Le président su SPECT : sauveur de la République en péril !
Le monsieur est formel : plus de 200 millions ont « disparu » des programmes entre 2020 et 2026. Une « amputation », pas une simple évolution budgétaire. On pleure. On sanglote. Pendant ce temps, la France s’ampute elle-même de sa crédibilité fiscale, mais ça, visiblement, c’est secondaire. Priorité absolue : renflouer la machine ernottienne pour que les 3 ou 4 producteurs de flux (ceux qui nous ont offert tant de pépites) puissent continuer à créer du « lien » et à « faire émerger des talents ».
Parlons-en, des talents. L’an dernier, Jérôme Caza nous a gratifiés de Khôl Lanta des neiges sur France 2. Un gros bide mémorable, une daube polaire qui a dû coûter bonbon et qui a fini par geler l’audience. Mais qu’importe l’échec cuisant : ce qui compte, c’est que l’enveloppe revienne à 1,075 milliard. Parce que quand on rate son coup, la solution évidente est de réclamer encore plus d’argent public. Logique implacable du secteur.
Dans un pays où l’on supprime déjà des magazines et des jeux pour tenter (mollement) de limiter l’hémorragie d’une décennie de gabegie depuis le parachutage de l’ex-Orange que les plus indulgents qualifient de calamiteuse, le représentant des producteurs vient nous expliquer que les programmes ne peuvent plus servir de « variable d’ajustement ». Traduction : tout le reste de la nation peut se serrer la ceinture, mais pas le petit écosystème protégé de l’audiovisuel public… sinon, ce serait laissé la place aux plates-formes américaines, ce qui est un vraisemblable ! D’où le disque rayé de ce petit club de l’entre-soi visant à traiter France Télévisions comme une vache sacrée pendant que le contribuable se fait traire jusqu’à l’os ?
« Le milliard doit redevenir un objectif national. » On croit rêver. La nation est priée de se mobiliser pour que les coproductions de flux retrouvent leur standing, pendant que les vrais chantiers (dette, retraite, compétitivité, immigration, sécurité) sont renvoyés aux calendes grecques. C’est beau, l’engagement. Surtout quand il s’agit de défendre son pré carré avec l’argent des autres.
Jérôme Caza attend du prochain contrat d’objectifs et de moyens un « retour progressif » vers les investissementssans la moindre remise en causee. On espère pour lui que ce retour se fera plus vite que le retour sur investissement de Khôl Lanta des neiges. Parce que pour l’instant, le seul lien que crée ce genre de discours, c’est celui qui attache un peu plus solidement le contribuable au guichet automatique de subventions.
Priorité nationale, donc : sauver les programmes. Le reste attendra. Comme d’habitude.

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