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mardi 26 mai 2026

Mediawan et son projet de fusion...Quel niveau de connaissance avait France Télévisions ?

Mediawan et son projet de fusion...Quel niveau de connaissance avait France Télévisions ? 

Selon l’article de Catherine Boullay « Dans le collimateur de l’inspection du travail, Mediawan fusionne quatre sociétés de production » publié ce 26 mai dans La Lettre (*) toujours à la pointe de l’info, Pierre-Antoine Capton et Mediawan s’apprêteraient à fusionner quatre sociétés de production (Réservoir, Maximal, Troisième Œil, Hide Park) dans une grande entité baptisée Mediawan France Unscripted. 

Une opération de « simplification administrative » pour le groupe ?! Sauf que problème, ce ne serait pas l’organisation administrative qui serait en cause mais la « très libre interprétation et systématique interprétation » des règles du travail.

Au lieu de respecter la convention nationale étendue de la production audiovisuelle ( qui fixe clairement un maximum de 8 heures par jour et encadre strictement les contrats hors cadre hebdomadaire), Mediawan a visiblement préféré sur plusieurs années le grand classique de l'adaptation structurelleOn mutualise les équipes techniques entre « C à vous » et « C dans l’air », on fait bosser les intermittents sur deux contrats dans la même journée, on leur inflige double bulletin de paie, double carence et surtout l'impossibilité de cotiser correctement avec les répercussions négatives que cela peut avoir sur les congés payés et les retraites… alors après que l’Inspection du travail soit venue frapper à la porte avenue de Breteuil, on annonce une fusion salvatrice.

C’est d’une élégance rare : plutôt que de s'en tenir aux demandes formulées, on change la boîte. Plutôt que de rémunérer les intermittents qui font tourner « la machine » (les machines, serait plus juste), on on met tout dans un grand ensemble où l’on dissout au passage les instances représentatives (CSE) qui osent « tiquer » !  Les mandats des élus syndicaux ? Pouf, disparus avec la fusion. Un nouveau CSE sera élu plus tard, dans la grande structure ad hoc.

Première des questions qui se pose : Que dire du rôle de France Télévisions ? Coproducteur zélé de ces émissions phares, le service public qui a pourtant une obligation légale et morale de vérifier le respect du Code du travail et des conventions collectives chez ses partenaires,  a semble-t-il préféré regarder ailleurs... 

Les plaintes (civiles et pénales) déposées par l’avocat Florent Hennequin pour entre autres, travail dissimulé et recours abusif aux CDDU, visent d’ailleurs explicitement ce double jeu...

Dernière question qui fâche : le fonds d’investissement américain KKR, le plus gros gros des actionnaires et partenaire historique de Mediawan, sera-t-il toujours partie prenante de cette nouvelle entité Mediawan France Unscripted ? Ou cette restructuration bien commode permettra-t-elle aussi de diluer un peu plus les responsabilités tout en gardant le même pilotage financier en arrière-plan ?

Au moment où l’Inspection du travail qui s’est rendu sur place et ensuite adressé via la DRIEETS, le 11 février 2026, un courrier mettant en garde Maximal Productions contre ses pratiques, la direction répond avec un grand coup de fusion marketing : « synergies », « économies d’échelle », « fluidification »...

Autrement, on va continuer à faire tourner la machine comme on l’entend, en changeant juste l’étiquette sur la boîte. C’est la stratégie classique des groupes qui considèrent le droit du travail comme « interprétable » ! On restructure, on dilue les responsabilités, on enterre les CSE, et on espère que les intermittents, ces variables d’ajustement éternels, continueront à accepter sans trop broncher…il faut bien qu’ils  croûtent. 

Sauf que cette fois, les recours en justice s’accumulent, l’Inspection ne lâche pas l’affaire après la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a tendance à se gâte. La « simplification » ne serait-il qu’un joli mot synonyme d’évitement organisé des obligations sociales ? 

Quelle sera d’ailleurs la part dans ce dossier de France Télévisions qui, en tant que coproducteur, a de facto failli à ses obligations de contrôles ? 

Parce qu’à force de traiter les règles comme des obstacles négociables, on finit toujours par se prendre les pieds dans le tapis quand bien même celui-ci serait  rebaptisé Mediawan France Unscripted !


Pour une justice au-delà de la procédure : l’affaire des agressions sexuelles à France Télévisions ne se réduit pas à un signalement via l'article 40.

Pour une justice au-delà de la procédure : l’affaire des agressions sexuelles à France Télévisions ne se réduit pas à un signalement via l'article 40.

Au lendemain du vote permettant la publication du rapport sur la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, son rapporteur a saisi la procureure de la République via l’article 40 du Code de procédure pénale. Il met en lumière des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles survenus en 2009 sur le plateau de Ce soir (ou jamais !), ainsi que leur gestion opaque par la direction de France Télévisions.

Il fallait bien essayer de trouver un biais pour parler d'autre chose et éviter que les regards ses portent sur Martin Ajdari le toujours président de l'ARCOM qui a signé ès qualité l'un des 2 protocoles et aurait déjà dû donner sa démission...

Il y a effectivement deux protocoles, signés par deux dirigeants du groupe France Télévisions : 

- l'un signé par Martin Ajdari qui moment des faits, agissait bien en en qualité de mandataire social pour la société MFP (filiale de France Télévisions) et a personnellement signé ledit protocole transactionnel. En tant que représentant légal, il était donc pleinement au courant du dossier et de son contexte. 

- l'autre a été signé par Arnaud Lesaunier, alors directeur général de MFP et, selon nos information, président du CHSCT.

Ces arrangements ne datent pas d’hier et ne concernent pas qu’un seul dossier. Ils révèlent une gouvernance où l’image du groupe public prime sur la protection des personnes, où l’argent du contribuable a servi à acheter le silence plutôt qu’à sanctionner et prévenir.

Prétendre comme Martin Ajdari qu’il n’était pas au courant ou n’aurait pas participé à la transaction qui l’a conduit à valider de sa main, le protocole transactionnel qui indemnisait une salariée enceinte de presque 6 mois virée « pour en avoir trop vu ou trop dit », est presque une insulte à celle qui avait osé parler.

Essayer d'attirer l'attention ailleurs avec cette ridicule mise en cause du rapporteur dans laquelle les grands inquisiteurs de la probité publique se sont  engouffrés, est franchement pathétique.

A commencer par  la présidente de l’Assemblée elle-même, Yaël Braun-Pivet, qui a même annoncé avoir saisi le  déontologue et qui se fait d'ailleurs  copieusement ramasser sur les réseaux sociaux (*), après que Paris Match a balancé les photos d’Alloncle et de sa  collaboratrice avec un titre que le magazine a dû changer discrètement, en retirant un mot en particulier, en mode « on n’a rien vu ».

 (*)

 

(illustration d’un billet d’humeur sur les réseaux sociaux: https://x.com/pnerval/status/2058118735441899936?s=48&t=tIKNo-bGj4kzqXl2aeMt6g)

Les mêmes qui passent leur temps à nous faire la leçon sur l’éthique, la transparence et la « nouvelle gouvernance », se transforment soudain en justiciers sélectifs ! Ce n'est pas le cirque de ces pseudo-moralisateurs qui crient au scandale qui va empêcher les témoignages de se succéder dans le cadre de cette sordide affaire. C'est une étape nécessaire mais ne s'arrêter qu'à la procédure pénale serait une erreur grave.

Le blog CGC Média vous propose de découvrir l'un d'entre eux qui n'a guère besoin de commentaires.

"Je vous adresse ce mail tout d’abord pour vous remercier de nous avoir si bien accueillis sur cette belle émission qu’est Ce soir ou Jamais.

Néanmoins, je souhaiterais vous faire part d’une mésaventure qu’il m’est arrivée après que vous m’ayez placée sur le plateau. Partie aux toilettes, j’ai attendu un moment derrière l’écran géant afin d’aller me replacer le plus discrètement possible.

C’est à ce moment qu’un des assistants réalisateurs, qui portait un casque, est venu vers moi pour engager la conversation. Après quelques blagues salaces, il m’a demandé si j’avais un « mec ». Je lui ai poliment demandé pourquoi il me questionnait à ce propos, et ce dernier m’a répondu, tel quel : « Ben je sais pas, tu baises ou pas, toi ? »

Je suis donc immédiatement partie me replacer, sans rien ajouter.

Lorsque nous avons eu à sortir à nouveau, ce même Monsieur d’une quarantaine d’années s’est frotté à moi de dos, de la même façon que l’aurait fait un garçon de mon âge qui ne contrôlerait plus ses hormones. [pas besoin d'un dessin ! ndlr]

Je me suis sentie profondément humiliée.

JAMAIS on ne s’était comporté ainsi avec moi ou mes amies sur un plateau télévisé, malgré tous ceux auxquels nous avons pu participer.

Dommage que ce genre de technicien détériore l’image de votre chaîne, parce que ce genre de mésaventures finit toujours par se savoir. Est-ce autant dégradant d’assister à votre émission ?..."

Voila donc pour la culture d’étouffement systématique au plus haut niveau

Les responsabilités dépassent le pénal

•  Responsabilité managériale : Comment des dirigeants comme Ajdari (mandataire social) et Lesaunier (directeur général et président du CHSCT) ont-ils pu privilégier des protocoles transactionnels au détriment d’enquêtes internes rigoureuses et de sanctions disciplinaires ?

•  Culture d’entreprise : Un service public financé par tous doit-il tolérer un climat où les plaintes pour violences sexuelles sont gérées comme des risques communicationnels et surtout, un système où les victimes ou témoins étaient incités à partir avec des indemnités élevées assorties de clauses de confidentialité ?

•  Redevabilité publique : Les Français ont le droit de savoir comment leur argent a été utilisé dans ces protocoles et si des carrières ont été protégées au détriment des victimes.

Le signalement judiciaire était donc indispensable et il ne dispense pas d’un débat plus large sur la gouvernance de France Télévisions : transparence totale des accords transactionnels, protection réelle des lanceurs d’alerte, formation et sanctions effectives, et contrôle parlementaire renforcé.

Cette affaire interroge le fonctionnement d’une institution qui se veut exemplaire. Réduire le débat à une simple saisine du Parquet, c’est esquiver les questions structurelles : faut-il continuer à financer sans contrôle renforcé un groupe où de telles pratiques ont pu perdurer ?

La justice doit faire son travail. Exiger la vérité complète, la fin de l’omerta et une réforme profonde du service public qui mérite mieux que celles et ceux de ses représentants ou ex-dirigeants qui sont fautifs et devraient déjà avoir été sanctionnés et démis de leur(s) fonction(s).

C'est un devoir pour la Société et les victimes aussi.


lundi 25 mai 2026

L’ARCOM, fossoyeur de l’emploi et champion de l’hypocrisie…La chaîne TNT Novo19 est un gouffre financier !

L’ARCOM, fossoyeur de l’emploi et champion de l’hypocrisie…La chaîne TNT Novo19 est un gouffre financier ! 

Ah, ils peuvent poser fièrement ces fossoyeurs du secteur des médias !! Entre le licenciement des 250 salariés de C8 (sans compter vraiment les intermittents ) mais aussi, ceux à venir pour Ouest-France qui prépare un large plan de licenciement et s’enfonce dans la crise, ils peuvent se vanter d’avoir eu du pif, les membres de l’autorité de régulation de l’ARCOM avec leur « choix d’avenir » !!

Ça pour réguler, on peut dire qu’elle a régulé la bande de ROM. Chacun peut aujourd’hui observer le fiasco de la bureaucratie française de l’agence (*) qui, en juillet 2024, a pris une décision qualifiée de « coup de génie » par ses admirateurs. En réalité, un coup de massue sur des centaines d’emplois, au nom d’une morale sélective et d’un pluralisme à géométrie variable. 

À quoi peut bien encore servir ce bidule qui coûte la bagatelle de près 55 millions à l’année aux Français pour beaucoup de vent ? 

Sous prétexte de « dérapages » (notamment ceux de Cyril Hanouna sur C8), l’ARCOM avait refusé le renouvellement de la fréquence TNT de C8. Résultat : environ 250 salariés licenciés chez Canal+. Des familles déstabilisées, des savoir-faire jetés aux oubliettes. Bravo pour la protection des femmes et femmes qui se sont retrouvés du jour au lendemain, sans boulot !

On allait voir ce qu’on allait voir avec celui qui récupérerait le précieux canal ? Mauvaise pioche pour Novo19, la chaîne du groupe Ouest-France Une merveille, racontaient certains … Sauf que la réalité est cruelle : audiences catastrophiques (des soirs à 0% avec à peine 5 000 téléspectateurs); gouffre financier avéré et à peine deux ans plus tard, le groupe Ouest-France qui prépare aujourd’hui un large plan de licenciements.  

C’est cela, le génie de l’ARCOM : tuer des emplois sur une chaîne populaire pour en créer d’autres… qui ne marchent pas et détruisent encore plus d’emplois en aval. Le comble de l’incompétence  et probablement de l’irresponsabilité conjuguées sous la houlette du parfait énarque donneur de leçons. 

Pour prendre sa place, lui aussi nommé par Emmanuel Macron: Martin Ajdari, le clone parfait. Un homme dont le parcours sent bon la continuité des élites intouchables. Copié-collé stylistique et administratif de Roch-Olivier Maistre ? 

Le voilà à présent, empêtré dans une vieille histoire de protocole signé à France Télévisions pour étouffer une affaire d’agression sexuelle et de harcèlement sur le plateau de « Ce soir (ou jamais !) » en 2009. Indemnisation confidentielle, abandon des poursuites prud’homales… et aujourd’hui, l’homme qui donne des leçons de déontologie à tout le monde ose prétendre qu’il a signé des documents sans vraiment savoir à quoi cela correspondait !!!! Il aurait déjà dû quitter son poste car beaucoup se demandent dès lors le nombre de documents qu’il a validé avec la formule manuscrite  « bon pour accord », sans avoir connaissance de son contenu ? 

Pendant qu’on ferme des chaînes privées pour «  manquements », on protège, on tente de minimiser les rapports de l’inspection générale et de la cour des comptes qui dénoncent une gestion catastrophique d’Ernotte, on va même jusqu’à la parachuter une troisième fois avec en ligne de mire l’élection présidentielle et les législatives de 2027 avec un seul mot à la bouche répéter à loisirs, "audiovisuel public fort". Ça fleure bon l’odeur suffocante du deux poids, deux mesures.

La procureure de la République de Paris à qui  le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, a fait un signalement au titre de l’article 40, devrait très vite lui faire comprendre qu’en que mandataire social et dirigeant de France Télévisions à l’époque, il ne peut se prévaloir d’une quelconque irresponsabilité. Le blog CGC Média, prépare d’ailleurs, pour ce mardi, un nouvel article qui enfoncera le clou.

Le vrai bilan

•  Des centaines de personnes au chômage (C8 + vagues à venir chez Ouest-France).

•  Une chaîne de remplacement qui patine lamentablement.

•  Un régulateur qui choisit les gagnants et les perdants selon des critères opaques, tout en fermant les yeux sur ses propres turpitudes.

•  Des téléspectateurs privés de choix, au nom d’une « morale » qui arrange les puissants.

L’ARCOM ne régule rien : elle oriente, elle punit très sélectivement, elle protège son monde et particulièrement celui de l’entre soi.  Résultat ? Moins de pluralisme, moins d’emplois, moins de liberté et plus de déserts informationnels que même quelques pragmatiques - il en reste peu  - finissent par dénoncer du bout des lèvres.

Ce « machin qui ne sert à rien » (ou plutôt qui sert trop bien certains intérêts) coûte cher aux contribuables, aux salariés et à la démocratie. Il est temps de se poser la question : à quoi bon une telle autorité si c’est pour produire du chômage et du mauvais contenu, tout en recyclant les mêmes élites aux mémoires courtes ?

Le génie de juillet 2024 ? Un suicide médiatique et social habillé en vertu.

Et pendant ce temps, Novo19 coule, Ouest-France licencie, et les Français zappent vers d’autres horizons…juste avant cela, l’Inspection du travail si ce n’est la justice devraient se pencher très vite sur les contrats de quelques heures seulement signés par Together Medias en partenariat avec FTV Le Studio, (très en dessous des huit heures légales) pour le talk show de la chaîne qui devrait s’arrêter au plus tard à la fin de l’année.

Vive la régulation ! (Tant qu’elle ne touche pas les copains et les amis des amis.)​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​




dimanche 24 mai 2026

Les Français attendent le prochain communiqué visant Ernotte « Nous l’avons immédiatement retirée et nous présentons nos excuses pour cette méprise. »

Les Français attendent le prochain communiqué visant Ernotte « Nous l’avons immédiatement retirée et nous présentons nos excuses pour cette méprise. »
Une fois de plus, le service public nous offre un grand moment de journalisme à la française. C'est l’erreur de trop devenu la routine du service public ! Le fameux recul, l'exemplarité, l'analyse et le décryptage que prône l'ex-Orange à longueur de temps ! 

Jeudi 21 mai 2026, France 2 et l’émission Complément d’enquête ont réussi l’exploit de diffuser une bande-annonce qui associe, par pure « méprise », une influenceuse qui a maigri naturellement à l’industrie des médicaments amaigrissants qu’ils étaient censés décortiquer.

L’affaire est d’une bêtise sidérante. Pour promouvoir leur enquête sur le « business » des Ozempic, Wegovy et autres « faux miracles », les équipes ont pioché une capture d’écran du compte TikTok de @xiouocey, l’ont floutée (comme si ça changeait quelque chose) et l’ont balancée dans le teaser.  

Sauf que Xiouocey n’a jamais touché à ces traitements. Elle a perdu 55 kilos à la force du poignet, sans scalpel ni stylo injectable. Son parcours, elle l’a documenté pendant des mois...et là, patatras : on la transforme en affiche publicitaire involontaire pour le trafic qu’on prétend dénoncer.

La jeune femme, légitimement furieuse, a publié une vidéo coup de gueule sur Instagram. On y sent la rage et l’émotion d’une personne dont le travail et l’image ont été salis en quelques secondes par des « professionnels » censés vérifier leurs sources. 

Son message est clair : c’est « dégueulasse »...et elle a bien raison.

La réponse de la production ? Un tweet aussi rapide que contrit : « Nous l’avons immédiatement retirée et nous présentons nos excuses pour cette méprise. » Traduction : oups, on s’est encore plantés, mais on assume… deux minutes. On retire, on s’excuse, et on passe à autre chose. Classique.

C’est précisément ce qui est insupportable. Ce n’est pas une « méprise » isolée, c’est l’énième illustration d’une chaîne publique qui accumule les approximations, les amalgames et les fautes professionnelles avec une consternante régularité. Chaque Français paie sa part de TVA pour financer ce niveau de rigueur ? 

Des équipes qui piochent des images sur TikTok sans vérifier le parcours de la personne, qui associent n’importe quoi à n’importe qui, et qui se contentent d’un « désolé » quand ça leur explose à la figure ?

Complément d’enquête aime se présenter comme l’émission qui gratte là où ça fait mal, qui dénonce les scandales et les mensonges. Pourtant lorsqu'elle elle-même fabrique un mensonge visuel en bande-annonce, elle montre surtout son propre amateurisme. 

Le service public, ce temple autoproclamé de la déontologie ernottienne, se ridiculise une fois de plus. Et ce n’est pas la première fois : les exemples de ratés, de montages orientés, de corrections tardives ou d’excuses molles s’accumulent.

Pendant ce temps, les contribuables continuent de financer cette machine à erreurs. Xiouocey a eu le courage de parler. Combien d’autres anonymes ou influenceurs se sont fait instrumentaliser sans oser rien dire ? Combien de reportages bancals passent encore sous les radars ?

À force d'« immédiat retrait » et d'« excuses », France Télévisions ne répare plus sa crédibilité : elle l’enterre un peu plus profondément à chaque fois. Le public mérite mieux que ce journalisme du « à peu près » et du « on verra bien ».

L’erreur est humaine, dit-on...mais à ce rythme, chez France 2, elle devient une méthode 

samedi 23 mai 2026

Si Boris Vallaud espère rallier les Français à la défense d’Ernotte avec son livre "nos vies ne sont pas des marchandises", il se met le doigt dans l’œil !

Si Boris Vallaud espère rallier les Français à la défense d’Ernotte avec son livre "nos vies ne sont pas des marchandises", il se met le doigt dans l’œil !

A l’occasion, la fin avril, de la sortie de son livre sur la démarchandisation, le toujours président du groupe socialiste qui, à l’Assemblée nationale a annoncé vouloir  s’en affranchir avec 40 autres députés, assure un peu partout la promo de son bouquin.

 (*)

La France croule sous 3.500 milliards de dette, souffre d’une désindustrialise structurelle depuis quarante ans avec un Pays qui perd ses usines et sa compétitivité à la vitesse grand V et se laisse détrousser par une caste de bien-pensants qui se partage le gâteau dans ce révoltant monde de l’entre-soi (la gauche caviar bien en tête) mais Boris Vallaud idolâtre toujours la même statue !

Il fait partie de ceux qui totalement hors-sol veulent toujours plus d’État et encore moins de marché. Tout doit devenir un « droit » : santé, logement, énergie, retraites, culture, etc…Payés par qui ? Par l’industrie fantôme et les générations futures ?

Pathétiques. Ils préfèrent exploser la dette et achever ce qu’il reste d’industrie plutôt que d’admettre que leur modèle est un suicide économique habillé en morale de gauche si le mot a encore un sens ! Quant à ce qui reste de la télé publique que l'ex-Orange aura saccagée et conduit à la quasi faillite, ils ne savant que répéter en boucle "audiovisuel fort".  Lunaire !

Ce petit club chantant la démarchandisation comme remède miracle est finalement d’une bêtise abyssale.

Lors d’une récente soirée semi privée organisée par l’association des lecteurs d'un mensuel économique afin d’y promouvoir son livre sur la démarchandisation "nos vies ne sont pas des marchandises" au Seuil, Boris Vallaud a sidéré une bonne partie de la salle en déclarant publiquement son soutien à Ernotte. (*)

Non sans s’être féliciter en amont du succès de son ouvrage qui, selon lui, démarre fort (quelques centaines d’exemplaires vendus seulement jusqu'ici !)lui qui dans une interview très récente à Pellerin tablait sur "des ventes à moins de 2 000 exemplaires" ( bel acte de foi dans « le pouvoir des mots ») et qui toujours président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, s’est empressé de voler au secours de Delphine Ernotte.

Il assume sans rougir : peu importent les audiences catastrophiques (avec par exemple, un écart entre le 20h de France 2 et celui de TF1 entre 1,5 et 2 millions d’écart), les matinales régionales invisibles, les conflits d’intérêts, la connivence avec les boîtes de production amies, l'échec d'une plateforme Salto qui aura coûté aux Français près de 90M€, les rapports catastrophiques de la Cour des comptes et de l’IGF, le mal-être au travail des salariés et le nombre hallucinant de burn out,  etc…

L’urgence pour lui, c’est le « combat d’Ernotte contre l’extrême droite qui est le nôtre » a-t-il lancé en réunion  !

Il n'y avait pas besoin d'attendre la fin de la commission d'enquête sut l'audiovisuel public pour comprendre leur manège.

Ainsi parle le socialiste : on peut bien sacrifier la vérité, la rigueur, la décence managériale, du moment qu’on se range « aux côtés de Delphine Ernotte » contre le RN.

Ah, Boris Vallaud ! Le chantre de la « démarchandisation », l’homme qui nous explique doctement que nos vies ne sont pas des marchandises, qui consacre des pages entières à la nécessité d’un audiovisuel public fort, indépendant des logiques marchandes et des copinages !

Beau programme. Dommage que la réalité vienne si brutalement lui mettre le doigt dans l’œil.

Le service public de l'audiovisuel ? Un totem à défendre coûte que coûte, même quand il devient un fromage pour initiés, même quand il produit du contenu médiocre et quand sa direction pratique la communication de crise des plus éculées, uniquement pour se maintenir.

Le comble ? Pendant que Vallaud pontifie sur la démarchandisation de la culture et du vivant, Ernotte continue d’enfoncer la télé publique dans la crise, tout en multipliant les logiques privées.

La gauche socialiste pendant ce temps ? Elle s’assoit sur les dysfonctionnements, sur les drames humains, sur l’échec culturel. Pire : elle laisse le « wokisme » s’installer, sans que cela ne provoque la moindre remise en question.

C’est le grand classique de cette gauche moraliste : les principes sont universels… sauf quand ils gênent les camarades de réseau. Alors, on dénonce la marchandisation du monde mais on protège farouchement ceux qui transforment le service public en cour des miracles clientéliste.

On écrit un manifeste pour « sauver nos vies » de la logique marchande mais on défend bec et ongles une direction qui traite ses salariés comme des variables d’ajustement.

Résultat ? Le RN est aux portes du pouvoir et les Français constatent chaque soir, sur leur écran, que le « service public » qu’on leur vend si cher est très souvent moins regardé que la concurrence privée. Merci pour la démonstration grandeur nature.

Boris Vallaud voulait structurer la pensée de gauche autour de la démarchandisation. Il n’aura réussi qu’à en illustrer, avec une clarté cruelle, l’hypocrisie fondamentale : ses belles idées s’arrêtent là où commencent les intérêts de son camp.

Nos vies ne sont pas des marchandises, dit le livre. Sauf, visiblement, quand il s’agit de la carrière de Delphine Ernotte et de la tranquillité du microcosme socialiste.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​


vendredi 22 mai 2026

Comment le président de l’Arcom peut-il prétendre qu’il n’était pas au courant de ce qu’il a signé ?

Comment le président de l’Arcom peut-il prétendre qu’il n’était pas au courant de ce qu’il a signé ?  

La réponse est claire et directe :

Martin Ajdari peut difficilement prétendre de bonne foi qu’il n’était pas au courant ou n’aurait pas participé à la transaction qui l’a conduit à valider de sa main  et es qualité, le protocole transactionnel qui indemnisait une salariée enceinte de presque 6 mois virée « pour en avoir trop vu ou  trop dit » ? 

La CGC de l’audiovisuel qui avait été amenée à défendre aux Prud’hommes la collaboratrice et le collaborateur virés Illico presto et donc, à avoir connaissance des documents liés à ces dossiers, notamment celui évoqué par la presse ces derniers jours (*) explique pourquoi.

(*) Les révélations publiées par La Lettre sur la gestion d’une affaire de harcèlement et d’agressions sexuelles présumées au sein de France Télévisions ne peuvent rester sans conséquences politiques, administratives et morales. 

À travers le signalement effectué par le député Charles Alloncle après l’audition de Martin Ajdari devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, c’est toute une culture de l’omerta qui ressurgit. 

Selon l’article, les faits se sont déroulés sur le plateau de l’émission Ce soir (ou jamais !) de Frédéric Taddeï. Une assistante de production aurait alerté sa hiérarchie après des comportements graves imputés à deux salariés de la production envers de jeunes femmes présentes dans le public...

1.  Le protocole est signé de sa main
. Le fait qu’il a apposé sa signature avec la mention manuscrite « bon pour transaction, bon pour désistement d’instance et d’action » prouve qu’il a personnellement validé l’accord, y compris son caractère transactionnel.

2.  Le texte est d’un type standard pour ce genre  de transactions qui visent précisément à « acheter le silence » et à empêcher toute remise en cause future. 
Prétendre qu’« il n’aurait pas mené les négociations » ou que « ce n’était pas lui personnellement qui les auraient menées est très compliqué quand le document porte sa signature et sa mention manuscrite.

3.  Tenter de jouer sur une distinction formelle :

- « C’est la Société MFP qui était partie à la transaction, pas moi à titre personnel. »

- Ou : « J’ai signé en tant que représentant légal, mais je n’ai pas personnellement négocié tous les aspects ou n’étais pas au courant du détail. »


N’est pas sérieux. Certes c’est une défense classique, mais elle est faible ici parce que, redisons-le :

- la mention manuscrite est personnelle et explicite.

- en tant que dirigeant (et aujourd’hui président de l’Arcom), il est présumé avoir lu et compris ce qu’il signait.

Les juges sont très réticents à accepter « je ne savais pas ce que je signais » quand il y a une mention manuscrite + clauses d’information expresse.

Il n’y a donc pas grand chance que la procureur de la République saisie d’un article 40 par Charles Alloncle, le rapporteur de la commission d’enquête audiovisuel, le suive dans cette rhétorique, lorsqu’elle aura le protocole sous les yeux.

Il est fort peu probable que Martin Ajdari puisse utilement soutenir devant un juge qu’il ignorait l’objet ou la portée de ce protocole.

Il ne peut sérieusement pas demander d’effacer le fait qu’il a signé de sa main un protocole transactionnel de confidentialité qui mettait fin à un litige sans s’être renseigné sur le pourquoi du comment, à savoir pourquoi cette femme enceinte de six mois était  virée ! 

Ou alors, cela reviendrait à dire qu’il ne regarde pas ce qu’il signe voire même qu’il ne s’intéresse pas aux négociations préalable menée dans le cadre d’un texte qu’il va valider ?!

Le protocole transactionnel (accord de transaction) conclu entre la Société MFP (représentée par Monsieur Martin Ajdari) et la salariée, à l’époque, engage bien sa responsabilité.

En droit, les point clés du contenu qui impactent la crédibilité d’une éventuelle défense « j’ignorais l’objet/portée », sont les suivants:

1.  Formulations très protectrices et explicites :

•   Comme dans tous les accords de ce genre Il y a un article qui expliqueexpressement que l’accord vaut transaction au sens des articles 2044 et suivants du Code civil.

•  Les parties déclarent avoir « pris connaissance, compris et accepté tous les effets », notamment le caractère définitif et irrévocable de la transaction.

•  Elles reconnaissent que « leur attention a été expressément attirée sur le caractère définitif et irrévocable ».

•  Elles s’interdisent mutuellement de remettre en cause la transaction « pour quelque cause que ce soit, fût-ce pour erreur de droit ou de fait ».

Ce sont là des clauses standard dans les transactions bien rédigées, précisément pour verrouiller ce type de contestation ultérieure.

2.  Signature manuscrite de Martin Ajdari :

- Il signe en tant que représentant de la Société MFP.

- Il a ajouté de sa main : « bon pour transaction bon pour désistement d’instance et d’action ».

- Cette mention manuscrite est très forte en droit français : elle constitue une approbation expresse et personnalisée du caractère transactionnel et du désistement d’action (renonciation à tout recours futur).

3.  Contexte juridique :

- Une transaction homologuée ou même non homologuée a force de chose jugée entre les parties (art. 2052 C. civ.).

- Le fait que les parties conservent chacune leurs frais et honoraires par exempté et se soient engagées à ne pas se dénigrer renforce le caractère global et définitif de l’accord, en renforce la portée.

- La mention « Fait à Paris, le … en deux exemplaires originaux » et la signature sur le document lui-même complètent le formalisme.

La crédibilité de la thèse « j’ignorais l’objet ou la portée du protocole » est donc quasi-nulle.

Au fait quand va-t-il devoir en tirer les conséquences et démissioner ? 

Il y a peu de chance également qu’il soit passé à côté du rapport au vitriol de la HALDE ou encore de cet article signé par Manan Ben Lrhouma pour SaphirNews, le vendredi 18 juin 2010 qui figurait au dossier et que la CGC de l’audiovisuel a retrouvé dans ses archives.

Extraits :

France Télévisions : Du grabuge dans les coulisses de « Ce soir (ou jamais !) » ?

Une plainte à la HALDE contre MFP

À l’heure où France Télévisions vante des spots pour plaider la cause de la diversité, voici une affaire qui risque de faire mal à la chaîne publique. MFP, une société de production filiale à 100 % de France Télévisions et productrice de l’émission Ce soir (ou jamais !), est accusée d’avoir mis à la porte plusieurs employés suite à des propos déplacés et à une affaire de discrimination. L’une d’elles, employée pendant cinq ans au sein de l’émission, a saisi la HALDE pour discrimination en état de grossesse. 

Les deux parties s’expliquent sur SaphirNews.

Ce soir (ou jamais !) est, sans aucun doute, l’une des émissions phares de France Télévisions. Animée par Frédéric Taddeï depuis sa première diffusion, en septembre 2006, elle est regardée par quelque 800 000 téléspectateurs du lundi au jeudi, en direct et en public, en présence d’invités souvent triés sur le volet. Une formule gagnante pour la chaîne publique, qui ne doit ce succès qu’à MFP, société de production de l’émission, filiale à 100 % de France Télévisions, et son équipe.

Mais, depuis quelque temps, il y aurait du grabuge dans les coulisses de cette société. C’est ce que soutient une employée de MFP jusqu’en février dernier, qui a déposé plainte en mars auprès de la HALDE pour discrimination en état de grossesse à la suite du non-renouvellement de son contrat.

Une ascension fulgurante

Un nom qui n’est pas connu du grand public mais que les chaînes de TV et les sociétés de production connaissent très bien. Son CV est long comme le bras. À son actif, elle comptabilise plus de 9 000 émissions de télévision à raison d’un travail de six jours sur sept en tant que responsable du public et animatrice de conférences.

Pour en arriver à ce résultat, elle a dû travailler d’arrache-pied…Elle confie à Saphirnews s’être trouvée « dans une situation particulièrement difficile. Les choses se disaient verbalement et directement. On ne louait pas d’appartement et le refus de travail était assez récurrent ».

Sa décision fut prise : à l’obtention de la nationalité française, elle garde son prénom d’origine mais prend aussi un second prénom français, nettement plus passe-partout dans ses CV. Depuis, « ma vie a changé du tout au tout. J’ai pu louer un appartement, tout était beaucoup plus facile », notamment dans le monde du travail.

Tout va très vite pour elle. Repérée par un des animateurs vedette de C+ pour animer les coulisses de Le Vrai Journal , elle devient très vite une référence pour le monde de l’audiovisuel après avoir fait ses preuves. Depuis, elle est sollicitée par nombre de boîtes de production et de chaînes de télévision pour gérer le public. Un modèle parfait d’intégration, dit-on dans le milieu de l’audiovisuel.

En septembre 2006, elle décroche un contrat avec MFP, qui lance alors Ce soir (ou jamais !), où elle avoue que tout se passe très bien… jusqu’à ce jour du 18 février, où elle se voit annoncer, par sa directrice de production, le non-renouvellement de son contrat et la fin immédiate de sa collaboration.

« Licenciée sans motif », selon son conseil.

« J’ai été mise à la porte de la société MFP à cinq mois de grossesse par la directrice de production qui m’a dit verbalement, sans m’avoir envoyé au préalable de courrier ni donné aucune explication, que mon contrat s’arrêtait là. Je lui ai demandé de se justifier. Elle m’a répondu : “Non, je pars en vacances ce soir.” Je m’étais dit que c’était probablement une blague, qu’elle allait me rappeler… et non, c’était réel. J’avais bien été remerciée de cette façon-là, aussi brutale et sévère au bout de quatre ans de bons et loyaux services et au bout de 450 émissions. J’ai pas compris pourquoi », nous explique-t-elle.

Ne lui ayant pas été signifié les motifs, elle va chercher alors des raisons et pense peut-être en avoir trouvé une en évoquant des incidents en plateau diffusés lors d’un nouveau numéro de Ce soir (ou jamais !). « Des personnes se sont plaintes de gestes déplacés et humiliants de la part du cadreur qui était dans un état d’alcoolémie avancé. C’était la première fois qu’un incident de la sorte avait lieu en plateau », explique-t-elle.

Saphirnews a pu consulter des témoignages concernant cet épisode. À charge pour le cadreur : « Les allusions sexuelles étaient récurrentes. J’ai passé derrière un bar et, sans aucune retenue, saisit un verre et déliré le nez d’une jeune femme », témoigne l’une des personnes ayant subi les gestes douteux du technicien. « J’ai vu un de vos cameramans empoigner “pour rire” l’antenne de sa caméra dans les fesses des deux étudiants », écrit un témoin. Et bien d’autres témoignages se succèdent. Parce qu’elle a rapporté ces faits à la direction, « est-ce qu’on m’accuse d’avoir fait mon travail correctement ? », c’est la question qu’elle se pose.

Joint par téléphone, Pierre-Antoine Boucly, directeur général de MFP, a une toute autre version des faits.

« Elle n’a pas été licenciée, son contrat n’a pas été renouvelé. Si le contrat n’a pas été renouvelé, c’est qu’il y a eu un certain nombre de différends », explique-t-il à Saphirnews.

Mais les raisons lui ont-elles été données ? « Oui, bien sûr, mais je ne peux pas les dire car nous sommes dans une procédure judiciaire. Légalement, je peux arrêter le contrat d’un intermittent du spectacle sans lui expliquer pourquoi. Nous, on le fait car nous avons une charte déontologique. Quand on se sépare d’un collaborateur ou d’un prestataire, on lui explique pourquoi parce que c’est la moindre des choses et cela a été fait », répond-il.

Quant à l’incident, il élude soigneusement la question, préférant répondre que « des incidents en plateau, ça arrive » avec « des personnes qui se prennent les pieds dans les câbles » et que dans l’émission, « tout est enregistré, on garde toutes les images du plateau et des caméras », ce qui permet à MFP de prendre des mesures si besoin.

Pourtant, si l’on en croit la jeune femme, la directrice de production — qui n’a pas souhaité répondre à nos questions — aurait proposé d’envoyer des cadeaux aux personnes qui se sont senties agressées par le cadreur. Il aurait fallu l’intervention du président de la CHSCT (Comité d’hygiène et des conditions de travail) de France Télévisions pour qu’il soit écarté. Du moins temporairement, puisque le technicien, « ami intime du réalisateur », fut réintégré en mars, déclare-telle, qui souhaite requalifier son contrat à durée déterminée d’usage (CDDU) — qu’elle juge « bidon » — en CDI.

Des contrats contestables

Selon le Code du travail, un contrat dont le statut de l’employé ne correspond pas à ses fonctions est réputé nul et est considéré de facto comme un contrat à durée indéterminée (CDI).

Or la future mère était qualifiée, dans son dernier contrat, comme étant première assistante réalisatrice et non responsable du public. Dans ce cas, elle aurait bien été licenciée sans droit. Même si elle savait ce qu’elle signait, « on est dans un univers où nous n’avons pas le dernier mot. C’est leur responsabilité parce qu’ils n’ont pas à me déclarer ni comme comédienne (pendant mes deux premières années) ni comme première assistante réalisatrice (les années suivantes) », déclare-t-elle.

« Je n’accepte pas qu’on dise qu’il s’agit de contrats bidons », rétorque Pierre-Antoine Boucly. « On est une société très contrôlée car nous avons des capitaux publics (…). La jeune femme avait le statut d’intermittent du spectacle en CDDU. C’est un statut qu’elle a demandé à tous les employeurs avec lesquels elle travaille car cela lui permet de travailler pour plusieurs personnes à la fois », fait-il savoir.

A ce moment-là, elle est en effet encore employée pour France Télévisions pour sur Stade 2 (France 2) et pour la société de Rachel Kahn et Marc-Olivier Fogiel pour le public de l’émission Vous aurez le dernier mot (France 2). Cependant, pour l’intéressée, ses autres employeurs l’embauchent en tant que responsable du public et non comme première assistante réalisatrice et dit préférer « la sécurité de l’emploi » que la multiplication des CDDU.

« Pour nous, elle est assistante au réalisateur chargée du public. C’est le réalisateur qui est le patron de l’émission. Tous les gens qui travaillent sous ses ordres ont soit une fonction très précise quand ce sont des truquistes ou des cameramans, soit assistants au réalisateur », dont ceux qui s’occupent du public comme c’est son cas, affirme M. Boucly.

Une audience aux prud’hommes en novembre (2010) 

Les prud’hommes ont été saisis de l’affaire ainsi que celle de son mari, lui aussi ex-employé de MFP. L’audience devrait se tenir en novembre prochain.

« Si on m’accuse de discrimination, je répondrai. Qu’elle décide de nous attaquer, c’est son droit, je ne peux pas l’en empêcher. Elle a le droit de saisir les prud’hommes ou la HALDE si elle le veut. Elle a ses arguments, on a les nôtres et c’est le juge qui tranchera », conclut M. Boucly.

« Que la justice fasse son travail, que les personnes soient sanctionnées et que je retrouve ma dignité. On essaye de détruire ce que j’ai construit en 11 ans, c’est inacceptable », fait savoir la jeune femme.

Qui a tort, qui a raison ? Chacun se dit serein, mais c’est à la justice de trancher. Cependant, l’avantage semble être du côté de cette femme de réseau. Elle elle a su s’attirer les soutiens de nombreux syndicats, à commencer par ceux de France Télévisions ainsi que de nombreuses associations et personnalités à l’instar de Yamina Benguigui, de Yazid Sabeg, de l’Association des jeunes pieds-noirs ou encore de Fouad Alaoui, président de l’UOIF... Affaire à Suivre donc »