France Télévisions en casquette de flics d’entreprise !
Le 15 août à 22 h 30, pendant que les salariés terminaient leur service comme des adultes responsables, deux figures du Centre de Diffusions et d’Échanges de France Télévisions ont jugé utile de sortir leurs torches et leurs airs de grand inquisiteur pour une descente surprise dans les locaux. Objectif affiché : vérifier si les employés « consommaient de l’alcool ».
Résultat de l’opération coup de poing : une bouteille de Chardonnay non entamée dans le frigo.
Pas de bouteilles vides qui roulaient sous les tables.
Pas de collaborateurs allongés sous les bureaux en chantant l’Internationale.
Juste une bouteille intacte.
Un salarié a eu l’outrecuidance de dire « c’est la mienne ». On lui a alors proposé, avec le sourire de ceux qui savent qu’ils tiennent le pouvoir, de se soumettre à un alcootest. Il a refusé. Et hop : mail de rappel à l’ordre avec compte-rendu versé à son dossier. Comme si l’on venait de découvrir un trafic de crack dans les toilettes.
Pendant ce temps, sa collègue rappelait solennellement les « règles » : cidre, vin, poiré et bière sont tolérés pendant le repas.
Tolérés. Quelle générosité.
Sauf que :
• le restaurant d’entreprise propose lui-même du vin et de la bière,
• la salle de restauration du CDE n’est, selon les propres mots de la direction, qu’une extension de ce même restaurant,
• la même direction estimant normal de débarquer à 22 h 30 comme des agents de la BAC pour traquer une bouteille neuve dans un frigo.
On appelle ça de la cohérence ?
Ou plutôt du deux poids, deux mesures version management toxique ?
On autorise le vin à table le midi… mais on criminalise sa simple présence dans un frigo le soir.
On tolère la consommation pendant le repas… mais on transforme un refus d’alcootest (sur une bouteille non ouverte) en faute disciplinaire.
On parle de « règles »… tout en organisant des rafles nocturnes dignes d’un centre de rétention.
Est-ce du harcèlement ?
Quand une hiérarchie se permet de :
• contrôler les frigos après 22 h,
• menacer un salarié pour possession d’une bouteille intacte,
• verser un compte-rendu au dossier pour refus d’un test qui n’avait aucune base légitime,
… on n’est plus dans le management. On est dans le flicage d’entreprise, version petite chefferie qui a trop regardé les séries policières.
Le message est clair :
« Vous avez le droit de boire un verre… tant que c’est nous qui décidons quand, où, et dans quelles conditions. Et surtout, ne croyez jamais que vous êtes des adultes. »
Alors oui, ce billet mérite d’exister.
Parce que la prochaine fois, ce sera peut-être un paquet de gâteaux « non autorisés », une bouteille d’eau gazeuse « suspecte », ou simplement le crime d’avoir encore un peu de dignité.
Le binôme chercheur n’a pas trouvé d’alcooliques. Il a montré en tout cas qu’il préférait traquer des ombres plutôt que de faire confiance aux équipes.
Et ça, c’est bien plus dangereux qu’une bouteille de Chardonnay non ouverte.
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