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mercredi 25 mars 2020

Gestion du Coronavirus à France Télés : Rat les pâquerettes

Gestion du Coronavirus à France Télés :  Rat les pâquerettes 

« On n’était pas prêt » avoue aux élus du CSE Romuald Rat directeur des Reportages et des Moyens de l'Information à France Télévisions mais « Toutes les mesures ont été prises (désinfection des lieux de travail et placement en quatorzaine des « personne- contacts »)…afin de limiter la propagation de l'épidémie… » en écho à ce que chante l’ex-Orange dans sa propagande habituelle. Romuald Rat reconnaitra,  somme toute, « un retard au démarrage ».

Sans parler de l’absence de plan de prévention des risques, d’un plan de continuité de l’activité…Il faut laisser le temps, il arrivera peut-être en avril ; laisse entendre la direction de France télés.

Quid de Doucet-Bon mis sur la touche il y a quelques mois par Letranchant, qui fut chargé d’écrire un projet sur les mécanismes à mettre en place lors d’une catastrophe ? Aux abonnés absents…en pleine crise sanitaire, il a probablement été mis à l’abri comme tant d’autre directeurs alors que les mecs sont envoyés en première ligne sur le terrain dans des conditions qui frôlent leur mise en danger.

Y-a-t-il seulement encore un capitaine à la barre du bateau ? 

Romuald Rat la redit, tout est fait pour assurer la sécurité de chacun ! France télés selon lui, aurait par exemple agi en concertation avec TF1 depuis quasiment début mars ! Ah ouais ?

Pourtant, particulièrement au niveau des personnels qui partent encore en reportage, l’inquiétude va grandissante…quoi de plus normal.

Alors que la crise sanitaire prend de l’ampleur début mars, Romuald Rat adresse un mail aux personnels concernés en date du 10 mars pour expliquer que tout serait sous contrôle !!

TF1 prendra la semaine du 9 mars, selon nos informations, les premières mesures comme le blocage des voitures qui reviennent de tournage pendant 24h avec leur désinfection par des pros avec un produit ad hoc comme celle des caméras d’ailleurs mises dans un placard dédié, pas comme dans les services de Rat où c’est le JRI qui se charge de la désinfection avec des lingettes à la javel achetées dans l’urgence

Il se murmure même que c’est en toute hâte que le patron du magasin est allé s’approvisionner dans les supermarchés ! Invraisemblable.

Le gel hydroalcoolique, le responsable des JRI le distribue au compte-goutte : un par personne et basta. Plus d’autre, le reste tu te débrouilles…et pour les masques ? Quels masques ?  Pas de masques…à tel point que les équipes témoignent que ce sont des collègues de TF1 qui, eux, ont eu accès au masque très vite ont dû les dépanner sur les tournages.

C’était « juste une forme de grippe » répétait le médecin de France Télévisions Michel Cymes à l’antenne !

Le retrait de Michel Cymes de la « Spéciale soignants » remplacé par Samuel Etienne n’a pas convaincu sur France 2.


Le retrait de Michel Cymes de la « Spéciale soignants » remplacé par Samuel Etienne n’a pas convaincu sur France 2.

Depuis les toutes premières interventions télé de Michel Cymes qui avait qualifié sur les antennes de la télévision publique, le COVID-19 de «forme de grippe», qui ont déclenché un flot de réactions dans le monde médical et politique mais également une foultitude de commentaires indignés d’internautes et de téléspectateurs sur le Net, France Télévisions avait estimé que son retrait de la Spéciale soignants sur France 2 était probablement de nature à apaiser les choses.

Il n’en a visiblement rien été.  France 2 qui avait bouleversé sa soirée du 24 mars pour proposer une émission spéciale Ensemble avec nos soignants, animée par Faustine Bollaert, Daphné Bürki et Samuel Etienne en remplacement donc Michel Cymes, n’a intéressé que 7% des quatre ans et plus et seulement 4.2% des femmes de moins de 50 ans responsables des achats.

Il n’y a certes pas à se réjouir d’une telle audience qui n’est en rien liée au formidable travail des soignants et à l’ensemble du corps médical applaudis chaque soir par le France entière pour leur dévouement au quotidien dans cette terrible crise sanitaire que nous traversons tous mais de cette polémique à laquelle l’ex-Orange se trouve totalement associée.

Quant aux conditions dans lesquelles cette émission a été réalisée depuis le Studio Gabriel avec comme prestataire technique AMP par des salariés volontaires au départ mais dont beaucoup dénoncent après coup, la légèreté de France Télés…à titre d’exemples :

Une majorité du personnel ne connaissait ni les lieux, ni le matériel.
L’amplitude horaire imposée à certains techniciens : 9 heures / minuit.
Le port de masque était obligatoire mais il n’y en avait qu’un par personne pour toute la journée.
Une seule paire de gants était distribuée
Aucune lingette désinfectante n’était fournie
Les casques, oreillettes, micros...rien n'était semble-t-il désinfecté.
Personnel sur le studio était réduit à son maximum (de moitié pour la plupart des fonctions) alors qu’un car régie extérieur était aménagé à l'usage unique du producteur
La "distanciation sociale" était quasiment impossible à respecter compte tenu du dispositif...

Etc…

mardi 24 mars 2020

Un jugement de la Cour d’Appel de Paris qui devrait faire jurisprudence pour les CDDU historiques virés par France Télévisions qui refuserait d’appliquer le jugement pour cause de Coronavirus !


Un jugement de la Cour d’Appel de Paris qui devrait faire jurisprudence pour les CDDU historiques virés par France Télévisions qui refuserait d’appliquer le jugement pour cause de Coronavirus !

La Cour d’Appel de Paris, le 20 février dernier, vient de rendre un arrêt dont la portée est immense concernant dizaines pour ne pas dire les centaines d’intermittents que la direction de France Télévisions qualifie à tort de CDDU en violation des dispositions de la convention collective étendue qui pose tout un tas de règles.

La Cour d’appel intervenait après une décision du conseil de prud'hommes de Paris saisi en référé qui avait dit n’y avoir lieu, en l’espèce, à statuer sur les demandes de requalification et de réintégration présentées par une collaboratrice historique de Télématin.

La salariée qui saisissait la juridiction avait adressé plusieurs messages en vue de faire connaître son "souhait d'intégrer pleinement" la société France Télévisions et sollicitait la fixation d'un rendez-vous, s’était vu signifier qu'il n'y avait pas de poste pour elle " à pourvoir et donc licenciée " tout ce que  pouvait lui proposer France Télés, c'était une fin de collaboration dont les modalités resteraient à définir avecle service juridique ayant été saisi à ce sujet."

Après avoir relevé que France Télés n’avait communiqué comme de coutume, des conclusions et des pièces communiquées qu’à la dernière minute et hors des délais pourtant clairement fixés, les déclarant irrecevables comme « portant atteinte au principe de la contradiction », la Cour d’Appel a donné pleinement raison à la salariée et condamné sévèrement la société.

La Cour n’a pas retenu l’habituel argumentaire de France Télés qui prétend régulièrement que « le recours au CDD d'usage est parfaitement régulier dans le secteur de l'audiovisuel, le salarié étant assuré de percevoir entre deux contrats courts des revenus versés par l'assurance chômage et que la société a(urait) lancé en décembre 2014 un plan quinquennal de réduction de la précarité qui a conduit à l'embauche de très nombreux salariés en CDD »ce soi-disant plan qui est une vaste fumisterie !

La Cour d’Appel a redit le droit « En application en outre de l’article R.1455-6 du code du travail, la formation de référé peut toujours prescrire les mesures de remise en état qui s'imposent pour prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite.

En application de l’article L.1242-1 du code du travail, le contrat de travail à durée déterminée, quel que soit son motif, ne peut avoir ni pour objet ni pour effet de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise ; en application de l’article L.1242-2 du code du travail, un contrat de travail à durée déterminée ne peut être conclu que pour l'exécution d'une tâche précise et temporaire, et seulement dans certains cas déterminés par la loi.

Dans les secteurs d’activité définis par décret dans lesquels il est d’usage constant de ne pas recourir au contrat à durée indéterminée, le recours à l'utilisation de contrats à durée déterminée successifs doit être justifié par des raisons objectives qui s'entendent de l'existence d'éléments concrets établissant le caractère par nature temporaire de l'emploi.

En particulier, le recours au contrat à durée déterminée d’usage, autorisé par l’article D.1242-1 6° du code du travail dans le domaine de l’audiovisuel, est limité par le principe général posé par l’article L.1242-1 du code du travail, en ce sens qu’il ne doit pas permettre de pourvoir durablement un emploi lié à l’activité normale et permanente de l’entreprise… »

En conséquence, la Cour statuant par arrêt contradictoire :

Dit que la rupture des relations contractuelles par la société France Télévisions est intervenue en violation du droit fondamental d'ester en justice, 

Ordonne la réintégration de la salariée au sein de la société France Télévisions dans ses fonctions aux conditions contractuelles antérieures à la rupture,

Dit que la réintégration doit être organisée par la société France Télévisions dès la signification de l'arrêt et sous astreinte provisoire de 500 euros par jour de retard constaté 15 jours après la signification de l'arrêt,

Condamne la société France Télévisions au paiement des sommes provisionnelles à valoir sur l’indemnité de requalification et de provisions pour les salaires exigibles depuis le licenciement,

Condamne la société France Télévisions aux dépens de l'instance en référé et au paiement de l’article 700 du code de procédure civile.

France Télévisions prétendrait que la réintégration ne pourrait avoir lieu du fait de l’épidémie de Coronavirus !!

Foutaises dès l’instant où la salariée est requalifiée donc CDI, elle doit être traitée comme les autres quand bien même une partie de l’activité est suspendue.

Ce jugement de la Cour d’Appel de Paris devrait faire jurisprudence pour les CDDU historiques virés par France Télévisions ces derniers mois après des années de collaborations récurrentes (de 10 à 30 ans de collaboration) et l’astreinte provisoire de 500 euros par jour de retard qu’elle devra régler à la salariée, devrait être salée en cas de refus.

lundi 23 mars 2020

Le COVID-19 touche durement le groupe Canal avec près de 90 salariés concernés et Ernotte annonçait seulement deux cas, en fin de semaine dernière, à FTV !

Le COVID-19 touche durement le groupe Canal avec près de 90 salariés concernés et Ernotte annonçait seulement deux cas, en fin de semaine dernière, à FTV !

Ce matin, lundi 23 mars, le chiffre des salariés en arrêt de Travail à Canal + dont les effectifs sont deux fois moins nombreux que ceux de France Télévisions mais assez identiques pour son Siège, était de 88 collaborateurs concernés :

- 14 en arrêt de travail pour symptômes ou suspicion de COVID-19

- 3 en arrêt de travail pour un autre motif (maladie non liée au COVID-19)

- 70 en arrêt de travail pour fermeture de la structure d’accueil de leur enfant

- 1 dont un parent est décédé du COVID-19



Au même moment, l’ex-Orange qui annonçait le 17 mars dernier 2 cas seulement au Siège de FTV: « un développeur collaborant avec la rédaction de France Info numérique et d'un opérateur de prise de vue de la Fabrique dépistés à l'issue de la manifestation des symptômes », vient de publier un nouveau décompte



« À ce jour (au 23/03), nous dénombrons 280 personnes mises en quarantaine et parmi elles 53 cas diagnostiqués COVID-19. » dit le nouveau communiqué qui ajoute « Nous vous rappelons qu'outre les arrêts maladie, il est de votre responsabilité d'avertir absolument votre hiérarchie si vous avez été diagnostiqué COVID-19 ».

La CGC de Canal + dont « la protection sanitaire et sociale des salariés est une priorité mais passe également par leur information » leur proposera un point régulier, issus des échanges faits quotidiennement par ses représentants avec les différentes directions de CANAL+, notamment la DRH, les moyens généraux, l'Antenne...

La CGC de Canal + a notamment fait un point sur La situation sur les sites, les émissions qui perdurent, les impacts sociaux pour les salariés notamment :


L’urgence de revoir le calendrier du PDV et son projet d'atterrissage ;

La politique sur les congés payés suite aux décrets récemment votés ;

La question posée sur les salariés confinés chez eux, ne pouvant pas être en télétravail. Aucun impact sur les paies de mars déjà traitée mais après…Quel statut? Quelle dispense? Chômage partiel ou pas?...et pour qui?


dimanche 22 mars 2020

Ernotte qui prônait la transparence, devrait se souvenir longtemps de l’épisode des masques stockés à France Télés.

Ernotte qui prônait la transparence, devrait se souvenir longtemps de l’épisode des masques stockés à France Télés.

Vendredi 20 mars, le blog CGC Média dans son article « Ernotte : bas les masques! » s’interrogeait sur l’information selon laquelle, « l’ex-Orange venait de donner l’ensemble des masques FFP2 que France Télévisions avait en stock pour ne garder que des masques de type « chirurgical » à destination des personnels concernés ».

Celle qui venait de diffuser sa nouvelle propagande interne ainsi rédigée « En matière de communication notre seul principe et la transparence la plus totale sur toutes les informations dont nous disposons…. La communication la plus régulière continuera de vous être adressée », se serait fait mousser auprès des membres du Codir mis à l’abri pour la plupart, de ce geste solidaire !

En totale contradiction avec ce qu’elle venait de déclarer sur cette « communication des plus régulières dans la transparence la plus totale », les salariés n’avaient pas été tenus eu courant.

Alors qu’Ernotte avait connaissance de ce stock de masques, il aura fallu attendre « le décret n° 2020-281 du 20 mars 2020 modifiant le décret n° 2020-247 du 13 mars 2020 relatif aux réquisitions nécessaires dans le cadre de la lutte contre le virus covid-19. » publié au Journal Officiel le 21 mars (*)
C’est donc pour se conformer à la loi que ce déstockage ordonné  a eu lieu…L’État saura, jusqu’au au plus haut niveau, se souvenir de ce nouvel épisode qui vient alourdir la barque ernottienne déjà archi pleine et que rien ne sauvera du naufrage !
(*)
ELI: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/3/20/SSAZ2008152D/jo/texte
Alias: https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2020/3/20/2020-281/jo/texte

Le Premier ministre,
Sur le rapport du ministre des solidarités et de la santé,
Vu le code civil, notamment son article 1er ;
Vu le code de la santé publique, notamment ses articles L. 3131-8 et L. 3131-9 ;
Vu le décret n° 2020-247 du 13 mars 2020 relatif aux réquisitions nécessaires dans le cadre de la lutte contre le virus covid-19 ;
Vu l'urgence,
Décrète :
Article 1

L'article 1er du décret du 13 mars 2020 susvisé est ainsi modifié :
1° Au 2° du I et au II, après les mots : « masques anti-projections », sont insérés les mots : « respectant la norme EN 14683 » ;
2° L'article est complété par les dispositions suivantes :
« III. - Les dispositions du I et du II ne sont applicables qu'aux stocks de masques déjà présents sur le territoire national et aux masques produits sur celui-ci. Des stocks de masques importés peuvent toutefois donner lieu à réquisition totale ou partielle jusqu'au 31 mai 2020, par arrêté du ministre chargé de la santé, au-delà d'un seuil de cinq millions d'unités par trimestre par personne morale. Le silence gardé par ce ministre plus de soixante-douze heures après réception d'une demande d'importation adressée par cette personne ou l'importateur fait obstacle à la réquisition. »
Article 2

Le présent décret est applicable sur l'ensemble du territoire de la République.

Article 3

Le ministre des solidarités et de la santé est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera publié au Journal officiel de la République française et entrera en vigueur immédiatement.

Fait le 20 mars 2020.

Edouard Philippe

Par le Premier ministre :

Le ministre des solidarités et de la santé,

Olivier Véran

samedi 21 mars 2020

Frédérique Dumas, la députée spécialiste de l’Audiovisuel propose au gouvernement de « revoir sa copie » après la suspension annoncée des réformes en cours.

Frédérique Dumas, la députée spécialiste de l’Audiovisuel propose au gouvernement de « revoir sa copie » après la suspension annoncée des réformes en cours.

Dans un entretien qu’elle accordé à La Croix, Frédérique Dumas la députée des Hauts-de-Seine affiliée au groupe Libertés et Territoires, estime que le gouvernement devrait « revoir sa copie » sur la réforme de l’audiovisuel, « passée cette épreuve [du Coronavirus, ndlr] qui réinterroge en profondeur la société ».

Plusieurs jours avant que ne soit déclaré le confinement au niveau national, Frédérique Dumas qui elle au moins sait de quoi elle parle, n’avait pas ménagé sa peine dans les différentes commissions où elle intervenait pour expliquer pourquoi le réforme sur l’Audiovisuel n’était pas à la hauteur du big bang qu’appelait de ses vœux Emmanuel Macron.

Tantôt obligée de prendre la défense du ministre Franck Riester incroyablement attaqué par sa rapporteure Aurore Bergé qui s’est accaparé le texte qu’elle qualifie de « sa réforme », tantôt à dire l’inutilité d’un holding style ORTF, tantôt à expliquer que la suppression des chaines de France Télés de la TNT comme France 4 n’a pas de sens, etc…la députée spécialiste de l’Audiovisuel qui y consacrait voilà 2 ans un très pertinent rapport de près 300 pages, a répondu cash aux question de Aude Carasco.

Le blog CGC Média vous propose de découvrir l’article de La Croix : " La crise repose la question de la suppression de France 4  " où s’exprime Frédérique Dumas :

La Croix : Le président de la République a annoncé la suspension des réformes en cours. Le projet de loi audiovisuel, adopté et remanié en commission parlementaire, devait être débattu en séance publique à partir du 31 mars. Son adoption d’ici l’été vous paraît-elle encore réaliste et que préconisez-vous ?

Frédérique Dumas : Avec l’annonce du confinement, le Parlement ne peut plus travailler comme avant. Beaucoup de choses vont être remises en cause et le calendrier d’avant l’été sera difficile à tenir. J’espère aussi que les priorités ne seront plus les mêmes, qu’il y aura des décisions de rupture, que ce ne sera plus le même quinquennat.

La place du service public, et notamment celui de l’audiovisuel public, doit être reconsidérée. En période de confinement, on préfère que nos enfants regardent une chaîne ludique et éducative, sans publicité, et accessible à tous sur tout le territoire.

La situation inédite que nous vivons, avec la recherche collective de solutions pour mettre à disposition des contenus éducatifs en l’absence d’école, repose-t-elle, selon vous, la question de la disparition de la chaîne France 4 en août 2020 ?

F. D. : J’espère qu’il sera possible de rediscuter de l’importance d’une chaîne pour enfants. En commission parlementaire, les amendements demandant un moratoire sur la suppression de France 4 ont été enterrés. Transférer une partie des programmes jeunesse sur France 3 et France 5 risque d’affaiblir ces chaînes, qui réalisent de bonnes audiences durant les vrais « prime time » des enfants, c’est-à-dire en tout début de soirée. C’est de l’amateurisme.

Regardons ce qui se passe au Royaume-Uni ! La BBC a deux chaînes pour la jeunesse. Elle n’a basculé sur le Web que celle destinée aux jeunes adultes et constaté des audiences en chute de 85 %. Elle voudrait revenir en arrière, mais c’est presque impossible tant les coûts de diffusion et des programmes sont différents. Pour nous, il n’est pas encore trop tard.

Avec l’arrêt de France 4 sur la TNT, le service public tourne le dos aux enfants

Se repose en effet la question de la pertinence de faire basculer une chaîne pour enfants sur Internet, au mépris des fractures territoriale, numérique et d’usage. Il faut la puissance d’une chaîne pour pousser des programmes en délinéaire (services où l’utilisateur choisit).

France 4 est réellement devenue une chaîne pour enfants depuis trois ans, avec de bons résultats d’audience. C’est le moment de renforcer ses programmes éducatifs et sans publicité, ce qui légitimera d’autant plus le paiement d’une contribution à l’audiovisuel public universelle à travers l’impôt sur le revenu, avec modulation selon les revenus, comme je le propose.

Dans votre rapport actualisé sur " les médias de service public à l’ère du numérique ", vous êtes très critique sur la mise en place d’une holding, chapeautant les différents médias publics. La crise actuelle change-t-elle là aussi la donne ?

F. D : Nous sommes dans une crise de confiance. L’idéologie technocratique, où l’on nous explique que trois personnes savent mieux que toutes les autres, donne l’impression d’une doxa qu’on ne peut pas remettre en cause. Cette réforme enlève toute raison d’être à l’audiovisuel public, car tout a été fait à l’envers : il aurait déjà fallu débattre du rôle du service public en matière de cohésion, rétablir la confiance au sein des équipes en proposant une transformation de l’entreprise qui s’appuie sur un projet collectif, discuter des moyens, plutôt que de vouloir couper et fusionner sans s’assurer de garde-fou en matière d’indépendance.

Cette réforme de l’audiovisuel comporte aussi des avancées, comme les quotas d’œuvres européennes et la participation au financement de la création demandée aux plates-formes numériques. Cette partie, qui découle de directives européennes à transposer d’ici septembre 2020, peut faire l’objet d’un projet de loi séparé, comme ce fut pour le texte européen sur les droits voisins. Pour le reste, le gouvernement devrait revoir sa copie une fois passée cette épreuve, qui réinterroge en profondeur notre société.

vendredi 20 mars 2020

Ernotte : bas les masques !


Ernotte : bas les masques !

« En matière de communication notre seul principe et la transparence la plus totale sur toutes les informations dont nous disposons…. La communication la plus régulière continuera de vous être adressée », tel est la nouvelle propagande ernottienne diffusé ce jour aux salariés de France Télévisions.

En pleine crise sanitaire du Coronavirus, l’ex-Orange qui prône la communication la plus régulière dans la transparence la plus totale, devrait en prendre un sacré coup.

Peu de masques, pas de masques, plus de masques…chantaient en interne une bonne partie de membres de la direction, particulièrement ceux qui sont de près ou de loin dédiés à l’Information et/ou la Fabrication.

Qu’il s’agisse de masques (de type « chirurgical ») destinés à éviter lors de l’expiration de celui qui le porte, la projection de sécrétions des voies aériennes supérieures ou de salive pouvant contenir des agents infectieux transmissibles particulièrement par voie de gouttelettes (transmission par des gouttelettes de salive ou de sécrétions des voies aériennes supérieures) ou de masques filtrant (de type FFP2), destinés à protéger le porteur contre les risques d’inhalation d’agents infectieux transmissibles par voie aérienne, a fortiori aussi contre le risque de transmission par gouttelettes, France Télévisions n’avait quasiment pas de stock.
Aux techniciens de reportages qui partaient en équipe, le cas échéant, sur un même tournage lié à l’épidémie, inquiets de la promiscuité et de l’absence entre autres du mètre sécuritaire, la réponse était presque toujours la même : soyez vigilants c’est tout !

Pourtant selon nos informations, l’ex-Orange viendrait de donner l’ensemble des masques FFP2 que France Télévisions avait en stock pour ne garder que des masques de type « chirurgical » à destination des personnels concernés.

Les masques FFP2 auraient été donnés à des hôpitaux qui en ont évidemment un immense besoin – ce n’est pas le sujet – mais dans la plus grande discrétion…enfin pas pour les pouvoirs publics qui auraient, eux, été avertis avec force mousse mais à l’évidence seulement pour les personnels de France Télés ou leurs représentants, qui n’ont pas été au courant.

Si l’information dont le blog CGC Média vient d’avoir connaissance est confirmée, démonstration sera faite que « la communication la plus régulière dans la transparence la plus totale » qu’Ernotte affiche dans ses multiples propagandes, ne sera que foutaise et ne pourra que précipiter son départ comme celui de ceux qui la soutiennent !

« Tableaux de taux d’occupation » des salariés de France Télés par secteur, visant à les faire basculer au chômage partiel !

« Tableaux de taux d’occupation » des salariés de France Télés par secteur, visant à les faire basculer au chômage partiel !

Le 10 mars, la direction de France Télés invitait par note interne l’ensemble des salariés, au regard de la situation d’épidémie liée au Coronavirus, à rester chez eux en télétravail le jeudi 12 mars. (ci-après)



« Une journée test de télétravail à domicile est organisée le jeudi 12 mars. Elle permettra de se préparer à la mise en place d'une organisation du travail à distance plus durable si la situation le nécessitait. 
Tous les collaborateurs dont l'activité ne requiert pas leur présence physique sur le site de travail sont concernés par cette journée. Ainsi, il est de la responsabilité du manager d'organiser la continuité de l'activité du service en désignant les collaborateurs qui travailleront à distance et celles et ceux qui seront présents sur le lieu de travail…» 



Quelques voix en interne - que le blog CGC Média n’a pas peur de qualifier de détritus ambulants - s’étaient, malgré tout, élevées contre cette généralisation du télétravail.

Faut-il rappeler que c’est au sortir du weekend (14-15 mars) que le Chef de l’État ordonnait le confinement des français sur tout le territoire !
Alors que la situation se dégradait au niveau du Pays et malgré cette note, la direction a planifié le 13 mars au siège de France Télévisions une journée « retours » sur l’«expérimentation» du télétravail et son éventuelle extension, allant jusqu’à considérer à mots couverts qu’il pouvait y avoir, au sein de ceux que l’entreprise a prié de rester chez, des « profiteurs » !!! 

Le fait même d’y avoir pensé et de l’avoir évoqué est déjà révoltant mais rappeler les personnels sur place dans les locaux, pour soi-disant faire un point le lendemain le vendredi 13, est à vomir.
Bien entendu, tout ce petit monde obligé de revenir s’est côtoyé toute la journée dans les OPEN-SPACES terribles vecteurs de contagion qu’Ernotte a imposés quasiment partout au Siège, a déjeuné au restaurant d’entreprise et a eu tout le loisir de répandre le virus pour celles et ceux qui pouvaient en être porteurs et s’infecter entre eux. Certains des managers qui avaient provoqué ces réunions ont d’ailleurs été dépistés positifs. 
Cela personne n’en parle et n’en parlé…surtout pas l’ex-Orange que plus personne ne croit évidemment, qui ne cesse de se répandre par communiqués successifs pour sur son « engagement » et la transparence due aux salariés. (*)
(*) Encore ce vendredi 20, avec une nouvelle ridicule propagande « En matière de communication notre seul principe et la transparence la plus totale sur toutes les informations dont nous disposons…. La communication la plus régulière continuera de vous être adressée. Dans la période vous pouvez compter sur moi, sur mon engagement le plus absolu ainsi que celui de l'ensemble du comité exécutif. Vous pouvez être assurés de mon soutien plein et entier et de ma solidarité la plus totale... »
Pitoyable et irresponsable mascarade dans une telle période qui aura évidemment des conséquences dont chacun peut aujourd’hui imaginer la portée ! 
C’est également le 13 mars – décidément ! – qu’Ernotte allait écrire à nouveau, vous savez « Soyez assurés…la transparence, mon soutien, mon engagement, la vigilance et tout le toutim… » pour décréter « La généralisation du télétravail »

Voici le texte :
« Suite à l'intervention du Président de la République hier sur les mesures adoptées par les pouvoirs publics et la conduite à tenir devant l'épidémie de Coronavirus, France Télévisions adopte à partir du lundi 16 mars de télétravail pour l'ensemble des salariés
Le télétravail devient donc la règle, la présence physique sur le lieu de travail l'exception.

Ce n'est pas seulement une mesure de protection interne mais un acte de civisme et de responsabilité collective pour l'ensemble des citoyens qui vise à répondre à l'impératif de limiter la propagation de l'épidémie.
Il est demandé à chaque manager de désigner le cas échéant les quelques personnes dont la présence physique est indispensable sur le site pour garantir la continuité d'activité. La priorité sera donnée aux journalistes et aux équipes qui concourent à notre mission d'information et à celles qui sont strictement essentielles à la continuité des offres dans les semaines qui viennent. 

Les modalités de télétravail sont les suivantes :

- Les managers assurent la répartition des ordinateurs pour les équipes, quitte à redéployer certains terminaux parmi les salariés. 
- Ceux qui souhaitent emmener leur station d'ordinateur fixe (tour et écran) peuvent le faire et doivent au préalable contacter le comptoir Informatique (Siège) et les responsables informatique (en région) pour faire installer le VIP Access. Ils doivent aussi s'assurer qu'ils disposent d'un câble Ethernet à domicile.
- Ceux qui sont dans l'impossibilité matérielle de télétravailler et ne relèvent pas de l'assurance-maladie seront au chômage technique.
- Les personnes devant assurer la garde de leurs enfants et ne pouvant être en mesure de télétravailler pourront bénéficier d'un arrêt de travail (un parent par foyer). Ils sont appelés à contacter leur RH de proximité. 
- Aucune présence de personnes vulnérables (pathologie chronique, grossesse, système immunodépressif…) n'est autorisée dans l'entreprise. En cas d'impossibilité de télétravail, ils seront placés en arrêt de travail (¤) et sont appelés à contacter leur RH de proximité. 

Dans tous les cas, chômage technique ou arrêt de travail, l'entreprise maintient la rémunération. C'est elle qui fera ensuite le lien avec les organismes correspondants.

Les infrastructures et le support technique informatique, ont été renforcés. »

(¤) Histoire d’empoisonner un peu plus le quotidien des salariés, notamment ceux qui sont en arrêt maladie, la direction a prévenu "Tous les arrêts de travail et autres documents justificatifs doivent être numérisés (photos acceptées) et adressés par mail aux services de gestion RH, en particulier à votre gestionnaire de proximité ou RH.

Les courriers papier ne pourront pas être traités. " 

Sympa pour les salariés dont le PC est HS ou encore dont le médecin traitant comme beaucoup d’ailleurs, ne sont pas passés au tout-numérique et avec de surcroit le troisième volet de l’arrêt destiné à l'employeur où le carbone déjà pratiquement illisible s’avère difficilement photographiable !  

Aujourd’hui après le quatrième jour plein de confinement, la direction communique ce 19 mars à quatre syndicats dont FO qui comme dab se pâme devant tout ce que fait l’ex-Orange, sur le fait que « Des salariés de France Télés seront placés en activité partielle ou en chômage partiel ». 

Pour débusquer « les heureux élus », France Télévisions opérera une SÉLECTION rigoureuse.

Quoi de plus naturel que de faire réaliser des « Tableaux de taux d’occupation » des salariés de France Télés par secteur, visant à les faire basculer en chômage partiel !? (le blog CGC Média vous donnera très vite le nom de la personne qui en a eu l'ideée et en est chatgée)

Le paiement de ces derniers sera ensuite effectué par l’Agence de services et de paiement (ASP) qui agit pour le compte de l’État.

S’il est bien légitime comme l’a indiqué Emmanuel Macron que des les salariés mis par le fait en chômage partiel, soient indemnisés sans perte de salaire, chacun imagine l’inquiétude de celles et ceux qui seront concernés au bout du compte.

La direction a annoncé que « l’ensemble des personnels qui ne travaille plus qui ne télétravaille pas [comme si c’était leur choix donc ?! ndlr], ou qui n’est pas en arrêt de travail sera en chômage partiel ». 
France Télévisions, s’engage à « maintenir à hauteur de 100 % tous les salaires des collaborateurs » - ce que, « légalement, elle n’est pas obligée de faire » se réjouit Fo à France Télés qui se dit « soulagé de cette décision » - et indique la marche à suivre avec un mode d’emploi en prime !
« L’objet de l’activité partielle est d’éviter au maximum les licenciements par une possibilité offerte à l’entreprise en difficulté passagère de réduire le temps de travail de ses salariés, voire de fermer totalement l’entreprise temporairement, et de compenser, en partie, la perte de revenu subie par les salariés » écrit Fo qui voit donc ici l’aubaine d’éviter un maximum des licenciements alors qu’ils ont signés au passage pour 2000 départs et de récupérer pour chaque salarié basculé en chômage partiel le montant de l’enveloppe globale versée à France Télés pour le compte de l’État par l’Agence de services et de paiement (ASP) qui viendra réduite voire annuler les économies annoncées par Édouard Philippe et ses ministres !
« Les salariés n’ont aucune démarche particulière à réaliser, c’est l’employeur qui s’occupe de tout dans le cadre de l’activité partielle ou chômage partiel, dispositif de solidarité nationale qui permet une suspension temporaire du contrat de travail entre le salarié et son employeur durant laquelle le salarié perçoit une indemnité d’activité partielle. Cette indemnité est cofinancée par l’État et l’Unédic » enchérissent les soutiens d’Ernotte.