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mardi 29 septembre 2026

France Télévisions : le service public télé qui joue au capitaliste de casino.

France Télévisions : le service public télé qui joue au capitaliste de casino.

Sous le costume du « défenseur de la création française », France Télévisions vient d’offrir le spectacle le plus pathétique de l’année : une entreprise publique qui se comporte exactement comme un fonds de pension anglo-saxon en train de maximiser la marge.

La direction annonce des restrictions budgétaires, supprime les fictions de Marseille et de Lyon… puis, dans la foulée, confie un épisode entier de Meurtres à… à un producteur privé (Ripley Films), tourné à 20 minutes de Lyon, sans un seul salarié de La Fabrique.

Traduction : on liquide les équipes internes, on les envoie boucher les trous ailleurs, on les culpabilise d’être « trop chers » et on externalise allègrement ce qui reste de travail. Exactement comme dans le privé. Sauf que vous, vous êtes financés par la TVA et par l’impôt.

Vous parlez d’économies ?

Combien coûtent réellement les déplacements, les hôtels, les indemnités, les frais de structure privés, le pilotage à distance, le manque à gagner en post-production interne et le non-comblement des postes vacants ?

Vous ne le dites pas. Parce que le seul chiffre qui vous intéresse, c’est celui qui permet de dire aux salariés : « Vous êtes trop chers. »

Le coût humain, lui, n’apparaît dans aucun tableau Excel. La souffrance, l’humiliation, la destruction d’un collectif de travail soudé et d’un savoir-faire acquis depuis des années : ça, c’est gratuit. Pour vous.

Vous avez le culot de dénoncer dans la presse le risque de voir la création française dépendre des grands acteurs privés… pendant que vous organisez vous-même le démantèlement de la production interne.

« Meurtres à Vienne » n’est pas un accident. C’est la suite logique de ce qui s’est passé à Bordeaux, aux équipes légères, à la vidéo mobile. C’est le même scénario : on réduit l’activité, on externalise, on casse la capacité de production, puis on pleure que « on n’a plus les moyens ».

Une entreprise publique qui agit comme une entreprise privée, c’est ça :

– on externalise le travail productif,

– on garde la communication et les discours vertueux,

– on fait payer l’addition aux salariés et au contribuable.

Qui va faire comprendre à Ernotte, qu’il ne suffit pas de coller l’étiquette « service public » sur la façade.

Quand on se comporte comme un actionnaire qui cherche à minimiser le coût du travail et à maximiser la flexibilité externe, on n’est plus un service public. On dest juste une multinationale d’État qui a oublié pourquoi elle existe.

Les salariés de la fiction ont signé pour travailler dans leur région, avec leurs outils et leur collectif.

Vous, vous avez signé pour défendre la création française.

Il semblerait que seul le premier engagement ait une valeur ! 

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