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mardi 27 décembre 2016

Ernotte a déclaré au Club audiovisuel de Paris qu"une télévision financée par les citoyens devait être regardée par ces mêmes citoyens"

"La Correspondance de la publicité" du 27 décembre 2016 dans son numéro 16.292 rend compte de l’intervention de l'ex Orange devant le Club audiovisuel de Paris que préside Patrick Béziers directeur-général du groupe Audiens.

Paraphrasant Carolis et Pflimlin avec l'habituel marronnier des colloques de ce type "L'avenir pour la télévision publique", l'ex Orange qui s'inscrit avec ce thème dans les discours langue de bois qu'ont répété en boucle tous les autres avant elle "les ambitions fortes du Service public de l'audiovisuel qui a à cœur de différencier l'offre de France Télévisions: une création française indépendante, la volonté de renforcer l'offre culturelle aux heures de grande écoute en créant des passerelles entre la création et le public, l'indépendance  éditoriale du groupe, tout en veillant à garantir un budget maîtrisé..." [totalement à l’inverse de ces manquements que dénonce le CSA dans son récent avis négatif], a lancé devant une salle qui n'a pas dû en croire ses oreilles qu'"une télévision financée par les citoyens devait être regardée par ces mêmes citoyens".

Autrement dit, "les chaînes de France Télé devraient donc être regardées seulement par les citoyens qui financent"...Une espèce de "pay-per-view" à la française (PPV abrégé en anglais) avec un paiement à la séance ou encore une télévision à la carte, également appelée télévision à péage !!

Et vive la mort annoncée de la télé publique !
 

Quelqu'un pourrait-il lui dire que France Télé ce n'est pas Orange! C'est François Hollande et son bras armé Olivier Schrameck mais aussi les Tutelles et les parlementaires "ces pouvoirs publics qui viennent d'augmenter la dotation de 63 millions d'euros à l'horizon 2020" qui doivent faire des bonds surtout après avoir constaté que « La masse salariale a continué de progresser en passant de 914 M€ en 2015 contre 909 M€ en 2014 - soit +0 ,4 % - contrairement à la trajectoire fixée par l'avenant au COM.... »

Interpellée justement sur la problématique de l'audace versus l'audience, l'ex Orange a ajouté que "Si l'audience est un paramètre important, le succès c'est la réconciliation entre être populaire et être exigeant.
Pour autant, l'exigence de l'audience ne s'impose pas sur tous les programmes."

Et vive la réconciliation entre le "populaire" et "l'exigeant" mais pour certains programmes seulement ! 



L’ex Orange restée bloquée sur ses 12 ans avec "Goldorak" en 1978 !



L’ex Orange restée bloquée sur ses 12 ans avec "Goldorak" en 1978 !

Elle était presque passée inaperçue celle-là. Le 7 décembre dernier, Jason Wiels pour la chaîne parlementaire « LCP-Assemblée nationale » rendait compte de l’audition de l’ex Orange devant les parlementaires l’entendant sur le COM  2016-2020.

Après les critiques acerbes de la Cour de comptes qui qualifie d’« impasse financière » la situation catastrophique dans laquelle se trouve l’entreprise France Télévisions puis le récent avis particulièrement négatif du CSA qui dénonçait déjà « plusieurs manquements de la part de France Télévisions dans l'exécution de l'avenant au COM 2013-2015 », celle que l’instance avait parachutée là au printemps 2015 dans des conditions unanimement décriés par la Presse qui font toujours l’objet de deux instructions judiciaires, est semble-t-il restée bloquée sur 1978.

Côté France 4, chaîne jeunesse du groupe, à la question du député centriste Rudy Salles qui trouvait la part faite aux dessins animés type "Batman", "Iron Man", "Les Tortues ninjas" un peu trop « belle » : "Malgré les qualités graphiques de ces séries d'animation, je ne pense pas qu'elles participent à élever l'enfant  au rang de citoyens. [...] Pire, ils sont conditionnés à l'achat des produits dérivés", l’ex Orange lui a balancé "Il n'y a pas que Goldorak sur France 4 ! " 

Léger problème comme le souligne le journaliste de LCP "Goldorak" n'est pas répertorié au catalogue de la chaîne et n’est donc pas diffusé sur France 4 !

Encore un licenciement de CDDU jugé abusif par les Prud'hommes, au sein de France Télévisions.



Le Conseil des Prud'hommes de Paris - section encadrement - vient une ixième et nouvelle fois, de juger sans cause le licenciement d’une journaliste en CDDU qui avait  travaillé 7 ans durant sur  l’Émission « Ce Soir (ou jamais !) ».



« Ce soir (ou jamais !) » était une émission de télévision culturelle, présentée par Monsieur Frédéric Taddei de 2006 à 2016. Programmée en deuxième partie de soirée, elle a été diffusée en direct à partir de 2006, d’abord sur France 3, puis sur France 2. De 2006 à 2011, l’émission était diffusée quatre fois par semaine, du lundi au jeudi, et sa durée était d’environ 90 minutes. En 2011, elle était hebdomadaire, le mardi puis le vendredi, et sa durée a été allongée à 120 minutes. La toute dernière émission a été diffusée le 20 mai 2016. 

1) Une journaliste employée en CDDU pendant 7 ans au sein de MFP 

Madame X a été engagée par MFP, sur l’émission « Ce soir (ou jamais !) », en qualité de journaliste à compter du 19 octobre 2009, sous contrats à durée déterminée d’usage dits « de grille » successifs.

Son premier contrat en date du 19 octobre 2009 marque le début d’une relation de travail de plus de 7 années cumulées au cours de laquelle les parties ont conclu 13 contrats à durée déterminée de grilles. La journaliste a travaillé plus de 1.278 heures par an en moyenne au cours des 4 dernières années.

Le 13 mai 2016, Monsieur Vincent Meslet, directeur de France 2, et la Présidente-Directrice Générale de MFP, Madame Laetitia Recayte, accompagnés de l’ensemble des dirigeants de la société, se sont rendus à la rédaction de « Ce soir (ou jamais !) », où était présente l’intégralité de l’équipe de l’émission.

Lors de son discours, Monsieur Meslet a indiqué combien « cette émission était excellente », combien « le travail était bien fait », et que « seule la volonté de changer une émission ayant 10 ans d’antenne avait poussé la direction à arrêter l’émission ».


Monsieur Meslet a également confirmé la création d’une future émission mensuelle à compter de septembre 2016, produite par MFP et présentée par Monsieur Taddei, « Hier, aujourd’hui, demain », présentée comme un « magazine d’idées ».


Pourtant, quelques jours plus tard, Madame X réceptionnera le courrier lui notifiant la fin de sa collaboration, celui-ci mentionne laconiquement : « Pour faire suite à votre entretien de ce jour avec Madame M […], nous vous confirmons que suite à la décision de France 2 d’arrêter son émission "Ce soir (ou jamais !)", MFP ne peut renouveler l’objet de votre contrat CDD d’usage (du 1er janvier au 31 mai 2016). Nous vous signifions donc la fin de votre mission au sein de MFP pour cette émission au terme de votre contrat et ce, à compter du 31 mai 2016 ».


La journaliste ne sera plus jamais réemployée par MFP.


Le 26 juillet 2016, Madame X a saisi le Conseil de Prud’hommes de Paris afin notamment de solliciter la requalification des contrats à durée déterminée conclus avec son employeur en contrat à durée indéterminée et la requalification de la rupture de sa collaboration en licenciement sans cause réelle et sérieuse.


2) Demandes de la journaliste


2.1) L’absence d’usage constant permettant de recourir au CDD d’usage pour pourvoir un emploi de journaliste et la requalification des CDD d’usage en contrat à durée indéterminé. 

La journaliste plaidait qu’il n’existe pas d’usage constant de ne pas recourir à un contrat à durée indéterminée pour pourvoir l’emploi de journaliste que Madame X a occupé.

En effet, si la convention collective nationale des journalistes autorise le recours au CDD de droit commun aux termes de son article 17, force est de constater qu’elle n’offre pas la possibilité de recourir à un CDD d’usage

A ce titre, l’article 17 mentionne expressément : « Un journaliste professionnel ne peut être embauché avec un contrat à durée déterminée que pour une mission temporaire dont la nature et la durée doivent être définies lors de l’embauche ».

Or, Madame X collaborait, en tant que journaliste, depuis 7 ans cumulés avec MFP pour l’émission « Ce soir (ou jamais !) », ce qui exclut tout caractère temporaire. 
Il est dès lors interdit, dans le secteur de l’audiovisuel, de recourir à un CDD d’usage pour employer un journaliste. 

En outre, Madame X plaidait qu’elle a occupé, dans le cadre de chacun des contrats à durée déterminée exécutés pour MFP des fonctions de Journaliste, fonctions à caractère permanent et indispensables à la fabrication et à la diffusion quadrihebdomadaire, puis hebdomadaire de l’émission « Ce soir (ou jamais !) ». 

2.2) Sur les conséquences de la requalification des CDD d’usage successifs de Madame X en CDI 

Madame X plaidait que devant être considérée comme salariée de MFP, dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, la rupture du 30 mai 2016 doit s’analyser en un licenciement, aucune lettre de licenciement ne lui ayant été notifiée.

La journaliste réclamait un préavis, les congés payés afférents, l’indemnité de licenciement des journalistes et une indemnité pour licenciement sans cause. 

3) Jugement du 2 décembre 2016 du Conseil de Prud’hommes de Paris


Par jugement du 2 décembre 2016, le Conseil de prud’hommes (encadrement) fait droit partiellement aux demandes de la journaliste.


Le Conseil de Prud’hommes requalifie les CDDU en CDI et considère que la rupture s’analyse en un licenciement sans cause réelle et sérieuse.


Le Conseil de Prud’hommes a octroyé à la journaliste 64.054 euros bruts comme suit :

  • Indemnité de requalification : 3.745 euros ;
  • Indemnité compensatrice de préavis : 11.234,10 euros ;
  • Congés payés afférents : 1.123,41 euros ;
  • Indemnité conventionnelle de licenciement : 24.752,46 euros ;
  • Indemnité de licenciement sans cause réelle et sérieuse : 22.500 euros ;
  • Article 700 du Code de procédure civile : 700 euros.

Le jugement doit être notifié dans les prochaines semaines et les parties pourront le cas échéant interjeter appel dans un délai d’un mois.


lundi 26 décembre 2016

« Capital » publie ses « tops et ses flops » 2016…Le magazine fait rimer Ernotte avec Flop.



« Capital » publie ses « tops et ses flops » 2016…Le magazine fait rimer Ernotte avec Flop.  

Le magazine « Capital » a publié le 22 décembre dernier la liste « des tops et des flops » pour 2016. Le titre consacré à l’ex Orange en dit long « La moins regardée : Delphine Ernotte (France Télévisions) » 

Le blog CGC Média vous propose de découvrir les quelques lignes trempées d’acide qui la qualifie « Pour sa première vraie « rentrée » Delphine Ernotte aura tenté des choses. Peut-être un peu trop. De nouvelles émissions politiques sont apparues, des présentateurs stars ont perdu leur programme phare (Julien Lepers et "Question pour un champion", Michel Drucker et "Vivement Dimanche"...), les après-midis de la Deux ont été́ revus de fond en comble. Bilan ? Catastrophique selon Médiamétrie. En octobre, France 2 affichait une audience de 12,3 %, contre 13,9 % un an plus tôt ! En prime, la Cour des comptes s’inquiète d’une situation financière préoccupante. » 

Et encore « Capital » ne mentionne pas l’avis du CSA relatif au rapport d'exécution en 2015 de l'avenant au COM 2013-2015 de l'entreprise, publiée mercredi 21 décembre au Journal officiel qui n’est pas tendre non plus. 
Dans son numéro 4862 du 22 décembre 2016 « Satellifax » égraine les manquements constatés par l’Autorité qui comme la Cour des comptes relève également la situation financière catastrophique de l’entreprise et parle d'"année de transition" ["Transition" à quoi? Personne ne le sait, évidemment ! ndlr]  

Une nouvelle volée de bois vert pour l'ex Orange. 

Extraits :

« Le CSA a noté plusieurs manquements de la part de France Télévisions dans l'exécution de l'avenant au COM 2013-2015.
Les chaînes s'appuient sur des formats existants depuis longtemps, privilégient la fiction policière au détriment d'autres univers et n'assurent pas une exposition équilibrée de la Culture. L'autorité prône d'ailleurs une réforme de son obligation en la matière doublée d'une révision du système à points actuel. Elle note aussi un déséquilibre entre les économies réalisées sur le coût des programmes et les charges opérationnelles. Elle relève que contrairement à son engagement France Télévisions n'a pas atteint l'équilibre opérationnel.
Le CSA souligne en préambule que 2015 aura été pour l'entreprise "une année de transition" dans son avis relatif au rapport d'exécution en 2015 de l'avenant au COM 2013-2015 de l'entreprise, publiée mercredi 21 décembre au Journal officiel… 

Le CSA souligne un manquement sur les dépenses en contrat d'écriture ou de développement. En matière de création audiovisuelle, le groupe n'a pas respecté son engagement de progression de ses dépenses dans le développement en convention d'écriture ou de développement: elles ne représentaient que 2,6 % des investissements contre 2,8 % en 2014....

Le CSA n'est pas non plus vraiment satisfait de la place du programme culturel sur les antennes. Selon lui, non seulement le volume global s'inscrit à la baisse (-7,9 % sur l'ensemble de la journée, -7,6 % en prime time)  est aussi peu équilibré entre les chaînes...Par ailleurs le spectacle vivant reste "faiblement exposées aux heures de grande écoute". 

Aussi l'autorité  envisage-t-elle une réforme, sur cette partie culturelle du Cahier des charges de France Télévisions par une évolution de l'obligation actuelle de diffusion quotidienne d'un programme culturel aux heures de grande écoute et par une révision du dispositif dit des "points spectacles" que doit respecter le groupe. Elle dresse aussi un constat négatif sur l'obligation de mieux exposer les programmes musicaux.

Parmi les autres observations, le CSA relève un manquement du côté de France 2 qui n'a diffusé que 72,3 % de ses programmes HD entre 6h30 et 24 heures alors qu'elle aurait dû être à 100 %.
France Télévisions est aussi incité à "améliorer significativement la représentation de la diversité de la Société" à l'antenne...

[Question deniers des contribuables, ndlr]
 

Un résultat d'exploitation encore nettement déficitaire.

L'autorité note aussi plusieurs manquements dans la gestion de l'entreprise...son résultat d'exploitation reste nettement déficitaire avec 30,1 millions fin 2015 contrairement à l'engagement pris dans l'avenant au COM.
Le bilan 2015 montre également une situation délicate déséquilibré en matière d'économies, qui ont plus nettement porté sur le coût des programmes -39M€ d'économies, -29M€ sur les grilles + 11 millions sur les droits sportifs, selon les chiffres du rapport d'exécution - que sur les charges opérationnelles. La baisse sur ces dernières, s’est limitée à 0,7% sur la durée de l'avenant contre 1 % demandé. 

L’avis souligne enfin que « La masse salariale continue de progresser (914 M€ contre 909 M€ en 2014, soit +0 ,4 %) contrairement à la trajectoire fixée par l'avenant.... »