RAPPORT ALLONCLE : DES POSTURES AU RÉSULTAT — CE QUE LE VOTE RÉVÈLE
Entre promesses, revirements, menaces, attaques, sarcasmes et enfin décision finale...chacun comprendra mieux le climat délétère que la rapporteur a dû affronter durant l'intégralité de cette commission d'enquête sur l'audiovisuel public.

Il illustre avec brio, le lancement de la mini série dont chacun attend avec impatience le dénouement après ces 6 mois de tensions en tous genres et en coups bas de toutes sortes...
En politique, ni le bruit, ni les coups d’éclat, ni les zones d’ombre ne disent la vérité. Tout se joue dans l’écart entre ce qui se dit et ce qui se fait. Ces derniers temps, cet écart s’est transformé en gouffre difficile à masquer. Il y a les faits et puis il y a la manière de les raconter à sa sauce.
Au lendemain des récits du Canard Enchaîné et de Marianne, le vote sur le rapport Alloncle ne se lit pas tout à fait de la même façon.
D’un côté, la scène captée : sortie de commission, tension palpable. La députée socialiste Ayda Hadizadeh lance au président Horizons Jérémie Patrier-Leitus : « Vous nous avez lâchés en rase campagne. » La phrase claque. Elle ne se discute pas, elle accuse. Une promesse aurait été faite… et elle n’a pas tenu au moment décisif ! Cette séquence révèle une époque où l’écart entre la parole et le vote n’est plus un accident, mais une véritable méthode.
De l’autre, Marianne décrit les coulisses : un week-end d’appels frénétiques, de tractations intenses, de tentatives désespérées pour faire basculer le vote. Une ligne défendue jusqu’au bout… avant de se fracasser sur le résultat.
Désormais, les déclarations de Charles Alloncle sur CNews apportent une clé décisive. Selon le rapporteur, le clan Attal a raté son coup pour une raison simple et cynique : Gabriel Attal a annoncé l’abstention de son groupe en sachant pertinemment que cela ne suffirait pas à bloquer le rapport. Il connaissait les équilibres de voix. En s’abstenant plutôt qu’en votant clairement contre, il a cherché à préserver une image de modération tout en laissant le soin aux autres de tenter d’étouffer le travail. Un calcul qui s’est retourné contre lui puisque le rapport a été adopté de justesse, malgré la manœuvre.
Charles Alloncle l’a dit sans détour de celles et ceux qui ont mis la pression pour censurer constats et recommandations : « ce sont des gens qui ont un problème avec la démocratie et avec le pluralisme ».
Deux récits. Même vote. Même homme au centre mais plusieurs niveaux de lecture qui s’entrechoquent. Ils sont de plus en plus nombreux à présent les observateurs qui s'interrogent sur certains liens entre membres de la commission et l’écosystème qu’ils étaient censés examiner.
Le parcours passé d’Ayda Hadizadeh au sein de structures liées à l’audiovisuel public nourrit, chez beaucoup, des questions sur d’éventuels conflits d’intérêts ou recoupements de trajectoires.
Erwan Balanant (MoDem) évoquait déjà un contre-rapport.
Sophie Taillé-Polian la porte parole de François Ruffin candidat à la présidentielle de 2027 qui s'est payé le rapporteur dès la première séance, n'a pas non plus hésité à diffamer le secrétaire général de la CGC l'accusant faussement d'avoir menti. En tout cas, il n’était pas parti skier à Courchevel.
Le compte rendu qui a été le plus long à sortir - trois semaines après l’audition de la CGC - et qui ne disparaîtra pas, le prouve clairement. Ce compte rendu d'où la séquence avec Ayda Hadizadeh qui indique au syndicat, qu’il devrait savoir que "dans toutes les commissions d’enquête, les questions sont transmises avant aux convoqué(e)s" a été caviardée mais qui est bien toujours sur la vidéo qui ne disparaître pas.
Toute la gauche - si ce positionnement a encore un sens ! - elle, s’est regroupé : « Touche pas au grisbi ». Le reste, tout le monde l'aura compris. Autour du rapport Alloncle, ce n’était plus une commission : c’était un rond-point politique. Chacun mettait son clignotant, personne ne prenait la même sortie. L’un photographie l’instant de la rupture. L’autre décrit le processus : l’effort, les pressions, puis l’échec.
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Probablement ce que Christophe Tardieu le secrétaire générale de France Télés qui écrit des livres avec David Lisnard, lui aussi candidat à la présidentielle de 2027, qualifiait dans Télérama "cette ère de post-vérité où un mensonge répété finit par devenir une vérité" faisant référence à la commission.Le même Tardieu qui le 13/12 était bel et bien sur CNews dans l'émission "Face à Bock-Côté" pour faire la pub de son bouquin qu'il a trouvé le temps d'écrire (¤)
Le bobard à répétition est hélas devenu un concept politique moderne...celui qui permet de tenir une ligne… et de ne pas la retrouver au moment de voter. Qui autorise l’effort… sans jamais garantir le résultat.
Comme le disait Jacques Chirac : "Les promesses n’engagent que ceux qui y croient."
Certains défendent une ligne de conduite et de convictions mais sont de moins en moins nombreux.. D’autres défendent surtout la sortie de secours et c’est là que tout se joue. Vu de l’intérieur : arbitrages, rapports de force, tentatives de sabotage.
Vu de l’extérieur : un seul chiffre, un seul vote. Le reste s’efface. Certains diront qu’il s’est battu. D’autres qu’il a cédé. La scène publique, elle, ne retient qu’une impression : la promesse non tenue, le lâchage perçu, et la manœuvre du clan Attal qui a fait pschitt.
En politique, il y a ceux qui annoncent… et ceux qui décident. Et ce ne sont pas toujours les mêmes. Au fond, le seul vainqueur devrait être un audiovisuel public réellement indépendant, neutre, irréprochable, transparent dans son financement, pensé pour tous les Français, porté par des professionnels compétents et doté d’un pilotage sain.
Il est clair que ce rapport doit maintenant déclencher, sans délai, de véritables conséquences avec des changements de gouvernance à la hauteur des dérives pointées. La vraie question reste simple et brutale : qui rendra des comptes… et dans combien de jours ?

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