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mardi 12 mai 2026

Le grand enfumage d’Ajdari: Quand la censure se pare des habits de la démocratie.

Le grand enfumage d’Ajdari: Quand la censure se pare des habits de la démocratie.

Pour celui qui est à l’origine du troisième parachutage de l’ex-Orange à France Télévisions en se fondant, écrit-il dans un invraisemblable faux intellectuel « sur ses engagements à mettre en place une comptabilité analytique préformante » (* sic)voilà ce qu’est le billet qu’il publie (¤) concernant selon lui « les débats légitimes sur le pluralisme ou l’audiovisuel public qui ne doivent pas détourner notre attention des menaces profondes qui fragilisent l’information, et avec elle notre démocratie ».

(*)


Ce texte est un classique de la rhétorique bureaucratique française : paternaliste, alarmiste et profondément intéressé. Martin Ajdari nommé par Emmanuel Macron pour remplacer la lignée des Schrameck et autre Roch-Olivier Maistre, y déploie un exercice de diversion sophistiqué qui mérite une analyse sévère, car il incarne un des pires travers de la « régulation » à la française : la défense corporatiste d’un modèle médiatique en faillite idéologique et économique, au prix d’une extension rampante du contrôle sur l’espace public numérique. 

1. La diversion rhétorique : « Oui, mais regardez ailleurs »

Le texte commence par un aveu feint de légitimité (« ces débats sont importants ») sur l’audiovisuel public, la neutralité, le pluralisme et CNews, pour immédiatement les relativiser : « mais cette focalisation ne doit pas détourner notre attention des menaces profondes ».

C’est du pur enfumage. L’audiovisuel public est financé par la contrainte fiscale (TVA et autres dotations budgétaires). Les citoyens ont donc un droit légitime à exiger une neutralité réelle, surtout quand des rapports parlementaires (comme celui récemment adopté suite à la commission d’enquête sur le secteur) pointent des biais systémiques, une « diversité » qui sert de paravent à des discriminations idéologiques, et une gouvernance incestueuse. (lefigaro.fr)

Focaliser sur CNews (la bête noire de l’écosystème « progressiste ») tout en minimisant les problèmes du service public relève de la mauvaise foi. L’Arcom sanctionne volontiers les écarts « à droite » (propos jugés discriminants) mais semble plus tolérante sur d’autres biais structurels. Ajdari transforme une controverse légitime sur le respect des obligations par des médias privés (financés par l’audience) en une distraction par rapport aux « vraies » menaces. C’est une technique classique pour protéger les chasses gardées étatiques.

2. Le catastrophisme sélectif sur le numérique

Ajdari décrit les « médias algorithmiques » comme un enfer sans filtre, sans vérification, sans éthique, peuplé de manipulations, bots, ingérences et IA maléfiques. 70 % des Français exposés à de fausses infos, 20 % (54 % des <25 ans) qui s’informent via plateformes… Chiffres réels, mais présentés de manière hystérique. (Voir en fin de post l’analyse d’un de ces envoyés de Lucifer au sein des sociaux !

Il convient bien évidemment de nuancer grandement sans propos.

- Les médias traditionnels ont perdu la confiance d’une partie du public précisément à cause de leurs propres biais, omissions et narratifs imposés. Le « fait partagé et vérifié » qu’il idéalise est souvent un consensus d’un entre-soi journalistique plutôt parisien et orienté. 

- Les réseaux ne sont pas, à proprement parler,  des médias mais l’émergence de voix hors du sérail bien souvent faites de désinformation comme il y en a toujours eu (propagande d’État, journaux militants). La solution n’est pas PLUS de pouvoir à l’Arcom - regardez ce qu’il en a fait avec le troisième parachutage ernottien - ou encore à la Commission européenne.

L’amplification algorithmique existe, mais elle est aussi un miroir des préférences humaines. Blâmer les algorithmes revient souvent à blâmer les gens d’oser penser différemment.

Le passage sur les IA génératives (« responsabilité éditoriale ») et les contenus entraînés sur les médias pro est particulièrement inquiétant : on sent poindre la revendication d’un droit de propriété intellectuelle élargi et d’une régulation qui permettrait de taxer/censurer les modèles concurrents.

3. Le cœur du délire : protectionnisme et autoritarisme régulateur

Ajdari pleure l’« effondrement du modèle économique » des médias traditionnels (plus de la moitié en perte) mais en maintenant par l’ex Orange en place alors que les rapports de la Cour des Comptes et de l’inspection générale des finances alertait déjà sur la catastrophe à venir ! 

Ses artifices en forme de supposées solutions 

-Droits voisins renforcés (taxe sur Google/Facebook).

-Consolidation (moins de concurrence, plus de gros acteurs protégés).

-Concurrence « équitable » (i.e. handicaps imposés aux plateformes).

-Adaptation de la régulation audiovisuelle au numérique (SMA, RSN plus « prescriptif »).

C’est du corporatisme pur : les médias historiques, souvent subventionnés et alignés, ne pourraient finalement survivre qu’en rançonnant les innovateurs numériques et en étendant le carcan réglementaire (avec cette soi-disant « lutte contre la désinfo » mise à toutes les sauces) ?!

Le passage sur les fréquences hertziennes devenues presque anecdotiques (15 % des foyers) est révélateur : l’Arcom défend un pouvoir historique fondé sur la rareté, qu’elle veut projeter sur l’abondance numérique. C’est l’aveu que la régulation traditionnelle telle que la conçoit Ajdari n’est pas adaptée mais qu’on va quand même l’étendre pour ne pas perdre le contrôle.

4. La vision sous-jacente : démocratie = encadrement par les élites

Le texte repose sur une conception élitiste et fragile de la démocratie : les citoyens seraient incapables de s’informer sans « professionnels » éthiques et sans filtre régulateur. Les « menaces profondes » viendraient toujours d’en bas (réseaux, jeunes qui regardent YouTube) ou de l’extérieur (ingérences), jamais des institutions, des narratifs officiels ou des conflits d’intérêts au sein de l’audiovisuel public ?! On a pu voir ça récemment avec les auditions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public.

C’est le délire technocratique typique : plus de pouvoir à l’Arcom, à Bruxelles, plus de « carcans  » imposées aux plateformes, plus de « cadre » pour l’information. En pratique, cela signifie plus de labellisation « fiable », plus de pressions au nom de la « démocratie » menacée par… trop de liberté d’expression.

Non, ce billet n’est pas une analyse sereine des défis de l’information. C’est un plaidoyer pro domo pour étendre le périmètre de la bureaucratie de régulation face à une perte de contrôle évidente. Il minimise les vrais problèmes (biais du service public, faillite de confiance dans les médias ) pour mieux justifier un encadrement accru de l’espace numérique.

Dans un pays où la liberté d’expression est déjà bien menacée, ce discours est dangereux. Il traite les citoyens comme des mineurs vulnérables et les alternatives médiatiques comme des pathologies à soigner. Le vrai danger pour la démocratie, c’est cette volonté de recentraliser le contrôle de l’information sous prétexte de la « protéger ». L’histoire montre que les censeurs se croient toujours vertueux.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​, ce texte est un classique de la rhétorique bureaucratique française : paternaliste, alarmiste et profondément intéressé. Martin Ajdari, président de l’Arcom, y déploie un exercice de diversion sophistiqué qui mérite une analyse sévère, car il incarne un des pires travers de la « régulation » à la française : la défense corporatiste d’un modèle médiatique en faillite idéologique et économique, au prix d’une extension rampante du contrôle sur l’espace public numérique. 

Les réactions justement sur les réseaux sociaux sont nombreuses, mais le blog CGC Média on a retenu une particulièrement (ci-après)









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