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vendredi 10 juillet 2026

L’éternelle victimisation qui saoule tout le monde, ça suffit.

L’éternelle victimisation qui saoule tout le monde, ça suffit.

Une fois encore la pleureuse de l’audiovisuel est montée sur scène. Une fois encore, elle a joué les victimes d’un État pingre qui l’obligerait à « faire mieux avec moins ».
Pauvre martyre à plus de 400 000 euros par an (fixe + variable), contrainte de présenter une grille de rentrée sous perfusion budgétaire tout en se vantant des 46 millions de Français sur France.tv et des milliards de vues sur les réseaux. (que personne ne rigole, ce sont les chiffres de France Télévisions… alors attention !)
Le service public est devenu « le premier média numérique de France », nous dit-elle, la larme à l’œil et le communiqué de presse à la main... quand elle ne chante pas comme ces dernières semaines en écho à son ex-primo dircab que le « Streaming First » serait l’avenir de la télévision de demain face à un linéaire à placer au rebut.
Ce serait presque à se tordre de rire, si ce n’était autant pitoyable que grotesque…Le « Streaming First » de Delphine Ernotte et son ex-primo dircab, c’est « la grande illusion » !
Le tandem nous rebat les oreilles avec on leur mantra magique : « Streaming First ». Traduction : on arrête de penser d’abord à la télé linéaire (celle que regardent encore la majorité des Français), on conçoit tout d’abord pour france.tv, les réseaux sociaux et les algorithmes. La télé traditionnelle ? Un vestige qu’on tolère encore en attendant qu’elle s’efface.

On nous vend ça comme une révolution moderne et indispensable face aux géants du streaming. Sauf que derrière les discours sur l’agilité digitale, la réalité est plus crue :

Pour faire du streaming, il faut du contenu. Beaucoup de contenu. Du contenu qui coûte cher.

La solution ? Commander en priorité des films, séries, podcasts vidéo et formats calibrés, souvent achetés auprès de majors de la production extérieure comme Mediawan (déjà très bien servie par le service public). Des dizaines et des dizaines  de millions d’euros par an qui filent pour remplir le catalogue france.tv rapidement et à moindre risque interne.

Mediawan, qui a notamment renforcé son empire avec l’acquisition récente de The North Road Company (le studio américain de Peter Chernin, devenu son « pôle nord-américain » en 2026), et qui dispose de son propre Mediawan Podcast (studio dédié à la création et adaptation de podcasts en formats audio et vidéo), devrait probablement se charger de mettre en musique le concept ?! Autrement dit, on externalise massivement vers ces structures puissantes capables de livrer du contenu clé en main, adaptable en podcast vidéo ou autres formats digitaux.

Résultat prévisible :

- Précarisation des équipes internes de création, réalisateurs, techniciens et journalistes maison.

- Affaiblissement des savoir-faire du service public au profit d’achats extérieurs.

- Une plateforme qui doit remplir son catalogue à tout prix, quitte à diluer l’identité et la souveraineté éditoriale du service public.

- France Télévisions qui devient un agrégateur plutôt qu’un véritable créateur, tout en finançant indirectement pour un budget annuel d’environ 2 ,5 milliards/ an, la croissance d’un groupe privé comme Mediawan.

C’est la stratégie du « on achète du remplissage numérique avec l’argent public pendant que les métiers de la création française se vident ». On sacrifie la capacité de production propre sur l’autel de la course aux clics et aux abonnés, en renforçant au passage des acteurs comme Mediawan qui peuvent scaler rapidement grâce à ces contrats récurrents.

En résumé : sous couvert de modernité, on assiste à une externalisation massive et à une privatisation douce de la création. On ne construit pas l’avenir du service public, on le sous-traite et Ernotte appelle ça une « révolution stratégique » destinée à maîtriser les coûts ! 

La même qui, année après année, a accumulé les déficits, multiplié les rediffusions, les flops et les choix éditoriaux clivants, avant de découvrir soudain les vertus de l’austérité quand l’État demande plus de transparence et moins de je-m’en-foutisme. C’est la même qui recrute des plumes élyséennes, qui défend bec et ongles son train de vie et celui de la maison Jean Pierre Elkabbach, et qui vient aujourd’hui nous expliquer, la main sur le cœur, qu’il faut « faire des choix difficiles ».

Des choix difficiles… pour les autres.

Pour les programmes, pour les créateurs, pour nombre de producteurs (mais pas les trois gros…leur cuisine!) les journalistes,… pour les contribuables et plus largement tous les Français via la TVA qui financent  à plus de 2,5 milliards par an, France Télés mais pas pour l’ex-Orange qui, même après les rapports alarmants de la cour, des comptes et de l’inspection générale des finances, continue de vanter son bilan numérique comme si l’audience TikTok compensait l’hémorragie financière et le recul du pluralisme réel.

L’incohérence est totale, et savoureuse :
Hier, on nous promettait l’excellence sans limite avec l’argent public. Aujourd’hui, on nous vend l’exploit de « faire mieux avec moins » après avoir conduit la boîte au bord du gouffre, en imaginant qu’elle n’est pas déjà tout au fond !
Demain, il faudra presque plaindre, celle qui parachutée à l’été 2015 claironne se battre « de toutes ses forces pour le budget » tout en préparant déjà l’argumentaire pour 2027.

Pitié, épargnez-nous le numéro de la sempiternelle victime. Le contribuable, lui, fait « mieux avec moins » depuis des années sans prime de performance à cinq voire six chiffres et sans tribune au Pathé Palace. Il n’a pas droit à la larme facile ni au storytelling héroïque.
Le service public mérite mieux qu’une gestion où l’on célèbre les clics pendant que l’on rogne sur le fond. L’ensemble des Français méritent mieux que cette sempiternelle posture : « On est obligés… » Non. Vous n’êtes pas obligés. Vous pouvez mettre un terme à votre « calvaire » mais pas avant de rendre des comptes sur décennie de gabegies. Assumez, au lieu de systématiquement sortir un énième narratif pour que tout le monde regarde ailleurs ! 

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