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lundi 8 juin 2026

Fable de la macronie: le milliardaire et le parlementaire…

Fable de la macronie: le milliardaire et le parlementaire…

Ah, mes aïeux, on respire enfin l’air frais d’une décennie parlementaire finissante dans un régime  beaucoup plus régalien (Au sens premier du terme, c’est-à-dire qui appartient au roi) plutôt plus que présidentiel ! Un député de son état ose enquêter sur les juteux contrats signés depuis près de dix ans entre un triumvirat d’hommes d’affaires et le service public ? Crime de lèse-majesté. Immédiatement, la machine se met en branle : filature dans Paris jusqu’au paillasson du domicile, photos volées, diffusion illégale, atteinte à la vie privé. Tout ça orchestré, financé et relayé, selon par les bons soins du seigneur des ondes et des fibres optiques.

De quel droit, en effet ? De quel droit un milliardaire, vexé d’avoir dû rendre quelques comptes, transforme-t-il un élu de la République en gibier ? De quel droit utilise-t-il ses journaux, ses chaînes, ses réseaux, ses avocats et ses sbires pour faire comprendre au vulgaire parlementaire que l’on ne touche pas impunément au coffre-fort privé déguisé en intérêt général ?

On nous rebat les oreilles depuis des années avec « la démocratie est en danger ». Mais laquelle ? Celle des urnes ou celle des portefeuilles ? Apparemment, le vrai danger, c’est le député qui pose des questions gênantes sur les contrats. Le milliardaire, lui, a tous les droits : celui de surveiller, d’intimider, de salir. C’est beau comme une république bananière, version chic et connectée.

Face à un tel scandale, que se passe-t-il au cœur de la chambre haute quand l’un des siens est bassement attaqué ? Silence radio. Il y a peu de temps sa représentante montait au créneau pour défendre l’honneur bafoué des institutions. Aujourd’hui, un élu est traqué comme un rat dans Paris et elle découvre soudain les vertus du mutisme. On appelle ça « sérénité républicaine », je crois. Traduction : « On ne va pas fâcher ce magna de la téléphonie mobile et tout ce que ça représente, quand même. »

Ces méthodes sentent le soufre ! On ne casse plus les genoux, on balance des photos et on laisse la meute hurler. C’est plus propre, plus moderne, plus « start-up nation ».

Mais le plus beau, c’est la leçon donnée au peuple : vous pouvez voter, vous pouvez élire, vous pouvez même croire que vos députés servent à quelque chose. Dès qu’un élu s’approche un peu trop près des vrais centres de pouvoir – l’argent, les réseaux, les données –, on lui rappelle qui commande vraiment. Le suffrage universel, c’est charmant. Le cash universel, c’est mieux.

Le député visé dit qu’il ne se taira pas. Tant mieux. Qu’il continue. Qu’il fouille. Qu’il dérange. Parce que si même un parlementaire qui fait son travail se fait traiter comme un ennemi public numéro un par un oligarque froissé, alors la mascarade est terminée. 

On ne vit plus dans une démocratie. On vit dans une ploutocratie nerveuse qui montre les dents dès qu’on regarde son carnet de chèques de trop près.

Le pouvoir n’est plus « au peuple ». Il est au Fric.

Et le Fric, quand on l’embête, ne répond pas par des arguments. Il répond par des dossiers, des filatures et des unes bien senties.

Bienvenue dans la République des actionnaires. Actionnaires majoritaires, bien sûr.

Les autres peuvent aller se faire voir. Ou se faire photographier.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

dimanche 7 juin 2026

La France pays des lumières, plongée dans le noir !

La France pays des lumières, plongée dans le noir ! 


La patrie autoproclamée des Lumières, de Voltaire, de la liberté d’expression… plongée dans l’obscurantisme administratif et idéologique. C’est là un retournement symbolique incroyable.

L’Impartialité selon Lasserre, ou comment museler la dissidence au nom du « consensus » macronien.

Après la dernière trouvaille du sénateur Laurent Lafon, qui avait déjà imaginé recréer l’ORTF en réunissant France Télévisions et Radio France, à savoir la mission d’information sur la « régulation de l’information dans l’espace numérique », vite  rebaptisée commission d’enquête, voilà que surgit le rapport Lasserre comme un décret de salut public.

Dix-sept recommandations « facilement applicables », un baromètre annuel de l’« impartialité », des chartes éditoriales, des CHIPIP renforcés, des vigiles du pluralisme… Tout ça pour quoi ? Pour que France Télévisions, Radio France et consorts ne puissent plus être accusés de partialité ? Lunaire !! C’est une tentative de censure institutionnalisée, drapée pour faire la farce dans les oripeaux vertueux de l’objectivité.

L’impartialité, nous dit-on, porte une « dimension objective et subjective ». Traduction : on va exiger des journalistes du service public qu’ils pensent correctement, qu’ils évitent les « biais perçus », qu’ils distinguent bien l’humour de l’information (recommandation 16, un bijou) et qu’ils respectent une « obligation de réserve » sur les réseaux (recommandation 17). Autrement dit : taisez-vous ou alignez-vous. Demander l’unanimité sur des sujets clivants, c’est comme interroger des aveugles de naissance s’ils veulent bien « voir » la lumière. L’exercice est absurde, pervers, et surtout révélateur d’une angoisse profonde : celle d’un pouvoir qui ne supporte plus qu’on le conteste.

Car enfin, de quoi parle-t-on ? D’un audiovisuel public financé par l’argent du contribuable, historiquement accusé de servir de courroie de transmission à la doxa progressiste et macron-compatible. Face aux critiques légitimes venues de larges pans de la population, la réponse n’est pas plus de pluralisme réel, plus de débats contradictoires sans tabous, non : c’est plus de contrôle

Arcom renforcée (alors même que Martin Ajdari est englué dans une histoire de non dénonciation via l’article 40 d’agressions sexuelles sur un plateau de France 3 lorsqu’il était en charge et était qu’il pensait avoir étouffé en signant lui-même un protocole !), plaintes mieux traitées, baromètre public pour humilier les récalcitrants, figures « emblématiques » désignées pour donner l’illusion du pluralisme… Le service public doit « trouver la voie étroite » entre liberté éditoriale et neutralité. En réalité, il s’agit de verrouiller la narration officielle tout en prétendant l’ouvrir. Orwell applaudit des deux mains.

Bruno Lasserre, l’auteur de cette incroyable censure qui ne dit pas son nom, vice-président honoraire du Conseil d’État, proche d’Emmanuel Macron qui l’a nommé à ce poste en 2018, osé parler d’ « amélioration ». Voilà cet homme « fasciné » par le président selon les portraits flatteurs de l’époque, recyclé en gardien du temple de l’impartialité macronienne.

Le même pouvoir qui nomme ses affidés aux postes stratégiques (banque de France, etc.) nous pond un rapport « indépendant » pour museler les antennes. Le conflit d’intérêts pue à des kilomètres. Quand un prince charge un courtisan d’évaluer l’objectivité de la cour, on sait déjà ce que donnera le verdict : plus de servilité, habillée en vertu.

Ce rapport n’est pas un projet d’amélioration, c’est un acte de peur. Peur du réveil populaire, peur des réseaux qui contournent la doxa, peur que le public s’aperçoive que l’« impartialité » exigée est à sens unique : tolérance zéro pour les idées qui dérangent le consensus élitaire, indulgence infinie pour les biais dominants. On renforce les CHIPIP, on crée des baromètres, on oblige à des chartes… Pendant ce temps, les dotations baissent, les audiences fuient vers d’autres horizons, et le contribuable hier et l’ensemble des Français aujourd’hui via la TVA continue de payer pour sa propre mise au pas.

Catherine Pégard annonce des mesures « concrètes dès cet été » par décret. Bien sûr. L’été 2026 sera chaud : celui de la grande opération de lissage idéologique. Radio France promet un « contrat d’écoute ». Traduction : on vous écoutera pour mieux vous neutraliser.

Citoyens, ne vous y trompez pas. Ce n’est pas l’impartialité qu’on défend ici, c’est le monopole narratif d’un régime essoufflé qui, face à la pluralité réelle du pays, choisit non pas le débat, mais le bâillon. Lasserre et Macron ne veulent pas d’un service public libre et pluraliste : ils veulent un service public docile et unanimeIls osent appeler ça « exemplarité ». Le mot est beau. La réalité, nauséabonde car on tente de nous vendre de l’« impartialité », de l’« exemplarité », de la « neutralité » mais en réalité on éteint les lumières du débat.

Réveillez-vous. Le pluralisme ne se décrète pas par baromètre d’État. Il se vit en laissant parler tous les Français, pas seulement ceux qui pensent comme l’Élysée.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

Il est grand temps que des Français se lèvent — parlementaires, journalistes, citoyens, élus locaux ou simples contribuables — pour stopper net cette dérive autoritaire. Ce rapport Lasserre n’est pas une simple note technique : c’est un tournant historique, un aveu de faiblesse d’un pouvoir qui, incapable de convaincre, choisit de museler. Après avoir confisqué le débat, voilà qu’il veut confisquer jusqu’à la possibilité même de le contester. 

Réveillez-vous. Si nous laissons passer ce verrouillage institutionnalisé, demain ce ne sera plus seulement France Télévisions ou Radio France mais l’ensemble de l’espace public qui sera placé sous tutelle. La lumière de la France ne peut se permettre vaciller ainsi. 

Il est encore temps de trouver la femme ou l’homme providentiel(le) en 2027 qui ne permettra pas qu’elle s’éteigne. ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​