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samedi 12 septembre 2026

France Télévisions transforme une carte blanche de deux minutes en un monument national de lâcheté institutionnelle.

France Télévisions transforme une carte blanche de deux minutes en un monument national de lâcheté institutionnelle.

Adèle Haenel a dit tout haut ce que des millions de gens murmurent et vous, service public financé par l’argent des Français vous avez paniqué comme des adolescents surpris en train de fumer derrière le gymnase. Pourtant, c’est bien vous qui lui avez laissé la parole, libre de surcroît !!

« Il n’y a aucune censure », osez-vous écrire d’un air solennel, avant d’ajouter le chef-d’œuvre de la novlangue : « mesure conservatoire ». Conservatoire de quoi, exactement ? De votre confort ? De vos relations ? De la fiction selon laquelle le cahier des charges (article 35, on vous l’enfonce dans la gorge) exige une « diversité de points de vue »… sauf quand le point de vue dérange vraiment ?

Vous l’avez invitée en toute liberté. Vous lui avez donné le fauteuil. Vous l’avez diffusé en direct et le lendemain matin, face aux « multiples saisines » (traduction : quelques coups de fil bien placés et une avalanche de plaintes de ceux qui ne supportent pas qu’on nomme les choses), vous avez purement et simplement effacé l’émission entière. Pas juste le passage. Toute l’émission. Comme si Ananda Devi, Lilia Hassaine et Philippe Jaenada avaient eux aussi commis le crime de lèse-majesté. Effet Streisand en mode turbo : maintenant le monde entier regarde la séquence en boucle, et votre communiqué bidon du 11 septembre 2026 est devenu le meilleur argument en faveur de ce qu’elle disait.

« Sujet géopolitique particulièrement sensible »…Tellement sensible qu’il faut le cacher sous le tapis dès qu’il sort de la bouche d’une femme qui n’a plus rien à perdre. Vous qui passez votre temps à nous bassiner avec la « liberté d’expression », la « pluralité », le « débat démocratique », vous avez juste prouvé une chose : il y a des mots qui ne doivent surtout pas être dits sur le service public. Et en les faisant disparaître, vous avez offert à Haenel la plus belle démonstration possible de son propre propos.

Il convient de revenir sur la phrase de l’ex-primo dircab ernottien qui lançait «Une carte blanche c’est la liberté… ». Qui, selon lui a décidé de l’inviter ? 

Pendant que vous jouez les gardiens de la morale géopolitique à géométrie variable, le scandale que vous avez vous-mêmes créé fait plus de bruit que les paroles de la comédienne ou de qui que ce soit d’autre. Parce que rien n’est plus bruyant qu’un silence imposé. Rien n’est plus visible qu’une page blanche là où il y avait encore hier une vidéo.

France Télévisions, vous n’avez pas censuré. Vous avez juste avoué…et ça, personne ne pourra plus le dépublier.​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​

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