
lundi 7 juillet 2014
samedi 5 juillet 2014
La volonté des administrateurs de France télé de se constituer partie civile dans l'affaire Bygmalion est incompatible avec le maintien de Pflimlin
Une dépêche AFP du 4 juillet , indiquait que dans "l'affaire Bygmalion: France Télévisions voulait se constituer partie civile"
L'AFP d'indiquer "France Télévisions va se constituer partie civile dans l'affaire Bygmalion et l'annoncera à son Conseil d'administration le 10 juillet", a-t-on expliqué à France Télévisions."
"A-t-on expliqué à France Télévisions"..."On" l'a expliqué, "On" l'a confirmé...mais qui est ce "On" ? "On" marche sur la tête !
Hallucinant, invraisemblable, il n'y a probablement pas assez de mots pour cette incroyable annonce. Pflimlin placé sous statut de témoin assisté par le juge Renaud van Ruymbeke, n'espère tout de même pas avec une ficelle aussi grosse, passer pour une victime ? Non, pas sérieusement ?
"Constitution de partie civile logique mais très tardive", a réagi auprès de l'AFP Maître Pierre-Olivier Lambert, l'avocat du syndicat des médias SNPCA-CGC, qui a déclenché l'affaire en portant plainte, en ajoutant tout de même une phrase qui a judiciairement toute son importance "La vraie question, c'est que va faire le président de France Télévisions, qui est témoin assisté et donc en situation possible de conflit d'intérêts?".
C'est évident....
Une explication simple s'impose .
1) Le Conseil d'Administration de chaque société est son organe de décision. C'est dit.
2) Le Conseil d'Administration de France Télévisions qui pour avoir accès au dossier (il semble bien que les administrateurs aient découvert tous ces contrats dont parle la presse unanime comme l'Express (*) du 4/07/14), propose le 10 juillet prochain, d'adopter une "résolution" lui permettant de se constituer partie civile dans l'affaire Bygmalion instruite par le juge Renaud Van Ruymbeke, peut donc en théorie agir de la sorte !
3) Seulement voila, le président du Conseil d'Administration qui est seul en qualité de représentant légal de l'entreprise à porter cette constitution de partie civile, est lui-même visé par la plainte puisque déjà placé sous statut de témoin assisté par le juge dans le cadre d'un volet de l'instruction.
4) Personne n'imagine qu'un juge puisse juger recevable la constitution de partie civile de celui qu'il vient de placer sous statut de témoin assisté, statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen....la question du "conflit d'intérêt" comme le souligne pertinemment Maître Lambert, se posant le plus logiquement qui soit.
5) En l'espèce, la constitution de partie civile reviendrait à exclure du Conseil d'Administration de France Télévisions celui qui est dans une telle situation...on ne peut évidemment pas être visé par une procédure judiciaire et se constituer partie civile dans la même procédure contre soi-même !!!! C'est élémentaire, mon cher Watson.
6) Le Conseil d'Administration de France Télévisions en adoptant une telle mesure, exclut de fait Pflimlin de cette constitution de partie civile....du coup, il y a là un méga hic. Le représentant légal de France Télé c'est Pflimlin, le président du conseil qui ne peut se constituer contre lui-même !!!!! Pflimlin ne peut donc pas rester membre du Conseil d'Administration...il en est de facto démissionné.
7) Et là, autre "big problème"....le conseil ne peut élire un autre président car c'est le CSA qui légalement procède à cette désignation et non le Conseil qui coopterait un de ses membres... Pflimlin ne peut donc plus rester Président de France Télévisions avec une telle démarche.
(*)
Pourquoi Rémy Pflimlin a été entendu par Renaud Van Ruymbeke
Par Hélaine Lefrançois, publié le
L'actuel président de France Télévisions a été entendu comme témoin assisté dans le volet de l'affaire Bygmalion qui touche le service public. C'est l'occasion de faire un point.
Rémy Pflimlin a été entendu par le juge Renaud van Ruymbeke dans l'affaire Bygmalion.
Dans l'ombre du volet politique de l'affaire Bygmalion, l'enquête sur les contrats passés entre France Télévisions et la société avance. Rémy Pflimlin a rendu une visite au juge Renaud Van Ruymbeke jeudi.
Entendu en tant que témoin assisté, l'actuel président de France Télévisions récolte les miettes de son prédécesseur Patrick de Carolis, mis en examen pour "favoritisme". L'ancien présentateur des Racines et des ailes aurait avantagé la société Bygmalion, dirigée alors par Bastien Millot, également mis en examen pour "recel de favoritisme". Selon Le Point, il aurait reçu près de 120 000 euros de rétrocommissions ce dont il se défend.
Héritage de contrats juteux
Le problème? Rémy Pflimlin, en poste depuis 2010, a continué à faire appel à Bygmalion et a signé plusieurs contrats juteux. Les contrats en question sont de différentes natures.
Ainsi la société de Bastien Millot, sous les présidences de Patrick de Carolis et Rémy Pflimlin, aurait été chargée des missions suivantes:
-Gérer le courrier des téléspectateurs. France Télévisions a dépensé 165 000 euros entre 2008 et 2010 et 180 000 euros entre 2011 et 2013.
- Mesurer l'e-reputation, afin de jauger l'image de la télévision publique sur les réseaux sociaux: 194 060 euros sous la présidence de Carolis et 150 000 euros sous celle de Pflimlin.
- Réaliser une image d'étude du groupe.
- Réaliser un accompagnement stratégique. Cette prestation est assurée à partir de 2010 par BM Consulting (BM pour Bastien Millot) avec qui Martin Ajdari a signé un contrat le 1er octobre. L'ancien secrétaire général du groupe, qui a été entendu par le juge van Ruymbeke, a depuis pris la poudre d'escampette pour la direction du cabinet d'Aurélie Filippetti.
- Mettre à jour le site internet et mettre en place d'un dispositif de veille en 2008.
- Rédiger du discours du président en 2009, préparer un dossier et des éléments de langage en 2009 et 2010.
- France Télévisions Publicité aurait également facturé des contrats à hauteur de 490.360€ de 2009 à 2010 et 468.832€ jusqu'en 2013.
Dans cette affaire, les protagonistes de cette association entre Bygmalion et France Télévisions se renvoient la balle de la responsabilité. Un orage judiciaire menace de faire exploser le groupe public, tout comme l'UMP.
vendredi 4 juillet 2014
Pflimlin témoin assisté dans l'affaire Bygmalion ne dispose plus d'aucun soutien...sa démission est ineluctable.
Au moment où le blog CGC Média publiait son article "L'État ne peut laisser Pflimlin en place...sa démission devrait intervenir avant le 10 juillet !", le journaliste de L'express Renaud Revel dans sa rubrique "Immédias" enfonçais le clou.
Chacun aura dès lors compris que France Télévisions ce n'est donc PAS - voire PLUS - Pflimlin dorénavant témoin assisté dans le cadre de l'instruction judiciaire menée suite à la plainte du SNPCA-CGC. Le successeur de Carolis mis lui en examen, n'est donc plus soutenu par personne....son départ est imminent.
Voici ce qu'écrit Renaud Revel "Un certain nombre d’administrateurs de France Télévisions ne comprennent pas l’attitude de Rémy Pflimlin dans l’affaire Bygmalion.
Entendu hier par le juge Renaud Van Ruymbeke, le PDG de l’entreprise a dû s’expliquer sur la kyrielle de contrats passés avec l’ex-société de Bastien Millot. Or beaucoup regrettent et s’étonnent que France Télévisions ne se soit toujours pas portée partie civile dans cette affaire.
C’est ainsi qu’à l’occasion du prochain Conseil d’administration, du 11 juillet, plusieurs administrateurs vont exiger que soit soumis au vote cette question. Et qu’une action en justice soit engagée, afin de faire toute la lumière sur une affaire qui entache l’image et l’honorabilité, non seulement de l’entreprise, mais de ses dirigeants. Lesquels flirtent depuis des mois avec la vérité, en taisant ce que la presse a révélé au fil dessemaines : à savoir, des liens plus que ténus entre la maison France Télés et la société à l’origine de l’implosion de l’UMP."
Entendu hier par le juge Renaud Van Ruymbeke, le PDG de l’entreprise a dû s’expliquer sur la kyrielle de contrats passés avec l’ex-société de Bastien Millot. Or beaucoup regrettent et s’étonnent que France Télévisions ne se soit toujours pas portée partie civile dans cette affaire.
C’est ainsi qu’à l’occasion du prochain Conseil d’administration, du 11 juillet, plusieurs administrateurs vont exiger que soit soumis au vote cette question. Et qu’une action en justice soit engagée, afin de faire toute la lumière sur une affaire qui entache l’image et l’honorabilité, non seulement de l’entreprise, mais de ses dirigeants. Lesquels flirtent depuis des mois avec la vérité, en taisant ce que la presse a révélé au fil dessemaines : à savoir, des liens plus que ténus entre la maison France Télés et la société à l’origine de l’implosion de l’UMP."
L'État ne peut laisser Pflimlin en place....sa "démission" devrait intervenir avant le 10 juillet!
Le Conseil d'administration de France Télé qui se réunit le 10 juillet prochain pourrait être l'occasion pour Pflimlin d'y annoncer sa démission plutôt comme que d'y être contraint, mis en minorité par les administrateurs.
En effet, son audition hier chez le juge Van Ruymbeke sous statut de témoin assisté- statut qui peut évoluer à n'importe quel moment de l'instruction judiciaire (*) - marque comme l'écrit "Le Nouvel Obs" dans son article "Affaire Bygmalion : pourquoi Rémy Pflimlin a été entendu par la justice" un véritable "tournant". (¤ article en bas de post)
(*) "Le statut de témoin assisté, propre au droit français, introduit en 1987 et encadré par la loi sur la présomption d'innocence (2000), vise d'une part au respect de la présomption d'innocence, en retardant[1] la mise en examen d'une personne, bien qu'elle soit considérée comme n'étant pas complètement extérieure à l'infraction, et d'autre part, à garantir les droits de cette personne qui pourrait par la suite être mise en examen."
Montant de la mission d’une durée d’un an : 150.000 euros. [Non 215.280€ nets, ndlr] Un contrat qui aurait, lui-aussi, été accordé sans mise en concurrence. Selon une source interne à France Télévisions, ce contrat consistait notamment à assister le nouveau secrétaire général de l’entreprise, Yves Rolland, dans le travail de relationnel et de lobbying auprès des politiques. Le juge aurait été informé de son existence dès le début de son enquête.
Une semaine après ces premières révélations, "Le Canard Enchaîné" exhumait cependant deux nouveaux contrats embarrassants. Toujours pour le même type de prestations mais, cette fois-ci, réalisées par Bygmalion pour le compte de France Télévisions Publicité, la régie publicitaire du groupe entre 2009 et 2013. Soit sous la présidence de Patrick de Carolis mais également sous celle de Rémy Pflimlin. Montant total des prestations : près d’un million d’euros !
A son arrivée, fin août 2012, son successeur à la tête de la régie, Daniel Saada, avait d’ailleurs mis fin au dernier contrat encore en vigueur. D’un strict point de vue comptable, sur la base des prestations connues à ce jour, France Culture évaluait récemment l’ensemble des contrats passés entre France Télévisions et Bygmalion à 2.2 millions d’euros. Dont 1.2 million sous Carolis et 1 million sous Pflimlin. "Il est à craindre que le juge mette à jour un véritable système de favoritisme au sein de France Télévisions en faveur de certains prestataires, notamment Bygmalion", affirme Pierre-Olivier Lambert, l'avocat du syndicat CGC-Médias à l'origine de la plainte.
Se dirige-t-on vers une éventuelle mise en examen de Rémy Pflimlin ? Dans ce dossier, Martin Ajdari, ex-secrétaire général de France Télévisions avant de rejoindre récemment le cabinet d’Aurélie Filippetti, a été entendu à deux reprises comme témoin assisté. Il est toutefois ressorti du bureau du juge sans notification de mise en examen. "Etre mis en examen, ce n'est pas être coupable", répondait au "Monde" l'actuel PDG de France Télévisions, le 6 juin dernier, après la décision de Patrick de Carolis de se retirer de l’antenne le temps de l’enquête. "Mais l'affaire Bygmalion a une résonance particulière qu'il faut prendre en compte." Des propos prémonitoires ?"
Alors même que Pflimlin a prévu de consulter les administrateurs sur les comptes de France Télévisions, ces derniers en lui donnant quitus valideraient simplement la gestion catastrophique de l'intéressé qui en réalité place aujourd'hui France Télévisions en situation de quasi faillite comme cela avait été le cas à Presstalis mais surtout le déchargeraient de ses responsabilités, en assumant collégialement donc pour chacun d'entre eux, l'entière coresponsabilité juridique et pénale de turpitudes révélées ou qui pourraient encore l'être !!!!
Autrement dit, la douzaine de prestations facturées par Bygmalion sous la présidence Pflimlin de 2010 à 2013, plus particulièrement le contrat signé le 1er octobre 2010 avec BM Consulting et Millot dont il avait oublié de parler aux élus de France Télé comme au journaliste du Monde qui, le 6 juin dernier, ne lui avait pas posé la bonne question et dont visiblement, ni le Contrôle d'État, ni les administrateurs n'avaient non plus connaissance, pourront juridiquement en cas de validation des comptes, leur être reprochés.
Les 215.280€ nets sur 12 mois (soit 12 fois 17.940 €) que France Télé a payés à Millot et qui correspondent quasiment à un an de son salaire au poste de directeur qu'il laissait en démissionnant donc n'ayant droit à aucune indemnité, ne sont effectivement pas sans poser toute une série de questions nouvelles concernant l'utilisation de fonds publics!
Tout cela sans parler des pertes abyssales "connues" pour lesquels Pflimlin demande "approbation" qui place aujourd'hui le groupe au bord de la faillite comme le blog CGC Médai l'avait révélé dans son récent article du 2 juillet "Que les administrateurs donnent quitus à la catastrophique gestion de Pflimlin et l’État mais aussi les pouvoirs publics porteront la lourde responsabilité de l'implosion de la télé publique".
Le Code du commerce - Article L223-42 Modifié par Loi n°2003-721 du 1 août 2003 - art. 1 JORF 5 août 2003 - est d'ailleurs très clair " Si, du fait de pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société deviennent inférieurs à la moitié du capital social, les associés décident, dans les quatre mois qui suivent l'approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte s'il y a lieu à dissolution anticipée de la société."
En l'occurrence pour 2013 c'est déjà plus d'un quart des capitaux propres sont détruits et il y a fort à penser, au regard des prévisions, que cette moitié des capitaux propres entraînant , selon les textes en vigueur, la dissolution de l'entreprise soit bien soit bien atteinte en 2014. Les administrateurs engageront donc, le cas échéant, leur responsabilité propres donc leur responsabilité pénale, s'ils devaient donner quitus à Pflilmin qu'ils laveraient, de fait, de cette incommensurable mauvaise gestion et de la détérioration des capitaux propres pour 2013 qui aura certainement dépassé en 2014 les niveaux fixés par le Code du Commerce.
Certes la dissolution paraît peu probable du fait de l'actionnariat à 100% de l'État dans France Télévisions, mais pour une recapitalisation dans ce cas, une Assemblée Générale Extraordinaire des actionnaires (du Conseil d'Administration donc) est indispensable pour procéder à une augmentation augmenter des capitaux propres donc pour une recapitalisation de l'entreprise mais surtout Bruxelles devant donner son feu vert...ce qui est loin d'être acquis!
C'est de surcroit la crédibilité bancaire de l'entreprise et sa signature qui sont remis en cause...les banques appliquant des règles prudentielles liées à la qualité des comptes et au ratio des bilans , ne prête qu'en fonction de leur bonnes tenue!
En l'occurrence pour 2013 c'est déjà plus d'un quart des capitaux propres sont détruits et il y a fort à penser, au regard des prévisions, que cette moitié des capitaux propres entraînant , selon les textes en vigueur, la dissolution de l'entreprise soit bien soit bien atteinte en 2014. Les administrateurs engageront donc, le cas échéant, leur responsabilité propres donc leur responsabilité pénale, s'ils devaient donner quitus à Pflilmin qu'ils laveraient, de fait, de cette incommensurable mauvaise gestion et de la détérioration des capitaux propres pour 2013 qui aura certainement dépassé en 2014 les niveaux fixés par le Code du Commerce.
Certes la dissolution paraît peu probable du fait de l'actionnariat à 100% de l'État dans France Télévisions, mais pour une recapitalisation dans ce cas, une Assemblée Générale Extraordinaire des actionnaires (du Conseil d'Administration donc) est indispensable pour procéder à une augmentation augmenter des capitaux propres donc pour une recapitalisation de l'entreprise mais surtout Bruxelles devant donner son feu vert...ce qui est loin d'être acquis!
C'est de surcroit la crédibilité bancaire de l'entreprise et sa signature qui sont remis en cause...les banques appliquant des règles prudentielles liées à la qualité des comptes et au ratio des bilans , ne prête qu'en fonction de leur bonnes tenue!
Les administrateurs ne peuvent donc pas prendre le risque juridique donc pénal de tout cela...et quand bien même, ils prétexterait qu'ils sont nommés par l'État ou les pouvoirs publics donc parlent en leur nom, cela n'amoindrirait pas leur coresponsabilité ne faisant que les rendre solidaires des instances qui les ont nommés.
Les jours de Pflimlin semble désormais comptés....c'est pourquoi, la notion de service public de l'homme garant des intérêts de l'Etat devrait prévaloir et l'emporter avant même la séance du Conseil ....qu'il prenne exemple sur l'un de ses prédécesseurs à la tête de France Télé; Jean-Pierre Elkabbach, ni témoin assisté, ni mis en examen, qui avait en son temps démissionné de ses fonctions. (¤ article en bas de post)Affaire Bygmalion : pourquoi Rémy Pflimlin a été entendu par la justice
Par Vincent Monnier
Le PDG de France Télé a été entendu ce matin comme témoin assisté par le juge Van Ruymbeke dans l’enquête en cours sur les contrats passés entre le groupe public et Bygmalion.
Ce jeudi 3 juillet, France 2 présentait à la presse ses programmes de la rentrée. Un des dirigeants du groupe manquait à l'appel. Pas n'importe lequel : le premier d'entre eux. Au même moment, Rémy Pflimlin, le PDG de France Télévisions, était en effet entendu comme témoin assisté par le juge Renaud Van Ruymbeke dans l'affaire des contrats passées entre l'entreprise publique et Bygmalion, la société de Bastien Millot, déjà au coeur de la polémique dans une autre affaire, celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.
Le PDG de France Télé a été entendu ce matin comme témoin assisté par le juge Van Ruymbeke dans l’enquête en cours sur les contrats passés entre le groupe public et Bygmalion.
Ce jeudi 3 juillet, France 2 présentait à la presse ses programmes de la rentrée. Un des dirigeants du groupe manquait à l'appel. Pas n'importe lequel : le premier d'entre eux. Au même moment, Rémy Pflimlin, le PDG de France Télévisions, était en effet entendu comme témoin assisté par le juge Renaud Van Ruymbeke dans l'affaire des contrats passées entre l'entreprise publique et Bygmalion, la société de Bastien Millot, déjà au coeur de la polémique dans une autre affaire, celle des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy.
Un tournant dans l'affaire
Cette convocation marque un tournant. Jusqu’à présent, Rémy Pflimlin semblait relativement épargné par les remous de cette affaire. Initialement, celle-ci concernait des soupçons de favoritisme autour de contrats passés, sans mise en concurrence, sous la présidence de Carolis entre France Télévisions et Bygmalion pour des prestations de veille internet, courriers aux téléspectateurs, préparation de dossiers et d’éléments de langage ou de l’accompagnement stratégique.
En 2010, à l’arrivée de Rémy Pflimlin, une partie de ces contrats avait été arrêtée. Seules les prestations d’e-reputation et de réponses aux courriers des téléspectateurs, "jugées indispensables", avaient été maintenues. Après mise en concurrence, la première sera interrompue en 2012, la seconde en 2013. En outre, dès sa prise de fonction, Rémy Pflimlin demandait à Bastien Millot de démissionner pour mettre fin à une situation ambiguë.
A l'époque, celui-ci était toujours salarié de France Télévision. En 2008, il avait d’abord pris un congé sabbatique suivi en 2009 d’un congé création d’entreprise pour monter Bygmalion, tout en devenant prestataire de services pour France Télévisions avec cette même société. Bastien Millot démissionnera le 1er octobre 2010. De quoi mettre Pflimlin et l’actuelle direction à l’abri des ennuis judiciaires ?Des révélations embarrassantes
Certains le pensaient. Mais les révélations récentes du "Canard Enchaîné" ont jeté le trouble. Le 11 juin dernier, l’hebdomadaire révélait en effet l’existence d’un nouveau contrat passé sous la présidence Pflimlin entre l’entreprise publique et BM consulting, une société appartement à Bastien Millot. Celui-ci aurait été signé… le 1er octobre 2010. Le même jour, Bastien Millot signait donc d’une main sa lettre de démission et de l’autre un nouveau contrat avec son ex-employeur pour de "l’accompagnement stratégique", la "fourniture d’éléments de langage spécifiques" et "l’organisation de rendez-vous pour le compte de France Télévisions".Montant de la mission d’une durée d’un an : 150.000 euros. [Non 215.280€ nets, ndlr] Un contrat qui aurait, lui-aussi, été accordé sans mise en concurrence. Selon une source interne à France Télévisions, ce contrat consistait notamment à assister le nouveau secrétaire général de l’entreprise, Yves Rolland, dans le travail de relationnel et de lobbying auprès des politiques. Le juge aurait été informé de son existence dès le début de son enquête.
Une semaine après ces premières révélations, "Le Canard Enchaîné" exhumait cependant deux nouveaux contrats embarrassants. Toujours pour le même type de prestations mais, cette fois-ci, réalisées par Bygmalion pour le compte de France Télévisions Publicité, la régie publicitaire du groupe entre 2009 et 2013. Soit sous la présidence de Patrick de Carolis mais également sous celle de Rémy Pflimlin. Montant total des prestations : près d’un million d’euros !
Un million d'euros de contrats signés sous Pflimlin
Dans la foulée de ces révélations, du côté de France Télévisions, on tenait à rappeler que le directeur général de FTP, en tant que mandataire social de l’entreprise, peut signer des contrats sans en référer à la direction du groupe public. Autrement dit, à l’époque, le DG de la régie publicitaire, Philippe Santini, dont les relations avec Rémy Pflimlin ont toujours été tendues, aurait pris seul l’initiative de travailler avec Bygmalion.A son arrivée, fin août 2012, son successeur à la tête de la régie, Daniel Saada, avait d’ailleurs mis fin au dernier contrat encore en vigueur. D’un strict point de vue comptable, sur la base des prestations connues à ce jour, France Culture évaluait récemment l’ensemble des contrats passés entre France Télévisions et Bygmalion à 2.2 millions d’euros. Dont 1.2 million sous Carolis et 1 million sous Pflimlin. "Il est à craindre que le juge mette à jour un véritable système de favoritisme au sein de France Télévisions en faveur de certains prestataires, notamment Bygmalion", affirme Pierre-Olivier Lambert, l'avocat du syndicat CGC-Médias à l'origine de la plainte.
Se dirige-t-on vers une éventuelle mise en examen de Rémy Pflimlin ? Dans ce dossier, Martin Ajdari, ex-secrétaire général de France Télévisions avant de rejoindre récemment le cabinet d’Aurélie Filippetti, a été entendu à deux reprises comme témoin assisté. Il est toutefois ressorti du bureau du juge sans notification de mise en examen. "Etre mis en examen, ce n'est pas être coupable", répondait au "Monde" l'actuel PDG de France Télévisions, le 6 juin dernier, après la décision de Patrick de Carolis de se retirer de l’antenne le temps de l’enquête. "Mais l'affaire Bygmalion a une résonance particulière qu'il faut prendre en compte." Des propos prémonitoires ?"
jeudi 3 juillet 2014
Pflimlin nouveau témoin assisté dans le volet France télé de l'affaire Bygmalion. Son maintien à la tête de la télé publique, n'est plus possible.
Affaire Bygmalion, volet France Télévisions...un point sur le dossier:
L'article de Paris-Match publié ce jour (ci après) "Bygmalion: bons copains, mauvais comptes" résume bien la situation:
D'octobre
2008 à fin 2009, le groupe présidé par Copé a versé 1,5 millions d'euros à la jeune société, en règlement de diverses prestations: " veille et modération sur Internet", "kit souffrance au travail", "monitoring e-réputation"....
Déjà 4 mises en examen :
Carolis, Bygmalion, Millot et Camille Pascal
et 3 témoins assistés Damien Cuier et Ajdari déjà entendu deux fois.....et ce matin Pflimlin.
Hallucinant, c'est Patino le numéro 2 de Pflimlin qui l'a annoncé à l'AFP alors que le numéro 1 n'en parlait pas !!!!
Voici la dépêche AFP:
"PARIS, 3 juil 2014 (AFP) - Le président de France Télévisions Rémy Pflimlin est entendu jeudi par le juge Renaud Van Ruymbeke dans le cadre de l'affaire Bygmalion, a annoncé jeudi le directeur des programmes du groupe Bruno Patino, en marge de la conférence de rentrée de France 2.
France Télévisions avait dit en juin qu'il serait entendu comme témoin assisté, statut hybride entre celui de simple témoin et celui de mis en examen.
France Télévisions et sa filiale France Télévisions Publicité ont conclu plusieurs contrats avec la société de communication Bygmalion entre 2008 et 2012, qui ont commencé sous l'ex-PDG Patrick de Carolis, auquel Rémy Pflimlin a succédé en 2010. Selon Le Canard Enchaîné, ces contrats auraient totalisé près d'un million d'euros.
Patrick de Carolis a été mis en examen dans l'affaire pour soupçons de favoritisme, ainsi que l'ex-dirigeant de Bygmalion Bastien Millot, un proche de Jean-François Copé, qui a été directeur de la communication de France Télévisions sous Patrick de Carolis et a quitté France Télévisions en 2010.
Les prestations facturées par Bygmalion à l'UMP sont au centre d'une affaire qui met en cause les comptes du parti et ceux de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. Ce dernier a affirmé mercredi soir qu'il n'y avait "jamais eu le moindre système de double facturation" pour sa campagne présidentielle de 2012"
L'article de Paris-Match publié ce jour (ci après) "Bygmalion: bons copains, mauvais comptes" résume bien la situation:
"Selon la comptabilité que Paris match a consulté, le groupe UMP et France Télévisions ont constitué les trois quarts du chiffre d'affaires de Bygmalion (3,2 millions d'euros lors de son premier exercice).
D'octobre
2008 à fin 2009, le groupe présidé par Copé a versé 1,5 millions d'euros à la jeune société, en règlement de diverses prestations: " veille et modération sur Internet", "kit souffrance au travail", "monitoring e-réputation"....
Dans le même
temps, France Télévisions et sa régie publicitaire ont payé près de 800.000 €
à Bygmalion pour de la veille sur Internet ou de la gestion des e-mails
des téléspectateurs.
Les années suivantes, l'implication de ses généreux donneurs d'ordres ne s'est pas démenti. Au total depuis 2008 plus de 3,5 millions d'euros ont été réglés à Bygmalion par le groupe UMP au par l'Assemblée Nationale comme l'a révélé "Le Canard enchaîné".
Quant à France Télévisions, les factures dépassent 2 millions d'euros. Un dossier sur lequel le juge Van Ruymbeke enquête depuis un an et a déjà mis en examen Bastien Millot et Patrick de Carolis..."
Pflimlin entendu par le juge Renaud Van Ruymbeke sous statut de témoin assisté.
Selon le tweet de Itélé et nos propres inforamations, Plimlin a été placé sous statut de témoin assisté par le juge Renaud Van Ruymbeke et entendu ce jeudi dans le cadre du volet France Télévisions de l"affaire Bygmalion.
mercredi 2 juillet 2014
Schneiderman dans Libé évoque la prise de distance des journalites de FTV envers Pflimlin....comme l'ensemble des salariés du reste!
Au cas où les fidèles lecteurs du blog CGC Média aurait zappé la chronique de Daniel Scheinderman parue dans le Libé du 30 juin dernier (version papier) "Bygmalion: Carolis, conseilleur et payeur"
"CHRONIQUE
C’est toujours un spectacle exotique, de voir une chaîne de télévision évoquer ses propres malheurs et turpitudes, comme si de rien n’était, comme si elle parlait de quelqu’un d’autre. Ce soir, le 20 heures de France 2 propose donc une enquête sur l’affaire Bygmalion, et plus particulièrement, annonce Pujadas, sur son «volet médiatique». Tiens, tiens. On dresse l’oreille. Vont-ils donc «en» parler ? Mais oui ! Après quelques zakouski, voici qu’apparaît le visage de l’ex-PDG Patrick de Carolis. Plus de doute : l’enquête de France 2 aborde bien le volet France Télévisions.
Il était temps. Depuis deux mois que Carolis a été mis en examen pour favoritisme, le silence de son ex-chaîne allait finir par devenir bruyant. Contraint et forcé, dos au mur, Pujadas a donc fini par s’y résoudre. Evidemment, on n’entre pas dans les détails. En deux minutes chrono, forcément, on survole. Par exemple, si l’enquêteur a inséré dans son sujet un plan sur Carolis, la même offense n’est pas infligée à son successeur, le PDG en titre, Rémy Pflimlin. Il ne faut tout de même pas exagérer (même si Pflim-lin devait prochainement être entendu par le juge Van Ruymbeke). De même, le reportage de France 2 ne précise pas la nature du savoureux renvoi d’ascenseur reproché à Carolis : non seulement, il a couvert de contrats de conseil son ami Bastien Millot, fondateur de la célèbre entreprise Bygmalion, mais à peine a-t-il quitté France Télévisions, que Bygmalion faisait appel à lui pour… une mission de conseil, en vue de la création d’une chaîne de télé locale en Picardie (chacun sait que Carolis est un éminent spécialiste de la télé locale, et de la Picardie).
France 2 a ainsi privé ses téléspectateurs de détails fort divertissants. Car le plus stupéfiant, dans ce genre d’affaires, ce sont toujours les détails. Ainsi, l’équipe Pflimlin n’a pas eu besoin de Bygmalion pour passer avec Carolis des contrats cocasses. L’actuel PDG, par exemple, a fait appel à son prédecesseur pour une mission. Devinez de quoi ? De conseil, bien entendu. Et plus précisément, de conseils pour remonter les audiences de son ex-émission, Des racines et des ailes (précisons qu’à l’époque où Pflimlin le charge de cette mission de conseil, Carolis ne présente plus lui-même l’émission, mais continue de produire une partie de ses reportages, un tiers exactement). Ne demandez pas pourquoi Carolis produit encore un tiers des reportages, et pourquoi pas deux tiers, et pourquoi pas trois tiers ou même quatre, et pourquoi, au terme de cette «mission de conseil», Carolis va finir par revenir à la présentation de l’émission, ne demandez pas si le conseilleur Carolis a conseillé de ré-embaucher le présentateur Carolis, et si, c’est pour cela qu’il a été payé. Ne posez pas ces questions. Ce sont les joyeusetés de la télévision publique française, de ses dirigeants, de leurs pactes, de leurs strates, de leurs carrières d’ascensoristes. De toutes façons, au terme de cette mission de «conseil», les audiences remontent. Miracle.
Interrogée, la direction de France Télévisions répondrait sans doute que Carolis était le plus qualifié pour fournir une expertise sur Des racines et des ailes, comme Bastien Millot, fondateur de Bygmalion, était le plus qualifié pour donner des conseils de com, comme (apprend-on dans Marianne) le numéro 2 du groupe, Bruno Patino, vient de confier à son ex-coauteur, Jean-François Fogel, une mission de… conseil sur le pilotage numérique (120 780 euros pour 122 jours de travail soit 990 euros par jour, selon Marianne), sans aucun doute parce qu’il est le plus qualifié. Interrogée, elle répondrait sans doute aussi que ce système, dans lequel une poignée d’abonnés au manège sont, tour à tour, conseilleurs et payeurs, est vieux comme la télévision publique.
Reste une question : comment interpréter cette enquête de France 2 ? Faut-il en retenir le caractère tardif et limité, ou plutôt noter que, malgré tout, il s’est trouvé des hiérarques de la rédaction pour la commander, et la valider ?
Si Pflimlin y est explicitement ménagé, il n’est pas moins vrai qu’il y est implicitement désigné, sous la forme d’un long plan sur l’opaque façade du bâtiment de France Télévisions. Aussi bien, la diffusion de cette enquête par la rédaction peut-elle s’analyser comme un début de prise de distance des journalistes par rapport à leur président et, pour celui-ci, le commencement de la fin.
Le plus incroyable, c’est que l’on tente de décrypter ce reportage comme, naguère, on scrutait les entrefilets et les omissions de la Pravda, alors qu’informer sur les médias devrait être, simplement, une forme de journalisme comme une autre."
Que les administrateurs donnent quitus à la catastrophique gestion de Pflimlin et l’État mais aussi les pouvoirs publics porteront la lourde responsabilité de l'implosion de la télé publique
Le 10 juillet prochain,
Pflimlin pense une fois encore enfumer le Conseil d’Administration.
Ce que l’État actionnaire et les administrateurs de France Télévisions doivent
savoir sur le bilan, les comptes sociaux et le compte de résultat 2013.
Pour la quatrième année consécutive depuis qu’il a été nommé par
Nicolas Sarkozy en été 2010 à France Télé après avoir laissé en situation de
quasi faillite la société Presstalis qu’il quittait, Pflimlin n’aura donc pas présenté les comptes de l’entreprise au 30
juin comme la loi le prévoit pourtant.
Comme elle avait raison, la députée Martine Martinel qui, en 2011
et surtout en 2012 dans son dernier rapport sur France Télévisions parlait « d’hypocrisie
et d’insincérité » !
Le blog CGC Média avant que
ne se réunisse très vite maintenant le comité d’audit, a décidé de livrer
quelques données utiles qui permettront de l’éclairer comme d’éclairer les administrateurs
qui y siègent et devront se prononcer en C.A. la semaine prochaine.
Tout d'abord « l'actif ».
Le total de l’actif immobilisé baisse de 13 M€ de 2012 à 2013.
Cette baisse masque en réalité deux phénomènes: une augmentation forte des dépenses en
logiciels et une réduction dramatique des investissements en programmes et en
matériels techniques.
Sur 2013, les
investissements en logiciels ont ainsi augmenté de 16M€ sur un an
avec les résultats calamiteux que connaît France Télé depuis 5 ans, sur entre autres, les logiciels RH (Papyrhus) et de gestion
(Ariane)… c
Chaque année pourtant depuis 2010, Pflimlin promet « un
parfait fonctionnement à venir » moyennant quelques investissements
supplémentaires qui ressemblent plus au tonneau des Danaïdes qu’à une performance
reconnue….à ce train-là le Siège
d’Oracle sera probablement intégralement financé.
Mais surtout, cette baisse traduit une réduction marquée des investissements dans les programmes et
les installations techniques et matérielles (qui sont les valeurs patrimoniales
de la télévision) qui font cruellement défaut à l’entreprise actuellement.
Ainsi, chacun pourra toujours constater que le parc de caméras de
reportages n’est toujours pas intégralement en HD (cela se voit évidemment sur
les JT du soir à titre d’exemple exemple
par rapport à TF1) ou encore que les
bancs de montages ne sont encore pas tous compatibles avec la « full HD »
(H.264) alors même que le futur repose maintenant sur la 4K (H.265) !
La direction a beau pérorer sur les innovations de France
télévisions en matière de numérique, flambant ainsi le budget de l’État dans
des stands de domotique du futur…la
mission actuelle qui est demandée à France TV (à savoir offrir un service de qualité) n’est toujours pas assurée du
fait d’une étrange priorisation des dépenses budgétaires.
Le parc
matériel et technologique baisse donc en valeur de 4M€, tandis que les stocks
de programmes reculent, eux, de 6 M€.
Le plus
inquiétant réside sans doute dans la sincérité de ces chiffres comme l’avait, du reste,
souligné justement un récent comité d’Audit par la voix de Christophe Beaux.
Comme pour
les comptes 2011 dont les niveaux de provisions et dépréciations respiraient
plus « le jeu d’écriture » comptable que la véritable estimation des
stocks de
programmes, ceci afin de réduire la
perte d’exploitation initialement évaluée à-60M€, il semblerait que pour 2013 encore, les amortissements et dépréciations
de programmes aient été sérieusement sous-évalués.
En effet,
le niveau d’amortissement de programmes en 2013 chute de 55 M€ par rapport à
2012.
Bizarre vous avez-dit bizarre, comme c’est étrange…
Il y a fort
à parier que « la valeur patrimoniale » du stock de programmes est
inférieure d’une bonne cinquantaine de millions à ce qui est indiqué dans le
bilan.
Ainsi, à amortissements et périmètre comparable à 2012, le stock de programmes serait non pas
en baisse de 6M€ mais de 62M€ !!
Et comme il faudra tôt ou tard constater la valeur réelle des
nanars achetés par l’équipe en place, Pflimlin le numéro 1 et Patino le numéro
2 et dont chacun imagine bien qu’ils n’auront pas été dépréciés comptablement, c’est le successeur de Pflimlin qui s’y
collera avec un bon paquet de millions (60 à 70) à passer en pertes en 2015.
Merci qui ?
« Le passif» de l’entreprise, ensuite.
Que nous apprend-t-il ? Beaucoup de choses en réalité.
Les
capitaux propres fondent au soleil (-118M€) soit le quart des capitaux partis
en fumée en 1 an.
Les
provisions pour risques et charges explosent : +80 M€ !
Les profanes
pourraient se dire que ces 80M€ sont le fait de la provision des indemnités dues au Plan de Départs
Volontaires (en retraite pour une bonne partie) ! Il n’en est rien…non,
il s’agit essentiellement de provisions pour « risques » (+70M€).
Quels sont
ces risques ?
France
Télévisions se garde bien de le dire mais il suffira de se référer à l’explosion du nombre des contentieux
prud’homaux pour se douter que ces 70M€ correspondent aux montant que devra
débourser FTV pour sa gestion sociale calamiteuse autant qu’irresponsable du
plan de départ non assumé pratiqué sauvagement sur les non permanents
(près de 400 postes saqués en
2013) et sur les CDI que la direction voudrait lourder en douce.
Les chiffres sont têtus, L’expérience prouve que les condamnations
de première instance sont, la plupart du
temps alourdies en Appel, et qu’en douteuse gestionnaire des fonds publics,
l’équipe de Papet ne connaît qu’une stratégie: celle de nier les faits et d’aller
le plus loin possible dans les procédures. Nul ne sera étonné que vu le foutoir qui règne en interne, ce montant soit
susceptible de doubler voire de tripler dans les deux ans à venir.
Là encore,
le successeur de Pflimlin devra affronter un tsunami de charges pour contentieux
soigneusement planquées et qu’on aura laissé pourrir dans le placard du
prédécesseur.
Venons-en au compte résultat:
Là encore, malgré les auto-félicitations de l’équipe en place et
la propagande outrancière en la matière, il n’y a pas de quoi être fier.
Les
dépenses de gestion courante continuent d’augmenter vertigineusement (+11M€). Ceci prouve clairement
que les efforts ne sont pas faits au bon endroit.
La politique
de Pflimlin qui a conduit au désastre actuel montre que les programmes (valeur
en stock) ont « trinqué », que les dépenses internes n’ont pas baissé
et que les investissements technologiques ont reculés… incroyable enfumage, une
fois encore, surtout en prétendant sans cesse être à la point du numérique !
Le chiffre
d’affaires commercial (hors dotations de l’État) plonge de 121 M€, en lien direct avec l’écroulement de l’access de France 2 et avec
la gestion calamiteuses des grandes comptes clients.
Là aussi,
on peut raisonnablement s’interroger sur la présentation du document de France
Télévisions.
Pourquoi mettre le chiffre d’affaires constaté d’avance sur une
ligne à part ?
La réponse semble évidente….cela permet berner tout le monde par une
présentation fallacieuse des chiffres bruts, destinés à atténuer la gamelle de
2013 sur la pub et le parrainage.
Plus grave, cette
présentation permet de faire croire que la baisse des ressources du groupe est
principalement liée à la réduction de la dotation de l’État alors que le chiffre d’affaires commercial se gamelle de
121M€ : - 22% de 2012 à 2013, sans que l’État y soit vraiment pour quelque
chose mais simplement du fait des mauvais choix répétés de l'équipe en place.
Là encore l’attelage Pflimlin-Patino va laisser des traces. L’échec du 1er semestre 2014 sur
l’access pèsera certainement encore très lourd dans les chiffres de 2014 et ce
n’est pas la coupe de monde de foot qui va sauver les meubles cette fois
puisque c’est la concurrence qui diffuse et non la télé publique !
Concernant les
provisions pour dépréciations, comme indiqué un peu plus haut, la baisse de 55M€ est plus que suspecte d'autant que les
périmètres n'ont pas changé et que les nanars annulés ou indiffusables ont
plutôt augmenté.
A périmètre de
dépréciation comparable à 2012, le résultat serait probablement plus proche de -170 M€ que -115 M€.
Curieux,
n'était-ce pas le chiffre annoncé plus ou moins par Fabrice Lacroix quelques
semaines avant d'annoncer ce miraculeux redressement de dernière minute à
-115 M€ qui avait fait s'étonner le comité d'audit sur les incroyables différences
d'estimations de résultat à quelques jours à peine d'intervalle ?
A moins que tout cela ne soit (encore) la faute d'Ariane,
cette énorme usine à gaz (plutôt que fusée) comptable qui a déjà explosé
plusieurs fois depuis 2009 et a conduit au désastre de 2011 dont certain(e)s ont
fait les frais ? !
Si par extraordinaire les administrateurs pleinement informés
donnaient quitus à Pflimlin - au prochain CA - pour sa gestion
catastrophique plutôt que de voter contre et enfin le mettre en minorité, le
message serait clair et ne ferait plus aucun doute…les pouvoirs publiques et surtout l’État actionnaire qui ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas,
seront complices de la mort programmée de la télé publique et en porteront pour
toujours l’entière responsabilité.
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