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dimanche 27 septembre 2026

Le député Horizon du Calvados pour entraîner Édouard Philippe dans sa chute…

Le député Horizon du Calvados pour entraîner Édouard Philippe dans sa chute…

Jérémie Patrier-Leitus, toujours député Horizons du Calvados, président d’une commission d’enquête sur l’audiovisuel public largement décrié pour avoir tenté sans succès de l’envoyer à la corbeille à papier, vient de livrer sa vision. Après avoir déploré les « insinuations, sous-entendus et rapprochements implicites » du rapport final, il en tire néanmoins la conclusion attendue : il faut créer une entreprise unique de l’audiovisuel public…et il annonce déjà vouloir porter cette idée auprès d’Édouard Philippe, en vue de la prochaine présidentielle.

Traduction : on a enquêté, on a critiqué le travail des autres, on a trouvé quelques « dysfonctionnements réels » (voitures de fonction, engagements politiques de cadres – déjà en partie traités par France Télévisions), et on en déduit qu’il faut fusionner tout le monde. Radio, télévision, plateformes : un seul mastodonte, organisé non plus par canaux mais par « grandes missions ». Plus simple, plus harmonieux, plus efficace, paraît-il. Les procédures de gestion seront unifiées, les outils comptables aussi, les mécanismes de contrôle également. Miracle managérial annoncé selon JPL !

On connaît la chanson. Chaque fois qu’un ernottien convaincu découvre que l’audiovisuel public coûte cher, qu’il n’est pas parfaitement neutre et qu’il fonctionne en silos, la solution miracle s’appelle « grande fusion ». 

Comme si regrouper des cultures professionnelles différentes, des grilles horaires antinomiques et des logiques de production opposées allait automatiquement produire de la transversalité et de l’économie. 

L’expérience française (et étrangère) des fusions administratives montre plutôt le contraire : usines à gaz, coûts de transition, pertes d’identité, et une direction encore plus éloignée du terrain.

Sur le mode de nomination du futur patron, le député est sûr que ni président de la République (trop soupçonnable d’ingérence), ni l’Arcom (impossible d’être à la fois nommant et régulateur) doivent être à la manœuvre. Solution : un conseil d’administration « comme dans le privé », avec avis des commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat. Autrement dit : un dispositif qui ressemble à s’y méprendre à une reprise en main parlementaire, donc politique, tout en se drapant de modernité managériale. L’indépendance, version Horizons.

Quand au timing, il n’est pas anodin. On ne parle plus seulement de réforme technique ; on en fait un « véritable sujet du débat présidentiel ». Porter la proposition auprès d’Édouard Philippe, c’est déjà positionner le parti Horizons sur un terrain classique de la droite et du centre : rationaliser, recentraliser, réduire la voilure en prétendant renforcer le service public. On commence par les missions, on finit par le budget. Classique.

La question n’est pas de savoir si l’audiovisuel public a des problèmes. Il en a. La question est de savoir si la réponse consiste à créer une structure encore plus grande, plus opaque et plus dépendante des équilibres politiques du moment, sous prétexte d’efficacité. On a déjà vu ce film. Il se termine rarement par plus de pluralisme et plus de liberté éditoriale. Il se termine par un organigramme plus lourd et un contrôle plus discret.

Celui qui va plomber la candidature à la présidence de la République d’Édouard Philippe l’ex-premier ministre d’Emmanuel Macron, n’aurait de toute façon raison que sur un point : le débat sur les missions doit précéder celui sur l’organisation et le financement. Encore faudrait-il que ce débat ne soit pas déjà orienté vers la solution unique qu’il entonne.