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mardi 5 mai 2026

Ce matin l'ex-Orange s'en est donnée à cœur joie en CSE Central pour flinguer le rapport Alloncle et acter l'enterrement de la télé linéaire.

Ce matin l'ex-Orange s'en est donné à cœur joie en CSE Central pour flinguer le rapport Alloncle et acter l'enterrement de la télé linéaire.

C’est une propagande dans toute l'acception du terme que Delphine Ernotte est allée chanter devant les élus. Après avoir adressé un mail de propagande à l'ensemble des salariés pour y dérouler son narratif qui n'a évidement rien à voir avec la réalité (*), elle a comme de coutume entonné ce refrain éculé auquel plus personne ne croit sur l'air de "L'État comme certains parlementaires ne peuvent pas vous attaquer impunément, je suis là ! 

En plus de se victimiser, elle a quasiment acté la mort de la télé linéaire et mis en avant cette stratégie mortifère « streaming first » :  priorité au numérique (france.tv et réseaux sociaux) avec le rôle de "vitrine/promotion pour toucher un large public et driver vers les plateformes".

Sur sa lubie  du « streaming first » et la réorganisation (début 2026), elle a redit qu'il s'agissait là de la plus importante réorganisation du groupe depuis 20 ans  : « J’engagerai dès ce mois-ci la plus importante réorganisation du groupe depuis vingt ans. Celle qui mettra le numérique au cœur de nos activités. Elle fera du streaming et de notre présence sur les médias sociaux la part principale de notre activité. » 

Les caisses sont vides mais bon !! Le but est de devenir un « média nativement numérique » face au recul du linéaire (qui ne serait plus dominant d’ici 2030)". Elle a ressassé que cette politique des partenariats (YouTube pour l’info, Amazon Prime Video, etc.) pour toucher les jeunes et les publics éloignés du linéaire traditionnel.

Elle a martelé "le rôle du linéaire comme « vitrine » / tremplin pour le numérique et les réseaux sociaux"...et a explicitement décrit les chaînes linéaires comme une formidable vitrine pour promouvoir les contenus et les rendre accessibles au plus grand nombre, y compris ceux nés sur le numérique, en insistant sur les recettes pub que cela allait "générer".

Que du vent évidemment.

Les chaînes linéaires seront pensées pour promouvoir les contenus et les rendre accessibles au plus grand nombre, y compris ceux nés sur le numérique: " Il faut bel et bien penser nos canaux linéaires comme une formidable vitrine de ce que France Télévisions fait de mieux, pour rendre ces contenus accessibles au plus grand nombre. » 

En résumé, pour Ernotte :

  • Streaming first = priorité stratégique (france.tv + réseaux sociaux au centre).
  • Le linéaire ne disparaît pas mais devient un outil de promotion large (« vitrine ») au service du numérique et des plateformes.

S'agissant du rapport Alloncle elle a comme dans son message interne, tapé allègrement sur son rapporteur dont les oreilles ont largement dû siffler. Son propos comme dab, contient plusieurs approximations, omissions ou contournements de la réalité, surtout sur l’impartialité, la gestion et le contexte du rapport. 

Voici quelques exemples :

1. Sur l’impartialité et le « débat qui n’a pas eu lieu »

Ernotte affirme que le débat n’a reposé que sur des généralisations, caricatures et extraits tronqués, et que les propositions du rapporteur sont « écrites d’avance » pour affaiblir le service public.

Foutaises: la commission d’enquête (lancée fin 2025, rapport Alloncle publié le 5 mai 2026) a auditionné de nombreux acteurs pendant six mois. Des témoignages (ex. Patrick Sébastien, Jacques Cardoze, etc.) ont pointé des dysfonctionnements concrets : conflits d’intérêts, pantouflage vers la production privée, avantages en nature, etc. 

Des biais éditoriaux récurrents sont pourtant documentés depuis des années : surreprésentation de certaines sensibilités (progressistes sur les questions sociétales, immigration, climat, etc.), sous-représentation d’autres (ex. critiques de l’immigration ou du multiculturalisme). Les déclarations d’Ernotte elle-même (« télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, il va falloir que ça change » ou qualifier CNews de « chaîne d’extrême droite ») montrent un positionnement partisan qui contredit le discours de neutralité absolue.

La Cour des comptes, l'IGF et des observateurs indépendants ont souvent critiqué le manque de pluralisme réel, malgré les obligations légales. Dire que « nous n’appartenons ni à un camp » sonne creux quand la direction exprime publiquement des jugements politiques clairs.

Le débat est légitime (elle le reconnaît), mais elle le présente comme une attaque orchestrée plutôt que comme un retour sur des dysfonctionnements mesurables (audiences en déclin relatif sur certains segments, concurrence de TikTok, YouTube (avec qui elle a signé une espèce partenariat) etc..

2. Sur la gestion et les « marges de progrès »

Elle annonce des mesures (réduction frais de taxi, fin véhicules de fonction, révision hébergement Cannes, prévention conflits d’intérêts) et dit suivre les recommandations de la Cour des comptes de septembre 2025.

Du pipeau en hors sol majeur...

•  Ces mesures sont souvent cosmétiques et tardives. La Cour des comptes a décrit une situation financière « critique » et « non soutenable » : déficits cumulés (autour de -80 à -256 M€ selon les périmètres sur 2017-2024), trésorerie négative, capitaux propres sous la moitié du capital (risque de dissolution sans recapitalisation de l’État).

•  La dotation publique a augmenté sous sa mandature (environ +136 M€ entre 2015 et 2024 selon des critiques) malgré ses ridicules dénégations sous serment que Charles Alloncle n'a pas hésité à qualifier de parjures (LCP ) et les 2.300 départs intervenus et surtout son discours d’économies seriné à la Représentation nationale depuis 10 ans. Les rigidités RH, avec entre autres selon le rapport de la rue Cambon, les 3à plus gros salaires entre 200.000 et 300.000 et les 20 suivant entre 100.000 et 200.00€ sans compter les avantages en nature ont été pointés. contribuablesassocies.org 

•  Les scandales (Cannes, pantouflage, etc.) ne sont pas des « situations particulières » isolées mais des symptômes d’une gouvernance laxiste avec l’argent public.

Réduire quelques taxis ou voitures de fonction après des années de critiques ressemble plus à du damage control qu’à une transformation profonde.

3. Sur les missions et la « fierté »

Elle insiste sur le professionnalisme, le service essentiel rendu aux Français, l’impartialité, et la fierté du travail.

Contre-arguments :

•  Le service public a une mission noble (information fiable, culture, pluralisme), mais son exécution est contestée : polarisation croissante de la société, montée des médias alternatifs et de la défiance (une partie significative des Français perçoit un biais). Des contenus sur France TV Slash ou certaines émissions ont été accusés de militantisme. 

•  La transformation « streaming first » et le partenariat YouTube sont positifs en théorie, mais ils ne résolvent pas les problèmes structurels (coûts, gouvernance, biais).

•  Dire « nous appartenons aux Français » est rhétorique en plus d'être une lapalissade  : un média financé par l’impôt (la TVA) doit refléter la diversité réelle des opinions, pas seulement « telle qu’on voudrait qu’elle soit ».

En somme, le texte est une énième supercherie propagandiste. Il fait mine d'humaniser, défendre le collectif, reconnaît des « marges de progrès » sans les détailler et renvoie les critiques à une « volonté de remise en cause » politique. Un vrai boulot de "spin doctor"... du management de crise.

Mais il évite les faits durs :

•  Situation financière alarmante confirmée par la Cour des comptes (institution indépendante, pas une « fachosphère »). vie-publique.fr 

•  Problèmes récurrents d’impartialité et de gouvernance documentés par des auditions parlementaires, rapports officiels et observations publiques.

•  Manque de réforme structurelle profonde malgré des années de critiques.

Taper sur le rapporteur ne résoudra évidemment rien et ne fera qu'empirer le sentiments de Français qui en ont la clque d'une petite caste de privilégiés qui n'est jamais responsables de rien et appelle à continuer se réfugiant d'un audiovisuel fort synonyme pour eux de pompe à fric ! 

C'est pourquoi l'infirmière TV se devait une fois encore d'abreuver les salariés des ses sempiternelles balivernes. (ci-après)

(*)

Chers toutes et tous,

La publication du rapport de la commission d’enquête sur l’impartialité, l’organisation et le financement de l’audiovisuel public marque la fin de six mois particulièrement éprouvants pour notre entreprise et pour chacun d’entre nous. Je tenais donc à m’adresser à vous directement et sans tarder.

 D’abord pour vous dire ma considération et ma confiance. Chaque jour, partout sur le territoire, dans des conditions souvent exigeantes, vous faites vivre un service public essentiel. Vous informez, vous racontez, vous éclairez, vous rassemblez. Vous êtes au contact du réel, au plus près des Français, dans leur diversité. Vous le faites avec professionnalisme, avec exigence, et avec un sens profond de la responsabilité éditoriale et démocratique.

Le débat sur l’audiovisuel public est légitime. Il l’a toujours été, et il doit l’être. Parce que nos missions sont fondamentales, parce qu’elles mobilisent des moyens publics, parce qu’elles participent à la vitalité du débat démocratique et à l’accès de tous à la culture et à l’information, il est normal que la façon dont nous les menons à bien soit discutée, questionnée, évaluée.

Mais ce débat ne peut être fécond que s’il repose sur des faits établis, une analyse équilibrée, une volonté sincère de comprendre ce que nous faisons, pourquoi nous le faisons et la réalité du monde dans lequel nous le faisons. Un débat ouvert et démocratique. Ce débat n’a pas eu lieu.

Six mois durant, des situations particulières ont été généralisées. Des choix éditoriaux ont été caricaturés. Des réalités de gestion ou de marché, des parcours individuels ont été simplifiés à l’extrême. Des personnes ont été traînées dans la boue. La défiance a été distillée à longueur d’extraits tronqués sur les réseaux sociaux. Les défis colossaux qu’affrontent notre secteur et notre entreprise n’étaient manifestement pas assez intéressants pour faire le buzz.

Les propositions finales du rapporteur traduisent la suite logique d’un programme écrit d’avance : instiller le doute pour justifier la remise en cause du service public, dans son ambition ou dans son existence même.

Je veux être très claire : nous continuerons à défendre, avec détermination et sang-froid, le rôle et les missions du service public audiovisuel. Nous le ferons avec notre professionnalisme, avec notre intégrité, avec des arguments, avec des faits, avec la transparence qui s’impose à nous. Et sans nier les marges de progrès qui existent, car elles existent et nous devons les traiter avec lucidité.

Nous nous devons d’abord d’être à l’écoute des attentes légitimes qui s’expriment et apporter des réponses chaque fois que cela est nécessaire. Toute critique formulée à notre égard, d’où qu’elle vienne et quelles que soient les intentions qui l’accompagnent, mérite considération et examen de notre part.

C’est dans cet esprit que j’ai décidé de mettre en place un suivi exhaustif des recommandations et préconisations du rapport publié par la Cour des comptes en septembre dernier. C’est aussi pour cette raison que nous avons souhaité répondre, sans attendre la publication du rapport, à certaines des critiques récurrentes émises dans le cadre de la commission d’enquête. 

Nous avons ainsi décidé de réduire fortement les frais de taxi, de mettre fin aux véhicules de fonction pour les cadres parisiens, de réviser la politique d’hébergement lors du festival de Cannes ou encore de travailler à la mise en place d’une nouvelle procédure de prévention des conflits d’intérêt pour certains salariés souhaitant rejoindre le secteur de la production. L’exemplarité de l’audiovisuel public étant sans cesse à conforter, je resterai attentive aux interpellations qui pourraient nous être adressées.

Nous devons ensuite rester pleinement mobilisés au jour le jour pour remplir nos missions au service du public. L’actualité politique s’intensifie déjà en vue de 2027 et, dans un climat de violence qui se généralise, nos concitoyens ont besoin d’une information fiable, rigoureuse et impartiale. Quand certains soufflent sur les braises de la polarisation, nous sommes là pour rassembler avec rigueur et calme. Quand certains nous accusent de parti-pris, nous devons accueillir tous les points de vue, même lorsqu’ils expriment une critique à notre égard. Nous n’appartenons ni à un camp, ni à un parti. Nous appartenons aux Français. Ils attendent de nous impartialité, rigueur et indépendance. Rien ne doit nous faire renoncer à informer, enquêter, révéler. Ni auto-censure, ni militantisme.

Nous nous devons, enfin, de continuer à transformer nos offres et nos structures, qu’il s’agisse de la mise en place d’une nouvelle organisation opérant la bascule vers un modèle « streaming first », du partenariat stratégique avec YouTube qui permettra de renforcer notre engagement dans la lutte contre la désinformation, ou encore de l’évolution de nos modes de production en interne comme en externe pour gagner en efficacité par l’innovation.

Dans les semaines et mois qui viennent, le débat public va se poursuivre et probablement s’amplifier. Il nous appartiendra d’y prendre toute notre place. Nous le ferons collectivement, car c’est par le travail et l’expertise de chacun que se construiront nos réponses de média public.

Dans ces moments déstabilisants, il est plus que jamais essentiel de se rappeler le sens de ce que nous faisons. Nous avons une responsabilité particulière vis-à-vis des citoyens. Nous contribuons, chaque jour, à éclairer le débat public, à faire vivre la culture, à créer du lien. Cette mission est exigeante et je veux vous redire que vous pouvez être fiers de votre travail. Je le suis.

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