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mardi 19 mai 2015

"Escroquerie intellectuelle" et "trafic d'influences en tous genres"....Lyon Capitale enfonce le clou sur les pratiques du CSA.


Dans un article de "Lyon Capitale" à couper le souffle "CSA : de la tartufferie du PS, de la supercherie de l’UMP" que le blog CGC Média vous propose de découvrir intégralement ci-après,  le titre de Presse revient largement sur les conditions indignes d'une  démocratie s'agissant du remplacement de Pflimlin à la tête de France Télévisions que dénoncent depuis plus de trois l'ensemble de la Presse.

Après l'enquête de 12 pages particulièrement étayée et détaillée de Médiapart sur la chronologie des intrigues de coulisses de cette "mascarade", le titre de Presse va laisser ses lecteurs les bras ballants devant tant de manipulations.

Il ose un intertitre « C’était mieux avant »....et semble quasiment donner la réponse  « C’est pire maintenant »!

"Un certain nombre d’articles de presse ont été publiés ces derniers jours pour fustiger les conditions de la nomination par le CSA de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions. « Dysfonctionnements », « opacité », « bizarreries », les mots employés sont inhabituellement forts. L’UMP se saisit même de l’affaire et l’inscrit à l’ordre du jour de sa réunion de demain. Bizarre, vous avez dit bizarre ? 

La vraie « bizarrerie » dans cette affaire, c’est le fait que des supports de presse tels que Mediapart  et L’Express se contentent aujourd’hui de rappeler que David Kessler - qui s’est beaucoup démené pour « sa » candidate Delphine Ernotte - ait été sous les ordres d’Olivier Schrameck quand celui-ci était directeur du cabinet de Lionel Jospin à Matignon. Oui, certes, et alors ? serait-on tenté d’ajouter.  

Car qui était aux côtés de Pascal Houzelot pour cautionner le projet "Numéro 23" au CSA, le 8 mars 2012, escroquerie intellectuelle conçue dès son origine pour réaliser une juteuse opération financière, comme le dénonce désormais l’ancien conseiller Rachid Arhab ? 

David Kessler ! Qui était président de la République à l’époque et qui était, de fait, le vrai président d’un CSA qui n’avait plus aucun pouvoir propre, sauf celui d’organiser des auditions fantoches pour se donner des apparences de démocratie ? Nicolas Sarkozy !


Quelles personnalités enfin, outre David Kessler, défendaient contre toute attente Pascal Houzelot et son projet fumeux et avaient déclaré à l’auteur de ces lignes que « les jeux étaient faits » pour Numéro 23, et ce dès l’automne 2011 ?  

Patrick Buisson et Camille Pascal, deux très proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy à l’Élysée ! Que l’UMP, qui se prétend aujourd’hui scandalisée, décide d’inscrire la nomination de la présidente de France Télévisions à l’ordre du jour de sa réunion hebdomadaire ressemble à s’y méprendre à une supercherie, surtout après l’affaire Bygmalion, qui, rappelons-le, comporte aussi un important volet audiovisuel, en plus de son volet strictement UMP. Quand on donne des leçons de comportement et de probité, il vaut mieux être soi-même irréprochable, sans quoi on n’est pas très crédible: il est troublant que les titres de presse précités n’aient pas été plus loin dans leurs investigations, choisissant au contraire de démarrer le compteur alors que la course était déjà bien engagée.

Quillot + Méaux = Zéro, dur dur pour l’Ego

La presse s’émeut aussi du fait que Didier Quillot (ex-Lagardère Active et ex-Orange) n’ait pas été retenu dans la short list du CSA, alors même que celui-ci s’était offert les services de l’imparable et incontournable Anne Méaux, dont l’associée chez Image 7, Marie-Luce Skraburski, n’est autre que l’épouse de l’ancien président du CSA, Michel Boyon, celui-là même qui organisait « en toute transparence » des auditions publiques… alors que les chaînes étaient déjà attribuées par le sommet de l’État ! Un vrai mélange des genres, voire une pièce de boulevard, dont la France a le secret.
Jean-Pierre Raffarin, Éric Woerth et Nicolas Sarkozy se disent aujourd’hui, d’après L’Express« abasourdis » à propos de la nomination de Delphine Ernotte et du rôle supposé de Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA, laquelle aurait intrigué en coulisses pour faire élire l’heureuse élue.
« Abasourdis », nous le sommes tout autant par ce « deux poids deux mesures » : à l’UMP, personne ne s’est jamais scandalisé lorsqu’un membre du CSA était illégalement intervenu, avant les auditions publiques, pour contraindre deux projets à fusionner (Urb TV et Numéro 23), rendant ainsi l’appel à candidatures de 2011 juridiquement nul. À l’UMP, personne ne s’est non plus jamais scandalisé de l’attribution d’un canal TNT à Pascal Houzelot pour Numéro 23, comme personne ne s’est scandalisé de la revente aujourd’hui annoncée à NextRadioTv (RMC, BFM), avec à la clé, une plus-value de 90 millions d’euros. Au contraire, par l’entremise de son porte-parole, qui visiblement n’entend rien aux enjeux de l’audiovisuel, l’UMP envoie des communiqués de presse pour militants attardés (lire ici) afin de vanter les mérites de son nouveau ex-champion de la démocratie : Nicolas Sarkozy, encore et toujours.

« C’était mieux avant »

On prend donc les mêmes et on recommence… Comme le disait un ancien député socialiste de l’Indre, on a juridiquement tort quand on est politiquement minoritaire. L’entourage de Nicolas Sarkozy rêve de revanche et passe François Hollande –et ses supposés amis- par pertes et profits. À l’UMP, on échafaude en effet déjà mille plans et c’est à qui sera le plus inventif pour torpiller l’actuelle majorité et le CSA d’Olivier Schrameck. Ah, qu’il était bon le temps où le grand chef désignait lui-même ses candidats au gré de ses humeurs et de ses intérêts !
De fait, une partie de ce tout n’est qu’apparence et présentation destinée aux gogos. Car plus on monte, plus l’oxygène se fait rare, plus le nombre de personnes et les amitiés aussi. En réalité, les politiques s'accommodent parfaitement des différents impôts, taxes, turpitudes diverses et variées, et autre intermédiaires sulfureux ayant servi à leurs prédécesseurs, si tout cela peut, à leur tour, servir leur carrière et leurs intérêts personnels. 
En privé, tous ou presque s’indignent ainsi de « la revente immorale de Numéro 23 à Alain Weill », mais publiquement c’est autre chose, ils mettent une sourdine à leur indignation, de peur de ne plus être invités chez Bourdin si d’aventure les choses tournaient mal pour RMC.
Ce double langage n’est pas l’apanage de la seule UMP, il est également à l’œuvre au centre (lire ici), comme à gauche. Ainsi Fleur Pellerin, qui au Sénat fait mine de s’offusquer de la revente de Numéro 23 et décore simultanément Pascal Houzelot de l’ordre des Arts et des Lettres, tout en participant à ses dîners mondains (lire ici). Difficile, après, de faire valoir l’intérêt général : comme le confie un ministre, en off, « je trouve la position de ma collègue bien inconfortable ».

Safa, ça vient… et quand ça vient, Safa

Bien pire, la gauche, qui en public n’a pas de mots assez durs envers Nicolas Sarkozy et ses amitiés libyennes, s'accommode fort bien des largesses d’Iskandar Safa lorsque celui-ci finance les chantiers navals (CNM) dans la bonne ville de Bernard Cazeneuve (PS), actuel ministre de l’Intérieur (lire ici), lequel Safa, nous confirme Roger Auque dans sa biographie parue il y a quelques semaines à titre posthume, était l’intermédiaire de Mouammar Kadhafi, qui avait bien payé la rançon pour la libération des otages du Liban (officiellement la France ne verse toujours pas de rançon). Quelqu’un s’en est-il indigné au PS ? Au Gouvernement ? Au Parlement ? Pas à ma connaissance. Ce silence arrange tout le monde, et pour cause.

Alors qu’Arnaud Montebourg, le « Monsieur Propre du PS », demandait avec force une intervention de « la France à l’ONU pour faire cesser les massacres », allant même jusqu’à écrire, sur son blog, le 22 février 2011 (lire ici), « les derniers événements en Libye mettent à nu, une fois de plus, la médiocrité de la diplomatie française, inutile et incertaine face à la montée du mouvement d’émancipation démocratique que rien ne devrait arrêter dans le monde arabe », il recevait sans aucuns états d’âme quelques mois plus tard à Bercy le « diplomate » Iskandar Safa, pourtant proche du Guide libyen, de Nicolas Sarkozy et de quelques autres, de Ziad Takieddine en passant par Jean-François Copé et Brice Hortefeux.

Il faut préciser qu’entre temps, Arnaud Montebourg avait été nommé ministre du Redressement productif… et les amis de Mouammar Kadhafi (lequel avait déjà littéralement passé l’arme à gauche) sont immédiatement (re)devenus fréquentables. Oublié les « droits de l’homme », les « bains de sang », les effets de manche montebouresques et les conférences de presse spectaculaires, déclamées menton haut : comme le dit aujourd’hui -non sans humour- un fin connaisseur du dossier, « peu importe le falcon, pourvu qu’on ait l’ivresse. A l’époque du Redressement productif, il fallait à tout prix que Montebourg engrange des succès en termes de sauvetage d’emplois et Cazeneuve ne ménageait pas ses efforts non plus car les CMN étaient en grande difficulté à Cherbourg (lire ici)Tout ça c’était évidemment du cirque, car il s’agissait aussi de préparer la visite du Gouvernement du 12 novembre 2012 à Tripoli pour la vente des frégates. Safa en a bien été l’élément déterminant, et on voit aujourd’hui ses spectaculaires résultats avec les rafale ».

Panem et circenses

Du cirque ? C’est, hélas, la triste réalité. À tort ou à raison, les médias sont perçus par la classe politique française comme un outil indispensable dans la conquête – et la conservation- du pouvoir. Rien de nouveau sous le soleil, donc. Mais lorsque les médias eux-mêmes ont la mémoire, l’indignation et le rappel des simples faits pour le moins sélectifs, on se dit que le problème n’est pas tant « un problème d’ORTF » que de coterie, de conflits d’intérêts et d’autocensure, le tout agrémenté de paresse intellectuelle chronique. Certes, une actualité chasse l’autre et demain, copier-coller oblige, on aura oublié jusqu’au nom de la présidente de France Télévisions, qui, d’ores et déjà accusée de tous les maux… ne prendra pourtant ses fonctions qu’à la fin du mois d’août !

Mais une chose est sûre : la campagne présidentielle a bel et bien débuté. Pour l’UMP, comme pour le PS et leurs forces d’appoint respectives, il s’agit, en dépit des discours de façade, de soumettre dès aujourd’hui le CSA, par une guerre des nerfs et une intimidation permanentes. Vieux réflexes, vieux discours, vieilles habitudes, dans le doux et désormais traditionnel ronronnement de l’alternance, où les moins fréquentables deviennent subitement incontournables : faut-il que tout change pour que rien ne change, comme on disait chez Le Guépard de Visconti ? 
Cet équilibre métastable tiendra-t-il une fois de plus ou volera-t-il vraiment en éclats si, comme le prédisent tous les sondages, Marine le Pen vire en tête le 23 avril 2017 ? René Thom (¤) , reviens, ils sont devenus fous !

(¤)  René Thom est un mathématicien français, fondateur de la théorie des catastrophes.  
 


Schrameck et Pierre-Brossolette n'ont toujours pas démissionné et les petits arrangements continueraient ?!

24 jours depuis qu'Olivier Schrameck et de sa « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette (*) ont œuvré comme le révèle l'édifiante enquête de 12 pages signée Laurent Mauduit, publiée le 16 mai dans "Mediapart" "FranceTélévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités et ils n'ont toujours pas démissionné.

(*) Challenges

La lettre de l'Audiovisuel publiait juste avant un papier intitulé "France TV : vers une alliance Delphine Ernotte-Pascal Josèphe ?":
"Selon nos informations, Olivier Schrameck, président du CSA, aurait demandé avec insistance à la présidente nouvellement élue de France Télévisions, Delphine Ernotte, d’envisager une collaboration avec son challenger Pascal Josèphe, au vu du scrutin serré qui les départagés.
Pascal Josèphe pourrait participer à un binôme à la tête du groupe, comme Patrick de Carolis, alors PDG, et Patrice Duhamel, son directeur général, il y a quelques années. Selon la Lettre de l’Expansion, un déjeuner entre les intéressés aurait eu lieu la semaine dernière pour évoquer cette collaboration…AP"
 
Ben voyons!!!!
 
Autrement dit, Pascal Josèphe pourrait fermer les yeux sur les  « irrégularités » de la pseudo « course aux candidats » visant à remplacer Pflimlin que Sarkozy nommait  à France Télé au cours de l’été 2010 contrairement à Didier Quillot l’un des candidats « dégagé » dans cet ersatz de « sélection » justement cité par "Mediapart" qui a réagi ce  weekend dans  le JDD en se déclarant "stupéfait" ajoutant "Les conditions de cette élection ont été particulièrement déloyales. Le rôle du CSA, censé être neutre et indépendant, est gravement mis en cause. Il y a une urgence absolue à réformer les modalités de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public" ??!!
Ben voyons!!!!
 
C'est mal connaître Pascal Josèphe..."Pascal Josèphe pourrait participer à un binôme" mais se serait  comme Didier Quillot qui n'entend évidemment pas en rester là pour un recours en nullité de ce que la Presse unanime dénonce en cœur depuis plus de trois semaines !
 
Pathétiques gesticulations du duo Schrameck/Pierre-Brossolette qui essaie de camoufler son calamiteux manège, en tentant de faire rentrer Pascal Josèphe par "la petite porte"....histoire de légitimer en douce, leur choix!

Ben voyons!!!!
 
Le soi-disant "challenger recalé" nommé bras droit de "l'élue" et le choix du CSA redeviendrait plus régulier ?

Ben voyons!!!!

Foutaise....cela ne fait qu'ajouter une couche d'intrigues supplémentaires au Vaudeville déjà consternant qui se joue sous les yeux médusé des français à qui l'on avait vendu la transparence comme principe de gouvernance !

24 jours depuis le 23 avril et Olivier Schrameck et sa « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette n'ont encore pas démissionné.
 

lundi 18 mai 2015

La suffisance d'Ernotte vis-à-vis du dossier explosif la concernant....elle ne répondra qu'en août lorsqu'elle prendra ses fonctions à France Télé!



L'Express dans sa rubrique "Immédias" signée Renaud Revel publie un article intitulé "Le CSA sous la menace d’une commission d’enquête parlementaire". Il fait suite à l'enquête de 12 pages réalisées par Médiapart  "FranceTélévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités"

La page 11/12 de l'enquête, le chapitre "Boite noire" a attiré notre attention. Il y est écrit  "Pour cette enquête, j'ai interrogé beaucoup de personnalités impliquées dans cette affaire, mais je n'ai pas pu les citer toutes, car beaucoup ont requis l'anonymat. J'ai par ailleurs rencontré le président du CSA, Oliver Schrameck, dont j'évoque les points de vue, au fil de cet article. J'ai eu aussi un échange téléphonique avec une autre membre du CSA, Sylvie Pierre-Brossolette, qui a accepté de répondre à mes curiosités. 

De son côté, Delphine Ernotte, en voyage à San Francisco, m'a fait savoir qu'elle n'entendait pas prendre la parole avant sa prise de fonction, en août, mais j'ai pu accéder à certains de ses proches qui m'ont donné leur version des faits. J'ai par ailleurs eu plusieurs échanges téléphoniques avec Xavier Couture, qui m'a adressé un SMS résumant sa version des faits, SMS que j'évoque dans le fil de cette enquête."

Invraisemblable...il semble du reste que ce voyage aux "States" serait un voyage corporate d'Orange alors même que Stéphane Richard le 23 avril, le jour même de sa désignation dans les conditions que chacun connait aujourd'hui, avait annoncé reprendre immédiatement l'ensemble de ses fonctions !!!!!!

La suffisance d'Ernotte vis-à-vis du dossier explosif  empilements d’articles concernant cette "mascarade" -  qui ne  répondra à rien! Elle "a fait savoir à Médiapart qu'elle n'entendait pas prendre la parole avant sa prise de fonction en août"!!!!

Elle est loin d'être à France Télé....et dans le cadre d'une commission d'enquête il va tout de même falloir qu'elle réponde aux parlementaires comme les membres du CSA qui ont participé à cette "pantalonnade" !

Découvrez, à ce sujet, l'article de l'Express:

Le CSA sous la menace d’une commission d’enquête parlementaire



Et si la nouvelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, fraichement nommée par le CSA, était sur un siège éjectable, avant même qu’elle ait pris ses officiellement ses fonctions fin août? Jour après jour, la presse se fait l’écho des innombrables dysfonctionnements, bizarreries et anomalies, – les mots sont faibles –, qui ont jalonné la procédure mise en place par le président du CSA, Olivier Schrameck. Ainsi que le rôle joué dans cette affaire, unique dans les annales de cette institution, par certains des membres d’un collège aujourd’hui au bord de la crise de nerf à défaut de l’implosion.

La publication samedi par Médiapart d’un article récapitulatif, édifiant et au vitriol, n’a fait qu’ajouter au trouble. Au point que le bureau de l’UMP a décidé de verser ce chapitre à l’ordre du jour de sa réunion de demain, mardi.

 Voilà des jours en effet que médias et observateurs dénoncent l’opacité dans laquelle s’est déroulé ce simulacre de nomination, qui a vu une cohorte de candidats s’épuiser durant des mois dans une course aux cartes biaisées, biseautées. Rupture d’égalité des chances : programmée pour être désignée en lieu et place de Rémy Pflimlin, l’ «Orange girl » Delphine Ernotte n’aura pas eu à faire beaucoup d’efforts pour décrocher le Graal, Olivier Schrameck et quelques bonnes fées, – dont trois cadres dirigeants d’Orange, Stéphane Richard, David Kessler et Xavier Couture-, l’ayant fabriquée et cornaquée de bout en bout.


Mais si la température est montée à nouveau d’un cran ce week-end, c’est pour trois raisons qui, si elles étaient avérées, devraient entacher de nullité toute la procédure susnommée, pour peu que l’un des candidats blackboulé dépose un recours et que nous soyons dans un monde normal. Si…
1. L’ implication de l’un des membres du collège dans la campagne de Delphine Ernotte.
Ancienne journaliste de l’Express et du Point, Sylvie-Pierre Brossolette est aujourd’hui soupçonnée d’avoir activement soutenu Delphine Ernotte dans sa campagne au mépris de la règle d’impartialité.
 
Ce dont elle se défend. Ebranlée dit-on par le caractère explosif de cette affaire, la journaliste tente de faire face malgré l’accumulation des indices et des témoignages. Elle aurait notamment amené sa protégée à l’industriel François Pinault, ce qu’elle confesse d’ailleurs, à mots à peine voilés, à Médiapart. Pourquoi Pinault? 
Parce que cet industriel chiraquien, propriétaire du Point et familier de François Hollande, a joué durant toute cette séquence cathodique les messagers à l’Elysée, où il aura évoqué le sujet à plusieurs reprises avec son locataire. Ernotte n’est d’ailleurs pas la seule parmi les candidats à être allée lui baiser l’anneau.

Maladresse ou non, l’implication de Brossolette, ajoutée à celle d’Olivier Schrameck lui-même, jettent un voile de suspicion sur tout ce dossier. Et que dire du rôle clé joué par l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, David Kessler, qui fréquenta le même Schrameck à Matignon, ( période Jospin ) ? Deux hommes liés par des liens de consanguinité politique et d’amitié. C’est Kessler qui se fit en 2012 l’avocat d’Olivier Schrameck auprès de Hollande, quand il s’est agi de nommer le premier au CSA.
2 Les pressions exercées sur Francine Mariani-Ducrey
Retranché dans son bureau, ce membre du CSA reste muet. Mais en privé, il tonne. C’est Francine Mariani-Ducrey qui a fait basculer le vote en faveur de Delphine Ernotte, après qu’une éminence du Conseil d’Etat, son corps d’origine, l’ait enjoint de ne pas mettre en péril l’institution, alors qu’elle se refusait à apporter sa voix au camp Ernotte emmené par Olivier Schrameck, Nicolas Curien et Nathalie Sonnac. « On lui a tordu le bras», témoigne l’un de ses proches, qui parle d’une femme déstabilisée et en colère. Mais qui porte également la responsabilité d’un vote, ( bloqué et à bulletins secrets), contesté aujourd’hui de toute part.
Et elle n’est pas la seule à vaciller aujourd’hui. C’est tout le collège qui tangue et qui se tait: une institution en grand danger, claquemurée, étonnement silencieuse, et qui ne résistera pas à une alternance politique en 2017. C’est le pronostic à l’UMP où les dés roulent, où l’après-CSA est déjà sur les rails. Déstabilisé, Olivier Schrameck déjeunait vendredi  dernier avec l’un de ses prédécesseurs Hervé Bourges, lequel en vieux grizzli l’a écouté poliment…
3. Le cas Quillot
Pour ce candidat déchu, ( photo), la coupe est pleine. Furieux d’avoir été baladé et prestement évincé, cet ancien PDG de Lagardère Active redouble de fureur depuis qu’il a découvert que son projet avait été caviardé pour se retrouver, en grande partie, dans les pages de celui de Delphine Ernotte. Mails à l’appui, Quillot affirme avoir adressé sa copie à un cadre dirigeant d’Orange de ses amis, Xavier Couture, lequel a soutenu et encouragé l’intéressée, lui tenant la main et la plume…A l’heure d’aujourd’hui, Didier Quillot, que rien n’apaise et qui a longuement hésité, envisage plusieurs recours juridique. Et il n’est pas le seul.


Tout cela n’est pas reluisant. Paysage bananier, l’audiovisuel vient de toucher le fond. Jamais de mémoire on avait assisté à un tel vaudeville. Dans une toute démocratie, – notamment anglo-saxonne-, cette procédure aurait volé en éclats. Que peut-il advenir de la suite? Rien si l’opposition UMP,- où de Jean-Pierre Raffarin à Nicolas Sarkozy, en passant par Eric Woerth, on se dit «abasourdi»-, décide d’attendre 2017 pour décapiter le CSA. Planait hier la menace faite par l’UMP d’une demande d’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire, action que soutiendraient certaines personnalités de gauche, toutes aussi outrées, telle l’ancienne ministre socialiste de la Culture, Catherine Tasca. On en saura plus dans les jours qui suivent. Mais si rien ne bouge, passée la bourrasque, le soufflet va bien évidemment retomber. Et Delphine Ernotte, à qui l’on ne peut rien reprocher, si ce n’est d’avoir manqué de discernement tout au long d’une séquence qui l’aura vu être littéralement prise en main et portée à cette présidence sans coup férir, s’installera le 21 août dans son fauteuil de PDG. Mais avec quelle légitimité? 


didier-quillot
Didier Quillot















Les français attendent depuis 23 jours les démissions groupées du président de CSA Olivier Schrameck et de sa « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette ainsi le retrait comme l’invalidation du fruit de leurs pratiques déloyales et anti démocratiques.

Les français attendent depuis 23 jours les démissions groupées du président de CSA Olivier Schrameck et de sa « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette ainsi le retrait comme l’invalidation du fruit de leurs pratiques déloyales et  anti démocratiques.
 
Pas un jour depuis le vendredi 23 avril dernier sans que la Presse dans son ensemble dénonce les « irrégularités » de la pseudo « course aux candidats » visant à remplacer Pflimlin que Sarkozy nommait  à France Télé au cours de l’été 2010.
 
Ce weekend, le JDD publie la réaction de Didier Quillot l’un des candidats « dégagé » de cet ersatz de « sélection » qui, cité par "Mediapart" à la suite de l’enquête de 12 pages qu’a révélée le titre de Presse (¤ extraits en bas de post),  s'est déclaré "stupéfait"…ajoutant "Les conditions de cette élection ont été particulièrement déloyales. Le rôle du CSA, censé être neutre et indépendant, est gravement mis en cause. Il y a une urgence absolue à réformer les modalités de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public".
 
Le Journal du dimanche d’écrire "La publication samedi d'un long article de Mediapart sur la désignation de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions a provoqué des remous dans les milieux politiques et médiatiques. Il faut dire que l'enquête accuse notamment l'une des membres du CSA, Sylvie Pierre-Brossolette, d'avoir aidé Delphine Ernotte, notamment en lui organisant une rencontre avec François Pinault, le milliardaire proche de François Hollande. "
 
 
 
 
Le 17 mai le quotidien "Libération" en rajoutait une louche avec un titre des plus parlants: "France Télévisions : soupçons de plagiat sur le projet de Delphine Ernotte"

C'est dès le lendemain même de cette "mascarade", que le blog CGC Média dénonçait justement les conditions d’opacité et de déloyauté envers lesdits « candidats », en rappelant les principes légaux qui prévalent en la matière à savoir que « toute rupture d'égalité des chances des candidats au profit de l'une ou l'un d'entre eux, conduit systématiquement à l'annulation non seulement du scrutin mais peut, le cas échéant, conduire à ce que celui ou celle qui a été favorisé soit définitivement écarté(e) et celles ou ceux qui l'ont permis soient sanctionnés voire révoqués. ».
 
« L’urgence absolue » n’est donc pas d’attendre que le législateur réforme à nouveau "les modalités de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public" mais que le pouvoir politique à commencer par le Chef de l'État agisse sans délai  en demandant leur démission immédiate aux membres du CSA fautifs, le cas échéant, au moins le président de CSA Olivier Schrameck et la « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette (*) ....ainsi que le retrait du fruit de leurs manquements qui rappelons-le, ne serait légalement mis en place que le 22 août prochain à la suite d’un vote du Conseil d’Administration de France Télé où l’État est majoritaire.

(*) Challenges
 
N.B : L’État s’il procédait de la sorte, se rendrait bien entendu  complice de ce genre de procédés que  « Mediapart » révèle au travers des 12 pages hallucinantes de son enquête minutieuse et étayéeL’intéressée avant même son arrivée, n’aurait de toute façon, plus aucun  crédit aux yeux des salariés pour « engager » quoi que ce soit dans l’entreprise !

N’en déplaise à Pingaud et ses poulains, ce serait le syndrome Gallet puissance 1000.
(¤ extraits du 12 pages de Médiapart ):

"FranceTélévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités
16 mai 2015 |  Par Laurent Mauduit

La désignation par le Conseil supérieur de l'audiovisuel de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions a été émaillée de plusieurs irrégularités.

Manquement aux règles d'équité de la part d'un membre du CSA, plagiat du projet d'un candidat rival : notre enquête révèle les intrigues qui ont porté à la tête du groupe public une personnalité qui n'a aucune compétence télévisuelle.
Dans un grand pays comme la France, qui se targue d’être régi par des règle dignes d’un État de droit, est-il concevable qu’une personnalité qui ne connaît strictement rien aux métiers télévisuels soit portée à la présidence du plus grand groupe de télévision publique, maison commune qui est censée appartenir au peuple tout entier ?
Est-il concevable que la nomination du PDG de France Télévisions se passe à huis clos, entre intrigues, jeux d’influences dans les coulisses du pouvoir et des milieux d’affaires et ne donne donc pas lieu au grand débat public que les citoyens seraient en droit d’attendre ?
Est-il admissible que ce débat soit confisqué par un petit clan qui, au terme de conciliabules, parvient à faire nommer celle qu’il a choisie comme favorite, sans doute longtemps à l’avance ?....

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, on se souvient de ce qu’il en était : s’étant approprié les pouvoirs de nomination autrefois dévolus au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), le chef de l’État faisait ce que bon lui semblait. Un jour, il envisageait de porter à la tête de France Télévisions Alexandre Bompard, le protégé d’Alain Minc, son conseiller occulte. Et si le projet faisait scandale, il pouvait, sans rendre des comptes à qui que ce soit, changer de pied et nommer un président par défaut, en l’occurrence Rémy Pflimlin, l’actuel PDG dont le mandat arrive à son terme. Le coup d’État télévisuel permanent. L’audiovisuel public sous tutelle, à la merci des humeurs présidentielles, avec à tous les postes clefs des obligés du Palais…

Sous François Hollande, même si tout va de travers, ne faut-il pas au moins donner crédit au chef de l’État du fait que le CSA a été rétabli dans ses pouvoirs anciens et que la nomination du PDG de France Télévisions échappe enfin à ces jeux d’influence et de connivence ?
C’était l’une des promesses de François Hollande, qu’il avait déclinée en énonçant ses célèbres anaphores : « Moi président de la République, je n'aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes » !
Eh bien, non !
 
C’est triste à dire mais c’est ainsi : en la personne de Delphine Ernotte , jusque-là directrice générale adjointe d’Orange et directrice exécutive d’Orange-France, c’est une personne sans la moindre expérience des enjeux télévisuels – ni des programmes, ni de l’information ! – qu’une très courte majorité des membres du CSA a pris le responsabilité de porter à la présidence du groupe public.

Et si cela a été possible, c’est par un concours stupéfiant de jeux d’influence multiples, sur lequel Mediapart a enquêté et qui donnent le tournis.

Voici les différents épisodes de cette invraisemblable désignation, tels que nous sommes parvenus à les reconstituer (en 6 actes):

* Acte I : Schrameck recompose le CSA à sa main (pages 2 et 3 /12)

...le nouveau patron du CSA est l’ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin à Matignon, et un familier de David Kessler qui a travaillé sous son autorité à Matignon et qui est devenu en 2012 le conseiller du chef de l’État pour les médias et l’audiovisuel, beaucoup de dirigeants de l’UMP raillent la soi-disant indépendance reconquise du CSA. Et ils raillent la promesse bafouée du président de la République avec d'autant plus de pugnacité que nul n’ignore comment cela s’est passé : usant de son pouvoir d’influence que lui confèrent ses fonctions de conseiller élyséen, David Kessler a pesé pour convaincre François Hollande de porter Olivier Schrameck à la tête de cette autorité supposée indépendante....

* Acte II : – Le piège d’une élection à huis clos  (pages 3 et 4 /12)
 
Si l’élection du nouveau PDG de France Télévisions commence très vite à dérailler et plonge le CSA dans l’une des crises les plus graves de son histoire, c’est parce que quand la procédure de désignation s’engage pour départager les 33 candidats qui se sont mis sur les rangs, tout se passe à huis clos, ce qui facilite grandement la tâche des lobbyistes et communicants en tous genres, qui multiplient à l’envi les chausse-trapes et les intrigues.
Dans une authentique démocratie, la télévision publique devrait être une maison de verre, et son avenir devrait être débattu devant tous les citoyens ; dans le cas présent, elle devient une maison close, et cette opacité démultiplie les manœuvres obliques....

Ces règles de confidentialité [soit-disant, ndlr] sont évidemment stupéfiantes et démocratiquement choquantes. Car sous Nicolas Sarkozy, le CSA n’ayant qu’à rendre un avis consultatif sur les PDG de l’audiovisuel public choisis par le chef de l’État, les auditions auxquelles procédaient le CSA pouvaient être publiques....
En quelque sorte, l’avancée démocratique qu’a constitué le rétablissement du CSA dans ses pouvoirs anciens de nomination s’est accompagnée en 2012 tout aussitôt… d’un recul démocratique, celui du huis clos.....
 
Les conflits d'intérêts de David Kessler
 
* Acte III – Intrigues en coulisses autour de Delphine Ernotte  (pages 5 et 6  /12)
 
C’est donc dans un très étrange climat que commence, en ce début d’année 2015, la procédure de sélection du futur patron (ou de la future patronne) de France Télévisions, avec un CSA sur lequel son président a renforcé son autorité, et des règles de confidentialité qui inquiètent légitimement les salariés de France Télévisions.
 
Mais ce que ne savent pas les journalistes de France Télévisions au moment où ils écrivent leur point de vue, c’est que l’opacité qu’ils dénoncent donne lieu à des intrigues encore plus nombreuses qu’ils ne l’imaginent. Il y a certes l’histoire officielle. Au fur et à mesure, certains candidats annoncent qu’ils sont entrés en lice ; d’autres sont démasqués par la rumeur publique. On découvre ainsi tour à tour l’identité de quelques-uns des 33 candidats : le président sortant de France Télévisions Rémy Pflimlin ; le consultant Pascal Josèphe, passé par les directions de France 2 et France 3 ; Didier Quillot, ancien patron de Lagardère Active et d'Orange France ; Marie-Christine Saragosse, patronne de l'audiovisuel extérieur de la France (France 24, RFI) ; le patron de l’AFP Emmanuel Hoog ; Christophe Beaux, PDG de la Monnaie de Paris ; Nathalie Collin, directrice générale adjointe de La Poste ; Robin Leproux, ancien dirigeant de RTL et de M6…
Mais en vérité, dès le début, c’est une autre candidature qui intrigue, celle de Delphine Ernotte, directrice générale d’Orange pour la France. Sur le papier, elle ne semble certes avoir aucune chance.
 
Comment une Delphine Ernotte, qui a fait toute sa carrière au sein d’Orange, et qui ne connaît strictement rien aux métiers de l’audiovisuel et de l’information pourrait-elle avoir la moindre chance, face à des vieux routiers de cette profession ? Ou s’il s’agit de privilégier une candidature féminine, comment pourrait-elle avoir la moindre chance face par exemple à Marie-Christine Saragosse, qui connaît tout de l’audiovisuel public ? 
 
Mais la vérité, dont à l’époque personne ne se doute, c’est que Delphine Ernotte a de très puissants appuis. Ou plutôt, par une conjonction hétéroclite d’intérêts, elle a de très influents amis qui aimeraient beaucoup la voir atterrir à la présidence de France Télévisions.
Il y a d’abord Stéphane Richard qui aimerait bien la voir partir d’Orange. Comme le bruit en a couru, Delphine Ernotte se serait-elle montré peu solidaire quand le patron du groupe a été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » dans le cadre de l’affaire Tapie ? Mediapart en a obtenu des confirmations très précises.
Selon de très bonnes sources, Stéphane Richard a jugé que Delphine Ernotte avait même intrigué pour essayer de prendre sa place. Le patron d’Orange a donc considéré que l’exfiltration de l’intéressée vers France Télévisions serait une bonne façon de la mettre dehors sans faire de vagues...
Au sein même du groupe Orange, la candidate trouve de très influents parrains pour l’aider à partir à l’assaut de la présidence de France Télévisions.
Elle trouve d’abord Xavier Couture, l’ancien patron de Canal +, qui officie depuis plusieurs années aux côtés de Stéphane Richard, et qui après s’être mis un moment au service de la candidature de Didier Quillot, s'est rangé derrière celle de Delphine Ernotte, dès qu’elle s’est déclarée.
 
Mais surtout, Delphine Ernotte reçoit un appui majeur : l’ancien conseiller pour les médias et l’audiovisuel de François Hollande, David Kessler, qui a rejoint le groupe Orange depuis le 1er décembre 2014, se met presque aussitôt au service de la candidature de Delphine Ernotte.
 
Comment l’ancien conseiller de l’Elysée ne comprend-t-il pas qu’en entrant ainsi dans la mêlée, il va derechef jeter la suspicion sur la procédure de nomination elle-même, puisqu’il a été l’un de ceux qui ont contribué à la nomination d’Olivier Schrameck à la tête du CSA ? Même si ce dernier n’y est pour rien, comment David Kessler ne perçoit-il pas qu’il va donner le sentiment d’un petit arrangement entre amis, si d’aventure la candidate derrière laquelle il s’est rangé, remporte la procédure de sélection ? Comment ne se doute-il pas que l’on verra immanquablement la main de François Hollande derrière toute cette affaire, même s’il s’en est tenu à l’écart ?
 
Avec David Kessler, cette pratique du conflit d’intérêts n’est pas franchement nouvelle. Déjà, au début du quinquennat, il s’était illustré en acceptant ce poste de conseiller à l’Élysée pour les médias et la communication, alors que peu de temps auparavant, il était le responsable du mini-pôle presse du banquier d’affaires Mathieu Pigasse (Lire La gauche, les médias et les conflits d’interêts (1/2) et La gauche, les médias et les conflits d’interêts (2/2) ). Ce qui était évidemment très choquant. Qu’aurait dit la gauche si, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, ce dernier avait pris pour conseiller à l’Élysée une figure connue du Figaro ? Tout le monde y aurait vu, à bon droit, une énième illustration du capitalisme de connivence à la Française.
 
Et voilà qu’à peine après avoir quitté l’Élysée, David Kessler se met au service d’une candidate qui brigue la présidence de France Télévisions, le plus grand groupe en Europe de télévision publique.
À l’évidence, ces questions ne font pourtant pas hésiter David Kessler, qui multiplie les déjeuners et les rencontres, pour que sa candidate décroche le poste tant convoité. Et visiblement, ce n’est pas que son choix personnel. Car progressivement, l’équipe de Delphine Ernotte se renforce de figures connues. Comme plusieurs médias s’en sont fait l’écho, le communicant Denis Pingaud (ancien du service de presse de Laurent Fabius, du temps où ce dernier était à Matignon, et ancien d’Euro-RSCG) arrive aussi en appui, lequel Denis Pingaud a aussi conseillé Mathieu Gallet tout au long de la crise de Radio France)....
Affluence dans l'antichambre de François Pinault
 
* Acte IV – Sylvie Pierre-Brossolette en campagne (pages 7 /12)
Si, contre toute attente, la candidature de Delphine Ernotte s’annonce sous des auspices favorables en ce début d’année 2015, ce n’est pas seulement parce que ce clan lui vient en appui. C’est aussi parce qu’un membre du CSA, en l’occurrence Sylvie Pierre-Brossolette, va se ranger dans son camp, sans le montrer trop publiquement.
Soumise à une obligation d’impartialité, l’intéressée ne peut, certes, pas l’afficher ouvertement. Mais la vérité, c’est que Sylvie Pierre-Brossolette fait très vite son choix. Et ce choix a pour nom… Delphine Ernotte !
 
Et de cela, une anecdote en témoigne. Menant une campagne effrénée, l’un des candidats, Didier Quillot, rencontre comme tous ses rivaux les huit membres du CSA pour se présenter. Mais il demande aussi à rencontrer plus d’une centaine de personnalités de la vie publique parisienne, pensant que cela peut contribuer à assoir la légitimité de sa démarche et enrichir le projet qu’il prépare. Dans le lot, en passant par la communicante Anne Méaux, il demande à rencontrer le milliardaire François Pinault, pensant sans doute qu’il serait utile qu’il expose son ambition à un homme d’affaires influent, qui de surcroît est l’un des visiteurs du soir du chef de l’État.
 
Or, peu de temps après, surprise ! Le même Didier Quillot, selon un membre de son équipe, découvre que Delphine Ernotte a eu vent de sa démarche – allez savoir comment ! – et effectue la même. Mais cette fois, ce n’est pas Anne Méaux qui intervient ; c’est Sylvie Pierre-Brossolette qui demande à François Pinault, propriétaire de son ancien journal, Le Point, de recevoir la directrice générale d’Orange pour la France.
 
Et la rencontre a bel et bien lieu, le 14 ou le 15 avril. Interrogée par Mediapart, Sylvie Pierre-Brossolette a d’abord nié son intervention en faveur de Delphine Ernotte. Puis elle a marqué un blanc, quand nous lui avons précisé que nous connaissions très précisément le film de ces rencontres avec François Pinault.
Alors, notre interlocutrice s’est reprise et a admis à demi-mot son rôle. Se résignant à nous confirmer qu’elle avait déjeuné avec François Pinault le 9 mars, et qu’à cette occasion la rencontre entre le milliardaire et Didier Quillot avait été évoquée, elle nous a expliqué qu’il avait été effectivement envisagé que l’homme d’affaires rencontre d’autres candidats. Mais dire qu’elle a joué un rôle dans l’organisation de la rencontre qui s’en est suivie avec Delphine Ernotte, « c’est un raccourci », nous a dit Sylvie Pierre-Brossolette, qui nous a répété plusieurs fois la même formule : « C’était juste des propos de table » ; « C’était juste des propos de déjeuner ».
La communicante habituelle de François Pinault, Anne Méaux, nous a, de son côté, confirmé qu’elle n’avait joué aucun rôle dans l’organisation de la rencontre Pinault-Ernotte.....
 
* Acte V – Le plagiat du projet de Didier Quillot ( pages 7,8,9 et 10 /12)
 
Cette étonnante mésaventure n’est pas la seule que connaît Didier Quillot pendant sa campagne. Il va lui en advenir une autre encore plus stupéfiante mais il ne découvrira le pot aux roses qu’au lendemain de la désignation de Delphine Ernotte au poste de PDG de France Télévisions : celle-ci s’est faite élire par les membres du CSA en défendant un projet – aussi invraisemblable que cela soit – qui a été en partie… plagié sur le sien !
 
Comment une telle chose a-t-elle pu être possible ? C’est Xavier Couture qui nous a mis involontairement sur la piste. Comme nous l’interrogions sur les similitudes nombreuses, pointées par plusieurs médias, entre le projet de Delphine Ernotte et celui de Didier Quillot, notre interlocuteur nous a d’abord fait observer qu’il n’y avait à cela rien que de très normal. Comme il en va de la télévision publique et que les ambitions de l’État tout comme celle du CSA sont affichées, il est logique, nous a-t-il d’abord fait valoir, qu’il y ait des points communs d’un projet à l’autre. Mais dans la foulée, Xavier Couture a poursuivi, en nous faisant ces commentaires complémentaires qui nous ont intrigué : « Je peux assurer que Delphine Ernotte n’a pas été destinataire du moindre document provenant de Didier Quillot. Si quelqu’un met en cause mon honnêteté, il aura affaire à moi. »
 
Que pouvaient bien vouloir dire ces mots énigmatiques ? En poursuivant notre enquête, nous avons fini par trouver la réponse. En fait, comme on l’a vu, Xavier Couture est, au début, dans le staff qui accompagne la candidature de Didier Quillot. Mais quand Delphine Ernotte déclare la sienne, il change de camp et la rejoint. Et ce transfert est à l’origine d’un quiproquo. Quand il adresse à tous ceux qui l’ont aidé le projet définitif qu’ils ont mis au point ensemble, Didier Quillot oublie que dans le mail groupé figure aussi l’adresse mail de Xavier Couture.
 
Selon un membre de l’équipe de Didier Guillot qui a accepté de nous transmettre les va-et-vient de mails, son champion essaie sur le champ de réparer la gaffe. Aussitôt, le 16 mars à 9h22, Didier Quillot adresse donc un second mail à Xavier Couture : « Xavier, je viens te t'envoyer par erreur (ou est-ce un acte manqué) mon projet définitif. Je te demande instamment de le détruire de ta boite mail. Je t'embrasse. Didier. » La réponse arrive presque une heure plus tard, à 10h19 : « J’ai ce mail mais pas l’autre, je te tiens au courant, le cloud Apple se fait désirer. Xavier Couture. » En somme, le supporter de Delphine Ernotte assure sur un ton moqueur qu’il n’a pas reçu le premier mail ni la précieuse pièce jointe qu’il contenait. À moins qu’il ne veuille faire comprendre sur un ton badin que le fameux document est déjà oublié.
 
Médiapart publiera [pour étayer son enquête, ndlr] ces échanges de mails, tels qu'un membre de l'équipe de Didier Quillot a accepté confidentiellement de les transmettre....
 
 

Le 13 mai dernier, le blog CGC Média publiait un post intitulé "Le SNPCA-CGC étudie les voies judiciaires pour contester la procédure opaque imposée par Olivier Schrameck au CSA"...article intervenu juste après la publication du "Canard enchaîné" de ce mercredi 13 mai 2015.

Nul doute à présent que cet  article de Médiapart  en tête  comme tous ceux qui sont sortis depuis ces 3 dernières semaines concernant cette affaire qu'une large majorité d'observateurs n'hésite plus à qualifier de "scandale d'État" fournira les bases d'une ou plusieurs plaintes en Justice comme de d'un ou plusieurs recours d'ailleurs  et /ou toute commission d'enquête parlementaire qu'y s'y rapporteront.
 

samedi 16 mai 2015

Médiapart révèle le pot aux roses sur un scandale d’État qui ne peut rester sans réponse...Démission immédiate de Schrameck et consort mais aussi, nullité de la procédure de désignation pour France Télé.

Le 13 mai dernier, voilà à peine 3 jours, le blog CGC Média publiait un post intitulé "Le SNPCA-CGC étudie les voies judiciaires pour contester la procédure opaque imposée par Olivier Schrameck au CSA".

Cet article intervenait juste après la publication du "Canard enchaîné" de ce mercredi 13 mai 2015.


Le blog CGC Média d'indiquer que le SNPCA-CGC qui a déjà porté plainte pour, entre autres, "favoritisme" dans ce qu'il est convenu d'appeler "le volet France Télévisions de l'affaire Bygmalion" - en réalité beaucoup plus large car visant tout un tas de contrats passés sans appel d'offres - avait officiellement mandaté son avocat afin qu'il réfléchisse aux actions judiciaires possibles pour contester l'intégralité de ce "boulet de plus en plus lourdingue que traîne le CSA" (sic).

Le blog CGC Média concluait: "L’affaire que certains n'hésitent plus à qualifier de "scandale d’État" est donc loin d'être close..."

Le fait est qu'il n'aura donc pas fallu attendre longtemps.

Si depuis quelques jours, les suppléments "télé" de plusieurs magazines sont largement revenus sur cette "mascarade, simulacre, pantalonnade....d'élection" qui a l'évidence enfreint les sacrosaints principes d'égalité de traitement des candidats à toute élection dite démocratique, c'est Médiapart qui entre autres avait mis à jour l'affaire Cahuzac entraînant alors  sa démission, qui avec un article signé Laurent Mauduit au titre sans équivoque révèle, à présent, le pot au roses: "
France Télévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités".

L'enquête de 12 pages qui fait froid dans le dos, débute ainsi:

"La désignation par le Conseil supérieur d'audiovisuel de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions a été émaillée de plusieurs irrégularités.
 
Manquement aux règles d'équité de la part d'un membre du CSA, plagiat du projet d'un candidat rival : notre enquête révèle les intrigues qui ont porté à la tête du groupe public une personnalité qui n'a aucune compétence télévisuelle.

Dans un grand pays comme la France, qui se targue d’être régi par des règle dignes d’un État de droit, est-il concevable qu’une personnalité qui ne connaît strictement rien aux métiers télévisuels soit portée à la présidence du plus grand groupe de télévision publique, maison commune qui est censée appartenir au peuple tout entier ?


Est-il concevable que la nomination du PDG de France Télévisions se passe à huis clos, entre intrigues, jeux d’influences dans les coulisses du pouvoir et des milieux d’affaires et ne donne donc pas lieu au grand débat public que les citoyens seraient en droit d’attendre ? Est-il admissible que ce débat soit confisqué par un petit clan qui, au terme de conciliabules, parvient à faire nommer celle qu’il a choisie comme favorite, sans doute longtemps à l’avance ?