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lundi 18 mai 2026

Affaire France Télévisions : l’exigence de responsabilité impose les départs de Martin Ajdari, Delphine Ernotte et de tous ceux qui ont couvert ces faits.

Affaire France Télévisions : l’exigence de responsabilité impose les départs de Martin Ajdari, Delphine Ernotte et de tous ceux qui ont couvert ces faits.

Les révélations publiées par La Lettre sur la gestion d’une affaire de harcèlement et d’agressions sexuelles présumées au sein de France Télévisions ne peuvent rester sans conséquences politiques, administratives et morales. 

À travers le signalement effectué par le député Charles Alloncle après l’audition de Martin Ajdari devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, c’est toute une culture de l’omerta qui ressurgit. (*)

Selon l’article, les faits se sont déroulés sur le plateau de l’émission Ce soir (ou jamais !) de Frédéric Taddeï. Une assistante de production aurait alerté sa hiérarchie après des comportements graves imputés à deux salariés de la production envers de jeunes femmes présentes dans le public. 

(*)

Au lieu d’une protection exemplaire de la victime présumée et d’une sanction claire des auteurs mis en cause, l’affaire aurait débouché sur un rappel à l’ordre visant celle qui, modèle d'intégration puisqu'issue de la Diversité, avait signalé les faits puis sur la non-reconduction de ses contrats alors qu’elle était enceinte de plus de 5 mois.

Plus grave encore : la HALDE, devenue depuis le Défenseur des droits, avait reconnu en 2011 une discrimination liée au sexe et à la grossesse. 

Malgré cela, un protocole transactionnel assorti d’une clause de confidentialité aurait été signé en 2013 au nom de France Télévisions par Martin Ajdari, alors directeur général aux ressources humaines et secrétaire général du groupe.

Dans n’importe quelle démocratie exigeante, de telles révélations imposaient immédiatement une clarification publique complète. Or, ce dossier donne l’impression d’un système ayant privilégié la protection de l’institution à celle des victimes présumées, la discrétion à la transparence, et la sauvegarde des carrières dirigeantes à la recherche de vérité.


Martin Ajdari ne peut rester en fonction. Même si "à sa connaissance" [la formule consacrée en commission d'enquête]  il dit ne pas se souvenir  précisement des faits à l’époque, son nom apparaît aujourd’hui au cœur d’un dispositif administratif qui aurait permis d’étouffer un scandale au lieu d’y répondre avec rigueur. 

Lorsqu’on dirige ou qu’on aspire à diriger des institutions publiques, la responsabilité ne se limite pas à la culpabilité pénale : elle est aussi morale et politique. Le doute sur l’intégrité de la gestion d’un tel dossier suffit à rendre impossible le maintien à la tête d’une autorité aussi stratégique que l’audiovisuel public.


Mais la question dépasse son seul cas.

Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, ne peut continuer à incarner une entreprise qui prétend défendre des valeurs d’exemplarité, de protection des femmes et de lutte contre les violences sexistes si toute la lumière n’est pas faite sur les pratiques passées et sur ceux qui les ont couvertes. 

Elle en évidemment connaissance et elle se devaient de réagir après les questions posées par le rapporteur à Ajdari lors de la commission d'enquête.

Elle devait comme elle l'avait annoncé devant les élus du CSE Central, diligenter une enquête après les révélations de La lettre (l'Indépendance en matière d'information) sur la facture de 112 123 € pour le Majestic de Cannes dont elle avait affirmé qu'elle était fausse tout en indiquant chercher le corbeau.


Après avoir chanté sur tous les toits la responsabilité de la transparence, de la coopération totale avec les autorités et du renouvellement profond d’une culture managériale qui semble avoir longtemps préféré le silence à la vérité, Elle n’a rien fait…Elle avait été moins regardante quand il s’était agi de virer les trois journalistes sportifs pour de supposés griefs que la justice a balayé d’un revers de main.

Elle aurait pu également passer un coup de fil à Martin Ajdari...mais elle n’allait quand même pas s’en prendre à celui qui organisait son troisième parachutage à l’été de l’année dernière !

Il faut aussi que tous ceux qui, au sein de la chaîne hiérarchique, savaient — ou ne pouvaient ignorer — ce qui s’était produit rendent des comptes. Cadres dirigeants, responsables RH, encadrement éditorial, producteurs, soient débarqués. Personne ne peut se retrancher derrière la dilution des responsabilités. 

Une institution publique financée par les contribuables ne peut fonctionner sur la logique du « tout le monde savait mais personne n’a rien vu ».


Cette consternante affaire pose une question essentielle : combien de victimes potentielles ont renoncé à parler en voyant ce qui arrivait à celles qui osaient dénoncer ? Combien de carrières ont été brisées par peur du scandale ?

Le service public audiovisuel ne retrouvera sa crédibilité qu’à une condition : rompre définitivement avec toute culture de protection des puissants. Cela passe par des démissions à la hauteur de la gravité des faits rapportés avant même que l'enquête judiciaire établisse le degré d'implications au niveau de la chaîne des responsabilités.

L’époque où les institutions pouvaient étouffer ce type d’affaires derrière des accords confidentiels doit prendre fin.

(*) Martin Ajdari (président de l’Arcom, ancien dirigeant de France Télévisions) a bien été interrogé par Charles Alloncle (rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public) sur ces sujets.

Concernant le protocole lié à l’affaire de l’employée (souvent désignée comme « Madame J. » ou Mme J., ancienne salariée de France TV Studios / ex-MFP), licenciée en 2010 alors qu’elle était enceinte :

Le rapporteur l’avait interrogé sur ce protocole transactionnel (indemnisation d’environ 50 000 € en échange du silence, sans reconnaissance de faute), signé par Ajdari à l’époque où il était en responsabilité à France Télévisions.

Ajdari avait répondu qu’il ne se souvenait pas précisément de ce dossier et n’avait pas connaissance de tels faits (notamment concernant des agressions sexuelles ou harcèlement couverts par ce type d’accord- Rappelons qu'une transaction ne peut servir à couvrir des délits !)

La formule consacré en l'espèce « pas à ma connaissance » correspond d'ailleurs à plusieurs réponses de Martin Ajdari qu'il s'agisse des auditions devant ladite commission (notamment en novembre 2025 et avril 2026) et de la Représentation nationale, notamment concernant les protocoles de silence, les affaires de harcèlement/agression ou d’autres questions sensibles (conflits d’intérêts, etc.) 

Ces échanges ont eu lieu dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public. Charles Alloncle a particulièrement mis en avant ce dossier « Madame J. » (discrimination grossesse reconnue par le Défenseur des droits, protocole de confidentialité) comme exemple de pratiques problématiques. Ajdari a minimisé ou dit ne pas se souvenir.

Quant Delphine Ernotte, lors de sa deuxième audition le 8 avril dernier, face aux révélations tardives sur des  faits évoqués également par Jacques Cardoze, elle a demandé explicitement au rapporteur les éléments pour agir : « Transmettez-moi les noms ! Transmettez-moi les faits ! Saisissez-moi ! ».

Hallucinant…

Ernotte a réaffirmé sa ligne zéro tolérance pour le harcèlement ou les agressions sexuelles/morales, tout en contestant le manque de preuves ou d’éléments concrets transmis à ce stade devant la commission.

Concernant une enquête interne, elle a déclaré : « S’il y a des gens à France Télévisions qui sont concernés par cette affaire, ça m’importe. C’est ma responsabilité » et a demandé à Alloncle de lui fournir les éléments qui lui permettraient d’ouvrir une enquête. (leparisien.fr)

L’État actionnaire doit réagir sans délai et exiger ces départs, au risque d'un incroyable déni de Démocratie  en piétinant encore un peu plus les valeurs qui la fondent.

dimanche 17 mai 2026

La sénatrice Nathalie Goulet, excédée, interpelle directement Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu sur la présence d’Aurore Berger à Cannes.

La sénatrice Nathalie Goulet, excédée, interpelle directement Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu sur la présence d’Aurore Berger à Cannes.

Pendant que les Français se serrent la ceinture, que le déficit explose et que le gouvernement parle « disette budgétaire », la ministre déléguée à l’Égalité entre les femmes et les hommes (et accessoirement à la lutte contre les discriminations) monte les marches de Cannes. Robe à motifs criards, sourire de gala, tapis rouge : tout y est.

La sénatrice centriste Nathalie Goulet, excédée, interpelle directement Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu : « Chez nous dans l’Orne, on ne comprend pas pourquoi @AuroreBergé est à #Cannes. Et d’ailleurs, qui paye son séjour ? » (*)

Réponse de la ministre ? 
La vidéo qui circule est un fake. Sauf que… la photo d’actualité la montre bien sur place, cheveux (peut-être raccourcis depuis l’an dernier), robe « papier peint » et présence confirmée au Festival. 

Fake la vieille vidéo, vraie la nouvelle escapade confirmée par différents titres de presse (¤ci-après)

On est en 2026. Les caisses sont vides, les impôts pèsent, les priorités sont censées être à la protection des femmes, à l’égalité, à la lutte contre les violences…mais la ministre en charge de ces dossiers choisit le moment pour aller parader sur la Croisette.

Est-ce une mission officielle ? Peut-être. Mais le symbole est ravageur : pendant que l’on demande aux Français de faire des efforts, une ministre de la République fait la mondaine là où se côtoient stars, producteurs et champagne à volonté. 

Qui paie l’hôtel ? Le billet ? Les frais annexes ? Le contribuable a le droit de savoir.

Et la robe ? Chacun est du reste en droit de se poser la même question concernant l’ex-Orange après la tempête de moqueries et autre quolibets qu’elle ramasse depuis sa montée aubergine, des marches du palais des festivals ?!

Aurore Bergé incarne à merveille le macronisme assumé : le verbe haut sur les grandes causes, le geste léger sur l’exemple personnel. On sermonne la France d’en bas, on vit comme la France d’en haut. On parle austérité le matin, on monte les marches le soir. 

Ernotte, elle, la suffisance et la morgue extrême qu’il faut pour contester un travail parlementaire avec un contre document de 120 pages et lancer en commission d’enquête « A Cannes, on est là pour travailler ». 

La sénatrice, les Ornais mais également tous les Français modestes et tous ceux qui paient leurs frasques sans jamais approcher un festival, sont en droit de s'interroger : "Pendant que vous gobergez à Cannes, qui reste dans l’ombre pour régler l’addition" et surtout "quand descendrez-vous de votre tapis rouge pour vous souvenir que vous êtes supposées servir un peuple qui, lui, n’est pas à la fête".

samedi 16 mai 2026

Aurore Bergé parade à Cannes alors que la France n’a toujours pas accordé de visa à un cinéaste palestinien invité du festival !

Aurore Bergé parade à Cannes alors que la France n’a toujours pas accordé de visa à un cinéaste palestinien invité du festival !

C’est le Canard enchaîné qui dans son article intitulé « La France tourne le dos à un cinéaste de Gaza » (signé Jérôme Canard), dénonce le retard (ou le blocage) dans l’octroi d’un visa à Mohammed Alshareef, réalisateur palestinien de 36 ans basé à Gaza.

Ce dernier est invité à présenter son documentaire en cours « Super Sila » (portrait d’un père et de sa fille à Gaza) le 17 mai dans le cadre du marché du film Cannes Docs. 

Il est éligible au programme « Pause » du Collège de France (accueil en urgence d’artistes étrangers en danger).

Malgré des soutiens forts (pétition signée par Gilles Jacob, Mathieu Kassovitz, Costa-Gavras, etc., et une lettre de la Scam — Société civile des auteurs multimédia — envoyée le 27 avril aux ministres Laurent Nuñez (Intérieur) et Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères)), le Quai d’Orsay n’a pas délivré le visa. Aucune réponse officielle n’est mentionnée.

Le palmipède pointe une contradiction entre le discours français sur la culture, la liberté artistique et l’accueil des artistes en danger, et la réalité administrative dans un contexte géopolitique tendu (Gaza). L’hebdomadaire satirique met en également contraste cette situation avec la présence visible d’Aurore Bergé (alors ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations) au Festival de Cannes. Elle a notamment monté les marches et participé à des événements (projections, table ronde CNC sur le cinéma et la diversité culturelle) autour des 13-14 mai, posant devant les photographes avec une tenue « papier peint » des années 70.

Ce que ne dit pas le titre de presse, c’est que le même temps les restaurants italiens de la Croisette et plus encore, explosaient leurs ventes d’aubergines à la parmegiana…allez savoir pourquoi ?! 

Pour revenir plus sérieusement à cette affaire, les  commentaires qui circulent sur le Net - cette mise en lumière y est perçue comme décalée voire totalement hors et symbolique de tout ce qui a été la macronie pendant la décennie passée - soulignent toute l’indécence qu’elle symbolise. La France envoie (ou laisse venir) une ministre « qui n’a rien à y faire » directement pour le cinéma/culture, tandis qu’un réalisateur invité de Gaza reste bloqué. Hallucinant.

Aucune information publique claire n’indique à ce jour, si le visa a finalement été accordé depuis la parution de l’article (le 11 mai). Le réalisateur serait  toujours bloqué selon nos informations. 

vendredi 15 mai 2026

Pour Cannes 2026, le festival lance un nouveau stand …

Pour Cannes 2026, le festival lance un nouveau stand …

Et ça, c’est cadeau…


La France est au bord du précipice, menacée de quitter le chemin démocratique mais Jupiter cherche son « LEGACY »!

La France est au bord du précipice, menacée de quitter le chemin démocratique mais Jupiter cherche son « LEGACY » !

Ce qui se passe à quelques mois de l’élection présidentielle est extrêmement inquiétant pour notre Pays. 

Alors que le livre de Jean Peyrelevade «  La France : du populisme au chaos (Odile Jacob, avril 2026) » (*) dresse un tableau très sombre de la situation française et alerte sur les risques pour la démocratie, la presse commence à relayer la dernière des préoccupations de Jupiter qui se demande - in english, of course - ce qu’il laissera après cette décennie passée ?

Son second quinquennat s’achève dans le bruit des crises et le silence des promesses non tenues et voilà Emmanuel Macron ne dort plus vraiment ! Il compte ses totems. Il scrute son « legacy »…ce mot anglais imposé à son premier cercle comme on impose une marque de luxe sur un bilan en soldes. 

Ce n’est pas un mythe : les médias français et internationaux relaient bien cette angoisse croissante du passage à la postérité.

Politico, L’Opinion, Reuters et d’autres le disent sans fard : le président est « laser-focused » sur ce qu’il restera de lui. Le domestique se détricote ? Qu’à cela ne tienne, on vantera l’international. La France brûle ? On jouera les pompiers sur la scène du monde. Classique d’un règne qui finit comme il a commencé : en communication.

Et que restera-t-il, concrètement ?

Il restera d’abord la casse méthodique de l’audiovisuel public, orchestrée par l’ex-Orange dont  l’intéressé déclarait, dès 2017, que sa gouvernance était « la honte de la République » avant qu’Alexis lui souffle tou l’intérêt qu’il y avait à la maintenir en place. FranceTélévisions, Radio France : des outils transformés en machines à propagande molle, aux frais du contribuable et de tous les Français depuis la suppression de la CAP (ex-redevance) et la fraction de TVA pour le financement, un monument de technocratie sur fond de gabegies systémiques et une ligne éditoriale qui sent le renouveau permanent du macronisme. On a nommé, promu, protégé et fait la part belle à une poignée de sociétés amies qui se sont copieusement, servis sur la bête. On a affaibli les contre-pouvoirs médiatiques tout en hurlant à la « réinformation ». Beau totem pour l’Histoire : un service public plus docile, moins pluraliste mais toujours plus coûteux ! 

L’Opinion et d’autres ont décrit ce souci obsessionnel de « réécrire sa legacy » après les échecs. Le fil rouge de la réécriture : contrôler le récit.

Il restera ensuite la dissolution joyeuse, celle que Bruno Roger-Petit, plume et porte-voix élyséen, a su habiller de grands mots républicains. Dissolution de 2024, chaos parlementaire assumé, Assemblée ingouvernable, Pays bloqué. Un coup de poker présidentiel vendu comme un acte de courage démocratique et qui s’est révélé une fuite en avant. Quand le bilan intérieur est « contesté ou détricoté », comme le note Politico en octobre 2025, on dissout. On fragilise. On laisse aux successeurs les miettes et les factures. Reuters le souligne sans complaisance : l’entourage préfère désormais parler impact international, car le domestique (dette, réformes avortées, impopularité record) est trop fragile pour être brandi.

Emmanuel Macron pousse ses ministres et ses dauphins potentiels (Attal, Philippe et consorts) à porter ce bilan comme un fardeau sacré. Un membre du gouvernement cité récemment : « Attention, il y a mon héritage et vous allez devoir le porter ». Le macronisme s’interroge déjà sur sa propre survie post-2027 (« Peut-on survivre sans Emmanuel Macron ? » titrent certains, dont La Dépêche). Le pragmatisme, le « en même temps », le dépassement gauche-droite : tout cela sonne comme une idéologie creuse une fois le fondateur parti. Un parti centriste sans centre, un mouvement sans mouvement.

Comme Sarkozy et Hollande avant lui, Macron anticipe le jugement de l’Histoire. Il annonce qu’il ne fera « plus de politique » après 2027 (Ouest-France), manière élégante de poser son propre récit avant que d’autres ne l’écrivent. On vantera l’Europe, le Moyen-Orient, quelques sommets et photos de famille diplomatiques. On oubliera pudiquement les « totems » domestiques : dette explosive, pouvoir d’achat stagné pour beaucoup, fractures sociales creusées, institutions malmenées.

Ce qu’il restera, au fond ? Une impopularité record avec près de 8 Français sur 10 qui n’en peuvent plus des promesses de rupture devenues continuité technocratique. Une obsession de la postérité qui révèle surtout l’angoisse du vide. Le président qui voulait « réenchanter » la France aura surtout réenchanter son propre mythe, à grands coups de legacy internationale pendant que l’intérieur se fissurait.

L’Histoire, elle, est cruelle avec les bilans en trompe-l’œil. Elle retiendra peut-être moins les grands discours que les images : un audiovisuel public affaibli, une dissolution qui a fracturé le pays, et un homme seul à l’Élysée, comptant ses totems pendant que son camp se demande déjà comment s’en distancier sans trop le trahir.

C’est tout ce qu’il restera, à peu de choses près…et c’est déjà incroyable.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

La conclusion, elles est toute trouvée avec l’ouvrage de Peyrelevade qui décrit « cette France au bord du précipice avec une probabilité élevée de crise profonde » et prédit que «  sans un "électrochoc" (réformes courageuses + changement institutionnel), le pays risque de basculer du populisme ambiant vers le chaos économique et politique, menaçant la démocratie elle-même » et craint particulièrement une victoire de l’extrême droite en 2027, dont le programme économique lui semble irresponsable et qui pourrait mener à une crise rapide (refus de prêt par les marchés, destruction de l’État de droit, pouvoir hyper-centralisé).

Comment ne pas être d’accord ?

(*) 

https://youtu.be/0aOrQ5N0GrI?is=Qp4bgDCBNPV8rjze



jeudi 14 mai 2026

Un texte qui devrait plaire à la juge chargée de l'instruction pour la plainte de la CGC sur l’argent public dépensé au Majestic.

Un texte qui devrait plaire à la juge chargée de l'instruction pour la plainte de la CGC sur l’argent public dépensé au Majestic.


Combien de temps le chef de l’État va-t-il laisser l’ex-Orange démolir la Cour des comptes ? Au second semestre 2025, la juridiction administrative indépendante (article 47-2 de la Constitution) rendait son rapport sur une décennie ernottienne qui avait conduit France Télévisions vers une quasi dissolution - surtout pas avant mais après qu’Ajdari et sa troupe ait pu procéder à son troisième parachutage sur FTV ! - Les conclusions de l’organe de contrôle de l’État qui en certifie les comptes, évalue les politiques publiques et assiste le Parlement et le Gouvernement, étaient immédiatement contestées par Ernotte qui allait même jusqu'à faire établir un vade-mecum en interne avec tous les éléments de langage, permettant de remettre en cause ses chiffres et son analyse. Ben voyons ! 

Ce n’est pas la première fois que l’infirmière TV piétine l’institution mais là c’est le pompon ! Depuis le début de l’année 2024 où la  CGC de l’audiovisuel a déposé plainte au Pénal après les plus de 112 000 € engloutis dans les suites du Majestic à Cannes et l’enquête du parquet qui a conduit à la nomination par le doyen du juge d’instruction de la magistrate en charge du dossier seulement début 2026 (Là aussi après le troisième parachutage!), le texte qui va suivre devrait l’intéresser au plus haut point.

Delphine Ernotte, parachutée à la tête de France Télévisions en 2015 par François Hollande (malgré un profil totalement télécoms et en violation flagrante des termes de la loi de 2013), a incarné une forme de continuité où les bonnes pratiques sont optionnelles et les recommandations des contrôleurs : des suggestions polies qu’on range dans un tiroir.

L’affaire des chambres du Majestic à Cannes en est le symptôme parfait : une explication vaseuse de « barter » qui a toujours senti le bricolage comptable pour justifier un luxe indécent aux frais (indirects) du contribuable mais aussi de tous les Français avec, depuis trois ans, le remplacement de la CAP (ex-redevance) par une fraction de la TVA.

Le contexte du supposé « troc » et des alertes ignorées.

La Cour des comptes a régulièrement pointé les risques des pratiques de barter (échanges marchands ou troc publicitaire) dans l’audiovisuel public : soit-disant « invendus d’espaces pub » (alors qu'au mieux, il s’agit d’objectifs publicitaires non atteint) échangés contre des prestations [hôtels, voyages, etc...]). 

Ces montages opaques posent des problèmes de traçabilité, de valorisation réelle des espaces cédés et de conflits d’intérêts potentiels. C’est d’ailleurs pour cela que la loi Sapin 2 les encadre encore plus rigoureusement. Cela n’empêchera évidemment pas le contournement des règles de sobriété et de bonne gestion des fonds publics mais au moins cela permet sa judiciarisation en cas de manquements. 

En ce qui concerne France Télévisions, il s'agit du rapport de la cour des comptes juste avant celui de 2016 avait proscrits où à l'instar des contrats pluriannuels le recours à ces pratiques avait été proscrit (* le blog CGC Medias y consacre tout un chapitre)

Revenons dans le cas qui nous occupe et qui occupe la Justice, aux rapports de la rue Cambon juste avant celui de 2016 (déjà critique sur le modèle économique) qui appelaient à plus de rigueur, de transparence et, dans certains cas, à limiter ou encadrer strictement ces pratiques pour éviter les dérives. Ils ont été enterrés et surtout allègrement ignorés.

Ernotte et son équipe n’ont pas changé grand-chose. En 2023, pendant le Festival de Cannes (dont France TV est partenaire), la note s’élève à 112 123 € pour des suites au Majestic (environ 1 700 € la nuit pour six personnes sur 10 jours). 

Selon France Télévisions, qui avait indiqué dans un premier temps, devant une trentaine d’élus, que cette facture était fausse et qu’elle allait mener enquête pour trouver le corbeau, La version suivante a été qu’une partie (environ 38k €) aurait été refacturée aux deux dirigeants de Brut (Together Medias) qui figuraient sur la p’tite note !

Est-il utile de rappeler que s’agissant d’échanges, il n’y a pas de note…tout au plus une compensation cash pour que les produits échangéé correspondent à l’euro-l’euro à la valeur du troc. C’est ce qu’on appelle les « soultes » prévues pour compenser l’écart entre les deux produits. 

Des espaces pub contre ces nuits de luxe, en plein festival de Cannes, échanger contre quoi ? Des mélanges salés pour l’apéritif ?? Puis quoi encore ! « Pas un euro d’argent public ! », clament qualques-uns. Sauf que ces espaces publicitaires ont une valeur marchande, qu’ils auraient pu être vendus ou économisés, et que l’opération reste une dépense de fonctionnement indirecte d’une entreprise en difficulté financière chronique. 

La Cour des comptes a décrit la situation financière de France TV comme « critique » ou « non soutenable » (déficits cumulés, trésorerie tendue, charges élevées), avec des appels répétés à des réformes structurelles. Continuer les palaces via troc ou pas (en l’occurrence) alors que les techniciens dorment plus loin à Mandelieu-La-Napoule (40 minutes à vélo) dans des villages-vacances et que l’entreprise accumule les déficits, c’est ignorer l’esprit (et souvent la lettre) de ces alertes. 

Le symptôme Majestic : élitisme déconnecté

Cette « explication vaseuse » des chambres du Majestic est emblématique de comportements où :

•  On prône la sobriété et la « représentation » pour les autres (réductions d’effectifs, économies demandées) mais…

 On s’offre des suites Prestige Mer avec vue sur la Croisette via un tour de passe-passe comptable.

•  On clame que tout est fait pour  banir ces pratiques depuis 2015 sans jamais vraiment assainir un modèle que la Cour des comptes jugeait déjà fragile il y a dix ans.

C’est le classique « faites ce que je dis, pas ce que je fais » de certaines élites publiques : moralité sur les plateaux, train de vie de festivalier dans les faits. Le barter n’est pas illégal en soi, mais quand il sert à justifier des excès dans un groupe structurellement déficitaire et sous contrôle citoyen, il devient le symptôme d’une impunité culturelle. On troque de la transparence contre du confort, des recommandations contre des suites à 1 700 €/nuit.

En résumé, Ernotte s’est copieusement assise sur l’esprit des contrôles de la Cour des comptes et sur les prescriptions de son ex collègue devenu commissaire européen (qu’il n’est plus depuis les dernières élections).

Le Majestic n’est pas une anomalie, c’est le révélateur d’une gouvernance où l’urgence des réformes structurelles passe toujours après le standing de la direction. Le contribuable, lui, continue de payer l’addition — directe ou via la taxe sur la valeur ajoutée mais depuis peu, ça sent le moisi plus que le caviar du Fouquet’s.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

(*)

Ce que disent les rapports de la Cour des comptes

•  Rapport particulier de mars 2005 (sur les comptes et la gestion de France Télévisions Publicité pour 1996-2002) : La Cour a observé des contrats d’échange d’espace publicitaire contre biens/prestations. Ces contrats créaient des risques pour la régie et le groupe (situations de dépendance). Des mesures sont supposées avoir été prises ensuite pour limiter ou suspendre ces pratiques à haut risque. (ccomptes.fr)

•  chacun constate que ce ne fut à l’évidence pas le cas puisque France Télés refait le coup  du barter, notamment pour des frais d’hébergement au Majestic de Cannes (le 5 étoiles du groupe Barrière) avec l’argument que cela n’engagerait pas directement d’argent public (Ben voyons!).

C’est ce qui a été répété à l’envie et sous serment devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel publique mais aussi devant les commissions de l’Assemblée nationale et du Sénat voilà une douzaine d’années.

Rappel ( source Cour des comptes)

Voici les passages pertinents extraits du document de la Cour des comptes (disponible sur leur site : « France Télévisions Publicité – Les nouveaux contrats d’échange »). Ce texte fait explicitement référence au rapport particulier de mars 2005 sur les exercices 1996-2002. 

Passage principal (introduction du chapitre): 

« Dans son rapport particulier de mars 2005 sur les comptes, l’activité et la gestion de France Télévisions Publicité, pour les exercices 1996 à 2002, la Cour avait observé que la régie publicitaire du groupe France Télévisions avait souscrit avec des pools d’annonceurs des contrats d’échanges d’espaces publicitaires contre des biens ou prestations de service. (#)

Cette pratique présentait un risque non seulement pour elle mais aussi pour la société holding. Après que des premières mesures ont été prises par le comité d’audit du groupe, le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie a informé la Cour des décisions arrêtées pour limiter les risques actuels et pour les éliminer à l’avenir. »

(#) Il convient de rappeler, ici, que France Télévisions, étant une entreprise 100 % publique, elle ne peut en aucun cas commercialiser, quoique ce soit en dehors de la régie publicitaire (FTP) qui est seule habilitée à avoir une activité commerciale (recettes publicitaires, parrainages, etc...)…Aucun des services de France Télévisions ne peut prétendre à ce genre de pratique. 

Détails sur les risques (section 2):

« Ces contrats, dont les montants dépassaient en 2003 ceux des contrats d’échange classiques […], conduisent à créer des situations de « fournisseurs obligés », qui peuvent battre en brèche les principes de mise en concurrence et de regroupement des commandes qui fondent la politique des achats du groupe. Ils peuvent également entraîner une sous-utilisation des droits d’achat des chaînes. Ainsi, au 30 novembre 2003, le solde non utilisé des droits d’achat s’établissait à 12,4 M€. »

La Cour note aussi le manque d’information du conseil d’administration et de la direction financière, ainsi que les inquiétudes des commissaires aux comptes et de l’audit interne.

Mesures prises (section 3) :

« Lors de la contradiction précédant le rapport particulier, le directeur du Trésor avait souligné qu’il était « très attaché à ce qu’il soit mis fin à la pratique des contrats d’échange » […] Dans une lettre du 21 avril 2005 (¤), le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie a informé la Cour qu’il partage son avis sur les risques et les inefficacités de gestion associés à cette pratique […] »

Des renégociations ont eu lieu (avenant en janvier 2005) et un engagement a été pris de ne plus signer ce type de contrats à l’avenir.

Contexte supplémentaire

(¤) Cette lettre fait suite à la procédure de contradiction avec la Cour (échanges avant la publication du rapport).

- Le ministre à l’époque était Thierry Breton (l’ex collègue de Delphine chez France Telecom).

- Elle confirme l’engagement de mettre fin ou de fortement limiter les contrats d’échanges (barter) jugés risqués.

Ce type de correspondance ministérielle avec la Cour des comptes est souvent interne et non publié au Journal officiel ni archivé publiquement de manière systématique. 

(*) 



mercredi 13 mai 2026

France Télévisions, temple du mépris journalistique ou le petit-déjeuner de toutes les impostures.

France Télévisions: temple du mépris journalistique ou le petit-déjeuner de toutes les impostures.

Ce lundi 11 mai 2026, l’Association des journalistes médias (AJM) organisait un petit-déjeuner « off » ou « semi-off » avec les vecteurs autoproclamés "porteurs d'info" de France Télévisions. Au menu : l'ex-primo dircab ernottien fraîchement promu directeur général adjoint en charge des offres et de la stratégie éditoriale et son acolyte Philippe Martinetti ex-délégué aux antennes et à l'offre régionale. Des journalistes « spécialisés » - des vrais, des encartés -  venus écouter docilement les grands prêtres du service public leur expliquer comment on fabrique « l’information » et la « stratégie éditoriale ». Le tout en parallèle de l'opération d'enfumage maximum « streaming first » qualifiée de grande réorganisation.  Chacun voit un peu le tableau.

Le scandale ? Il crève les yeux. L'ex-primo dircab ernottien n’a aucune carte de journaliste. Zéro. Nada. Son parcours ? Militant écolo pur jus, ex-EELV, directeur de campagne d’Eva Joly, conseiller de Cécile Duflot parachuté en 2015  Un apparatchik politique propulsé à la tête de milliers de journalistes sans avoir jamais écrit une ligne, monté un sujet ou tenu un micro. Il l’admet lui-même : il ne sait pas « fabriquer de l’information » [assemblee-nationale.fr]  mais il décide, du coup, de ce que l'info que les Français vont pouvoir regarder ! Lunaire...

Philippe Martinetti, présent à ses côtés, complète le tableau. Même si son parcours est plus ancré dans les antennes régionales, la photo de famille reste édifiante : des dirigeants qui viennent expliquer aux vrais journalistes (ceux qui ont encore une carte) comment bien penser et bien couvrir, tout en pilotant une machine accusée de partialité chronique.

Ce détachement du petit club de la pensée unique claironne d'ailleurs tous azimuts que c’est « normal ». Que les managers ne sont pas forcément journalistes. [selon FTV, ils ne peuvent pas l'être de toute façon]. Ben voyons!  Sauf que quand le service public est financé par la TVA donc tous les Français, on pourrait exiger un minimum de légitimité professionnelle plutôt qu’un pedigree de cabinet politique.

Ce petit-déjeuner pue le mépris. Le mépris de caste. Celui d’une nomenklatura médiatico-politique qui se coopte entre soi, dans des formats « off » feutrés, loin de  "la masse des ignorants". Des journalistes qui se rendent à la convocation des dirigeants qu’ils sont censés contrôler. Des cadres qui n’ont jamais fait le métier qui pontifient sur « l’indépendance » et la « déontologie ». Pendant ce temps, la partialité saute aux yeux du public, les audiences s’effondrent, et on restructure en « streaming first » comme si tout allait bien dans le meilleur des mondes publics.

France Télévisions incarne aujourd’hui le mépris des journalistes véritables : ceux qui bossent sur le terrain, qui vérifient, qui dérangent. 

On leur préfère des stratèges issus du militantisme, promus par copinage et fidélité politique. 

On les invite à des petits-déjeuners pour mieux les domestiquer, leur faire avaler la ligne, leur expliquer gentiment pourquoi leurs choix sont audacieux et pourquoi les critiques de biais sont méchantes et toujours populistes.

Pauvre service public. Dirigé par des gens qui n’ont jamais connu le terrain journalistique mais qui savent parfaitement ce que le peuple doit voir, entendre et penser. Une attaque ? Non, un constat corrosif : quand les dirigeants des médias publics n’ont même pas la carte de ceux qu’ils dirigent, c’est toute la crédibilité du système qui part en vrille et le naufrage qui devient promotion collective.

Delphine Ernotte vient de se prendre une deuxième défiance en pleine poire, et que fait France Télévisions ? Elle organise la grande redistribution des strapontins aux mêmes têtes d’affiche de l’incompétence. C’est beau comme un naufrage qui se termine en plan de carrière où le seul à reculer de 2 cases est le nouvel arrivant qui ne fera plus partie du COMEX.

En résumé : Le voisin des couloirs du Majestic à Cannes dans la même instruction judiciaire que l'ex-Orange, bombardé patron de l’info avec juste la carte « je suis proche de Delphine ». C’est le nouveau profil type du journaliste de service public : zéro terrain mais maximum organigramme. 

Son bras armé ? Philippe Martinetti, ex-responsable des réseaux France 3, promu enquêteur en chef sur la fameuse « confusion » Paty-Bernard du 13 octobre 2025,  en charge de la soi-disant enquête sur le pourquoi du comment ! Top...

Et puis il y a Muriel Pleynet. Celle qui portait une lourde responsabilité personnelle dans ce « naufrage collectif » qu’elle a elle-même théorisé avec un cynisme rare : « une quinzaine de personnes ont possiblement failli », dixit la dame. Une quinzaine, donc personne. La charte du rectificatif adoptée en 2023 ? Oubliée dans un tiroir. Qu’importe : au lieu de sanctionner, on la nomme bras droit. Responsabilité collective = irresponsabilité individuelle. C’est la nouvelle devise maison. Diluer la faute jusqu’à ce qu’elle devienne une simple « erreur d’importance », comme on dit pudiquement quand on mélange l’assassinat de Samuel Paty et celui de Dominique Bernard en plein journal de 20 heures.

Quant à Philippe Corbé, fraîchement recruté comme directeur de l’info, il se voit déjà reculer de deux crans dans l’organigramme et viré du Comex. Bienvenue dans la maison où les vrais pros sont relégués et les fidèles promus et repromus.

Comment l'intéressé peut-il ne pas encore avoir donné sa démissions, au regard d'un tel micmac ? 


On restructure, on rattache l’info aux antennes et aux programmes, on fait mine de tout changer pour surtout ne rien changer mais ce sont toujours les mêmes, toujours au même niveau, toujours protégés par la même infirmière TV.

France Télévisions ne se réforme pas, elle se reproduit. L’erreur Paty-Bernard n’était pas un accident, c’était le symptôme parfait d’une chaîne où l’on nomme des cadres qui n’ont jamais fait le métier pour diriger ceux qui le font encore (difficilement). Où l’on transforme une faute grave en « naufrage collectif » pour que personne ne coule vraiment. Où l’on répond à une défiance par une promotion. Il n'y a qu'a voir le sort réservé à Nathanaël de Rinquesen que La Lettre détaillait hier dans son article  "L'éviction en catimini de Nathanaël de Rincquesen, figure de France 2"

C’est le service public version copinage : on coule ensemble, on flotte ensemble, et surtout, on se serre les coudes entre gens qui n’ont jamais eu à rendre de comptes au réel. Pendant ce temps, les téléspectateurs, eux, continuent de payer pour ce spectacle pathétique.

Il fallait y penser: faire du naufrage du Titanic, un modèle de gouvernance​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ !


mardi 12 mai 2026

Le grand enfumage d’Ajdari: Quand la censure se pare des habits de la démocratie.

Le grand enfumage d’Ajdari: Quand la censure se pare des habits de la démocratie.

Pour celui qui est à l’origine du troisième parachutage de l’ex-Orange à France Télévisions en se fondant, écrit-il dans un invraisemblable faux intellectuel « sur ses engagements à mettre en place une comptabilité analytique préformante » (* sic)voilà ce qu’est le billet qu’il publie (¤) concernant selon lui « les débats légitimes sur le pluralisme ou l’audiovisuel public qui ne doivent pas détourner notre attention des menaces profondes qui fragilisent l’information, et avec elle notre démocratie ».

(*)


Ce texte est un classique de la rhétorique bureaucratique française : paternaliste, alarmiste et profondément intéressé. Martin Ajdari nommé par Emmanuel Macron pour remplacer la lignée des Schrameck et autre Roch-Olivier Maistre, y déploie un exercice de diversion sophistiqué qui mérite une analyse sévère, car il incarne un des pires travers de la « régulation » à la française : la défense corporatiste d’un modèle médiatique en faillite idéologique et économique, au prix d’une extension rampante du contrôle sur l’espace public numérique. 

1. La diversion rhétorique : « Oui, mais regardez ailleurs »

Le texte commence par un aveu feint de légitimité (« ces débats sont importants ») sur l’audiovisuel public, la neutralité, le pluralisme et CNews, pour immédiatement les relativiser : « mais cette focalisation ne doit pas détourner notre attention des menaces profondes ».

C’est du pur enfumage. L’audiovisuel public est financé par la contrainte fiscale (TVA et autres dotations budgétaires). Les citoyens ont donc un droit légitime à exiger une neutralité réelle, surtout quand des rapports parlementaires (comme celui récemment adopté suite à la commission d’enquête sur le secteur) pointent des biais systémiques, une « diversité » qui sert de paravent à des discriminations idéologiques, et une gouvernance incestueuse. (lefigaro.fr)

Focaliser sur CNews (la bête noire de l’écosystème « progressiste ») tout en minimisant les problèmes du service public relève de la mauvaise foi. L’Arcom sanctionne volontiers les écarts « à droite » (propos jugés discriminants) mais semble plus tolérante sur d’autres biais structurels. Ajdari transforme une controverse légitime sur le respect des obligations par des médias privés (financés par l’audience) en une distraction par rapport aux « vraies » menaces. C’est une technique classique pour protéger les chasses gardées étatiques.

2. Le catastrophisme sélectif sur le numérique

Ajdari décrit les « médias algorithmiques » comme un enfer sans filtre, sans vérification, sans éthique, peuplé de manipulations, bots, ingérences et IA maléfiques. 70 % des Français exposés à de fausses infos, 20 % (54 % des <25 ans) qui s’informent via plateformes… Chiffres réels, mais présentés de manière hystérique. (Voir en fin de post l’analyse d’un de ces envoyés de Lucifer au sein des sociaux !

Il convient bien évidemment de nuancer grandement sans propos.

- Les médias traditionnels ont perdu la confiance d’une partie du public précisément à cause de leurs propres biais, omissions et narratifs imposés. Le « fait partagé et vérifié » qu’il idéalise est souvent un consensus d’un entre-soi journalistique plutôt parisien et orienté. 

- Les réseaux ne sont pas, à proprement parler,  des médias mais l’émergence de voix hors du sérail bien souvent faites de désinformation comme il y en a toujours eu (propagande d’État, journaux militants). La solution n’est pas PLUS de pouvoir à l’Arcom - regardez ce qu’il en a fait avec le troisième parachutage ernottien - ou encore à la Commission européenne.

L’amplification algorithmique existe, mais elle est aussi un miroir des préférences humaines. Blâmer les algorithmes revient souvent à blâmer les gens d’oser penser différemment.

Le passage sur les IA génératives (« responsabilité éditoriale ») et les contenus entraînés sur les médias pro est particulièrement inquiétant : on sent poindre la revendication d’un droit de propriété intellectuelle élargi et d’une régulation qui permettrait de taxer/censurer les modèles concurrents.

3. Le cœur du délire : protectionnisme et autoritarisme régulateur

Ajdari pleure l’« effondrement du modèle économique » des médias traditionnels (plus de la moitié en perte) mais en maintenant par l’ex Orange en place alors que les rapports de la Cour des Comptes et de l’inspection générale des finances alertait déjà sur la catastrophe à venir ! 

Ses artifices en forme de supposées solutions 

-Droits voisins renforcés (taxe sur Google/Facebook).

-Consolidation (moins de concurrence, plus de gros acteurs protégés).

-Concurrence « équitable » (i.e. handicaps imposés aux plateformes).

-Adaptation de la régulation audiovisuelle au numérique (SMA, RSN plus « prescriptif »).

C’est du corporatisme pur : les médias historiques, souvent subventionnés et alignés, ne pourraient finalement survivre qu’en rançonnant les innovateurs numériques et en étendant le carcan réglementaire (avec cette soi-disant « lutte contre la désinfo » mise à toutes les sauces) ?!

Le passage sur les fréquences hertziennes devenues presque anecdotiques (15 % des foyers) est révélateur : l’Arcom défend un pouvoir historique fondé sur la rareté, qu’elle veut projeter sur l’abondance numérique. C’est l’aveu que la régulation traditionnelle telle que la conçoit Ajdari n’est pas adaptée mais qu’on va quand même l’étendre pour ne pas perdre le contrôle.

4. La vision sous-jacente : démocratie = encadrement par les élites

Le texte repose sur une conception élitiste et fragile de la démocratie : les citoyens seraient incapables de s’informer sans « professionnels » éthiques et sans filtre régulateur. Les « menaces profondes » viendraient toujours d’en bas (réseaux, jeunes qui regardent YouTube) ou de l’extérieur (ingérences), jamais des institutions, des narratifs officiels ou des conflits d’intérêts au sein de l’audiovisuel public ?! On a pu voir ça récemment avec les auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.

C’est le délire technocratique typique : plus de pouvoir à l’Arcom, à Bruxelles, plus de « carcans  » imposées aux plateformes, plus de « cadre » pour l’information. En pratique, cela signifie plus de labellisation « fiable », plus de pressions au nom de la « démocratie » menacée par… trop de liberté d’expression.

Non, ce billet n’est pas une analyse sereine des défis de l’information. C’est un plaidoyer pro domo pour étendre le périmètre de la bureaucratie de régulation face à une perte de contrôle évidente. Il minimise les vrais problèmes (biais du service public, faillite de confiance dans les médias ) pour mieux justifier un encadrement accru de l’espace numérique.

Dans un pays où la liberté d’expression est déjà bien menacée, ce discours est dangereux. Il traite les citoyens comme des mineurs vulnérables et les alternatives médiatiques comme des pathologies à soigner. Le vrai danger pour la démocratie, c’est cette volonté de recentraliser le contrôle de l’information sous prétexte de la « protéger ». L’histoire montre que les censeurs se croient toujours vertueux.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​, ce texte est un classique de la rhétorique bureaucratique française : paternaliste, alarmiste et profondément intéressé. Martin Ajdari, président de l’Arcom, y déploie un exercice de diversion sophistiqué qui mérite une analyse sévère, car il incarne un des pires travers de la « régulation » à la française : la défense corporatiste d’un modèle médiatique en faillite idéologique et économique, au prix d’une extension rampante du contrôle sur l’espace public numérique. 

Les réactions justement sur les réseaux sociaux sont nombreuses, mais le blog CGC Média on a retenu une particulièrement (ci-après)









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