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dimanche 13 février 2011

Stéphane Bondoux devrait quitter France Télévisions très rapidement

Le

Encore donné responsable de la communication pour tout France Télévisions il y a quelques semaines, Stéphane Bondoux qui en avril 2008 avait été nommé directeur de la Communication de France 2, ne s'est pas vu confirmé par Rémy Pflimlin sur ce poste global.
Selon nos informations, il serait en négociation pour quitter très rapidement le groupe.

Il faisait partie du projet France Télévisions ayant pour but de "coordonner les efforts sur l'ensemble des articles portant sur la télévision, de compléter arborescence et d'améliorer son portail dédié".

dimanche 6 février 2011

UN VOTE D’UNE IMPORTANCE CRUCIALE : Le 8 février 2011 des milliers de salariés de France Télé vont devoir voter pour élire leurs représentants DP & CE

UN VOTE D’UNE IMPORTANCE CRUCIALE : Le 8 février 2011, des milliers de salariés de France Télévisions vont devoir voter pour élire leurs représentants DP et CE.

Depuis août 2008, les élections professionnelles dans les entreprises revêtent une importance cruciale.

La loi impose à chaque organisation syndicale pour continuer à être représentative dans l’entreprise, à obtenir au moins 10% des suffrages (*) prenant comme référence pour cela le premier tour de scrutin des représentants au Comité d’Entreprise. Ceci implique que les syndicats qui ne franchissent pas ce seuil, perdent leur représentation, ne sont plus autour de la table des négociations et n’ont donc plus leur mot à dire.

(*) Le Conseil Constitutionnel ayant récemment consacré la disposition légale particulière qui fait que ces 10% s’entendent pour la CGC uniquement sur les collèges 2 et 3.

Il est donc vital pour les syndicats comme le SNPCA-CGC qui n’ont pas peur de s’exprimer et qui ont mené malgré les pressions de la direction, les nombreux combats qu’ils ont engagés comme celui aux côtés de la CFDT et du SNJ devant la Cour d’Appel de Paris, qu’ils ont remportés pour la survivance des Conventions Collectives, d’être toujours là pour continuer à se battre.

Les collaborateurs de France Télévisions qui baignent depuis de nombreux mois dans une atmosphère de morosité prégnante et constante, qui subissent au quotidien les incohérences d’une « réorganisation » à marche forcée à laquelle ils n’ont jamais été associés, vont devoir élire celles et ceux qui vont défendre leurs intérêts, leurs couvertures conventionnelles et préserver leurs droits dans un avenir encore incertain.

UN VOTE UNTILE en somme…un premier tour où tout cela se joue. Aucune voix ne doit faire défaut. Il est donc essentiel de VOTER et de voter le plus utilement avec ces nouvelles « règles » en tête. Renouveler et accorder encore votre confiance à celles et ceux dont les convictions ne souffrent aucune compromission, à celles et ceux qui savent s’opposer et dire NON quand cela est nécessaire.

La démotivation qui ne semble pas avoir de fin, la souffrance qui s’empare de tout un chacun, les inquiétudes qui grandissent de jour en jour, ne sont pas des fatalités; il faut les faire reculer.

La communication de la direction en porte à faux avec la réalité vécue par les collaborateurs, l’absence de vue à long terme pour l’entreprise, l’absence de visibilité à court terme pour chacun qui sont les maux les plus cités par les salariés, ne peuvent continuer de déstabiliser un peu plus l’entreprise.

A tous ces salariés, le SNPCA-CGC affirme que l’heure n’est, ni au repli sur soi, ni à l’indifférence. Il ne faut pas baisser les bras. La passion d’hier peut renaître. La lumière qui émanait du Service Public doit pouvoir éclairer de nouveau nos écrans plats comme elle le fit jadis avec nos petits écrans cathodiques.

Les salariés de France Télévisions doivent appréhender les enjeux de demain, continuer à se battre et à s’investir encore dans leur travail contre vents et marées.

Cette richesse et cette diversité engrangées par tous, à travers de vastes et nombreuses expériences professionnelles, doivent être le moteur de l’entreprise y compris contre les lubies de certains dirigeants.

Être acteurs du changement.

Mettre toutes les chances de son côté pour éviter que d’autres décident arbitrairement.

C’est la seule attitude positive qui puisse protéger face aux agressions quotidiennes des pensées destructrices de tous bords.

DÉCLARATION DES ÉLUS CFDT, CGC, SNJ & SUD AU CCE EXTRAORDINAIRE DE FRANCE TÉLÉVISIONS DU 4/02/2011.



La direction espérait bien en programmant la consultation simultanée des CHSCT de France Télévision, le 3 février 2011, alors que l'expert n'a pas rendu ses travaux sur les incidences qu'aura "réorganisation" sur les salariés, parvenir quand même à un avis au CCE extraordinaire du lendemain.

Le scénario, la direction l'avait imaginé avec la cgt: fort de l'avis rendu par le CHSCT de France 3 (où la cgt est majoritaire) qui "prenait acte de la mise en œuvre des points mis à l'ordre du jour par la direction..."

"Prendre acte" c'est bien évidemment rendre un avis. La cgt réédite, là, le même coup qu'en décembre 2009 où elle rendait un avis (négatif certes mais bien un avis permettant à Carolis de mettre en route son "fonctionogramme")

Si le CHSCT de France 3 a donc pris acte (cette prise d'acte, il faut le redire que la direction comptabilise bien comme un avis), les CHSCT de France Télévisions SA et de FTVI refusaient de rendre un avis avant que l'expert n'ait rendu son rapport; avis que les CHSCT de RFO Malakoff et France 2 eux aussi refusaient de rendre formellement malgré les pressions de certains membres cgt qui insistaient pour que les instances, à l'instar de France 3 prennent acte.

Seulement voila rien n'est allé comme la direction et la cgt l'avaient établi. La direction communiquant sur "les CHSCT ont bien tous rendu un avis"...pour la direction "refus" vaudrait avis [ cette bonne blague]. Sur ces allégations fallacieuses, la direction et la cgt avaient donc escompté que les points mis à l'ordre du jour du CCE eux aussi suivraient le même chemin...La cgt entonnant comme de coutume son refrain (un copié-collé de celui de la direction ): "les syndicats CFDT, CGC, SNJ et SUD sont des irresponsables...ils bloquent la réorganisation essentielle à l'entreprise et empêchent les repositionnements des salariés donc leur évolution!". Qui peut encore croire de telles salades?

La direction et la cgt pensaient que les déclarations intempestives, les attitudes faussement outrées et la raillerie permanente dont ceux qui ne pensent pas comme eux font l'objet, suffiraient à entretenir une confusion monstre (voire une foire d'empoigne) qui aurait évidemment été propice -motion et délibération de la cgt s'affrontant à celles soutenues par les syndicats CFDT, CGC, SNJ, SUD & STC - à dire que la consultation ayant donc eu lieu au CCE, le refus de l'instance de se mettre d'accord sur un avis, celui-ci était rendu!

cTout était calé, le CCE au grand complet serait certes houleux mais au bout de plusieurs heures d'affrontement, la direction pourrait considérer le CCE "régulièrement" consulté.

Coup de théâtre que ni la direction, ni la cgt n'avaient prévu. L'ensemble des membres à l'exception des cégétistes ont lu la déclaration suivante, quitté séance et laissé ceux qui restaient entre eux en bonne compagnie.

Voici la déclaration:

DÉCLARATION DES ÉLUS CFDT, CGC, SNJ & SUD AU CCE EXTRAORDINAIRE DE FRANCE TÉLÉVISIONS DU 4 FÉVRIER 2011.

[Déclaration soutenue par les syndicats CFDT, CGC, SNJ, SUD & STC]

« Le CCE reprend à son compte la délibération émise par une majorité des CHSCT parisiens le 03 février 2011:

« Les déménagements s’intensifient, hors consultation des CHSCT, et parfois sans concertation avec les salariés concernés et, dans certains cas, sous la pression, (il est difficile de donner des exemples sans faire courir de risques aux salariés qui sont actuellement dans une phase de repli par crainte de leur hiérarchie),

« Les conditions de travail se dégradent suite à l’accumulation de changements non accompagnés : outils, procédures… entraînant une perte de repères pour les salariés, (idem)

« Dans le même temps, les risques psychosociaux s’aggravent et s’amplifient, et la souffrance au travail est omniprésente. Les membres du CHSCT, tout comme la médecine du travail, sont de plus en plus sollicités par les salariés en déshérence.

Ce constat perdure, malgré les alertes successives des CHSCT, l’injonction de l’inspecteur du travail en date du 21 décembre 2010 à respecter les salariés et leurs instances, et la volonté affichée de la direction de tenir compte des préconisations du rapport d’expertise.

Aujourd’hui, les membres élus du CHSCT sont consultés sur la base de documents initialement destinés aux membres du CCE. Ces documents ne présentent aucune analyse de l’impact de ces projets sur les conditions de travail, la santé et la sécurité des salariés. Par conséquent, ces documents, comme l’ensemble des communications faites en séance par la direction, ne permettent pas au CHSCT de mesurer et de comprendre l’impact du processus en cours sur les conditions de travail et la sécurité des salariés.

Certains membres élus du CHSCT estiment n’être pas en mesure de rendre un avis éclairé et ce, malgré la pression exercée par la Présidence (confer la communication du 26 janvier 2011) ».

Ce constat est largement partagé par les CHSCT de régions et d’outremer.

Forts de l’expérience passée qui nous a prouvé qu’un avis même négatif n’a pas empêché la Direction de mettre en place son organisation et de ne tenir aucun compte des préconisations qui ont été faites, les élus refusent de cautionner la politique de la Direction par un simulacre de consultation.

Les élus signataires de ce texte condamnent l’opacité accompagnant la mise en place de cette nouvelle organisation et les conséquences qu’elle entraîne pour le présent et l’avenir de l’entreprise.

Gilbert BARNABOT (Guadeloupe 1ère – CFDT)

Salim LARFA (F2 – CGC)

Dominique DUMONT (F3 NPCP – SNJ)

Marie-Laurence GRESSIER (F3 Siège- CFDT)

Michel BOULANGER (F2 – CFDT)

Dominique LE GLOU (F2 – SNJ)

Jean LEMESLE CORNEILLE (F3 LPC – SUD)

Gilles MALET (Réunion 1ère – CFDT)

Freddy BERTIN (F3 Siège – CFDT)

Stephan SOUILLÉ (F3 Siège – CFDT)

Georges CHIOCCA (F3 Corse - STC)

José SOLIA (Calédonie 1ère – CFDT)


Suite à cette déclaration, ces élus ont quitté la séance du CCE extraordinaire du vendredi 4 février 2011 à 13h30."

PS: La cgt se retrouvant donc seule face à la direction, n'a pas pu comme elle l'avait prévu, jouer sur la confusion pour faire croire que l'absence d'avis valait finalement avis.

La cgt qui accuse les autres de ne pas prendre ses responsabilités, restant seule avec la direction, avait là l'occasion de les prendre ses responsabilités...Eh bien non, au lieu de cela, la cgt a dû rédiger et lire en urgence une déclaration (personne n'est dupe) où elle indique " la cgt étant exclue, malgré l’importance de sa représentation dans l’instance, du bureau et de toutes les commissions du CCE, ses élus n’entendent pas assumer la responsabilité d’une situation de carence inédite et dangereuse dont seuls sont responsables la majorité en place et la direction. En conséquence les élus CGT quittent la séance à 15h 20"

C'est l'histoire de l'arroseur, arrosé.

vendredi 4 février 2011

Le SNPCA-CGC combattra de toutes ses forces le schéma utilisé à France Télévisions pour asservir les salariés…

Le « processus du deuil » (*) Voila ce que certains cabinets conseils en entreprises préconisent ces derniers dans les entreprises qui les paient à prix d’or pour mettre en application dans le cadre d’une « opportune » réorganisation, un processus de "vie" transposé vers le "monde de l’entreprise".

Ce schéma pernicieux dit « processus du deuil » a éclos depuis ces dernières années au sein de grands groupes. On a vu ce qu’il pouvait donner dans des entreprises comme France Télécom.

Le SNPCA-CGC ne laissera pas continuer de s’implanter insidieusement à France Télévisions, ce processus que nous allons détailler, étape par étape dans les paragraphes qui suivent.
Il consiste en plusieurs phases successives, à provoquer chez le salarié que l’entreprise prévoit de repositionner (lorsque ce n’est pas pour le pousser au départ) des sentiments croissants tendant à culpabiliser le salarié jusqu’à la résignation.

Autrement dit, il s’agit pour l’employeur de créer un « choc » dans le cadre professionnel destiné à susciter des sentiments divers et contradictoires qui vont tour à tour submerger le salarié, le déstabiliser et l’empêcher de « raisonner » normalement….La spirale de l’échec l’emporte.

Ce processus joue sur les émotions, les peurs et consiste donc à provoquer un choc ou un changement brutal dans notre environnement professionnel qui va générer des sentiments complexes et parfois violents. Le salarié a l’impression de ne plus maîtriser son comportement.

L’un des rouages connexes que l’entreprise devra développer c’est la communication. Il n’est bien entendu pas question que des syndicats, des représentants des salariés, viennent gripper ce machiavélique mécanisme.

Il convient lorsque cela arrive (inévitablement) de communiquer contre ces « méchants » syndicats qui conditionneraient les salariés, les influenceraient et empêcheraient l’employeur de mettre en place une « réorganisation indispensable », nuiraient ainsi à l’entreprise et priveraient les salariés d’évolution professionnelle voire d’une vision claire de sa société ! QUEL BARATIN

Voila les phases décrites ici pour bien comprendre comment cela fonctionne :
1°) Vous allez être « repositionné » (autrement dit le poste que vous occupiez n’existera plus comme vous le connaissiez. C’est le Choc.

2°) Cette annonce, vous la redoutiez…en somme elle ne vous étonne guère mais vous n’y croyez pas encore. Les choses peuvent peut-être bouger…sait-on jamais! C’est le Déni.

3°) Puis finalement vous vous apercevez que quoi que vous pensiez, quoi que vous fassiez, les choses semblent se mettre en place. Les tâches que vous étiez amené à effectuer vous sont progressivement retirées, les fonctions que vous occupiez vous sont au fur et à mesure retirées. C’est la Colère et aussi le Ressentiment.

4°) Ce changement que je n’ai pas souhaité, qui s’impose à moi ne me convient pas et brise mon élan pourquoi devrais-je le subir ? Mais si je résiste, si je me rebelle est-ce que je ne vais pas me griller auprès de ma « hiérarchie » (laquelle puisque tout bouge ?..et même si vous pensez avoir repéré votre N+1 comment ne pas penser qu’il ressente les mêmes choses ?!). La confusion s’empare de moi. C’est la Peur.

5°) Alors vient le doute : « cette promotion que j’étais en droit d’obtenir, ce poste que je visais et qui sera confiée à un autre (Et quel autre ?!), je vais devoir tirer un trait dessus !». Je ne comprends pas. Mais que se passe-t-il ? C’est la Tristesse.

6°) La direction a presque gagné son pari. C’est le bout de la courbe. Le salarié a quasiment perdu tous ses repères. Il ne supporte plus l’épée de Damoclès qu’il a au-dessus de la tête. Autant en finir vite…qu’elle tombe et qu’elle tombe le plus rapidement possible. Cela ne sert à rien de résister. Quitte à être « mangé » que ne s’éternise pas le supplice qui dure depuis des mois. C’est la Résignation.

C’est à ce moment précis, au plus bas de la courbe, au moment de la Résignation qu'intervient le message de la direction aux salariés : « Si vous êtes dans le doute, si vous ne comprenez pas ce qui se passe, si vous êtes déboussolés, si vous n’arrivez plus à appréhender votre avenir professionnel ou à voir quelle est votre place dans l’entreprise dont vous ne pouvez évidemment pas percevoir la politique , c’est à cause des syndicats qui vous aveuglent, appréhender votre avenir professionnel, ne prennent pas leurs responsabilités et finalement vous bloquent ridiculement ».

7°) C’est alors l’inversion de courbe…C’est la partie la plus cynique de la direction : le transfert orchestré des responsabilités….Ce n’est plus la direction qui est responsable de ce que vous subissez, de votre malheur. Ce sont les syndicats.

8°) La direction est donc à présent en position de « marchander » avec le salarié. Si vous voulez continuer votre parcours dans l’entreprise, il faut maintenant vous ressaisir. Cela a assez duré. Ou vous acceptez le poste qu’on vous « destine » (que vous soyez d’accord ou pas), ou bien il n’y a plus rien à espérer pour vous ! Ce donc le Marchandage.

9°) Comme beaucoup, vous vous dîtes sûrement que c’est le combat du pot de terre contre le pot de fer, de David contre Goliath (vous oubliez peut-être que ce n’est pas le plus « gros » ou le plus « puissant » qui a gagné). Cependant comme vous êtes déjà passé par toutes les phases, que vous n’en pouvez plus, vous êtes prêt à sauter le pas. C’est l’Acceptation.

10°) On se dit qu’il faut reprendre pied et qu’il faut essayer d e retrouver des marques dans le nouveau job que vous n’avez pas choisi mais il faut bien en sortir professionnellement. Qu’est ce que vous êtes prêt à accepter…ce que vous ne voulez plus. C’est la Reconstruction Personnelle.

11°) Reconstruction donc contraint et forcé, qui vous pousse à vous interroger sur les conditions et le contexte dans lesquels vous allez devoir poursuivre et vous reconstruire professionnellement mais aussi psychologiquement. C’est la phase extrêmement proche de la précédente. C’est la Reconstruction Contextuelle.
12°) Vous voila quasiment arrivé au bout du processus du deuil. Tout ce que vous aviez imaginé, projeté ou ambitionné, n’est plus. Il est temps d’en faire le deuil. Il vous faut maintenant tenter de vous reconstruire dans un contexte particulièrement difficile tant personnellement, psychologiquement que professionnellement. Il vous faut essayer de récupérer de tout ce que vous venez de subir et de traverser. L’étape finale : C’est la récupération. 
 
Nous le réaffirmons haut et fort; le SNPCA-CGC combattra de toutes ses forces ce schéma dit du « processus du deuil » utilisé à France Télévisions pour asservir les salariés…

mercredi 2 février 2011

France Télévisions : retour en grande pompe de l’arbitraire et du mépris…ou chronique d’un quotidien d’humiliation et de souffrances

France Télévisions : retour en grande pompe de l’arbitraire et du mépris…ou chronique d’un quotidien d’humiliation et de souffrances

Depuis ces six derniers mois, l’ambiance n’a jamais été aussi nauséabonde. La direction continue de recruter à tire-larigot, en dehors des règles et dans la plus totale opacité des conseillers, des conseillers adjoints tous azimuts quelque soit leur fonction.

Alors que la Cour d’Appel de Paris en rendant son jugement en juin dernier a consacré jusqu’en octobre 2012 l’application des dispositions, notamment en matière de « commissions paritaires », la direction a beau montrer pour la galerie que le système perdure, en coulisses les recrutements sans annonces, note de service et consultation se poursuivent…prétextant systématiquement que le profil recherché n’existe pas en interne !

Quant au PSE pour les premiers 100 départs volontaires qui ont eu lieu ce sont presque 60 nouveaux collaborateurs qui ont été recrutés…alors du reste que des centaines de personnes à France Télévisions sont sans affectation et souvent sans bureau. Il n’est pas inutile de préciser comme son nom l’indique qu'un Plan de Sauvegarde pour l’Emploi a normalement pour but de sauvegarder l’emploi, pas un moyen détourné de procéder à de nouvelles embauches en nombre alors même que des CDD qui travaillent régulièrement sur les chaînes depuis 5, 10, 15 ans voire plus, ne sont pas intégrés !

Enfin lorsque qu’il ne s’agit pas d’un recrutement extérieur, France Télévisions histoire de finir de dégouter le salarié voire de l’envoyer en dépression, le fait tourner en bourrique.

Découvrez l’exemple de ce salarié « en détresse » (c’est la formule consacrée) depuis une paire d’années.

Il occupe un poste depuis une quinzaine d’années, à la tête d'un service dans lequel il travaille depuis presque depuis ¼ de siècle. Dans son service, il a vu au fil des ans comme tous ses collègues, l’activité se réduire d’année en année…ce qui engendre, il faut bien en convenir une ambiance « particulière » et le mécontentement légitime et grandissant des salariés concernés.

Il n’y est malheureusement pour rien et ne peut pas non plus faire grand chose pour changer tout cela, se heurtant d’ailleurs très souvent à une mauvaise foi flagrante de la part des donneurs d'ordre. Lorsqu’en plus le système français favorise la production privée au détriment de la production interne avec la prolifération des contrats d'intermittents dans le privé, la déréglementation de droit du travail et, plus grave encore, le non respect des règles de sécurité en terme d'amplitude horaire, temps de transport…alors là ! Si pour couronner le tout, il fallait parler « Haute définition » (avec ses tournages en HDV pour être plus exact) réduisant des équipes de 3 à une seule personne….on n’en sortirait pas !

Il est dès lors évident que ces empilements successifs de nature à déposséder les salariés d’une majeure partie de leurs tâches, ne peuvent générer que des rapports conflictuels avec ceux qu’il est amené à gérer et pour sa part le sentiment de sentir rabaissé, asservi pour ne pas dire « lâché » par sa hiérarchie. Ce salarié de par ses fonctions qui tenaient également les « cordons de la bourse » (une petite bourse en réalité) destinés à faire fonctionner un service, a quand même dû, en toute illégalité, pour son compte bancaire personnel comme servant d’avance pour des dizaines de milliers d’euros."

Souhaitant donc évoluer, il a choisi de s’orienter vers de nouveaux postes. Début 2009, on lui suggère de faire un bilan de compétence. Il le fait et en sort avec des éloges : il est bien un manager, un vrai. Les quelques 15 années passées à son poste, ses entretiens individuels, ses discutions avec sa hiérarchie, son intérêt et sa participation active au stages de management en attestent également.

Sa hiérarchie lui indique que la réorganisation (Carolis) et le départ volontaire à la retraite de centaines de salariés vont faciliter les choses. Il « ambitionne » donc un poste en adéquation avec son parcours professionnel et ses capacités. Il va même presque postuler lorsqu’il apprend que pour le poste visé, une personne était déjà pressentie sans qu'il y ait consultation.

Les grandes phrases de Carolis affirmant que la plus grande transparence serait garantie dans le cadre des postes à pourvoir, prennent ici tout leur sens.

Après avoir été reçu par un premier responsable, puis un deuxième qui lui avait pourtant laissé entendre que le poste lui correspondait totalement, on lui a fait le coup des 2 nouvelles : la bonne et la mauvaise.

La mauvaise : il n’aurait pas le poste qui était déjà pourvu (!) sans consultation donc

La bonne : il se verrait proposer avec l’aval de sa « très haute » hiérarchie, un autre poste encore mieux et finalement lui correspondant beaucoup plus…. Un « gros poste de management » dans un univers qu’il connait avec certains métiers, peut-être pas tous, qu’il connait bien également.

Que pouvait-il dire d’autre, après quelques secondes de réflexion, que "oui…bien" ? Sa hiérarchie l’encensait… « un jeune manager ayant fait ces preuves et ayant tout de même pas mal de bouteille ». Le poste était donc pour lui, c’était dit. Il serait missionné le jour du poisson d’avril (il aurait peut-être dû se méfier) pour commencer à travailler avec celui qui partait en retraite, histoire qu’il le prépare et lui transmette son savoir.

Avril et mai passent….pas de nouvelle, ni de la mission, ni du poste. Juin arrive, re-convocation de sa hiérarchie « on compte sur lui …le retard, c’est juste que le salarié en partance a différé son départ en retraite. » Au plus tard le 1er juillet, il recevrait (dans un premier temps) sa lettre de mission.

Vacances d’été, pas de lettre de mission. Avant de partir il rencontre encore un nouveau responsable qui ne lui en parle pas. Vacances moyennes…il restait probablement sur sa fin ayant une fois été échaudé.

A son retour, il est à nouveau convoqué par l’adjoint du responsable « le poste qu’on vous destine doit bien évidemment passer par une consultation … (c’est curieux puisqu’il n’en ait pas été question pour le précédent) mais on compte absolument sur lui pour l'occuper ». Il devait se considérer « l'héritier naturel de ce poste ».

Comme dirait la pub Loto « C'est le jeu ma pauvre Lucette», il acceptait naturellement le principe de cette consultation…il connaissait bien les règles conventionnelles et les respectait.

Alors qu’il s’était refusé dans ces conditions de « courir plusieurs lièvres à la fois » en ne postulant sur aucun des autres postes qui sortaient et pouvaient l’intéresser, il se pliait donc au « jeu » du candidat à une consultation (soit dit en passant, les niveaux de ces postes, font très souvent l’objet d’informations et non de consultation mais bon… !).

Il attend donc que le poste sorte pour postuler et pour la forme, aller se renseigner auprès qui de droit sur le périmètre du poste ainsi que son « contenu ». Hélas, cette fois-ci, le partant a ait bien quitté l’entreprise. Le poste ne sortira pourtant en consultation qu’après son départ à l’automne. Insensé.

Alors il fait formellement acte de candidature. On compte toujours sur lui. Il peaufine sa lettre de motivation et son CV. Il passe avec la hiérarchie un entretien d'une heure et quart. « Il répond avec pertinence aux questions et ce avec une très grande sincérité…il est bon à l'oral et encore meilleur dans l'écoute et à l'analyse. C’est un excellent candidat ».

Ravi de cet échange, il passe ensuite l'entretien avec la RRH. Conquise par ses propos, elle souhaite même en fonction des disponibilités de son interlocuteur poursuivre pour reparler de tout cela lors d’un déjeuner.

Quelques jours après, on lui a fait le coup des 2 nouvelles : la bonne et la mauvaise.

La mauvaise était la même qu’au printemps dernier, il n’aurait pas le poste…

La bonne, elle consistait à lui proposer un « poste d’interface entre la direction et un service qu’il ne connaissait pas du tout ».

Si ce n’était la souffrance d’un homme que l’on tire à hue et à dia depuis des mois, tout cela serait risible…seulement voila, c’est cet homme comme une majorité de femmes et d’hommes aujourd’hui que l’on humilie et tourne en ridicule qui se retrouvent « en détresse ».

Au bout du compte, il restait en détresse sur son poste. Il postulait sur d’autres mais ne pouvait jamais les avoir ; il est donc toujours en détresse sur le poste qu’il n’a finalement pas quitté...poste que la direction voudrait à présent qu’il laisse en lui proposant n’importe quoi !

Comment ce professionnel qui a passé une trentaine d’années au service de l’entreprise, doit-il prendre cela ? Comment peut-il encore avoir confiance en sa hiérarchie qui visiblement devrait, elle, passer un bilan de compétence pour savoir ce que manager veut dire ?

Finalement ce collaborateur maltraité, il ressent quoi ? Il est qui, quoi ? Pas un chef de service qu’il est pourtant depuis ces quelques quinze ans ? Pas un cadre, pas de l’encadrement ? Pas un manager ? En somme plus rien. Il a été pendant plusieurs semaines en arrêt maladie et sous tranquillisants.

Comment imaginer qu’il ne sente pas rabaissé, victime de mauvais traitements…victime des fameux risques psychosociaux dont on parle tant. Et si demain, il devait faire une connerie, France Télévisions viendrait dire qu’il avait des problèmes perso ?!

"Cerise sur le gâteau, il a découvert, que le même poste (celui pour lequel il était fait) avait également été promis à un collègue qui ne l'a pas eu non plus. Le poste a été attribué à une collaboratrice en arrêt de travail depuis 9 mois et qui n’a depuis et à ce jour toujours pas pris ses fonctions."

Qu'à cela ne tienne, il ne serait pas "raisonnable" pour certains de s'arrêter à si peu ...ils préfèrent faire la fête dans les restos du 16ème voire dans le faste et le luxe hôtelier de la place Vendôme.