Delphine sort l'artillerie lourde pour tenter de sauver le soldat Ernotte...et toujours avec l'argent des Français.
Il y a quelque chose de particulièrement malsain dans cette grand-messe organisée hier (14 avril 2026) par France Télévisions au théâtre La Scala à Paris, intitulée « L’information, nouvelle ligne de front », sur le thème « Guerre, ingérences, menaces : les médias, acteurs de la défense européenne ». Pas seulement dans ce qui s’y dit — convenu, balisé, institutionnel — mais dans le moment choisi.
Après que quelques-uns à France Télés ont fait brûler des cierges à sainte Rita, en janvier de l'année dernière, attendant désespérément que le vote de la motion de censure d'un bloc de gauche qu'ils imaginaient au-dessus des 288 suffrages requis, fasse tomber le gouvernement d'alors et dans la foulée provoque la dissolution qui aurait fait disparaitre la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », il fallait donc trouver autre chose.
Torpiller la commission, pilonner au quotidien son rapporteur avec le soutien sans faille du député du Calvados qui n'a pas raté un tacle, une remarque, un recadrage, une admonestation, reformulation ou un esclandre, allant jusqu'à suspendre les séance au nom d'une soi-disant dignité dont visiblement il ne connait visiblement pas la définition et souhaiter qu'avec ça une majorité de députés amis (LES 12 FAVORABLES) bloquent l'adoption du rapport !
Il semble bien que parmi la douzaine recensée dans un document de France Télés, les rangs commencent à se dégarnir au fur et à mesure qu'approchent les Législatives (dans un an) qui flingueraient à coup sûr toutes celles et ceux qui empêcheraient ledit rapport de sortir.
D'où la nouvelle sortie de route de l'ex-Orange qui vient de se prendre une deuxième motion de défiance dont la commission a montré nombre d'incohérences dans ses déclarations (c'est un moindre mot) et avec un climat de rejet croissant envers l’audiovisuel public : organiser une matinée où elle se met en scène… comme rempart démocratique.
"La manœuvre est grossière" militairement parlant car derrière les mots ronflants — “résilience”, “ligne de front”, “défense européenne” — il y a surtout une opération assez gros sabots : transformer une position fragile en position indispensable.
Une nouvelle propagande par transitivité ou comment prendre les Français et la Représentation nationale pour La 7ème compagnie :
- le monde est dangereux
- l’information est une arme
- donc ceux qui contrôlent cette information sont essentiels
Par extension : Toucher à France Télévisions, ce serait fragiliser la démocratie elle-même. Ben voyons...Tellement bourrin que c'en est pathétique.
Cette mise en scène alors que les caisses sont vides, sonne comme une nouveau et énième dérapage - celui de trop, il faut le penser - pour éviter soigneusement les questions qui fâchent : Pourquoi une partie croissante du public ne fait plus confiance au service public et celui-ci devrait-il ne jamais être questionné sur l'utilisation des milliards d'argent public ?!
À la place, on change le décor : Non, nous ne sommes pas face une crise de crédibilité, c’est une guerre informationnelle...Ce n’est pas une défiance interne, ce sont des ingérences externes !
Autrement dit : si les gens doutent, ce n’est pas forcément que les médias ont failli…c’est peut-être qu’ils ont été manipulés.
Pratique mais tellement ridicule. dans ce contexte , la "conférence" ressemble moins à un débat qu’à une démonstration de légitimité avec journalistes, experts, militaires et institutionnels, tous alignés pour produire un récit cohérent : Nous sommes du bon côté donc nous devons rester en place.
Et tout le monde est supposé avaler la couleuvre...le boa constrictor serait plus juste ?! Ce qui est frappant, ce n’est pas tant le contenu — prévisible — que l’absence totale de mise en danger intellectuelle.
Aucune vraie contradiction.
Aucune remise en cause sérieuse.
Aucune interrogation sur les angles morts du système.
On ne questionne pas le rôle du service public. On le sacralise...sur l'air "ta commission d'enquête tu sais ce que j'en fais!". Difficile dès lors, de ne pas y voir une forme de plaidoyer indirect :
regardez comme nous sommes utiles
regardez comme nous sommes responsables
regardez comme nous sommes nécessaires
Bref
regardez pourquoi il ne faut surtout pas nous remplacer....me remplacer, moi Ernotte !
Ce n’est pas encore un scandale mais ça pourrait bien devenir l'étincelle d'une fronde prête à repartir de plus belle. Mais c’est révélateur de cet entre soi qui pervertit et pourrit tout.
Certes à ce stade, il n’existe aucun élément public solide permettant d’affirmer que Matignon ou l’Élysée ont piloté ou commandité directement cet événement mais la question se pose parce que quand un média commence à expliquer qu’il est un acteur de la défense, il cesse, au moins en partie, d’être un objet de critique...et c’est précisément là que le problème commence.
La conclusion le blog CGC Média la laisse bien volontiers au sénateur Max Brisson :


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