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lundi 25 mars 2013

Pflimlin et sa drôle de conception du partage…une fois de plus il met en cause l’État et joue les victimes.



Dans un article du 20 mars dernier « Pflimlin voudrait pousser l’État à la faute en utilisant son Conseil d’Administration qu’il ne s’y prendrait pas autrement ! », soit deux jours avant la tenue de l’instance vendredi 22, le blog CGC Média révélait les 4,5 scenarii que Pflimlin présenterait aux administrateurs.

Le but pour Pflimlin : obtenir un mandat pour mettre en place l’un d’entre eux…lequel d’ailleurs ? La version 1,2,3, 4 ou 4bis, à moins qu’il ne sortît à la dernière minute un « plan patchwork » un peu fourre-tout.

Seulement voilà, son plan éventé par le blog CGC dès l’avant-veille, il était risqué pour Pflimlin de soumettre aux administrateurs pour approbation quoi que ce soit, au risque d’être mis en minorité et de devoir en tirer la seule conséquence logique qui s’impose en pareil cas : la démission.

C’est d’autant plus probable que dans une communication interne de parfaite propagande dont il est coutumier, Pflimlin indique aux salariés : « partager avec le Conseil d’Administration la nécessité, en tout état de cause, d’engager à court terme les premières mesures fondant le retour des comptes de France Télévisions à l’équilibre. »

Si Pflimlin avait partagé avec les administrateurs la moindre mise en place de premières mesures, ces derniers lui auraient donné mandat  or il n’en a pas! Comment imaginer ces femmes et ces hommes, administrateurs du Conseil à qui Pflimlin présente plusieurs scénarii et qui  devraient se prononcer sur des mesures génériques sans savoir finalement lesquelles seront retenues ?

L’habillage verbeux habituel de Pflimlin « Dans un environnement économique et concurrentiel particulièrement difficile, France Télévisions engage une nouvelle étape de sa transformation et doit définir les conditions d’un retour durable de ses comptes à l’équilibre en 2015. » en ajoutant pour faire un peu plus langue de bois « Cette étape passe par l’affirmation de ses priorités stratégiques et l’équité des efforts auxquels tous seront invités. » ne changera rien à l’affaire.

Quant à l’éternel refrain sur la responsabilité de l’État « Bien que les négociations conduites depuis la fin de l’automne avec l’État sur certains points sur l’avenant au contrat d’objectifs et de moyens (COM) de l’entreprise, restent à finaliser alors que les perspectives en matière de ressources publiques et publicitaires se traduisent par une dégradation de plus de 10% en 2015 par rapport au COM conclu en 2011, et que son budget pour 2013 [de France Télé] a été voté en perte de 42 M€. [ça c’est pas de la faute de l’actionnaire ! ndlr], il est éculé et prend l’eau et tire chaque jour un peu plus l’entreprise vers le fond.

Selon Pflimlin « La direction sera conduite dans ce cadre à présenter, dès le Comité Central d’Entreprise d’avril, les dispositions relatives à l’emploi, incluant la perspective d’un plan de départs volontaires dont le principe avait été porté à la connaissance des instances représentatives du personnel et des collaborateurs à l’automne 2012 qui se traduiront entre autres se traduiront dans les prochaines semaines par la renégociation ou l’arrêt de nombreux contrats, concernant les programmes ainsi que d’autres dépenses. » Foutaise.

De quel cadre Pflimlin parle-t-il ? De celui que ni les administrateurs, ni l’État, ne lui ont confié !!!!! Quand le processus d’information/consultation sur les soi-disant « dispositions relatives à l’emploi, incluant la perspective d’un plan de départs volontaires dont le principe » qui auraient  « été porté à la connaissance des instances représentatives du personnel et des collaborateurs à l’automne 2012 » alors que seule la Presse en a été informée, a-t-il été engagé ? Dans les rêves de Pflimlin qui les prend surement pour des réalités.

Le pompon, c’est lorsque Pflimlin écrit « Ces efforts qui concerneront tous les secteurs de l’entreprise [à part le numérique de Patino où 60M€ sont sanctuarisé, ndlr] s’appuieront tant sur les gains de productivité interne que sur une démarche de renégociation de l’ensemble des contrats de France Télévisions. » Quelle mascarade !

Patino qui selon Pflimlin aurait,  « le 21 mars, décliné ses orientations aux équipes des antennes nationales, sur le plan éditorial, s’agissant notamment de la pleine intégration de la stratégie numérique au cœur de la démarche éditoriale des programmes, du renouvellement de l’offre de création et particulièrement de fiction, ainsi que du repositionnement de France 4. ». Tu parles !
S’agissant de cette dernière (France 4) et de sa directrice des programmes Sandrine Roustan à qui Patino n’a jamais laissé la parole, lui préférant Boris Razon (le monsieur nouvelles écritures), il y a beaucoup à dire mais cela fera l’objet d’un article dédié.
de l’entreprise
Il n’y a plus aucune cohérence à France Télé entre le pseudo «projet de transformation » dont parle Pflimlin qui prévoirait « le partage des efforts dans un souci d’équité entre les différentes missions de l’entreprise, au siège comme en région, comme entre ses collaborateurs et ses partenaires extérieurs, qui tous contribuent au service rendu par France Télévisions à la collectivité… L’unité et la solidarité au sein de l’entreprise étant à ce prix » et les « orientations que l’État lui aurait demandé de mettre en œuvre». Sinon pourquoi n’aurait-il toujours pas obtenu un mandat clair de son C.A. et un avenant au COM déjà signé !?????

Il n’existe aucune entreprise en France a fortiori dont l’État est propriétaire où le dirigeant nommé par son Chef, soit en tel décalage et dans un tel bras de fer.

Le Président de la République va-t-il tolérer encore longtemps une telle situation aussi catastrophique dans laquelle se retrouvent pris en tenaille les salariés ?

Classement OJD -Office de la Justification de la Diffusion - qui contredit les affirmations de Patino

Voici le classement OJD, l'Office de la Justification de la Diffusion (qui travaille aussi avec Médiamétrie dans leurs classements) : http://www.ojd-internet.com/chiffres-internet/   avec les 181 sites les plus visités dans lequel Francetv info.fr ne figure pas....

L’OJD qui est quand même LA référence dans l’expertise du dénombrement des médias et qui s’intéresse à certifier la fréquentation d’une même marque média au travers de ses différents supports web, mobile,TV, podcast …ne trouve donc pas trace du supposé « miracle » Patino ! 







« Patino : enquête sur le canular le plus gros de Médialand »


« Patino : enquête sur le canular le plus gros de Médialand »

« Arrêt sur images » qui vient de publier un long article intitulé « Bruno Patino : enquête sur le cumulard le plus discret de Médialand » nous fournit l’occasion de détourner son titre pour créer celui du blog CGC Média.

Dans un enquête particulièrement documentée et étayée qui décortique « le cas Patino », « Arrêt sur images » pose les questions sur le personnage : « Mais au fait, est-il efficace ? Au final est-il bon ? …» et y répond sans complaisance.  

« Arrêt sur images » appuie sur le réseau dont dispose Patino et indique par exemple que « David Kessler, aujourd’hui conseiller médias de François Hollande, qui enseigne comme Patino à Sciences Po, avait favorisé l’arrivée du nouveau numéro deux de France télé à France Culture en 2008, en glissant son nom à Jean-Paul Cluzel, alors président de Radio France mais également à Aurélie Filippetti au moment de la constitution de la commission Roch-Maistre sur les aides à la presse » (lire l’article en bas de post).

A qui d’autre David Kessler aurait-il glissé le nom de Patino dont Pflimlin a vanté sur tous les toits, le bilan numérique pour le nommer numéro 2 à l’instar de ce que Duhamel était à Carolis?

Parlons-en de son bilan ! Le blog CGC a décidé d’apporter à l’excellent papier d« Arrêt sur images », tout un tas d’éléments qui démontrent qu’il ne suffit pas d’affirmer pour que ce qu’on affirme soit vraiéléments que tout journaliste peut aisément vérifier.

De quel « miracle » s’agit-il exactement ?, De quel retard comblé parle Pflimlin qui l’aurait été grâce à Patino ?? Comment Patino peut-il encore dire haut et fort qu’il a placé « Francetv info » dans le « top ten » (les 10 premiers) des sites web les plus visités, alors qu’il suffit de creuser un peu pour vérifier que cela est totalement faux ?!

En effet¸ dans de nombreux documents que Patino concocte et que d’ailleurs relève « Arrêt sur images » page 5, Francetv info totaliserait « 5 millions de visiteurs par mois. » En quoi ce chiffre placerait-il cette soi-disant « formidable réussite de Patino »  dans le « top ten » et justifierait que Pflimlin ait sanctuarisé 60M€ alors que le reste de l’entreprise doit se serrer la ceinture !?
Ces 5 millions de visiteurs (que personne ne peut vraiment vérifier) ne positionnent même pas Francetv info dans le top 50 des sites français.
Voici d’ailleurs le classement OJD, l'Office de la Justification de la Diffusion (qui travaille aussi avec Médiamétrie dans leurs classements) : http://www.ojd-internet.com/chiffres-internet/

Pas de trace de Francetv info.fr. 

L’OJD qui est quand même La référence dans l’expertise du dénombrement des médias et qui s’intéresse à certifier la fréquentation d’une même marque média au travers de ses différents supports web, mobile,TV, podcast …ne trouve donc pas trace du supposé « miracle » Patino ! 

Mais pourquoi donc l'OJD ne référence-t-il pas Francetv info.fr ? Serait-ce Patino le « gourou numérique » qui a décidé de faire l'impasse sur l'OJD ou bien l'OJD qui a décidé de faire l'impasse sur Patino ?

Voyons les chiffres de Février 2013 et attardons-nous sur quelques exemples:
« 20minutes.fr » est 19ème
« Voici.fr » est 41ème

les premiers sites du groupe France Télé à être référencés sont Pluzz.fr dont Patino revendique la paternité mais qui en réalité est l’œuvre de son prédécesseur sous Carolis, Laurent Souloumiac et France3.fr qui avec 9,3 millions de visiteurs uniques fait pratiquement le double de Francetv info (respectivement 34ème et 35ème)… France 2 elle est 38ème. 

Comme Patino n’a créé ni France 2, ni France 3 et donc pas Pluzz non plus, il ne peut finalement pas se vanter de quoi que ce soit puisqu’il n’y a aucune trace de Francetv info. Peut-on dire du reste que « l'herbe a repoussé plus verte après son passage au Monde ou à Télérama » ?

En prenant même l'@SI, si le site d'info créé par Patino fait 5 millions de Vuepar mois, ça ne le placerait au mieux qu’en 52ème position, aux côtés de Sport24.com et à la moitié de France24.fr. Donc vraiment pas de quoi se vanter à tout bout de champ !

Dans le document Médiamétrie évoqué précédemment, le classement par groupes positionne le « groupe France télévisions » (tous sites confondus, c’est-à-dire en intégrant les sites de France2.fr, France3.fr et Pluzz.fr qui sont évidemment très loin devant Francetv info) en 35ème position.

Pire pour Patino avec France 2.fr et France 3.fr le groupe totaliserait près de 18 millions de visiteurs uniques, soit plus de 3 fois ce que fait francetvinfo.fr qui – il faut le souligner – ne joue pas la carte groupe, car il dispose de sa propre identité visuelle et charte graphique. 

Les images de francetv info ne sont pas siglées France 2 ou France 3, même si elles proviennent de ces deux chaînes…non ! Où est donc la synergie donc ? 

Et si les propos d’un producteur que reprend « Arrêt sur images » : « Laurence Bloch (aujourd’hui numéro 2 de France Inter) qui était sa directrice adjointe faisait tout, ou presque…"C’est elle qui faisait tourner la boutique. Patino se chargeait avec un certain talent de la représentation de la radio à l’extérieur, mais n’était pas à la baguette tous les jours", trouvaient ici un nouvel écho !? 

A quoi ce site (francetv info) sert-il donc ?? S’inscrit-il également dans ce que « Arrêt sur images » appelle la "capacité phénoménale" de Patino à penser "à la suite de sa carrière".

Autrement dit, 5 millions de visiteurs uniques pour un site à l’évidence boudé et péniblement situé en queue de classement, justifient-ils 60 millions d'euros de dépenses annuelles que Pflimlin consacre à Patino, alors que le cœur de métier de France télévisions, à savoir faire de la télé et des programmes, est touché par des restrictions drastiques, et que l'on songe de surcroît à réduire les programmes qui font l'âme du service public ? Quel besoin y avait-il de sanctuariser 60 Millions d'euros tous les ans pour un site  totalisant moins que « la voix du nord.fr » ou « le dauphiné.fr » ?? A fortiori  lorsque les 2 sites principaux du groupe : France 2.fr et France 3.fr totalisent déjà près de 18 millions de visiteurs uniques?

Comment expliquer à l’actionnaire que ces 60 millions  réservés par Pflimlin seront mieux investis dans le numérique avec un site qui ne casse visiblement pas 3 pattes à un canard, qu’en programmes (là où les vrais enjeux se situent) à destination de téléspectateurs contribuables qui voient cette année leur redevance augmenter de 6€ ! ? 

Et si l’enfumage ne s’arrêtait pas qu’au numérique ?! 

La semaine dernière, plusieurs conseillers de programmes, se disaient choqués de la façon dont Patino les avaient tancés « France Télévisions ne vous appartient pas, elle ne m’appartient pas, elle appartient aux téléspectateurs…il faut les remettre au cœur du dispositif…je compte sur vous ».

Pas un mot sur la méthode où la stratégie Patino…Quant à ce conseiller qui a osé poser une toute première question, il n’a pas été déçu du résultat, Patino ne répond pas aux questions.  

Le blog CGC Média proposerait bien à Patino, un titre pour la suite du livre qu’il a co-écrit « Une Presse sans Gutenberg » :   « Une Télé sans Patino» mais il n’est pas sûr que cela fasse partie de son « plan de carrière » !







samedi 23 mars 2013

Pflimlin, la chute s'accélère...

Depuis plusieurs semaines, divers articles de Presse soulignent les mauvais résultats d’audience de France Télé...Que fait donc Patino à part parler ? 

En totale contradiction avec les vœux de propagande que Pflimlin a adressé au personnel en janvier 2013 où il indiquait « Le public français continue de faire confiance aux chaînes de service public. Ce score de 30,3 % de part d'audience a été atteint, faut-il le rappeler, dans un contexte de concurrence qui n'a jamais été aussi exacerbée. C'est un choix libre que le public fait tous les soirs pour nos chaînes » et d’ajouter « ces 30,3 % de part d'audience sont dus à la confiance renouvelée de nos concitoyens en 2012 qui nous ont offert un bilan que nous n’avions pas connu depuis une décennie. », l
"Les 30,3 % de part d'audience ...le bilan pas connu depuis une décennie"  comme le prétend Pflimlin, tout cela est bien loin de la réalité.

Avec seulement 28,2 % qui représentent quand même 2 points d’écart par rapport à ces 30,3% comme l’écrivait le blog CGC dans un article intitulé « Pflimlin continue de dévisser » qui venait en écho à l’article du Figaro signé le 12/03 par Renault de Enguérand au titre plus que parlant « Audience: la lente glissade du groupe France Télévisions »,  la technique d’autosatisfaction mise en place a vécu.

Aujourd’hui, ce sont « Les Échos » qui remettent le couvert avec un schéma que voici :



vendredi 22 mars 2013

La tac-tic de Pflimlin a fait pschitt devant le Conseil d’Administration de FTV qui s’est finalement tenu.


Comme le blog CGC Média l’avait révélé dans un article du 21/03 intitulé  « Panique à la présidence de France Télé ce jeudi 21 mars à la veille d’un Conseil d’Administration qui pourrait bien ne pas avoir lieu ! »,  a présenté aux administrateurs les 4 scénarii et demi qu’il voulait soumettre pour approbation mais qui n’a pu se faire.

En effet même si le Conseil s’est tenu, le quorum étant réuni (ce qui était loin d’être sûr), Pfimlin n’a pu que présenter un document d’une trentaine de pages et rien d’autre. Point de « mandat de recherche » qu’il pensait peut-être obtenir des administrateurs qui faute d’accord définitif avec l’État, n’ont fait que discuter.

Pflimlin en profite pour tacler une nouvelle fois l’État donc le Gouvernement, les renvoyant à leurs responsabilités financières mais plus particulièrement la Ministre avec le projet transformation de France 4 en chaîne jeunesse jusqu’à 20 heures sans publicité chiffrant le surcoût à 18M€

Il aurait par conséquent été étrange de voir les administrateurs de l’État voter un quelconque mandat à Pflimlin alors que ce dernier dans ce document, lui tape dessus – noir sur blanc – «Les scénarios 4 et 4 bis reposent essentiellement sur des évolutions du périmètre de France Télévisions et/ou supposent des décisions fortes de la part de l’État. » 

Il semble que les administrateurs de l’État, n’aient d’ailleurs pas franchement goûté l’exercice où justement l’État est mis en cause, et qu’ils aient demandé à Pflimlin de revoir son « plan »  avec un strict retour à l’équilibre dès 2015.

Le blog CGC Média avait d’ailleurs dès hier soir, donné les chiffres et les grandes lignes développées dans ces scénarii, notamment les 3, 4 et 4 bis où les premiers visés pour l’effort seront les salariés, notamment ceux de France 3 que Pflimlin évoque en parlant de « rationalisation du réseau France 3 prévoyant une économie sur les charges aussi d’un ralentissement de l’augmentation des salaires et de stabilisation des frais de missions. »

Le blog CGC Média indiquait également que France Télé dans son scénario 3 dénonçant la trajectoire du COM au regard des ressources disponibles, faisait état d’un Résultat d’Exploitation prévisionnel (REX) 2015 vs le COM existant  à -89M€  considérant une perte de ressources publiques -201M€ et  une moins-value publicitaire de -90M€déficit résiduel qui reste très élevé et atteindrait même - 106 M€ en 2016. 

Décidément Pflimlin dans son entreprise de jouer les victimes et de tout coller sur le dos de l’État, ne fait pas recette.

Panique à la présidence de France Télé ce jeudi 21 mars à la veille d’un Conseil d’Administration qui pourrait bien ne pas avoir lieu !


Suite à un article du blog CGC Média publié le mercredi 20 mars intitulé « Pflimlin voudrait pousser l’État à la faute en utilisant son Conseil d’Administration qu’il ne s’y prendrait pas autrement ! », une extrême fébrilité régnait au 8ème étage du siège de France Télé.

Il y était question du formidable enfumage auquel se préparait Pflimlin qui a convoqué le Conseil d’Administration pour ce vendredi 22 mars. Autrement dit les administrateurs auraient voté une fois encore sans trop savoir d’ailleurs ce qu’ils approuvaient.
Chacun imagine aisément que comme ces scénarii ne sont que des pistes, une cinquième et ultime mouture bien distincte des 4,5 autres aurait vu le jour après coup, engageant du même coup la responsabilité de l’État en donnant mandat à Pflimlin par le biais de ses administrateurs.

Il semble que la manœuvre soit à présent éventée.

Pflimlin n’ayant visiblement pas obtenu de « Bercy » la rallonge de quelques dizaines de millions qu’il réclamait (30M€ au minimum selon nos informations), s’apprêtait donc à se faire voter par les administrateurs en Conseil d’Administration un mandat spécifique destiné « rechercher un plan d’économies » basé sur 4 scénarii et demi « remettant en cause de l’équilibre du COM »…pas celui qui n’a pas encore été signé naturellement !

Le blog CGC Média révèle en exclusivité les contours de ces scénarii élaborés par Pflimlin et sa garde rapproché après présentation au comité stratégique.

Après avoir glosé sur la trajectoire actuelle des dépenses de France Télévisions qui résulterait, selon Pflimlin, de l’ensemble des engagements pris entre le printemps 2011 et l’été 2012 dans le cadre du COM  [qu’il a lui-même fait signer à l’État] prévoyant notamment :

- « la montée en charge des Outre-mer 1ère et de la chaîne nationale France Ô, le développement des programmes régionaux de France 3, le renforcement de la grille de France 4, des obligations croissantes de financement de la création  audiovisuelle et cinématographique, ainsi que le développement numérique de l’entreprise, ce dernier étant d’ailleurs essentiellement financé par redéploiement – aucune autre mission de l’entreprise n’a dans ce cadre été remise en cause »;

- mais aussi de l’acquisition, pour des montants significatifs, souvent plusieurs années à l’avance, et avec l’accord du CA, des droits sportifs de compétitions majeures ;

- d’un processus de production fondé sur une anticipation comprise entre un et trois ans (achat des programmes, négociation avec les producteurs, planification complexe des moyens de production – studios, équipement et personnels – des émissions assurées en interne), qui fait peser sur 2013 et une partie de 2014 un ensemble de « coups partis » [sur lesquels Pflimlin s’est lui-même engagé !];

- des effectifs qui ne peuvent être significativement réduits à très court terme [alors que Pflimlin a exposé les ETP depuis son arrivée et n’a cessé de recruter [ très souvent à haut niveau et faisant ainsi bondir la masse salariale de près de 100M€ ];

- de charges non salariales (et hors programmes) adossées essentiellement à des contrats pluriannuels (diffusion, Médiamétrie, INA par exemple) ou à des contrats de charges courantes difficiles à dénoncer avant d’avoir modifié la structure de l’entreprise, etc…;

Pflimlin a donc l’intention de faire avaler aux administrateurs le « principe » d’économies [qui refuserait une telle perspective ?!  ] avec ces 4  scénarios et demi que voici :

-Scénario 1 :
Rappel du COM 2011-2015  (pour mémoire comme il dit)

Scénario 2 :
« Tendanciel » (budget 2013 glissé de hausses de prix sur 2013-2016, selon des hypothèses de glissement par nature de charges présentées à l’État)

Scénario 3  « Optimisé » :
Mise en œuvre, à périmètre de missions inchangé, de toutes les mesures de productivité  identifiées, notamment sur les effectifsAutrement dit le plan de licenciement.

Scénario 4 : « Plan d’affaires »
Mesures impactant le périmètre actuel des missions et supposant des décisions et/ou un fort soutien des pouvoirs publics….Prise en compte d’une nouvelle chaîne jeunesse en journée sur canal France 4.

Et enfin Scénario 4 bis : « Plan d’affaires bis » (idem)
Maintien de France 4 et développement d’une offre jeunesse numérique.

Pflimlin Pflimlin qui se prend une nouvelle fois pour le législateur, considère que dans tous ces scénarios, les 49 M€ de redevance supplémentaire avec en base l’équivalent du produit des 2 € supplémentaires votés par le Parlement avec la loi de finance 2013 ne seront pas remis en cause dès 2014 !

Passons vite sur le scénario 3 qui fait état d’un hypothétique effort par rapport à la trajectoire du COM au regard des ressources disponibles.
-        REX (Résultat d’Exploitation) prévisionnel 2015 vs le COM existant avec
-        Une perte de ressources publiques -201M€
-        Moins-value publicitaire -90M€
-        Dégradation résultats opérationnels filiales (principalement régie FTP) -33M€
-        Baisse des prélèvements (versements au CNC, des droits d’auteurs et des commissions  de régie) +46M€
-        Effort de contrainte des charges opérationnelles de l’entreprise +182M€
-        REX = -89M€ …un déficit résiduel qui reste très élevé et atteindrait même - 106 M€ en 2016.

Et intéressons-nous plus particulièrement aux scénarios 3 (« optimisé ») et 4 concernant les personnels et donc les ETP (Équivalent Temps Plein) autrement dit le «Plan de départs» que Pflimlin qualifie de «trajectoire  très ambitieuse». 

Pflimlin commence déjà par y mettre un bémol en indiquant que  « la compatibilité intégrale avec un plan de départs volontaires n’est pas assurée dans un calendrier aussi serré » 

Voici ce qu’il prévoit «  au-delà du coût des départs, estimés en scénarios 3 (« optimisé ») et 4 à respectivement 62 et 89 M€ sur l’exercice 2013, la trajectoire indicative de masse salariale aboutirait à une économie d’environ 60M€ en 2016 par rapport au scénario tendanciel (à effectifs constants) » 

Dans tous les cas de figure Pflimlin se défausse et cornerise l’État sur qui il fait porte la responsabilité de ces présentations : «  Les scénarios 4 et 4 bis reposent essentiellement sur des évolutions du périmètre de France Télévisions et/ou supposent des décisions fortes de la part de l’État. » 

Bim ! et d’ajouter « Instruits ces dernières semaines sur le plan technique, ils comportent de nombreux risques ou aléas, politiques, sociaux, financiers ou d’image/d’audience pour l’entreprise, et la valorisation de leurs impacts demandera à être précisée lors de leur mise en œuvre » et de tacler derechef l’État …ça au moins c’est fait ! 

Ainsi, 

–7M€ environ devront être réalisés sur l’Info, l’effort portera sur l’ensemble de l’activité, et notamment sur le coût des magazines d’info (au-delà, relative préservation de l’information nationale, des mesures étant déjà intégrées dans le scénario « optimisé »)

– 50 à – 60 M€ entre 2013 et 2016 sur le Programme national avec notamment une réduction  des engagements de création en valeur, obtention d’évolutions réglementaires permettant une utilisation plus souple des droits de diffusion ainsi que la révision des moyens consacrés à France 4 et France Ô pour préserver la capacité de France 2, France 3 et France 5 à tenir leur rang, autour de leurs marques et offres phares  avec cerise sur le gâteau, baisse sensible des budgets (renégociations suite à audits) et de l’offre de flux (notamment à des heures de faible écoute) et des acquisitions (éco d’environ 55M€ donc)
et beaucoup de redifs ce que Pflimlin appelle « l’ effort majeur de circulation des programmes entre chaînes du groupe »

–10M€ environ devront être réalisés sur les Sports avec  remise en cause totale ou partielle de la couverture de certaines compétitions…c’est Daniel Bilalian qui va pouvoir dire merci à Patino.

–15M€ voire -20M€ devront à réaliser sur France 3 avec plusieurs scénarios misant sur le recentrage sur l’information régionale et les prises d’antenne événementielles (PAE) avec comme variante  la diminution du format des stations locales, sans réduction du maillage du réseau et en prime corollaire une diminution sensible des effectifs dont la compatibilité avec un plan de départs volontaire demande à être vérifiée

–10M€ environ devront être réalisés sur la diffusion : suppression de la diffusion en ondes moyennes des radios outremer, refacturation à Radio France du transport de France Inter et France Culture en outremer (ou abandon) et, pour la diffusion des 24 décrochages régionaux de France 3, compensation par l'État du contrat TNT Sat ...

–15M€ voire -20M€ seront à réaliser sur les  « autres charges diffuseur » (coûts de structure)

Et le meilleur pour la fin l’Offre jeunesse aux deux options étudiées comme le précise bien Pflimlin soi-disant  « à la demande de l’État »...et lui qui donnait des interviews aux média pour dire combien il était indépendant !!!!!!!

l’une avec une chaîne jeunesse en canal hertzien (en substitution de France 4 jusqu’à 20h, sans publicité, et avec sortie du capital de Gulli)

l’autre avec une plateforme numérique jeunesse, prolongeant et enrichissant les contenus existant notamment sur France 3 et France 5 que Pflimlin relativise en précisant que si « cette dernière option est retenue à ce stade par l’entreprise comme hypothèse centrale dans les chiffrages détaillés …le surcoût sera d’environ 18M€ !

Tout cela sur fond de (dixit FTV):

- dégradation ininterrompue des perspectives publicitaires depuis l’été 2012 (-90M€ en 2015) comme l’écrit Pflimlin,

- résultats déficitaires de l’entreprise et autres résultats opérationnels (filiales commerciales + activités numériques) (-30M€ en 2015),

-  équation budgétaire plus que contrainte, 

- contexte social interne compliqué (entreprise unique toujours en cours de construction après une fusion à marche forcée, négociation collective pas encore achevée, construction budgétaire 2013 difficile

Et trésorerie négative -70 M€ en 2016 vs trésorerie de l’ordre de -230 M€ au 31/12/16.

Chacun imagine aisément les têtes à l'Élysée, à Matignon ou encore rue de Valois en découvrant de tels documents où l’État pleinement mis en cause est sommé de prendre  « des décisions fortes» [à croire que ce n’était pas le cas !!!!!] et soumis aux administrateurs qui étaient prêts à tomber dans le panneau en les approuvant !