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vendredi 28 août 2026

Arnaud Ngatcha ou l’art de transformer à France Télévisions, l’opacité en « Engagement » !

Arnaud Ngatcha ou l’art de transformer à France Télévisions, l’opacité en « Engagement » !

France Télévisions vient d’inventer un poste. Pas un simple recyclage : une pure création. « Directeur de l’Engagement ». 


Des contours ? Aucun. Des missions précises ? Nulle part. Une définition opérationnelle ? Introuvable. Juste un titre ronflant, flou, élastique, parfaitement calibré pour accueillir M. Arnaud NGatcha, l’ancien adjoint d’Anne Hidalgo fraîchement libéré de ses fonctions municipales en mars 2026.

Ce n’est pas une promotion. C’est quasiment une récompense. Une récompense pour avoir parfaitement maîtrisé l’exercice de l’enfumage devant la commission d’enquête parlementaire.

Souvenez-vous de l’audition du 11 février 2026. Face aux questions du rapporteur sur le cumul de deux temps pleins – un à France Télévisions (environ 100 000 euros nets) et un à la mairie de Paris (environ 60 000 euros) – M. Ngatcha a excellé dans l’art de ne rien dire. Répartition de son temps de travail ? « Je respecte la loi. » Détail de son agenda entre les deux postes financés par le contribuable ? Refus poli. Utilisation de la voiture de service et de la carte essence pour des déplacements politiques ? Silence. Accusations d’emploi fictif portées par Transparence Citoyenne et signalées au PNF ? Il se retranche derrière son statut d’élu et sa qualité de « directeur des opérations spéciales ». On l’interroge sur l’un, il répond sur l’autre. On insiste, il invoque le droit. On demande des preuves concrètes d’activité, il énumère des réunions et des « points d’entrée ».

Même posture du côté de Delphine Ernotte. Interrogée sur le salaire et les avantages du directeur, la présidente de France Télévisions botte en touche : « Ce n’est pas mon rôle. » Elle confond ses missions avec celles d’un autre, se contredit sur le Téléthon, et défend bec et ongles un arrangement où un adjoint de la maire de Paris conserve un poste de cadre dirigeant à plein temps dans le service public audiovisuel, sans avenant, sans réduction de salaire, sans transparence réelle. Deux temps pleins, deux rémunérations publiques, zéro explication satisfaisante. Les juges du PNF, eux, semblent moins pressés que lorsqu’il s’agit d’un maire LFI.

Et maintenant que le mandat municipal est terminé, on invente « l’Engagement ». Un poste dont personne ne sait ce qu’il recouvre, créé ex nihilo, juste à temps pour que le circuit fermé continue de tourner. Du cabinet Flessel aux opérations spéciales de France Télévisions, de l’adjoint Hidalgo au directeur de l’Engagement : le parcours est d’une cohérence parfaite. Cohérence du réseau. Cohérence de l’impunité. Cohérence du mépris pour le contribuable qui finance ces titres pompeux et ces salaires confortables.

L’attitude devant la commission d’enquête n’était pas un accident. C’était une démonstration. Une démonstration que, dans ce système, on peut cumuler, éluder, se retrancher derrière la légalité formelle, et ressortir non seulement indemne, mais promu à un poste encore plus vague et encore mieux nommé.

« Engagement ». Le mot est magnifique. Engagement envers le service public ? Non. Engagement envers la continuité du système, envers le recyclage des mêmes, envers l’opacité assumée. Un titre vide pour un poste inventé, offert à celui qui a prouvé, face aux représentants de la Nation, qu’il savait parfaitement ne pas répondre.

France Télévisions n’a pas nommé un directeur. Elle a officialisé une méthode : quand les questions deviennent gênantes, on crée un titre. Quand le mandat s’achève, on invente une direction. Quand la transparence est exigée, on oppose le silence poli et un CV de réseaux.

Voilà l’Engagement selon Arnaud Ngatcha et Delphine Ernotte : s’engager à ne jamais vraiment rendre de comptes.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

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