Ernotte et sa litanie éternelle : recyclage rhétorique et com’ hors sol façon disque rayé pour des millions d’euros l’épisode.
Onze ans après son transfert depuis Orange en 2015 (merci François Hollande, le CSA de Schrameck et les réseaux bien huilés), Ernotte nous ressert encore comme chaque année le même PowerPoint moisi, saupoudré cette fois d’IA magique et de « streaming first » pour faire chic. C’est pathétique, presque irréel : une coach de startup en fin de carrière qui vend toujours la même « révolution »… avec des centaines de millions de dotation publique en guise de budget com’ pris dans les poches des Français.
Le numérique ne devait plus être accessoire mais central. La concurrence ? Les plateformes, bien sûr. On allait pivoter, innover, rajeunir, conquérir ! En 2016, elle expliquait doctement que la chaîne linéaire ne disparaîtrait pas « du jour au lendemain », mais que les contenus iraient sur Facebook, Snapchat, etc.
Les mêmes formules toutes faites qu’elle utilise depuis l’été 2015 et nous revoilà en janvier 2026, lors de ses vœux aux salariés avec une soi-disant « annoncé majeure » devant déboucher sur « une vaste réorganisation (la « plus importante depuis 20 ans », évidemment), touchant environ 60 % des effectifs. (sic)
Pour tenter de faire novateur, même si la Représentation nationale avale tout depuis une décennie, Elle raconte cette fixé un nouvel objectif ? Devenir un « média nativement numérique », avec des contenus pensés dès l’origine pour tous les écrans (TV, web, réseaux sociaux) avec en prime la création d’une direction IA autonome au comité exécutif, rattachée directement à la stratégie globale.
Leitmotiv affiché : faire de France Télévisions un « pionnier de l’IA responsable » d’ici 2030. L’IA va transformer métiers, contenus, production et diffusion… tout en préservant miraculeusement les missions de service public.
Comment continuer de prendre tout ce petit monde les politiques, les Français, les contribuables, les parlementaires, etc…pour des « idiots nativement payeurs »! On leur sert une flopée de néologismes et de concept en espérant que ça passe : Plateforme MedIAgen (socle IA du groupe), outils comme MedIAenrich pour aider à la publication sur les réseaux, générer des métadonnées, recommander des contenus, valoriser les archives. Partenariats (labo Telecom Paris Tech), commission IA avec les syndicats, accord de méthode sur le dialogue social, impacts métiers, GPEC et éthique.
L’IA pour gagner en efficacité dans un contexte de baisses budgétaires publiques, personnaliser france.tv, assister les journalistes (jamais les remplacer, promis, juré-craché : principe « homme-machine-homme » avec validation humaine), et lutter contre la désinformation. Échanges avec OpenAI, bien sûr !!!!
Ironie suprême : elle ose encore nous sortir que « un programme doit pouvoir être pensé et adapté, dès sa conception, à tous les supports ». Exactement qu’elle serinait déjà il y a plus de dix ans ! Pendant ce temps, Netflix, YouTube et TikTok ont bouffé le paysage, la dette s’accumule, les coupes budgétaires pleuvent, et les salariés trinquent à chaque « chantier artificiel » et chaque réorganisation salvatrice.
Cette tactique s’inscrit dans le projet de parachutages à répétition d’Ernotte en faisant mine de répondre à des contraintes budgétaires (la supposée baisse de la dotation publique en dépit des 2300 départ déjà réalisés). Traduction : on agite les buzzwords (IA responsable, streaming first, pionnier, nativement numérique) pour justifier de secouer l’organigramme, nommer Encarna Marquez Directrice de l’IA et de la Data, et faire passer la pilule sociale.
C’est l’fumage permanent : recycler ses bobards comme un vieux replay sur france.tv. On lui a confié le service public il y a plus d’une décennie pour « prendre un temps d’avance ». Résultat ? Des annonces grandiloquentes, des Comex qui s’empilent… et des tours de passe-passe ubuesques. Il y a peu, elle confiait encore une mission « spéciale transformation de l’information à l’ère de l’IA » à Alexandre Kara — son septième directeur de l’information, qu’elle a fini par virer, affirmant le recaser gentiment auprès d’elle alors qu’il négocie son départ !). C’est là qu’en mai 2026, dans le cadre de la « nouvelle » organisation, elle elle promeut Encarna Marquez (ancienne directrice du Numérique depuis 2018, avec ses équipes de ~400 personnes sur plateformes, data et innovation) au poste flambant neuf de Directrice de l’IA et de la Data, membre du Comex.
« Orchestrer la stratégie IA, coordonner data + IA, piloter la transformation… tout ça dans un « contexte contraint » voilà les termes de la note qu’à pondu l’ex-Orange ! Surréaliste. Une promotion qui n’est pas assez nouvelle que ça, pour un rôle qui sent le recyclage interne à plein nez. Coût estimé ?si aucune info publique précise ne circule bien sûr (vie privée des cadres oblige), le Cour des Comptes et l’IGF ayant établi la rémunération moyenne des membres du comité de direction tourne autour de 151 000 € brut/an + variable…. Soit 200 000 € et quelques, il y a de quoi faire grincer des dents quand on annonce des économies et des réorganisations « douloureuses » pour les 60 % de salariés concernés.
Bravo pour la constance. Dommage que ce soit celle du disque bloqué. Pendant ce temps, les contribuables paient l’orchestre et les joueurs de flûte ! Les « transformations » successives ressemblent furieusement à du sur-place coûteux. A ce rythme, en 2035 elle annoncerait encore que le futur est au streaming et à l’IA responsable. On y croit dur comme fer. Ben voyons.
Et après on s’étonne du déclin, de la télévision publique et plus largement de celui de notre pays

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