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jeudi 20 août 2026

Que peuvent Les Inrocks contre la sphère Bolloré ?

Que peuvent Les Inrocks contre la sphère Bolloré ? 

Les Inrocks, toujours à la pointe de la guerre culturelle version brunch parisien, nous pondent un grand papier héroïque : « Boycotter Bolloré : le choix des armes ».

Le constat est simple et un brin pathétique : Vincent Bolloré, milliardaire « d’extrême droite » (le terme est collé comme une étiquette de supermarket par Ernotte entre autres) contrôle désormais un empire culturalo-médiatique digne d’un méchant de Bond : Il est propriétaire du groupe Canal+ (MyCanal, CNews, CStar…), bien sûr, mais aussi d'une myriade d'autres institutions et enseignes qui jalonnent malgré nous notre quotidien : des médias (Europe 1, Europe 2, Le Journal du dimanche, Voici, Femme actuelle, Capital, Télé-Loisirs, Harper's Bazaar, Paris Match…) ; le groupe d'édition Hachette (qui réunit, pêle-mêle, les maisons d'édition Grasset, Stock, JC Lattès, Pika Édition, Le Livre de Poche, Fayard, Larousse…) ;des salles de spectacles (L'Olympia, le Casino de Paris, les Folies Bergère…) ; Dailymotion etune partie d'Universal Music ; la chaîne de magasins de presse Relay (vitrine pour le moins problématique de l'entrisme réac dans les gares, aéroports et stations de métro) ; la société de production audiovisuelle Banijay, dont il est l'un des principaux actionnaires (Koh-Lanta, N'oubliez pas les paroles !, Taratata, Les Douze Coups de midi, LOL : qui rit, sort !, Star Academy, Fort Boyard…) ; des jeux de société (notamment les très populaires Skyjo et Blanc-Manger Coco) ; l'école de journalisme ESJ Paris et, dernièrement, une partie de la chaîne de cinémas UGC, avant une prise de contrôle totale des jeux de société et même une école de journalisme. 

Résultat : sa « pensée réactionnaire » se diffuse. Ah, le drame.

Face à cette « mainmise », la résistance s’organise… à l’échelle individuelle et très symbolique. Un collectif « Désarmer Bolloré » appelle à l’action depuis 2024. Des artistes (Dominique A en tête) annoncent qu’ils ne joueront plus dans les salles Bolloré. Des abonnés UGC jettent solennellement leur carte. Des scénaristes et bookers se disent « soulagés » que quelqu’un d’autre ait enfin ouvert le bal, tout en admettant qu’on ne peut pas vraiment s’opposer à l’homme tout en continuant à lui verser 25 euros par mois.

On a droit aux confessions émouvantes : « c’est une question d’amour-propre », « je ne veux pas financer un projet ultraconservateur », « j’aurais du mal à être en paix avec moi-même ». Pendant ce temps, le milliardaire, lui, continue de s’en ficher royalement : son système est pyramidal, mondialisé, et ne partira pas aux prochaines élections.

Bref, l’article est un bel exercice de catharsis pour milieu culturel qui découvre (un peu tard) qu’il a vécu pendant des années dans l’écosystème de celui qu’il dénonce aujourd’hui. On boycotte un peu, on se positionne, on jette une carte de cinéma, on se sent libéré… et on continue de naviguer dans le même système, parce que, comme le dit un des interlocuteurs avec un rare moment de lucidité : « il faut quand même savoir vivre dans cet écosystème ».

La résistance a trouvé ses armes : des déclarations, des boycotts individuels et beaucoup de vertu. Bolloré, lui, a trouvé autre chose : l’empire.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

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