Pourquoi l’AGE du CA de FTV constitue bien une « rustine » comptable qui ne résout rien !
Pire un camouflage dont l’État est complice.
Le 31
mars dernier, Ernotte convoquait en toute hâte un Conseil d’Administration extraordinaire
ou AGE afin de faire voter une réduction du capital de l’entreprise.
Florence
Philbert, en tant que directrice générale des médias et des industries
culturelles (DGMIC) au ministère de la Culture et administratrice représentant
l’État au conseil d’administration de France Télévisions, a participé à la
décision de l’État actionnaire unique et a donc voté la réduction du capital social de 150 M€ (par réduction du nombre d’actions, imputation des pertes).
Un camouflage qui
voudrait faire croire dissolution judiciaire d’ici au 31 décembre 2026 est
évité. Il n’en est rien et cela se passe avec l’approbation de l’État comme
le prouve ce qui précède.
Le blog CGC Média vous propose de découvrir ce qu’il conviendrait plutôt de qualifier de machiavélique manœuvre.
Notre analyse s’appuie directement sur des éléments factuels ( comme les chiffres de la Cour des comptes de septembre 2025, article L. 225-248 du Code de commerce, et les projections de pertes).
1. Le cadre légal rappelé par
ton texte (article L. 225-248 du Code de commerce)
Quand les capitaux
propres d’une SA tombent sous la moitié du capital social, l’actionnaire (ici
l’État) dispose de deux ans (au maximum) pour régulariser (recapitalisation ou
réduction du capital). Sinon, tout intéressé peut demander la dissolution
judiciaire.
Chez France
Télévisions :
- Capital
social initial : 424,7 M€ → seuil légal = 212,4 M€.
- Capitaux
propres fin 2024 : 179 M€ (déjà33 M€ en dessous du seuil).
- Prévision
fin 2025 : ~139 M€.
- Prévision
fin 2026 : ~100 M€.
L’écart se
creuse de ~40 M€/an (pertes nettes récurrentes d’environ 50 M€/an, cumul
-256 M€ en 8 ans selon la Cour des comptes).
Cela sans compter les 31,46M€ de recapitalisation réalisée
par souscription de l’État (arrêté du 5 juin 2023) afin que le capital restât stable
à 424,7 M€ par la suite.
C’est tout simplement
énorme et hors la loi !
2. La réduction du capital
votée : astuce comptable qui ne résout évidemment rien et n’arrive même pas à
masquer la réalité !
L’assemblée générale du 31
mars 2026 a validé la réduction du capital social de -150 M€. Florence
Philbert, en tant que tant qu’administratrice au CA de France Télévisions et
responsable de la Tutelle à la DGMIC, l’a validé. Elle a tenu le même discours que
lors de son intervention devant la séance de la commission d’enquête assurant la
défense de la ligne actuelle d’Ernotte (à la tête du Conseil d’Administration).
La CGC de l’Audiovisuel dénonce, elle, depuis plusieurs années cette forme de minimisation
des problèmes structurels qui correspond en fait à une validation implicite
de la gestion en place pourtant « chaotique ».
Conséquence chiffrée immédiate
du vote :
- Nouveau capital social =
424,7 M€ – 150 M€ = 274,7 M€.
- Nouveau seuil légal (moitié)
= 137,35 M€.
Cette opération semble régulariser
temporairement la situation au regard de l’article L. 225-248 : les capitaux
propres (autour de 139 M€ fin 2025 / début 2026) que France Télés prétend qu’ils
sont à présent juste au-dessus ou au
niveau du nouveau seuil. L’ultimatum de la Cour des comptes (action avant
le 31/12/2026 sous peine de dissolution) est donc techniquement respecté.
3. Pourquoi ce nouvel
affichage ne sert à rien (et où le mensonge apparaît)
Les projections du texte sont
implacables :
- Fin 2026 : capitaux propres estimés
à ~100 M€. (* voir tableau ci-après)
- 100 M€ < 137,35 M€ (le nouveau
seuil).
(*)
Les chiffres :
→ Capital
social : 424,7 M€
→ Seuil
légal (moitié) : 212,4 M€
→
Capitaux propres fin 2024 : 179 M€
→
Prévision fin 2025 : ~139 M€
→
Prévision fin 2026 : ~100 M€
L'écart
se creuse de 40 millions par an.
La Cour
des comptes, dans son rapport du 23 septembre 2025, pose l'ultimatum noir sur
blanc : avant le 31 décembre 2026, l'État doit recapitaliser ou réduire le
capital. Faute de quoi, dissolution.
Le capital (au sens des
capitaux propres) est déjà tombé – ou tombera immédiatement – en dessous de la
moitié du capital restant après réduction. L’écart de 40 M€ par an continue
: en quelques mois à peine après mars 2026, on repasse sous le nouveau seuil.
En agissant de la sorte, France
Télévisions qu’avec cette «
régularisation » on repartirait pour
un nouveau cycle de deux ans, alors qu’il n’en est rien chacun l’aura compris.
Pour que la situation semble
plus conforme aux règles, c’est de -200M€ qu’il aurait fallu réduire sans pour
autant, de toute façon régler les problèmes.
Pour repartir sur deux nouvelles
années, on aurait eu
- Nouveau capital social =
424,7 M€ – 200 M€ = 224,7 M€.
- Nouveau seuil légal (moitié)
= 112,35 M€.
Chacun peut voir que de
toute façon ce chiffre était bien inférieur aux prévisions pour 2025 (~139 M€) et ne parlons pas de 2026 (~100 M€)…l'écart se creusant de 40 millions par an,
rappelons-le !
Nous sommes donc toujours bien
sur le cycle précédent et le problème structurel n’a pas bougé d’un
iota.
Florence Philbert, put bien raconter ce qu’elle veut : Les pertes sont récurrentes et structurelles pas « conjoncturelles » comme elle et d’autres ont tenté de le faire gober aux représentants de la Nation…et c’est ainsi que Martin Ajadari - le père du fils qu’il a eu avec Florence Philbert – et ses 7 autres condisciples, a reparachutée Ernotte avec ses primes malgré cette période de franchissement du seuil sans redressement depuis 4 ans qui comme le blog CGC Média vient de le démontrer n’est donc toujours pas close. Artifice ou pas d'ailleurs !!
4. Conséquence concrète
Dans le privé, cela aurait
mené au redressement judiciaire depuis longtemps. Ici, l’État regarde ailleurs
depuis 2021 et fait mine de coller une rustine comptable en mars 2026 faisant
croire que la dissolution judiciaire serait évitée de justesse pour 2026, mais
le « paquebot continue de couler » tel le Titanic. Les Français paieront
encore pour un audiovisuel public qui perd 50 M€/an sans réforme profonde.
En résumé
: la réduction du capital votée par l’État (via Florence Philbert et la DGMIC)
est déjà obsolète au moment où elle est actée. Les chiffres du texte le
prouvent noir sur blanc.
Ce n’est
pas une solution, c’est un report du problème – de la catastrophe industrielle
serait plus juste – qui est en marche et
une illustration parfaite du refus de l’actionnaire de voir la réalité a face :
qu’une décennie d’errements et de gabegies ernottienne ont tiré vers le fond ce
si beau paquebot crée par Hervé Bourges dans les années 90…
Ce n'est
pas une opinion. C'est le Code de commerce qui le dit.


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