Ernotte, la Panurge de France Télévisions...
Chacun aura bien compris pourquoi, le 3ème parachutage a eu lieu et avec quelle cynisme bureaucratique, l'État a validé sa marche au pipeau vers le gouffre en entraînant derrière elle, comme les moutons de Panurge, les salariés, les journalistes, les techniciens et tout ce qui reste encore de service public à France Télévisions....en n'oubliant pas les Français qui depuis 10 ans n'ont cessé de payer pour ce chaos dans lequel elle a entraîné la groupe public.
Elle a chanté dans toutes les cours qu’elle ne préparait pas la privatisation. Personne n’est dupe. Ses dénégations sonnent aussi faux qu’un JT de 20 heures vantant la « réussite du modèle français ». Pendant qu’elle parle de « transformation numérique » et de « nécessaire adaptation », elle dénonce l’accord collectif, mutile les protections sociales et accélère l’ubérisation chère à McRon et à BlackRock.
La destruction méthodique des statuts continue. On casse les métiers, on fragilise les conditions de travail, on prépare la grande saignée.
Et tout ça au nom de quoi ? Du « Streaming First » ! La dernière lubie de son ex primo dircab autoproclamé - expert en télévision publique s'il en est et transfuge politique catapulté pour pour fixer le cap wokiste à ses côtés - Attendons avec impatience les économies mirifiques qui sont annoncées, en confiant l’avenir de France Télévisions à des plateformes qui n'appartiendront jamais à France Télés.
Ce sont là, les coulisses du système : il n’y a pas de modèle stratégique viable pour une société de télévision qui ne possède ni son outil de production ni les droits de ce qu’elle diffuse. Netflix l’a appris à ses dépens avec Emily in Paris : audience fantastique, mais droits contrôlés par Paramount, coûts qui explosent et série qui finira dans le catalogue du concurrent. FTV, elle, n’a même pas ce luxe. Elle ne conserve ni ses documentaires, ni ses séries, ni ses œuvres. Tout part chez les privés. Le décret Tasca, pondu par une technocrate qui n’a jamais dirigé la moindre entreprise rentable, a transformé la télévision publique en zombie audiovisuel : on socialise les pertes, on privatise les bénéfices. Socialisme de ministère dans toute sa splendeur.
Vouloir faire de France Télévisions une BBC dans ce carcan légal relève de la pure escroquerie intellectuelle. La BBC produit, possède, contrôle. FTV transfère la valeur créée aux boîtes privées qui, elles, rigolent bien en encaissant.
Au printemps 2026, les éternels aboyeurs qui depuis 10 ans ont cheminé jusqu'à conduire l'entreprise dans le gouffre, ont hurlé à une « attaque sans précédent ». Ils ont dénoncé en CSE Central de dégradation des antennes, de conditions de travail massacrées, de situation financière catastrophique devant une chaise vide car Ernotte brillait par son absence à la réunion extraordinaire. Ils ont crié haro sur le rapporteur de la commission d'enquête et ses préconisations pour tenter de trouver un milliard d’économies.
Les observateurs les plus lucides le disent sans détour, à commencer par le blog CGC Média : elle tente de sauver sa tête en acceptant le démantèlement progressif. Un peu de mutualisations par-ci, un peu de casse sociale par-là, et hop, on rend le groupe suffisamment exsangue pour que la privatisation devienne « inévitable ».
Elle crie au « démantèlement maquillé » quand on lui propose de couper dans le vif mais qui prépare le terrain depuis des années ? Qui accepte toutes les logiques de réduction des coûts inspirées du privé ? Qui transforme lentement France Télévisions en coquille vide prête à être vendue par morceaux ?
Les appels à la démission se multiplient et ils sont dans le vrai. Pour conserver son trône, Delphine Ernotte conduit tout le monde à l’abattoir. Les moutons suivent, dociles, en bêlant « transformation », « numérique », « avenir ». Devant eux, le précipice.
France Télévisions ne mourra pas d’un coup de poignard franc. Elle se videra lentement de sa substance, saignée par des réformes présentées comme modernes, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une marque fanée que des fonds d’investissement rachèteront pour trois francs six sous.
Ernotte, elle continuera de faire bonne mine devant les caméras, répétant qu’elle sauve le service public, pâmant presque lors d'une remise de prix en expliquant que "le seul qui lui faisait perdre ses moyens et la déstabilisait, c'était la toujours chef de l'État"
Personne n’est dupe. Plus personne. Le réveil sera brutal mais il sera bien trop tard pour nombre de moutons mais aussi pour les Français qui y a auront laissé leur chemise pour ne pas dire toute leur garde-robe !

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