Ernotte : « Tout comme la BBC » mais en 2025, son président Tim Davie a dû démissionner !
Que ferait l’ex-Orange sans les
papiers de Caroline Sallé dans Le Figaro pour lui rappeler ses
engagements et surtout ses propos ?
"Delphine Ernotte a rejoint son homologue britannique à propos des moyens supplémentaires qui doivent être dégagés afin de construire une offre puissante en ligne : «D'ici à 2024, notre objectif est de doubler la couverture de France.tv. Nous toucherons alors plus de Français par notre plateforme que par nos antennes traditionnelles. C'est un changement total de paradigme et de modèle, qui existe déjà dans certains pays du nord de l'Europe»é écrivait le 13 décembre 2022. (*)
(*)
Autrement dit, le « Streaming first » que « la multi-parachutée de 2015 » diagnostique à la moindre occasion.
Seulement voilà il y a six mois,
le 9 novembre 2025 pour être précis, le pédégé de la BBC sa démission. Envolées
les belles histoires des siamois Tim Davie et Delphine Ernotte ! La BBC dans une situation financière exécrable, annnonce
2000 suppression de postes.
C’est le même titre de presse
qui le révèle mais cette fois-ci sous la plume d’Arnaud De La grange, son correspondant
à Londres dans son article du 16 avril, intitulé «
Il y aura des choix difficiles à faire » : au Royaume-Uni, la BBC sous le choc
d’un plan radical de suppression d’un emploi sur dix » (¤)
En substance :
« Sous
forte pression budgétaire, la BBC va supprimer jusqu’à 2 000 postes, soit
environ 10 % de ses effectifs, sur
les trois prochaines années. Il s’agit de la plus
importante vague de licenciements au sein du groupe public britannique depuis
quinze ans. L’objectif est de réduire les coûts de manière significative
(environ 500 millions de livres sterling, soit près de 575 à 690 millions
d’euros selon les sources) face à la baisse des revenus et aux contraintes
financières.
Dans un mail interne,
le directeur général par intérim, Rhodri Talfan Davies, a reconnu que « il y aura des choix difficiles à faire » et que l’annonce était « difficile ». Cette
décision intervient alors que la BBC traverse une période de turbulences,
marquée par la démission récente de son directeur général et d’autres
controverses (comme une plainte en diffamation de Donald Trump suite à un
reportage jugé trompeur). Le plan vise à assurer la
viabilité future de l’institution tout en maintenant ses missions de service
public. »
(¤)
« Tout
comme la BBC » qu’elle
disait « la dame du Majestic » ! Eh, oui…il est vivifiant ce vent de modernité souffle de
l’autre côté de la Manche !
La BBC, cette vénérable
institution, se contrainte à faire des « choix difficiles » en taillant dans le
vif : un emploi sur dix, hop, disparu. On imagine certains managers en
costard-cravate se lamenter devant leur tasse de thé tiède : « Mais que
va-t-on devenir sans nos 2 000 collègues ? »
A France Télévisions, c’est
tout dans le déni avec cette caste de bien-pensants
qui encensent leur icône ernottienne à tout bout de champs et crachent
sur celles et ceux qui veulent que la vérité éclate -« Tout comme la BBC » - c’est-à-dire
les Français.
Pour Ernotte, il va falloir prétendre qu’elle n’a jamais souhaité le holding, qu’elle n’était pas vraiment en phase avec l’ex patron de la BBC et qu’il convient de faire un distinguo : « Not so good !»…
L’infirmière télé va probablement nous expliquer qu’à FTV « Non, ce n’est pas une suppression de postes, c’est une optimisation bienveillante des ressources humaines dans un contexte de transition numérique inclusive » (« Streaming first »)
On supprimerait
peut-être 10 % des effectifs, mais seulement après un séminaire à Deauville ou à
Trouville (c’est à côté) sur «
l’agilité post-audiovisuelle » voire
une série de spots de pub sur France 5 expliquant aux téléspectateurs que « moins de journalistes, c’est plus de proximité avec le
terrain » mais surtout après avoir créé une task force « Réinvention collective » avec l’aide
rapide du binôme CGT-CFDT qui dans leur communiqué commun du 9 avril de la affirmaient
que la dénonciation unilatérale (par la direction donc l’ex-Orange) de l’accord
collectif de 2013 « n’est pas de [leur] fait », qu’ils ne l’ont ni souhaitée ni
approuvée, et qu’ils mais qu’ils se voient contraints de négocier pour «
protéger les salariés »
Chacun a d’ailleurs pu en
avoir un bon aperçu, que ce soit devant les sénateurs ou les députés de la
commission d’enquête : l’intéressée, les yeux embués :
« La
dette ? Ce n’est pas nous, c’est la conjoncture…
Les dérapages
financiers, c’est l’inflation qui toutes ces années a dépassé les 20%...
La
comptabilité analytique que réclame ainsi Nacer Meddah le président de la 3ème
chambre de la Cour des comptes dans le rapport du 23 septembre 2025 comme avant la commission d’enquête :
« La Cour a également constaté l’insuffisance du suivi des coûts
horaires et invite France Télévisions à mettre en place une comptabilité
analytique au sein de la direction de l’information. »…elle « est déjà opérationnelle (depuis 2015) car sans comptabilité analytique,
l’entreprise ne pourrait tout simplement pas fonctionner » comme l’affirmait le tandem Vion/Ernotte sous serment...
Les économies,
nous allons faire des … en fusionnant les plateaux de France 2 et France 3, en
recyclant les anciens JT en podcasts ASMR, et en confiant les débats politiques
à des influenceurs TikTok pour toucher la jeunesse. »
Et si ça ne suffit pas ? On
pourrait toujours lancer une grande campagne « Sauvons le service public
» financée par… le Service public lui-même c’est-à-dire les Français.
Parce que chez
nous, quand la BBC fait des coupes claires, France Télévisions fait des coupes
artistiques. Avec beaucoup de com’, un zeste de résilience et quelques redéploiements, avant d’avoir épuisé toutes les subventions possibles.
En somme, les
Britanniques taillent dans le gras. Nous, on réinvente la maigreur avec
élégance. Vive la différence culturelle !


