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mardi 5 avril 2011

France Télévisions affirme avoir contracté avec le Cabinet Conseil Altédia sur appel d’offre ! Tiens donc !

France Télévisions affirme avoir contracté avec le Cabinet Conseil Altédia sur appel d’offre ! Tiens donc !

L'Etat, les collectivités publiques mais aussi les entreprises publiques ont une obligation de publicité relative aux marchés publics. Les marchés publics peuvent être passés selon plusieurs procédures, dont voici celle de l’appel d’offres : « l'organisme public choisit l'offre la plus avantageuse, sans négociation, sur la base de critères objectifs préalablement portés à la connaissance des candidats. L'appel d'offres peut être ouvert (tout candidat peut remettre une offre) ou restreint (seuls peuvent remettre des offres les candidats qui y ont été autorisés après sélection). »

Au dernier Comité d’Entreprise au Siège de France Télévisions, la direction a affirmé que le cabinet conseils Altédia qui a contracté il y a près de 3 ans avec France Télévisions, avait été choisi suite à un appel d’offre.

Seulement voila, les principes de droit et tout d’abord ceux du Code du travail, particulièrement l’article L2323-2 stipulent que « Les décisions de l'employeur sont précédées de la consultation du comité d'entreprise, sauf, en application de l'article L. 2323-25, avant le lancement d'une offre publique d'acquisition, et des articles L2323-6 , L 2323 –1, L 2242 15, du même code du travail qui encadrent l’information et la consultation obligatoire du comité d’entreprise ».

Vu le formalisme qui caractérise cette procédure « d’appel d’offre », c’est-à-dire, le fait que les candidats constituent le dossier de consultation en réunissant tous les documents obligatoires ainsi que ceux mentionnés dans l'appel d'offres, il devrait donc y avoir trace de cette « décision » qui engageait de facto l’ensemble des chaînes du groupe de télévision publique !

Le fait également que les candidats à « l’appel d’offre » doivent veiller scrupuleusement à ne rien oublier au risque de voir leur candidature rejetée ; que leur réponse soit à adresser par envoi recommandé avec accusé réception ou à remettre en mains propres contre reçu horodaté (dans les deux cas, elle doit être reçue par l'organisme public avant la date et heure annoncées dans l'appel public…), il est impensable donc que France Télévisions n’ait pas communiqué sur le contrat qu’elle a signé avec Altédia voilà près de 3 ans et qui a fait comme elle l’affirme « l’objet d’une procédure transparente d’appel d’offre » !!!!

Cet « appel d’offre» dont personne ne connait finalement ni les contours, ni les objectifs, aurait dû en conséquence, faire l’objet d’une information sinon d’une consultation des C.E. Il semble bien qu’aucun procès verbal de CE ne le mentionne nulle part !

Pourtant à la question très claire d’un membre élu du CE Siège sur la notion de conflits d’intérêts et le fait que le Canard enchaîné ait révélé, il y a trois semaines que Murielle Charles-Beretti, femme du pédégé de la boîte de conseil en management Altédia Pierre Beretti qui travaille donc depuis près de 3 ans pour France Télévisions, la direction a affirmé qu’« Altédia avait répondu à un appel d’offre et qu’il ne pouvait y avoir conflit d’intérêt puisque le cabinet de conseil était en queue de contrat ».

Le fait d’être soi-disant en « queue de contrat » - d’ailleurs quel contrat établi à la suite de quel appel d’offre ???? – ne caractériserait donc pas le conflit d’intérêt !!!!

Autrement dit, le fait que le pédégé d’une société donneuse d’ordres où sa femme est embauchée alors qu’il y est sous contrat, qu’elle fait partie de l’équipe dirigeante et qui plus est, qu’elle devient responsable du secteur pour lequel il est « missionné », ne serait pas répréhensible sous prétexte lorsqu’on serait en « queue de contrat » !!!! Qu’est-ce que c’est que cet argument ?

Il semble que direction de France Télévisions que ce soit celle-ci ou la précédente, ne sache pas vraiment ce que transparence, respect des principes, des textes, des lois mais surtout des IRP veuille dire.

De deux choses l’une :

1°) Ou cet appel d’offre existe et France Télévisions est en capacité de le produire et de produire la liste exhaustives des cabinets conseils qui y ont répondu en fonction des critères de sélection,

2°) ou cet appel d’offre n’existe pas et France Télévisions en séance de Comité d’entreprise a sciemment menti aux élus!

Dans cette dernière hypothèse, l’équipe dirigeant mais plus globalement les Tutelles et l’Etat devront en tirer toutes les conséquences et les organisations syndicales tous les enseignements.

Préavis de grève au pôle arabophone de France 24

Les syndicats CFDT, CGC, SNJ, CFTC, SNJ-CGT et FO à France 24 qui ont appelé à une grève illimitée au pôle arabophone, à compter du 6 avril, en raison "de nombreux dysfonctionnements" ont maintenu ce préavis estimant les réponses de la direction "insatisfaisantes et loin des revendications clairement exprimées par les syndicats et approuvées par 76,54% des salariés de la rédaction arabophone de France 24".

Les syndicats signataires du préavis réclament "l'ouverture immédiate" de négociations autour de plusieurs points, entre autres, " la modification du processus de recrutement, la réévaluation des salaires, une priorité à l'embauche pour les pigistes, ainsi qu'une reconsidération de la gestion managériale et l'organisation du pôle arabophone".

dimanche 3 avril 2011

Pflimlin nommé par Nicolas Sarkozy, il y a sept mois, fait l’unanimité contre lui.

Copé ne serait pas content de Pflimlin et il n’est visiblement pas le seul. Il se fait le porte-parole des déçus et aurait l'intention de "réactiver sa commission afin de vérifier la trajectoire de France Télévisions".

Le secrétaire général de l'UMP serait, semble-t-il, "assez agacé par la tournure des événements au sein du service public ". Lui et ses amis critiqueraient assez ouvertement "les ratés de la nouvelle organisation imaginée par le nouveau P-DG ". Ils en seraient, dit-on, à regretter "le virage éditorial de Carolis" et à s'interroger "sur les inflexions apportées par Rémy Pflimlin".

Chacun se souvient sûrement que 1er juillet 2008 juste après avoir remis au président de la République le rapport de sa commission pour une nouvelle télévision publique, il déclarait à l'AFP, entre autres, qu'il allait organiser "un comité de suivi" avec les membres de sa commission !

Avant toute chose, il convient de dire que si France Télévisions en est là aujourd’hui c’est à 90% à cause de lui et des préconisations de sa commission.

Déjà le 3 octobre 2007, « Le Canard enchaîné » révélait l'existence d’un projet de «charte organisationnelle» dite de gouvernance dont le cabinet Gide Loyrette et Nouel avait été chargé (projet qui serait resté secret sans les révélations du journal satirique). Le Canard mais aussi "Capital.fr" qui publiait un article intitulé : " Jean-François Copé intègre le cabinet d’avocats Gide Loyrette et Nouel", révélaient que " Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé, venait de rejoindre en tant que collaborateur l’un des plus importants cabinets d’avocats d’affaires français: Gide Loyrette et Nouel."

Nombreux ont été à l’époque, particulièrement le SNPCA-CGC, a dénoncé ce mélange des genres (c’est bien le moins qu’on puisse dire !): celui qui s’était quasiment emparé du dossier en présidant la commission du même nom, intégrait le cabinet d’avocats qui était chargé d’établir une « trame » à l’élaboration de la réforme Carolis créant l’entreprise unique audiovisuelle France Télévisions !!!!

Cela n’avait semblé choquer personne. Pour toute réponse, Carolis indiquait que le cabinet Gide Loyrette et Nouel (qui employait J-F. Copé) "travaillait avec France Télévisions depuis douze ans" [ il a depuis peu, dû démissionner dudit cabinet]

Ensuite, il faut corriger le même Copé et lui demander : "Quelle nouvelle organisation imaginée par le nouveau P-DG et quelles inflexions apportées par Rémy Pflimlin " ? Il n’y en a toujours aucune et c’est bien là où le bât blesse.

Dans le cadre du dernier séminaire « managérial » organisé chèrement au CNIT La Défense, le millier et quelques de participants, a compris que « la nouvelle organisation avec son nouvel organigramme ne serait pas connu avant juin 2011 ».

Le seul point d’accord entre les interrogations de J-F. Copé et la réalité, c’est finalement que plus personne en interne ou en externe, ne comprend plus rien à rien. Qui fait quoi ? Qui est responsable de quoi ? Qui s’occupe de ceci ? Qui s’occupe de cela ? Qui est l’interlocuteur ? etc….

Un exemple de conversation « en cascade » entendue lundi dernier :

1° coup de téléphone) « Bonjour, excusez-moi de vous déranger Madame X on me dit que c’est vous qui vous occupez de cela »….réponse « Pas du tout mais essayez madame Y je pense que c’est elle »…

2° coup de téléphone) « Bonjour, excusez-moi de vous déranger Madame Y on me dit que c’est vous qui vous occupez de cela »….réponse « Non ce n’est pas moi mais je crois que c’est maintenant madame Z qui en est chargée »…

3° coup de téléphone) « Bonjour, excusez-moi de vous déranger Madame Z on me dit que c’est vous qui vous occupez de cela »….réponse « Oui avant je m’en occupais mais ça a changé maintenant ce n’est plus moi, je pense que c’est madame W à présent »…

4° coup de téléphone) « Bonjour, excusez-moi de vous déranger Madame X on me dit que c’est vous qui vous occupez de cela »….réponse « Pas du tout mais essayez madame Z je pense que c’est elle »…

5° coup de téléphone) « Bonjour, excusez-moi de vous déranger Madame W on me dit que c’est vous qui vous occupez de cela »….réponse « En aucun cas, je ne m’en suis jamais occupé et je ne m’en occupe pas, vous devriez appeler madame X »…

Et voila le travail…le sketch de Raymond Devos qui détourne l'usage du « rond point « pour en faire un manège.... c'est de la nioniotte.

Cela n’a bien évidemment rien à voir avec "des inflexions qu’aurait apportées Rémy Pflimlin" ou encore d’hypothétiques "ratés d’une nouvelle organisation imaginée par le nouveau P-DG" qui feraient regretter "le soi-disant virage éditorial de Carolis", NON. Il n’y a tout simplement pas de "nouvelle organisation" donc pas "d’inflexion" et ce sur quoi tout le monde se plaint c’est que Pflimlin, Papet et consort essaient de faire croire à un changement alors qu’ils mettent en œuvre de la façon le plus ubuesque qui soit la « réorganisation carolisienne» [il n’y a rien d’autre] en prétendant y avoir apporté des modifications imaginaires.

Pas de stratégie, pas de politique d’entreprise, pas d’organisation, pas d’organigramme [pas avant juin selon Papet] et pourtant depuis 7 mois ce sont des dizaines et des dizaines de nouveaux collaborateurs qui sont recrutés partout. Comment d’ailleurs peut-on recruter, recruter, recruter et encore recruter et donc faire exploser la masse salariale sans avoir en face la moindre organisation ?

La direction pense peut-être qu’en mettant la pression sur les salariés proches ou ayant atteint les 60 ans et en tentant de les pousser dehors, cela contrebalancera !?

Pas étonnant qu’une majorité de producteurs se plaignent de la manière dont ils sont traités par les nouveaux dirigeants et qu’ils disent « en être presque à regretter l'ancien tandem Carolis-Duhamel » qui avait finalement recréé l’ORTF ! Qu’on fasse monter la mayonnaise à l'UMP et qu’on se réunisse pour régler «les derniers détails» visant à reformer la "commission Copé sur la nouvelle télévision publique", il faut oser !

A cela s’ajoute 11.500 salariés ou presque qui ne savent pas où ils vont, qui sont dans un bateau ivre, leurs représentants privés de dialogue social que la direction prend un malin plaisir à humilier et à considérer comme des « potiches » (pour ne pas être vulgaire).

La question est sur toutes les lèvres : Quelle idée avait derrière la tête le Chef de l’Etat en nommant Pflimlin à la tête de France Télévisions ?