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lundi 6 avril 2026

Pourquoi l’AGE du CA de FTV constitue bien une « rustine » comptable qui ne résout rien ! Pire un camouflage dont l’État est complice.

Pourquoi l’AGE du CA de FTV constitue bien une « rustine » comptable qui  ne résout rien !

Pire un camouflage dont l’État est complice.

Le 31 mars dernier, Ernotte convoquait en toute hâte un Conseil d’Administration extraordinaire ou AGE afin de faire voter une réduction du capital de l’entreprise.

Florence Philbert, en tant que directrice générale des médias et des industries culturelles (DGMIC) au ministère de la Culture et administratrice représentant l’État au conseil d’administration de France Télévisions, a participé à la décision de l’État actionnaire unique et a donc voté la réduction du capital social de 150 M€ (par réduction du nombre d’actions, imputation des pertes).  

Un camouflage qui voudrait faire croire dissolution judiciaire d’ici au 31 décembre 2026 est évité. Il n’en est rien et cela se passe avec l’approbation de l’État comme le prouve ce qui précède.

Le blog CGC Média vous propose de découvrir ce qu’il conviendrait plutôt de qualifier de machiavélique manœuvre.

Notre analyse s’appuie directement sur des éléments factuels ( comme les chiffres de la Cour des comptes de septembre 2025, article L. 225-248 du Code de commerce, et les projections de pertes). 

1. Le cadre légal rappelé par ton texte (article L. 225-248 du Code de commerce)

Quand les capitaux propres d’une SA tombent sous la moitié du capital social, l’actionnaire (ici l’État) dispose de deux ans (au maximum) pour régulariser (recapitalisation ou réduction du capital). Sinon, tout intéressé peut demander la dissolution judiciaire.  

Chez France Télévisions :  

- Capital social initial : 424,7 M€ → seuil légal = 212,4 M€.  

- Capitaux propres fin 2024 : 179 M€ (déjà33 M€ en dessous du seuil).  

- Prévision fin 2025 : ~139 M€.  

- Prévision fin 2026 : ~100 M€.  

L’écart se creuse de ~40 M€/an (pertes nettes récurrentes d’environ 50 M€/an, cumul -256 M€ en 8 ans selon la Cour des comptes).

Le seuil est en réalité franchi depuis 2021sans aucune mesure réelle pendant quatre ans.

Cela sans compter les 31,46M€ de recapitalisation réalisée par souscription de l’État (arrêté du 5 juin 2023) afin que le capital restât stable à 424,7 M€ par la suite.

C’est tout simplement énorme et hors la loi !

2. La réduction du capital votée : astuce comptable qui ne résout évidemment rien et n’arrive même pas à masquer la réalité !

L’assemblée générale du 31 mars 2026 a validé la réduction du capital social de -150 M€. Florence Philbert, en tant que tant qu’administratrice au CA de France Télévisions et responsable de la Tutelle à la DGMIC, l’a validé. Elle a tenu le même discours que lors de son intervention devant la séance de la commission d’enquête assurant la défense de la ligne actuelle d’Ernotte (à la tête du Conseil d’Administration). La CGC de l’Audiovisuel dénonce, elle, depuis plusieurs années cette forme de minimisation des problèmes structurels qui correspond en fait à une validation implicite de la gestion en place pourtant « chaotique ».

Conséquence chiffrée immédiate du vote  :

- Nouveau capital social = 424,7 M€ – 150 M€ = 274,7 M€.  

- Nouveau seuil légal (moitié) = 137,35 M€.  

Cette opération semble régulariser temporairement la situation au regard de l’article L. 225-248 : les capitaux propres (autour de 139 M€ fin 2025 / début 2026) que France Télés prétend qu’ils sont à présent  juste au-dessus ou au niveau du nouveau seuil. L’ultimatum de la Cour des comptes (action avant le 31/12/2026 sous peine de dissolution) est donc techniquement respecté.

3. Pourquoi ce nouvel affichage ne sert à rien (et où le mensonge apparaît)

Les projections du texte sont implacables :  

- Fin 2026 : capitaux propres estimés à ~100 M€.  (* voir tableau ci-après)

- 100 M€ < 137,35 M€ (le nouveau seuil).  

 (*)  Les chiffres : 

→ Capital social : 424,7 M€ 

→ Seuil légal (moitié) : 212,4 M€ 

→ Capitaux propres fin 2024 : 179 M€ 

→ Prévision fin 2025 : ~139 M€ 

→ Prévision fin 2026 : ~100 M€

L'écart se creuse de 40 millions par an.

La Cour des comptes, dans son rapport du 23 septembre 2025, pose l'ultimatum noir sur blanc : avant le 31 décembre 2026, l'État doit recapitaliser ou réduire le capital. Faute de quoi, dissolution.

Le capital (au sens des capitaux propres) est déjà tombé – ou tombera immédiatement – en dessous de la moitié du capital restant après réduction. L’écart de 40 M€ par an continue : en quelques mois à peine après mars 2026, on repasse sous le nouveau seuil.

En agissant de la sorte, France Télévisions qu’avec cette  « régularisation » on repartirait  pour un nouveau cycle de deux ans, alors qu’il n’en est rien chacun l’aura compris.

Pour que la situation semble plus conforme aux règles, c’est de -200M€ qu’il aurait fallu réduire sans pour autant, de toute façon régler les problèmes.

Pour repartir sur deux nouvelles années, on aurait eu

- Nouveau capital social = 424,7 M€ – 200 M€ = 224,7 M€.  

- Nouveau seuil légal (moitié) = 112,35 M€.  

Chacun peut voir que de toute façon ce chiffre était bien inférieur aux prévisions pour 2025 (~139 M€) et ne parlons pas de 2026 (~100 M€)…l'écart se creusant de 40 millions par an, rappelons-le !

Nous sommes donc toujours bien sur le cycle précédent et le problème structurel n’a pas bougé d’un iota.

Florence Philbert, put bien raconter ce qu’elle veut : Les pertes sont récurrentes et structurelles pas « conjoncturelles » comme elle et d’autres ont tenté de le faire gober aux représentants de la Nation…et c’est ainsi que Martin Ajadari - le père du fils qu’il a eu avec Florence Philbert – et ses 7 autres condisciples,  a reparachutée Ernotte  avec ses primes malgré cette période de franchissement du seuil sans redressement depuis 4 ans  qui comme le blog CGC Média vient de le démontrer n’est donc toujours pas close. Artifice ou pas d'ailleurs !!

4. Conséquence concrète

Dans le privé, cela aurait mené au redressement judiciaire depuis longtemps. Ici, l’État regarde ailleurs depuis 2021 et fait mine de coller une rustine comptable en mars 2026 faisant croire que la dissolution judiciaire serait évitée de justesse pour 2026, mais le « paquebot continue de couler » tel le Titanic. Les Français paieront encore pour un audiovisuel public qui perd 50 M€/an sans réforme profonde.

En résumé : la réduction du capital votée par l’État (via Florence Philbert et la DGMIC) est déjà obsolète au moment où elle est actée. Les chiffres du texte le prouvent noir sur blanc.

Ce n’est pas une solution, c’est un report du problème – de la catastrophe industrielle serait plus juste – qui est en marche  et une illustration parfaite du refus de l’actionnaire de voir la réalité a face : qu’une décennie d’errements et de gabegies ernottienne ont tiré vers le fond ce si beau paquebot crée par Hervé Bourges dans les années 90…   

Ce n'est pas une opinion. C'est le Code de commerce qui le dit.


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