Informer les salariés.

Réviser les profils incohérents.

Prendre en compte les besoins réels des métiers.

Protéger les données des non-permanents.

Et surtout, associer enfin les équipes informatiques aux décisions qui concernent leurs outils.

Parce que réduire les coûts, d’accord mais pas au prix d’une nouvelle désorganisation. Pas au prix de la perte d’outils. Pas au prix de la dégradation des conditions de travail.

Pendant qu’on y est : pourquoi s’obstiner avec Microsoft ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion de regarder ailleurs, vers les logiciels libres, vers l’open source, comme l’a fait la Gendarmerie nationale il y a vingt ans ? Souveraineté numérique, économies durables, indépendance technologique. Non. On reste dans le même schéma. On signe. On coupe. On laisse les autres se débrouiller.

Ils ont signé sans parler.

Ils ont décidé sans écouter.

Ils ont précipité sans mesurer.

Et maintenant, ce sont les informaticiens, les journalistes, les planificateurs, les non-permanents qui paient la facture.

Assez.


dimanche 27 septembre 2026

Le député Horizon du Calvados pour entraîner Édouard Philippe dans sa chute…

Le député Horizon du Calvados pour entraîner Édouard Philippe dans sa chute…

Jérémie Patrier-Leitus, toujours député Horizons du Calvados, président d’une commission d’enquête sur l’audiovisuel public largement décrié pour avoir tenté sans succès de l’envoyer à la corbeille à papier, vient de livrer sa vision. Après avoir déploré les « insinuations, sous-entendus et rapprochements implicites » du rapport final, il en tire néanmoins la conclusion attendue : il faut créer une entreprise unique de l’audiovisuel public…et il annonce déjà vouloir porter cette idée auprès d’Édouard Philippe, en vue de la prochaine présidentielle.

Traduction : on a enquêté, on a critiqué le travail des autres, on a trouvé quelques « dysfonctionnements réels » (voitures de fonction, engagements politiques de cadres – déjà en partie traités par France Télévisions), et on en déduit qu’il faut fusionner tout le monde. Radio, télévision, plateformes : un seul mastodonte, organisé non plus par canaux mais par « grandes missions ». Plus simple, plus harmonieux, plus efficace, paraît-il. Les procédures de gestion seront unifiées, les outils comptables aussi, les mécanismes de contrôle également. Miracle managérial annoncé selon JPL !

On connaît la chanson. Chaque fois qu’un ernottien convaincu découvre que l’audiovisuel public coûte cher, qu’il n’est pas parfaitement neutre et qu’il fonctionne en silos, la solution miracle s’appelle « grande fusion ». 

Comme si regrouper des cultures professionnelles différentes, des grilles horaires antinomiques et des logiques de production opposées allait automatiquement produire de la transversalité et de l’économie. 

L’expérience française (et étrangère) des fusions administratives montre plutôt le contraire : usines à gaz, coûts de transition, pertes d’identité, et une direction encore plus éloignée du terrain.

Sur le mode de nomination du futur patron, le député est sûr que ni président de la République (trop soupçonnable d’ingérence), ni l’Arcom (impossible d’être à la fois nommant et régulateur) doivent être à la manœuvre. Solution : un conseil d’administration « comme dans le privé », avec avis des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat. Autrement dit : un dispositif qui ressemble à s’y méprendre à une reprise en main parlementaire, donc politique, tout en se drapant de modernité managériale. L’indépendance, version Horizons.

Quand au timing, il n’est pas anodin. On ne parle plus seulement de réforme technique ; on en fait un « véritable sujet du débat présidentiel ». Porter la proposition auprès d’Édouard Philippe, c’est déjà positionner le parti Horizons sur un terrain classique de la droite et du centre : rationaliser, recentraliser, réduire la voilure en prétendant renforcer le service public. On commence par les missions, on finit par le budget. Classique.

La question n’est pas de savoir si l’audiovisuel public a des problèmes. Il en a. La question est de savoir si la réponse consiste à créer une structure encore plus grande, plus opaque et plus dépendante des équilibres politiques du moment, sous prétexte d’efficacité. On a déjà vu ce film. Il se termine rarement par plus de pluralisme et plus de liberté éditoriale. Il se termine par un organigramme plus lourd et un contrôle plus discret.

Celui qui va plomber la candidature à la présidence de la République d’Édouard Philippe l’ex-premier ministre d’Emmanuel Macron, n’aurait de toute façon raison que sur un point : le débat sur les missions doit précéder celui sur l’organisation et le financement. Encore faudrait-il que ce débat ne soit pas déjà orienté vers la solution unique qu’il entonne.



samedi 26 septembre 2026

Affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay…(suite)

Affaire de la carte blanche d’Adèle Haenel censurée par France Télé en replay…(suite)

Seconde partie des échanges avec Ernotte et Tardieu dans l’entretien avec le député Aymeric Caron:

« Mardi dernier, dans le cadre de mon rapport annuel sur l’audiovisuel public, j'auditionnais Delphine Ernotte. Elle était accompagnée du secrétaire général de FTV Christophe Tardieu et de son directeur de cabinet Baptiste Rossi.

Il est important de préciser que ce dernier écrivait jusqu'à récemment les discours d'Emmanuel Macron. Il avait été recommandé à ce poste par Bernard-Henri Lévy. Rossi ne cache rien de cette proximité. Il a affirmé à Libé : "Je dois beaucoup à BHL".

La première partie de nos échanges a pu surprendre, mais la suite est tout aussi étonnante. 

AC : (question à Ernotte) "Mme  avez-vous été consultée avant la dépublication du replay de la carte blanche d’Adèle Haenel?

DE : Non, j’en ai été informée après, mais je soutiens cette décision.

AC : Alors qui a demandé et décidé cette suppression du replay?

DE & CT : …

AC : J’aimerais comprendre la chaîne de décision qui amène à supprimer cette séquence du replay. Qui alerte qui? Qui décide de quoi?

DE & CT : On vous le répète, c’est parce que nous avons reçu des plaintes de téléspectateurs.

AC : Mais contrairement à ce qui a été dit, ce ne sont pas les plaintes de l’ARCOM qui vous ont alertés car vous n’avez aucun contact à ce moment là avec l’ARCOM.

DE & CT : Non, nous n’avons pas eu de contact avec l’ARCOM mais compte tenu des messages que nous recevons, nous comprenons qu’il va y avoir beaucoup de saisines de l’ARCOM.

AC : Vous m’expliquez donc que vous prenez une décision par anticipation d’une situation dont vous ne connaissez pas la réalité… je repose la question: qui a pris cette décision? Je m’interroge car je me souviens que la directrice de la communication de France Télé a eu un contact direct avec la députée Caroline Yadan, laquelle avait demandé la suppression d’un bandeau sur les « otages palestiniens » sur France InfoTv.

DE & CT : le bandeau n’a pas été retiré parce que Caroline Yadan l’a demandé…

AC: Ah bon? Votre directrice de communication a quand même pris la peine de la rassurer sur les réseaux, en l’appelant « Caroline » et en lui envoyant un cœur  …

DE & CT : Ça n’a rien à voir.

AC : Puisqu’on reparle de cette affaire, Caroline Yadan avait aussi demandé sur les réseaux le renvoi de la personne qui avait rédigé le bandeau, or j’ai appris par les syndicats que la personne en question a bien été sanctionnée.

CT : Ce n’est pas vrai, elle n’a pas été sanctionnée.

AC : Si.

CT : Non.

AC : Si, il s’agit d’un pigiste qui n’a plus jamais travaillé pour vous.

CT : Il n’a pas été sanctionné. 

AC : Si, vu qu’il n’a plus jamais travaillé pour vous.

CT : Il n’a pas été sanctionné, c’est juste que son contrat n’a pas été renouvelé.

AC : Vous ne lui renouvelez pas son contrat mais il n’est pas viré, c’est original.

Baptiste Rossi (qui lève les yeux au ciel depuis quelques minutes) : Et vous pensez que c’est sur intervention de Caroline Yadan, c’est vraiment n’importe quoi !

AC : Avouez que la coïncidence est quand même troublante. Permettez-moi de vous reposer la question: qui a pris la décision de dépublier le replay de la carte blanche d’Adèle Haenel?

DE : C’est moi qui ai pris cette décision, pour tout ce qui se passe à  France Télé c’est moi la responsable.

AC : Que vous soyez responsable en tant que dirigeante de France Télé ok, mais qui a pris la décision?

DE : C’est moi.

AC : Ce n’est pas vous, vous m’avez affirmé l’inverse il y a 5 minutes.

DE : Ce n’est pas vrai."

Les premiers propos…