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lundi 20 juillet 2015

L'ex-Orange préconise aux quelques 10.000 salariés de France Télévisions: LA BANANE.

Une telle méconnaissance de la situation de malaise que traverse l'entreprise  mais aussi un tel déni de la souffrance, de l'angoisse et du burn-out que vivent quotidiennement depuis près d'une dizaine d'années les salariés de France Télévisions, n’est digne ni de leur respect, ni de la fonction.

Le blog CGC Média publiait avant hier le compte-rendu qu'a largement diffusé la SDJ de France 2 après la rencontre en fin de semaine dernière avec celle qu’un CSA déchiré sortait de son chapeau le 23 avril dernier accompagnée de son politique directeur de cabinet Stéphane Sitbon-Gomez. (* compte-rendu intégral en bas de post)

Sur le climat social et le profond malaise qui règne à France Télé, elle a fait cette ahurissante déclaration totalement déconnectée de la réalité: " On fait de la télé, c’est génial. C’est une maison magnifique, on devrait avoir la banane ".





Il y était en l'occurrence question du rapport sans appel de 156 pages décrivant la catastrophique situation qui est devenue l'invraisemblable quotidien que quelques 11.000 femmes et hommes subissent en permanence depuis l'été 2010 et que l'Express.fr  avait rendu public moins d’une semaine après sa remise par le cabinet Émergences, le 31 mars 2014, à la coordination des CHSCT de FTV.

Le journaliste qui débutait ainsi son papier "Non, ce n’est pas l’affaire judiciaire instruite par le juge Van Ruymbeke qui fiche le bourdon aux salariés de France Télévisions, avec ses premières mises en examen qui ont plutôt fait marrer dans les couloirs de la télé publique. Les causes profondes remontent à la réorganisation du groupe et à la complexité de sa mise en œuvre, après la loi de 2009 sur l’entreprise commune.

En plein plan de départs volontaires, accepté et signé fin avril par les syndicats, le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du groupe a voulu faire le point sur l’état des troupes. Eh bien, le résultat n’est pas joli joli !", écrivait entre autres "Il y a « unanimité des agents de  France Télévisions sur la mauvaise ambiance  qui règne partout dans l’entreprise ». Avec un danger: « le manque de maîtrise globale du projet » de départs volontaires et « l’approximation des mesures d’accompagnement » risquent de conduire directement à «l’émergence de risques psycho-sociaux»...Des salariés souffrant de graves problèmes de santé, des AVC et des tentatives de suicide sont déjà régulièrement recensés, et cela risque d’empirer, à en croire le rapport..."

Avant de conclure  "Y a-t-il un médecin à France Télévisions?"
 
Celle qu’Olivier Schrameck, Sylvie Pierre-Brossolette, Nathalie Sonnac et Nicolas Curien ont sorti de leur chapeau, le 23 avril dernier, n'a donc rien trouvé d'autre que:

Vous êtes bien sur France Télé...comme, si vous en doutiez !!!!!!!!

La banane, enfin c'est clair messieurs Pflimlin et Patino !
 

(* compte-rendu intégral de la SDJ)

"La SDJ a rencontré ce jour la future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci, ainsi que son directeur de cabinet Stéphane Sitbon-Gomez, lors d’un premier entretien qui a duré une heure, et qui s’est déroulé de façon très cordiale.
Nous avons rappelé le rôle de la société des journalistes comme vigie de l’indépendance de  la rédaction. Delphine Ernotte nous a posé beaucoup de questions sur la SDJ  et sa mission.


L’indépendance 

Nous avons évoqué à titre d’exemple l’interview de Bachar el Assad, qui a suscité beaucoup de controverses.  Là-dessus sa réponse est très claire : elle n’a aucune opposition de principe à ce type d’interview, au contraire, mais elle aurait souhaité plus de décryptage pour la compréhension du sujet « je ne suis pas là pour lutter contre l’indépendance des journalistes mais sur une décision comme ça je veux être dans la boucle. Mon boulot c’est de défendre la maison quoi qu’il arrive, il faut être solidaire ». 

Les journaux

D’une manière globale, elle reconnaît la qualité et la spécificité de l’information sur France 2. Dans l’ensemble, elle ne veut pas se prononcer pour l’instant sur le contenu des journaux, en revanche, quand on la sollicite sur la question de la culture, elle « sait que le sujet est en débat. La question est de savoir comment la rendre plus accessible et plus proche des gens ».

La direction de l’info

Delphine Ernotte refuse de dire quoi que ce soit tant qu’elle n’a pas pris ses fonctions le 22 août. Elle dément avoir rencontré Harry Roselmack et ne veut pas donner les raisons du refus d’Hervé Beroud, qu’elle confirme avoir rencontré. Elle souhaite que  David Pujadas continue de présenter le  20 heures à la rentrée.
Elle nous a demandé notre avis sur le profil du futur directeur de l’information mais n’a donné aucune piste de noms envisagés. Nous avons insisté sur le fait qu’une nomination en interne nous semblait préférable au vu de la complexité des chantiers à venir et du contexte actuel.

Info 2015

Sa réponse est claire : « Il faut le poursuivre, je ne suis pas ambigüe la dessus, c’était dans mon programme. Je n’ai pas l’intention de le reprendre à zéro, mais de le poursuivre. Il faut juste être intelligent dans les modalités de mise en œuvre ».

Contraintes budgétaires

Delphine Ernotte trouve prématuré d’en parler, le budget 2016 n’étant pas encore décidé.

Les magazines

Elle reconnaît la spécificité de France 2 sur cette question, avec la qualité des magazines. Pour elle, la question de l’externalisation ne se pose pas : « il faut produire tout ce qu’on peut produire en interne ».
En revanche, il y a des formats qui devront se renouveler. « Il y aura des changements mais ils ne seront pas décidés dans mon bureau ». 

La chaîne info

Nous avons le sentiment que c’est l’un de ses chantiers primordiaux. Elle considère qu’une chaîne info attirera les jeunes téléspectateurs qui manquent à la chaîne, elle insiste sur la  moyenne d’âge vieillissante des téléspectateurs  « l’info est une mission essentielle, notre cahier des charges ce n’est pas que les séniors ». 
Sur ce point, Stéphane Sitbon-Gomez est intervenu, pour souligner que c’était une erreur stratégique pour le service public de ne pas avoir développé sa chaîne info.
Néanmoins, pour Delphine Ernotte « il ne s’agit pas de faire BFM, il faut réfléchir à ce que doit être une chaîne d’info du service public ».
Sur les questions du financement et de l’organisation, que nous avons posées à plusieurs reprises, elle est restée très évasive : elle estime qu’il faut d’abord avoir un projet avant de réfléchir aux moyens.

Son regard sur l’entreprise

Après ces quelques semaines d’observation, elle trouve que l’entreprise est assez stressée, qu’il y a beaucoup d’angoisses, alors qu’« on fait de la télé, c’est génial. C’est une maison magnifique, on devrait avoir la banane ».
Cependant, elle a conscience qu’il a pu y avoir des dérives de management, et qu’il faut reposer des règles claires : «  il faut savoir qu’il y a les droits et les devoirs d’un manager ».
Nous avons senti que, forte de son expérience, c’est là aussi l’un de ses chantiers de priorité.

Les conditions de sa nomination
« J’ai vécu un examen très dur [au CSA] et qui a renforcé ma détermination. Je ne parlerai pas avant le 22 aout. Je ne suis absolument pas déstabilisée par les rumeurs ».
Nous l’avons interrogée sur la nomination d’un directeur de cabinet issu d’un parti politique, ce à quoi elle a coupé court : «  c’est ma liberté, c’est mon choix. C’est moi qui nomme mon équipe. »

Nos impressions
Même si elle n’a pas répondu dans le détail à beaucoup de questions, et qu’elle-même reconnaît qu’elle n’a pas encore appréhendé toutes les arcanes de la maison, nous avons l’impression d’avoir affaire à quelqu’un d’ouvert, dynamique et motivé. Elle a laissé entendre que la porte de son bureau serait ouverte.

Le Bureau de la SDJ "
 
 
 
 





 


 

Schrameck réunit son pote Houzelot et le rapporteur indépendant du CSA pour la vente de Numéro 23.

Le 1er juillet dernier, « Le Canard Enchaîné » révélait que les services du Conseil supérieur de l’audiovisuel avaient remis une "note assassine" à Olivier Schramek sur les montages financiers mis en place par Pascal Houzelot propriétaire de « Numéro 23 » avec entre autres entrées au capitale, le milliardaire russe Alicher Ousmanov qui via son groupe UTH Russia aurait engagé 10M€ dans la chaîne en signant un pacte d’actionnaires dont les termes étaient restés secrets.

Avec ces 10M€ de Russia UTH, l’oligarque russe qui a fait l’acquisition de 15% des parts de Numéro 23, détient également une minorité de blocage permettant au groupe d’Alicher Ousmanov de bloquer toute décision prise en assemblée générale extraordinaire.
 
"Ce groupe dispose, de fait, de plus de 20% des droits de vote" indique le Canard qui reprend la note interne…Or, la loi de 1986 interdit à un investisseur étranger de disposer de plus de 20% du capital social ou des droits de vote d’un média français, ajoute le titre de Presse qui enchérit « La haute autorité commence à comprendre pourquoi le fameux pacte d’actionnaires lui a "été communiqué tardivement" »
L’hebdomadaire a également révélé que Pascal Houzelot « avait signé en mai 2014 un accord avec un autre discret partenaire étranger, Qipco - holding privée sise au Qatar - qui a prêté 5 millions d’euros à Numéro 23 "sous forme d’obligations convertible en actions dans cinq ans". »
 
Quant à la clause qu’avaient découverte les enquêteurs du CSA qui prévoyait "une vente de la société dès que possible, à partir de janvier 2015" -  ce qui serait sur le point d’arriver à en croire Schrameck et son pote Houzelot qui avait annoncé la vente de Numéro 23 au groupe NextRadioTV d’Alain Weill en avril dernier pour près de 90M€ -  elle devrait intervenir discrètement en pleine période estivale, le rapporteur indépendant du CSA qui « ne proposait pas que le CSA retire l’autorisation qu’il a accordée [...] à la société Diversité TV France [N°23] », n’y verrait pas plus à redire !!!!
 
Le même rapporteur de justifier son avis par « l’absence d’éléments suffisants permettant d’affirmer qu’il y une intention des actionnaires d’avoir une politique commune » en indiquant pour finir de botter en touche « la détermination d’un concert et d’un contrôle conjoint (…) est un exercice d’appréciation délicat ».
 
Houzelot, visiteur régulier du président du CSA – qui croisait d’ailleurs courant avril, sortant du bureau d’Olivier Schrameck, le président d’une chaîne de télé privée qui en était pourtant sorti une dizaines de minutes plus tôt mais qui s’était attardé devisant dans le couloir avec l’un des « candidats » (si le mot a un sens) à la présidence de France Télé, un ex-codirigeant de son groupe, qui lui avait rendez-vous pour son dossier un quart d’heure plus tard – imagine donc sabrer le champagne !!!!

Il y a fort peu de chance qu’une majorité de parlementaires ainsi que les contribuables français et/ou les dirigeants de TF1, M6 et Canal +, se réjouissent ainsi et fassent de même !
 

dimanche 19 juillet 2015

Comment Jean-Marc Sauvé, le vice président du Conseil d'État , a-t-il pu imaginer qu'un coup de téléphone n'aurait pas de conséquences ?

Comment Jean-Marc Sauvé, le vice président du Conseil d'État , a-t-il pu imaginer qu'un coup de téléphone n'aurait pas de conséquences ? 
 
Le dernier volet de l'incroyable enquête menée par Cyril Lacarrière "Qui veut gagner France Télévisions [5/5]" (* en bas de post) ne devrait pas, en pleine période estivale, passer inaperçu!
 
Alors que trois plaintes visant le "processus" de désignation à la présidence de France Télévisions que le presse a qualifié, entre autres, de "scandale d'État et de mascarade" - celles de Didier Quillot, du SNPCA-CGC et de la CFDT avec constitution de partie civile pour ces deux dernières - la citation puisqu'elle est entre guillemets que publie le journaliste sur le coup de téléphone de Jean-Marc Sauvé vice président du Conseil d'État patron de Francine Mariani-Ducray (conseillère d'État) actuelle membre du CSA, a de quoi faire bondir.
 
Extrait:
 
"La suite de l'histoire est encore floue. Olivier Shrameck a-t-il convoqué successivement Mémona Hintermann-Afféjee et Francine Mariani-Ducray pour leur demander de changer leur vote ?
 
Cette dernière, membre du Conseil d'État, a-t-elle reçu un coup de téléphone de Jean-Marc Sauvé, son vice-président, pour lui demander, non pas de voter pour Ernotte, mais de «trouver une solution permettant de sortir de l'impasse» ?
Le journaliste qui place cette phrase entre guillemets, a bien raison d'expliquer qu'"il faudrait qu'une des plaintes aboutisse à une enquête pour connaître le réel déroulé des faits."..

Quant aux questions que se posera le juge d'instruction, elles sont logiques et multiples.
 
Par exemple:
 
- En quoi consiste le fait de «trouver une solution permettant de sortir de l'impasse»?
"L'impasse" en question ne pouvant être que l'égalité entre deux "finalistes" : 4 contre 4...que veut dire "trouver une solution" sinon changer son vote pour celle qui justement vote depuis 2 tours de scrutin pour Pascale Josèphe ?
 
- Comment, alors même que se déroule un "scrutin", un tel coup de téléphone peut-il même s'envisager ?
 
 - Comment alors que "l'impartialité" est un principe constitutionnel intangible,  un tel échange peut-il avoir lieu sans immédiatement vicier l'ensemble du processus ?
 
- Quelle en serait la teneur ?....
 
Il est bien évident que seul un juge d'instruction pourra sous serment obtenir les réponses à ces questions qui s'ajoutent aux révélations de "Médiapart", "Atlantico", de "M Le Monde", de "L'express", de "L'Obs" et donc maintenant "L'Opinion " sur les "agissements" d'autres membres du CSA.
 
 
(*) Extrait: "Qui veut gagner France Télévisions (5/5)" par Cyril Lacarrière
 
Tensions, pressions, mensonges et élections
 
"L'heure de vérité est arrivée pour le CSA, qui doit choisir le successeur de Rémy Pflimlin, en résistant aux pressions extérieures. Et le gagnant est...Une fois la liste restreinte établie, les huit membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel se préparent à auditionner les ultimes prétendants à la succession de Rémy Pflimlin, lui-même toujours dans la course. En l'espace de trois jours, le collège va vivre une crise qui l'affectera durablement.
 
LA SCÈNE SE DÉROULE le mardi 21avril, dans l'ascenseur qui mène au 18ème étage du siège du CSA. Un huissier est dépêché pour accompagner le visiteur vers la salle du conseil, où il sera reçu à l'abri des regards indiscrets. Selon son engagement initial, l'institution respecte la volonté de secret total. Sur les noms des candidats, mais également sur le nombre de ceux composant la short-list. «Pour les auditions, vous en faites donc quatre aujourd'hui et trois demain ? », demande malicieusement le candidat qui s'apprête à être reçu. «Oui, c'est bien cela, les journées sont longues », répond l'huissier. L'impétrant aura moins recueilli une information exclusive que conforté l'opinion qu'il avait de la procédure : «Il y a eu un tel hiatus entre le formalisme affiché et la manière dont les choses se sont effectivement déroulées que cela s'est révélé être un échec total. »
 
Une fois dans la salle, les choses ne s’améliorent pas.  Dans une ambiance de grand oral de l'Ena, le candidat fait face aux huit membres et à une horloge lui indiquant le temps qui défile. Sont prévus : un exposé de 30 minutes, puis 90 minutes d'échanges. Pas une de plus. Un témoin raconte qu'Olivier Schrameck coupera la parole à un candidat pour lui signifier le temps restant : « Comme si le fait de déborder allait réellement avantager untel ou untel. Il s'agissait quand même de choisir le président de France Télévisions...».
 
Le premier tour de scrutin, qui a lieu le mercredi 22 avril, donne 4 voix pour Delphine Ernotte-Cunci, 3 pour Pascal Josèphe et 1pour le sortant, Rémy Pflimlin. Le clan du président est acquis à la directrice exécutive d'Orange, Mémona Hintermann-Afféjee, Patrice Gélinet et Nicolas About votent pour l'ancien bras droit d'Hervé Bourges, et Francine Mariani-Ducray pour l'actuel titulaire du poste. Au 2ème tour,  Francine Mariani-Ducray a finalement délaissé Rémy Pflimlin pour soutenir Pascal Josèphe.
 
Après trois tours de scrutin, le 23 avril en fin de matinée, les positions sont figées encore davantage. Quatre voix partout.
 
Pour sortir de l'impasse, les deux prétendants sont convoqués pour une nouvelle audition. «Une manière de gagner du temps et de faire retomber la pression », ironise un participant. Si la teneur des deux entretiens ressemble aux précédents, Sylvie Pierre-Brossolette profite de cette occasion pour aborder avec la dirigeante d'Orange un sujet sensible au sein du collège : « Connaissez-vous Pascal Houzelot ? ». La relation éventuelle entre l’homme d’affaires et la candidate « était très problématique pour Francine Mariani-Ducray et qu'en la rassurant, il y avait une chance qu'elle fasse pencher la balance en faveur d'Ernotte », relate un candidat éconduit. L'ancienne journaliste achevait ainsi un travail de longue haleine aux côtés de celle qui allait bientôt devenir présidente de France Télévisions.
Il faudra toutefois encore un peu de patience....
Partir en vacances ? Réentendre l'ensemble des finalistes ? Le collège cherche une issue à la crise, mais en vain. 
La suite de l'histoire est encore floue. Olivier Shrameck a-t-il convoqué successivement Mémona Hintermann-Afféjee et Francine Mariani-Ducray pour leur demander de changer leur vote ? Cette dernière, membre du Conseil d'Etat, a-t-elle reçu un coup de téléphone de Jean-Marc Sauvé, son vice-président, pour lui demander, non pas de voter pour Ernotte, mais de «trouver une solution permettant de sortir de l'impasse» ?
Les options, avancées par les uns et les autres, demeurent de simples hypothèses, protégées par le secret des délibérations. Il faudrait que la plainte de Didier Quillot aboutisse à une enquête pour connaître le réel déroulé des faits.
Francine Mariani-Ducray finira par voter pour Delphine Ernotte lors d'un quatrième tour désespéré. En deux jours, elle sera ainsi passée du candidat représentant la continuité à celui incarnant l'expertise du secteur, pour finalement porter son choix sur une manager totalement étrangère au monde de l'audiovisuel. Le symbole d'une procédure ratée, qui aura surtout porté préjudice à France Télévisions et à celle qui va bientôt être amenée à diriger le groupe."

Celle à qui Schrameck a donné les clés en avril dernier fustige avec son politique dircab : une « télé publique vieillissante » mais aussi les « erreurs » de l’actionnaire.

Voilà qui devrait réjouir le Président de la République, le Gouvernement, les Tutelles et Bruxelles par ricochet …mais aussi les téléspectateurs, les contribuables français et au premier chef les 10.000 collaborateurs de France Télé qui après la plus grave crise qu’ait connue Radio France (loin d’être éteinte) s’attendent au même scénario.
 
La SDJ de France 2 vient de diffuser largement  le compte rendu de leur surréaliste rencontre survenue en fin de semaine dernière avec celle qu’un CSA déchiré sortait de son chapeau le 23 avril dernier accompagnée de son politique directeur de cabinet Stéphane Sitbon-Gomez.
 
La  Société des Journalistes d’indiquer « Nous avons rencontré ce jour la future présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte-Cunci ainsi que son directeur de cabinet Stéphane Sitbon-Gomez, lors d’un premier entretien qui a duré une heure…Nous avons rappelé le rôle de la société des journalistes comme vigie de l’indépendance de  la rédaction. Delphine Ernotte nous a posé beaucoup de questions sur la SDJ et sa mission ». 
 
Ils n’ont pas dû en revenir et ils ne sont sûrement pas les seuls.
 
Et de citer pêle-mêle, entre guillemets, les déclarations de l’une mais aussi de l’autre :
 
Place aux jeunes….Le cahier des missions et des charges, ce n’est pas que pour les seniors…Une nouvelle chaine d’infos en continu, voilà la solution….Attention surtout pas du « BFM », non (la chaîne de la TNT canal 15, appréciera !) ….C’est  l’un de chantiers primordiaux….Une « erreur stratégique de ne pas l’avoir développée » pour son dircab Sitbon-Gomez… Les moyens ? L’État paiera évidemment !….
 
Extrait:
 
« Sur la chaîne info :
 
« Nous avons le sentiment que c’est l’un de ses chantiers primordiaux. Elle (Delphine Ernotte donc) considère qu’une chaîne info attirera les jeunes téléspectateurs qui manquent à la chaîne, elle insiste sur la  moyenne d’âge vieillissante des téléspectateurs  « l’info est une mission essentielle, notre cahier des charges ce n’est pas que les séniors ».
 
Sur ce point, Stéphane Sitbon-Gomez est intervenu, pour souligner que c’était une erreur stratégique pour le service public de ne pas avoir développé sa chaîne info.
 
Néanmoins, pour Delphine Ernotte « il ne s’agit pas de faire BFM, il faut réfléchir à ce que doit être une chaîne d’info du service public ».
 
Sur les questions du financement et de l’organisation, que nous avons posées à plusieurs reprises, elle est restée très évasive : elle estime qu’il faut d’abord avoir un projet avant de réfléchir aux moyens. »
 
La situation de faillite dans laquelle se trouve aujourd’hui France  Télévisions, le disert tandem n’en a visiblement que faire !
 
Extrait: 
 
« Contraintes budgétaires
 
Delphine Ernotte trouve prématuré d’en parler, le budget 2016 n’étant pas encore décidé. »

« Les pertes cumulées depuis l'arrivée de Remy Pflimlin qui se cumulent maintenant à presque 206 M€, soit plus de la moitié du capital social de France Télévisions….Les recettes publicitaires qui continuent de chuter (-18 M€ en 2014) dans un contexte de déclin des audiences avec un coût de programmes mais de productions achetées (+147 M€ oui, vous lisez bien) et des charges de personnel (+15 M€) qui continuent de grimper au ciel malgré les salades de Papet et ses troupes sur la soi-disant réduction des ETP assorti de son désastreux PDV (Plan de Départ Volontaires) », ça intéresse qui ? 
 
Quant au malaise et au climat anxiogène qui sont le quotidien d’une majorité salariés à bout de nerfs, là aussi le duo est totalement déconnecté de la réalité " On fait de la télé, c’est génial. C’est une maison magnifique, on devrait avoir la banane ".
 
Extrait:
 
« Son regard sur l’entreprise
 
Après ces quelques semaines d’observation, elle trouve que l’entreprise est assez stressée, qu’il y a beaucoup d’angoisses, alors qu’"on fait de la télé, c’est génial. C’est une maison magnifique, on devrait avoir la banane ».
Cependant, elle a conscience qu’il a pu y avoir des dérives de management, et qu’il faut reposer des règles claires : «  il faut savoir qu’il y a les droits et les devoirs d’un manager ».
 
Nous avons senti que, forte de son expérience, c’est là aussi l’un de ses chantiers de priorité. »
 
Sur la création du poste de dircab qui n’existe pas à France Télévisions, elle fait ne répondra pas. Elle fait ce qu’elle veut !  
 
Extrait:
 
« Nous l’avons interrogée sur la nomination d’un directeur de cabinet issu d’un parti politique, ce à quoi elle a coupé court : « C’est ma liberté, c’est mon choix. C’est moi qui nomme mon équipe. »
 
 
Si elle déclare poursuivre également le chantier de Thuillier ….
 
Extrait:

« Info 2015

Sa réponse est claire : « Il faut le poursuivre, je ne suis pas ambigüe là-dessus, c’était dans mon programme. Je n’ai pas l’intention de le reprendre à zéro, mais de le poursuivre. Il faut juste être intelligent dans les modalités de mise en œuvre ».

…elle ne dira pas qui elle voit pour lui succéder mais qui elle ne voit pas !

Extrait:

« La direction de l’info
 
Delphine Ernotte refuse de dire quoi que ce soit tant qu’elle n’a pas pris ses fonctions le 22 août. Elle dément avoir rencontré Harry Roselmack et ne veut pas donner les raisons du refus d’Hervé Beroud, qu’elle confirme avoir rencontré. Elle souhaite que  David Pujadas continue de présenter le  20 heures à la rentrée.
Elle nous a demandé notre avis sur le profil du futur directeur de l’information mais n’a donné aucune piste de noms envisagés.... »
 
Ce n'est pas avec de tels propos que la banane sera élue fruit de l'année 2015...(encore moins 2016 ou encore 2017)