« La main qui nourrit et la bouche qui mord » en compétition à Cannes dans la série "un certain Rogard" !
Messieurs les défenseurs patentés de la « diversité culturelle », en particulier Pascal Rogard directeur général de la SACD, il est temps d’arrêter le spectacle.
Après son rapport pro-ernottien - Ah, le « rapport » de Pascal Rogard pour l'ex-Orange...une séquence d'anthologie sur fond de copinage corporatiste, livré clés en main comme un plateau-repas bio et subventionné ! - le censeur s'est encore fendu de quelques lignes directrices pour frapper "les infréquentables".
On imagine la scène : Ernotte, sous le feu d’un rapport parlementaire qui ose pointer les gaspillages, les audiences en berne et la déconnexion élitiste et hop son ami lobbyiste de la SACD, fidèle parmi les fidèles, sort la plume trempée dans le sirop compassionnel : « La création française va mourir sans vous, Madame, résistez à ces barbares qui parlent d’économies ! »
Un texte probablement pondu entre deux déjeuners à la table des puissants, où l’on pleure la « privatisation rampante » pendant que le contribuable finance des programmes que plus grand monde ne regarde. C’est beau comme un tract syndical rouge-barricade des années 70 : on défend « la culture » (c’est-à-dire nos rentes, nos copains producteurs et nos salaires confortables) contre les méchants qui osent demander un peu de sérieux et de contrôle budgétaire.
Voilà qu'il persiste et signe, lui et ses amis du collectif « Zapper Bolloré » pour publiez tribune sur tribune dans Libération afin de dénoncer l’« emprise tentaculaire », l’« idéologie d’extrême droite » et le péril « fasciste » que ferait peser Vincent Bolloré sur le cinéma français !
Pourtant le simple graphique publié par Ouest-France (source CNC) vient le gifler avec la brutalité des chiffres.
Voici le poids réel de celui que le donneur de leçons vilipende (*)
- Canal+ (groupe Bolloré) : 155,6 millions d’euros investis dans le cinéma français en 2025, soit 43 % de l’ensemble des contributions des diffuseurs.
- Netflix + Amazon : 76 millions.
- France Télévisions : 59 millions.
- TF1 : 32,5 millions.
- M6 : 24,5 millions.
Bolloré/Canal+ pèse donc plus que tous les autres diffuseurs réunis. C’est lui, le premier « banquier » du cinéma d’auteur que vous prétendez défendre. Celui qui permet à des dizaines de films de voir le jour, y compris ceux dont les réalisateurs et acteurs signent ensuite des tribunes rageuses contre lui.
Cela ne s'arrête pas là. Canal+ entre dans le capital d’UGC (510 écrans, 3e réseau français) avec prise de contrôle prévue en 2028. Pathé reste leader avec 864 écrans, CGR suit avec 710, mais le mouvement est clair : un acteur privé français renforce sa présence sur toute la chaîne — financement, production, distribution, salles.
La reconnaissance ingrate
Où étiez-vous, Monsieur Rogard, quand il fallait saluer ce soutien massif et constant ? On vous entend beaucoup plus facilement quand il s’agit de dénoncer la « concentration », l’« affameur » Bolloré (dixit vos déclarations passées sur les droits d’auteur), ou de relayer la peur d’une « uniformisation » et d’une « prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif ».
Pourtant, les faits sont têtus : sans ce « cryptofasciste » capitaliste que vous conspuez, c’est une partie non négligeable du cinéma français qui manquerait cruellement d’oxygène. Les signataires de la tribune anti-Bolloré risquent désormais de s’en rendre compte à leurs dépens, après la réaction de Maxime Saada. On appelle cela mordre la main qui vous nourrit.
Éric Morillot vous interpelle d'ailleurs directement sur son compte X : « Allô Pascal Rogard ? C’est marrant, là, on ne vous entend pas pour me soutenir ? Il doit y avoir les « bons » et les "mauvais" auteurs… » En rappelant vos saillies passées (et le fameux 🤡 que vous avez utilisé contre d’autres), Morillot vous renvoie à votre propre image de clown sélectif : très virulent quand l’ennemi est commode, soudainement discret quand il s’agit de mordre la main qui finance tout le secteur que vous êtes censé défendre.
C’est toujours le même refrain : l’argent privé est suspect dès qu’il n’est pas accompagné d’une allégeance idéologique. Que Bolloré investisse massivement, sauve des pans entiers de l’industrie, rachète des salles menacées ? Silence ou suspicion. Qu’il ose défendre son groupe contre des accusations outrancières ? C’est la preuve par l’exemple de l’emprise honnie.
Hypocrisie du milieu ! Le cinéma français vit depuis des années dans une dépendance confortable à Canal+. Mais dès qu’un actionnaire ne correspond plus au profil politique exigé par la caste, on crie au loup. On préfère menacer de ruine le modèle plutôt que d’admettre que sans ces « vilains capitalistes », beaucoup de projets « engagés » ne verraient jamais le jour.
Monsieur Rogard, la SACD que vous dirigez défend les auteurs. Fort bien...mais défendre les auteurs, est-ce aussi leur rappeler d’où vient l’argent qui finance leurs œuvres ? Ou bien seulement quand cet argent vient de l’État ou de groupes « convenables » ?
Certes ce texte est vif mais après vos invraisemblables saillies, il convient de redire que cinéma français s'il a besoin de financeurs solides, n' a pas besoin de leçons de morale sélectives. Tant que vous cracherez dans la soupe sans proposer d’alternative crédible (les plateformes américaines ou le contribuable ?), vos attaques — et votre silence opportuniste pointé du doigt par Morillot — ressembleront moins à une résistance courageuse qu’à une posture.
Le vrai débat n’est pas « Bolloré est-il dangereux ? ». Il est : qui d’autre est prêt à mettre 150 millions par an sur la table pour faire vivre le cinéma français ? Tant que la réponse restera « personne », vos indignations sonneront creux.
Et le graphique d’Ouest-France continuera de le rappeler, chiffres à l’appui. (*)



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