La régulation audiovisuelle ne doit pas devenir une police de la pensée !
Citoyens, journalistes, téléspectateurs : Ouvrez les yeux !
Le 30 juin 2026, l’Arcom a une nouvelle fois réprimandé CNews. Motif ? Des propos de Franz-Olivier Giesbert dans l’émission de Laurence Ferrari, le lendemain des municipales : « Je n’aimerais pas être juif à Roubaix… je serais probablement obligé de partir. » Des commentaires sans source vérifiable, selon le régulateur. Un « manque de contrôle de l’antenne ».
Une sanction quasi identique a frappé BFMTV pour des propos d’Arthur Berdah visant La France insoumise.
Deux affaires. Une seule question de fond, posée avec force par Jean-Éric Schoettl, ancien directeur général du CSA (1989-1992), dans Le Figaro :
Jusqu’où l’Arcom peut-elle s’ériger en arbitre de la neutralité des opinions ?
Le régulateur confond deux notions fondamentales :
- le pluralisme interne (chaque chaîne devrait refléter en son sein toute la diversité des opinions) ;
- le pluralisme externe (à l’échelle de l’ensemble du paysage audiovisuel, toutes les sensibilités doivent trouver un espace d’expression).
Pourtant, la loi confie à l’Arcom uniquement le second. Le premier n’a aucune base légale et n’existe nulle part ailleurs en Europe.
En sanctionnant CNews et BFMTV pour des opinions qui ne relèvent ni de la diffamation ni de l’incitation à la haine, l’Arcom s’aventure sur un terrain qui n’est pas le sien.
Elle impose aux chaînes privées un devoir de neutralité éditoriale sur chaque opinion exprimée à l’antenne.
Résultat prévisible : des plateaux aseptisés, des controverses systématiquement neutralisées au nom d’un « équilibre » jamais clairement défini par la loi.
La liberté éditoriale des chaînes – et, au-delà, celle de tous les intervenants – sort fragilisée.
À force de rappels à l’ordre, le régulateur transforme peu à peu les plateaux en espaces de pensée contrôlée.
La question dépasse largement les cas Giesbert et Berdah.
Elle touche au modèle même de la régulation audiovisuelle française : celui d’une autorité indépendante dont le périmètre, faute d’être précisément borné, glisse progressivement de l’arbitrage du pluralisme vers le contrôle de la pensée.
Et maintenant, une question simple, claire, que chacun doit se poser :
L’Arcom va-t-il réussir à faire interdire CNews avant les prochaines élections présidentielles du printemps 2027 ?
Citoyens, exigez que la régulation reste ce qu’elle doit être :
un garant du pluralisme externe,
pas une police de l’opinion.
La démocratie audiovisuelle française ne se construit pas dans le silence des plateaux mais dans le choc libre et public des idées.
Pluralisme externe, oui.
Police de la pensée, non !
— D’après la tribune de Jean-Éric Schoettl (Le Figaro) et les faits rapportés par La Lettre de l’audiovisuel, 19 août 2026.
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