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lundi 19 janvier 2026

De quoi s’interroger pour Charles Alloncle qui reprend aujourd’hui la commission d’enquête avec ces perquisitions chez les « Big four ». (¤)

De quoi s’interroger pour Charles Alloncle qui reprend aujourd’hui la commission d’enquête avec ces perquisitions chez les « Big four ». (¤)

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Alors que les travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public reprennent ce lundi, Charles Alloncle a clairement confirmé dans l’interview exclusive qu’il donne au Point qu’on « ne le bâillonnera pas ». (*)

Il le dit cash dans le magazine : il n’est l’émissaire de personne (il n’a quasiment jamais mis les pieds chez Bolloré).  Il continuera à poser les questions qui dérangent parce que les Français en ont ras-le-bol des leçons de morale à géométrie variable et surtout de ces pactes tacites destinés à faire tout capoter qui se voient comme le nez au milieu de la figure.  

Aurélien Saintoul, député LFI, lorsqu’il était  était rapporteur de la commission d’enquête sur la TNT et CNews, n’a jamais eu aucun problème, lui.

Il tweetait à tout va pendant les auditions, posait des questions ultra-offensives, mettait la pression maximale sur les patrons de médias privés… et là, personne ne lui coupait la parole, le tançait en permanence, ne venait lui parler de « dignité », de « tribunal politique » ou de « méthodes façon CNews ».

La présidente Yaël Braun-Pivet ne sortait pas, non plus, sur France Inter pour le rappeler à l’ordre. Curieux, non ?

Deux poids, deux mesures puissance 10.

Quand on tape sur le service public et qu’on ose demander des comptes sur 4 milliards d’euros par an, c’est le scandale absolu.

Quand on cognait sur les médias privés et Bolloré, c’était l’exercice démocratique exemplaire.

Alors oui, que la commission gratte là où ça fait mal, c’est normal ! C’est le rôle d’une commission d’enquête, non ?   On ne va quand même pas reprocher à un rapporteur d’enquêter !

Comme écho justement à ces travaux dont une petite coalition de trublions auraient souhaité l’arrêt pur et simple, le blog CGC Média propose un nouvel  axe concernant les centaines de millions balancés à cette poignée de boites de prod’ amies – surtout du Pouvoir ! – à savoir les contrôle en amont et la transparence dont l’ex-Orange nous rebat les oreilles mais que personne ne voit réellement.

Dans le cadre des marchés publics :  France Télévisions, société anonyme au capital public, est soumise au code de la commande publique pour la majorité de ses achats importants (prestations de production, diffusion, numérique, prestations intellectuelles, etc.). De ce fait, elle a obligation légale de vérifications préalables sur les candidats (capacités techniques/financières, garanties professionnelles, situation fiscale/sociale, etc.).  

Pour les marchés au-dessus de certains seuils, elle devrait même faire réaliser des sortes d’audit pré-contractuels avec questionnaires détaillés, parfois visites sur site, vérifications de références, analyse des bilans, etc...   

C’est ce qu’elle chante régulièrement devant  la Représentation nationale, ce qu’elle a ressassé à la Cour des comptes ou encore garanti plus récemment, devant la commission d’enquête (son audition de fin 2025 qui a duré 4h30, concernant notamment sur les contrats de production) ! « France Télé ne peut pas se permettre de signer avec n’importe qui sans vérifications sérieuses en amont »

Lors de son premier passage devant la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public (10 décembre 2025), Delphine Ernotte a largement évoqué les relations avec les producteurs indépendants, dont Mediawan (premier bénéficiaire des commandes de France Télévisions, avec environ 100 M€ par an [selon elle !] pour des émissions comme « C à vous », « C dans l'air », etc...)

Elle a défendu ces partenariats, salué le succès des groupes français comme Mediawan et Banijay sur le marché international, et minimisé tout risque d'influence éditoriale (notamment via les actionnaires Xavier Niel, Matthieu Pigasse ou le fonds KKR).

Mais pas un mot sur actions menées pour vérifier les dépenses, les emplois, les marges ou les soupçons récurrents (travail dissimulé, délit de marchandage, etc., comme rapporté par Off Investigation et Mediapart en 2025) sur Mediawan, le premier producteur et de loin qui l’invitait d’ailleurs chez Maxim’s après avoir privatisé le resto pour une grosse fête juste avant son re-parachutage.

Elle même claironné ces principes, le 15 janvier dernier avec son troisième vœux : un vœu de transparence. 

Verbatim

« Dans une société de défiance, la rumeur blesse et la polémique abîme. Depuis plusieurs mois et notamment, avec l’exploitation politicienne qui a été faite du rapport  de la Cour des comptes, nous subissons les fantasmes les plus divers sur nos modes de fonctionnement, nos coûts, nos frais. Qu’elle soit portée à bas bruit ou avec de hauts cris, cette humeur est un poison qui abime tous. Je prends très au sérieux, ces doutes sur notre fonctionnement et je souhaite y répondre.

Nous sommes un service public. Nous sommes financés par tous et à ce titre, nous devons chaque citoyen la pleine et entière, transparence sur l’usage des deniers publics . Nous coûtons à chaque français 3 euros par jour. Ils sont en droit de savoir comment cet argent est utilisé et c’est notre devoir de les en informer. C’est pourquoi nous mettrons à disposition dans les prochaines semaines, tous les éléments chiffrés qui sont sur les questions qui sont aujourd’hui posées. Je souhaite que nous soyons au plus standard de transparence à l’instar de nos voisins, nordiques de l’audiovisuel public. » 

Baratin que tout ça…

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Le blog CGC Média qui a lu avec la plus grande attention, l’excellent article de La lettre « Perquisitions en série de l'Autorité de la concurrence chez les Big Four »  (¤) (source citée en premier par Reuters et les autres médias) qui débute ainsi : « Les géants de l'audit – Deloitte, PricewaterhouseCoopers, EY et KPMG – ont reçu avant-hier la visite surprise des enquêteurs de l'Autorité de la concurrence. L'organisme antitrust nourrit des soupçons d'entente sur le marché des audits financiers et de durabilité… » 

En résumé :

L'information a été révélée en premier par « La Lettre» (publication toujours très bien renseignée), puis relayée par plusieurs médias et confirmée par l'Autorité de la concurrence qui a indiqué avoir mené « des opérations de visite et saisie » (perquisitions) simultanées dans les locaux français des quatre grands cabinets d'audit (les Big Four), ainsi que chez certains autres acteurs (notamment Grant Thornton selon certaines sources).

Le soupçons principaux portent sur des pratiques anticoncurrentielles / entente dans le domaine de la certification des rapports de durabilité (issus de la directive européenne CSRD – Corporate Sustainability Reporting Directive).

Concrètement, on soupçonne les Big Four d'avoir rapidement mis en place des pratiques visant à « verrouiller / limiter l'accès » de ce nouveau marché très juteux aux nouveaux entrants et aux cabinets de conseil RSE/ESG historiques (plus petits acteurs), afin de garder la mainmise sur ce segment stratégique.

C'est une opération plutôt rare et très symbolique dans ce secteur ultra-dominant et très peu contesté jusqu'ici. Pas de détails publics pour l'instant sur les pratiques précises reprochées (échanges d'informations ? prix ? répartition implicite ? clauses ?...) L'enquête est en cours et les cabinets concernés n'ont pas fait de commentaire très détaillé.

Au fait, ne serait-ce pas Deloitte, la boîte qui audite Mediawan pour FTV dans le cadre de la tant vantée transparence ernottiennetout en étant Commissaire aux comptes du groupe de Capton, Niel et Pigasse? 

Voilà un nouvel axe de réflexion pour Charles Alloncle le rapporteur de la commission d'enquête que le président ne manquera sûrement pas de couper, n'y voyant probablement là aucun conflit d’intérêts et rappelant qu'on n'est pas là devant un « tribunal politique » !


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