On peut enquêter et s’interroger
sur tout… sauf la télé publique !
On peut
tailler dans les hôpitaux, rogner sur les retraites, supprimer des postes
d’enseignants, fermer des commissariats, réduire les subventions aux
associations, privatiser les autoroutes, les aéroports, la Poste, l’Énergie et
même envisager, si l’idée venait à un ministre un peu créatif, de vendre la
Tour Eiffel en NFT (actif créé par petits bouts numériques
qui s'échangent sur une chaîne de blocs [blockchain] au même titre que le
bitcoin). Tout est bon.
On râlera,
on manifestera, on signera des pétitions, mais au fond, on acceptera : C’est la
« réforme », la « modernisation », le « courage politique »…que voulez-vous !
Traquez
les journalistes indépendants jusqu’au bout du monde, muselez la presse écrite,
achetez les radios privées, censurez les réseaux sociaux, bloquez les sites etc…Contrôlez
les écoles, la justice, les taxes et les impôts, les autoroutes, les cantines
scolaires, les crèches, les musées, les bibliothèques, les parcs nationaux, les
fréquences radio, les associations, les universités, les laboratoires de
recherche, les réseaux électriques, les eaux territoriales et même les horaires
des bus de nuit…mais de grâce ne
remettez pas en cause France Télévisions.
Autrement
dit, il est une institution sacrée, un sanctuaire intouchable, un symbole de la
République qu’il est absolument interdit de profaner : la télévision publique.
Là, bas
les pattes. Stop. Interdit.
Ceux qui la font, ceux qui
l’incarnent, ceux qui en vivent sont au-dessus de tout contrôle, de toute
remise en cause, de toute interrogation, de tout audit, de toute enquête. Ils
évoluent dans une zone de non-droit protégée par un bouclier constitutionnel
invisible mais infranchissable.
Pas question d’évoquer
les contrats à couper le souffle et les salaires astronomiques qui vont avec, les
conditions invraisemblable pour certains dans lesquelles ils ont été signés,
des émissions plus que discutables dont certaines, en matière de droite d’auteurs,
atteignent des « bases records », des orientations
éditoriales assumées : rien n’y fait ou plutôt,
tout est permis !
La médiatisation : La mère de toutes les batailles (L’objectif prioritaire, au sens figuré) pour quelques-uns
qui menacent « on se retrouvera au tribunal », annoncent fièrement
qu’ils vont saisir la justice, porter plainte, écrire à la présidente de
l’Assemblée nationale, prendre la presse à témoin, contester la légitimité des
députés, de tel ou tel rapporteur ‘une commission
d’enquête, du Parlement tout entier s’il le faut. Et ça marche. À chaque
fois.
Rien ne
peut et ne doit ébranler cette forteresse. Ni les chiffres, ni les faits, ni
les rapports de l’IGF (Inspection Générale des Finances) en mars 2024 et de la
Cour des comptes, ni les commissions d’enquête donc.
Touchez à
la télévision publique et c’est la démocratie elle-même qui vacille, enfin paraît-il.
On vous expliquera, la larme à l’œil et le ton grave, que c’est l’indépendance
de l’information qui est en péril, le pluralisme, la liberté d’expression, la
République qui fait marche arrière.
Curieux, tout de
même : toutes les autres institutions publiques doivent rendre des comptes,
justifier chaque euro, se soumettre à l’évaluation permanente… sauf la télé publique !
La Télévisions ernottienne ne souffre aucune interrogation ! C’est le sanctuaire. Le dernier bastion de la liberté. Le rempart à l’extrême droite et la dernier bastion contre ces « médias d’opinion » qui ne font pas le même métier ! C’est le service public sacré entre tous les services publics.
Alors épluchez
tout, absolument tout ce que vous voudrez s’agissant de l’utilisation des deniers
publics, de l’argent des Français mais pas question de toucher au cœur battant
de la démocratie : la télé d’Ernotte.

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