Les images qui scellent le sort des dirigeants de France Télés et par ricochet celui
de milliers de salariés !
De Matignon à l’Elysée,
les images de l’agression d’Yvan Colonna le militant nationaliste diffusées à la fois
sur France 3 Corse et France 3 Marseille avant d’être très vite supprimées, ne
sont absolument pas passées.
Les bruits sur la privatisation d’une
partie des chaines du groupe de télés publiques, plus insistants ces derniers
jours, ce seraient transformés en décision.
« La messe était déjà dite
avant mais là, c’est fait… » lançait hier un proche du Chef de l’État
apprenant comme la presse unanime, ce dont le service public venait de se
rendre coupable.
Du Premier ministre au Président de la République, l’indignité devrait se
traduire très vite par des mesures contre l’entreprise et celle qui y fut
parachutée à l’été 2015…Il n’y a guère que le Secrétariat général de l’Élysée
pour soutenir encore cette dernière, seule capable de mener une privatisation
partielle à son terme ! Incroyable…
Pourtant, "Ce n'est pas en punissant une entreprise qu'on sanctionne sa gouvernance" tient à préciser le blog CGC Média.
Le Monde dans son article
signé Sandrine Cassini et Jacques Follorou « Interrogations
au sein de France Télévisions après la suppression d’un reportage sur
l’agression d’Yvan Colonna » (*), s’il se
demandait comment tout cela avait pu avoir lieu, ne laisse pas sous-entendre une
autre issue.
Extrait :
« Autocensure de France Télévisions ou pression inavouée d’un
gouvernement soucieux de ramener le calme en Corse ? C’est la question qui
se pose au sein de l’entreprise depuis que la direction du groupe audiovisuel
public a ordonné, jeudi 17 mars, dans la soirée, le retrait de son site
Internet de tout lien ou référence à un reportage de la rédaction de
France 3 Corse sur l’agression, le 2 mars, d’Yvan Colonna, au sein de
la prison d’Arles (Bouches-du-Rhône).
Diffusé, jeudi, lors du journal télévisé de 19 heures, à la fois sur
France 3 Corse et France 3 Marseille, le sujet, visionné par Le
Monde, révèle le déroulé, images figées à l’appui, de l’attaque dont a été
victime le militant nationaliste condamné pour l’assassinat, en 1998, du
préfet Claude Erignac. D’une durée d’une minute et
trente-six secondes, il montre Yvan Colonna entrer dans la salle de sport
à 9 h 21. Moins d’une heure plus tard, à 10 h 13,
Franck Elong Abé, condamné, en 2015, pour faits de djihadisme, arrive dans
le couloir à hauteur de la salle. Chargé de tâches ménagères, en tant
qu’auxiliaire, il entre en laissant son balai et son seau à l’extérieur.
Le nationaliste corse est alors installé, sur le ventre, le buste
légèrement redressé, sur un appareil de musculation. Son agresseur referme la
porte. Il se retourne et paraît vérifier par l’œilleton si des personnes se
trouvent à proximité. Puis, il prend son élan et saute sur le dos de sa victime
et commence, les mains encore couvertes de ses gants jaunes de ménage, à
étrangler Yvan Colonna. Puis il se saisit d’un sac en plastique pour
l’étouffer. L’assaillant quitte la salle à 10 h 22 en croisant un
surveillant à qui il indique que le nationaliste corse vient de faire un
malaise. Enfin, les images montrent Franck Elong Abé en train de reprendre ses
affaires de ménage… »
Quant à la famille comme le sous-titre le quotidien, elle s’est dite « choquée par ces
images »…On le serait à moins ! Maître Emmanuel
Mercinier-Pantalacci, l’un des avocats d’Yvan Colonna, toujours dans le coma, a
indiqué ce 18 mars qu’une plainte pour « violation du secret de
l’instruction » était en préparation après la diffusion du
reportage.
( "Je tiens à remercier la direction de France 3 d'avoir montré cette sinistre scène à tout le monde et plus grave encore à ma famille, les images de la tentative d'assassinat contre mon frère..." )
Extrait :
« Le gardien de prison découvre le prisonnier corse inconscient. Il
est 10 h 24, moins de dix minutes après l’irruption de Franck
Elong Abé qui est interpellé dans sa cellule et reconnaît avoir commis cet acte
pour « venger son dieu ». Les deux enquêtes en cours –
l’une, judiciaire, ouverte le 3 mars pour « tentative
d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste » par le
Parquet national antiterroriste, et l’autre, administrative, par l’inspection
générale de la justice – permettront sans doute de faire la lumière sur
l’ensemble des faits…
Devant la commission des lois de l’Assemblée nationale, mercredi
16 mars, le directeur de l’administration pénitentiaire, Laurent Ridel, a
assuré que la porte de la salle de musculation où se trouvaient Yvan Colonna et
Franck Elong Abé était restée ouverte, ce qui est démenti par les images de
surveillance révélées par France 3 Corse.
La diffusion, à 19 heures, du sujet sur les antennes de France 3
Corse et France 3 Marseille n’a pas suscité de réactions immédiates. Les
premiers retours interviennent après la publication d’un article écrit sur le
site Internet de France 3 Corse relatant les faits déjà évoqués dans le
reportage télévisé. Dans un premier temps, la famille d’Yvan Colonna se dit
choquée par ces images et certains de ses membres iront même jusqu’à proférer
des menaces de mort à l’encontre des journalistes ayant réalisé le sujet. »
Le titre de presse qui évoque enfin « L’émotion
au sein des rédactions » ajoute « Moins d’une heure
après [sa diffusion, ndlr], la direction de la rédaction de France 3
Corse puis celle de France 3 Marseille reçoivent l’ordre de supprimer, de
leurs sites, à la fois le reportage, l’article et même le tweet annonçant les
informations exclusives découvertes par leurs journalistes. Joint par Le
Monde, le directeur territorial de France3 Corse, Hervé de Haro, s’est refusé à
tout commentaire sur les motifs de la suppression du reportage. Il n’a pas
souhaité, non plus, réagir aux questions posées sur l’origine des exigences
émanant, en ce sens, de sa hiérarchie à Paris...Questionnée sur les raisons qui
l’ont conduite à solliciter cette autocensure, la présidence de France
Télévisions a opposé, pour sa part, un laconique « aucun
commentaire ».