FTV : Triste exemple d'une com’ corporate pour un establishment audiovisuel public qui a perdu le contact avec la réalité budgétaire et une très grande partie du public.
Petit rappel salutaire sur le média lui-même : Le Monde appartient (via son histoire récente et ses actionnaires historiques) à l’écosystème de Matthieu Pigasse, ce banquier qui a déclaré consacrer sa fortune et son énergie à lutter contre le groupe Bolloré. Soit dit en passant, la régie publicitaire de sa Radio Nova est justement assurée par… Lagardère, empire Bolloré. L’anti-Bolloré de gauche qui fait fructifier ses affaires avec le camp d’en face, c’est déjà savoureux mais quand il s’agit de protéger le service public audiovisuel et ses dirigeants amis, la cohérence idéologique devient soudain très flexible.
Le texte en résumé (ce qu’on en voit)
Accuser le rapporteur Charles Alloncle (qualifié d’« extrême droite » à toutes les sauces) d’avoir perdu du temps sur des détails « dérisoires » (piscine en Dordogne, salaires de untel, rancœur de Patrick Sébastien) au lieu de se pencher sur les « vraies urgences » : IA, plateformes, fake news, avenir de la TNT, etc...il faut quand même oser ! Citer Roselyne Bachelot, Sibyle Veil et l'ex-primo dircab ernottien pour tenter de légitimer une ligne supposée, c'est à donner la nausée (ça rime) ! Réduire le budget ? Horreur, ça impacterait toute la création ! On est face à un « bouleversement tellurique », arrêtez de nous embêter avec la gestion. Le tout en minimisant superbement la situation financière catastrophique de France Télévisions.
La réalité qu’on enfouit sous le tapis
France Télévisions est techniquement en quasi-faillite : déficits cumulés, trésorerie dans le rouge, capitaux propres inférieurs à la moitié du capital social (risque de dissolution pure et simple d’ici fin 2026 selon la Cour des comptes). Tout ça malgré des dotations publiques ( environ 2,6 Mds€ /an). La Cour des comptes a pourtant été très claire : situation « critique », non soutenable, besoin de réformes structurelles urgentes.
Ernotte parachutée à l'été 2015 n'a fait qu'accuser l'État comme ces vilains gouvernements, d'atermoiements permanents et selon elle « des baisses de dotations » récurrentes. Les restructurations, les économies sur les programmes (rediffusions à gogo), la grille dégradée, le climat social pourri (management « brutal », « autoritaire ») et ces investissements en cascade qui ont plombé le groupe sur une décénnie, portent pourtant sa signature.
Qu'à cela ne tienne Le Monde version Pigasse, préfère parler de « temps perdu » par la commission plutôt que du temps perdu par une direction qui a accumulé les déficits tout en maintenant un train de vie élevé.
C’est le syndrome du « service public intouchable » défendu par un écosystème médiatique qui a ses propres guerres de clans (Pigasse vs Bolloré) mais qui se serre les coudes quand il s’agit de protéger la rente publique et ses bénéficiaires. Une rhétorique perpétuelle où la formule est toujours la même : "'un audiovisuel public fort" ! Quand ce petit monde a dit cela, il a tout dit...et de détailler :
- Déplacement permanent : Au lieu d’assumer les responsabilités internes (gestion, effectifs, choix éditoriaux, pertes d’audience), on accuse la commission d’« obsession idéologique » et de se focaliser sur des « non-sujets ». Classique : quand on te reproche le fond, tu attaques la forme et tu cries à l’extrême droite.
- Victimisation collective : « On reste les bras croisés ? » fait mine de s'interroger l'un des 5 plus gros salaires du groupe. Non, on a les bras chargés de milliards d’argent public depuis des années et le résultat est là : une boîte au bord du gouffre qui produit une offre de plus en plus déconnectée.
- Passage de plats institutionnel : Ernotte est présentée comme la stratège qui verrait les « vrais » enjeux (IA, ingérences, fakes...). Sauf que c’est précisément sous sa houlette que l’entreprise n’a pas su s’adapter assez vite, tout en continuant à dépenser sans compter sur d’autres postes, à commencer par les contrats pharaoniques signés avec 3 ou 4 boites de prod, toujours les mêmes.
En clair
Il n'est pas question, ici, de journalisme mais plutôt de com’ corporate pour un establishment audiovisuel public qui a perdu le contact avec la réalité budgétaire et une très grande partie du public.
Le « temps perdu » n’est pas celui de la commission qui pose enfin des questions (même si elle a pu le faire par moment de façon imparfaite) : c’est celui d’une décennie ernottienne qui a laissé pourrir la situation pendant des années en misant sur l’impunité et le soutien des médias amis comme Le Monde.
Le vrai scandale n’est pas une commission trop focalisée sur les avantages d'une caste ou les 30 plus gros salaires annuels de 250.000€ à 412.000€ (Cour des comptes et IGF) - les 80 suivants sont entre 100 et 200.000€ - c’est qu’avec plus de 2,5 milliards par an pour France Télés pris depuis près de 3 ans sur une fraction de la TVA après avoir précédemment bien drainé les poches du contribuable, on en soit arrivé à un risque de dissolution - une vision contestée par cette direction qui continue à se poser en victime du « bouleversement tellurique » qu’elle n’a pas anticipé - le tout protégé par des plumes qui ont leurs propres intérêts dans la bataille médiatique française.
Ça sent le mur qui approche et Le Monde (propriété de Pigasse qui pourrait déclarer sa candidature à la présidence de la République ! Non , sans rire ?!) préfère décrire la beauté du papier peint plutôt que l’impact imminent. Corrosif ? Non, juste factuel ! La réalité l’est déjà bien assez.
Il n'y qu'à voir certaines les réactions indignés des lecteurs du titre de presse pour comprendre que les Français ne peuvent plus de plus de ce pas de deux signé Macron/Ernotte !
Le blog CGC Média en sélectionné deux parmi tout un florilège :
Lolek.et.Bolek
"Chouette tract ; on ferait un article maintenant ? (si possible, sans ouvrir sur une citation de Roselyne Bachelot, ça décrédibilise tout le reste)"
Brx
"Il faut que Monsieur Pigasse rachète l’audiovisuel public. La rédaction de Monde sera aux anges. Le contrat qu’il vient d’obtenir de l’administration américaine pour la gestion de la dette du Venezuela devrait lui apporter les fonds nécessaires."


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