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mardi 2 juin 2015

Une nouvelle tribune sur l'opacité de procédure du CSA signée Philippe Kiffer.

Philippe Kiffer Journaliste et prodcutuer, spécialiste des média signait dans "Libération", le 31 mai dernier, une tribune au vitriol intitulée "Opacité et tartufferie : l’honneur perdant du CSA".

C'est du jamais vu dans l'histoire de la télé, un mois et une semaine après le 23 avril, jour où sortait du chapeau de Schrameck quelqu'un qui ne connait rien à la télé, pas un jour sans que ce "simulacre de démocratie" ne révolte et n'enflamme.

C'est donc après les nombreuses révélations parues dans l'ensemble de la Presse sur le irrégularités de procédure mais aussi et surtout sur les conditions abracadabrantes dans lesquelles elle s'est déroulé que revient, à présent, Philippe Kiffer.

Le blog CGC Média vous propose de découvrir cette tribune:

1er extrait "Libération":
 
"Un mois après la nomination de Delphine Emotte à la tête de France Télévisions, les questions se multiplient sur la régularité de cette désignation.

Mardi 26 mai, l'ex-président du CSA Olivier Schrameck était auditionné par la Commission des Affaires culturelles, à l'Assemblée. Une affaire qui égratigne un peu plus une institution où règne l'entre-soi et la connivence.

Une chose est certaine : le Conseil supérieur de l'audiovisuel n'entrera jamais au Panthéon des instances de régulation audiovisuelle. Plus d'un mois après la désignation de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions par le CSA, doutes et soupçons persistent sur la régularité de cette élection.
Opacité voulue, modalités alambiquées et coulisses tortueuses soulèvent de plus en plus d'interrogations. De plus en plus d'embarras devant l'injustice tranquille, la placide tartufferie avec laquelle fut traitée la trentaine de candidats qui s'étaient résolus à postuler. Mal leur en a pris.
Les dés du CSA étaient pipés. Les cartes que leur tendait son président, Olivier Schrameck, biseautées. Une candidate, pré sélectionnée par une Immaculée conception de l'indépendance, devait l'emporter.
La compétition ne servirait qu'à donner le change. Ils auraient dû se méfier.
Au poker menteur des nominations dans l'audiovisuel, le CSA est imbattable depuis un quart de siècle.
Partout ailleurs, autrement dit dans des pays démocratiques normalement constitués de corps «constitués», dotés d'Assemblées et d'organes à même de vérifier ce qu'il en a été de l'équité de la procédure, on s'inquiéterait (a minima) de ce qu'on découvre dans les enquêtes que publient Mediapart, l'Obs ou le Monde (pour ne citer qu'eux).
On se demanderait pourquoi fut escamoté tout débat préalable sur l'avenir de l'audiovisuel.
Comment Olivier Schrameck a pu estimer salutaire de refuser toute audition publique des projets? 

Pourquoi ont été éliminés d'office plusieurs responsables expérimentés de l'audiovisuel? 

Comment une candidate (Delphine Ernotte) qui n'a jamais dirigé la moindre entreprise de télévision s'est vue préférée -pour prendre la tête des cinq chaînes, des 3 milliards d'euros de budget et des 10.000 salariés de France Télévisions- à un candidat (Pascal Josèphe) qui en connaît tous les ressorts? ...

Parenthèse:

Nombreux sont ceux qui se demandent aujourd'hui comme "Altantico" le 24 mai dernier, si le choix du pseudo challenger n'était pas organisé par avance. Voici ce qu'écrivait le site  "Prenons le cas de Pascal Josèphe, professionnel de l’audiovisuel reconnu, jadis collaborateur très proche d’Hervé Bourges à TF1, puis directeur général de l’antenne de la Cinq. Étrange, le coup qui lui est arrivé. Il faisait partie de la dernière liste de 7 membres restant en piste pour candidater à la tête de France Télévisions, mais sans figurer pour autant parmi les favoris. Pour une raison : l’Élysée n’en voulait pas… Alors qu’a  fait le CSA ? 

Il l’a retenu pour l’ultime audition en concurrence avec Delphine Ernotte… Avec cette certitude qu’il serait écarté et que la directrice générale d’Orange serait choisie pour succéder à Rémy Pflimlin. A dire vrai, la route pour l’Esplanade de France  s’ouvrait depuis de longues semaines pour Delphine Ernotte...."

2ème extrait "Libération":

"Pourquoi la même candidate a pu être encouragée, si ce n'est épaulée, par un ou plusieurs des membres du CSA au détriment de tous les autres? Partout ailleurs, on se poserait des questions.
On s'indignerait même, peut-être. 

On ne se contenterait pas de recueillir la langue de bois d'un président du CSA dont l'autarcie du discours se résume à: "Où est le problème? Tout s'est passé le plus normalement du monde. Nous avons choisi le meilleur et le plus expérimenté." 

On ne se bornerait pas, non plus, à n'écouter que lui. On exprimerait le souhait d'entendre l'avis de ceux qui considèrent que, justement non, tout ne s'est pas passé aussi "régulièrement".
On s'inquiéterait de savoir si, oui ou non, le dossier d'un candidat récusé d'avance (Didier Quillot) a pu se retrouver grand inspirateur du dossier présenté par Delphine Ernotte. 

On exigerait de savoir s'il y a bien eu, lors du vote final, «pression» insistante sur l'une des membres du Conseil pour qu'elle renonce à sa préférence pour le projet de Pascal Josèphe.

Oui, partout ailleurs. Mais pas en France, pays de la liberté et de l'égalité fraternelle où l'on est au-dessus de ces incidents. Pas dans la France audiovisuelle de François Hollande, pays où les voies impénétrables de l'indépendance dans la connivence font que conseillers et consultants en tous genres régissent candidatures, adoubements, soutiens ou éliminations.
Plus les semaines passent, plus se multiplient les récits fouillés de cette élection, plus le déni et l'amnésie sélective sont à l’œuvre chez ceux qui devraient manifester…..

Le SNPCA-CGC rempart à la tentative de mainmise par certains sur France Télévisions et l'audiovisuel public.

Le SNPCA-CGC  rempart  à la tentative de mainmise par certains sur France Télévisions et l'audiovisuel public. 

Sur le site de France Télévisions sous le titre « Principes et objectifs », au 2ème paragraphe de présentation, chacun peut lire « Télévision de tous les Français, France Télévisions place le respect du téléspectateur au cœur de son action ».

France Télévisions appartient à tous. Elle est un bien public. 

Elle appartient aux français, aux contribuables avec les presque 3 milliards d’euros de la part de redevance que lui verse chaque année l’État.  
Elle est l’outil de travail  pour plus de 10.000 salariés qui en ont marre des petits arrangements entre amis.

Pas à un petit groupe, pas à quelques consultants, quelques conseillers et quelques politiques….elle ne peut pas être réservé à quelques-uns pour que prospère ce que  Laurent Mauduit le cofondateur de « Médiapart » appelait "le capitalisme de l'entre soi".

Le SNPCA-CGC qui en est totalement convaincu a décidé de saisir la Justice de façon imminente maintenant comme il l’a d’ailleurs confirmé à « Médiapart » et « Atlantico ».

La Justice, c’est devant elle qu’Anticor l’association d’élus et de citoyens contre la corruption, a déposé plainte visant les dépenses de taxi de l’ex-pdg de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) Agnès Saal et les contrats passés par Mathieu Gallet, actuel patron de Radio France, notamment ceux passés avec Denis Pingaud à l’époque où il présidait l’institut public. 

Anticor a porté plainte contre X au parquet de Créteil pour « favoritisme » pour les faits concernant Mathieu Gallet – à l’instar de la plainte déposée par le SNPCA-CGC instruite par le juge Renaud Van Ruymbeke visant les dirigeants de France Télévisions pour les contrats passés entre autres avec Bygmalion -  et pour « détournement de fonds publics » en ce qui concerne Agnès Saal.

« Pour un établissement financé en majeure partie par le contribuable, il y a une totale désinvolture, voire plus, sur la gestion de l’argent public à un moment où l’État se doit d’être exemplaire », a déclaré Jérôme Karsenti, l’avocat d’Anticor qui soulève de « multiples infractions touchant à la probité publique ».  

S’agissant de la plainte concernant Agnès Saal. Fleur Pellerin face au tollé médiatique qu’a provoqué sa réintégration immédiate au ministère de la Cuture, explique dans  un entretien au Parisien publié ce mardi 2 juin : "J'ai décidé de saisir la justice. J'ai en effet saisi le procureur de la République de Créteil, sur la base de l'article 40 du Code de procédure pénale, en vertu duquel tout agent public ayant eu connaissance d'un délit doit le signaler à la justice". Et d’ajouter "Notre lettre de transmission comporte des éléments sur les frais de déplacement."

Pour la plainte visant Mathieu Gallet, l’association se fonde sur un article du Canard enchaîné publié au début de mai selon lequel un service du ministère de l’économie a révélé des « irrégularités » dans « plusieurs marchés publics passés sans aucune mise en concurrence et portant sur plus de un million d’euros avec des cabinets de conseil. Parmi ces marchés figurent notamment des contrats signés avec les sociétés OpinionWay puis Balises, pour un montant total de près de 250000 euros. Or, Balises est présidée par Denis Pingaud, actuel conseiller en communication de Mathieu Gallet à Radio France. Et M. Pingaud était vice-président d’OpinionWay lors de la signature des contrats avec l’INA ».

Denis Pingaud…encore et toujours. L’actuel conseiller en communication de Mathieu Gallet à Radio France payé donc avec de l’argent public qu’ont pu apercevoir depuis quelques jours les salariés de France Télévisions aux côtés de Delphine Ernotte.

Depuis quelque jours, celle qu’un CSA déchiré a sorti de son chapeau pour remplacer Pflimlin  occupe deux bureaux et une salle de réunion au Ponant, l’immeuble « annexe » en face du siège de France Télé avec son assistante d’Orange et son nouveau directeur de cabinet, Stéphane Sitbon-Gomez mais surtout, le même Denis Pingaud consultant en stratégie et communication, qui reste président de sa société Balises et conseille également Mathieu Gallet pour Radio France.

Dès lors ce sont trois questions juridiques que pose le SNPCA-CGC et qui pourraient bien, le cas échéant, faire l’objet de nouvelles plaintes du syndicat et/ou d'Anticor. 


1°) Comment, combien et par qui sont payés ces  gens puisqu’il s’agit d’argent public ?

2°) Comment celle qui parle "d’un tuilage en bonne intelligence" et affirme "n’étant pas mandataire social, ne  pas  pouvoir négocier d’embauches", a-t-elle pu embaucher un directeur de cabinet poste qui n’existe pas dans l’organigramme France Télé ? 

3°) Enfin et surtout, comment les salariés que certains ne calculent qu'en nombre de postes supprimés dans le cadre de plans de licenciements collectifs à répétition, pourraient-ils tolérer longtemps en tel climat et ne pas démarrer comme à Radio France, un mouvement social d’ampleur ?

lundi 1 juin 2015

Une plainte du SNPCA-CGC pour les salariés de France Télévisions qui en ont marre de ces petits arrangements entre amis.

Il y a dans la Presse, ce premier jour de juin, deux excellents papiers à glacer le sang qui résonnent en écho l'un avec l'autre sur des pratiques dans l'Audiovisuel public que beaucoup pensaient - à tort - révolues mais qui visiblement perdurent!

Il y a celui de "l'Express" signé Renaud Revel qui dans sa rubrique "Immédias" publie un article intitulé  "L’affligeant silence du PS dans l’affaire Ernotte" ( *en bas de post)

Il y a également celui de Médiapart signé Laurent Maudit "Pourquoi la télévision publique a-t-elle passé sous silence le scandale Ernotte ?" ( ¤ en bas de post)

Le SNPCA-CGC par le dépôt d'un recours judiciaire en deux volets, va tenter de prouver à ces deux journalistes mais plus largement aux salariés de France Télévisions qui en ont marre de ces petits arrangements entre amisque le courage paie toujours. A "L'Express" le SNPCA-CGC affirme que "quand bien même, le vent de l‘été serait passé par là…l’argument affligeant du « pas vu, pas pris », ne l'emportera pas...une fois la Justice saisie".

A "Médiapart" le SNPCA-CGC affirme que "l’enquête de Mediapart révélant ces  innombrables irrégularités" ne restera pas lettre morte et servira à coup sûr la Justice.  
Le recours "en deux volets" que dépose le SNPCA-CGC comme il l'a fait pour le volet France Télévisions de l'affaire Bygmalion, n'a que faire de certains "aboyeurs de meute" le qualifiant de "franc-tireur".

Le SNPCA-CGC ira jusqu'au bout pour garantir aux salariés de la télé publique autre chose que le naufrage, la faillite et sa disparition au profit d'une externalisation galopante.  
 
 
* "L’affligeant silence du PS dans l’affaire Ernotte"

Par Renaud Revel 
 
"L’attitude d’un PS atteint de cécité depuis l’apparition de ce délicieux et très estomaquant vaudeville qu’est la désignation, fantasque, de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions, en dit long sur l’état de liquéfaction d’un parti qui ne sort pas grandi de cet épisode. A l’exception de Catherine Tasca, qui est à ce jour la seule à gauche à avoir pointé du doigt les anomalies de cet abracadabrant épisode, pas un parlementaire ou dignitaire du PS n’a émis le moindre son.
 
Interrogé la semaine dernière par votre serviteur, le président de la Commission des affaires culturelles à l’Assemblée, Patrick Bloche, qui a auditionné Olivier Schrameck sur le sujet, bottait en touche et ne trouvait rien à redire quant à ce simulacre : le très urbain député balaye ainsi d’un revers de main ce qu’il appelle une «non-affaire», ce au nom de l’argument affligeant du « Pas vu, pas pris »: faute de preuves, les allégations de la presse dénonçant quelques jolies magouilles ne seront demain que confettis, quand le vent de l‘été sera passé par là…

Il en est de même des parlementaires PS qui à mots couverts, quand on les interroge, exécutent sans sommation le CSA et son président. Mais une fois les micros ouverts, ils renvoient les journalistes à leurs élucubrations fantasmagoriques et protègent, pour des raisons de positionnement partisan et politique, un CSA que l’UMP voue aux gémonies et que Nicolas Sarkozy n’a pas épargné hier à la tribune des « Républicains ».
 
Rien n’a donc changé sous le soleil: l’audiovisuel public reste le terrain de jeu d’une gauche désarmante de médiocrité, inlassablement prisonnière de vieux réflexes hérités des années 80 : quand les sicaires de la Mitterrandie mettaient en coupes sombres des chaines tenues brides courtes, après que des petits marquis à l’Elysée aient dicté la marche à suivre aux membres de la Haute Autorité, d’abord et du CSA, ensuite.
 
François Hollande n’échappe pas à la règle qui s’est contre toute attente de cette tambouille, mais avec bien moins de succès que son illustre ainé, François Mitterrand. Lequel pilotait de son bureau le dossier France Télévisons avec plus de talent et de maestria. Le chef de l’État l’avait pourtant juré: volonté de rupture avec son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, il n’interviendrait pas dans ces questions et laisserait au CSA toute latitude pour décider à sa guise.

Mais au fil des semaines on a vu un tout autre Hollande plonger ses mains dans cette marmite, épaulé de son cardinal Mazarin, en la personne de son secrétaire général Jean-Pierre Jouyet qui œuvra jusqu’au bout en coulisses dans ce dossier: François Hollande dressa des listes de PDG potentiels, écarta les uns, poussa les autres. Ses visiteurs qu’il testait lors de déjeuners le voyaient saluer les qualités de telle ou telle personnalité, occire telle autre.

Emanuel Hoog, PDG de l’AFP, fut biffé au nom de ses liens avec Laurent Fabius, Marie-Christine Saragosse, une femme de gauche présidente de France Médias Monde, fut envoyée au casse-pipe après qu’elle ait fait son siège, Denis Olivennes, patron d’Europe 1, fut rayé de ses tablettes en raison de ses relations avec Nicolas Sarkozy, Thierry Thuillier, le monsieur infos et programmes de France Télés, fut lui découpé en rondelles pour de mêmes accointances supposées. Quand Nathalie Colin, une cadre dirigeante de la Poste, copine du patron de Libération, Laurent Joffrin, que quelques malins bien mal inspirés mirent en piste, elle fut également vite écartée au nom de son pédigrée jugé trop pauvre. Et j’en passe.

 Un seul hic au tableau: l’illisible et incontrôlable Olivier Schrameck qui de son bunker de la Tour Mirabeau jouait au même moment une partition dont il était le seul, avec deux membres du CSA, Sylvie-Pierre Brossolette et Nathalie Sonnac, à connaitre le livret.


Ni Hollande, ni Jouyet, ni mêmes les principaux voltigeurs du PS, aux ordres du Château, - Julien Dray, le cabinet de Fleur Pellerin, l’équipe Valls-, n’ont vu arriver le camion Ernotte, au volant duquel officiait un ancien sherpa de François Hollande, un homme reconverti dans le «Name-droping» et la chasse de têtes de ses bureaus d’Orange, l’incontournable David Kessler.

N’épiloguons plus, la presse et l’auteur de ces lignes ont suffisamment ratissé le sujet : cette rocambolesque affaire restera marquée à jamais dans les annales.


Et c’est dans ce très joyeux contexte que Delphine Ernotte avance comme en terrain miné. Tiendra-t-elle sous la bourrasque? Rien n’est moins sure. Car à la colère des «Républicains» vient s’ajouter la montée en température des syndicats de France Télévisons qui n’attendent qu’un faux pas de celle-ci pour dégoupiller. L’un d’eux, le syndicat CGC Médias, déposera d’ailleurs une plainte dès mercredi. Le tout sur fond de carambolage financier attendu. On sait en effet que « France Télés » ne passera pas le cap de 2016…

Quelle sera l’attitude de l’Etat? L’Elysée, où on l’a saumâtre, et Bercy lui donneront-t-il un coup de pouce? Question: Sauveront-ils France Télévisions du naufrage et le soldat Ernotte de la noyade?"

¤ Pourquoi la télévision publique a-t-elle passé sous silence le scandale Ernotte ?

Pour quiconque voudrait vérifier que la télévision publique française souffre d’un manque terrible d’indépendance, l’affaire Ernotte fonctionne comme un révélateur. A ma connaissance, aucune chaîne de télévision publique ne s’est fait l’écho des irrégularités en cascade qui ont permis à une personnalité qui ne connaît strictement rien à ses problématiques d’être choisie par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) comme la future patronne de France Télévisions.

Toute muselée, toute prisonnière qu’elle soit du capitalisme de connivence à la Française, la presse écrite a évoqué ce scandale, qui en dit long sur l’anémie de notre démocratie.

Après l’enquête de Mediapart révélant ces irrégularités innombrables (Lire France Télévisions : la désignation de la PDG entachée et France Télévisions: la justice va être saisie du scandale Ernotte), plusieurs journaux, du Parisien jusqu’au Monde, ont eux aussi publié de longs articles documentés confirmant que la désignation de Delphine Ernotte s’était déroulée de manière irrégulière.

Mais sur les chaînes très nombreuses de France Télévisions, à ma connaissance, rien !

Pas le moindre écho. L’information était importante, mais les chaînes publiques ont préféré la taire. On observera, certes, que ces chaînes de télévision publiques sont malheureusement assez coutumières de ce genre de censure. Un seul exemple : même si la crise financière a révélé l’imposture de quelques économistes mondains qui, se présentant sous leur casquette universitaire, cachent qu’il siègent dans des conseils d’administration de grandes banques ou compagnies d’assurance, et vendent aux téléspectateurs toujours les mêmes recettes, celles du néolibéralisme, la télévision publique se rend le plus souvent complice de ces imposteurs. Il a longtemps suffit de suivre l’émission « C dans l’air » présentée par Yves Calvi, sur la 5 pour le mesurer : depuis des lustres, ce sont toujours les mêmes économistes qui y ont leur rond de serviette ; et on a tôt fait d’y oublier que l’économie n’est pas une science exacte, mais une branche des sciences sociales dont la richesse ne tient qu’à la diversité de ses approches.

Mais dans le cas de la procédure de désignation de la future PDG de France Télévisions, la censure – ou plutôt l’autocensure- prend un relief encore plus spectaculaire. Rien, pas un mot ! L’affaire Ernotte est tout simplement passée à la trappe.

Pour défendre mon enquête, pour expliquer le travail d’enquête que j’avais mené sur Mediapart, il n’y a donc eu que Thierry Ardisson sur Canal + qui m’en a offert l’opportunité, samedi, lors de son émission « Salut les terriens ». Merci donc aux Terriens ! Et pour celles et ceux qui souhaiteraient retrouver le passage de cette émission, je m’autorise à le publier ci-dessous. C’est à visionner à partir de 17’55’’.
 
Pour être complet, une autre émission, celle du « Tube » sur Canal +, le même jour, a aussi rendu compte des débats que soulevaient la désignation de Delphine Ernotte. Voici cette émission :

En somme, il a fallu se promener dans le paysage audiovisuel en dehors de l’empire France Télévisions pour être honnêtement informé.
 
Cette autocensure en dit donc très long sur les maux qui ronge la télévision publique. Car il y a, certes, le vice premier : l’affaire Ernotte est venu confirmer que la nouvelle loi qui encadre le CSA, organisant le huis clos, a permis que la désignation de la nouvelle présidente soit polluée par des embrouilles et des embûches  innombrables.
 
Mais ce n’est pas le seul des maux dont souffre la télévision publique. Comme par un effet de contagion, il y a les effets innombrables d’une caporalisation qui est à l’œuvre depuis toujours ; les effets d’un manque patent d’indépendance, qui conduit trop souvent les acteurs de cette télévision publique sinon à courber l’échine du moins à se taire.
 
Puis-je en donner une illustration ? Lors de cette même émission avec Thierry Ardisson, j’ai eu un bref échange, qui n’a pas été retenu au montage, avec l’animateur Frédéric Lopez, qui a semblé intéressé par ce que je racontais mais qui s’est dit dans l’impossibilité de commenter mes informations. Tout le monde a compris le sous-entendu : dans l’univers de France Télévisions, il ne serait pas toléré qu’un animateur ou un journaliste dise en liberté ce qu’il pense de l’avenir du groupe public.
 
C’est ici, pourtant, que commence le naufrage de France Télévisions. Pourquoi tout au long de cette affaire Ernotte n’a-t-on pas entendu la voix des Sociétés de journalistes ?
Ce que je vais dire est peut-être arrogant mais je le ressens comme une vérité essentielle : il n’y aura de télévision publique libre et honnête que si la loi qui l’encadre ne garantit réellement son indépendance, et aujourd’hui, nous sommes loin du compte ; mais aussi seulement si la collectivité des journalistes revendique haut et fort le droit imprescriptible des citoyens d’être correctement et honnêtement informés. Que cela plaise ou non aux puissances, quelles qu’elles soient…

Ah les démentis de Thierry Thuillier !!!! Il nie son départ le 25/05 et confirme le 1/06….Crédibilité quand tu nous tiens !

Ah les démentis de Thierry Thuillier !!!! Il nie son départ le 25/05 et confirme le 1/06….Crédibilité quand tu nous tiens !
 
Le 25 mai dernier Thierry Thuillier dans une interview qu’il donnait à Jérôme Béglé, celui que Pflimlin avait nommé aux programmes sur France 2 en plus de son poste de directeur de l’info du service public, démentait  rejoindre la chaîne cryptée pour s'occuper des sports et des programmes en clair. 
 
L'Express avait pourtant donné l’info dès le 25 mai mais bon….l’intéressé avait préféré prétendre que cela était faux !
 
Le même jour, le blog CGC Média s’interrogeait sur les conditions financières de son départ « L'intéressé fera-t-il jouer la clause de conscience des journalistes qui permet, en cas de changement de la situation juridique de l'employeur, de cessation de la publication ou de modification de la ligne éditoriale de l'organe de presse, de démissionner tout en entrainant l'application du régime juridique du licenciement ou bien partira-t-il dans le cadre d'une rupture conventionnelle ? »
 
Un communiqué de Canal + concrétise aujourd’hui ce que tout le monde savait déjà : "Thierry Thuillier rejoint le Groupe Canal+ au poste de directeur des Sports à compter du 15 juin".

L’ex lieutenant de Pflimlin s’est lui aussi fendu, ce premier jour, d’un communiqué interne 100% langue de bois où là il ne dément plus.

Le voici :
"Chères toutes et chers tous,
 
J’ai remis à Rémy Pflimlin ma démission de l’ensemble de mes fonctions de direction au sein de France Télévisions. Je quitterai le groupe dans les prochains jours pour relever de nouveaux défis professionnels.

Journaliste, j’ai toujours eu le désir et la curiosité d’aller au-delà de mon cœur de métier. C’est pourquoi j’ai accepté il y a deux ans la lourde responsabilité des programmes de France 2.
Aujourd'hui, Canal Plus me propose d’enrichir mon expérience avec des perspectives de développement importantes. Et m'accorde sa confiance pour cette nouvelle étape de ma vie professionnelle. C’est cette envie et le projet d’entreprise de Canal Plus qui m’ont décidé.

Mais cette décision n’a pas été facile à prendre. Mon attachement au service public m’a conduit à passer près de 20 ans de ma vie professionnelle à France Télévisions dont j’ai accompagné l’évolution et les soubresauts avec passion.
Un nouveau projet avec une nouvelle organisation va bientôt être mis en œuvre. Potentiellement différent de celui pour lequel je me suis engagé. Sans certitude aussi de maintenir avec la Présidence de France Télévisions la même relation de travail et de confiance qu’avec Rémy Pflimlin.

Dans l’intérêt de l’entreprise, il était important de clarifier au plus vite ma situation. J’en ai pris l'initiative. 

Une page se tourne donc au moment où les programmes de France 2 rencontrent leur public et l'image de la chaine se restaure, où les succès dans le domaine de l’information sont reconnus et les innovations éditoriales portent leurs fruits. Je veux citer ici le nouveau 20 H, les nouveaux magazines comme l’Angle Eco ou Cash Investigation... Le Grand Soir 3, couplé avec Pièces à conviction et Avenue de l’Europe, qui a le mérite de proposer la seule offre d’information quotidienne inédite de deuxième partie de soirée sur une chaine généraliste... Ou encore francetv info qui s’impose dans l’univers numérique face aux sites d’information des autres groupes audiovisuels.

De nouveaux chantiers ont été lancés, notamment sur France 3 pour renforcer le 19/20 et sur le numérique pour préparer le lancement de la future chaîne info. Des projets de développement donc et des réformes qui, je le sais, inquiètent et suscitent des oppositions.
Info 2015 se poursuivra, comme il l’a été précisé par la nouvelle Présidence. C’est un projet crucial pour l’avenir de l’information du service public et ses développements futurs.

Tout ceci aurait été impossible sans le travail et le talent des femmes et des hommes de France Télévisions.
A vous toutes et tous, journalistes, techniciens, équipe de l’antenne et des unités de programmes, membres des fonctions supports, je tiens à vous dire merci pour votre mobilisation, votre courage et votre soutien.
Merci aussi à mes camarades de la direction des programmes et de l’information d’avoir été à mes côtés dans les bons et les moins bons jours.
Merci enfin à Rémy Pflimlin dont la confiance et  le soutien sans faille m'ont permis de garantir l'indépendance de notre information et le renouveau de France 2.
Bien sûr, il y a eu des échecs, des conflits, des décisions ayant changé des situations professionnelles qui ont été difficiles à vivre pour certains d’entre vous mais c’est le service de l’intérêt général de l’entreprise qui m’a toujours guidé.
A quelques jours de mon départ, je tenais à vous souhaiter le meilleur. Il est à la portée de chacune et chacun d’entre vous, tant les atouts de France Télévisions sont grands.

Très cordialement,
 
 Thierry Thuillier."
 
C'est rassurant de voir que quelqu'un qui vous affirme "non" le lundi, peut le lundi suivant dire finalement dire, c'est "oui" ...
Thierry Thuillier assurément mûr pour une grande carrière politique !?
 

Schrameck torpille le CSA, charge ses "collègues" et se désolidarise: "Je n'ai ni possibilité, ni vocation de contrôler le comportement de chacun des membres du CSA".

 
Le journaliste indique que "Le socialiste Patrick Bloche cherche à désamorcer la polémique par cette audition".
 
Olivier Schrameck qui crie à la machination "cette audition  intervient après plusieurs jours de ce qui  qui s'apparente à une campagne déstabilisation de l'institution que je préside", va alors devant la vingtaine de député se désolidariser des agissements de ses membres: "Vous m'avez interrogé sur les contacts qui ont pu être pris par telle ou tel membre du CSA. Je vous ai dit ce qu'il en était pour moi, très complètement et précisément mais pour le reste, je n'ai ni possibilité, ni vocation de contrôler le comportement de chacun des membres du CSA. Je ne suis pas leur supérieur hiérarchique".
 
Et d'ajouter sur la suspicion de plagiat que la Presse a relevé "Comment voulez-vous que le président du CSA vous en dise de plus ? C'est à madame Ernotte de répondre sur ce point. A titre personnel, je n'ai aucun doute car si j'avais un doute, je penserais alors que le choix du Conseil devrait être récusé"
 
 
Laurent Mauduit interrogé par "Le Tube" qui répète avoir les preuves de ce qu'il avance - "les preuves que j'avais ont ébranlé Sylvie Pierre-Brossollette...dans le conversation elle en a convenu même si elle l'a démenti peu après mais j'ai la preuve de ce que je dis" a redit dans le reportage, ce qu'il a dit le soir même à Thierry Ardisson dans "Salut les terriens".
 
"Il y a une autre irrégularité que je pointe qui est quand même stupéfiante, c'est qu'un membre du CSA, en l'occurrence une ancienne consœur du "Point" Sylvie Pierre- Brossolette qui entend que Didier Quillot, un autre des candidats a rencontré un grand patron, François Pinault parce qu'il se dit tiens François Pinault est censé être ami avec François Hollande donc Ce serait bien d'aller le voir. Donc Didier Quillot va voir  François Pinault. Sylvie Pierre-Brossolette l'apprend et appelle son ancien patron François Pinault, en lui disant "ça serait bien que tu reçoives aussi Delphine Ernotte".

Ça c'est une rupture de l'obligation d'équité..."

 

Qu'un(e) membre du CSA ait failli à cette impérative obligation d'équité de traitement et d'égalité entre les candidats et il n'en faut pas plus comme le dit Olivier Schrameck que "le choix du Conseil doivent être récusé"....le ou les membres  défaillant(s) révoqué(s) et la procédure dans son ensemble frappée de nullité.

 
Le journaliste conclut son enquête sur le plateau en expliquant que dans le cadre d'une commission d'enquête ou d'une plainte avec un juge saisi du dossier "Chaque membre du CSA sera obligé de s'expliquer sur cette désignation".
 
S'agissant des révélations de la Presse, notamment l'article du Canard enchaîné sur la note secrète Françoise Miquel visant à supprimer plus de 1.200 postes dont "Le Canard" écrit "Delphine Ernotte, la future pédégère qui débarquera au mois d'août, est réputée pour aimer les charrettes et elle a les faveurs de Miquel."

Pourquoi Ernotte aurait-elle les faveurs de Miquel?...Cette dernière lors d'une rencontre se serait-elle laissée aller à prôner ce vaste plan de licenciements collectifs?... Comment et grâce à qui les deux femmes auraient-elles été amenées à s'entretenir de la situation de France Télé?  

Nathalie Sonnac, membre nouvellement nommée au CSA est très proche de Françoise Miquel.

 





dimanche 31 mai 2015

Le SNPCA-CGC après Bygmalion saisit de nouveau la Justice en milieu de semaine.


Samedi soir dans l'émission "Salut les terriens" sur Canal +, Thierry Ardisson reçoit Laurent Mauduit, le cofondateur avec Edwy Plenel de "Médiapart" qui vient de relayer dans un récent article le voire les recours judiciaires que déposera cette semaine le SNPCA-CGC.
 
Le blog CGC Média qui a regardé l'émission, en a retranscrit une grande partie afin de la remettre à ses avocats qui après l'affaire Bygmalion ont été mandaté pour ce nouveau dossier.
 
L'émission commence par l'édito de Blako au sujet des affaires qui depuis ces dernières semaines ont mis le CSA sur la sellette.
 
Extraits:
 
Thierry Ardisson:
"Depuis avril les affaires se succèdent dans l'audiovisuel public. Il y a eu l'affaire Mathieu Gallet à Radio France, l'affaire Agnès  Saal à l'INA, il y a désormais l'affaire Delphine Ernotte a France Télévisions.

Concernant Mathieu Gallet, il y a une polémique sur le prix de la rénovation de son bureau mais surtout sur les émoluments de son conseiller en communication Denis Pingaud à qui il donné 90.000 euros; ce même Dénis Pingaud qui travaille aussi pour Delphine Ernotte.

 
Alors , en fait le système c'est qu'on paie ces conseillers avec l'argent public quand on a un boulot et quand on n'en a plus et qu'on en cherche un, le même conseiller vous "aide gratuitement en trouver un"!?



 
Laurent Mauduit:
"L'édito de Blako (sujet d'avant interview, ndlr) est formidable. Ce qu'il décrit - moi j'appelle ça par commodité d'expression "le capitalisme de la barbichette"... je te tiens, tu me tiens, et on se rend des services mutuels - et ce qu'on voit dans les petites infographies de l'édito, c'est que c'est en fait, c'est un petit monde, un "entrelacs".
La cour de récréation parisienne étant toute petite, ce sont toujours les mêmes acteurs qu'on voit en permanence. Dans le cas de Mathieu Gallet, il y a les deux scandales; il y a d'une part ce système d'entente que vous décrivez et puis il y a aussi le scandale lui-même. Certes les devis ne sont pas signés par lui mais il arrive avec une ambition qui est de faire un plan social à Radio France donc du coup, on comprend bien le traumatisme social que représente le fait qu'il n'y ait pas d'exemplarité publique. C'est un syndrome très français.
 
Thierry Ardisson:
"On continue avec Agnès Saal avec 41.000 € de taxis...faut déjà le faire pour arriver. Enfin, elle a été aidée par son fils! Sur les 41.000€ il y a 7000 pour son fils - En fait ce sont des courses le même jour, à la même heure - En fait elle avait un chauffeur et une voiture de fonction et 41.000€ de taxis. Un scandale énorme.
 
Elle a été obligée de démissionner et tout de suite, elle est recasée au ministère de la Culture par Fleur Pellerin!"

Laurent Mauduit:
"L'exemplarité de la sanction, c'est sa publicité. Il y a une juridiction pour ça. C'est la cour de discipline budgétaire. Or on ne sait  jamais ce qui s'y passe. Les sanctions sont confidentielles et si par hasard, un comptable public est condamné, il y a une tradition française qui est très peu connue, c'est que le ministre des finances passe l'éponge"!
 
Thierry Ardisson:
"Alors,  on passe à Delphine Ernotte; là vous avez fait un papier dans Médiapart: 45.000 signes. La question qui se pose, c'est comment quelqu'un qui n'a aucune compétence télévisuelle a pu être élue à se poste! Pourquoi?



Laurent Mauduit:
"Sidérant parce que c'est le plus grand groupe de télévision publique en Europe. Elle connaît rien, elle connaît les tuyaux, elle connaît d'Orange. C'est une cascade d'irrégularités totalement stupéfiantes que j'ai découvert au fil de mon enquête.

D'abord on se dit, tiens la procédure est mieux que sous Sarkozy puisque sous Sarkozy il nommait ses obligés ou ses fidèles. Là il y avait une autorité le CSA mais il a déclare le huis clos. C'est secret, on connaît pas le nom des candidats, on ne connaît pas les programmes. Les citoyens n'ont pas le droit de savoir ce qu'on veut faire de leur télévision, de leur argent.
 
Ensuite, David Kessler qui était l'ancien conseiller médias de François Hollande qui quand il était à l'Élysée a contribué à la nomination de l'Olivier Schrameck à la tête du CSA et qui à peine sorti de l'Élysée, l'été dernier, se met au service de Delphine Ernotte pour l'aider à candidater au CSA et la décision va être prise notamment par Monsieur Schrameck. On est en plein conflit d'intérêts...
Puis, il y a une autre irrégularité que je pointe qui est quand même stupéfiante, c'est qu'un membre du CSA, en l'occurrence une ancienne consœur du "Point" Sylvie Pierre- Brossolette qui entend que Didier Quillot, un autre des candidats a rencontré un grand patron, François Pinault parce qu'il se dit tiens François Pinault est censé être ami avec François Hollande donc Ce serait bien d'aller le voir. Donc Didier Quillot va voir  François Pinault. Sylvie Pierre-Brossolette l'apprend et appelle son ancien patron François Pinault, en lui disant "ça serait bien que tu reçoives aussi Delphine Ernotte".
Ça c'est une rupture de l'obligation d'équité...d'où l'aboutissement que vous disiez, quelqu'un qui n'y connaît rien pour diriger le plus grand groupe audiovisuel public"
 

 
 
Thierry Ardisson finit par l'affaire de la revente par Pascal Houzelot pour près de 90 millions d'euros "Numéro 23".

Thierry Ardisson:
"Alors ce Houzelot se voit attribuer GRATUITEMENT par le CSA une fréquence 23.
 
Il dit vous allez voir, je vais faire une chaîne de la diversité un truc vraiment top. Et un jour il revend 90 millions d'euros une chaîne qu'il a eu gratuitement. "


Laurent Mauduit:
"C'est scandaleux parce que parmi ceux qui prennent la parole pour plaider sa cause devant le CSA, il y a David Kessler. On est dans cette oligarchie très française où une petite camarilla de gens toujours les mêmes qui s'arrangent entre eux-mêmes.

En conclusion "L'économie - vous savez, je suis journaliste économique et financier - je me dis, qu'en économie, je me dis qu'un gouvernement peut échouer parce que c'est dur l'économie, c'est planétaire...mais échouer sur des questions démocratiques, je trouve ça scandaleux parce que la Démocratie, il suffit de le vouloir pour la refondre,la revivifier."

Thierry Ardisson:
"Alors, il y a un papier dans le canard cette semaine qui met en lumière une amitié entre ce Houzelot qui va toucher près de 90 millions d'euros et Schrameck le patron du CSA - c'est le Canard enchaîné - les proches de Schrameck lui ont dit, arrête de voir Houzelot  parce que ça va finir par se voir...."

Laurent Mauduit:
"Vous savez, il y a eu beaucoup de déjeuners et dîners mondains, le soir notamment chez lui - de gauche et de droite - on passe chez lui parce que c'est devenu l'un des petits oligarques du système: le capitalisme de l'entre soi"...















 

Le SNPCA-CGC à l'origine la plainte Bygmalion visant France Télé..."une plainte people" pour le seul syndicat qui a rencontré secrètement Delphine Ernotte !!

Nul n'est besoin de s'abaisser à commenter la bêtise. "La bêtise insiste toujours" écrivait Camus.

Il y a quelques mois, les DNA publiaient un article sur l'affaire Bygmalion avec une illustration concernant les volets politique comme télé, tous deux en instructions judiciaires  menées, entre autres, par le juge Renaud Van Ruymbeke.

A ceux qui qualifient bêtement ces plaintes de "plainte people" dans des écrits nauséabonds comme par exemple le seul syndicat qui a  rencontré secrètement Delphine Ernotte avant qu'elle ne sorte du chapeau le 23 avril dernier, il convient donc de citer Camus.
 
Le seul autre commentaire qu'ajoutera le blog CGC Média, c'est celui signé Daniel Schneidermann posté sur le site "Arrêt sur images" (Gazette d'@rrêt sur images, n° 341) qui avait consacré une bonne heure au dossier : " Il n'y a pas que l'UMP ! Dans les caisses de la fameuse Bygmalion, a aussi coulé à flots l'argent de France Télévisions. Missions de "conseil" en veux-tu en voilà, travaux de "communication", veille sur Internet : tout était bon, sous Patrick de Carolis, pour nourrir la bête, ce qui vaut aujourd'hui à l'ex-PDG une mise en examen pour favoritisme.
Son successeur, Rémy Pflimlin, jure avoir fermé les robinets. Est-ce bien vrai ? Nous avons invité l'homme qui ne pardonne rien aux sommités de  France Télévisions, Jean-Jacques Cordival, Secrétaire de la CGC Medias. On nous en avait dissuadés : paraît-il qu'il serait  infréquentable. Nous avons passé outre, et je ne le regrette pas.
Vive les infréquentables ! ....
 
 

 


samedi 30 mai 2015

Numéro 23 assignée en justice par des sociétés de droits d’auteur pour un préjudice de l'ordre de 1 million d'euros.

La députée PS qui ne mâche pas ses mots avait été des plus directs « La vente de « la chaîne 23 » paraît assez scandaleuse. Comment à partir d'une chaîne gratuite, peut-on faire des bénéfices [près de 90 millions d’euros, ndlr] finalement en spoliant l'argent public ? »  »
 
La revue Stratégie indique ce vendredi  29 mai "Plusieurs sociétés de droits d’auteur,comme la Sacem, la SCAM ou la SACD vont assigner la chaîne de télévision numérique terrestre (TNT) Numéro 23, pour non-paiement des droits....Le préjudice est « de l’ordre du million d’euros », selon Pascal Rogard, le président de la SACD, interrogé par la revue. Une audience doit avoir lieu le 18 juin."
 
 
 
Le texte instaure une ponction de 20 % si la cession survient moins de cinq ans après l’attribution de la fréquence, de 10 % si elle a lieu entre cinq et dix ans, et de 5 % au bout de dix ans.
 
Cette taxation n’était jusqu’ici que de 5 %, et les cessions étaient interdites avant deux ans et demi de détention."