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samedi 20 juin 2026

Mediawan persiste et signe : la stratégie assumée de la précarité à bas coût !

Mediawan persiste et signe : la stratégie assumée de la précarité à bas coût !


Depuis près de cinq ans, Maximal Productions (groupe Mediawan) systématise le recours à des contrats CDDU de seulement 4 heures par jour pour ses techniciens catégorie B. Une pratique qui n’est pas un accident, mais une stratégie délibérée de minimisation des coûts salariaux et sociaux. Il en va de même pour Troisième Œil Productions l’autre filiale du groupe qui réalise entre autres les émissions comme « C à Vous » pour France Télévisions.

Confrontée aux observations de l’Inspection du Travail du 11 février 2026, l’entreprise a cru bon de contester ces constats. Réponse cinglante de l’Inspectrice Noura Medjoudj-Mezhar le 27 mars : l’Inspection maintient intégralement ses observations. L’article IV.2.1 de la Convention collective de la Production Audiovisuelle (IDCC 2642) est clair : pour les contrats de 4 jours ou moins, le salaire minimum journalier se calcule en divisant le salaire hebdomadaire par 4,5. Ce mécanisme, conçu précisément pour compenser la précarité accrue des contrats ultra-courts, doit s’appliquer. Point final.

Face à cette mise en demeure administrative, que font les directions RH de Mediawan ? Elles sollicitent l’USPA et le SPECT, qui leur délivrent le 5 mars 2026 une interprétation de complaisance. Selon les organisations patronales, tout serait parfaitement légal : on paierait simplement au prorata horaire, sans réelle majoration de précarité. Un calcul qui ramène, dans leur exemple, une journée de 4 heures à environ 142 €, loin de l’esprit protecteur de la convention.

Une manœuvre grossière.

L’Inspection du Travail l’a déjà balayée : seule la Commission Paritaire Permanente de Négociation et d’Interprétation (CPPNI) peut interpréter la convention. Une simple lettre patronale n’a aucune valeur face à l’Administration. Les syndicats de salariés unanimes, ont déjà rejeté cette lecture minimaliste. Personne n’est dupe : il s’agit d’une tentative classique de contourner les règles collectives pour maintenir une main-d’œuvre hyper-flexible et sous-rémunérée.

Car derrière les tableaux et les arguties juridiques se cache une réalité brutale : des techniciens qui enchaînent les contrats de 4 heures, avec des cotisations sociales et des droits à la retraite rognés, une vie professionnelle instable et une rémunération qui ne permet plus de vivre décemment dans une ville comme Paris. Mediawan, groupe puissant et rentable, choisit sciemment ce modèle low-cost, alors même que le secteur audiovisuel public et privé crie à la pénurie de compétences.

Le ministre du Travail n’a nullement l’intention de généraliser les contrats de 4 heures minimum. Au contraire, les pouvoirs publics et les partenaires sociaux cherchent plutôt à encadrer les abus des contrats très courts. Pourtant chez Mediawan, on préfère probablement jouer la montre, multiplier les courriers et espérer que l’Inspection finisse par lâcher prise.

Cela suffit.

L’Inspection du Travail a parlé. Les syndicats ont parlé. La convention collective est claire. Il est temps que Mediawan cesse de traiter ses techniciens comme une variable d’ajustement jetable et applique enfin les règles. Faute de quoi, chaque euro économisé sur le dos des salariés sera un euro de plus versé aux prud’hommes, à l’URSSAF ou à la réputation dégradée du groupe.

Plusieurs intermittents du groupe ont d’ailleurs déjà saisi la justice via Maître Florent Hennequin qui les assiste devant le conseil des Prud’hommes de Paris et avec l’intervention volontaire de la CGC de l’audiovisuel… de surcroît une première procédure pénale qui avait été déposée, il y a quelques semaines, après les propos de Delphine Cazaux devant la commission d’enquête sur l’audiovisuel publique poursuit sa route et devrait très prochainement se voir compléter par une seconde action.

La précarité n’est pas une fatalité du secteur : c’est un choix de management. Mediawan l’a fait. Il est grand temps d’en assumer les conséquences.

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