Opération déminage et communication de crise pour Hugo Clément coproducteur avec Léa Salamé de « Quelle époque ! » sur France 2…
Il fallait bien ça après les révélations explosives de L’Informé sur les juteux dividendes de Winter Productions, la machine à communication de crise s’est mise en branle comme un TGV en retard.
Hugo Clément, le chevalier vertueux qui nous sermonne sur l’urgence climatique, l’avion et le capitalisme sauvage, a eu soudainement besoin d’une petite tenue de Gala. Le magazine people était donc parfait pour humaniser le millionnaire en tongs.
On peut y voir plusieurs objectifs éditoriaux possibles :
- Humaniser et “repositionner” son image publique : le papier le montre comme un père de famille sportif, discipliné, simple et courageux. Les photos très travaillées avec Alexandra Rosenfeld renforcent cette dimension.
- Contrebalancer les polémiques récentes : l’article évoque brièvement les critiques et la commission d’enquête audiovisuelle, mais sous un angle défensif — en expliquant qu’il serait attaqué parce qu’il gêne certains intérêts économiques ou politiques
- Construire une narration de “journaliste engagé persécuté” : le texte insiste sur ses ennemis (chasseurs, agriculteurs, industriels, politiques) et présente les controverses comme le prix à payer pour son indépendance.
Donc oui, on peut interpréter ce type de portrait comme une opération de communication ou, au minimum, un article de valorisation publié dans un contexte délicat pour lui. Ce n’est pas inhabituel dans la presse magazine : lorsqu’une personnalité traverse une séquence médiatique tendue, certains médias choisissent un angle plus intime ou empathique pour rééquilibrer la perception publique.
Rappel des faits, parce que la mémoire est courte quand les comptes en banque sont bien garnis : sa société Winter Productions, cofondée en 2019, a vu son chiffre d’affaires multiplié par 7 en trois ans, atteignant 17,7 millions d’euros. Merci qui ? Merci France Télévisions et ses émissions comme Quelle époque ! (avec Léa Salamé) et Sur le front.
Les bénéfices ont suivi, les marges ont gonflé, et hop : 1,7 million d’euros de dividendes partagés avec son associé sur trois exercices. Record personnel en 2025 : 768 000 euros. Pas mal pour celui qui pleure la « pénurie » et appelle aux dons pour sauver son média Vakita (chasseseternelles.com)
Devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le 24 février, notre héros s’était déjà justifié avec la morgue du juste : « France Télévisions décide de faire appel à nous en tant que production et en tant qu’incarnation. C’est leur choix. » Puis d’ajouter, avec le sérieux d’un banquier d’affaires : « Notre objectif en tant qu’entreprise privée, c’est d’arriver à croître pour embaucher des gens, pour investir et pour gagner de l’argent. » .
Autrement dit la pâture est bonne sur le service public dès lors qu'on y saupoudre la conscience écologique du pays. Hypocrisie ? Non, « business model ».
Les avions ? Les taxis ? Les centaines de milliers d’euros facturés pour Sur le front, (cette émission soi-disant vertueuse) ? Bien obligé : « C’est obligatoire pour le travail d’enquête », répond-il, pendant qu’il prêche la décroissance aux gueux qui prennent le TER. On n’impose pas le métro aux équipes, voyons. Le quidam moyen, oui. Lui, non.
Pour tenter de se refaire un virginité d'écolo, il fallait donc communiquer people : direction Gala. Le grand déballage larmoyant sur les « dures critiques » qu'il a dû affronter où ses « détracteurs ont dit tout et son contraire » ! Pauvre victime - pas sûr que l'adjectif soit bien approprié !?- harcelé qu'il est parce qu’il s’enrichit tranquillement avec les pots de confitures et les couches pour bébés et tout le toutim -TVA OBLIGE ! - pendant qu’il nous fait la morale. On imagine le shooting : Hugo en ciré jaune éco-responsable (probablement made in China), regard pénétré, expliquant que l’écologie « ne doit pas être politisée » montre connecté au poignet [dont il fait la pub sur le site La Folie des montres, l'image n'est pas truquée] tout en vivant comme un producteur de télé presque classique. Classique, mais avec une aura de sauveur de la planète. Le beurre et l’argent du beurre, version verte.
C’est tout le génie de l’opération déminage : transformer un scandale de gros sous via le service public, en récit victimisant.
« Je suis libre, je dis ce que je veux », assume-t-il. Sauf quand il s’agit d’assumer que son empire prospère grâce à l’argent du contribuable pour qui il n'a en somme aucune sympathie voire empathie (c'est a peu près pareil) ! Pendant ce temps, Vakita crie famine et lance des appels aux dons. Le pompon.Hugo Clément n’est pas un journaliste mais entrepreneur. Il visiblement, parfaitement compris le business de l’indignation sélective : vendez de la vertu à la télévision d’État, empochez les dividendes, et quand on se rapproche un peu trop près de votre mode de fonctionnment, pleurez dans Gala sur la méchanceté des détracteurs.
La planète peut attendre. Les dividendes, eux, ne patientent pas. Bienvenue dans l’écologie à la française : preach water, drink wine (en business class, facturé à France Télé).
Et Sébastien Lecornu qui dit qu'avec le rapport Alloncle "on est passé à côté"! Si ces élites parisiennes, caste de bien-pensants qui se protègent entre eux, finissait d'attiser la colère des Français contre elle ! Français qui sont à bout depuis un moment déjà et qui n'auraient comme autre choix que le saut dans le vide et l'inconnu !?




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