Si France Télévisions était un particulier, elle serait déjà convoquée devant la commission de surendettement : dossier rouge...huissiers en approche, cartes et comptes bancaires gelées et plan de redressement forcé.
En réalité France Télévisions, c’est environ 69 millions de particuliers donc le groupe public devrait être en redressement judiciaire depuis longtemps pour avoir tapé sans vergogne dans les poches des Français avec Ernotte en grande dépensière.
Etat des lieux catastrophiques et endettement maximum.
Capitaux propres fondus de 294 à 179 millions d’euros (estimés autour de 100 millions d’euros seulement à la fin de cette année), inférieurs depuis des années à la moitié du capital social. Trésorerie qui a plongé de plus de 100 millions en une seule année. Déficits nets cumulés de 81 millions entre 2017 et 2024 — et il s’agit bien des comptes consolidés du groupe France Télévisions, pas de France Télévisions SA : la société anonyme, elle, affichait déjà un déficit cumulé de 256 millions d’euros sur la même période, et la dégradation se poursuit avec quasiment 300 millions fin 2026). Budget 2025 encore dans le rouge et en numéro bien huilé, des emprunts successifs auprès de l’Agence France Trésor : 70 millions contractés en 2020 (remboursés fin 2024), puis une nouvelle avance de 50 millions octroyée en mai 2025, à rembourser mi-avril 2027. Sans parler des prêts immobiliers tirés auprès de la Banque des Territoires et via des filiales. Residualité estimée aujourd’hui : au moins ces 50 millions encore dus à l’AFT, plus les tirages en cours sur les prêts longs.
Le gros hic c’est que France Télévisions, redisons le c’est près de 70 millions de particuliers. C’est vous. C’est nous. C’est plus que le contribuable français, dernier recensement depuis que l’État a décidé de financer l’audiovisuel public avec une fraction de la TVA.
Chaque année quoi qu’en dise, France Télévisions reçoit plus de 2,5 milliards d’euros d’argent public. Elle a le quasi-monopole de mission de service public. On lui permet de s’endetter auprès de l’État lui-même quand la trésorerie s’évapore, les capitaux propres fonde comme neige au soleil, le cadre social reste figé, la masse salariale avec toutes les nominations qu’elle a effectuées a pris quelques 20% depuis son parachutages en 2015 et que les organes de contrôle de l’État ne font qu’alerter depuis des mois à la situation « critique », « non soutenable », menaçant même la dissolution avant fin 2026 si l’État actionnaire ne bouge pas.
Quelle exemplarité. Quelle honte, oui ! Celle qu’Emmanuel Macron qualifiait de « honte de la République dès 2017…
Un particulier dans cet état se ferait coller un plan de remboursement strict, une interdiction d’emprunter et un suivi judiciaire. France Télévisions, elle, continue. Avec notre argent. Avec notre signature. Avec notre silence.
70 millions de cautions solidaires pour une entreprise publique qui consomme, emprunte, dévisse et recommence…Bravo au binôme de circonstance !
Les chiffres
Dans le rapport de la Cour des comptes (observations définitives sur France Télévisions, exercices 2017-2024, délibéré le 10 juillet 2025 et publié en septembre 2025), le principal prêt/emprunt explicitement détaillé est une avance/emprunt de trésorerie auprès de l’Agence France Trésor (AFT). ccomptes.fr
1) Détails de l’emprunt AFT mentionné par la Cour des comptes
• Montant : environ 70 M€ contractés en 2020 (parfois décrit comme un emprunt de 70 M€ ; capital restant dû de 50 M€ au 31/12/2021).
• Auprès de qui : Agence France Trésor (organisme public gérant la dette de l’État).
• Durée / échéance : avance à long terme portant intérêt à taux fixe, remboursable au plus tard le 31 décembre 2024. Elle a donc couru sur environ 4 ans (2020-2024).
• Contexte : contracté en 2020 pour sécuriser la liquidité, notamment pour financer une partie (environ un tiers) du coût de la rupture conventionnelle collective (RCC) / plan de recomposition des effectifs, dans un contexte de crise sanitaire et d’investissements.
• Effet : il a créé un « effet de trompe-l’œil » en masquant la dégradation réelle de la trésorerie jusqu’en 2022. La forte baisse de trésorerie en 2024 (environ -109 M€) incluait le remboursement d’environ 50 M€ de cet emprunt. ccomptes.fr
La Cour note que France Télévisions, classée comme ODAC (organisme divers d’administration centrale), ne peut plus emprunter à plus de 12 mois auprès de banques privées, mais peut le faire auprès d’organismes publics (AFT, Caisse des dépôts et consignations / Banque des Territoires). assemblee-nationale.fr
Le rapport de la Cour évoque aussi plus largement des dettes financières au bilan (environ 165 M€ fin 2024 pour la SA France Télévisions) et le recours à des lignes de crédit bancaires pour gérer les variations de trésorerie intra-annuelles, mais sans détailler d’autres prêts de long terme spécifiques sur la période 2017-2024 au-delà de celui de l’AFT. ccomptes.fr
Éléments complémentaires (postérieurs ou connexes, hors strictement le rapport 2017-2024 de la Cour)
Des documents plus récents (dont le rapport annuel 2025 de France Télévisions) mentionnent :
• Une nouvelle avance à long terme de 50 M€ de l’État via l’AFT, octroyée en mai 2025, à taux fixe, échéance mi-avril 2027 (environ 2 ans).
• Un prêt immobilier de 10,8 M€ de la Banque des Territoires (CDC), à taux variable, durée 15 ans (tiré à 1,1 M€ fin 2025).
• Un prêt immobilier de 15,5 M€ (filiale V Studio Immo / France.tv Studio) pour des studios à Vendargues (projet France 2030), à taux variable, durée 17 ans (tiré à 6,8 M€ fin 2025). static.francetelevisions.fr
Ces derniers n’apparaissent pas dans le rapport de la Cour portant sur 2017-2024.
2) Rapport de l’Inspection générale des il finances (IGF)
Le rapport principal de l’IGF concerné est celui de novembre 2024 (« Accompagnement de la transformation de France Télévisions et Radio France »). Il se concentre surtout sur la trajectoire financière, le besoin de financement estimé à 200 M€ (dont une partie non couverte, environ 145 M€ à horizon 2028 selon l’IGF), le plan d’économies/productivité de France Télévisions, le cadre social, les mutualisations et la transformation numérique. Il ne détaille pas de manière exhaustive une liste de prêts spécifiques comparable à celle de la Cour sur l’emprunt AFT 2020. Il alerte cependant sur le risque que l’entreprise n’ait pas les moyens de financer sa transformation et insiste sur la nécessité d’économies structurelles et d’une culture de l’efficience. igf.finances.gouv.fr
En résumé, le prêt le plus clairement mis en avant dans le rapport de la Cour est l’avance AFT de ~70 M€ (2020-fin 2024). Les deux instances convergent sur l’urgence de redresser durablement les finances (capitaux propres, trésorerie, charges) via des réformes structurelles et un soutien/clarification de l’État actionnaire, plutôt que sur un simple recours supplémentaire à l’endettement... qui soit dit en passant ne viendra pas vu l’état de délabrement du Pays !

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