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mercredi 22 novembre 2017

Le Collectif des JRI de France 3 National échaudés, dénoncent « des ateliers qui apparaissent pour beaucoup comme de la poudre aux yeux jetée par une direction qui a déjà pris toutes les décisions ».



Le Collectif des JRI de France 3 National échaudés, dénoncent « des ateliers qui apparaissent pour beaucoup comme de la poudre aux yeux jetée par une direction qui a déjà pris toutes les décisions ». 

Dans un nouvel écrit qui devrait faire tousser l’ex Orange et le successeur de Michel Field à l’info qui s’exprimait ce matin sur Inter pour dire globalement que tout allait bien,  le Collectif des JRI de France 3 décide certes de ne pas jouer la politique de la chaise vide en participant à des ateliers d’échanges F3/F2 organisés par la direction à laquelle ils ne fait visiblement  pas confiance. 

« L’expérience des ateliers précédents du projet Info 2015 qui entérine la disparition de notre rédaction en fusionnant les rédactions nationales de F3 et F2 » auquel « est opposé  le Collectif est opposé à Info 2015 », « a laissé le désagréable souvenir aux participants de n’avoir pas été entendus » dit le texte. 

« Les préconisations de l’époque n’ont pas été suivies. Idem lors des réunions qui ont précédé les fusions des services éco et politique. Nous soulignons que le sentiment général reste la méfiance et le scepticisme par rapport à l’impact de notre participation à des ateliers qui apparaissent pour beaucoup d’entre nous comme de la poudre aux yeux jetée par une direction qui a déjà pris toutes les décisions » ajoute le Collectif. 

« Si nous estimons que nos demandes ne sont pas entendues au cours de ces ateliers nous nous réservons la possibilité de nous en retirer, pour nous exprimer de façon alternative » conclut-il.

Le blog CGC Média vous propose de découvrir ledit texte:

"Pourquoi et comment le Collectif des JRI va participer aux ateliers d’échanges F3/F2. 

Après un débat interne qui a vu s’exprimer des positions opposées, le Collectif des JRI de France 3 a pris la décision à la majorité de participer aux ateliers proposés par la direction de l’info dans le cadre du projet de fusion des services JRI des rédactions nationales de F3 et F2. La décision a été prise après un vote qui a suivi un débat où les pour et les contre se sont exprimés.

Nous rappelons que le Collectif est opposé à Info 2015 qui entérine la disparition de notre rédaction en fusionnant les rédactions nationales de F3 et F2.

Nous soulignons que le sentiment général reste la méfiance et le scepticisme par rapport à l’impact de notre participation à des ateliers qui apparaissent pour beaucoup d’entre nous comme de la poudre aux yeux jetée par une direction qui a déjà pris toutes les décisions. 

L’expérience des ateliers précédents du projet info 2015 a laissé le désagréable souvenir aux participants de n’avoir pas été entendus.
Les préconisations de l’époque n’ont pas été suivies. Idem lors des réunions qui ont précédé les fusions des services éco et politique.

Une majorité d’entre nous a néanmoins voté pour la participation : le Collectif sera donc représenté par des délégués pour porter la voix du Collectif au sein de ces ateliers.
Nous pensons effectivement qu’ils doivent être l’occasion d’obtenir des garanties aussi bien sur les conditions d’exercice de notre métier, gravement menacé par la mise en place d’Info 2015, que sur l’organisation de notre temps de travail. 

Info 2015 impose un modèle de « News Factory »  dans lequel la fabrication des reportages est de plus en plus morcelée, où les équipes de reportages sont de plus en plus déresponsabilisées et téléguidées par une hiérarchie éditoriale toute-puissante. 

A contrario, nous défendons l’expertise et l’autonomie des reporters de terrain.

Nous défendons aussi la spécificité du métier de journaliste reporteur d’images et sa responsabilité dans l’écriture d’un sujet par l’image.

Sur l’organisation et la planification :

-nous voulons obtenir des garanties sur l’égalité de traitement des JRI , quelle que soit leur organisation de temps de travail, semaine de 4 jours, forfait jour/décompte horaire.
-nous voulons nous prémunir contre certaines méthodes de management autoritaires, irrespectueuses de notre travail et de notre engagement ;
-nous voulons stopper la détérioration de nos conditions de travail, que la direction justifie par des contraintes économiques ou les besoins éditoriaux (aller-retour en province dans la journée, amplitudes déraisonnables, séquences démultipliées « au cas-où » pour anticiper les changements de versions au montage…).
Plus globalement nous mettons en garde la direction contre tout projet qui voudrait simplement calquer le modèle d’organisation du service JRI de F3 sur celui de F2.

Sur l’immobilier :

Nous demandons le respect de quelques principes clairs : 

Nous sommes journalistes et avons besoin d’être au contact de la rédaction et des rédacteurs pour préparer les reportages, nous n’accepterons pas d’être placardisés dans une sombre pièce isolée.
Nous réclamons également une remise à plat du fonctionnement du magasin et du chemin depuis notre service jusqu’au magasin et aux véhicules de reportage, dans le respect de l’ergonomie liée au port de charges lourdes qui est notre quotidien. 

Si nous estimons que nos demandes ne sont pas entendues au cours de ces ateliers nous nous réservons la possibilité de nous en retirer, pour nous exprimer de façon alternative.

Le Collectif des JRI de la rédaction nationale de France3, le 21 novembre 2017"

mardi 21 novembre 2017

Le COMEX de France Télés envahi ce matin…Sitbon-Gomez (Monsieur agenda !) perd ses nerfs contre les salariés.



Le COMEX de France Télés envahi ce matin…Sitbon-Gomez (Monsieur agenda !) perd ses nerfs contre les salariés.
Alors que les salariés d’« Envoyé spécial » et « Complément d'enquête » ont appris choqués, ce matin même, que le COMEX devait valider la décision de l’ex Orange de ne diffuser qu’alternativement et mensuellement un jeudi par mois dès janvier 2018 les deux magazines de France 2, ils se sont invités à la petite réunion.
Accueillis par Sitbon-Gomez qui a déclaré à l’audience du 24 octobre dernier devant la 11ème chambre correctionnelle du TGI de Paris qu’il ne s’occupait que de l’agenda d’Ernotte, ce dernier perdant visiblement ses nerfs leur a littéralement aboyé dessus.
Il n’est du reste pas le seul à perdre ses nerfs !
Le blog CGC Média vous propose de découvrir le texte que les salariés en colère ont lu en séance et remis à chaque membre du comité: 

Madame Ernotte, serez vous celle qui aura enterré les magazines d'information du service public ? 

Nous venons d'apprendre qu'un projet de la direction de l'information, que  vous allez devoir trancher, prévoit la suppression pure et simple des 33 CDD de reporters des magazines, c'est-à-dire de la quasi-totalité des postes de fabricants des émissions Envoyé Spécial, Complément d'enquête, et 13h15.


Alors que France Télévisions a pour obligation de supprimer l'an prochain 66 équivalents temps plein (ETP) sur les 1338 que compte la rédaction, nous venons d'apprendre par accident que notre propre direction vous propose de supprimer jusqu'à 30 ETP dans les magazines - dont les effectifs s'élèvent à moins de 100 personnes, hiérarchie et production comprises.

Nous qui représentons moins de 7% des effectifs de l'information, pourquoi devrions-nous supporter près de 50% des efforts en terme d'emplois ? Nous ne l'accepterons pas. 

Cette réforme des magazines, qui prévoit un passage à une diffusion mensuelle des deux émissions hebdomadaires les plus emblématiques du service public (Envoyé Spécial et Complément d'Enquête), nous paraît à la fois dangereuse au niveau éditorial et incohérente pour le téléspectateur. Comment se retrouver dans une soirée du jeudi qui verrait se succéder ces deux émissions, mais aussi l'Angle Eco, l’Émission Politique, les portraits de Laurent Delahousse ? Cinq marques pour une seule et même case, alors qu'une récente étude commandée par la direction des magazines - et facturée 48 000 euros - préconisait précisément l'inverse.

Sans s'attarder sur le peu d'humanité d'un projet qui prévoit de se séparer de CDD dont certains sont des collaborateurs exclusifs et à temps plein de France Télévisions depuis près de dix ans, nous souhaitons vous alerter sur les conséquences directes d'un tel choix. Concrètement, sans CDD, sachez qu'il ne restera plus que deux reporters à Complément d'enquête, et cinq à Envoyé Spécial. Autant le dire franchement : cela reviendrait à faire disparaître ces émissions.

L'offre de magazines de grand reportage et d'investigation est pourtant l'un des piliers de l'information de France Télévisions, qui lui permet de se différencier de ses concurrents.
Une rédaction des magazines de service public, c'est la possibilité de pouvoir enquêter sur Bygmalion sans être censuré, c'est la possibilité d'envoyer une équipe en Erythrée sans être accusé de sous-traiter le risque, c'est la possibilité de dévoiler les dessous de la communication d'Emmanuel Macron sans payer les mécontentements du Château, c'est la possibilité d'être réactif et de sortir des scoops en des temps records (Interview d'Asia Argento, Penelope Fillon, Omar Omsen - Spéciales attentats), c'est la possibilité d'être la seule rédaction suffisamment indépendante pour pouvoir enquêter sur Vincent Bolloré et de remporter ainsi le prestigieux prix Albert Londres.

Est-ce vraiment tout cela que vous souhaitez supprimer ? 

Pour la première fois dans l'histoire de France Télévision, vous allez, Madame Ernotte, devoir valider une réduction du nombre d'heures consacrées à l'information. Tout en payant la même redevance, le téléspectateur verra moins d'émissions d'enquêtes, de grand reportage et d'investigation. Après avoir déjà supprimé un magazine emblématique de l’antenne avec l’arrêt d’«Un œil sur la planète», vous nous aviez pourtant assuré il y a quelques semaines encore qu'il n'était plus question de toucher au périmètre de l'information, la colonne vertébrale de France 2.

Nous sommes conscients que la rédaction et les magazines doivent participer aux efforts d'économie. Nous avons d'ailleurs beaucoup d'idées allant dans ce sens et serions ravis de pouvoir vous les faire partager. Mais prendre comme seule boussole la diminution de nos ETP de fabricants, alors que nous sommes au quotidien les spectateurs impuissants d'aberrations de gestion nous paraît incompréhensible. Avant de faire votre choix, gardez à l'esprit que derrière cette décision comptable, c'est la survie des derniers magazines produits par le service public qui est en jeu.

Les rédactions des magazines «Envoyé Spécial» et «Complément d’enquête»"
 


L’ex Orange mensualise et alterne « Envoyé spécial » et « Complément d'enquête » !

L’ex Orange mensualise et alterne « Envoyé spécial » et « Complément d'enquête » !

Selon nos informations, Delphine Ernotte aurait opté pour  une énième et nouvelle la modification des programmes de France 2 en diffusant alternativement et mensuellement, un jeudi par mois dès janvier 2018, les magazines « Envoyé spécial » et « Complément d'enquête ».

Premier effet quasi mécanique, pas moins de 30 CDD supprimés. Les journalistes - 90 environ qui collaborent aux deux magazines -  sont sous le choc et pourraient très vite décider d’une réponse adaptée !

Dans un premier temps, la SDJ va remettre une lettre ouverte à l’ex Orange intitulée "Serez-vous celle qui va sacrifier les magazines d’info du service public ?".  

C’est ce mardi que l’ex Orange doit réunir le COMEX pour validation.  

Les écrans de fumée de l’ex Orange n’arrêtent pas la justice.



Les écrans de fumée de l’ex Orange n’arrêtent pas la justice. 

« Quel budget juridique record d’argent public faudra-t-il atteindre pour que les tutelles s’émeuvent et demandent des comptes à cette direction? » s’interroge le SNJ qui vient de publier un tract sur la « nouvelle condamnation de France Télévisions pour Faute inexcusable de l’employeur ».

Le syndicat se demande encore combien de temps  « Les vrais responsables, en toute impunité, en toute incompétence puisqu’ils sont toujours couverts, continueront-ils à démolir ? »

La question est effectivement sur toutes les lèvres: Combien de jours encore l’actionnaire va-t-il laisser la télé publique devenue un vrai champ d’expérimentations stériles, continuer de s’abîmer de la sorte ?

Le blog CGC Média vous propose de découvrir le texte du SNJ sur la victoire de Franck Brisset prononcée par La Cour d’appel de Paris:

« Faute inexcusable de l’employeur - France Télévisions de nouveau condamnée ! 



C’est par de justes motifs, que la Cour adopte que les premiers juges ont considéré que la Société FRANCE TÉLÉVISIONS avait ou aurait dû voir conscience des risques encourus par son salarié, en sa qualité d’employeur de nombreux journalistes exposés à des situations dangereuses notamment dans des zones de conflits ou de catastrophes naturelles, qu’elle aurait dû prendre connaissance du « Guide de survie à l’usage des journalistes », publié en 2005, qui comprend un chapitre consacré au « stress post traumatique » et met en évidence les risques psychiques engendrés par les missions dans des pays en guerre.



/.../ FRANCE TÉLÉVISIONS étant tenue à l’égard de ses salariés d’une obligation de sécurité de résultat. Au regard de l’ensemble de ces éléments, il convient donc de confirmer le jugement entrepris en ce qu’il a reconnu la faute inexcusable de la société FRANCE TÉLÉVISIONS à l’origine de la maladie professionnelle de Mr Franck Brisset, déclarée le 9 février 2010. »



La Cour d’appel de Paris motive ainsi, dans son arrêt du 9 novembre 2017, la condamnation de France Télévisions. Notre confrère, grand reporteur dans le service des JRI de France 2, vient ainsi de remporter une victoire éclatante !



Le Syndicat National des Journalistes (SNJ), à ses côtés, le félicite et le remercie d’avoir mené ce long combat au service de la profession. C’est la quatrième condamnation pour FTV dans ce dossier.



Le SNJ fustige la direction de FTV qui, au lieu d’aider un journaliste qui a mis toutes ses compétences professionnelles, son énergie et sa santé au service de l’information de service public, a tout fait pour le décourager, n’a pas pris en compte ses justes demandes et a vilipendé ses actions en justice.



Qu’a fait concrètement la direction de FTV, depuis ces dernières années, pour cesser de maltraiter ses salariés ? L’instauration d’une direction de la qualité au travail s’avère sans effet. La DSQVT n’a aucune influence sur les directions « opérationnelles » qui poursuivent brutalement leurs gestions « managériales » des équipes et continuent à leur en demander toujours plus en empilant les tâches et le stress.



Les vrais responsables, en toute impunité, en toute incompétence, puisqu’ils sont toujours couverts, continueront-ils à démolir ?



Quel budget juridique record d’argent public faudra-t-il atteindre pour que les tutelles s’émeuvent et demandent des comptes à cette direction?



Paris, le 17 novembre 2017 »