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mercredi 20 mai 2015

La CFDT Média écrit au Président de la République...le SNPCA-CGC soutient totalement cette démarche et ce courrier.

La CFDT Média écrit ce 20 mai 2015 une lettre au Président de la République sur "l’audiovisuel public, sa gouvernance et sa régulation qui défraient la chronique depuis plusieurs mois maintenant..."

Le SNPCA-CGC syndicat partie civile aux côtés de la CFDT dans le volet France Télévisions de l'affaire Bygmalion instruit par le juge Renaud Van Ruymbeke, soutient totalement cette démarche et ce courrier.

Le blog CGC Média n'ajoutera pas grand chose à cette lettre (ci-après) plus qu'édifiante, sauf à paraphraser le syndicat : "Les éléments qui reviennent à nous depuis plusieurs semaines et qui dépeignent au CSA, un fonctionnement digne des meilleures républiques bananières." 


Voici ce courrier
 
"MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE...


Monsieur le Président de la République Française, nous voici réunis, nous militants, élus, représentants syndicaux CFDT- Médias France Télévisions, autour de ce courrier, pour vous interpeller sur l’audiovisuel public, sa gouvernance et sa régulation qui défraient la chronique depuis plusieurs mois maintenant... 


Les récentes révélations de Médiapart ne font que coucher sur le papier les éléments qui reviennent à nous depuis plusieurs semaines et qui dépeignent au CSA, un fonctionnement digne des meilleures républiques bananières.  

Tant de dysfonctionnements ne peuvent, selon nous, relever du hasard, pas plus que de la loi des séries ; mais bien d’un manque de compétence, de transparence, d’éthique, de morale, en somme de sérieux et de respect dans la conduite de la chose publique. Les faits que nous soulignons ici relèvent d’une forme de dérive dans la gouvernance et le contrôle de sociétés, dont la mission est de servir le public et dont l’état, seul actionnaire, en est le garant.



En mai 2014, la ministre de la culture de l’époque, nomme directeur de cabinet, le Directeur Général de France Télévisions. Jusque là rien d’extravagant. C’est oublier qu’il évolue alors (et encore aujourd’hui) sous le statut de témoin assisté dans l’affaire Bygmalion/France Télévisions, dossier dans lequel nous sommes partie civile. Si une mise en examen et encore moins, un statut de témoin assisté, ne doivent.pas entacher la présomption d’innocence, une telle nomination à la tête du ministère de tutelle, dénote pour le moins un manque de prudence et de sérieux. Comment peut-on exercer sereinement cette fonction, alors-même que, du jour au lendemain une audition chez le juge peut vous replonger dans le passé de l’entreprise que vous êtes chargé de contrôler et que vous dirigiez quelques heures plus tôt ? Les déclarations de la ministre d’alors, témoignaient de son idée très précise sur l’issue de l’enquête en cours. Martin Ajdari n’avait rien à se reprocher dans l’affaire Bygmalion, affirmait-elle en substance. Elle savait alors, ce que le juge lui, ne sait pas encore aujourd’hui. Est-ce bien là le rôle d’une ministre que de se prononcer sur une instruction en cours ? Est-ce bien sérieux, est-ce bien prudent ?



Bien que choquant, ceci n’était que le hors-d’œuvre d’un menu assez indigeste, offrant par la suite, des plats d’une bien plus grande résistance à l’entendement et à la morale.



En mars dernier, profitant d’indiscrétions, Le Canard Enchaîné révèle l’affaire du «bureau» du Président de Radio France. On entre ici dans un train fantôme. La moquette, le palissandre, l’atonie du CSA, les pressions du ministère, l’enquête frileuse de l’IGF, la grève la plus longue de l’histoire de la radio, les antennes en pilote automatique et la sensation pour les auditeurs, les salariés et les contribuables que personne ne tient la barre, mais que beaucoup s’accrochent à la rampe. Personne capable de dire le droit, d’imposer la morale ou au moins la bienséance face aux excuses pathétiques du PDG, aux bilans de ses prédécesseurs, à l’inspection gênée de l’IGF... Le ministère nomme un médiateur au pouvoir limité, le CSA reste atone... Comme d’habitude.



Et puis commencent à sortir les éléments sur l’histoire de la désignation de Mathieu Gallet. La drôle de campagne avant sa candidature. La drôle de journée de visite de l’INA organisée pour le CSA, avec la bénédiction de son président selon un conseiller même du CSA. Le sentiment de certains sages, dans « Le Monde », d’avoir été manipulés... Pour couronner le tout, Télérama (23/03/2015) met au jour des liens familiaux entre Olivier Schrameck, lui-même, et le directeur du marketing de Radio France, un transfuge de l’INA, un proche de Mathieu Gallet. Mais cela ne gêne à priori personne. Et depuis on en est là. Le PDG, le médiateur, et les beaux-parents, coexistent sans qu’on sache vraiment qui gouverne, comment, ni pour quoi faire ?



Pendant cette affaire, le CSA en préparait une autre, celle de l’élection du nouveau président de FTV. Ou plutôt l’élection de Delphine Ernotte Cunci; car les éléments qui filtrent à l’issue de cette séquence, dessinent un simulacre de concours. Un mauvais Vaudeville écrit à la lueur des chandelles, répété en coulisse et qui devait se jouer sans public.



33 candidats déposent un dossier. Certains ont été auparavant plus ou moins encouragés à s’aligner. Le casting doit avoir fière allure. Ils ne savent pas que les dés roulent déjà. Premier aperçu au soir de l’établissement de la short-list.



Sept candidats retenus, suppose la presse, qui n’a aucune communication officielle sur la chose. Parmi eux, deux candidates n’ont aucune expérience dans le milieu (N. Collin – La Poste – et D. Ernotte Cunci – Orange), un ne l’a vu que de très loin (C. Beau – Monnaie de Paris-). Des choix surprenants mais qui apparaissent aberrants, quand on prend connaissance des recalés du premier rang, parmi lesquels MC Saragosse (Présidente en exercice de France Média Monde), Emmanuel Hoog (AFP), Alexandre Michelin (Paris Première, Canal Plus, France 5) ou encore Didier Quillot (ex- Lagardère Active). Ils ont tous planché et remis des dossiers d’une centaine de pages ou plus, contre par exemple à peine une trentaine pour D. Ernotte Cunci. Ne même pas les auditionner est proprement scandaleux au regard des candidats retenus. Visiblement ils auraient été victimes d’une sorte de vote bloqué, 4 voix s’opposant systématiquement à leur sélection. Cela ressemble à un véto télécommandé. Ils ne le savent pas encore mais ils viennent de se heurter au socle qui portera la nouvelle présidente à la victoire.



La suite vire au drame familial. Le CSA coupé en deux. Rétifs aux injonctions de son cavalier, la moitié des conseillers refuse de se rendre et de livrer les clés de FTV sur commande. Ils résistent toute une journée durant. Pour départager Delphine Ernotte Cunci et Pascal Josèphe l’autre finaliste, une nouvelle audition est improvisée, avant un nouveau vote.



On est déjà dans une forme de télé réalité, qu’on nous promet d’ailleurs, dans un futur proche. Paris bruit de coups de fils, de rumeurs, d’interventions, de dîners et de déjeuners. C’est lors d’un de ceux-ci, Monsieur le Président, qu’un de vos proches, un élu, le jour du dernier vote, aurait fait passer l’ordre à Pascal Josèphe de se rallier à Delphine Ernotte. Par la suite on apprendra que votre ancien conseiller audiovisuel aurait aussi fait campagne pour la gagnante, aux côtés de Xavier Couture (ex-TF1 et Canal +, actuellement Orange) qu’on ne savait pas jusque là si attaché aux valeurs de l’audiovisuel public.



Selon Le Point, même la CGT aurait eu droit à son rendez-vous particulier en amont avec l’élue... Voici donc le résultat, et peut-être pour lui l’intérêt, de la procédure secrète inventée pour l’occasion par Olivier Schrameck.



Secret des candidatures, secret des votes, secret des auditions, et au final, suspicion à tous les étages. Avec comme certitude le slogan de ceux qui savent être nés pour gouverner les nations et les peuples : ça se tassera... Mais visiblement ça ne se tasse pas. Le CSA peut compter sur nous.



Votre  prédécesseur,  Monsieur  le  Président,  avait  forcé  l’usage  de  la  démocratie  en nommant directement les Présidents des chaînes publiques ; mais au moins, celui de FTV avait-il dû se plier à une audition publique devant le peuple et les élus. Ici rien, à part un communiqué  et  un  PDF  au  lendemain  de  l’élection.  Le  CSA,  d’habitude  si  frileux  à sanctionner les chaines fautives, innove pour le processus de désignation de la personne chargée d’engager pour 2,8 milliards d’euros d’argent public chaque année, et affiche, l’écran noir ! On est loin de la transparence que vous nous avez promise. Cette mascarade ne rendra pas non plus grand service à la nouvelle équipe dirigeante.

Olivier Schrameck n’a donc rien appris de son crash électoral de 2002, lorsqu’il dirigeait le cabinet de Lionel Jospin à Matignon. Du Conseil d’État à Matignon, de Matignon au CSA, ou comment passer sa vie hors-sol, sans jamais devoir faire face aux conséquences de ses décisions,  de  sa  gestion.  Depuis,  la  presse  n’en  finit  plus  de  refaire  l’élection,  à  coup d’indiscrétions et de comparaisons. Celles entre le dossier de D. Quillot et celui de D. Ernotte réalisées par L’Express, et poursuivies par Médiapart, ne manquent pas de sel. De troublantes similitudes apparaissent en effet. Ailleurs on parle d’injonctions téléphoniques pour faire basculer la voix qui manquait. Tout peut être démenti et rien n’est totalement faux puisque tout s’est joué dans l’ombre et dans le dos des Français. Olivier Schrameck ira même jusqu’à menacer ses conseillers de poursuites s’ils révèlent le secret des délibérations, des votes, des auditions. Alors même que ceux-ci envoyaient des sms, téléphonaient le soir  etc. C’est pathétique.



Mais que dire de l’attitude de Sylvie Pierre-Brossolette qui reconnait à demi-mot devant le journaliste de Médiapart qu’elle aurait joué les entremetteuses pour Delphine Ernotte Cunci, au  moins une fois, mais nous ne sommes peut-être pas encore au bout de nos surprises. Comment  dans  ce  cas  valider  une  procédure  dans  laquelle  ceux  qui  sont  garants  de l’impartialité de la procédure, qui engagent par leurs actes, la probité des présidents des deux assemblées et la vôtre, agissent avec autant de désinvolture ? Le microcosme « réseauteur » de l’audiovisuel parisien peut donner l’impression d’être un cocon, mais il n’est pas étanche et de telles imprudences, si elles devaient se révéler exactes, discréditeraient encore un peu plus l’institution. Bien sûr, dans une des démocraties nordiques ou anglo-saxonnes auquel le gouvernement fait souvent référence, ce genre de comportement aurait déjà été vérifié, et en réalité la personne en cause aurait déjà dû en répondre depuis longtemps. Qu’il semble loin le temps où cette éditorialiste écumait les plateaux et donnait dans ses articles le ton sur la contenance que vous, élus, deviez adopter dans l’intérêt du pays.



Il  en  va  de  même  de  la  déclaration  liminaire,  rapportée  par  Médiapart,  qu’Olivier Schrameck aurait faite avant le premier tour,  déconseillant de voter pour des candidats déjà en   poste,   désignant   nommément   Marie-Christine   Saragosse   de   fait   comme   non- sélectionnable. Encore une fois, si un tel comportement est avéré, il ne manquera pas de choquer la morale et de démontrer que le costume est bien trop grand pour celui qui l’enfile car, penser que ce genre de propos peu rester dans les secrets des délibérations, relève d’une confondante naïveté. Et donc, osons violer le tabou à propos d’un conseiller d’état, d’une certaine incompétence.



En attendant, au sortir de cette élection, on en sait encore beaucoup moins sur ce qui attend France Télévisions, ses téléspectateurs-contribuables et ses salariés, que lors de la nomination de Rémi Pflimlin en 2010. C’est un comble !


Pour la  transparence on  repassera. Simplement on  apprend dans  le  dossier de  notre nouvelle présidente, qu’elle nous promet l’arrivée de la téléréalité – ouf ! enfin !- et que selon Médiapart elle nourrirait une forme d’aversion pour le journalisme qui dérange (c'est-à-dire en fait, le journalisme). Elle citerait volontiers, toujours selon le site, Cash Investigation comme une émission qui n’a pas sa place sur le service public. Voilà donc qui nous promet des débats d’une grande portée et sans doute pour elle quelques ennuis si, ces propos sont mis en œuvre. Mais  voyez-vous,  Monsieur  le  Président,  ceci  nous  n’avons  pas  pu  le  vérifier  car contrairement à son prédécesseur Delphine Ernotte Cunci, n’a jamais défendu son projet en public. Le CSA a donc réussi à vous faire endosser une procédure de désignation à la présidence de France Télévisions, beaucoup plus opaque que du temps de Nicolas Sarkozy. Un tour de force !

Tant  de  zones  d’ombres, de  silhouettes, d’entorses à  la  morale et  aucune réponse ? Aucune investigation pour lever les doutes ? Vous qui avez nommé son président, avec pour mission première, de clarifier la régulation de l’audiovisuel public, pouvez-vous laisser le CSA s’enfoncer dans la glaise des affaires, de la rumeur, de la suspicion sans rien faire ? La très récente vente de la chaine Numéro 23 montre bien que les règles sont faites pour être adaptées  aux  circonstances  et  aux  personnes.  Et  que  l’alternance  ne  concerne  pas l’audiovisuel. Ici encore, on y trouve des intérêts qui ne sont pas que philosophiques car l’affaire dépasse les 80 millions d’euros.

Dans la poussière de ces tristes affaires on en oublierait presque Agnès Saal et ses taxis! Encore une fois on découvre une manageuse qui prône la rigueur pour tout le monde sauf pour elle et sa famille. Une femme revendiquée de gauche qui recase, « fait le ménage » à l’INA  pour  placer  des  collaborateurs  proches.  Encore  quelqu’un  qui  nie  le  passé  de l’entreprise, comme si rien n’avait existé avant. Elle aurait des amitiés parmi la tendance frondeuse du  PS  comme  le  souligne  le  JDD.  Il  n’est  pas  toujours  facile  de  mettre  en adéquation les grandes idées et les petites pratiques. Le ministère est intervenu rapidement, poussant Agnès Saal à la démission. Cela commençait à faire beaucoup.

Voilà donc, Monsieur le Président de la République, dans quel état est l’audiovisuel public aujourd’hui. Copinage, opacité, intrigues, groupes de pression. Triste bilan dont vous avez certes hérité en partie mais que votre bras armé s’est montré impuissant à corriger. Cependant nous ne sommes pas naïfs, tout ceci n’est pas sans finalité. Car dans une période économique tendue, les 2,8 M€ de FTV, ne laissent pas indifférents. Et votre ennemie « la finance », n’est peut-être pas loin.

Xavier Couture, le revoilà, plusieurs fois cité comme un proche de Delphine Ernotte Cunci, est le signataire d’un manifeste de l’institut Montaigne. Il a co-rédigé un rapport sur l’avenir de la production audiovisuelle française avec 10 propositions dont la dixième, comme un aboutissement, est  de  « donner un objectif à France Télévisions de consolidation de l’industrie » audiovisuelle. En somme, aider les gros producteurs à devenir plus gros avec l’argent public, pour produire et vendre à l’étranger des émissions de flux, entre autres de la téléréalité à la française, financée par et testée sur France Télévisions. Quel beau programme de gauche ! Que ce genre de personnage, se retrouve dans l’entourage proche de la nouvelle présidente de France Télévisions, elle-même encensée par le CSA, ne nous paraît ni très moral, ni au service de l’intérêt général. Qu’un aréopage de vos proches, d’ex-conseillers, d’élus de gauche, aient soutenu cette démarche, même de manière indirecte, à travers une candidature, nous semble totalement contre nature.

Eisenhower parlait du danger de voir « le complexe militaro-industriel » prendre la main sur la démocratie. Sans voir à chaque coin de rue le grand complot, avouez Monsieur le Président, qu’il y a ici, dans ces exemples, de quoi nourrir encore la tumeur qui ronge un peu plus chaque scrutin et qui inquiète tant le Premier Ministre.



De Radio France à l’INA, en passant par France Télévisions, nous n’arrivons pas à distinguer où et comment se déploie, la présidence exemplaire que nous avons- soyons francs - très largement appelée de nos vœux, naguère. Vous avez déjà démontré que vous étiez capable de changer de cap, de premier ministre, de méthode. Les salariés de note entreprise, certains dans des situations fragiles, attendaient un débat d’un autre niveau. En fait nous attendions un débat. Tous ces chantres de la révolution numérique sont visiblement plutôt adeptes  du  copier-coller  que  du  projet  participatif  et citoyen.  On  peut  pourtant  parier qu’encore une fois on voudra nous faire passer pour des ringards, in-réformables face « aux enjeux  et  aux  mutations  que  connaissent  nos  métiers  actuels ».  Quel crédit  auront  les dirigeants qui viendront nous tenir ces discours après une telle comédie de démocratie ?



Le système de régulation et de contrôle que, dans un souci de respect des principes démocratiques vous avez instauré, est aujourd’hui assez largement discrédité, parce qu’il démontre qu’il est capable de rester sourd, aveugle et insensible à toute forme de sens commun,  mais  pas  de  groupes  d’intérêts  privés.  Il  n’est  jamais  trop  tard,  Monsieur  le Président, pour bien faire. Et pour changer. Les 66 millions de français qui paient leur redevance vous en seront reconnaissants. Près de 20 000 salariés de l’audiovisuel public français aussi. Les générations futures, surtout.





 











La remplaçante de Rémy Pflimlin priée de virer des centaines de salariés à France Télévisions (1222)....avec l'appui d'un syndicat maison !!!

Deux jours après que  Schrameck, Sylvie-Pierre Brossolette, Nathalie Sonnac et Nicolas Curien aient obtenu que leur "candidate" soit celle qui aille remplacer Pflimlin à France Télévisions, "BFM Businness" sortait un premier papier intitulé "France Télévisions: histoire secrète de la nomination de Delphine Ernotte " 

Le journaliste toujours bien informé, révélait déjà bon nombre de contacts pris par cette dernière. 

Extrait: 

"Delphine Ernotte frappe aussi à la porte de la directrice de France 3 Dana Hastier, directrice de l'antenne de France 3, qui, selon des témoins, est ravie de la victoire de Delphine Ernotte. Interrogée, sa porte-parole répond: "Dana Hastier ne connaît pas particulièrement Delphine Ernotte. Elle a dialogué avec l'ensemble des personnalités qui l'ont sollicité et qui souhaitaient mieux connaître France 3. Et il est faux d'affirmer qu'elle aurait participé à l'élaboration de son projet".

Notre candidate va aussi voir Vincent Meslet, directeur éditorial d'Arte après avoir effectué toute sa carrière à France Télévisions. Mais ce professionnel réputé préférera se rallier à une autre candidate, Nathalie Collin. Contacté, l'intéressé confirme juste avoir répondu aux questions de "certains candidats", et dit n'avoir "aucune intention" de rejoindre l'équipe Ernotte. 

Enfin, la tournée de Delphine Ernotte aurait aussi inclus la contrôleuse financière de France Télévisions Françoise Miquel, le producteur Thomas Anargyros, et même le ministre de l'économie Emmanuel Macron (contactés, aucun d'eux n'a répondu). 

Et patatras voila que "Le Canard enchaîné" de ce mercredi 20 mai 2015, publie de nouvelles révélations qui tombent comme à Gravelotte depuis 3 semaines. 

Dans une demi-page intitulée "La pétroleuse de Bercy qui rêve de flinguer 1.222 postes à France Télé", le palmipède indique en sous titre "Dans une étude confidentielle, la contrôleuse d'État suggère un sérieux coup de torchon". 

L'article débute ainsi: 

"Plusieurs membres de la commission des Finances du Sénat, présidée par la socialiste Michel André, en sont restés baba. Alors que la courbe du chômage continue de grimper dangereusement, ils ont été destinataires, le mois dernier, d'une étude confidentielle de Bercy bien adaptée à la situation. Intitulé "Enquête temps de travail dans les secteurs de l'audiovisuel et culturel, ce document est l'œuvre de Françoise Miquel haut-fonctionnaire chargée desdits secteurs au Contrôle général économique et financier.
Laquelle imagine les belles économies de personnel que l'État pour réaliser si le temps de travail dans les médias publics été calculé sur celui des entreprises privées. Il fallait prendre le temps d'y penser.
Congés honteux. 
C'est en janvier 2014 que l'ancienne patronne du Service d'information du gouvernement sous Raffarin, connu pour ses penchants libéraux a pris cette initiative hardie qui va un brin au-delà de sa mission de contrôle....."
Contactée à deux reprises par "Le Canard",  la contrôleuse n'a pas donné suite...Elle est à Cannes. Miquel réserve peut-être aux syndicats de la télé publique des explications sur son grand projet : veut-elle un Plan social géant ? La liquidation de la convention  collective ? Delphine Ernotte, la future pédégère qui débarquera au mois d'août, est réputée pour aimer les charrettes, et elle a les faveurs de Miquel. Mais elle aura sûrement un cœur, elle aussi, de dissiper ce regrettable malentendu." 

Cette Françoise Miquel là... la contrôleuse financière de France Télévisions... - celle qui suggère après deux plans sociaux et un récent PDV portant sur 340 personnes d'en virer 1.222 nouveaux !!!! -  celle qui a donc rencontré Delphine Ernotte avant le 23 avril dernier pour en discuter....
Françoise Miquel et sa très personnelle conception du Social semble bien ne pas être la seule rencontrée avant le 23 avril par Delphine Ernotte... 

Selon nos informations cette dernière durant son audition devant les membres du CSA, s'est non seulement revendiquée du soutien d'une organisation syndicale mais plus invraisemblable, elle a cité le nom du responsable de ce syndicat qu'elle a rencontré pour ce faire. 

Tout le monde est donc curieux de connaître le nom de celui qu'elle a rencontré dans un tel contexte avec 1.222 futur virés mais surtout le nom de l'organisation syndicale qui la soutient !


mardi 19 mai 2015

"Escroquerie intellectuelle" et "trafic d'influences en tous genres"....Lyon Capitale enfonce le clou sur les pratiques du CSA.


Dans un article de "Lyon Capitale" à couper le souffle "CSA : de la tartufferie du PS, de la supercherie de l’UMP" que le blog CGC Média vous propose de découvrir intégralement ci-après,  le titre de Presse revient largement sur les conditions indignes d'une  démocratie s'agissant du remplacement de Pflimlin à la tête de France Télévisions que dénoncent depuis plus de trois l'ensemble de la Presse.

Après l'enquête de 12 pages particulièrement étayée et détaillée de Médiapart sur la chronologie des intrigues de coulisses de cette "mascarade", le titre de Presse va laisser ses lecteurs les bras ballants devant tant de manipulations.

Il ose un intertitre « C’était mieux avant »....et semble quasiment donner la réponse  « C’est pire maintenant »!

"Un certain nombre d’articles de presse ont été publiés ces derniers jours pour fustiger les conditions de la nomination par le CSA de Delphine Ernotte à la présidence de France Télévisions. « Dysfonctionnements », « opacité », « bizarreries », les mots employés sont inhabituellement forts. L’UMP se saisit même de l’affaire et l’inscrit à l’ordre du jour de sa réunion de demain. Bizarre, vous avez dit bizarre ? 

La vraie « bizarrerie » dans cette affaire, c’est le fait que des supports de presse tels que Mediapart  et L’Express se contentent aujourd’hui de rappeler que David Kessler - qui s’est beaucoup démené pour « sa » candidate Delphine Ernotte - ait été sous les ordres d’Olivier Schrameck quand celui-ci était directeur du cabinet de Lionel Jospin à Matignon. Oui, certes, et alors ? serait-on tenté d’ajouter.  

Car qui était aux côtés de Pascal Houzelot pour cautionner le projet "Numéro 23" au CSA, le 8 mars 2012, escroquerie intellectuelle conçue dès son origine pour réaliser une juteuse opération financière, comme le dénonce désormais l’ancien conseiller Rachid Arhab ? 

David Kessler ! Qui était président de la République à l’époque et qui était, de fait, le vrai président d’un CSA qui n’avait plus aucun pouvoir propre, sauf celui d’organiser des auditions fantoches pour se donner des apparences de démocratie ? Nicolas Sarkozy !


Quelles personnalités enfin, outre David Kessler, défendaient contre toute attente Pascal Houzelot et son projet fumeux et avaient déclaré à l’auteur de ces lignes que « les jeux étaient faits » pour Numéro 23, et ce dès l’automne 2011 ?  

Patrick Buisson et Camille Pascal, deux très proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy à l’Élysée ! Que l’UMP, qui se prétend aujourd’hui scandalisée, décide d’inscrire la nomination de la présidente de France Télévisions à l’ordre du jour de sa réunion hebdomadaire ressemble à s’y méprendre à une supercherie, surtout après l’affaire Bygmalion, qui, rappelons-le, comporte aussi un important volet audiovisuel, en plus de son volet strictement UMP. Quand on donne des leçons de comportement et de probité, il vaut mieux être soi-même irréprochable, sans quoi on n’est pas très crédible: il est troublant que les titres de presse précités n’aient pas été plus loin dans leurs investigations, choisissant au contraire de démarrer le compteur alors que la course était déjà bien engagée.

Quillot + Méaux = Zéro, dur dur pour l’Ego

La presse s’émeut aussi du fait que Didier Quillot (ex-Lagardère Active et ex-Orange) n’ait pas été retenu dans la short list du CSA, alors même que celui-ci s’était offert les services de l’imparable et incontournable Anne Méaux, dont l’associée chez Image 7, Marie-Luce Skraburski, n’est autre que l’épouse de l’ancien président du CSA, Michel Boyon, celui-là même qui organisait « en toute transparence » des auditions publiques… alors que les chaînes étaient déjà attribuées par le sommet de l’État ! Un vrai mélange des genres, voire une pièce de boulevard, dont la France a le secret.
Jean-Pierre Raffarin, Éric Woerth et Nicolas Sarkozy se disent aujourd’hui, d’après L’Express« abasourdis » à propos de la nomination de Delphine Ernotte et du rôle supposé de Sylvie Pierre-Brossolette, membre du CSA, laquelle aurait intrigué en coulisses pour faire élire l’heureuse élue.
« Abasourdis », nous le sommes tout autant par ce « deux poids deux mesures » : à l’UMP, personne ne s’est jamais scandalisé lorsqu’un membre du CSA était illégalement intervenu, avant les auditions publiques, pour contraindre deux projets à fusionner (Urb TV et Numéro 23), rendant ainsi l’appel à candidatures de 2011 juridiquement nul. À l’UMP, personne ne s’est non plus jamais scandalisé de l’attribution d’un canal TNT à Pascal Houzelot pour Numéro 23, comme personne ne s’est scandalisé de la revente aujourd’hui annoncée à NextRadioTv (RMC, BFM), avec à la clé, une plus-value de 90 millions d’euros. Au contraire, par l’entremise de son porte-parole, qui visiblement n’entend rien aux enjeux de l’audiovisuel, l’UMP envoie des communiqués de presse pour militants attardés (lire ici) afin de vanter les mérites de son nouveau ex-champion de la démocratie : Nicolas Sarkozy, encore et toujours.

« C’était mieux avant »

On prend donc les mêmes et on recommence… Comme le disait un ancien député socialiste de l’Indre, on a juridiquement tort quand on est politiquement minoritaire. L’entourage de Nicolas Sarkozy rêve de revanche et passe François Hollande –et ses supposés amis- par pertes et profits. À l’UMP, on échafaude en effet déjà mille plans et c’est à qui sera le plus inventif pour torpiller l’actuelle majorité et le CSA d’Olivier Schrameck. Ah, qu’il était bon le temps où le grand chef désignait lui-même ses candidats au gré de ses humeurs et de ses intérêts !
De fait, une partie de ce tout n’est qu’apparence et présentation destinée aux gogos. Car plus on monte, plus l’oxygène se fait rare, plus le nombre de personnes et les amitiés aussi. En réalité, les politiques s'accommodent parfaitement des différents impôts, taxes, turpitudes diverses et variées, et autre intermédiaires sulfureux ayant servi à leurs prédécesseurs, si tout cela peut, à leur tour, servir leur carrière et leurs intérêts personnels. 
En privé, tous ou presque s’indignent ainsi de « la revente immorale de Numéro 23 à Alain Weill », mais publiquement c’est autre chose, ils mettent une sourdine à leur indignation, de peur de ne plus être invités chez Bourdin si d’aventure les choses tournaient mal pour RMC.
Ce double langage n’est pas l’apanage de la seule UMP, il est également à l’œuvre au centre (lire ici), comme à gauche. Ainsi Fleur Pellerin, qui au Sénat fait mine de s’offusquer de la revente de Numéro 23 et décore simultanément Pascal Houzelot de l’ordre des Arts et des Lettres, tout en participant à ses dîners mondains (lire ici). Difficile, après, de faire valoir l’intérêt général : comme le confie un ministre, en off, « je trouve la position de ma collègue bien inconfortable ».

Safa, ça vient… et quand ça vient, Safa

Bien pire, la gauche, qui en public n’a pas de mots assez durs envers Nicolas Sarkozy et ses amitiés libyennes, s'accommode fort bien des largesses d’Iskandar Safa lorsque celui-ci finance les chantiers navals (CNM) dans la bonne ville de Bernard Cazeneuve (PS), actuel ministre de l’Intérieur (lire ici), lequel Safa, nous confirme Roger Auque dans sa biographie parue il y a quelques semaines à titre posthume, était l’intermédiaire de Mouammar Kadhafi, qui avait bien payé la rançon pour la libération des otages du Liban (officiellement la France ne verse toujours pas de rançon). Quelqu’un s’en est-il indigné au PS ? Au Gouvernement ? Au Parlement ? Pas à ma connaissance. Ce silence arrange tout le monde, et pour cause.

Alors qu’Arnaud Montebourg, le « Monsieur Propre du PS », demandait avec force une intervention de « la France à l’ONU pour faire cesser les massacres », allant même jusqu’à écrire, sur son blog, le 22 février 2011 (lire ici), « les derniers événements en Libye mettent à nu, une fois de plus, la médiocrité de la diplomatie française, inutile et incertaine face à la montée du mouvement d’émancipation démocratique que rien ne devrait arrêter dans le monde arabe », il recevait sans aucuns états d’âme quelques mois plus tard à Bercy le « diplomate » Iskandar Safa, pourtant proche du Guide libyen, de Nicolas Sarkozy et de quelques autres, de Ziad Takieddine en passant par Jean-François Copé et Brice Hortefeux.

Il faut préciser qu’entre temps, Arnaud Montebourg avait été nommé ministre du Redressement productif… et les amis de Mouammar Kadhafi (lequel avait déjà littéralement passé l’arme à gauche) sont immédiatement (re)devenus fréquentables. Oublié les « droits de l’homme », les « bains de sang », les effets de manche montebouresques et les conférences de presse spectaculaires, déclamées menton haut : comme le dit aujourd’hui -non sans humour- un fin connaisseur du dossier, « peu importe le falcon, pourvu qu’on ait l’ivresse. A l’époque du Redressement productif, il fallait à tout prix que Montebourg engrange des succès en termes de sauvetage d’emplois et Cazeneuve ne ménageait pas ses efforts non plus car les CMN étaient en grande difficulté à Cherbourg (lire ici)Tout ça c’était évidemment du cirque, car il s’agissait aussi de préparer la visite du Gouvernement du 12 novembre 2012 à Tripoli pour la vente des frégates. Safa en a bien été l’élément déterminant, et on voit aujourd’hui ses spectaculaires résultats avec les rafale ».

Panem et circenses

Du cirque ? C’est, hélas, la triste réalité. À tort ou à raison, les médias sont perçus par la classe politique française comme un outil indispensable dans la conquête – et la conservation- du pouvoir. Rien de nouveau sous le soleil, donc. Mais lorsque les médias eux-mêmes ont la mémoire, l’indignation et le rappel des simples faits pour le moins sélectifs, on se dit que le problème n’est pas tant « un problème d’ORTF » que de coterie, de conflits d’intérêts et d’autocensure, le tout agrémenté de paresse intellectuelle chronique. Certes, une actualité chasse l’autre et demain, copier-coller oblige, on aura oublié jusqu’au nom de la présidente de France Télévisions, qui, d’ores et déjà accusée de tous les maux… ne prendra pourtant ses fonctions qu’à la fin du mois d’août !

Mais une chose est sûre : la campagne présidentielle a bel et bien débuté. Pour l’UMP, comme pour le PS et leurs forces d’appoint respectives, il s’agit, en dépit des discours de façade, de soumettre dès aujourd’hui le CSA, par une guerre des nerfs et une intimidation permanentes. Vieux réflexes, vieux discours, vieilles habitudes, dans le doux et désormais traditionnel ronronnement de l’alternance, où les moins fréquentables deviennent subitement incontournables : faut-il que tout change pour que rien ne change, comme on disait chez Le Guépard de Visconti ? 
Cet équilibre métastable tiendra-t-il une fois de plus ou volera-t-il vraiment en éclats si, comme le prédisent tous les sondages, Marine le Pen vire en tête le 23 avril 2017 ? René Thom (¤) , reviens, ils sont devenus fous !

(¤)  René Thom est un mathématicien français, fondateur de la théorie des catastrophes.  
 


Schrameck et Pierre-Brossolette n'ont toujours pas démissionné et les petits arrangements continueraient ?!

24 jours depuis qu'Olivier Schrameck et de sa « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette (*) ont œuvré comme le révèle l'édifiante enquête de 12 pages signée Laurent Mauduit, publiée le 16 mai dans "Mediapart" "FranceTélévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités et ils n'ont toujours pas démissionné.

(*) Challenges

La lettre de l'Audiovisuel publiait juste avant un papier intitulé "France TV : vers une alliance Delphine Ernotte-Pascal Josèphe ?":
"Selon nos informations, Olivier Schrameck, président du CSA, aurait demandé avec insistance à la présidente nouvellement élue de France Télévisions, Delphine Ernotte, d’envisager une collaboration avec son challenger Pascal Josèphe, au vu du scrutin serré qui les départagés.
Pascal Josèphe pourrait participer à un binôme à la tête du groupe, comme Patrick de Carolis, alors PDG, et Patrice Duhamel, son directeur général, il y a quelques années. Selon la Lettre de l’Expansion, un déjeuner entre les intéressés aurait eu lieu la semaine dernière pour évoquer cette collaboration…AP"
 
Ben voyons!!!!
 
Autrement dit, Pascal Josèphe pourrait fermer les yeux sur les  « irrégularités » de la pseudo « course aux candidats » visant à remplacer Pflimlin que Sarkozy nommait  à France Télé au cours de l’été 2010 contrairement à Didier Quillot l’un des candidats « dégagé » dans cet ersatz de « sélection » justement cité par "Mediapart" qui a réagi ce  weekend dans  le JDD en se déclarant "stupéfait" ajoutant "Les conditions de cette élection ont été particulièrement déloyales. Le rôle du CSA, censé être neutre et indépendant, est gravement mis en cause. Il y a une urgence absolue à réformer les modalités de nomination des dirigeants de l'audiovisuel public" ??!!
Ben voyons!!!!
 
C'est mal connaître Pascal Josèphe..."Pascal Josèphe pourrait participer à un binôme" mais se serait  comme Didier Quillot qui n'entend évidemment pas en rester là pour un recours en nullité de ce que la Presse unanime dénonce en cœur depuis plus de trois semaines !
 
Pathétiques gesticulations du duo Schrameck/Pierre-Brossolette qui essaie de camoufler son calamiteux manège, en tentant de faire rentrer Pascal Josèphe par "la petite porte"....histoire de légitimer en douce, leur choix!

Ben voyons!!!!
 
Le soi-disant "challenger recalé" nommé bras droit de "l'élue" et le choix du CSA redeviendrait plus régulier ?

Ben voyons!!!!

Foutaise....cela ne fait qu'ajouter une couche d'intrigues supplémentaires au Vaudeville déjà consternant qui se joue sous les yeux médusé des français à qui l'on avait vendu la transparence comme principe de gouvernance !

24 jours depuis le 23 avril et Olivier Schrameck et sa « vice-présidente » Sylvie Pierre-Brossolette n'ont encore pas démissionné.
 

lundi 18 mai 2015

La suffisance d'Ernotte vis-à-vis du dossier explosif la concernant....elle ne répondra qu'en août lorsqu'elle prendra ses fonctions à France Télé!



L'Express dans sa rubrique "Immédias" signée Renaud Revel publie un article intitulé "Le CSA sous la menace d’une commission d’enquête parlementaire". Il fait suite à l'enquête de 12 pages réalisées par Médiapart  "FranceTélévisions : la désignation de la PDG entachée d’irrégularités"

La page 11/12 de l'enquête, le chapitre "Boite noire" a attiré notre attention. Il y est écrit  "Pour cette enquête, j'ai interrogé beaucoup de personnalités impliquées dans cette affaire, mais je n'ai pas pu les citer toutes, car beaucoup ont requis l'anonymat. J'ai par ailleurs rencontré le président du CSA, Oliver Schrameck, dont j'évoque les points de vue, au fil de cet article. J'ai eu aussi un échange téléphonique avec une autre membre du CSA, Sylvie Pierre-Brossolette, qui a accepté de répondre à mes curiosités. 

De son côté, Delphine Ernotte, en voyage à San Francisco, m'a fait savoir qu'elle n'entendait pas prendre la parole avant sa prise de fonction, en août, mais j'ai pu accéder à certains de ses proches qui m'ont donné leur version des faits. J'ai par ailleurs eu plusieurs échanges téléphoniques avec Xavier Couture, qui m'a adressé un SMS résumant sa version des faits, SMS que j'évoque dans le fil de cette enquête."

Invraisemblable...il semble du reste que ce voyage aux "States" serait un voyage corporate d'Orange alors même que Stéphane Richard le 23 avril, le jour même de sa désignation dans les conditions que chacun connait aujourd'hui, avait annoncé reprendre immédiatement l'ensemble de ses fonctions !!!!!!

La suffisance d'Ernotte vis-à-vis du dossier explosif  empilements d’articles concernant cette "mascarade" -  qui ne  répondra à rien! Elle "a fait savoir à Médiapart qu'elle n'entendait pas prendre la parole avant sa prise de fonction en août"!!!!

Elle est loin d'être à France Télé....et dans le cadre d'une commission d'enquête il va tout de même falloir qu'elle réponde aux parlementaires comme les membres du CSA qui ont participé à cette "pantalonnade" !

Découvrez, à ce sujet, l'article de l'Express:

Le CSA sous la menace d’une commission d’enquête parlementaire



Et si la nouvelle présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, fraichement nommée par le CSA, était sur un siège éjectable, avant même qu’elle ait pris ses officiellement ses fonctions fin août? Jour après jour, la presse se fait l’écho des innombrables dysfonctionnements, bizarreries et anomalies, – les mots sont faibles –, qui ont jalonné la procédure mise en place par le président du CSA, Olivier Schrameck. Ainsi que le rôle joué dans cette affaire, unique dans les annales de cette institution, par certains des membres d’un collège aujourd’hui au bord de la crise de nerf à défaut de l’implosion.

La publication samedi par Médiapart d’un article récapitulatif, édifiant et au vitriol, n’a fait qu’ajouter au trouble. Au point que le bureau de l’UMP a décidé de verser ce chapitre à l’ordre du jour de sa réunion de demain, mardi.

 Voilà des jours en effet que médias et observateurs dénoncent l’opacité dans laquelle s’est déroulé ce simulacre de nomination, qui a vu une cohorte de candidats s’épuiser durant des mois dans une course aux cartes biaisées, biseautées. Rupture d’égalité des chances : programmée pour être désignée en lieu et place de Rémy Pflimlin, l’ «Orange girl » Delphine Ernotte n’aura pas eu à faire beaucoup d’efforts pour décrocher le Graal, Olivier Schrameck et quelques bonnes fées, – dont trois cadres dirigeants d’Orange, Stéphane Richard, David Kessler et Xavier Couture-, l’ayant fabriquée et cornaquée de bout en bout.


Mais si la température est montée à nouveau d’un cran ce week-end, c’est pour trois raisons qui, si elles étaient avérées, devraient entacher de nullité toute la procédure susnommée, pour peu que l’un des candidats blackboulé dépose un recours et que nous soyons dans un monde normal. Si…
1. L’ implication de l’un des membres du collège dans la campagne de Delphine Ernotte.
Ancienne journaliste de l’Express et du Point, Sylvie-Pierre Brossolette est aujourd’hui soupçonnée d’avoir activement soutenu Delphine Ernotte dans sa campagne au mépris de la règle d’impartialité.
 
Ce dont elle se défend. Ebranlée dit-on par le caractère explosif de cette affaire, la journaliste tente de faire face malgré l’accumulation des indices et des témoignages. Elle aurait notamment amené sa protégée à l’industriel François Pinault, ce qu’elle confesse d’ailleurs, à mots à peine voilés, à Médiapart. Pourquoi Pinault? 
Parce que cet industriel chiraquien, propriétaire du Point et familier de François Hollande, a joué durant toute cette séquence cathodique les messagers à l’Elysée, où il aura évoqué le sujet à plusieurs reprises avec son locataire. Ernotte n’est d’ailleurs pas la seule parmi les candidats à être allée lui baiser l’anneau.

Maladresse ou non, l’implication de Brossolette, ajoutée à celle d’Olivier Schrameck lui-même, jettent un voile de suspicion sur tout ce dossier. Et que dire du rôle clé joué par l’ancien conseiller de François Hollande à l’Elysée, David Kessler, qui fréquenta le même Schrameck à Matignon, ( période Jospin ) ? Deux hommes liés par des liens de consanguinité politique et d’amitié. C’est Kessler qui se fit en 2012 l’avocat d’Olivier Schrameck auprès de Hollande, quand il s’est agi de nommer le premier au CSA.
2 Les pressions exercées sur Francine Mariani-Ducrey
Retranché dans son bureau, ce membre du CSA reste muet. Mais en privé, il tonne. C’est Francine Mariani-Ducrey qui a fait basculer le vote en faveur de Delphine Ernotte, après qu’une éminence du Conseil d’Etat, son corps d’origine, l’ait enjoint de ne pas mettre en péril l’institution, alors qu’elle se refusait à apporter sa voix au camp Ernotte emmené par Olivier Schrameck, Nicolas Curien et Nathalie Sonnac. « On lui a tordu le bras», témoigne l’un de ses proches, qui parle d’une femme déstabilisée et en colère. Mais qui porte également la responsabilité d’un vote, ( bloqué et à bulletins secrets), contesté aujourd’hui de toute part.
Et elle n’est pas la seule à vaciller aujourd’hui. C’est tout le collège qui tangue et qui se tait: une institution en grand danger, claquemurée, étonnement silencieuse, et qui ne résistera pas à une alternance politique en 2017. C’est le pronostic à l’UMP où les dés roulent, où l’après-CSA est déjà sur les rails. Déstabilisé, Olivier Schrameck déjeunait vendredi  dernier avec l’un de ses prédécesseurs Hervé Bourges, lequel en vieux grizzli l’a écouté poliment…
3. Le cas Quillot
Pour ce candidat déchu, ( photo), la coupe est pleine. Furieux d’avoir été baladé et prestement évincé, cet ancien PDG de Lagardère Active redouble de fureur depuis qu’il a découvert que son projet avait été caviardé pour se retrouver, en grande partie, dans les pages de celui de Delphine Ernotte. Mails à l’appui, Quillot affirme avoir adressé sa copie à un cadre dirigeant d’Orange de ses amis, Xavier Couture, lequel a soutenu et encouragé l’intéressée, lui tenant la main et la plume…A l’heure d’aujourd’hui, Didier Quillot, que rien n’apaise et qui a longuement hésité, envisage plusieurs recours juridique. Et il n’est pas le seul.


Tout cela n’est pas reluisant. Paysage bananier, l’audiovisuel vient de toucher le fond. Jamais de mémoire on avait assisté à un tel vaudeville. Dans une toute démocratie, – notamment anglo-saxonne-, cette procédure aurait volé en éclats. Que peut-il advenir de la suite? Rien si l’opposition UMP,- où de Jean-Pierre Raffarin à Nicolas Sarkozy, en passant par Eric Woerth, on se dit «abasourdi»-, décide d’attendre 2017 pour décapiter le CSA. Planait hier la menace faite par l’UMP d’une demande d’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire, action que soutiendraient certaines personnalités de gauche, toutes aussi outrées, telle l’ancienne ministre socialiste de la Culture, Catherine Tasca. On en saura plus dans les jours qui suivent. Mais si rien ne bouge, passée la bourrasque, le soufflet va bien évidemment retomber. Et Delphine Ernotte, à qui l’on ne peut rien reprocher, si ce n’est d’avoir manqué de discernement tout au long d’une séquence qui l’aura vu être littéralement prise en main et portée à cette présidence sans coup férir, s’installera le 21 août dans son fauteuil de PDG. Mais avec quelle légitimité? 


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Didier Quillot