Quand la direction de France Télévisions règle ses comptes avec l’État qui finance….
Ou comment Sitbon-Gomez renvoie le ministère des finances donc le gouvernement donc l’État dans ses cordes, en expliquant que les 47 millions (ils disent 45, mais en réalité, c’est bien 47 ) de plus demandés par le premier ministre, c’est NIET.
« Hier, Bercy nous a demandé 45 millions d’euros d’efforts supplémentaires en 2027 ; je leur réponds que ce n’est pas possible. Nous sommes très inquiets. » a-t-il indiqué à la la SDJ de France Télévisions qui ne se sera jamais fait autant rouler dans la farine. Dès les premières lignes du dernier, compte rendu de l’association du journal, les bras vous en tombent.
« A notre demande, nous avons rencontré 3 membres de le direction » précise d’entrée de jeu le texte, au cas où à la lecture du doc’ de 5 pages totalement surréaliste, on pourrait légitimement se poser la question de qui a dit quoi !
« Nous voulions des clarifications » expliquent les trois membres de la SDJ, notamment sur « le nouvel organigramme qui nous paraît peu clair et complexe? Qui fait quoi ? »…ils n’en auront quasiment aucune.
À cette première, demande, l’ex-primo dircab ernottien leur fera du Marchais « C’est une une bonne question et je vous remercie de l’avoir posée » avec une langue de bois délirante et des expressions pour enfumer les politiques qui servis depuis une décennie, en redemandent : « J'ai vu les interrogations légitimes, je suis content d'en parler avec vous. On réorganise l'entreprisecar la transformation de notre métier est radicale. Jusque là, nous fonctionnions en silo, avec d’un côté des programmes et de l’autre l'information. C'est le monde d'il y a 2000 ans. Ça fait longtemps qu'on est en retard sur notre organisation.
Là, on sort de nos cases. Regrouper tous les magazines d'actualité, c'est la meilleure des décisions qui est prise, notamment pour coordonner les invités, et les lignes éditoriales.
Ça fait 11 ans que je suis dans cette boite (Ça fait plus cool, plus proche, plus prolo, plus rebelle !!!). L'indépendance de la rédaction, c'est un talisman ; je vous dis la même chose qu'à Charles Alloncle là-dessus: il n'y a jamais eu ingérence. Mon principe, c'est l'indépendance de la rédaction.
Hiérarchiquement, Philippe Corbé est mon N-1. C’est lui le directeur de l'information donc le patron de l’info.Philippe Martinetti est directeur délégué (N-1+1) il gère le pôle actualité. C’est un “lien fonctionnel”.
Concernant Muriel Pleynet (adjointe de Philippe Martinetti) : Il y a eu des erreurs. Il aurait été hors de question qu'elle soit tenue responsable individuellement d'erreurs commises, pour tout le monde. Il arrive que des fautes soient commises par une personne - des propos ou des comportements inappropriés. Je considère que notre responsabilité de direction est dans l'aspect systémique et on ne va pas chercher des responsabilités individuelles.
Muriel est adjointe auprès de P. Martinetti en charge de la "coordination des directions"... Je réitère ma confiance à Muriel qui a fait beaucoup pour la rédaction. »
Voilà, c’est ça, c’est systémique. Personne n’est jamais responsable de rien…c’est dingue de même se poser la question puisque pour l’ex-Orange et son ex-dircab, c’est l’État qui est responsable de tout…ce petit monde de l’entre soi à la direction de France Télévisions, n’est jamais responsable de quoi que ce soit !
Chacun aura une pensée pour Audrey Guidez, cette DRH qui faisait honorablement son travail et qui s’est faite flinguer honteusement par la « validée » de l’ex-dircab 😡
Rarement l’un des proches d’Ernotte n’aura formulé aussi directement son désaccord après les exigences des ministères de tutelle donc de l’actionnaire…et pourtant, quelques lignes plus loin, le même discours repart de plus belle : suppression des éditions nationales de France 3, allongement du 20 heures présenté comme un succès, réorganisations permanentes, mutualisations, redéploiements… Les salariés, eux, expliquent que les équipes sont déjà « à l’os ». Réponse : « Quand on paie des journalistes, c’est pour travailler. »
Une phrase qui en dit long sur la chienlit managériale du moment…et la SDJ qui ne dit pas un mot. Un peu comme ces figurant qui sont là uniquement pour applaudir sans jamais dire un mot.
Une autre de ces sorties de route en dit long, sur le personnage hautain et méprisant : « On a une chance incroyable d’avoir les moyens qu’on a. Je veux tout faire pour les garder. Kiffez ça ! Pardon pour la vulgarité. »
Le mot « Kiffez ça ! » est un terme d’argot (« kiffer » signifiant « apprécier » ou « aimer »). Ce n’est pas un gros mot, mais lui-même reconnaît immédiatement que l’expression relève d’un registre familier en ajoutant :« Pardon pour la vulgarité. »
Autrement dit, il s’excuse non pas d’avoir été grossier au sens d’avoir utilisé une insulte, mais d’avoir employé une formule très familière dans un échange avec des journalistes.
Le contraste est saisissant tout au long de la pub faite par la SDJ à cet ex-collaborateur de Cécile Duflot. D’un côté, on affirme que les journalistes n’ont « jamais autant produit de qualité ». De l’autre, on leur explique qu’ils peuvent encore absorber davantage de travail. Si tout va aussi bien, pourquoi cette fuite en avant permanente ?
Autre moment particulièrement étonnant : la direction reconnaît qu’elle ne sait pas où réaliser les prochaines économies. « Il n’y a pas de piste prioritaire, je me tourne vers vous, on peut se poser des questions. »
En d’autres termes, on demande aux salariés de participer eux-mêmes à la recherche des futures coupes budgétaires.
C’est drôle qu’il ne leur a pas parlé de ce supposé leader d’opinion dans les médias US qu’il a fait venir tout frais payés depuis les States à la conférence de presse du 10 juillet dernier, pour aller dans le sens d’Ernotte sur le « streaming first », qont il chante que lorsqu’on descend jusqu’aux plus jeunes membres de la société française, TikTok attire plus d’attention que n’importe quelle autre plateforme dans cette région »!
Puis d’ajouter que ce n'est pas seulement plus que FTV mais plus que TF1, France Télévisions et M6 réunis.
Il était probablement indispensable dans le contexte actuel de situation financière actuelle de quasi faillite de faire venir un américain pour rabâcher tout ça !?
Une choses est sûre, pour assenant le plus péremptoirement qui soit que « La télévision joue certes un rôle mais elle ne joue plus le rôle principal », prenant comme « un excellent exemple : cet accord historique que France Télévisions a conclu avec YouTube. », la venue du monsieur a coûté bonbon.
Vanter la ligne éditoriale et la stratégie du groupe de service public qui sont concentrées sur YouTube et les usages numériques, plutôt que sur la télévision linéaire, il faut le faire…Du sur-mesure convoqué par l’ex-Vert et très chèrement payé par l’ensemble des Français.
Sur le coût de sa prestation en dizaine de milliers d’euros, de son déplacement (Frais d’avion et hébergement) le blog CGC Medias va revenir très vite avec les chiffres.
Puis vient la profession de foi : France Télévisions serait devenue « une arme anti-polarisation »! « Ce n’est pas pour bomber le torse dans PureMédias, c’est une responsabilité citoyenne et démocratique car il y a de la défiance et une polarisation… nous devons être une arme anti-polarisation. » lance Monsieur MOI JE. Il présente France Télévisions comme un acteur chargé de lutter contre la polarisation du débat public.
Pendant ce temps, les préoccupations beaucoup plus terre-à-terre des rédactions – effectifs, moyens de tournage, surcharge de travail, instabilité des organisations – semblent renvoyées au second plan.
Ce document laisse surtout apparaître une contradiction profonde : la direction explique qu’elle défend bec et ongles le service public contre les exigences budgétaires de l’État, tout en demandant simultanément à ses propres salariés d’accepter toujours plus d’efforts pour absorber ces mêmes décisions.
À force de vouloir démontrer que tout est sous contrôle, c’est finalement une autre réalité qui transparaît : celle d’une entreprise publique sommée de faire toujours plus avec toujours moins, d’une direction qui reconnaît implicitement que les demandes de l’État deviennent difficilement soutenables… mais qui reporte ensuite cette pression sur les équipes.
Quand les dirigeants eux-mêmes admettent publiquement que les objectifs fixés par l’État sont intenables, une question s’impose : qui pilote réellement la stratégie de France Télévisions ? Et surtout, jusqu’où les salariés devront-ils continuer à payer l’addition ?