Et si le rapport sur l’audiovisuel public transmis mercredi était un piège tendu qui aurait somme toute, bien fonctionné ?
Beaucoup de fausses informations circulent depuis hier sur le contenu du rapport de Charles Alloncle, dont la divulgation reste strictement interdite jusqu’à sa publication officielle. Le rapporteur le sait, si le texte est censuré ou enterré, personne ne pourra plus vérifier ce qu’il contenait réellement, ni les révélations qu’il portait sur le fonctionnement, la neutralité et le financement de l’audiovisuel public. Il dénonce d’ailleurs aujourd’hui une manœuvre grossière : certains députés et médias complaisants diffuseraient des fake news pour discréditer par avance le document et justifier un vote défavorable lundi à la commission. (*lire l'excellent papier ci-dessous)
Alors il interpelle même, en fonction de toutes ces fuites, les concernés au premier chef : «que font @YaelBRAUNPIVET et le président macroniste de la commission pour dénoncer ces procédés et rappeler les députés à l’ordre ? »
(*)
Il convient par exemple, de lire les propos de la très ernottienne députée PS Ayda Hadizadeh à Libération : « Je n’approuve pas du tout ce rapport, car les méthodes employées par pour le rédiger ont été les mêmes que lors de la commission : insinuation, attaque ad hominem, mensonges, etc… » qui parle aux noms visiblement d'un collectif "Nous sommes plusieurs à avoir été effarés"
À ceux qui, depuis le début, ont tout tenté pour saboter les travaux de cette commission – parfois au mépris de la loi –, il répond simplement : les Français ne sont pas dupes.
Imaginons donc un instant une autre lecture, plus calculée, plus rusée...
Si le document, avec ses fameuses ~80 préconisations (suppressions ou fusions de chaînes, économies massives, nomination des dirigeants par l’Élysée, etc.), n’avait été rendu accessible – même partiellement et de manière contrôlée – que pour forcer la main aux acteurs du système ? Pour démasquer, en temps réel, ceux qui font fuiter, déforment ou instrumentalisent l’information avant même le vote ?
Dans ce scénario, le « leak » orchestré ou toléré deviendrait un révélateur puissant : il montrerait au grand jour le niveau d’entre-soi, les complicités, la panique de ceux qui ont tout intérêt à préserver un modèle opaque financé par des milliards d’euros d’argent public. En poussant certains à sortir du bois avec des attaques précipitées et des contre-vérités, le rapport exposerait non seulement les dysfonctionnements de l’audiovisuel public, mais aussi la corruption des réseaux qui tentent de le protéger.
Ce serait-là l'un des plus gros scandales d'État jamais connus.
Que le rapport soit publié ou censuré lundi, une chose est certaine : l’opération aura au moins servi à éclairer les Français sur les véritables rapports de force.

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