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mercredi 22 juillet 2015

France Télévisions : vers un scénario à la grecque avec Martin Ajdari, l’ex financier du groupe aux manettes.

France Télévisions : vers un scénario à la grecque avec Martin Ajdari, l’ex financier du groupe aux manettes. 

Celui qui est à l’origine du mal, serait épaulé en interne par des membres de l’équipe sortante qui resteraient en place pour les besoins de la cause, à savoir Fabrice Lacroix (1) qui lui a succédé aux finances et Patrice Papet (2) son homologue flanqué de la préposée aux effectifs sa fidèle assistante Murielle Charles (3). 

Le premier (1) essayant de minimiser les comptes dans le rouge vif  que connait l’entreprise en les noyant dans des résultats consolidés qui ne trompent personne, les deux autres (2) et (3) en prétendant le plus fallacieusement qui soit que « plan de départs après plan de départs, les effectifs auraient fortement baissé ». Tout cela est bien loin de la réalité, 2014 ne déroge pas à la règle, puisque malgré le départ de 66 personnes - oui, vous lisez bien -  « l'effectif moyen augmente pour atteindre 10.131 ETP, contre 10.121 l'année précédente! » (source France Télévisions, chiffres déposés)

Les annonces comme quoi « les effectifs seraient passés sous le seuil des 10.000 (9.000 et quelques) » martelées par Rémy Pflimlin, Murielle Charles et Patrice Papet - ce dernier, affirmant faussement donc à "Stratégie" la semaine dernière   « France Télévisions est passé de 10.491salariés en 2011 à 9 850. En  janvier avril 2015. « Nous sommes en bonne voie pour atteindre l’objectif de 9750 » - sont donc totalement erronées.

Le blog CGC Média l’a écrit des centaines de fois ces trois dernières années, la situation financière extrêmement dégradée de France Télévisions en « quasi faillite » avec, notamment, quelques 206M€ de pertes cumulées (qui dépassent la moitié du capital social de l'entreprise) inquiète, à présent, au plus haut point les pouvoirs publics. 

En effet - il convient de le redire ici - les pertes cumulées depuis l'arrivée de Remy Pflimlin avec  Martin Ajdari aux finances de 2010 à 2014 et Fabrice Lacroix ensuite, ont atteint un point de non-retour avec quelques 206 M€ en 2014 qui correspondent à plus de la moitié du capital social de France Télévisions. 

Les recettes publicitaires depuis que Pflimlin a recruté à la régie publicitaire Daniel Saada – le nouvel élan – ont par ailleurs continué de dévisser de -18 M€ en 2014, tandis que les charges de personnel ont augmenté,  elles, de +15 M€ et que le coût des programmes et productions achetées a explosé avec +147 M€ dans un contexte de déclin des audiences et un 3ème plan de départ collectif du personnel en moins de 10 ans! 

Avec le départ de Pflimlin, c'est l’affolement qui prévaut....

Celle que le CSA a sorti de son chapeau le 23 avril dernier aurait déjà fait savoir qu’elle n’y allait pas sans garanties de l’État. La fulgurante promotion de Martin Ajdari serait-elle l’une d’entre elles ?

Comme on dit maintenant ....

 n'est-ce pas Martin!

Le blog CGC Média « Après avoir rappelé, le 7 mai 2015,  que  Martin Ajdari l'ex financier de Pflimlin placé sous statut de témoin assisté par le juge Van Ruymbeke dans le volet France Télé de l'affaire « Bygmalion » avait été préalablement promu inspecteur général des finances auprès de l'IGF dans une partie de billard à trois bandes (*) avant de prendre la place de Laurence Franceschini à la tête de la DGMIC », vous propose de découvrir comment une petite poignée d’esprit tordus imagine, notamment, « rouler» Bruxelles. 
(*)  
1°) Ajdari quitte le ministère de la Culture où il n'avait occupé que quelques semaines le poste de dircab nommé par Filippetti;
2°) il se fait nommer et promouvoir inspecteur général des finances à l'IGF;
3°) Puis, il se fait détacher à la DGMIC immédiatement derrière » .....  

L’OJIM – l’Observatoire des Journalistes et de l’Information Médiatique - s'est d’ailleurs récemment interrogé sur le possible énorme lièvre à ce sujet « Martin Ajdari pourrait être au cœur d’un conflit d’intérêt à la DGMIC? »(¤) ....La DGMIC dont le Directeur n'est autre que Martin Ajdari, l'ancien argentier du groupe France Télévisions. 

Ironie de l'histoire donc, Ajdari qui aura été responsable de la gestion et des budgets du groupe dans la période la plus déficitaire de son histoire, semble aujourd'hui particulièrement préoccupé par le trou financier qu'il a laissé et rechercherait activement à le « combler artificiellement » avec des solutions bruxello-compatibles consistant à réinjecter de l'argent frais dans les fonds propres de l'entreprise.

  Un an et demi avant l’élection présidentielle de 2017, le passage à la caisse du contribuable semble, selon toute vraisemblance, avoir atteint ses limites. Il ne serait plus sérieusement envisagé d'avoir recours, une fois encore, à une augmentation de redevance.

Le plaidoyer de certains pour un élargissement de l'assiette, longtemps défendue par Martin Ajdari lui-même comme son successeur Fabrice Lacroix, semble également avoir fait long feu, tant la mesure aurait été impopulaire et probablement pire: quasi improductive.

Le témoin assisté en charge de la DGMIC, plancherait pour la rue de Valois sur l’astuce du recours à un "fonds de soutien"  qui, soit dit en passant, ne manquera pas de soulever de multiples questions, et qui fait écho, pour ceux qui ont la mémoire de nos articles, aux interrogations que nous avions exposées à la lecture du bilan 2014 présenté à la fin du printemps 2015. Le blog CGC Média s’était, en effet, alarmé de ce niveau catastrophique des pertes, information largement reprise par la Presse depuis…. « La lettre A », encore, il y a quelques jours.

Le blog CGC Média avait également relevé l’abyssal niveau de la trésorerie et de l'endettement, risquant de produire une crise majeure de refinancement bancaire. Selon nos estimations de l'époque et à partir du bilan 2014, nous avions écrit que la trésorerie restante au 31 décembre 2014 serait épuisée au début de l'été 2015...Nous y sommes.

Tout cela dans un contexte où les banques, qui obéissent aux règles dites de « Bâle III », ne peuvent soutenir ad libitum un établissement financier qui a détruit ses capitaux propres dans des proportions importantes !

Cette analyse nous avait amenés, là aussi, à anticiper une difficulté majeure pour la société France Télévisions, dans les démarches d'accroissement de son endettement courant à travers de nouveaux emprunts bancaires.
 
Il semblerait donc que la Tutelle ait confié à Martin Ajdari, sorte d’arroseur qui refuse d’être arrosé, l’étude d’un scénario à la grecque pour France Télévisions avec l'utilisation d'un « fonds de soutien » qui pourrait se substituer aux banques. 
 
Un fonds de soutien a, certes, été créé par la loi de finance initiale de 2014 pour aider les collectivités et établissements publics asphyxiés  par des emprunts toxiques mais problème, ce « fonds » ne peut, en principe, pas intervenir pour financer des emprunts classiques liés à des déficits de gestion. 
Cela serait considéré comme un détournement de l'objet du « fonds » que le Législateur a voulu.  
 
Reste donc l'idée de la création d'un « nouveau fonds de soutien » dont l'objet resterait à définir…qui pourrait tourner autour de la Culture dont la remplaçante de Pflimlin se demandait, il y a peu, devant des journalistes «comment la rendre plus accessible et plus proche des gens». 
 
Ce «nouveau fonds» pourrait bien, toutefois, déclencher plus de problèmes qu'il n'en résoudrait, à la fois du coté de Bruxelles, mais aussi par le risque que les banques se désengagent massivement des entreprises publiques si ce fonds avait une couverture et un objet trop large. 
 
Chacun peut également se poser la question de l'égalité de traitement vis-à-vis des autres acteurs public (Radio France, Areva, SNCF, EADS, etc…) et plus largement de l'ensemble des acteurs privés qui pourraient souhaiter bénéficier de ce « fonds ».

Bref, une boîte de Pandore qu’Ajdari serait prêt à ouvrir alors que Bercy ne le serait pas.
A moins que l'on ne soit encore dans la bricole d'une énième subvention sous couvert de la fameuse « boite à outils » que mentionnait le Chef de l’État et qu'effectivement, ce nouveau fonds d'aide à la création soit bien dans les tuyaux.

Le problème, il est là aussi de taille, c'est qu'il devra passer sous les fourches caudines de Bruxelles et qu'il risque quand bien même il serait validé, de ne pas arriver à destination, c'est à dire dans les caisses de France Télévisions. 

Car si l'histoire nous livre un enseignement, c'est que la totalité des aides à la création ont toujours directement ou indirectement été captées par les producteurs privés avec un impact quasi nul sur le coût d'approvisionnement de la Télé publique.

Un casse-tête donc pour Martin Ajdari pour remplir ce vase qu'il a largement contribué à fêler et à vider en faisant en sorte que la facture d'eau ne soit pas celle d'une piscine olympique comparée à un petit bassin.
(¤)



lundi 20 juillet 2015

L'ex-Orange préconise aux quelques 10.000 salariés de France Télévisions: LA BANANE.

Une telle méconnaissance de la situation de malaise que traverse l'entreprise  mais aussi un tel déni de la souffrance, de l'angoisse et du burn-out que vivent quotidiennement depuis près d'une dizaine d'années les salariés de France Télévisions, n’est digne ni de leur respect, ni de la fonction.

Le blog CGC Média publiait avant hier le compte-rendu qu'a largement diffusé la SDJ de France 2 après la rencontre en fin de semaine dernière avec celle qu’un CSA déchiré sortait de son chapeau le 23 avril dernier accompagnée de son politique directeur de cabinet Stéphane Sitbon-Gomez. (* compte-rendu intégral en bas de post)

Sur le climat social et le profond malaise qui règne à France Télé, elle a fait cette ahurissante déclaration totalement déconnectée de la réalité: " On fait de la télé, c’est génial. C’est une maison magnifique, on devrait avoir la banane ".





Il y était en l'occurrence question du rapport sans appel de 156 pages décrivant la catastrophique situation qui est devenue l'invraisemblable quotidien que quelques 11.000 femmes et hommes subissent en permanence depuis l'été 2010 et que l'Express.fr  avait rendu public moins d’une semaine après sa remise par le cabinet Émergences, le 31 mars 2014, à la coordination des CHSCT de FTV.

Le journaliste qui débutait ainsi son papier "Non, ce n’est pas l’affaire judiciaire instruite par le juge Van Ruymbeke qui fiche le bourdon aux salariés de France Télévisions, avec ses premières mises en examen qui ont plutôt fait marrer dans les couloirs de la télé publique. Les causes profondes remontent à la réorganisation du groupe et à la complexité de sa mise en œuvre, après la loi de 2009 sur l’entreprise commune.

En plein plan de départs volontaires, accepté et signé fin avril par les syndicats, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du groupe a voulu faire le point sur l’état des troupes. Eh bien, le résultat n’est pas joli joli !", écrivait entre autres "Il y a « unanimité des agents de  France Télévisions sur la mauvaise ambiance  qui règne partout dans l’entreprise ». Avec un danger: « le manque de maîtrise globale du projet » de départs volontaires et « l’approximation des mesures d’accompagnement » risquent de conduire directement à «l’émergence de risques psycho-sociaux»...Des salariés souffrant de graves problèmes de santé, des AVC et des tentatives de suicide sont déjà régulièrement recensés, et cela risque d’empirer, à en croire le rapport..."

Avant de conclure  "Y a-t-il un médecin à France Télévisions?"
 
Celle qu’Olivier Schrameck, Sylvie Pierre-Brossolette, Nathalie Sonnac et Nicolas Curien ont sorti de leur chapeau, le 23 avril dernier, n'a donc rien trouvé d'autre que:

Vous êtes bien sur France Télé...comme, si vous en doutiez !!!!!!!!

La banane, enfin c'est clair messieurs Pflimlin et Patino !
 

(* compte-rendu intégral de la SDJ)

"La SDJ a rencontré ce jour la future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, ainsi que son directeur de cabinet Stéphane Sitbon-Gomez, lors d’un premier entretien qui a duré une heure, et qui s’est déroulé de façon très cordiale.
Nous avons rappelé le rôle de la société des journalistes comme vigie de l’indépendance de  la rédaction. Delphine Ernotte nous a posé beaucoup de questions sur la SDJ  et sa mission.


L’indépendance 

Nous avons évoqué à titre d’exemple l’interview de Bachar el Assad, qui a suscité beaucoup de controverses.  Là-dessus sa réponse est très claire : elle n’a aucune opposition de principe à ce type d’interview, au contraire, mais elle aurait souhaité plus de décryptage pour la compréhension du sujet « je ne suis pas là pour lutter contre l’indépendance des journalistes mais sur une décision comme ça je veux être dans la boucle. Mon boulot c’est de défendre la maison quoi qu’il arrive, il faut être solidaire ». 

Les journaux

D’une manière globale, elle reconnaît la qualité et la spécificité de l’information sur France 2. Dans l’ensemble, elle ne veut pas se prononcer pour l’instant sur le contenu des journaux, en revanche, quand on la sollicite sur la question de la culture, elle « sait que le sujet est en débat. La question est de savoir comment la rendre plus accessible et plus proche des gens ».

La direction de l’info

Delphine Ernotte refuse de dire quoi que ce soit tant qu’elle n’a pas pris ses fonctions le 22 août. Elle dément avoir rencontré Harry Roselmack et ne veut pas donner les raisons du refus d’Hervé Beroud, qu’elle confirme avoir rencontré. Elle souhaite que  David Pujadas continue de présenter le  20 heures à la rentrée.
Elle nous a demandé notre avis sur le profil du futur directeur de l’information mais n’a donné aucune piste de noms envisagés. Nous avons insisté sur le fait qu’une nomination en interne nous semblait préférable au vu de la complexité des chantiers à venir et du contexte actuel.

Info 2015

Sa réponse est claire : « Il faut le poursuivre, je ne suis pas ambigüe la dessus, c’était dans mon programme. Je n’ai pas l’intention de le reprendre à zéro, mais de le poursuivre. Il faut juste être intelligent dans les modalités de mise en œuvre ».

Contraintes budgétaires

Delphine Ernotte trouve prématuré d’en parler, le budget 2016 n’étant pas encore décidé.

Les magazines

Elle reconnaît la spécificité de France 2 sur cette question, avec la qualité des magazines. Pour elle, la question de l’externalisation ne se pose pas : « il faut produire tout ce qu’on peut produire en interne ».
En revanche, il y a des formats qui devront se renouveler. « Il y aura des changements mais ils ne seront pas décidés dans mon bureau ». 

La chaîne info

Nous avons le sentiment que c’est l’un de ses chantiers primordiaux. Elle considère qu’une chaîne info attirera les jeunes téléspectateurs qui manquent à la chaîne, elle insiste sur la  moyenne d’âge vieillissante des téléspectateurs  « l’info est une mission essentielle, notre cahier des charges ce n’est pas que les séniors ». 
Sur ce point, Stéphane Sitbon-Gomez est intervenu, pour souligner que c’était une erreur stratégique pour le service public de ne pas avoir développé sa chaîne info.
Néanmoins, pour Delphine Ernotte « il ne s’agit pas de faire BFM, il faut réfléchir à ce que doit être une chaîne d’info du service public ».
Sur les questions du financement et de l’organisation, que nous avons posées à plusieurs reprises, elle est restée très évasive : elle estime qu’il faut d’abord avoir un projet avant de réfléchir aux moyens.

Son regard sur l’entreprise

Après ces quelques semaines d’observation, elle trouve que l’entreprise est assez stressée, qu’il y a beaucoup d’angoisses, alors qu’« on fait de la télé, c’est génial. C’est une maison magnifique, on devrait avoir la banane ».
Cependant, elle a conscience qu’il a pu y avoir des dérives de management, et qu’il faut reposer des règles claires : «  il faut savoir qu’il y a les droits et les devoirs d’un manager ».
Nous avons senti que, forte de son expérience, c’est là aussi l’un de ses chantiers de priorité.

Les conditions de sa nomination
« J’ai vécu un examen très dur [au CSA] et qui a renforcé ma détermination. Je ne parlerai pas avant le 22 aout. Je ne suis absolument pas déstabilisée par les rumeurs ».
Nous l’avons interrogée sur la nomination d’un directeur de cabinet issu d’un parti politique, ce à quoi elle a coupé court : «  c’est ma liberté, c’est mon choix. C’est moi qui nomme mon équipe. »

Nos impressions
Même si elle n’a pas répondu dans le détail à beaucoup de questions, et qu’elle-même reconnaît qu’elle n’a pas encore appréhendé toutes les arcanes de la maison, nous avons l’impression d’avoir affaire à quelqu’un d’ouvert, dynamique et motivé. Elle a laissé entendre que la porte de son bureau serait ouverte.

Le Bureau de la SDJ "
 
 
 
 





 


 

Schrameck réunit son pote Houzelot et le rapporteur indépendant du CSA pour la vente de Numéro 23.

Le 1er juillet dernier, « Le Canard Enchaîné » révélait que les services du Conseil supérieur de l’audiovisuel avaient remis une "note assassine" à Olivier Schramek sur les montages financiers mis en place par Pascal Houzelot propriétaire de « Numéro 23 » avec entre autres entrées au capitale, le milliardaire russe Alicher Ousmanov qui via son groupe UTH Russia aurait engagé 10M€ dans la chaîne en signant un pacte d’actionnaires dont les termes étaient restés secrets.

Avec ces 10M€ de Russia UTH, l’oligarque russe qui a fait l’acquisition de 15% des parts de Numéro 23, détient également une minorité de blocage permettant au groupe d’Alicher Ousmanov de bloquer toute décision prise en assemblée générale extraordinaire.
 
"Ce groupe dispose, de fait, de plus de 20% des droits de vote" indique le Canard qui reprend la note interne…Or, la loi de 1986 interdit à un investisseur étranger de disposer de plus de 20% du capital social ou des droits de vote d’un média français, ajoute le titre de Presse qui enchérit « La haute autorité commence à comprendre pourquoi le fameux pacte d’actionnaires lui a "été communiqué tardivement" »
L’hebdomadaire a également révélé que Pascal Houzelot « avait signé en mai 2014 un accord avec un autre discret partenaire étranger, Qipco - holding privée sise au Qatar - qui a prêté 5 millions d’euros à Numéro 23 "sous forme d’obligations convertible en actions dans cinq ans". »
 
Quant à la clause qu’avaient découverte les enquêteurs du CSA qui prévoyait "une vente de la société dès que possible, à partir de janvier 2015" -  ce qui serait sur le point d’arriver à en croire Schrameck et son pote Houzelot qui avait annoncé la vente de Numéro 23 au groupe NextRadioTV d’Alain Weill en avril dernier pour près de 90M€ -  elle devrait intervenir discrètement en pleine période estivale, le rapporteur indépendant du CSA qui « ne proposait pas que le CSA retire l’autorisation qu’il a accordée [...] à la société Diversité TV France [N°23] », n’y verrait pas plus à redire !!!!
 
Le même rapporteur de justifier son avis par « l’absence d’éléments suffisants permettant d’affirmer qu’il y une intention des actionnaires d’avoir une politique commune » en indiquant pour finir de botter en touche « la détermination d’un concert et d’un contrôle conjoint (…) est un exercice d’appréciation délicat ».
 
Houzelot, visiteur régulier du président du CSA – qui croisait d’ailleurs courant avril, sortant du bureau d’Olivier Schrameck, le président d’une chaîne de télé privée qui en était pourtant sorti une dizaines de minutes plus tôt mais qui s’était attardé devisant dans le couloir avec l’un des « candidats » (si le mot a un sens) à la présidence de France Télé, un ex-codirigeant de son groupe, qui lui avait rendez-vous pour son dossier un quart d’heure plus tard – imagine donc sabrer le champagne !!!!

Il y a fort peu de chance qu’une majorité de parlementaires ainsi que les contribuables français et/ou les dirigeants de TF1, M6 et Canal +, se réjouissent ainsi et fassent de même !
 

dimanche 19 juillet 2015

Comment Jean-Marc Sauvé, le vice président du Conseil d'État , a-t-il pu imaginer qu'un coup de téléphone n'aurait pas de conséquences ?

Comment Jean-Marc Sauvé, le vice président du Conseil d'État , a-t-il pu imaginer qu'un coup de téléphone n'aurait pas de conséquences ? 
 
Le dernier volet de l'incroyable enquête menée par Cyril Lacarrière "Qui veut gagner France Télévisions [5/5]" (* en bas de post) ne devrait pas, en pleine période estivale, passer inaperçu!
 
Alors que trois plaintes visant le "processus" de désignation à la présidence de France Télévisions que le presse a qualifié, entre autres, de "scandale d'État et de mascarade" - celles de Didier Quillot, du SNPCA-CGC et de la CFDT avec constitution de partie civile pour ces deux dernières - la citation puisqu'elle est entre guillemets que publie le journaliste sur le coup de téléphone de Jean-Marc Sauvé vice président du Conseil d'État patron de Francine Mariani-Ducray (conseillère d'État) actuelle membre du CSA, a de quoi faire bondir.
 
Extrait:
 
"La suite de l'histoire est encore floue. Olivier Shrameck a-t-il convoqué successivement Mémona Hintermann-Afféjee et Francine Mariani-Ducray pour leur demander de changer leur vote ?
 
Cette dernière, membre du Conseil d'État, a-t-elle reçu un coup de téléphone de Jean-Marc Sauvé, son vice-président, pour lui demander, non pas de voter pour Ernotte, mais de «trouver une solution permettant de sortir de l'impasse» ?
Le journaliste qui place cette phrase entre guillemets, a bien raison d'expliquer qu'"il faudrait qu'une des plaintes aboutisse à une enquête pour connaître le réel déroulé des faits."..

Quant aux questions que se posera le juge d'instruction, elles sont logiques et multiples.
 
Par exemple:
 
- En quoi consiste le fait de «trouver une solution permettant de sortir de l'impasse»?
"L'impasse" en question ne pouvant être que l'égalité entre deux "finalistes" : 4 contre 4...que veut dire "trouver une solution" sinon changer son vote pour celle qui justement vote depuis 2 tours de scrutin pour Pascale Josèphe ?
 
- Comment, alors même que se déroule un "scrutin", un tel coup de téléphone peut-il même s'envisager ?
 
 - Comment alors que "l'impartialité" est un principe constitutionnel intangible,  un tel échange peut-il avoir lieu sans immédiatement vicier l'ensemble du processus ?
 
- Quelle en serait la teneur ?....
 
Il est bien évident que seul un juge d'instruction pourra sous serment obtenir les réponses à ces questions qui s'ajoutent aux révélations de "Médiapart", "Atlantico", de "M Le Monde", de "L'express", de "L'Obs" et donc maintenant "L'Opinion " sur les "agissements" d'autres membres du CSA.
 
 
(*) Extrait: "Qui veut gagner France Télévisions (5/5)" par Cyril Lacarrière
 
Tensions, pressions, mensonges et élections
 
"L'heure de vérité est arrivée pour le CSA, qui doit choisir le successeur de Rémy Pflimlin, en résistant aux pressions extérieures. Et le gagnant est...Une fois la liste restreinte établie, les huit membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel se préparent à auditionner les ultimes prétendants à la succession de Rémy Pflimlin, lui-même toujours dans la course. En l'espace de trois jours, le collège va vivre une crise qui l'affectera durablement.
 
LA SCÈNE SE DÉROULE le mardi 21avril, dans l'ascenseur qui mène au 18ème étage du siège du CSA. Un huissier est dépêché pour accompagner le visiteur vers la salle du conseil, où il sera reçu à l'abri des regards indiscrets. Selon son engagement initial, l'institution respecte la volonté de secret total. Sur les noms des candidats, mais également sur le nombre de ceux composant la short-list. «Pour les auditions, vous en faites donc quatre aujourd'hui et trois demain ? », demande malicieusement le candidat qui s'apprête à être reçu. «Oui, c'est bien cela, les journées sont longues », répond l'huissier. L'impétrant aura moins recueilli une information exclusive que conforté l'opinion qu'il avait de la procédure : «Il y a eu un tel hiatus entre le formalisme affiché et la manière dont les choses se sont effectivement déroulées que cela s'est révélé être un échec total. »
 
Une fois dans la salle, les choses ne s’améliorent pas.  Dans une ambiance de grand oral de l'Ena, le candidat fait face aux huit membres et à une horloge lui indiquant le temps qui défile. Sont prévus : un exposé de 30 minutes, puis 90 minutes d'échanges. Pas une de plus. Un témoin raconte qu'Olivier Schrameck coupera la parole à un candidat pour lui signifier le temps restant : « Comme si le fait de déborder allait réellement avantager untel ou untel. Il s'agissait quand même de choisir le président de France Télévisions...».
 
Le premier tour de scrutin, qui a lieu le mercredi 22 avril, donne 4 voix pour Delphine Ernotte-Cunci, 3 pour Pascal Josèphe et 1pour le sortant, Rémy Pflimlin. Le clan du président est acquis à la directrice exécutive d'Orange, Mémona Hintermann-Afféjee, Patrice Gélinet et Nicolas About votent pour l'ancien bras droit d'Hervé Bourges, et Francine Mariani-Ducray pour l'actuel titulaire du poste. Au 2ème tour,  Francine Mariani-Ducray a finalement délaissé Rémy Pflimlin pour soutenir Pascal Josèphe.
 
Après trois tours de scrutin, le 23 avril en fin de matinée, les positions sont figées encore davantage. Quatre voix partout.
 
Pour sortir de l'impasse, les deux prétendants sont convoqués pour une nouvelle audition. «Une manière de gagner du temps et de faire retomber la pression », ironise un participant. Si la teneur des deux entretiens ressemble aux précédents, Sylvie Pierre-Brossolette profite de cette occasion pour aborder avec la dirigeante d'Orange un sujet sensible au sein du collège : « Connaissez-vous Pascal Houzelot ? ». La relation éventuelle entre l’homme d’affaires et la candidate « était très problématique pour Francine Mariani-Ducray et qu'en la rassurant, il y avait une chance qu'elle fasse pencher la balance en faveur d'Ernotte », relate un candidat éconduit. L'ancienne journaliste achevait ainsi un travail de longue haleine aux côtés de celle qui allait bientôt devenir présidente de France Télévisions.
Il faudra toutefois encore un peu de patience....
Partir en vacances ? Réentendre l'ensemble des finalistes ? Le collège cherche une issue à la crise, mais en vain. 
La suite de l'histoire est encore floue. Olivier Shrameck a-t-il convoqué successivement Mémona Hintermann-Afféjee et Francine Mariani-Ducray pour leur demander de changer leur vote ? Cette dernière, membre du Conseil d'Etat, a-t-elle reçu un coup de téléphone de Jean-Marc Sauvé, son vice-président, pour lui demander, non pas de voter pour Ernotte, mais de «trouver une solution permettant de sortir de l'impasse» ?
Les options, avancées par les uns et les autres, demeurent de simples hypothèses, protégées par le secret des délibérations. Il faudrait que la plainte de Didier Quillot aboutisse à une enquête pour connaître le réel déroulé des faits.
Francine Mariani-Ducray finira par voter pour Delphine Ernotte lors d'un quatrième tour désespéré. En deux jours, elle sera ainsi passée du candidat représentant la continuité à celui incarnant l'expertise du secteur, pour finalement porter son choix sur une manager totalement étrangère au monde de l'audiovisuel. Le symbole d'une procédure ratée, qui aura surtout porté préjudice à France Télévisions et à celle qui va bientôt être amenée à diriger le groupe."