Nouveau chaos programmé à France Télévisions…Ils ont signé. En silence. Sans regarder personne. Sans écouter personne.
La direction de France Télévisions vient de conclure un nouvel accord avec Microsoft. Pour des raisons économiques, bien sûr ! Toujours pour des raisons économiques. D’un coup de tampon, elle a décidé de retirer à une partie des salariés les outils qu’ils utilisent tous les jours. Word, Excel, PowerPoint, Outlook… version bureau.
Fini. Place aux versions en ligne, via navigateur ou Teams. Clients lourds d’un côté, clients légers de l’autre. Environ 35 % des collaborateurs basculés dans la case « léger ». Sans discussion. Sans véritable information. Sans concertation réelle avec ceux qui savent, ceux qui sont sur le terrain : les informaticiens.
Ils n’y sont pour rien et pourtant ce sont eux qui trinquent. Ce sont eux qui reçoivent les plaintes. Ce sont eux qui tentent de colmater les brèches pendant que la direction découvre, après coup, les incohérences de ses propres choix.
Des journalistes qui ne peuvent plus travailler correctement sur des écrans tactiles.
Des planificateurs bloqués pour sortir des plannings.
Des boîtes mail saturées, des documents impossibles à ouvrir ou à modifier, des messages d’avertissement qui tombent comme des amendes.
Des bugs. Des restrictions. Des profils mal attribués.
Et toujours la même réponse : on corrige. On ajuste. On verra mais on ne parle pas. On ne consulte pas.
On décide et on laisse les autres gérer le chaos.
Les informaticiens avaient alerté. Les chefs de centre, les chefs de service aussi. Personne n’a vraiment écouté. Résultat : une décision hors-sol, prise dans les étages, appliquée dans la précipitation, et subie en bas.
Et ce n’est pas tout.
Il y a l’effet de bord sur les non-permanents. CDD, CDDU, ceux qui passent, ceux qui reviennent après une absence. La direction parle de « meilleure gestion des off-boarding ». Belle formule. Derrière, la suppression pure et simple des licences non utilisées. Et demain ? Un collègue qui revient après plusieurs mois trouve-t-il encore ses mails, ses dossiers, son travail ? Ou doit-il tout recommencer à zéro ?
Il fallait pour le moins :
Informer les salariés.
Réviser les profils incohérents.
Prendre en compte les besoins réels des métiers.
Protéger les données des non-permanents.
Et surtout, associer enfin les équipes informatiques aux décisions qui concernent leurs outils.
Parce que réduire les coûts, d’accord mais pas au prix d’une nouvelle désorganisation. Pas au prix de la perte d’outils. Pas au prix de la dégradation des conditions de travail.
Pendant qu’on y est : pourquoi s’obstiner avec Microsoft ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion de regarder ailleurs, vers les logiciels libres, vers l’open source, comme l’a fait la Gendarmerie nationale il y a vingt ans ? Souveraineté numérique, économies durables, indépendance technologique. Non. On reste dans le même schéma. On signe. On coupe. On laisse les autres se débrouiller.
Ils ont signé sans parler.
Ils ont décidé sans écouter.
Ils ont précipité sans mesurer.
Et maintenant, ce sont les informaticiens, les journalistes, les planificateurs, les non-permanents qui paient la facture.
Assez.

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